Improvisations (le podcast)
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Improvisations (le podcast) episodes

  • Le centre de l’univers
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171227pendule.mp3
     
    Dans son livre Une nuit, que m'a offert Mylène, l'astrophysicien Trinh Xuan Thuan parle de la beauté de la nuit, cet extraordinaire moment qui nous permet, dans le silence et l'obscurité, de distinguer les confins du monde, étoiles et galaxies.
    Il parle également de l'expérience menée, non loin d'ici, par Léon Foucault (j'avais oublié qu'il se prénommait Léon), consistant à faire osciller un immense pendule accroché à la voûte du Panthéon.
    La physique veut que le plan d'oscillation des pendules soit invariable : le pendule oscille dans le même plan, toujours. Or l'expérience de Foucault montra que le pendule qui se balançait sous le dôme changeait peu à peu, mais significativement, d'axe d'oscillation. Et Foucault y vit une preuve de la rotation de la terre : si l'axe d'oscillation du pendule variait, ce n'est pas parce que les lois gouvernant le monde étaient prises en défaut mais parce que le point auquel le pendule était accroché tournait lui-même, emporté par la rotation de la terre.
    Mais lorsque la variation du plan d'oscillation est mesurée de façon plus précise, avec des appareillages d'une très grande exactitude, on se rend compte que la rotation de la terre ne suffit pas à expliquer le mouvement de l'axe. Il faut chercher plus loin. On s'aperçoit alors que le mouvement du point d'ancrage du pendule par rapport au soleil ne suffit pas à rendre compte du phénomène, que le mouvement de ce même point par rapport au centre de la galaxie ou au centre de l'amas galactique contenant la Voie lactée ne justifie pas non plus ce qui est observé. Et la conclusion qui s'impose, à l'issue de ces examens, est qu'on ne peut vraiment comprendre le mouvement du pendule qu'en se référant au mouvement de son point d'ancrage par rapport au centre de gravité de l'univers tout entier, par rapport au centre du monde : c'est depuis ce centre du monde, situé à ses confins, à des milliards d'années-lumière du Panthéon et de ses grands hommes, que la gravité, cette force infime mais illimitée dans son action, guide le mouvement du pendule.
    Ainsi le centre de l'univers interagit-il avec ce pendule, accroché sous la voûte du Panthéon, comme il interagit avec toutes choses.
    Je trouve cela magique et magnifique.
     
    Et Ténou, qui aimait tant le créateur en sa création, aurait, par un "Amen", partagé cette émotion.
    5 min
  • Critiques et compliments
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171224compliments.mp3
     
