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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le voyage de Mark Carney en Chine peut réchauffer les relations diplomatiques avec le Canada, mais cela pourrait soulever l’ire de Washington.
«Le Canada a besoin de diversifier ses marchés d'exportation et nos partenaires économiques. Donc, c'est naturel de vouloir penser à la Chine», explique Sébastien Mc Mahon, vice-président, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs.
Selon lui, il est important de rétablir les relations Canada-Chine, qui s’étaient passablement détériorées sous le règne de Justin Trudeau.
«Si on veut s'affranchir de la relation avec les États-Unis et diversifier nos marchés, il faut penser à l'Europe et à l'Asie», plaide-t-il.
Un premier pas
Il précise qu’il faudra encore plusieurs rencontres entre les dirigeants canadiens et chinois avant que des retombées économiques tangibles profitent aux marchés boursiers du pays.
«Au début, on va parler probablement des tarifs sur les voitures électriques chinoises. Bien sûr, l'Ontario ne veut pas qu'on fasse le sacrifice là-dessus. Toutefois, la Saskatchewan et le Manitoba aimeraient qu'on diminue les tarifs sur les autos électriques pour pouvoir, en retour, ramener les ventes de produits agricoles en Chine», dit-il.
Sébastien Mc Mahon ne peut passer sous silence que le périple chinois de Mark Carney survient alors que les États-Unis vont de l’avant avec la doctrine Donroe, qui s’inspire de la doctrine Monroe, établie en… 1823!
Selon la doctrine Monroe, les États-Unis devaient s'opposer à toute tentative de colonialisme européen en Amérique. Aujourd'hui, la doctrine Donroe repose sur le contrôle accru des États-Unis sur les Amériques au détriment de la Chine et de la Russie.
«La stratégie de sécurité des États-Unis qui a été publiée au mois de novembre dernier, est basée sur l'idéologie américaine comme quoi la cour arrière des États-Unis, ce sont les Amériques. Il y avait un enjeu au Venezuela, il y en a un à Cuba, il y en a un au Nicaragua, qui sont plus alignés avec la Russie», explique-t-il, ajoutant que le problème, selon lui, est que le gouvernement de Donald Trump est allé écrire noir sur blanc que les États-Unis devraient faire tout en leur pouvoir pour repousser les sociétés étrangères qui investissent dans les Amériques.
«Donc là, on passe d’une stratégie de sécurité à une autre qui est plus économique. La Chine a investi massivement en Amérique du Sud au cours des 20 dernières années. De vouloir repousser les entreprises chinoises à l'extérieur du continent pourrait provoquer de grandes frictions géopolitiques», affirme-t-il.
Le stratège ne serait donc pas surpris que Washington voit d’un mauvais œil le voyage du premier ministre du Canada en Chine.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le sujet qui retient l'attention en Bourse en ce début d'année est l'arrestation du président vénézuélien Nicolas Maduro par l’armée américaine, survenue dans la nuit du 2 au 3 janvier, et son extradition aux États-Unis.
Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital, constate que cette arrestation a pour le moment eu un effet négatif sur le secteur canadien de l’énergie, en recul de 2% depuis le début de l’année, alors que l’indice S&P/TSX est en progression de 1,25%.
«La raison derrière ça, c'est le fait que le Venezuela pourrait potentiellement recommencer à exporter son pétrole vers les États-Unis, même s’il y a un important bémol. Le Venezuela produit actuellement un million de barils de pétrole par jour. Si on retourne à leur sommet, en 1997, ils en produisant 3,3 millions. Donc oui, il y a de la capacité d'augmenter leur production puis d'exporter leur pétrole», raconte-t-il.
Il précise toutefois que les installations pétrolières du pays sont désuètes et que selon les premières estimations, les remettre à niveau coûterait au minimum 100 milliards de dollars américains.
«La taille des investissements constitue un frein important, sans oublier qu’il n’y a pas eu de changement de régime au Venezuela, puisque Delcy Rodriguez, qui était le bras droit de Nicolas Maduro, est à présent au pouvoir», dit-il.
