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L’invité des matinales / Euthanasie : désormais, comment la société civile peut-elle agir ?
Régis PASSERIEUX, haut fonctionnaire, ancien dirigeant du Parti Socialiste, président de l’Institut pour la refondation publique
Au lendemain de l’adoption au Parlement de la loi sur l’aide à mourir, un nouveau chapitre s’ouvre pour les opposants à l’euthanasie, à la fois vigilants et mobilisés. Recours, actions en justice, nouveau texte de loi, tous les moyens sont envisagés. Au minimum, le Conseil constitutionnel sera saisi par le Premier ministre Sébastien Lecornu et le président du Sénat Gérard Larcher. D’autres parlementaires en ont également l'intention. Le Conseil constitutionnel, qui devrait rendre sa décision autour de la mi-août, peut en théorie censurer tout ou partie du texte. Mais son auteur, le député Olivier Falorni, dit n'avoir « absolument aucune crainte ». Hier, le représentant des évêques de France, Mgr Jordy, dénonçait une « violence institutionnelle » et un « débat démocratique volé ». Haut fonctionnaire, ancien membre du bureau national du Parti Socialiste, Régis Passerieux a aussi officié dans le privé en accompagnant plusieurs grandes entreprises françaises dans leur développement international, en particulier en Chine. Après avoir quitté le Parti Socialiste, il crée le mouvement Refondation, porteur des valeurs du personnalisme dans la sphère publique, et depuis deux ans, il préside l’Institut pour la Refondation Publique, qui vise à une transformation profonde des méthodes de gestion de l’Etat et du secteur public. Que signifie le bien commun face à la rhétorique de l’extension infinie des droits, laquelle inspirée par le matérialisme et le consumérisme, dévore tout sur son passage, y compris les sujets les plus graves comme la mort et le sens de la vie ?
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Après plus d'un an et quatre mois de débats, les députés ont adopté mercredi 15 juillet 2026, la proposition de loi relative à la fin de vie. 291 voix pour, 241 contre et 29 abstentions. Ce
vote solennel met un terme à un parcours législatif inédit par sa longueur. Mgr Vincent JORDY, archevêque de Tours et vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF) déplore ce vote et dénonce « une violence institutionnelle ».
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Mgr Vincent JORDY, archevêque de Tours, vice-président de la Conférence des évêques de France (CEF)
Tuer ou ne pas tuer. Les députés ont rendez-vous avec la mort pour statuer sur une mesure qui, si elle est adoptée, va symboliquement résumer les dix ans de présidence d’Emmanuel Macron. Ce qui n’a pas d’importance en soi. Les hommes passent mais souvent leurs décisions restent. L’enjeu suffit à faire passer au second plan tous les autres faits d’actualité, du détroit d’Ormuz à la défaite des Bleus. Depuis des années que nous parlons de l’euthanasie, tout a été dit, redit et répété, au point qu’une certaine lassitude pourrait nous étreindre. Le « basculement anthropologique » que recèle la levée de l’interdit de tuer laisse entrevoir le visage de cette nouvelle société imaginée par les dystopies d’un George Orwell ou d’un Aldous Huxley, faite à la fois de douceur mais surtout de contrôle et de contrainte. Ces dystopies sont déjà des réalités au Canada ou en Belgique. Le narratif et l’agenda des partisans de l’euthanasie, installés au cœur du pouvoir et des media, ont couvert de leur slogan compassionnels les voix les plus raisonnables dont celle de l’Église – qui a fait ce qu’elle a pu. Emmanuel Macron, en référence à l’historien Marc Bloch, tué par les nazis, invitait à ne pas céder à « l’esprit de défaite ». Au fil du temps, les parlementaires se sont mis à prendre davantage la mesure de l’enjeu. Cela sera-t-il suffisant pour ce quatrième et ultime vote destiné à créer un « droit à l’aide active à mourir » ? Le Premier ministre Sébastien Lecornu lui-même, tenant compte des oppositions qui persistent, n’a-t-il pas annoncé hier qu'en cas d’approbation, il saisirait le Conseil constitutionnel ? Pour l’Église, il convient notamment de défendre la liberté de conscience, en particulier celle des établissements qui refuseront cette pratique au nom de la liberté de religion et d’association. Dans cet entretien, le vice-président de la CEF, Mgr Vincent Jordy, insiste sur tout le travail entrepris par l’épiscopat depuis septembre 2022.
