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GESTIONNAIRES EN ACTION. La société spécialisée en commerce électronique Shopify (SHOP, 199,46$) a récemment ravi à la Banque Royale (RY, 188,61$) la couronne de plus importante capitalisation boursière au Canada.
La grande question, c'est de savoir si la situation peut durer dans le temps. Depuis la fin des années 90, quelques entreprises sont parvenues brièvement à s'emparer de la première marche du podium des capitalisations boursières canadiennes.
On peut penser aux entreprises Nortel Networks, Manuvie (MFC, 42,25$), EnCana, Research in Motion (devenue BlackBerry: BB, 5,08$), Potash Corporation, Barrick Gold (ABX, 32,67$) et Valeant Pharmaceuticals (devenue Bausch Health: BHC, 10,38). Après avoir dépassé la capitalisation boursière de la Banque Royale, toutes ces sociétés ont connu d'importantes difficultés.
«Toutes ces périodes ont été marquées par des tendances favorables à certains secteurs qui se sont reflétées sur des entreprises, ce qui leur a permis de dépasser dépassé la Banque Royale. Par exemple, si on prend le cas de Nortel, on se rappelle qu'on était alors au sommet de la bulle des titres technologiques», explique Marc L'Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100.
La Banque Royale a toujours repris la pole position. Mais ça s'explique aussi par le peu de profondeur du marché boursier canadien. On n'a pas beaucoup d'entreprises comparativement aux États-Unis. Des Nvidia (NVDA, 182,02$US), Microsoft (MSFT, 522,48$US) et Apple (AAPL, 232,78$US), ça n'existe pas ailleurs», raconte-t-il.
Pour revenir à Shopify, l'entreprise a déjà dépassé la Banque Royale en 2020, au début de la crise de la pandémie de COVID-19 qui a favorisé les titres présents dans le monde du commerce électronique.
La société a par la suite passé à travers un petit creux de vague avant de revenir au sommet. «Si on regarde le dénominateur commun de ces deux périodes. Si on remonte depuis l'arrivée en bourse de Shopify (en 2015, NDLR), c'est une entreprise qui a eu beaucoup de succès, qui est innovante et qui réussit très bien dans son secteur», résume Marc L'Écuyer.
Ce qui caractérise les deux sommets selon lui est que le titre de Shopify est, tout comme en 2020, valorisé pour la perfection avec, entre autres, un ratio cours/bénéfice prévu des 12 prochains mois de plus de 100.
Il estime que si Shopify veut rester au sommet de la Bourse canadienne, elle devra maintenir une forte croissance pendant plusieurs années, à moins que la Banque Royale ne connaisse des difficultés pendant une certaine période.
*Le balado «Gestionnaires en action» a reçu un honneur, étant reconnu en juin dernier dans le Top 100 des meilleurs balados sur les marchés financiers en ligne par la société américaine Million Podcasts.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Nvidia et Microsoft ont récemment été les deux premières entreprises à voir leur capitalisation boursière dépasser la barre symbolique des 4000 milliards de dollars américains (G$US).
Pour les investisseurs, ces entreprises peuvent agir comme des aimants, ce qui n’empêche pas de penser que pour obtenir un rendement de 100% si on devait acheter des actions de Nvidia (NVDA, 180,77$US) ou de Microsoft (MSFT, 520,84$US) en ce moment, il faudrait que les capitalisations boursières de ces deux mastodontes atteignent 8000G$US.
«C'est vrai que ça frappe l'imaginaire. Ce sont des très gros chiffres, mais ça fait partie de la réalité des marchés financiers, c'est-à-dire qu'avec l'inflation et les nouveaux capitaux qui affluent constamment, les plus grosses positions deviennent toujours plus grosses», explique Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret.
Ce dernier ajoute toutefois que si on regarde le poids de Nvidia et de Microsoft dans le S&P 500, respectivement d’environ 7,7% et 6,8%, ça reste dans la mesure du tolérable. Au sommet de sa gloire, Nortel avait un poids de 35% dans l'indice principal de la Bourse de Toronto, rappelle-t-il.
Les investissements systématiques contribuent
De nombreuses personnes ont une stratégie d’investissement systématique et injectent des montants fixes aux deux semaines ou chaque mois dans leur portefeuille. Ceux et celles qui misent sur des fonds communs ou des fonds négociés en Bourse (FNB) indiciels dont la mission est de reproduire le rendement du S&P 500 ou du Nasdaq 100 se retrouvent donc à investir dans les plus importantes entreprises des deux indices en premier.