Selon lui, il faudra que le gouvernement local vote des lois ou des garanties pour que les investissements étrangers commencent à affluer au pays, pour éviter que des expropriations aient lieu comme ce fut le cas sous les règnes de Hugo Chavez et de Nicolas Maduro.
Sans oublier que le prix du baril de pétrole se négocie toujours à moins de 60$US, ce qui rend tout investissement plus difficile à rentabiliser.
«À ce prix, très peu vont vouloir s'engager au Venezuela. L’économie mondiale produit actuellement 1 million de barils de pétrole de plus qu’elle n’en consomme chaque jour. Si jamais le pays voulait ouvrir les vannes, l’offre augmenterait d’autant et pourrait pousser les prix encore plus bas», soutient Nicolas Vaugeois.
Il entrevoit donc que le prix de l’or noir devrait rester proche de ses niveaux actuels cette année ou potentiellement baisser.
Outre la situation au Venezuela, les marchés financiers ne doivent pas perdre de vue que la situation de l’emploi sera critique aux États-Unis. «Les données sur la capacité des ménages américains à rembourser les paiements sur leur compte de carte de crédit ou les prêts auto seront à surveiller», note-t-il.
Les marchés surveillent aussi le jugement à venir de la Cour suprême des États-Unis sur la légalité des tarifs douaniers imposés par le gouvernement Trump depuis un an. «Si l’imposition des tarifs est jugée illégale, le gouvernement pourrait devoir rembourser les entreprises qui ont été affectées par ces derniers. Plusieurs sociétés sont déjà prêtes à lancer des poursuites», affirme-t-il.
L’autre dossier majeur sera la renégociation de l’Accord Canada-États-Unis-Mexique.
*Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Après une troisième année consécutive de bons rendements boursiers, 2026 sera marquée par la continuité des grandes thématiques qui ont prévalu tout au long de cette année.
C’est du moins l’avis de Julie Hurtubise, conseillère en placements à Gestion de patrimoine TD.
«Jusqu’à présent en 2025, le S&P/TSX a eu une très bonne année avec un rendement largement positif de près de 30%, ce qui est un des meilleurs résultats dans les marchés développés. Par contre, ce qui est important de dire, c'est que ce ne sont pas tous les secteurs qui ont profité de cette hausse. Les banques et les ressources naturelles ont été les grandes gagnantes», dit-elle.
Après une année aussi forte que 2025, il est à son avis normal que l’on doive s’attendre à un ralentissement en 2026, qui devrait tout de même être positive.
«Au Canada, les banques devraient continuer de bien performer dans un contexte de taux plus stables, de bilans financiers solides et de dividendes attrayants. Du côté des ressources, le pays demeure très bien positionné, sans oublier que la demande pour l'énergie, les métaux et les infrastructures restera structurellement forte», précise-t-elle.
Actions américaines : encore l’intelligence artificielle
En 2025, les marchés boursiers américains ont aussi connu une bonne année, bien que la performance a été très concentrée dans la technologie autour de l'intelligence artificielle (IA).
«À l'inverse, d'autres secteurs comme l'énergie, les services à la collectivité et l'immobilier ont été pénalisés par le niveau des taux d’intérêt. Certains segments de la consommation discrétionnaire ont été aussi volatils», résume-t-elle.
Julie Hurtubise soutient qu’un thème important à surveiller en 2026 sera celui des investissements en infrastructures autour des centres de données liés à l’IA, qui vont s’étaler sur plusieurs années.
Un autre secteur qu'il ne faut pas oublier est celui des soins de la santé. Le secteur a moins de bien fait en 2025 et se positionne bien pour l’année à venir. Grâce à des valorisations encore raisonnables, c'est un secteur moins exposé à l'intelligence artificielle et à l'endettement qui peut être un bon complément à ajouter en portefeuille.
