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GESTIONNAIRES EN ACTION. La saison des résultats financiers des grandes entreprises technologiques américaines a réservé de belles surprises aux investisseurs cette semaine.
Meta Platforms (META, 572,21$US), qui possède entre autres les réseaux sociaux Facebook, Instagram et WhatsApp, a notamment dévoilé le 30 avril des résultats largement supérieurs aux prévisions pour les trois premiers mois de 2025.
Le 1er mai, le titre a bien réagi en terminant la séance en hausse de plus de 4%.
François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille chez Giverny Capital, et actionnaire de Meta Platforms, confirme que les résultats étaient très bons. «Les revenus ont augmenté de 16% sur un an. Les marges bénéficiaires ont été mieux que prévu», dit-il, soulignant que les résultats de la période correspondante l’an dernier avaient été «extraordinaires», et qu’il était difficile de penser qu’elle allait pouvoir maintenir une telle rentabilité.
«Mais elle y est parvenue», résume-t-il.
Les prévisions pour le second trimestre ont aussi excédé les attentes. Meta Platforms s’attend à ce que ses revenus se situent entre 42,5 et 45,5 milliards de dollars américains durant la période.
«La société pense pouvoir offrir de bons résultats durant le trimestre. La partie que j'ai trouvée bien intéressante, c'est le temps passé sur Facebook, qui a augmenté de 7% au cours des six derniers mois. Alors que beaucoup de gens pensent que Facebook, c'est un peu démodé et que c’est Instagram qui est plus à la mode. Pour Instagram, l’augmentation a été de 6 %. Donc, ça a été encore mieux sur Facebook qu'Instagram», explique-t-il.
L’augmentation sur Threads (lancé par Meta en 2023 pour rivaliser avec X) a même atteint 35%.
«Je pense que s'il y a une entreprise qui a bénéficié de ses investissements en intelligence artificielle depuis trois ans, c'est Meta. Ça lui a permis de mieux cibler les publicités et donc de pouvoir demander des prix plus élevés aux publicitaires», affirme-t-il.
L’erreur Microsoft
Microsoft (MSFT, 425,40$US) a aussi dévoilé des résultats financiers trimestriels supérieurs aux prévisions après la fermeture des marchés boursiers le 30 avril. Le titre a encore mieux réagi que celui de Meta Platforms le lendemain, terminant la séance sur un gain de 7,6%.
Les services Azure et d’infonuagique de Microsoft ont excédé les prévisions.
François Rochon souligne la croissance de 33% sur un an des revenus de la plateforme Azure.
«Et toute la partie ‘Intelligent Cloud’ a vu ses revenus progresser de 21% sur un an. C’est vraiment impressionnant pour une société de cette taille. Les revenus pour le trimestre ont été de 70 milliards de dollars américains, en hausse de 13% sur un an. C'est phénoménal», dit-il.
Ces dernières années, François Rochon a déjà qualifié Microsoft de l’une de ses pires erreurs à la Bourse. Il soutient que le titre n’est pas une aubaine en ce moment, sans qu’il soit surévalué.
«Je l'avais en portefeuille pendant quelques années, puis je l'ai vendu avant la belle envolée. Je dirais que ça demeure une société extraordinaire, dominante, qui a des avantages compétitifs vraiment très, très forts. Je trouve que l'évaluation de 30 fois les profits estimés pour l'année en cours n'est pas astronomique, mais est quand même assez élevée», dit-il.
Booking Holdings se tire bien d’affaire
Une autre entreprise qui passe un peu plus sous le radar, mais que Giverny Capital détient en portefeuille est Booking Holdings (BKNG, 5101,43$US).
L'entreprise qui permet entre autres aux vacanciers de réserver des chalets ou des chambres d'hôtel, a aussi très bien fait en ce début d’année.
«Au premier trimestre, les revenus ont monté de 8% sur un an, donc ça a été vraiment excellent. La société a aussi été très agressive à racheter de ses actions durant la période, ce qui fait que son bénéfice par action a progressé de 22%. C'est une des choses que j'aime beaucoup dans Booking. Je pense que c'est une belle entreprise dans une belle niche, mais aussi on a une équipe de direction pro-investisseurs qui alloue presque toutes les liquidités générées à des rachats d'actions», explique-t-il.
À 24 fois les profits prévus des 12 prochains mois, le titre n’est pas une aubaine, mais François Rochon estime que c’est tout de même très raisonnable pour une entreprise avec d’aussi bonnes caractéristiques fondamentales.
