Parce que c'est en ce moment-même le Festival de Cannes, Histoire Vivante aussi fait son cinéma. Dans cette série, on vous parle de cinq films d'histoire, avec des spécialistes, des critiques et des réalisateurs. On plonge dans ce dialogue entre fiction et histoire, pour la transmettre, pour la venger ou pour partir à l'aventure. Et pour l'occasion c'est justement un cinéaste suisse, Andreas Fontana qui aime l'histoire et qui a rejoint l'équipe pour l'occasion…
Nous sommes au début de l'année 1969, à Los Angeles, très exactement à Hollywood. Steve MacQueen triomphe avec la course-poursuite de Bullitt, une nouvelle génération fait tanguer l'emprise des vieux studios, et toute la ville n'a d'yeux que pour un jeune réalisateur venu d'Europe : Roman Polanski. Depuis, il est poursuivi dans de multiples affaires de violences sexuelles mais à ce moment-là, c'est le massacre de son épouse, l'actrice Sharon Tate, et de ses amis au cours de l'été 1969 qui a sidéré Hollywood.
Quentin Tarantino décide 30 ans plus tard de tordre cette histoire. Dans son film Once Upon a Time in Hollywood , sorti en salles en 2019, les fanatiques de la "famille Manson" ne s'en prennent pas à la femme de Polanski, mais aux voisins d'à côté : Rick Dalton, un acteur en déclin, et sa doublure un peu blasée, un peu cascadeur, Cliff Booth. À partir de là, Tarantino bifurque. Il réécrit l'événement, corrige le réel, en propose une autre issue. Et le film pose alors une question centrale : à quel endroit la fiction a-t-elle un devoir de vérité envers l'Histoire ?
Emmanuel Burdeau est critique de cinéma. Il a publié Quentin Tarantino : Un cinéma déchaîné aux éditions Capricci.