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C’est un accord qui en dit long sur la nouvelle guerre industrielle en cours. Washington et Taïwan viennent de s’entendre : les États-Unis réduiront fortement les droits de douane appliqués à l’île, en échange d’investissements massifs taïwanais sur le sol américain dans un secteur devenu stratégique, celui des semi-conducteurs, ces minuscules composants électroniques qui alimentent tout, des smartphones aux centres de données.
Pour Washington, l’objectif est clair : sécuriser une production aujourd’hui concentrée à Taïwan, à seulement 130 kilomètres des côtes chinoises. Une dépendance jugée risquée. Le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnick, a même évoqué l’idée de transférer jusqu’à 40 % de la capacité de production taïwanaise vers les États-Unis. Mais Taipei vient de répondre sans ambiguïté : ce scénario est irréaliste. La vice-première ministre Cheng Li-Chun l’a affirmé publiquement lors d’un entretien télévisé : un tel déménagement est tout simplement « impossible ». Car la domination de Taïwan dans ce domaine ne s’est pas construite du jour au lendemain. Elle repose sur plusieurs décennies d’investissements, de formation et d’innovations industrielles.
Au cœur de ce modèle se trouve une idée née dans les années 1980 sous l’impulsion de Morris Chang : celle de la « fonderie de semi-conducteurs ». Contrairement aux fabricants traditionnels, ces entreprises ne conçoivent pas forcément les puces elles-mêmes, mais se spécialisent dans leur fabrication pour le compte de clients du monde entier. Ce modèle a transformé Taïwan en centre névralgique de la production mondiale. Ces usines, appelées « fabs », sont des environnements ultra-contrôlés où des plaques de silicium, appelées wafers, sont gravées à l’échelle nanométrique pour produire des milliards de transistors. Leur construction nécessite des investissements colossaux, souvent supérieurs à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ainsi qu’un écosystème complet d’ingénieurs, de fournisseurs et d’infrastructures.
Taïwan continuera donc à investir à l’étranger, y compris aux États-Unis, mais sans renoncer à son ancrage national. Comme l’a résumé Cheng Li-Chun, l’expansion internationale s’inscrit dans une stratégie globale, où Taïwan reste le centre de gravité.
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En décembre 2025, un satellite de la constellation Starlink est passé à deux doigts d’un module chinois. Une manœuvre imprévue a fait chuter la distance de sécurité de 9 kilomètres… à seulement 60 mètres. À l’échelle spatiale, c’est un cheveu. Autant dire que l’orbite terrestre basse ressemble de plus en plus à un périphérique aux heures de pointe.
Face à cette congestion, la maison mère SpaceX dégaine un nouvel outil : Stargaze. Un système présenté comme un radar géant, capable de suivre les trajectoires des satellites presque en temps réel, d’anticiper les rapprochements dangereux et de partager ces alertes avec les autres opérateurs. Le principe repose sur les quelque 9 600 satellites Starlink déjà en orbite. Chacun embarque des traqueurs d’étoiles qui observent en continu le ciel alentour. Résultat : près de 30 millions de transits détectés chaque jour. Toutes ces données sont agrégées pour calculer position et vitesse des objets. Si deux trajectoires convergent, un message d’alerte — un « message de conjonction » — est automatiquement généré.
En novembre dernier, cette réactivité a déjà fait ses preuves : un satellite Starlink a pu modifier sa course en moins d’une heure, bien plus vite que ne l’auraient permis les systèmes traditionnels. Pour l’entreprise, c’est un peu l’équivalent du contrôle aérien : chaque satellite transmettrait son plan de vol, comme un avion, pour éviter les carambolages. La force de Stargaze, c’est la cadence des observations et l’automatisation. Les opérateurs qui acceptent de partager leurs éphémérides reçoivent des alertes quasi instantanées. Le service sera gratuit, à condition de jouer collectif.
Mais tout le monde n’est pas entièrement rassuré. L’ancien responsable américain Richard DalBello rappelle qu’une gestion du trafic spatial devrait reposer sur une infrastructure neutre, publique et standardisée, plutôt que sur l’outil d’un seul acteur privé. Pour l’instant, Stargaze ne couvre que l’orbite basse. Reste que dans un ciel saturé de satellites, de débris et même de tests militaires, chaque minute gagnée peut éviter une pluie de ferraille.