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GESTIONNAIRE EN ACTION. Les marchés boursiers sont au début de la période des résultats financiers trimestriels pour les trois premiers mois de 2025, mais déjà, Julie Hurtubise, conseillère en placement principale à Gestion de patrimoine TD, recommande de porter une attention particulière aux prévisions des équipes de direction.
«Si je me base sur les résultats en soi, les analyses du groupe financier américain Factset estiment qu'il y aura une augmentation d’à peu près de 7,2% des bénéfices pour les entreprises du S&P 500, ce qui marquerait le septième trimestre consécutif de croissance annuelle», dit-elle.
Elle précise que les marchés s’attendent à ce que les actions de petite capitalisation n'affichent aucune croissance des bénéfices, tandis que les entreprises de moyenne et grande capitalisation devraient enregistrer une croissance de plus de 5%, malgré les récentes données économiques plus faibles et les craintes liées à une politique économique plus restrictive.
«Jusqu'à présent, les résultats sont satisfaisants, mieux que ce que plusieurs analystes anticipaient. Je crois que le mot d'ordre vraiment pour cette saison des résultats, c’est les prévisions. C'est difficile pour les analystes d'avoir une conviction quelconque, car les entreprises ne savent même pas comment se positionner elles-mêmes face aux incertitudes causées par le gouvernement américain», explique-t-elle, ajoutant que ces facteurs se reflèteront sur les résultats du second trimestre.
Julie Hurtubise affirme que les analystes ont toujours été plus friands des conférences téléphoniques des équipes de direction qui accompagnent la diffusion des résultats trimestriels que des résultats eux-mêmes. Ces conférences sont, à son avis, encore plus importantes en ce moment.
«Les investisseurs doivent vraiment obtenir des informations supplémentaires. Donc, les conférences téléphoniques apportent des nuances et permettent aux investisseurs d'avoir un meilleur aperçu des prévisions. Présentement, lors de certains appels, les compagnies précisent les licenciements à venir comme Intel (INTC, 21,49$US) et Amazon (AMZN, 186,54$US), les réductions des dépenses et une pause des investissements futurs. Ces informations sont cruciales», affirme-t-elle.
Julie Hurtubise soutient que certains dirigeants ont aussi l’occasion d’exprimer leurs craintes envers le gouvernement américain, par exemple ceux de General Motors (GM, 46,88$US), qui ne déménagera pas des usines aux États-Unis si une entente peut être encore conclue dans l’industrie.
Un autre problème qu’on peut constater, selon elle, est que les dirigeants ne savent pas comment intégrer les tarifs douaniers dans leurs modèles prédictifs, ce qui apporte aussi beaucoup d’incertitude.
Délaisser les États-Unis pour le Canada?
«Si les gens souhaitent sortir du marché américain, soit par conviction ou par crainte de cette administration-là, je conseille les marchés internationaux et canadiens. Non seulement le marché canadien est moins cher, mais il offre aussi un taux de dividendes plus intéressant que le S&P 500. Donc le S&P/TSX est à 3,2% versus le S&P 500 à 1,4%. Quand les marchés sont en dents de scie, les dividendes nous paient pour être patients», dit-elle.
La conseillère souligne aussi que 40% des revenus des entreprises qui font partie du S&P 500 proviennent de l’international, incluant 7% de la Chine.
«Les ventes sont en baisse, puisque les consommateurs bannissent présentement des produits américains. Alors, tout ça, ce sont de bonnes raisons pour peut-être réduire une exposition au marché américain», croit-elle.
La clé, selon elle, est de miser sur une diversification sectorielle, mais aussi géographique.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Toute l’incertitude entourant la guerre commerciale rend la tâche difficile aux investisseurs qui souhaitent mettre en place une stratégie d’investissement à long terme.
Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, estime malgré tout que chaque période d’instabilité crée des occasions à saisir.
«En ce moment, l'instabilité vient d'une combinaison de facteurs. On a présentement la persistance des taux d'intérêt élevés, les tensions géopolitiques comme en Chine, en Ukraine et au Moyen-Orient. On a aussi l'incertitude qui est provoquée par les tarifs douaniers imposés par la Maison-Blanche. Sans oublier l'évolution rapide des technologies. Tout ça, ça vient augmenter la volatilité des marchés et ça complique les décisions des investisseurs», estime-t-il.
