Choses à Savoir - Culture générale

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  1. Number 1: Quelle est l'origine étonnante du verbe "forniquer" ?

    Le verbe « forniquer » possède une origine particulièrement étonnante. Car étymologiquement, il n’a rien à voir avec le sexe. À l’origine, il désigne en quelque sorte… une voûte. Pour le comprendre, il faut remonter à la Rome antique. En latin, le mot fornix désigne une arche, une voûte ou encore un passage couvert. Le terme est apparenté à fornax, qui signifie « four », probablement parce que les anciens fours présentaient eux aussi une forme voûtée. Mais progressivement, le mot fornix va prendre un tout autre sens. Dans les villes romaines, certaines prostituées exerçaient ou racolaient dans des endroits abrités : sous des arcades, dans des passages couverts ou dans de petites chambres voûtées. Par métonymie, c’est-à-dire en donnant au lieu le nom de l’activité qui s’y déroule, fornix finit donc par désigner un lieu de prostitution, voire un bordel. Les auteurs latins Horace et Juvénal utilisent déjà le mot dans ce sens. C’est de là que naît toute une famille de mots. Le latin tardif forme notamment le verbe fornicari. Mais l’évolution est intéressante : en latin classique, les mots issus de fornix pouvaient encore simplement évoquer la construction d’une voûte. Ce n’est que dans les premiers siècles du christianisme qu’ils prennent clairement une signification sexuelle. L’Académie française relève notamment cet usage au début du IIIe siècle chez l’écrivain chrétien Tertullien. Le latin chrétien fornicari signifie alors se livrer à la débauche ou à des relations sexuelles considérées comme illicites. Le nom fornicatio donnera en français « fornication », attesté dès le Moyen Âge, tandis que « forniquer » apparaîtra ensuite avec le sens de commettre le péché de fornication. Aujourd’hui, le sens religieux s’est largement effacé. « Forniquer » signifie familièrement avoir des relations sexuelles, avec une nuance souvent volontairement crue ou ironique. Ainsi, derrière ce verbe plutôt explicite se cache un étonnant souvenir de l’architecture romaine. Quand quelqu’un « fornique », étymologiquement, il nous ramène donc près de deux mille ans en arrière, sous les voûtes et les arcades de Rome, là où certaines prostituées attendaient autrefois leurs clients. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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  2. Number 2: Pourquoi dit-on « tailler une pipe » ?

    L’expression paraît aujourd’hui tellement installée qu’on pourrait croire qu’elle vient directement de la pipe à tabac. En réalité, son histoire est plus tortueuse. Le mot « pipe » est attesté dans l’argot sexuel français au début du XXe siècle. Un dictionnaire d’argot le relève dès 1927 avec le sens de fellation. À cette époque, on disait surtout « faire une pipe ». L’expression semble avoir circulé notamment dans le milieu de la prostitution, où elle remplaçait progressivement une autre formule aujourd’hui vieillie : « faire un pompier ». Mais pourquoi « pipe » ? Une explication souvent reprise par le linguiste et écrivain Claude Duneton repose sur le monde du tabac. Au début du XXe siècle, beaucoup d’hommes roulaient eux-mêmes leurs cigarettes. Dans l’argot populaire, une cigarette pouvait être appelée une « pipe », et « se faire une pipe » signifiait alors se rouler une cigarette. Le geste consistait à manipuler le papier, le rouler entre les doigts puis l’humidifier avec la langue. L’analogie sexuelle aurait favorisé le glissement de sens. Cette origine est plausible, mais il faut rester prudent : elle relève davantage de la reconstruction étymologique que d’une certitude parfaitement documentée. Reste le verbe « tailler ». Car à l’origine, on disait plutôt « faire une pipe ». « Tailler une pipe » serait apparu plus tard par croisement avec une autre expression argotique : « tailler une plume », déjà employée à la fin du XIXe siècle avec le même sens. Le Wiktionnaire comme plusieurs dictionnaires d’expressions décrivent ainsi « tailler une pipe » comme une contamination entre « faire une pipe » et « tailler une plume ». Cette « plume » renverrait à la plume d’oie utilisée pour écrire. Avant de s’en servir, il fallait en préparer et en tailler l’extrémité, parfois après l’avoir humidifiée. Là encore, l’argot a transformé un geste banal en métaphore sexuelle. L’expression que nous utilisons aujourd’hui serait donc le résultat de plusieurs couches d’argot : d’abord « tailler une plume », puis « faire une pipe », enfin le mélange des deux, « tailler une pipe ». Un bon exemple de la manière dont la langue populaire recycle des gestes ordinaires, les détourne… et finit par faire oublier complètement leur sens d’origine. Et comme souvent avec l’argot, l’image survit mieux dans la langue que son histoire exacte. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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  3. Number 3: Pourquoi ne devrait-on pas dire « un goulag » ?