«Effectivement. Quand on a une stratégie indicielle, ce qu'on recherche à faire, c'est d’avoir une exposition à une économie entière parce qu'on sait que l’on obtiendra un rendement satisfaisant», précise Vincent Fournier.
Il rappelle que l’idée de base derrière la création des FNB était de permettre aux investisseurs d’obtenir une exposition à une économie en général à peu de frais. Par exemple, si on veut investir dans le S&P 500, on va se trouver à détenir 500 entreprises dans notre portefeuille.
«Toutefois, La problématique avec les investissements indiciels est que ce sont les marchés financiers qui décident combien de dollars seront investis dans chaque composante de l’indice», explique-t-il.
Selon lui, pour avoir du succès avec les FNB, les investisseurs devraient garder leur stratégie très simple et éviter les produits sectoriels qui donnent une exposition à seulement une industrie d’une économie. «Pour un Canadien, il faut surpondérer le Canada, donc le pays devient une région, les États-Unis, c'est un incontournable, et puis on a ensuite l'international avec des FNB EAFE (Europe, Asie et Extrême-Orient)», dit-il.
Éviter une surpondération avec les produits équipondérés
Pour éviter une surpondération dans les très grandes capitalisations, il soutient qu’une stratégie d’investissement équipondérée est une option à considérer. «Ces dernières années aux États-Unis, avec la force des sept ou huit magnifiques, cette stratégie n’a pas été aussi efficace que si on avait simplement acheter l’indice», précise-t-il.
Ça reste toutefois selon lui une manière d’éviter d’être trop concentré dans les géants de la technologie.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Il ne reste que trois réunions d’ici la fin de l’année qui pourraient permettre à la Banque du Canada et à la Réserve fédérale américaine de réduire leur taux directeur.
Les deux banques centrales ont choisi de garder les taux directeurs stables cette semaine et rien n’indique avec certitude que l’une d’elles cédera à la tentation de procéder à une baisse d’ici la fin de l’année.
«La robustesse de l’inflation reste l’élément central dans la décision de la Banque du Canada de garder son taux directeur à 2,75%. Même si l’inflation a reculé par rapport à son sommet, quand on regarde les chiffres excluant l’alimentation et l’énergie, ça reste plus élevé que la cible souhaitée», souligne Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
L’inflation excluant l’alimentation et l’énergie s’est chiffrée à 2,6% en juin au Canada.
«La croissance du coût des logements reste avec une demande qui est quand même élevée, ce qui complique un peu la tâche de ramener l'inflation à 2%. De l'autre côté de la médaille, la Banque du Canada veut quand même être prudente et a ouvert la porte à davantage de coupes si la croissance économique n'est pas au rendez-vous», précise-t-il.
L’incertitude liée aux tarifs pourrait aussi exercer une pression à la baisse sur la croissance économique et sur l’inflation. De ce côté, la banque du Canada dit jongler avec trois scénarios : un de maintien, un d’escalade et un de désescalade des droits de douane.
«La Banque du Canada n'a pas mis de probabilités sur ces scénarios. Mais nous, ce qu'on retire de tout ça, c'est vraiment que le message qu'elle essaie d’envoyer, c'est que la croissance potentielle de l’économie sera plus basse», explique Nicolas Vaugeois.
La Réserve fédérale américaine garde son taux entre 4,25% et 4,5%
Du côté américain, la Réserve fédérale ne semble pas non plus pressée de couper les taux.
«Le taux de chômage reste bas et l'économie se portent relativement bien, tandis que l'inflation reste un peu trop élevée à leur goût. Mais ce qui a changé dans leur communiqué, c'est lorsqu'ils ont mentionné que la croissance de l'économie s’était modérée», raconte le gestionnaire de portefeuille.
Au communiqué précédent, elle parlait encore d’expansion économique.
Deux gouverneurs, Michelle W. Bowman et Christopher J. Waller ont toutefois montré leur dissidence et auraient préféré une diminution d’un quart de point de pourcentage.
«C'est le débat qu'on pensait qu'il allait y avoir au sein de la Fed cette année, à savoir si elle allait mettre plus de poids dans ses analyses sur l’inflation liée aux tarifs ou aux perspectives de croissance économique», raconte Nicolas Vaugeois.
Selon lui, les deux dissidents donnent plus de poids à la croissance économique qu’à l’inflation pour établir la politique monétaire américaine.