Surtout que le dollar américain, qui sert normalement de valeur refuge lors des périodes de forte volatilité en Bourse, n’a pas joué son rôle cette année.
«On voit la devise américaine qui est plombée par les investisseurs étrangers, qui transfèrent leurs avoirs hors des États-Unis, ce qui crée une pression sur la devise. Il ne suffit plus maintenant de juste regarder les bilans des entreprises. Il faut aussi anticiper le contexte mondial qui va affecter la perception du risque et le comportement des marchés», explique Luc Girard.
Il existe toujours, selon lui, des occasions d’investissement aux États-Unis, mais il faut être plus sélectif.
Les investisseurs devraient selon lui se demander si l’ère du S&P 500 roi et maître des marchés boursiers mondiaux tire à sa fin. «On pourrait être en train d'assister à la naissance d'une nouvelle thématique géographique», juge-t-il.
Selon lui, un portefeuille résilient en 2025 en est un qui peut encaisser les coups sans tout perdre, mais qui a une souplesse pour saisir des occasions. «Ça veut dire qu'il faut penser à la gestion des risques et faire de la diversification géographique et sectorielle», dit-il.
Banques centrales et inflation
On a vu cette semaine la Banque du Canada rester sur les lignes de côté et garder son taux directeur à 2,75 %. On a aussi vu le président de la Réserve fédérale américaine, Jérôme Powell, qui a prévenu que la guerre commerciale allait soutenir l'inflation.
Dans ce contexte, il recommande aux investisseurs d’éviter le piège de vouloir toujours tout anticiper, ce qui est complètement irréaliste.
«Si vous basez vos décisions sur la peur, vous allez toujours vendre au pire moment. Si vous faites preuve d’un enthousiasme exagéré, vous allez payer trop cher pour vos achats. Le meilleur conseil, c'est d'avoir une stratégie qui est claire, qui est adaptée à vos objectifs et aussi à votre tolérance aux risques», croit-il.
Surtout, il faut être capable de garder le cap quand le bruit ambiant devient trop fort.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Donald Trump a décidé de ramener les tarifs douaniers à l'ensemble du monde, à l'exception de la Chine, à 10 % cette semaine. Les indices boursiers, qui avaient reculé fortement, ont rebondi sur la nouvelle avant de repartir à la baisse le lendemain, donc le 10 avril.
Sébastien McMahon, stratège et gestionnaire de portefeuille à iA gestion mondiale d’actifs, soutient que les investisseurs ont quelques leçons à retenir des montagnes russes boursières des dernières semaines.
«Le Trump 2.0, c'est beaucoup d'imprévisibilité. Ce sont des décisions qui sont basées sur une doctrine qui est très profonde. L'aspect de l'égo du président aussi est difficile à contrôler. Donc, un contexte d'incertitude aussi fort que ça, les investisseurs n'aiment pas ça», explique-t-il.
Il ajoute qu’avec toutes les annonces entendues durant les dernières semaines, il y a beaucoup d'incertitudes à savoir comment on peut évaluer la juste valeur d'un investissement dans un portefeuille. «C'est ce qui rend le travail des investisseurs difficile. Si on parle d’Apple (AAPL, 190,42$US). Comment est-ce qu'on peut évaluer les perspectives de croissance des bénéfices d'Apple dans cet environnement-là? C’est très difficile», raconte-t-il.
À ce jour, c'est surtout la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine qui semble inquiéter les marchés. La raison : la Chine possède beaucoup de titres de dettes américains.
«C'est un dossier qui est important parce que la Chine détient environ 700 milliards de dollars américains de bons du Trésor. La Chine pourrait décider d'utiliser ça comme arme contre les États-Unis en vendant les bons du Trésor en grande quantité», dit-il.
Selon Sébastien McMahon, des ventes à grande échelle feraient reculer la valeur des obligations, ce qui aurait pour effet de pousser les taux obligataires à la hausse. Au moment de refinancer la dette, le gouvernement américain devrait donc emprunter à des taux d’intérêt plus élevés, ce qui rendrait le désendettement du pays beaucoup plus difficile.
«Il pourrait y avoir une spirale à la hausse des taux d’intérêt. C'est un nouveau risque qu'on n'avait pas dans les 10, 15, 20 dernières années aux États-Unis. Tout d'un coup, ça vient sur le dessus de la pile», estime-t-il.