Obligations : entre rendements et taux d’intérêt
La conseillère en placements estime que les taux d’intérêt devraient être beaucoup plus stables en 2026 qu’ils ne l’ont été cette année.
«Au Canada, le taux directeur devrait rester proche des niveaux actuels. Aux États-Unis, les marchés ciblent une à deux baisses d’un quart de point. Concrètement, ça veut dire qu'on peut acheter des obligations gouvernementales ou de sociétés de bonne qualité qui obtiennent un rendement autour de 3% à 4% au Canada, puis près de 4% aux États-Unis sans prendre de risques excessifs», explique-t-elle.
Si les taux baissent un peu aux États-Unis, la valeur des obligations peut augmenter légèrement en plus du revenu qu'elles versent.
Métaux précieux : l’or, le cuivre et l’argent
En 2025, le prix de l’once d’or ajusté à l’inflation a battu un record vieux de 40 ans. Peut-on penser que la croissance va se poursuivre en 2026?
Oui, selon Julie Hurtubise, qui souligne que Morgan Stanley prévoit que le prix de l'once d’or, actuellement d’un peu plus de 4300$US, pourrait atteindre environ 4500$US vers le milieu de 2026, porté par une demande stable des banques centrales, des FNB ainsi que des anticipations de baisse de taux.
«Un autre élément à surveiller pour 2026 c'est l'augmentation des fusions des acquisitions dans le secteur minier. Pour ce qui est de l'argent, la demande industrielle reste forte. Les panneaux solaires, l'électronique et les technologies soutiennent aussi les prix. En ce qui concerne le cuivre, c'est encore plus clair. L'offre est limitée, les nouveaux projets prennent du temps et la demande continue d'augmenter», dit-elle.
Vers un rebond du prix du pétrole?
Le prix du baril de pétrole brut, descendu sous les 55$US, à un creux depuis 2021, devrait rester relativement stable l’an prochain, selon la conseillère en placements.
«Le secteur de l'énergie entre aussi dans une phase un petit peu plus normalisée. On s'attend à ce que les prix du pétrole restent autour de 60$US le baril. Ce niveau reflète un marché bien approvisionné avec une production mondiale en hausse et une demande qui continue de croître à un rythme plus modéré», raconte-t-elle.
Elle précise qu’aux niveaux actuels, les entreprises restent rentables, mais avec des marges plus serrées. Un tel environnement favorisera surtout les producteurs plus disciplinés, ceux qui ont des coûts de production plus bas et des bilans solides.
*Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Après avoir dévoilé des performances éclatantes en 2025, sept éléments seront à surveiller en 2026 pour que les grandes banques canadiennes poursuivent sur leur lancée.
«La force des banques canadiennes repose, selon moi, sur quatre piliers : la diversification des revenus, la qualité du crédit, la marge nette d'intérêt et le ratio du capital», explique Luc Girard, gestionnaire de portefeuille chez Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins.
Du côté de la diversification des revenus, ce dernier note que les segments des marchés des capitaux et de la gestion de patrimoine ont littéralement explosé, avec des hausses respectives de 50% et de 40% par rapport à l’an dernier.
«De plus, quand on parle de qualité de crédit, on regarde des provisions pour perte sur créances qui sont restées sous les prévisions, ce qui démontre vraiment une bonne maîtrise du risque», dit-il.
Selon lui, toutes les grandes banques ont dévoilé de bons résultats financiers au quatrième trimestre, mais il soutient que la Banque Royale (RY, 230,00$), la CIBC (CM, 127,64$) et la Banque Nationale (NA, 172,56$) sont, dans l’ordre, celles qui ont le mieux performé.
Sept éléments à surveiller
Luc Girard retient sept éléments qui seront à surveiller l’an prochain si les titres bancaires veulent continuer sur leur lancée :
Luc Girard voit aussi d’un très bon œil les récentes transactions dans le monde bancaire. Il soutient que la vente de la Banque Laurentienne (LB, 39,98$) à Fairstone et à la Banque Nationale vient renforcer la position de cette dernière dans le marché des PME.