Il s’attend à ce que la Réserve fédérale procède à un maximum d’une baisse d’ici la fin de l’année, probablement en décembre.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Les conflits géopolitiques mondiaux et les barrières tarifaires ont-ils créé des occasions d'investissements sur les marchés boursiers?
François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital, soutient qu'il existe toujours de bonnes occasions d'achat en Bourse.
Après un commentaire sur les plus résultats trimestriels d'Alimentation Couche-Tard (ATD, 68,90$), qu'il qualifie de «corrects, mais sans plus», le dirigeant estime que les six premiers mois de l'année ont encore une fois démontré que les investisseurs boursiers n'appréciaient pas l'instabilité, mais qu'il fallait être capable de ne pas laisser les émotions prendre le dessus en périodes de reculs.
«On l'a vu au début d'avril quand les marchés boursiers américains ont rapidement reculé de plus de 20% lorsque le président américain Donald Trump a annoncé sa vague de tarifs douaniers. Une semaine plus tard, il a ensuite calmé le jeu et les marchés ont presque récupéré tout le terrain perdu», philosophe-t-il.
À ce jour, l'indice S&P 500 est même en hausse d'environ 4% depuis le début de l'année, alors que la progression de l'indice canadien S&P/TSX est de 8%.
«Aux États-Unis les marchés boursiers dans leur ensemble ont toutefois moins bien performé. Par exemple, le Russell 2000 est en repli de 3% depuis janvier. De plus, en calculant les variations des taux de change, les Canadiens qui ont investi aux États-Unis cette année ont enregistré des rendements négatifs», précise-t-il.
Il ajoute qu'à court terme, les rendements boursiers n'ont pas une grande signification. «Il faut rester concentré sur le long terme. Si on possède de bonnes entreprises dont la valeur intrinsèque progresse chaque année, éventuellement, leurs titres vont bien faire», dit-il.
Des occasions à saisir dans les titres de produits de luxe?
François Rochon soutient qu'il existe toujours des titres favoris de la foule et d'autres qui sont en défaveur.
«Je dirais en ce moment, un endroit où je vois des occasions, c'est du côté des produits de luxe. Ça a été une période difficile depuis quelques trimestres pour les produits de luxe. Les consommateurs à la grandeur de la planète sont un peu échaudés par l'inflation et ça a affecté l'industrie. À mon avis, une des plus belles entreprises dans ce secteur-là, c'est LVMH (MC, 437,55 euros, Bourse de Paris), qui possède entre autres Louis Vuitton. Je pense que c'est une excellente entreprise», croit-il.
Il concède que les derniers trimestres ont été décevants, mais qu'un investisseur patient qui conserverait le titre cinq ans et plus devrait être récompensé.
Le gestionnaire de portefeuille n'est toutefois pas prêt à investir dans le secteur de la défense pour profiter de la manne qui sera éventuellement générée par la hausse des dépenses des pays membres de l'OTAN.
«On n'aime pas trop le secteur parce qu'avec le politique, on devient tributaires de multiples facteurs qu'on ne contrôle pas», dit-il.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. La Réserve fédérale américaine a choisi de garder son taux directeur entre 4,25% et 4,5% cette semaine pour de bonnes raisons, estime Julie Hurtubise, conseillère en placements principale à Gestion de patrimoine TD.
«La Fed a choisi la prudence. Elle pourrait reprendre son cycle d'assouplissement monétaire prochainement, mais n'a pas fourni beaucoup d'informations à ce sujet. Puisque le consensus était qu'il n'y aurait pas de baisse de taux, Donald Trump avait déjà fait connaître son mécontentement avant la décision», rappelle-t-elle.
Julie Hurtubise précise que la Fed a malgré tout laissé entendre qu’elle pourrait abaisser son taux directeur à deux reprises d’ici la fin de 2025, mais a retiré une baisse prévue en 2026.
«Le message de la Fed était cohérent, l'inflation est toujours trop élevée, le marché de l'emploi est robuste et les risques liés aux tarifs et à la géopolitique persistent», dit-elle.
L’inconnue des conflits géopolitiques
Sur les marchés boursiers, le conflit entre Israël et l'Iran retient l’attention. Malgré tout, à ce jour, on n’a pas constaté d’effet de contagion sur les marchés boursiers nord-américains.