Garder le cap
Dans le contexte d’incertitude actuel, Sébastien McMahon recommande simplement aux investisseurs de garder le cap sur leur stratégie de placements. Il précise que le plus important est de déterminer à quel moment chaque investisseur aura besoin de son argent.
«Acheter de façon régulière dans les marchés, c'est une stratégie payante», juge-t-il.
Du côté institutionnel, il ajoute que les gestionnaires scrutent les marchés des devises, notamment l’euro, le yen et même le dollar canadien.
«Une histoire si évidente, on n'en voit peu. Maintenant, le prochain filon qui pourrait nous amener vers la baisse, peut-être, ça serait les entreprises défensives qui ont quand même bien fait leur travail récemment», dit-il.
Certains titres sont toutefois devenus chers et pourraient à son avis être victimes de prises de profits.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Dans le contexte de guerre commerciale qui a grimpé de plusieurs crans cette semaine, certains investisseurs pourraient vouloir protester à leur façon en vendant les titres de sociétés américaines qu’ils détiennent en portefeuille.
Marc L’Écuyer, gestionnaires de portefeuille à Cote 100, estime qu’il s’agit d’une mauvaise idée.
«On pense que ce serait une erreur d'agir de la sorte. Pourquoi? Parce qu'au niveau boursier, il n'y a rien qui se compare aux États-Unis. La quantité d'entreprises disponibles, on ne retrouve pas ça ailleurs», dit-il.
Selon lui, les investisseurs qui veulent bâtir un portefeuille avec des entreprises de qualité n’ont pas le choix de regarder du côté américain. «On croit que ce serait une erreur de se faire du tort pour protester contre les politiques américaines», explique-t-il.
Il concède que dans les cas où on peut trouver deux entreprises semblables dont l’une serait américaine, il serait possible de privilégier celle qui ne l’est pas. «Toutefois, je pense que ce serait une erreur de dire qu'on exclut les entreprises américaines. Oui, on est prêt à éviter certains produits américains, mais certains sont irremplaçables», juge-t-il, citant les exemples des sept magnifiques et des émetteurs de cartes de crédit Visa (V, 339,39$US) et MasterCard (MA, 530,55$US).
Il ajoute que le marché boursier américain est également bien diversifié.
La Bourse américaine chute au premier trimestre
En excluant les récentes chutes du début du mois d’avril, l’indice principal de la Bourse de New York, le S&P 500, a reculé de 4,8 % durant le premier trimestre, alors que le MSCI World excluant les États-Unis a progressé de 8,3%.
Marc L’Écuyer estime qu’il est toujours bon d’avoir une certaine diversification géographique dans les portefeuilles. «Cela étant dit, on pense qu’il est difficile de remplacer le marché américain. Aujourd'hui, si j'avais à privilégier le marché qui va le mieux performer pour un investisseur à long terme comme nous, disons sur les 10 prochaines années, je miserais sur le marché américain», dit-il.
Aux investisseurs qui sont inquiets de la guerre commerciale entre les États-Unis et une grande partie du reste du monde, il conseille de ne pas s'attarder aux événements qui se produisent quotidiennement.
«On veut continuer d’être présent. Ça sera peut-être juste de s'ajuster et de peut-être éviter les entreprises qui sont tributaires d'exportations aux États-Unis ou à l’international», dit-il.
Toutefois, il répète que les investisseurs ne devraient pas complètement changer leur portefeuille malgré les soubresauts des marchés boursiers.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. On parle abondamment des effets de la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis sur les marchés boursiers, mais on oublie que les décisions de l’administration américaine ont aussi une influence sur les obligations.
«Le marché essaie de trouver un certain équilibre entre les effets des tarifs douaniers sur l'inflation, mais aussi sur la croissance économique future», résume Nicolas Vaugeois, gestionnaire de portefeuille à Fiera Capital.
Ce dernier dit constater une «pentification» de la courbe des taux obligataires, ce qui signifie que les taux des obligations à court terme sont moins élevés que ceux des obligations dont l’échéance est à plus long terme.
«Depuis le début de l’année, nous essayons de faire abstraction du ‘bruit inutile’. Toutefois, considérant la situation actuelle et les potentiels effets négatifs sur les marges des entreprises, à cause de la guerre tarifaire, nous préférons être vraiment plus sélectifs sur les titres», précise Nicolas Vaugeois.