La Banque équitable (EQB, 98,46$) a aussi récemment acheté la Banque Le Choix du Président à Loblaw (L, 61,42$) pour un montant de 800 millions de dollars. La transaction démontre à son avis le dynamisme des banques de taille moyenne et augmente la concurrence dans le secteur au Canada, deux éléments positifs.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. L’achat de Berkshire Hathaway (BRK.B, 503,23 $US) a probablement été la pire décision d’investissement du légendaire Warren Buffett, à en croire François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille de Giverny Capital.
L’actuel président et chef de la direction de Berkshire Hathaway, âgé de 95 ans, quittera son poste à la fin de l’année pour ne conserver qu’un rôle de président du conseil d’administration.
François Rochon, fervent admirateur de Warren Buffett et actionnaire de Berkshire Hathaway depuis de nombreuses années, relate la carrière du milliardaire, amorcée en 1956.
C’est neuf années plus tard, en 1965, qu’il acquiert l’entreprise qui allait lui servir de véhicule pour bâtir sa fortune évaluée à 150 milliards de dollars américains (G$US) selon Forbes et à 151 G$US selon Bloomberg.
«Un point important est survenu en 1967, lorsqu’il a acheté sa première compagnie d’assurance, National Indemnity. Ça a été un peu le point de départ de toute l’activité d'assurance qui est devenue très importante avec le temps pour Berkshire», soutient François Rochon.
Grâce au capital accumulé, il s’est porté acquéreur du prestigieux quotidien Washington Post en 1974, alors que les marchés boursiers vivaient des moments difficiles. Il a revendu la publication 40 ans plus tard.
Nombreux admirateurs
Au fil des ans, Warren Buffett s’est forgé une excellente réputation sur les marchés financiers, selon François Rochon, le rendement annuel moyen de 20% sur 60 ans de Berkshire Hathaway est unique dans l'histoire du capitalisme, ce pourquoi il a autant d’admirateurs à travers le monde.
«C'est phénoménal, mais il a en plus réussi une telle performance en restant très intègre. Il a toujours traité tout le monde de façon juste. Il n'a jamais non plus spéculé», dit-il.
Le gestionnaire de portefeuille ajoute que Berkshire n’a pas seulement investi dans les actions, mais a aussi acheté des entreprises en totalité. «La façon avec laquelle il gère ces entreprises, par son intégrité et ses valeurs d’investisseur à très long terme, ça suscite beaucoup d'admiration», raconte-t-il.
Il reconnaît que le milliardaire lui a servi de modèle lorsqu’il s’est lancé dans le monde de l’investissement, avant même la création de Giverny Capital en 1998.
«J'ai découvert Warren Buffett, il y a plus de 30 ans et de 1992 à 1993, j'ai tout lu ce que j'ai pu trouver sur lui : tous les livres, tous les articles, même ceux qui avaient été écrits dans les années 1960 et 1970. J'ai vraiment voulu comprendre la source de son succès», explique-t-il.
De bons et de mauvais coups
Citant le meilleur coup du milliardaire, François Rochon estime que l’achat de National Indemnity a été très important, lançant les activités de Berkshire dans le domaine de l’assurance.
«À l’inverse, si on posait la question à Warren Buffett, je pense qu'il dirait que sa plus grande erreur fut d’acheter Berkshire Hathaway, alors une entreprise qui évoluait dans l’industrie du textile. Il a eu l'intelligence de prendre le capital et d'investir dans d'autres industries, mais pendant plusieurs années, il a conservé des activités de textile et cette partie n'a pas été un bon placement. Il aurait probablement beaucoup mieux fait de simplement démarrer une compagnie d'assurance de zéro et probablement que les rendements auraient été encore meilleurs», raconte-t-il, concédant qu’il puisse être difficile de critiquer un rendement annuel moyen de 20% sur 60 ans.