    J'ai depuis quelques jours avec Célestine une conversation sur ce sentiment - émotion serait probablement plus approprié - que nous ressentons, lorsqu'on est enfant mais aussi quelquefois lorsqu'on est adulte, ce sentiment d'être agressé en nous-mêmes lorsqu'une critique est faite à une action que nous avons faite, un propos que nous avons tenu, un plat que nous avons préparé : "si tu m'aimais, tu ne dirais pas que mes crêpes ne sont pas bonnes" - comme ne m'avait pas tout à fait dit quelqu'un qui se reconnaîtra.
    Cette impression vient peut-être en partie de notre propre propension à confondre dans un seul regard, un seul avis, un seul jugement, les êtres et leurs œuvres. Nous aimons aimer ce que font et disent les êtres que nous aimons ; nous sommes - à mauvais escient mais comme naturellement - enclins à ne pas aimer ce que font et disent les êtres que nous n'aimons pas.
    Même si certaines personnes n'ont pas cette sorte de travers, il faut le plus souvent du temps, de la maturation et de la bouteille pour arriver à s'en défaire. Puis vient un temps (parfois) où l'on est devenu suffisamment sûr de soi, suffisamment mûr, suffisamment fort pour savoir délier, dans notre esprit, les êtres de leurs œuvres, les désenclaver l'un de l'autre, et savoir dire à ceux qu'on aime qu'on n'aime cependant pas ce qu'ils font. On arrive ainsi, par le chemin de la maturation, à cet endroit calme et fragile que rejoint également le chemin de l'humilité - je veux dire la capacité d'être objectif, de ne pas tenir compte de soi et de son propre intérêt : ce qui sort de notre bouche, alors, n'est guidé que par le souci de la vérité et non par l'émotion ou par l'affect. Nous disons ce que nous pensons, avec bienveillance et gentillesse, mais sans plus nous mentir à nous même par crainte de peiner l'autre.
    Mais je me disais ce matin - comprenant enfin ce que depuis des années Katia me répète - que ce souci d'objectivité, cet idéal de parole vraie et déliée de l'affect, existe aussi, Ô combien ! dans l'autre sens. Kipling l'a très bien dit dans son célèbre poème (encore que, le relisant, je n'arrive pas à retrouver dans la belle traduction d'André Maurois le vers où figure cette idée) : il faut être capable aussi de recevoir les compliments faits à ses œuvres comme des compliments simplement faits à ses œuvres ; à ses oeuvres et non à soi, c'est-à-dire comme des compliments et non comme des paroles d'amour.
    Et c'est encore plus difficile.
    Tel est l'objet de l'enregistrement de ce dimanche.
    7 min
  • Entre guillemets
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171222guillemets.mp3
     
    Il y a ce geste si caractéristique, si comique, si typographique : les deux bras qui se lèvent ensemble et, dans chacune des mains, l'index et le majeur qui se plient et se déplient à grande vitesse, frétillant un moment comme le ferait un poisson se débattant dans une nasse. Et accompagnant ce rituel ou ne l'accompagnant pas, la formule magique : "entre guillemets".
    Lorsque ce geste est fait ou que ces mots sont prononcés, c'est le plus souvent à juste titre, pour marquer qu'on cite, tels qu'ils ont été prononcés ou écrits, les mots mis entre guillemets. C'est précisément ainsi qu la chose dont il s'agit a été désignée, nommée, évoquée, et sans n'y rien altérer que nous l'utilisons, sans la reprendre à notre compte. A cela, il n'y a rien à redire.
    Mais il peut arriver aussi qu'à l'écrit, les guillemets soient différemment utilisés, d'une façon qui, cette fois-ci, paraît dévoyée : le mot ou les propos mis entre guillemets ne sont pas des citations reprises d'un autre mais des termes ou des formulations qu'on veut employer (et qu'on emploie effectivement) tout en marquant une certaine distance, tout en les utilisant avec des pincettes. On les prend sans les prendre, on en use tout en prétendant ne pas y toucher, profitant de leur qualité, de leur exactitude , de leur pertinence sans pourtant le reconnaître, choisissant un mot sans pourtant véritablement accepter, assumer, le choix ainsi fait. Un façon de s'asseoir entre deux chaises, d'agir tout en prétendant s'en laver les mains.
    Il n'y a le plus souvent rien de grave dans ces façons de faire que chacun d'entre nous avons. Mais à chaque fois pourtant qu'un mot apparaît entre ces guillemets d'hypocrisie, un choc se fait en moi qui me donne envie de les biffer.
    Tel est l'objet de l'enregistrement de ce matin.
    5 min
  • Humilité
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171220humilite.mp3
     