Fiera Capital a réagi en sous-pondérant les obligations de sociétés et en achetant davantage d’obligations gouvernementales.
Les décisions de l’administration américaine ont à son avis un effet plus important sur les titres à revenu fixe dont l’échéance est plus courte. «Évidemment, quand on parle d'obligations qui ont une durée de 10 ans, l’administration Trump aura été remplacée. La grande question est de savoir quel sera l’effet des décisions gouvernementales sur l’inflation, qui reste un facteur important dans le mouvement des taux des titres à long terme», dit-il.
Il précise que depuis le début de l’année, les taux des obligations dont la durée est de deux ans ont reculé de 25 points de base, comparativement à seulement 4 points de base pour celles d’une durée de 30 ans.
Nicolas Vaugeois soutient que si l’inflation persiste, les banques centrales auront des choix difficiles à faire au cours des prochains mois. «Si les données sur l'emploi commencent à montrer des signes de détérioration, il va falloir prendre ça en considération. Elles ne pourront pas nécessairement monter les taux ou les garder élevés. Il va falloir qu'elles viennent aussi soutenir l'économie», croit-il.
Pour le moment, il constate que les taux d’intérêt sont encore élevés, et donc intéressants pour des investisseurs ou des entreprises qui voudraient obtenir des rendements intéressants avec leurs liquidités. «Garder des munitions dans un environnement incertain comme on en ce moment est toujours une recette gagnante. Donc, c'est sûr qu'il ne faut pas paniquer, mais il y a quand même beaucoup de belles occasions encore dans le marché du revenu fixe si on est investisseur à long terme», juge-t-il.
Il recommande aux investisseurs d’avoir une approche «balancée» et donc de miser sur une diversification d’émetteurs et d’être «très sélectifs» du côté des obligations de sociétés.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Est-ce que les entreprises présentes dans les grands indices boursiers ont la vie plus facile que celles qui sont en Bourse mais qui ne sont pas incluses dans ces mêmes indices?
La réalité boursière d’aujourd’hui, avec les multiples fonds indiciels qui, comme leur nom l’indique, répliquent les rendements d’indices de référence, pourrait laisser croire que c’est le cas.
François Rochon, président et gestionnaire de portefeuille à Giverny Capital, n’est toutefois pas de cet avis : «Ça a l'air plus facile, c'est vrai, mais je ne pense pas que ça l'est. Oui, à court terme, quand il y a des entrées dans les fonds indiciels, ça pousse tous les gros poids de l'indice à la hausse. Ça va toutefois dans les deux sens. Quand les investisseurs changent de cap et sont un peu plus pessimistes, ils vendent leurs titres et ça a l’effet inverse», dit-il.
Selon lui, il ne faut pas oublier une règle fondamentale de l’investissement à long terme dans les marchés boursiers : «la Bourse finit toujours par refléter la juste valeur des entreprises. Qu'elle soit grosse ou petite, qu'elle soit dans les indices ou pas. Il faut garder ce grand principe en tête. À long terme, ça reste la règle numéro un en investissement», affirme-t-il.
Le fait que la Bourse de Toronto compte plus de fonds négociés en Bourse (FNB) que d’entreprises n’y change rien. Même si de nombreux FNB sont indiciels et reposent sur une gestion dite passive, ce qui signifie que chaque dollar investi est grosso modo réparti également entre toutes les entreprises incluses dans l’indice que le fonds tente de répliquer.
«Je pense que l'idée de base derrière l’investissement passif peut être très sensée. Le problème n'est pas là. Le problème, c'est comment les investisseurs utilisent cette catégorie d’actifs. Et malheureusement, ils ont tendance à beaucoup négocier les fonds indiciels», raconte François Rochon.
Selon lui, la durée de détention moyenne du SPDR S&P 500 ETF Trust (SPY, 565,49$US), un FNB qui réplique l’indice boursier américain S&P 500, était de 17 jours en 2023.
Cela lui a rappelé une citation de John Bogle, célèbre investisseur décédé en 2019 à qui on attribue l’invention des fonds indiciels, qui a déjà déclaré que les FNB indiciels étaient l’équivalent de «donner des allumettes à des pyromanes».
«Ce qu'il voulait dire par là, c'est que la facilité avec laquelle on peut négocier des FNB fait que les investisseurs perdent tout le côté passif de ce type d’investissement en gérant le produit de manière très active», explique-t-il.