Il ajoute que le milliardaire a commis des erreurs par omission, entre autres en n’achetant pas d’actions de Google, aujourd’hui Alphabet (GOOGL, 317,62 $US) peu après l’introduction en Bourse de l’entreprise en 2004.
«Ne pas acheté un titre et voir sa valeur être multipliée par 50 ou plus sur 15 à 20 ans est souvent bien plus dommageable que d’investir dans une entreprise qui offre ensuite des rendements modestes», juge-t-il.
Liquidités de 350G$US
François Rochon affirme que Greg Abel, qui succèdera à Warren Buffet au poste de président et chef de la direction de Berkshire Hathaway à la fin de l’année, partage totalement la philosophie d'investissement de son mentor.
«Une des choses à surveiller, c'est que la société a beaucoup de liquidités. La société a vendu beaucoup d’actions récemment et a accumulé des liquidités sans faire d’acquisition, évaluées à 350 G$US. Je pense que Warren Buffett a voulu faire un peu table rase pour la prochaine équipe de direction. Ça leur donne des occasions extraordinaires advenant que les marchés boursiers baissent. L'avenir me semble très bon», dit-il.
Il précise qu’en plus de Greg Abel, les directeurs de l’investissement Todd Combs et Ted Weschler, qui gèrent une partie des portefeuilles, vont bien prendre le relais.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Alimentation Couche-Tard a fait état de résultats financiers supérieurs aux prévisions des analystes au second trimestre de son exercice 2026.
Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100, entreprise actionnaire de Couche-Tard depuis plus de 20 ans, s’est dit satisfait de la performance de l’entreprise.
«Les résultats étaient supérieurs à nos attentes aussi. L'entreprise a généré un bénéfice par action de 0,78$US, en hausse de 5% sur un an. On s'attendait à 0,75$US. Il s’agit d’une bonne performance généralisée, autant du côté des ventes de marchandises que de carburant», dit-il
Il souligne aussi l’augmentation du programme de rachat d’actions, ce qui était prévisible à la suite du retrait de l’offre d’achat de Seven & i Holdings.
«C'est tout un revirement pour un deuxième trimestre consécutif, et la performance a été bonne dans les trois principales régions où Couche-Tard est active, soit les États-Unis, le Canada et l’Europe. Sans oublier que les ventes et les marges ont grimpé. On n’a donc pas augmenté les ventes en sacrifiant la rentabilité en faisant des promotions», explique-t-il.
Marc L’Écuyer ajoute que Couche-Tard gagne des parts de marché dans les territoires où elle possède des activités et a déjà les yeux tournés vers 2026.
«Du côté des acquisitions, Couche-Tard n’a pas été chanceuse ces dernières années, avec Seven & i Holdings, mais aussi avec Carrefour il y a quelques années. On s'attend à ce qu'il y ait quand même des acquisitions de plus petite taille en continu. On peut aussi s'attendre à des rachats d'actions plus importants s'il n'y a pas d'acquisition majeure», dit-il.
Selon lui, si Couche-Tard souhaite augmenter sa présence en Amérique du Nord ou en Asie, des occasions se présenteront. «Couche-Tard, généralement, ne réalise pas d'acquisition hostile. On peut toujours s'entendre avec les gens qu'on souhaite acquérir. Le défi pour l’entreprise est de trouver des partenaires intéressants», croit-il.
Principal risque à long terme
Marc L’Écuyer estime que le principal risque à long terme pour Couche-Tard est de diversifier son offre dans un contexte de diminution des ventes de carburant.
«Même si on ne voit pas ce défi en ce moment aux États-Unis, la société opère dans des marchés où cette réalité-là est bien présente, notamment en Norvège, où la presque la totalité des ventes d'automobiles sont des modèles électriques», rappelle-t-il.
Il soutient que la direction de Couche-Tard est bien consciente de ce défi, mais qu’elle possède un beau laboratoire en Norvège pour s’ajuster à la tendance dans ses autres marchés.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Les investisseurs feraient bien de sortir leur liste de tâches à effectuer pour obtenir le maximum des véhicules d’épargne qui donnent droit à des crédits d’impôts ou à des subventions avant le 31 décembre.
Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, y va de sa liste de cinq éléments à surveiller d’ici la fin de l’année.
Pour ceux qui n’ont pas été propriétaires au cours des cinq dernières années et qui désirent acheter une résidence d’ici 15 ans, Vincent Fournier suggère d’ouvrir un CELIAPP avant le 31 décembre pour ainsi obtenir des droits de cotisation de 8000$.
Le CELIAPP
«Le CELIAPP, ça devient un incontournable. Comme le REER, il vous donne droit de déduire les cotisations de votre revenu. Si vous voulez en profiter, pensez à ouvrir un compte d'ici la fin de l'année, même si vous ne cotisez pas tout de suite, pour pouvoir accumuler des droits», dit-il.
Selon lui, s'il y a des grands-parents ou des parents qui veulent aider les plus jeunes générations, le CELIAPP constitue une excellente manière de léguer un peu de leur fortune à leurs enfants ou petits-enfants.
Le REÉÉ
Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) donne droit à des subventions. Quand on fait des dépôts dans un REEE, le gouvernement nous donne une subvention et la date limite pour y contribuer est le 31 décembre de chaque année.
«On peut quand même racheter des années passées, mais on peut seulement racheter une année à la fois. Donc, si on veut racheter plusieurs années, ça prend plusieurs années pour réussir à profiter des subventions qui sont très intéressantes», explique-t-il.
Vincent Fournier souligne que les REEE familiaux sont ceux qui offrent le plus de flexibilité, puisque les montants peuvent être transférés d’un enfant d’une même famille à un autre si l’un d’eux décide de ne pas faire d’études post-secondaires.
Il prévient aussi que les REEE collectifs ont des règles à suivre pour les retraits qui, bien souvent, ne permettent pas aux bénéficiaires d’utiliser tous les avantages du régime.
Le REEI
Le gestionnaire de portefeuille parle aussi du régime enregistré d'épargne invalidité (REEI) qui donnent droit à des subventions allant de 100% à 300% du montant qui y est investi, jusqu’à une limite de 70 000$ par bénéficiaire.
Les pertes en capital
Le quatrième élément cible les pertes en capital, que Vincent Fournier divise en deux catégories : les «bonnes» et les «mauvaises».
«Les pertes en capital peuvent être avantageuses, mais ça peut aussi être un couteau à deux tranchants. Pour qu'une perte en capital soit bonne, il faut que ce soit un investissement qui a subi une très forte baisse et qui a très peu de chance de rebondir à court terme», explique-t-il.
Il précise qu’une mauvaise perte en capital serait de vendre une action dont le prix vient de reculer de 5% à 7% dans l’espoir de le racheter plus tard. «Le risque est de devoir racheter le titre à un prix plus élevé que celui auquel on l’a vendu», laisse-t-il tomber.
Les retraits des REER
Le cinquième élément cible les personnes qui ont obtenu peu ou pas de revenus durant l’année. Vincent Fournier soutient que dans de telles circonstances, il peut être avantageux de retirer des montants d’un REER à un taux d’imposition très faible ou nul et de transférer le montant dans un CELI, où il pourra continuer de prospérer à l’abri de l’impôt.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Malgré les craintes, la saison des résultats trimestriels a offert de nombreux moments de réjouissance aux investisseurs.
«On a des surprises positives trimestre après trimestre aux États-Unis. Au début de l’année, on avait peur que la politique commerciale provoque un effondrement ou du moins un passage à vide aux États-Unis, mais ce n'est vraiment pas ce qui s’est produit», explique Sébastien Mc Mahon, vice-président, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuille à iA Gestion mondiale d’actifs.