«Pour l'instant, la réaction a été de courte durée. C'est souvent le cas avec des tensions géopolitiques lorsqu'elles se retrouvent assez loin des marchés nord-américains. Par contre, on est un peu plus sensibles lorsqu’un conflit frappe cette région parce que ça entraîne souvent une hausse marquée des prix de l'énergie. D’une façon indirecte, on pourrait revoir des pressions inflationnistes liées à la hausse des prix du pétrole, ce qui pourrait entraîner aussi un ralentissement économique mondial», explique-t-elle.
Julie Hurtubise soutient que lorsque l’économie mondiale doit composer avec des conflits géopolitiques, les secteurs défensifs comme les pharmaceutiques, la consommation de base, les infrastructures et les services à la collectivité ont tendance à faire preuve de plus de résilience en Bourse.
À l’inverse, selon elle, les entreprises les plus à risque sont celles qui font beaucoup de commerce international et dont les chaînes d’approvisionnement traversent les zones de guerre.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Dollarama (DOL, 193,94 $) a publié des résultats financiers du premier trimestre de son exercice 2026 supérieurs aux prévisions des analystes le 11 juin.
Le titre a très bien réagi en Bourse, s’appréciant de 10% durant la séance qui a suivi la publication des résultats.
Selon Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, trois éléments fondamentaux expliquent l’enthousiasme des investisseurs envers la performance de Dollarama. «Premier élément, une croissance des ventes de magasins comparables de 4,9 %. Le deuxième élément, je vous dirais que ce sont les marges brutes qui sont restées quand même élevées, malgré des vents contraires comme les coûts de main-d'oeuvre, la logistique et le taux de change. Et le troisième élément, je vous dirais que c'est la perspective optimiste pour l'année entière», explique-t-il.
Revenant sur la hausse de 4,9% des ventes de magasins comparables, une mesure clé de la performance des détaillants, Luc Girard précise que Dollarama tire bien son épingle du jeu. «Quand on regarde la consommation des ménages, on voit un phénomène de plus en plus important qu'on appelle le ‘downtrading’, qu'on pourrait traduire en français par un ajustement des habitudes de consommation. Premièrement, le consommateur va réduire ses dépenses, mais en second lieu, il va aussi se replier vers des options qui sont beaucoup moins coûteuses, ce qui crée automatiquement des occasions pour la société», dit-il.
Luc Girard explique aussi comment la société pourrait encore améliorer ses marges bénéficiaires d’ici la fin de l’exercice 2026 en misant sur quatre piliers : son pouvoir de négociation, l’optimisation des stocks, sa chaîne d’approvisionnement et sa capacité à relever les prix de certains produits.
Le gestionnaire de portefeuille aborde également l’expansion en Amérique latine et au Mexique, de même que l’acquisition de la chaîne australienne The Reject Shop. La transaction pour l’acquisition de cette dernière devrait se conclure cet été.
Signe que les résultats trimestriels ont été une surprise pour tout le monde, les 15 analystes qui suivent le titre de Dollarama avaient, en moyenne, un cours cible sur un an d’un peu plus de 178$ au moment où les chiffres ont été dévoilés, selon des données de LSEG Refinitiv. Or, le titre a terminé la séance du 11 juin à 192,99$.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. On parle beaucoup des obligations à 30 ans du gouvernement américain, qu’on appelle aussi les bons du Trésor, depuis quelques jours, dont les taux d'intérêt ont grimpé autour de 5 %.
Pourquoi est-ce que ça retient autant l'attention?
«Parce que quand le marché obligataire parle, les gouvernements écoutent. Puis le marché obligataire, dans le moment, le message qu'il est en train d'envoyer, c'est qu'il est très inquiet de la direction du déficit américain», explique Sébastien Mc Mahon, stratège en chef, économiste sénior et gestionnaire de portefeuilles à iA Gestion mondiale d’actifs.
Il ajoute qu’en ce moment, le déficit américain est à environ 7% du PIB du pays, ce qui est énorme et beaucoup plus élevé qu’au Canada, où le déficit équivaut à 2% du PIB.
«Aux États-Unis, ça augmente depuis plusieurs années et quand on regarde devant, on dirait que ça devrait continuer d'augmenter. Ce n'est pas soutenable», dit-il.
Selon Sébastien Mc Mahon, les « justiciers obligataires » sont à l’œuvre en ce moment. «Pensez aux fonds de pension, pensez aux grands investisseurs institutionnels… ils commencent à se demander si c'est vraiment une bonne idée de prêter de l'argent au gouvernement américain à long terme et s’il n'y aurait pas de meilleures occasions ailleurs», raconte-t-il.