Selon François Rochon, il est possible de trouver de bonnes entreprises même en dehors des grands indices boursiers. Il soutient que c’est comme ouvrir des huîtres à la recherche de perles. Plus on cherche, plus on augmente les chances d’en trouver!
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Depuis son plus récent sommet historique il y a environ un mois, l’indice boursier S&P 500 a reculé d’un peu plus de 10 %, ce qui le place en zone de correction.
Si beaucoup d’investisseurs pourraient penser que l’heure est grave en raison de la guerre commerciale qui sévit entre le Canada et les États-Unis, un recul de 10% ou plus en Bourse n’est pas un événement hors du commun.
« On a tendance à penser que ça arrive très rarement, mais la réalité, c'est que ce type de correction est quand même assez fréquent. Depuis 1929 et en incluant la présente correction, ça serait arrivé 61 fois. Donc, grosso modo, ça arrive à peu près six fois tous les dix ans», explique Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuille à Claret.
De tels replis boursiers ramènent constamment à la surface des statistiques sur l’effet de rater les 10 meilleures ou les 10 pires journées en Bourse sur des périodes de 10, 20 ou 30 ans. Des chiffres à aborder avec prudence.
«Si on regarde, disons, une période de 30 ans, de 1993 à 2022. Si vous aviez investi au cours de cette période un montant de 10 000$ initialement en 1993 jusqu’à la fin de 2022, votre montant de 10 000$ aurait valu 158 434$ à la fin de la période, soit un rendement annuel moyen de 9,65%», raconte-t-il.
Il ajoute qu’un investisseur qui aurait raté les 10 jours les plus payants durant cette période de 30 ans, le 10 000$ ne serait pas monté à 158 434$, mais jusqu'à 72 584$, ce qui donne un rendement annuel moyen de 6,83%.
«Si on enlève les 20 jours les plus performants durant la période, le montant de 10 000$ grimpe à 42 600$, ce qui donne un rendement annuel moyen de 4,95%. Les gens vont se demander pourquoi on utilise cette statistique-là. L'histoire, c'est que les meilleures journées en Bourse sont très souvent collées ou très rapprochées des pires journées», dit Vincent Fournier.
Selon lui, il est donc très difficile pour les investisseurs d’essayer de manquer les mauvaises journées tout en étant présents en Bourse pour les meilleures.
«Pour être capable manquer les mauvaises périodes, il faudrait premièrement être capable de prévoir les chutes avant qu'elles arrivent. Il faudrait ensuite être capable de prévoir combien de temps vont durer les chutes. Troisièmement, il faudrait également trouver le moyen d'investir au creux avant que le marché ne reparte à la hausse», dit-il.
Sans oublier qu’au cours des 100 dernières années à la Bourse, les forts reculs ont toujours été éventuellement suivis de sommets historiques.
Le gestionnaire de portefeuille concède que la réalité, à la Bourse, est que les périodes de reculs ne sont souvent que très temporaires.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Après avoir touché un sommet historique à près de 6150 points le 19 février dernier, l’indice boursier S&P 500 a reculé de 7% pour aller tester sa moyenne mobile de 200 jours, qui reflète sa tendance à moyen terme.
Luc Girard, gestionnaire de portefeuille à Noël Girard Lehoux, Valeurs mobilières Desjardins, soutient que le recul prononcé de l’indice principal de la Bourse de New York n’est pas seulement attribuable à l’instabilité économique liée aux discussions sur les tarifs douaniers, bien qu'elles peuvent avoir servi d’élément déclencheur.
«Les investisseurs redoutent toujours une escalade qui pourrait justement peser sur les bénéfices des sociétés et aussi ralentir par le fait même l'économie mondiale. Il faut toutefois aussi regarder un peu en arrière et constater que les marchés ont été quand même très solides depuis le creux d'octobre 2022. Le S&P 500 se négociait à ce moment à 3500 points. Alors, les indices ont été transportés par quoi? Par des solides résultats des entreprises, mais aussi une liquidité qui était quand même très forte dans les marchés», explique-t-il.
Selon lui, après un tel rallye, il est normal qu’une correction survienne et que certains investisseurs préfèrent opter pour des «prises de profits».
En ce qui concerne la moyenne mobile de 200 jours, Luc Girard précise que les analystes techniques s’en servent comme un point de repère qui peut déboucher sur deux options. «L’indice peut enfoncer sa moyenne mobile et envoyer le signal que le recul va se poursuivre ou s’en servir comme d’une résistance avant de repartir à la hausse», dit-il.