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Derrière la simplicité apparente d’une conversation avec une IA, se cache en réalité une bataille discrète… celle des sources. Qui parle ? Qui est cité ? Qui disparaît ? C’est la question posée par la troisième édition du baromètre AI Brand Tracker d’Havas Market, publiée le 9 février. L’étude a passé au crible douze secteurs d’activité et analysé 11 000 réponses générées par les assistants. Verdict : deux visions du monde s’opposent clairement entre Google Gemini et ChatGPT.
Côté Gemini, la palette est large. Entre septembre 2025 et janvier 2026, les sites officiels de marques et d’entreprises, autrefois dominants, sont passés de 46 % à 35 % des sources citées. Google semble avoir desserré leur monopole. À la place, les médias progressent, de 23 % à 29 %, notamment dans la tech, la cuisine, le cinéma ou les voyages. Après tout, pour choisir un restaurant, un guide spécialisé pèse souvent plus lourd qu’un discours marketing. Les sites institutionnels gagnent aussi du terrain, de 17 % à 23 %. Pour la santé, l’énergie ou l’immobilier, Gemini privilégie des références publiques comme Service-public.fr, Ameli ou Ministère de l'Économie et des Finances. Bref, une logique d’équilibre entre expertise, pédagogie et crédibilité administrative.
ChatGPT, lui, joue une tout autre partition. Selon l’étude, près de 70 % de ses réponses s’appuient sur des contenus éditoriaux : articles, tutoriels, encyclopédies. Dans certains secteurs comme la tech ou l’automobile, cette part grimpe à 90 %. L’assistant d’OpenAI privilégie massivement des sources grand public comme Wikipédia ou YouTube. Résultat : les sites de marques tombent à 18 %, les plateformes publiques à 5 %, les distributeurs à 7 %. Si vous interrogez l’IA sur l’énergie, vous aurez plus de chances d’obtenir un article de presse qu’un site officiel d’opérateur.
Pour les entreprises, la leçon est claire. La visibilité ne se joue plus seulement sur Google, mais dans la tête des modèles. Être bien référencé ne suffit plus : il faut produire des contenus jugés fiables, exploitables… et surtout compréhensibles par l’IA. Autrement dit, la bataille du référencement devient conversationnelle.
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C’est une annonce qui a fait trembler toute l’industrie du divertissement. En décembre, Netflix a sorti le chéquier : 72 milliards de dollars pour s’offrir les studios Warner Bros. Pictures et la plateforme concurrente HBO Max. Un coup de poker monumental qui pourrait rebattre les cartes du streaming mondial. Mais avant de sabrer le champagne, il y a un passage obligé : le contrôle des autorités. Le Department of Justice américain a ouvert une enquête pour mesurer les conséquences d’un tel rachat. L’enjeu est simple : cette fusion risque-t-elle d’écraser la concurrence ?
Car en absorbant Warner et HBO Max, Netflix ne gagnerait pas seulement des catalogues prestigieux et des franchises à succès. Le groupe renforcerait aussi considérablement son pouvoir face à des rivaux déjà sous pression. Les enquêteurs cherchent donc à savoir si cette opération pourrait verrouiller le marché, réduire le choix des abonnés ou décourager l’arrivée de nouveaux acteurs. Les auditions ont commencé. Des entreprises du secteur reçoivent des assignations pour fournir des données précises : pratiques commerciales, contrats, relations avec les talents, traitement réservé aux studios indépendants. Les autorités scrutent aussi les précédentes fusions d’Hollywood pour comprendre leurs effets réels sur la diversité de l’offre.
Plusieurs issues sont possibles. Première hypothèse : un feu vert sans condition. Peu probable, au vu de l’ampleur de la transaction. Deuxième scénario : une autorisation encadrée, avec des concessions. Le régulateur pourrait exiger la vente de certains actifs, des garanties d’accès aux contenus ou des règles strictes pour protéger créateurs et partenaires. Enfin, le DoJ peut aussi saisir la justice pour bloquer purement et simplement l’opération, ouvrant alors un long bras de fer judiciaire. Et Netflix n’est pas seul sur le ring. Une offre concurrente déposée par Paramount Global pour racheter Warner Bros. Discovery fait elle aussi l’objet d’un examen attentif.