Pour financer des déficits, les gouvernements doivent emprunter en émettant des bons du Trésor. Si les taux d’intérêt de ces titres grimpent, il devient de plus en plus coûteux de s’endetter.
Baisses d’impôts au menu
Malgré tout, un important projet de loi qui prévoit d’importantes baisses d’impôts a franchi une première étape cette semaine, même si ces dernières réduiraient considérablement les revenus du gouvernement américain.
«Les taux obligataires ont réagi aux négociations et à tout ce qui se tramait pour ce projet de loi. Probablement que ça va prendre encore plusieurs mois avant que le projet de loi soit adopté. Il peut encore changer beaucoup», précise-t-il.
«Si le projet de loi était approuvé par le Sénat dans sa forme actuelle, les baisses d’impôts mettraient encore plus de pression sur le gouvernement américain pour relever les barrières tarifaires afin d’aller chercher des revenus supplémentaires», juge-t-il.
Baisses des dépenses et… des revenus
Depuis le début de la présidence de Donald Trump cette année, on veut réduire les dépenses de l'État. De l'autre, on veut aussi réduire les revenus de l'État avec les baisses d'impôts. Selon Sébastien Mc Mahon, l’adéquation entre ces deux variables demeure un facteur de risque important.
«Il y a une perception importante chez les observateurs politiques et les économistes, mais aussi dans le marché en ce moment, que ça va prendre une crise financière pour forcer le politique à agir. Quand est-ce qu'on va s'en aller vers un budget qui va être plus équilibré? C'est là que les inquiétudes sont installées», dit-il.
Le stratège ajoute que les hausses de taux obligataires à long terme pourraient aussi toucher le Canada si les marchés financiers devaient se montrer insatisfaits du prochain budget fédéral, qui sera dévoilé à l’automne.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. L’indice canadien S&P/TSX performe mieux que l’indice phare de la Bourse américaine, le S&P 500, depuis le début de l’année.
La situation s’explique facilement, selon Marc L’Écuyer, gestionnaire de portefeuille à Cote 100. «Je pense que si on remonte justement au début du mois d’avril, ce qu'il faut retenir, c'est que c'est dangereux de négocier sur les marchés boursiers à court terme, en fonction des nouvelles. La situation peut changer rapidement», précise-t-il.
Selon lui, la surperformance du S&P/TSX depuis le début de l’année est attribuable à l’excellente performance d'un seul secteur. «Le secteur aurifère est en hausse de 30 % depuis le début de l'année. Mais malgré tout, quand on regarde les autres secteurs en détail, ils ont quand même bien fait aussi», explique-t-il.
Les baisses d'impôts avant la décote
Marc L’Écuyer ne croit pas que la décote de la dette américaine par l’agence Moody’s, annoncée le 16 mai, soit responsable de la sous-performance du S&P 500 par rapport à l’indice S&P/TSX.
«La sous-performance date de plus longtemps. Ça ne fait pas seulement une semaine qu'on voit une surperformance de l’indice canadien», dit-il.
Selon lui, le gouvernement américain, le Congrès et le Sénat, négocient un programme de réduction d'impôts qui va être en bonne partie financé par de la dette et non uniquement par une réduction des dépenses. «Je pense que ça, ça pourrait inquiéter les marchés. On le voit depuis quelques jours avec les hausses de taux d'intérêt à long terme aux États-Unis», croit-il.
Il soutient que le gouvernement américain ne peut pas continuer de générer un déficit qui est l’équivalent de 6%-7% du PIB alors que le pays est en période de plein emploi.
Le gestionnaire de portefeuille ajoute que la saison des résultats financiers du premier trimestre a pu profiter des appréhensions entourant la guerre tarifaire. Le vrai test, selon lui, s’amorcera dans quelques mois lorsque les résultats du trimestre en cours seront dévoilés, mais s’étirera au deuxième semestre de 2025.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le 7 mai, la Réserve fédérale américaine n’a pas touché à son taux directeur, estimant qu’il valait mieux le garder dans une fourchette de 4,25% à 4,5%.
«Le message clé du communiqué de la Fed, c'est vraiment qu'elle a mentionné que le risque principal était de voir le taux de chômage se détériorer et de voir le taux d’inflation augmenter», explique Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
Selon lui, la Fed a ainsi ouvert la porte à une réduction du taux directeur si jamais le marché de l’emploi devait se détériorer davantage.