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Jean-Marie BOCKEL, ancien maire de Mulhouse, ancien secrétaire d’État chargé de la Défense et des anciens combattants, colonel de réserve
Maire de Mulhouse pendant 21 ans, ancien député et sénateur socialiste du Haut-Rhin, Jean-Marie Bockel est aussi le fondateur de la Gauche moderne. À 76 ans, son nom représente encore cette troisième voie à l’anglaise, réformiste et libérale, une troisième gauche qui se cherche peut-être dans le crépuscule du macronisme, même si l’homme est retiré de la vie politique. Né dans une famille catholique alsacienne, son oncle Mgr Pierre Bockel était archiprêtre de la cathédrale de Strasbourg, résistant et « Juste parmi les nations ». Attaché aux questions sécuritaires dans sa ville de Mulhouse, Jean-Marie Bockel fut aussi ministre sous Nicolas Sarkozy en 2008-2009, précisément secrétaire d’État chargé de la Défense et des anciens combattants. Colonel de réserve, il a un lien et surtout une histoire avec l’institution militaire. Une histoire tragique, familiale. Son plus jeune fils, lieutenant au 5e régiment d'hélicoptères de combat de Pau, meurt en 2019 dans le cadre de l’opération Barkhane au Mali. Depuis 2020, Jean-Marie Bockel préside l’Association Solidarité Défense qui vient en aide et soutien aux blessés et aux familles des soldats tués. « Envoyé personnel » d’Emmanuel Macron en Afrique en 2024/2025, il œuvra à la reconfiguration du dispositif militaire français en Afrique de l'Ouest et au Sahel. Il prône un partenariat « renouvelé » avec les pays africains. Dans cet entretien, il analyse le sens que l'exécutif donne à ce défilé du 14 juillet, dominé par la volonté de réveiller stratégiquement l'Europe face à la Russie et au moindre soutien de l'Amérique.
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La loi sur l’euthanasie doit faire l’objet d’un vote définitif ce mercredi 15 juillet 2026. Mais comment évaluer ce texte qui prive le citoyen des droits qu’il est censé attendre du corps médical ? Aujourd’hui, 1 000 000 de nos citoyens sont éligibles à l’euthanasie, selon la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP). Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ), explique que la liberté des établissements catholiques est fondamentalement liée à la liberté de religion et d’association. Il s’intéresse aux trois étapes du dispositif – les conditions, la procédure et le contrôle – et en montre les failles.
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L'OTAN annonce un investissement majeur dans l'armement suite au sommet d'Ankara, avec une contribution notable de l'Allemagne envers les fabricants d'armes américains. En parallèle, une controverse entoure la potentielle visite du pape en France, exacerbée par une loi sur l'euthanasie en cours de discussion, qui soulève des inquiétudes sur une récupération politique par le président Emmanuel Macron. Christophe Dickès, historien spécialiste de l'Église discute de ces enjeux.
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Lorsque le pape Léon XIV posera le pied en France à la rentrée 2026, il pourrait être confronté à deux difficultés. D’abord à une déchirure dans l'Église, accentuée par les sacres de la Fraternité Saint Pie X, très présente dans la sociologie du catholicisme français. Puis à l’évolution apportée par la loi sur l’euthanasie. Pour Michel Houellebecq, elle exclut l’anthropologie chrétienne et traduit une forme de renoncement à la dignité humaine. « Nous entrons dans un monde où il sera plus facile de mourir », s’écrie-t-il dans une tribune au Figaro. Mais ne cédons pas à « l’esprit de défaite », à l’exemple de Marc Bloch face aux nazis. Une pétition circule actuellement pour inviter le pape à annuler son voyage si la loi sur l’euthanasie est votée le 15 juillet. Christophe Dickès, historien, vaticaniste et auteur de Le christianisme, une religion d’historiens (Ed. Salvator), nous en dit plus.
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Le gouvernement n’a pas tenu compte des alertes du Sénat concernant la proposition de loi sur la fin de vie. C’est ce que déplore son président, Gérard Larcher. Selon lui, le gouvernement peut encore suspendre l’examen du texte avant le vote prévu le 15 juillet 2026. Si l’État donne le dernier mot à l’Assemblée nationale, le président du Sénat souhaite saisir le Conseil constitutionnel. Le sénateur Max Brisson, membre des Républicains et agrégé d’histoire, revient sur cette situation et sur la position du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
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Marine Le Pen se présente à la présidentielle de 2027. Elle était condamnée à cinq ans de prison pour détournements de fonds du Parlement européen. Pourtant, le 7 juillet 2026, la justice réduit sa peine à trois ans d’emprisonnement, dont un an sous bracelet électronique. Le premier tour étant le 18 avril 2027, Marine Le Pen pourrait donc faire campagne normalement, à moins que la décision de justice ne soit rejetée avant la fin de l’année. Elle serait alors contrainte de porter un bracelet électronique lors des élections : une décision qui conviendrait mieux à ses concurrents qui contestent le verdict actuel. Gaël Brustier, essayiste, politologue et conseiller politique, analyse pour nous cet événement.
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Marine Le Pen est condamnée à trois ans de prison dont un ferme sous bracelet électronique. Le verdict est tombé ce mardi 7 juillet pour la chef de file du Rassemblement National. Marine Le Pen est donc éligible à la présidentielle de 2027, mais elle s’est déjà engagée à ne pas se lancer en campagne si elle doit porter un bracelet électronique. Jordan Bardella pour la remplacer ? Eddy Casterman, député de l’Aisne, membre d’Identité Liberté de Marion Maréchal et apparenté du groupe RN, analyse l’enjeu de cette décision de justice attendue à la mi-journée.
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Chaque matin, Louis Daufresne reçoit une personnalité au cœur de l’actualité nationale ou internationale. Décryptage singulier de notre monde et de ses enjeux, mais aussi découverte d’un parcours,…
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