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C’est un mariage qui ressemble à une déclaration d’intention. Elon Musk regroupe ses forces : SpaceX absorbe xAI, la jeune pousse dédiée à l’intelligence artificielle. Derrière le récit futuriste qu’il affectionne, la logique est surtout très terre à terre : l’IA coûte une fortune. Puces, électricité, centres de données… la facture explose. Alors plutôt que de dépendre d’infrastructures au sol ou de partenaires extérieurs, Musk choisit l’intégration totale. Objectif : maîtriser toute la chaîne, du lancement de satellites à l’entraînement de modèles comme Grok.
D’après Reuters, l’opération valoriserait SpaceX autour de 1 000 milliards de dollars, et xAI à 250 milliards. Ensemble, l’entité tutoierait les géants historiques de la tech. En interne, un prix indicatif de 527 dollars par action circule. Symbolique, surtout, pour un groupe non coté. Le vrai enjeu, c’est la concentration des moyens : capitaux, ingénieurs, priorités stratégiques… tout sous le même toit pour industrialiser l’IA à grande échelle. La vision, elle, est typiquement muskienne. Dans ses communications, le patron évoque carrément des centres de calcul en orbite. Des constellations de satellites capables d’héberger de la puissance informatique, alimentées par l’énergie solaire, et mises en place grâce aux cadences de lancement de Starship. L’espace deviendrait, selon lui, « le moyen le moins cher de produire de la puissance de calcul IA » d’ici deux ou trois ans.
Les médias comme The Verge rappellent que cette idée de data centers orbitaux revient régulièrement dans son discours. Mais cette consolidation renforce aussi ce que certains appellent déjà la « Muskonomie » : un écosystème fermé où X fournit les données, xAI les modèles, et SpaceX l’infrastructure. Avec, en toile de fond, des contrats fédéraux sensibles dans la défense et l’aérospatial.
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Vous aviez prévu un week-end prolongé à New York ou un détour par les stades américains pour la prochaine Coupe du monde ? Il va falloir préparer plus que votre valise. Désormais, pour entrer aux États-Unis sans visa, le simple formulaire ESTA ne se contente plus des traditionnelles informations d’état civil. Il scrute aussi votre vie numérique.
Jusqu’ici, l’ESTA — le sésame électronique pour les voyageurs des 42 pays du programme d’exemption de visa, dont la France — demandait des données classiques : identité, passeport, adresse. Mais un décret publié fin 2025 au Federal Register a durci la procédure. Depuis le 8 février, les candidats doivent fournir leurs numéros de téléphone utilisés sur cinq ans, des renseignements détaillés sur leur famille… et surtout un historique complet de leurs réseaux sociaux sur cinq ans, ainsi que dix années d’adresses e-mail. Autrement dit : une véritable cartographie numérique de votre existence.
Ces informations ne dorment pas dans un tiroir. Elles sont passées au crible d’algorithmes chargés de repérer des profils jugés sensibles selon leurs opinions, leurs relations ou leurs activités en ligne. À la clé, des contrôles renforcés à l’arrivée, parfois très longs, voire un refus d’entrée pur et simple. Une pression qui commence déjà à peser sur la fréquentation touristique : selon US Travel Association, les arrivées étrangères ont reculé de 6,3 % en 2025 par rapport à 2024. En parallèle, le Department of Homeland Security dispose d’un autre outil : des subpoenas administratifs, autrement dit l'injonction de comparaître devant un tribunal pour produire un témoignage ou un document, adressés directement aux plateformes comme Meta ou Google, sans autorisation judiciaire préalable. Ces demandes permettent d’obtenir des métadonnées — adresses IP, horaires de connexion, localisation — afin de reconstituer les habitudes d’un utilisateur. Elles ont déjà servi à identifier des internautes critiques envers l’administration, notamment sur les opérations de Immigration and Customs Enforcement. Au final, frontière physique et frontière numérique se confondent. Voyager vers les États-Unis, ce n’est plus seulement montrer son passeport. C’est aussi exposer son historique en ligne. Et accepter que chaque clic puisse, un jour, peser dans la balance au contrôle des douanes.