    L'humilité est sujette à bien des malentendus. A-t-elle d'ailleurs une définition unique ? Je n'en suis pas certain. Mais il y a des attitudes, des comportements, des façons d'être, qu'on revêt du nom d'humilité et qui, aujourd'hui du moins, me paraissent n'en être qu'une sorte de fausse monnaie. C'est l'objet de cette improvisation enregistrée.
    L'humilité ne consiste ni à se faire petit, ni à considérer que ce qu'on fait, dit ou est ne vaut rien ou pas grand-chose ; elle est tout entière dans la façon de ne tenir aucun compte de soi dans son action et, au-delà, dans sa pensée et ses jugements. L'être humble pense et agit droitement, sans que son propre intérêt, ses propres désirs, ses préférences n'interfèrent avec la recherche du bien, de la vérité, de la bienveillance, n'interfèrent avec le bien, la vérité, l'amour.
    L'humilité, c'est Etty Hillesum qui, à Westerbork, fait ce qu'elle peut pour aider au mieux les autres, pour les soulager, n'épargnant ni sa peine, ni sa vie, ni peut-être la vérité, pour se donner, se dévouer entièrement aux autres, dans une totale abnégation de soi. Agir indépendamment de son quant à soi non parce qu'on ne serait rien ou qu'on ne vaudrait rien mais parce que, au regard d'une décision à prendre, d'une action à mener ou d'un moment à vivre, ce quant-à-soi là ne vaut rien, ne pèse rien, ne doit pas être considéré : s'effacer parce que c'est à cet instant la seule chose à faire.
    On pourrait dire aussi - j'y songe en écrivant ce commentaire - que l'humilité est comme une façon d'être objective. Elle consiste à avancer et à se comporter comme si nous mêmes n'étions pas là, comme si nous arrivions à faire abstraction de nous-mêmes et de notre ego : agir sans nous soucier de nous, comme le ferait un joueur ou un acteur qui ni ne craindrait, ni n’espérerait pour lui-même et pourrait ainsi, débarrassé de toute subjectivité, agir toujours au mieux, sans souci de soi-même.
    C'est cela, je crois, l'humilité.
    3 min
  • Faire au mieux
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171214mieux.mp3
     
    Sauf  dans les quelques cas où ce qu'on nous demande est précis et encadré : aider à garer un camion dans une grange, par exemple, (et dans ce cas, il faut avoir l'humilité de se muer en instrument et de ne pas chercher à en faire plus), on ne sait jamais très bien ce qui est attendu de nous ni comment répondre le mieux à ce désir, à cette envie, à ce besoin, à cette confiance qui nous est faite, et qui reste vague et suspendue.
    Et la seule chose que nous puissions alors faire, c'est faire au mieux. Faire non pas strictement ce qui nous est demandé ;  faire non pas ce que nous croyons être attendu de nous ; faire non pas ce que nous pensons être suffisant, mais faire au mieux, qui est ce que nous devons faire.
    Tel est l'objet de cette improvisation.
    0 min
  • Pluralité des amours
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171211amours.mp3
    Katia me faisait l'autre jour observer qu'il y a, parmi les personnes qui font du mal (des personnes que je considère quant à moi comme profondément perverties par la méchanceté et le mal), des êtres qui ont pourtant aimé très sincèrement leurs proches : femme, parents, enfants.
    Et poursuivant en moi-même cette réflexion, allant au-delà des propos qu'elle m'avait tenus, je me disais que l'amour dont ces hommes méchants avaient apparemment fait preuve dans leur intimité,  cet amour si paradoxal au regard du mal dont ils étaient porteurs, avait été pour eux non pas la porte vers un amour plus grand dont ils auraient rempli et illuminé le monde mais une sorte de refuge qui leur avait peut-être au contraire permis de ne pas succomber à la haine qu'ils portaient en eux, haine qui, sinon, les aurait probablement tués - car je ne crois pas qu'on puisse vivre quand on est rempli de haine.
    Et cela est tellement contraire à l'idée qui était la mienne, au gré de laquelle l'amour pour ceux qu'on aime est forcément une ouverture, une découverte, une bénédiction, le chemin rempli de fleurs vers un amour plus grand !
    Eh bien non. Il peut arriver que ce ne soit pas le cas. Il peut, et c'est attristant, exister une solution de continuité dans l'amour : on peut aimer et ne pas être rempli d'amour. On peut aimer un être et haïr tous les autres ; et peut-être même est-ce parce qu'on aime quelqu'un en particulier qu'on peut être rempli de haine pour d'autres. Pas toujours, évidemment, mais parfois.
    Est-ce cela que veut dire Augustin quand il parle de ce vase qu'il faut d'abord avoir vidé pour pouvoir le remplir ?
    Tel est l'objet de cette improvisation matinale.
    6 min
  • Eloge de l’oubli
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171207oubli.mp3
     