Il précise que 82% des entreprises ont battu les attentes de bénéfices et 77% ont battu celles des revenus. «Ça va bien. Maintenant, avec les marchés boursiers américains qui sont dispendieux, on peut se poser la question si on inclut déjà tous les bénéfices attendus en 2026 dans les valorisations actuelles», dit-il.
À son avis, la barre est haute, ce qui n’empêche pas que l’élan qu’on observe sur les bénéfices des entreprises américaines pourrait se poursuivre l’an prochain.
Encore de bonnes raisons d'aimer le S&P/TSX
Du côté canadien, Sébastien Mc Mahon observe le même phénomène, même si le secteur technologique est moins étincelant. «Quand même, la croissance attendue des bénéfices par action cette année est de 12%. En 2026, c’est un peu plus élevé à 13%. Les secteurs de l’énergie, des ressources naturelles et des financières font bien, alors il y a encore de bonnes raisons d’aimer le S&P/TSX», estime-t-il.
Toutefois, à Toronto, les résultats des grandes banques canadiennes pour le trimestre terminé le 31 octobre n’ont pas encore été dévoilés. L’expert estime toutefois que les marchés attendent ces résultats avec optimisme.
Dans ce contexte, certains investisseurs commencent à craindre une chute des marchés boursiers, une crainte qui n’est pas justifiée pour le moment, selon l’expert.
Doit-on craindre une chute des indices?
«Il faut toujours être prudent. Un crash boursier, c'est quand même un très grand mot. Vous devez toujours vous méfier de celui qui vous annonce un crash boursier imminent. On ne sait jamais ce qui va se passer», affirme-t-il.
Si de bons rendements anticipés sont déjà intégrés dans les valorisations actuelles, Sébastien Mc Mahon constate que les bénéfices des sociétés dominantes comme les sept magnifiques sont toujours au rendez-vous.
Il rappelle que les corrections boursières, soit des reculs de plus de 10% depuis les plus récents sommets, surviennent environ une fois par année depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. À son avis, les investisseurs doivent être capables de négocier avec ce « prix d’entrée » pour réaliser de bons rendements en Bourse.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. La Cour suprême des États-Unis qui pourrait infliger un revers au gouvernement de Donald Trump en ce qui concerne l'établissement des barrières tarifaires.
«Ce qui se passe à la Cour suprême est quand même important. Les juges ont écouté les arguments du gouvernement, tout en défiant le statut des tarifs imposés par Donald Trump depuis avril. Le tribunal pourrait décider que le gouvernement a excédé ses droits en imposant des tarifs douaniers», explique Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
Ce dernier ajoute qu’il existe une possibilité que le plus haut tribunal du pays renverse les tarifs imposés par le gouvernement Trump. «Ça pourrait forcer le gouvernement à rembourser les tarifs que les entreprises américaines ont payés depuis le début, ce qui aurait un effet sur le budget», dit-il.
Si jamais la Cour suprême infligeait un revers au gouvernement américain, Donald Trump pourrait malgré tout utiliser d’autres mécanismes pour imposer des tarifs douaniers. «Il pourrait encore appliquer peut-être un 15% de tarifs pour une période de 150 jours pour protéger les balances commerciales, puis un autre tarif de jusqu'à 50% s'il est capable de démontrer que les pays ciblés sont en train d'abuser des Américains», raconte Nicolas Vaugeois.
Il ajoute qu’un revers du gouvernement Trump devant la Cour suprême pourrait bénéficier aux entreprises cotées en Bourse qui recevraient des montants pour compenser les tarifs payés depuis avril.
«Toutefois, à quel point ça va vraiment générer un effet positif sur les marchés boursiers, ça reste à voir, puisque beaucoup de bonnes nouvelles sont déjà anticipées, notamment du côté de l’intelligence artificielle», juge-t-il.
Hausses des taux obligataires
Nicolas Vaugeois soutient que le marché obligataire ressentirait aussi les effets d’une décision de la Cour suprême contre les tarifs douaniers, puisque le remboursement des tarifs ferait grimper l’endettement du gouvernement américain. «L’effet sur le marché obligataire serait ce qu’on appelle une pentification de la courbe, ce qui signifie que les taux des obligations à long terme grimperaient davantage que ceux à plus court terme», dit-il.