Il précise qu’avant le 7 mai, les marchés anticipaient que le taux directeur de la banque centrale américaine allait être abaissé de trois à quatre reprises (d’un quart de point de pourcentage à chaque fois) d’ici la fin de l’année. «Aujourd’hui, on prévoit que la Fed ne bougera pas en juin et on anticipe deux baisses de taux d’ici la fin de l’année», dit-il.
Les dirigeants de la Fed ont aussi admis qu’ils ignoraient ce qui attendait l’économie américaine à court terme en raison de la guerre commerciale et de l’imprévisibilité du gouvernement de Donald Trump, ce qui n’envoie pas un bon message.
«C'est sûr qu'une guerre commerciale et des tarifs douaniers, il n'y a rien de bon là-dedans pour la croissance économique. Ce qui est difficile pour une banque centrale, c'est que quand on a une administration qui augmente ou diminue les tarifs douaniers de manière aléatoire, c'est dur pour eux de mettre ça dans leurs modèles», concède Nicolas Vaugeois.
Il précise que l’avenir dira si les investisseurs internationaux voudront investir davantage à l’extérieur des États-Unis ou s’ils voudront y rester aussi présents.
Pas de crise immobilière en vue
En attendant que la Fed prenne la décision de baisser son taux directeur, les taux d’intérêt restent élevés aux États-Unis, ce qui fait craindre pour une crise immobilière à travers le pays. Pour le moment, Nicolas Vaugeois ne voit pas de signal d’alarme de ce côté.
«Pour qu’il y ait une crise immobilière, il va falloir que le taux de chômage augmente et que de nombreux ménages se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs versements hypothécaires. Ce n'est pas un scénario, selon nous, qui est dans les plus grandes probabilités», raconte-t-il.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le 3 mai, Warren Buffett, le légendaire PDG de Berkshire Hathaway, a annoncé qu'il allait se retirer à la fin de l'année et que Greg Abel, l’actuel président du conseil d’administration et PDG de la division Berkshire Hathaway Energy, allait lui succéder.
Selon Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret, on peut anticiper des changements à la haute direction qui seront relativement mineurs une fois que Warren Buffett aura quitté son poste pour se concentrer sur celui de président du conseil d’administration.
« Je ne pense pas qu'il va y avoir de grands changements parce que la structure de l'entreprise, qui est la force principale de Berkshire Hathaway, est qu’il s’agit d’une compagnie d'assurance qui investit dans des actions. C'est ça qui demeure le pilier du succès de la société», croit-il.
En second lieu, il souligne que Greg Abel travaille à Berkshire Hathaway depuis l’an 2000 et que Ajit Jain, le cerveau derrière les activités d’assurance de l’entreprise, reste en poste.
S'inspirer d'Apple
«Prévoir ce qui va se passer, ce n’est pas évident, mais on pourrait essayer de faire un parallèle avec Apple quand Steve Jobs a pris sa retraite. La succession chez Apple s'est quand même bien déroulée», estime-t-il.
Il rappelle que Steve Jobs était un visionnaire qui a bâti une gamme de produits basés sur le design, alors que Tim Cook est un expert en efficience et en profitabilité. «Quand on regarde la valeur des actions d'Apple aujourd'hui, on peut juste constater que la transition a été un succès», dit-il.
Selon Vincent Fournier, on peut s’attendre à un scénario similaire avec Berkshire Hathaway. «Greg Abel a été formé par Warren Buffett. C'est un opérateur. Ça pourrait amener l’entreprise sur une deuxième lancée», croit-il.
La question à 348G$US
Difficile de passer sous silence le fait que Berkshire possédait, à la fin du premier trimestre, des liquidités totalisant 348 milliards de dollars américains.
Le gestionnaire de portefeuille soutient que l’on ne connaît pas vraiment les raisons derrière la création de cette montagne de liquidités. «Peut-être que c'est une décision tactique qui a un lien avec l'âge de Warren Buffett (94 ans). L’entreprise doit prévoir des fonds pour racheter les actions du milliardaire qui seront léguées à des œuvres de charité à la suite de son décès», explique-t-il.
Si les liquidités n’ont pas offert, historiquement, des rendements aussi élevés que les marchés boursiers, Vincent Fournier ne s’en formalise pas trop dans le cas de Berkshire Hathaway, qui a la capacité d’investir avec effet de levier.
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Le balado Gestionnaires en action traite de l'actualité boursière avec différents gestionnaires de portefeuille.

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