    Je suis souvent comme le Ravi, ce personnage des santons de Provence qui, parce qu'il est un peu benêt, sourit à la beauté du monde.
    Quand je vois des oiseaux s'envoler à tire d'ailes, une fleur s'épanouir dans la rosée du matin, ou quand, comme hier au soir, je traverse à la nuit tombée la ville pleine de vie et de lumières chaudes et mouvantes, j'éprouve une sorte de ravissement.
    Je me demandais s'il n'y avait pas, dans cet épanouissement bienheureux de l'être au spectacle des choses, un cadeau de l'oubli qui, par des voie différentes de celles de l'attention, nous permettrait de mieux saisir le monde.
    On dit souvent de l'oubli qu'il panse les plaies et referme les blessures parce qu'il permet d'éteindre le souvenir des malheurs et des choses mauvaises. Mais je me demande si nous ne devons pas rendre grâce également à l'oubli du pouvoir qu'il a sur les choses belles et bonnes, du brouillard dont il les recouvre parfois, nous donnant la chance de les redécouvrir, émerveillé, sans qu'elles aient été abîmées, recouvertes, par la poussière de l'ennui et de la lassitude, le loess de l'indifférence.
    Peut-être faut-il, pour s'émouvoir de tous les matins du monde et de toutes ses nuits,  qu'un peu de liqueur oublieuse ait été versée dans notre coupe quotidienne. Pourrions-nous vraiment, sinon, sous l'accumulation des jours et des années, retrouver la fraîcheur première ? Pourrions-nous être submergés par l'immensité mélodieuse du jour, l'harmonie du chant ou de l'accord qui s'élève dans le silence, la beauté de cette femme qui se tient devant nous ? N'est-ce pas à l'oubli, frère en cela de l'attention, que nous devons d’échapper à la malédiction de l'apathie et à la somnolence ? N'est-ce pas à lui que nous devons de pouvoir, longtemps après le premier jour, longtemps après la première fois, aimer ?
    5 min
  • Contenance
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171130contenance.mp3
     
    J'étais, un de ces matins derniers, au croisement de la rue François Ier et de l'avenue Montaigne, quand sont passés devant moi, discutant avec animations, trois hommes. Il étaient élégants, portant des habits bien coupés et faits de beaux tissus, avaient de la prestance, mais me frappèrent surtout par leur contenance. Ils avaient de la contenance et paraissaient transporter avec eux, autour d'eux, leur monde, comme une carapace.
    Je pense que, nus à la naissance comme le raconte la fable d'Epiméthée, nous nous forgeons très vite une seconde peau, une sorte de fourrure avec laquelle nous traversons le monde. Elle est faite de vêtements, de connaissances, de savoir faire, de métiers, de façons d'être, d'argent, de manières de marcher, de manger, de parler - de tout ce qui existe et qui nous permet de ne pas être nus face au monde. Peut-être est-ce en partie pour cela que nous déployons une telle activité dans notre existence : pour nous donner une contenance. Car sinon, le monde nous mangerait.
    Et les occasions et les êtres avec et dans lesquels nous acceptons de nous dévêtir et de nous montrer nus, quand nous acceptons de le faire, sont rares et triés sur le volet.
    5 min
  • Ne pas se faire marcher sur les pieds, cela n’a rien à voir avec la dignité
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171128dignite.mp3
     