    Quand on parle de l’Union soviétique de Staline, on entend souvent dire qu’un opposant a été « envoyé dans un goulag ». Historiquement, cette formulation est pourtant impropre. Car à l’origine, le Goulag n’est pas un camp. Le mot « Goulag » vient du russe GULAG, acronyme de Glavnoïe Oupravlenie Lagereï, que l’on peut traduire par « Direction générale des camps » ou « Administration principale des camps ». Autrement dit, le Goulag était d’abord… une administration. À partir du début des années 1930, cet organisme, placé sous le contrôle de la police politique soviétique, notamment le NKVD, dirige un immense réseau de camps et de colonies pénitentiaires répartis sur tout le territoire de l’Union soviétique. On devrait donc, en toute rigueur, parler non pas « d’un goulag », mais d’un camp du Goulag. La différence est un peu comparable à celle qui existe entre une administration pénitentiaire et une prison : on ne confond normalement pas l’organisme qui gère les établissements avec chacun des établissements eux-mêmes. Ces camps accueillent aussi bien des condamnés de droit commun que des prisonniers politiques. Les détenus y sont soumis au travail forcé : extraction minière, exploitation forestière, construction de voies ferrées, de routes, de barrages ou encore de canaux. Certains ensembles deviennent gigantesques et sont installés dans des régions particulièrement hostiles, notamment dans le Grand Nord ou en Sibérie. Alors pourquoi parle-t-on aujourd’hui si facilement « d’un goulag » ? Parce que le sens du mot s’est progressivement élargi. Le Goulag étant devenu indissociable des camps qu’il administrait, son nom a fini par désigner l’ensemble du système soviétique de travail forcé, puis, par extension, chacun de ses camps. Cette évolution linguistique s’est notamment renforcée en Occident après la publication, en 1973, de L’Archipel du Goulag, d’Alexandre Soljenitsyne. L’écrivain compare les milliers de lieux de détention soviétiques à des îles dispersées formant un immense archipel. Aujourd’hui, dire « un goulag » pour parler d’un camp est donc parfaitement compréhensible et largement entré dans l’usage. Mais si l’on veut être historiquement précis, mieux vaut dire : un camp du Goulag. Car le Goulag n’était pas, à l’origine, un lieu. C’était l’organisation qui administrait les lieux. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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  4. Number 4: Pourquoi dit-on « Mayday » lorsqu’un avion est en détresse ?

