Né en 1977 à Dakar, Omar Ba occupe une position particulière sur la scène artistique helvétique. Installé à Genève depuis le début des années 2000, désormais Sénégalais et Suisse à la fois, le peintre a un parcours qui relie lʹAfrique et lʹEurope. Influencée autant par ses origines que par les courants picturaux occidentaux et sa vie sur les bords du Léman, sa peinture est à la fois merveilleusement ornementée, dʹune rare puissance et marquée par un engagement politique affirmé. Présentant des personnages hybrides entre lʹhumain, lʹanimal et le végétal, ses portraits sont aussi traversés par des images de technologie, dʹindustrie et de guerre. On y lit les relations ambiguës entre les métropoles européennes et leurs anciennes colonies : rapports de pouvoir, trafics dʹinfluence, routes migratoires… Les visions dʹOmar Ba sʹépanouissent dans de grands tableaux qui séduisent dʹabord par leur foisonnement et leur générosité chromatique, avant de révéler un fond plus sombre et engagé. En près de trente ans de carrière, Omar Ba est devenu un incontournable des arts visuels helvétiques, exposé dans le monde entier. Thierry Sartoretti lʹa rejoint dans son atelier genevois, où lʹon boit du thé vert, entouré de ses œuvres en cours et de dizaines de pots de peinture et de solvants.
Doué, cʹest certain. Dissipé aussi. issu dʹune bonne famille liée à lʹex-président sénégalais Léopold Sédar Senghor, le jeune Omar Ba, né en 1977, file "du mauvais coton" et se retrouve renvoyé de la capitale au village pour une cure de sagesse. Là-bas, à Loul Sessère, hormis lʹécole, le travail aux champs, la savane et le ciel étoilé, il nʹy a rien des tentations de Dakar. Le garçon turbulent apprend à contempler les arbres la nuit et développer un imaginaire qui imprègne aujourdʹhui encore ses œuvres. De retour en ville, après un crochet dans la mécanique, il sʹinscrit aux Beaux-Arts de Dakar, déterminé à aller jusquʹau bout de ce qui devient une vocation.