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L’intelligence artificielle générative est souvent accusée de piller les artistes, d’aspirer leurs œuvres pour recracher des copies sans âme. Le débat est vif, parfois frontal. Pourtant, certains créateurs tentent une autre voie : non pas subir l’IA, mais l’utiliser comme un outil, presque comme un instrument supplémentaire. C’est le pari de la startup britannique Moth, qui vient de collaborer avec l’artiste électro ILĀ. Ensemble, ils ont signé un titre inédit, Recurse, un morceau conçu à la croisée de l’intelligence artificielle générative… et de l’informatique quantique. La piste est déjà en ligne sur YouTube, Spotify et les principales plateformes de streaming. Même le clip joue la carte technologique, avec un effet visuel baptisé « flou quantique », développé par Moth.
Derrière cette expérimentation, un logiciel maison : Archaeo. Cette plateforme fonctionne sur un ordinateur quantique fourni par l’entreprise IQM. Particularité notable : le système ne s’appuie pas sur d’immenses bases de données piochées sur Internet. Pas de scraping massif d’œuvres d’inconnus. L’entraînement s’est limité exclusivement aux créations d’ILĀ. L’idée n’est donc pas de produire de la musique ex nihilo, comme le font certaines IA génératives classiques. Ici, la machine joue plutôt le rôle d’assistant. Elle recombine, réorganise, suggère. « J’ai composé un morceau comme je le fais d’habitude, puis ces séquences ont servi à entraîner le système », explique l’artiste. L’IA ne remplace pas la main humaine, elle prolonge le geste.
Pour Moth, Recurse marque même un tournant, un « moment décisif » pour la créativité de demain. Une manière de montrer que l’IA peut devenir un partenaire plutôt qu’un prédateur. Et l’expérience ne s’arrête pas là. À côté du titre principal, formaté comme un morceau classique d’un peu plus de cinq minutes, le duo propose Recurse [Infinite Mix]. Cette version, générée en temps réel, ne s’arrête jamais. Une boucle infinie, qui se transforme en permanence.
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Blue Origin avance ses pions, discrètement mais sûrement. Dans un simple communiqué, l’entreprise spatiale a dévoilé un projet d’ampleur : TeraWave, une constellation de 5 408 satellites reliés entre eux par des liaisons optiques. Leur terrain de jeu ? L’orbite terrestre basse, mais aussi l’orbite moyenne. Une architecture hybride pensée pour maximiser les débits.
L’objectif est clair : proposer des connexions très haut débit entre les grands pôles mondiaux et des utilisateurs dispersés, notamment dans les zones rurales, reculées ou mal desservies. Là où tirer de la fibre coûte trop cher, s’avère techniquement complexe, voire tout simplement impossible. Blue Origin promet ainsi des connexions multigigabits, capables de rivaliser avec les réseaux terrestres. Sur le papier, l’annonce peut surprendre. Le ciel est déjà encombré : SpaceX déploie Starlink à grande échelle, Amazon prépare sa propre constellation Kuiper. Pourtant, Blue Origin ne vise pas prioritairement le grand public. TeraWave cible surtout les entreprises, un marché bien plus rentable, dopé par l’explosion des besoins en données, notamment pour les centres de calcul et l’intelligence artificielle.
La société avance des chiffres ambitieux. Les satellites en orbite basse pourraient offrir jusqu’à 144 gigabits par seconde. Ceux placés plus haut, en orbite moyenne, utiliseront des liaisons laser pour atteindre… 6 térabits par seconde. Des performances taillées pour les infrastructures critiques. Le déploiement doit débuter fin 2027. Mais ce chantier s’ajoute à une liste déjà impressionnante. Blue Origin travaille simultanément sur des modules lunaires, une future station spatiale, une capsule habitée, le véhicule logistique Blue Ring, sans oublier un orbiteur martien. Et côté lanceurs, New Shepard et New Glenn tournent déjà à plein régime. Derrière l’ambition, une question se pose : l’entreprise pourra-t-elle suivre le rythme ? Mettre en orbite plus de 5 000 satellites exige une cadence de lancements soutenue, alors même que New Glenn a déjà un calendrier chargé, notamment avec les missions du projet Kuiper d’Amazon.