    Lorsqu’un pilote rencontre une situation extrêmement grave, il peut lancer à la radio : « Mayday, Mayday, Mayday ! » À première vue, ce mot semble parfaitement anglais. Pourtant, son origine est… française. L’histoire commence au début des années 1920, aux débuts de l’aviation commerciale. À cette époque, l’un des principaux aéroports britanniques est celui de Croydon, près de Londres. De nombreux avions y assurent des liaisons avec l’aéroport du Bourget, près de Paris. Or la radio commence justement à remplacer le télégraphe pour communiquer avec les avions. Jusque-là, le célèbre signal SOS fonctionne parfaitement en morse : trois points, trois traits, trois points. Mais à l’oral, prononcer les lettres « S-O-S » dans une radio de mauvaise qualité n’est pas forcément idéal. Il faut donc trouver un mot de détresse court, reconnaissable immédiatement et compréhensible aussi bien par les Français que par les Britanniques. En 1923, Frederick Stanley Mockford, responsable radio à l’aéroport de Croydon, est chargé de trouver cette expression. Son choix se porte sur « Mayday ». Pourquoi ? Parce que sa prononciation ressemble fortement à l’expression française « m’aider », que l’on peut rapprocher de « venez m’aider ». Pour des oreilles anglophones, m’aider sonne approximativement comme mayday. Et puisque de nombreux vols relient alors Londres à Paris, cette origine française est particulièrement pratique. Le terme est rapidement adopté par les autorités britanniques. Puis, en 1927, il acquiert une dimension internationale lors de la Conférence radiotélégraphique de Washington. Le règlement officiel précise noir sur blanc qu’en radiotéléphonie, l’appel de détresse est l’expression MAYDAY, correspondant à la prononciation française de « m’aider ». Aujourd’hui encore, le mot doit normalement être répété trois fois : « Mayday, Mayday, Mayday ». Cette répétition permet d’éviter qu’un simple mot mal entendu ou qu’une perturbation radio soit confondu avec un véritable appel de détresse. Et il faut distinguer Mayday de Pan-Pan : Mayday signale un danger grave et imminent nécessitant une assistance immédiate, alors que Pan-Pan correspond à une situation urgente mais moins critique. Ainsi, l’un des mots les plus universels de l’aviation et de la navigation semble anglais… mais il cache en réalité une petite phrase française : « m’aider ». Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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  5. Number 5: Pourquoi l’alliance des mariés se met-elle à l'annulaire ?

    Vous le savez : dans de nombreux pays, les époux portent leur alliance à l’annulaire de la main gauche. Et justement, le mot « annulaire » vient du latin annularius, lui-même dérivé d’annulus, qui signifie « anneau ». Mais pourquoi avoir choisi précisément ce doigt ? La réponse tient en partie à une étonnante erreur d’anatomie vieille de plusieurs siècles. Dans l’Antiquité circulait en effet l’idée que le quatrième doigt de la main gauche possédait une connexion particulière avec le cœur. L’écrivain romain Macrobe, qui vécut aux IVe et Ve siècles, rapporte ainsi une tradition qu’il attribue aux Égyptiens : un nerf partirait du cœur pour rejoindre directement le doigt situé juste à côté de l’auriculaire. C’était faux. Mais puisque le cœur était déjà associé aux émotions et à l’attachement, placer l’anneau sur ce doigt prenait une signification particulièrement romantique : en entourant l’annulaire, on symbolisait en quelque sorte l’union de deux cœurs. Au fil des siècles, le fameux nerf va même devenir… une veine. On parlera alors de vena amoris, c’est-à-dire de « veine de l’amour », une veine censée relier directement l’annulaire gauche au cœur. L’expression elle-même est beaucoup plus récente que la croyance : l’une de ses premières attestations connues se trouve au XVIIe siècle, dans un traité anglais consacré au mariage. Évidemment, l’anatomie moderne a depuis démontré qu’une telle veine n’existe pas. L’annulaire ne dispose d’aucun vaisseau sanguin privilégié reliant directement ce doigt au cœur. Son réseau veineux fonctionne globalement comme celui des autres doigts. Cela n’a pourtant pas empêché la tradition de survivre. Les anneaux avaient déjà depuis l’Antiquité une forte valeur symbolique. Leur forme circulaire, sans commencement ni fin, se prêtait particulièrement bien à l’idée d’un engagement durable. Les Romains utilisaient notamment des anneaux liés aux fiançailles et au mariage. Avec le temps, l’anneau, le quatrième doigt et cette supposée connexion avec le cœur ont fini par se mêler dans l’imaginaire occidental. Et cette histoire laisse aujourd’hui une trace étonnante sur des millions de mains. Chaque fois qu’un marié glisse une alliance à l’annulaire gauche de son épouse — ou inversement — il perpétue donc, sans forcément le savoir, une tradition en partie fondée sur une erreur anatomique vieille de plusieurs siècles. Comme quoi une croyance peut être scientifiquement fausse… et pourtant devenir un symbole presque universel de l’amour. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

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