Le Nasdaq est aussi passé cette semaine sous sa moyenne mobile de 200 jours pour la première fois en près de deux ans.
Luc Girard ajoute que la croissance des bénéfices au quatrième trimestre n’a pas été uniforme dans tous les secteurs. Il juge qu’encore une fois, les grands gagnants ont été les titres technologiques portés par l'intelligence artificielle. «Le secteur de la consommation discrétionnaire a aussi brillé compte tenu de la baisse progressive de l'inflation et surtout d'un marché d'emploi qui est toujours robuste aux États-Unis, ce qui a permis de soutenir la consommation», raconte-t-il.
À l’inverse, les titres du secteur de l’énergie ont encore peiné avec la faiblesse du prix du pétrole.
La grande question, c’est à présent de tenter de prévoir dans quelle mesure la progression des bénéfices des entreprises enregistrée en 2024 peut se poursuivre cette année.
D’après Luc Girard, trois éléments qui vont jouer un rôle clé, «tout va dépendre de la politique monétaire, de la résilience du consommateur américain et de l'environnement macroéconomique», croit-il.
Il ajoute qu’une guerre commerciale peut toujours perturber les marchés boursiers à court terme, mais que les entreprises finissent par s’adapter et que les occasions restent présentes.
Il recommande aux investisseurs de conserver un portefeuille diversifié, de se concentrer sur les entreprises de qualité et de garder une vision à long terme.
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GESTIONNAIRES EN ACTION. Le président américain Donald Trump n'a pas encore officiellement imposé de tarifs douaniers sur l'ensemble des importations canadiennes, mais cela n'a pas empêché les marchés boursiers d'anticiper la nouvelle.
Déjà, certains secteurs ont grandement souffert de l'incertitude, soutient Sébasatien McMahon, stratège et gestionaire de portefeuille à IA Gestion mondiale d'actifs.
«Un exemple assez criant, c'est du côté américain avec le secteur des constructeurs immobiliers qui, depuis le mois de décembre 2024, est en recul de 20% et plus. Le marché américain, pendant ce temps-là, est à la hausse», dit-il, ajoutant qu'une augmentation du prix du bois-d'oeuvre affectera directement les marges bénéficiaires des entreprises présentes dans l'industrie.
Plus largement, il souligne que le marché boursier américain est en progression de seulement 1% depuis le début de l'année. «On sent que le marché est en train d'essayer de comprendre comment tout ça va affecter l'économie américaine», explique-t-il.
Sébasatien McMahon ajoute que certains lobbys ou entreprises pourraient aussi contester la légalité de ces tarifs douaniers devant les tribunaux, ce qui serait susceptible de retarder leur entrée en vigueur.
Warren Buffett nage dans les liquidités
En plus des menaces de tarifs douaniers qui persistent, la dernière semaine a été marquée par la publication de la lettre annuelle aux investisseurs de Berkshire Hathaway (BRK.B, 502,41$US), rédigée par son célèbre dirigeant Warren Buffett.
Le milliardaire y souligne entre autres que Berkshire Hathaway a obtenu de très bons rendements de ses investissements dans cinq sociétés japonaises, dont Mitsubishi, effectués en 2019.
«Si on prend un pas de recul et qu'on regarde les actions japonaises dans leur ensemble, nous avons décidé ces dernières années d'investir un peu plus au Japon. On voit qu'il y a des réformes structurelles qui sont assez importantes pour venir aider la productivité, la compétitivité des entreprises, puis ultimement la profitabilité. Donc, c'est un thème qui est porteur», juge-t-il.
Selon lui, les attentes de croissance des bénéfices au Japon rivalisent avec celles du marché boursier américain. «Si on a des investisseurs aguerris qui nous écoutent puis qui cherchent des endroits en 2025 où aller se diversifier au sein des actions au niveau géographique, le Japon, c'est une belle place à regarder», affirme-t-il.
Le stratège parle aussi des 334 milliards de dollars américains de liquidités dans les coffres de Berkshire Hathaway, estimant que ça envoie le message que le marché boursier américain est cher, à 22 fois les profits attendus dans les 12 prochains mois.
Il soutient que cela le conforte dans sa stratégie de diversification géographique vers le Japon.
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Le balado Gestionnaires en action traite de l'actualité boursière avec différents gestionnaires de portefeuille.

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