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On a tous déjà vu ça avec les intelligences artificielles : plus le texte est long, plus le modèle perd le fil. Au bout de quelques milliers de mots, la mémoire sature, le contexte se brouille, et les réponses deviennent approximatives. Pour les chercheurs du MIT, c’est un vrai plafond de verre. Leur solution tient en trois lettres : RLM, pour Recursive Language Model. L’idée est simple mais maligne. Plutôt que de charger un document entier dans la mémoire du modèle — ce qui l’étouffe — le texte reste stocké à l’extérieur. Le système ne transmet au modèle que les fragments utiles, au fur et à mesure. Un peu comme si l’IA feuilletait un énorme classeur au lieu d’essayer de tout mémoriser d’un coup.
Concrètement, le RLM reçoit d’abord une vue d’ensemble : nombre de sections, taille du document, structure générale. Ensuite, il génère du code pour aller chercher précisément les passages pertinents, les analyser un par un, puis assembler la réponse finale. Résultat : il garde le contexte global sans nécessiter de réentraînement. Les tests sont parlants. Sur des documents gigantesques, entre 6 et 11 millions de jetons, le RLM basé sur GPT-5 a extrait correctement 91 % des réponses attendues sur le benchmark BrowseComp-Plus. Le modèle standard, lui, n’a rien retrouvé. Sur des tâches de raisonnement complexe, il passe de presque zéro à 58 % de bonnes réponses. Et pour l’analyse de code, les performances doublent, de 24 % à 62 %.
Le système repose sur deux briques : un « modèle racine », chargé de planifier et d’orchestrer la recherche, et un « modèle travailleur », plus léger, qui traite chaque extrait. Alex Zhang, co-auteur au MIT CSAIL, compare ça à un programmeur qui ouvre un énorme fichier morceau par morceau pour éviter de faire planter son ordinateur. Compatible avec des techniques comme le RAG, le RLM peut s’intégrer sans changer l’interface habituelle. Et bonne nouvelle : le code est déjà disponible sur GitHub.
Github
Étude d'Alex Zhang
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Après les ultimatums, les menaces de bannissement et les délais arrachés in extremis à la Maison-Blanche, TikTok vient officiellement de céder ses activités américaines. L’annonce a été faite le 22 janvier par son patron, Shou Chew, dans un mémo interne. ByteDance a fini par plier face aux exigences de Washington. Mais derrière la signature, une question demeure : s’agit-il d’une vraie séparation… ou d’un simple tour de passe-passe juridique ?
La nouvelle entité s’appelle TikTok USDS Joint Venture LLC. Et la répartition du capital ressemble à un savant puzzle. Trois poids lourds raflent chacun 15 % : Oracle, le fonds californien Silver Lake et MGX, un fonds souverain émirati lancé en 2024. À eux trois, 45 %. ByteDance conserve 19,9 %, juste en dessous du seuil des 20 % qui aurait déclenché des restrictions légales. Le reste est partagé entre d’autres investisseurs, dont le family office de Michael Dell. Au total, les capitaux non chinois détiennent 80,1 % de la structure américaine. Oracle devient le gardien du temple. L’entreprise de Larry Ellison hébergera les données des utilisateurs américains sur ses serveurs sécurisés et supervisera le respect des règles de sécurité nationale. Silver Lake apporte son expertise financière, tandis que MGX, déjà présent chez xAI et OpenAI, s’impose comme un nouvel acteur stratégique. Le fonds a aussi participé au gigantesque programme d’infrastructures IA soutenu par Donald Trump, baptisé Stargate.
Mais le vrai nerf de la guerre, c’est l’algorithme de recommandation, le cœur battant de TikTok. Officiellement, il sera « réentraîné » uniquement avec des données américaines, sous contrôle d’Oracle. ByteDance, lui, conserve la main sur la publicité et le commerce en ligne, les activités les plus lucratives. Reste une énigme technique et politique : peut-on vraiment détacher un algorithme de son créateur ? ByteDance l’a conçu, le connaît par cœur et garde une part au capital. Sans compter que Pékin doit encore valider l’accord, la Chine contrôlant strictement l’exportation de ses technologies sensibles. Sur le papier, le conseil d’administration comptera sept membres, dont quatre Américains. Adam Presser prend la tête de l’entité.
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