    Nous discutions hier, avec une collègue, de la transformation prochaine de notre espace de travail, qui était jusque ici composé de bureaux doubles ou individuels, et qui deviendra, dans quelques mois, un grand open space - puisque telle est la décision de l'entreprise.
    Ce qui préoccupait ma collègue, au demeurant adorable et pleine de qualités, était la question de savoir si, dans ce grand chambardement, notre équipe serait traitée équitablement, c'est-à-dire aussi bien que les autres. Or il semblait que non : rapportée à la tête de pipe, la surface dont nous disposerions serait peut-être légèrement inférieure à celle dont disposaient les autres. Et ma collègue alors de m'expliquer qu'il ne fallait pas se faire marcher sur les pieds et que c'était une question de dignité.
    Une brusque illumination s'est alors faite dans mon esprit, accompagnée de la conviction intime qu'elle se trompait, et que le lien qu'elle établissait entre le fait de se faire marcher sur les pieds ou non et la dignité était faux, radicalement faux.
    Et j'ai alors compris ces longues discussions que j'ai, de temps à autre, avec Katia, à propos du regard des autres et de ce qu'elle appelle la considération, ai fait le lien avec les réflexions qu'il m'est arrivé d'avoir sur le rapport et la différence entre originalité et excentricité, et ai saisi jusqu'au bout ce qui Simone Weil voulait dire lorsqu'elle parlait des droits et des devoirs.
    Exprimée simplement (je compléterai plus tard, peut-être), la chose est la suivante : la dignité n'a rien à voir avec les autres ; elle n'est pas donnée par les autres et ne peut pas être retirée par les autres. La dignité émane de soi. Les autres peuvent bafouer entièrement mes droits et me les les refuser tous ; je conserve ma dignité tant que moi-même, je reste fidèle à mes devoirs.
    Je suis le seul maître de ma dignité.
     
    PS : Clémentine,  Esther et Célestine me font justement remarquer que les mots "dignité" et "considération" sont ambigus en ceci qu'ils visent parfois une sorte de reconnaissance extérieure et parfois un sentiment intérieur (qui n'est pas de "valeur", sinon de valeur en tant qu'homme). Elles ont raison. La dignité dont je parlais, Esther l'a compris, est celle qu'on a indépendamment du regard des autres.
    Clémentine soulève par ailleurs le point difficile du lien entre le respect et la dignité. Il peut arriver  -  et c'est probablement ce que visait ma collègue et amie - qu'on nous manque à tel point de respect, qu'on nous traite si mal, que la dignité paraît exiger qu'on refuse et qu'on se rebelle. C'est vrai. Mais même dans ce cas, c'est nous qui sommes maîtres de notre dignité, capitaine de notre âme, comme le disait Henley. C'est celui qui nous traite mal qui est indigne, et non nous, qui sommes sa victime. Nous ne devenons indignes que si nous-mêmes commettons librement des actes indignes.
    7 min
  • L’anniversaire et la nostalgie
    https://improvisations.fr/wp-content/uploads/20171121anniversaire.mp3
     
    C'est aujourd'hui, si mon agenda électronique est bien tenu, l’anniversaire de notre rencontre.
    Il y a, dans le suivi scrupuleux et méthodique des anniversaires de ces événements heureux, comme dans la tentation qu'on a parfois d'en garder la moindre trace : billets échangés, photographies, lettres reçues, quelque chose de triste et de désespéré : comme une nostalgie par avance ; comme une peur qui surgirait du futur pour venir ronger le présent.
    Ce ne sont pas seulement les anniversaires de naissance qui sont haïssables en ceci qu'ils nous rappelleraient l'approche de la mort, qu'ils sonneraient à nos oreilles comme l'écho du glas. Les anniversaires des choses heureuses, quand on les collecte et thésaurise comme on le ferait d'un bien précieux, sont également des choses terribles. Car ces bonheurs qu'on a connus, à peine recueillis et mis dans la boîte aux souvenirs, se muent en tristesses.
    Et pourtant, au souvenir de cette rencontre, c'est un sourire qui se dessine.
    Bon anniversaire.
    3 min

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Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.