Paralysie gouvernementale record
Nicolas Vaugeois parle aussi de la paralysie du gouvernement américain qui a atteint sa 36e journée cette semaine. On parle donc d'un record de longévité absolu.
Le gestionnaire de portefeuille affirme que la paralysie du gouvernement a un effet négatif de 15 milliards de dollars par jour sur l’économie du pays. «Des entreprises comme Microsoft (MSFT, 497,10$US) et Alphabet (GOOGL, 284,75$US), société mère de Google, ne seront pas affectées nécessairement, mais toutes celles qui ont des contrats directs avec le gouvernement vont en ressentir les effets. Plus la fermeture du gouvernement dure longtemps, plus les effets seront négatifs», juge-t-il.
Il croit que la légère progression des indices boursiers américains depuis le début de la paralysie gouvernementale est encore une fois attribuable à l’engouement autour de l’intelligence artificielle.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. La Banque du Canada et la Réserve fédérale américaine ont toutes deux réduit leur taux directeur d’un quart de point cette semaine, mais les prochaines baisses pourraient devoir attendre.
«Les marchés ont très peu réagi initialement à la baisse des taux, tant aux États-Unis qu'au Canada. Les investisseurs l'avaient déjà largement anticipé. Les probabilités montraient plus de 92% de chance d'une coupe à la Fed et 70% pour la Banque du Canada», explique Julie Hurtubise, conseillère en placements principale à Gestion de patrimoine TD.
Elle précise toutefois qu’après coup, les marchés ont reculé. «D'une part, les deux banques centrales ont adopté un ton plus prudent. La Fed a clairement laissé entendre qu'il n'y avait aucune garantie d'autres baisses à court terme. Puis la Banque du Canada a dit que son taux se trouvait à peu près au bon niveau», dit-elle.
Julie Hurtubise précise que les marchés boursiers aiment la prévisibilité et peuvent devenir plus frileux lorsque les banques centrales laissent planer le doute sur la suite des choses.
Selon elle, la cible d'inflation à 2 % est toujours au cœur de la politique monétaire, autant pour la Fed que pour la Banque du Canada. «Toutefois, ce n'est plus le seul facteur qui guide les décisions. La Banque du Canada regarde aussi le reste du portrait, comme la croissance économique, le chômage et le contexte commercial qui est plutôt fragile en ce moment», énumère-t-elle.
La Réserve fédérale américaine vise aussi une inflation à 2%, mais il ne faut pas perdre de vue qu’elle a un double mandat, soit de surveiller la croissance économique et le taux de chômage en plus de l’inflation.
«C'est ce qui explique le ton plus prudent du président de la Fed, Jerome Powell, pour les prochaines réunions», affirme-t-elle.
La Banque du Canada en a assez fait… pour le moment
Le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a affirmé qu'il en avait assez fait pour le moment, avec un taux directeur à 2,25 %, ce qui ne signifie qu’il estime que la politique monétaire est déjà assez accommodante et qu'il faut maintenant laisser la place au gouvernement fédéral, dont le prochain budget sera dévoilé le 4 novembre, pour soutenir l’économie.
Quant à Jerome Powell, il a clairement affirmé qu’aucune décision n’avait encore été prise pour la réunion de décembre. «Il y a aussi un autre élément important dont il faut tenir compte avec la paralysie partielle du gouvernement américain. La Fed fonctionne actuellement avec moins de données qu’à l’habitude, puisque plusieurs agences fédérales ne publient pas leurs statistiques pendant la fermeture du gouvernement américain», rappelle Julie Hurtubise.
Les marchés ont aussi déjà les yeux tournés vers 2026, mais rien n’est encore joué d’avance et un rebond de l’inflation pourrait même forcer les banques centrales à relever leur taux directeur l’an prochain.
*Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts.
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