Regards Philo

Regards Philo

By Open Mind GalaxySociety & Culture
Download on the App Store

Regards Philo episodes

  • CHP09 - 06. Jeu d’épingles ou poésie ?

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son exploration de l’utilitarisme anglo-saxon, en particulier chez Jeremy Bentham et John Stuart Mill. Il interroge la manière dont cette philosophie a été reçue et perçue en France, souvent mal traduite et peu comprise. Onfray revient sur les malentendus entourant l’utilitarisme, notamment la mauvaise réputation du terme “utilité”, et critique la façon dont l’idéalisme allemand a dominé la philosophie continentale au détriment de cette tradition pragmatique.

    2. L’utilitarisme : une pensée marginalisée en France

    Pourquoi l’utilitarisme est-il mal vu ?

    Onfray explique que l’utilitarisme souffre de plusieurs biais historiques :

    * Le rejet du terme “utilité”, souvent réduit à une vision triviale et matérialiste.

    * L’hégémonie de la philosophie idéaliste allemande en France, notamment via Victor Cousin, qui a imposé une tradition anti-matérialiste et conservatrice.

    * L’influence marxiste, qui a caricaturé l’utilitarisme comme une philosophie bourgeoise centrée sur le profit.

    Un courant anglo-saxon méconnu

    Contrairement à la philosophie allemande, l’utilitarisme est pragmatique et empirique. Il se fonde sur l’observation des faits et cherche des solutions concrètes, ce qui le rend souvent incompatible avec les traditions philosophiques abstraites et spéculatives qui ont dominé le continent européen.

    3. Bentham et la question du plaisir

    Une vision quantitative du plaisir

    Bentham considère que tous les plaisirs se valent, tant qu’ils produisent du bien-être. Il écrit : « Préjugé à part, le jeu d’épingle, à plaisir égal, vaut la poésie. » Cela signifie que :

    * Il n’y a pas de hiérarchie entre les plaisirs intellectuels et physiques.

    * Un plaisir simple (comme jouer à un jeu d’épingle) a autant de valeur qu’une expérience artistique.

    * Ce qui compte est la quantité de plaisir produit, et non sa nature.

    Une critique par Stuart Mill

    John Stuart Mill contestera cette vision trop mécanique du plaisir en insistant sur une distinction entre plaisirs supérieurs et inférieurs. Il soutiendra qu’il vaut mieux être Socrate insatisfait qu’un imbécile satisfait, introduisant ainsi une dimension qualitative dans l’utilitarisme.

    4. L’héritage ambigu de l’utilitarisme

    Une pensée influente, mais controversée

    Onfray rappelle que l’utilitarisme a influencé :

    * La politique publique (calcul coûts-bénéfices, justice sociale).

    * Les sciences économiques et la théorie du marché.

    * Les débats éthiques contemporains, notamment sur l’euthanasie, l’expérimentation animale et la bioéthique.

    Cependant, cette pensée a aussi été caricaturée comme une justification du libéralisme économique et du pragmatisme froid, alors qu’elle visait avant tout le bien-être collectif.

    Une opposition persistante avec la philosophie continentale

    L’opposition entre philosophie anglo-saxonne et continentale se reflète encore aujourd’hui dans :

    * Le rejet du pragmatisme en France, où la philosophie reste largement spéculative.

    * La domination des héritages kantien et hégélien, qui privilégient une vision abstraite de la morale.

    * La réticence à voir l’éthique comme une science expérimentale, ce que proposaient Bentham et Mill.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray met en lumière la marginalisation de l’utilitarisme en France, victime de préjugés et de malentendus historiques. Il souligne l’importance de réhabiliter cette pensée pragmatique, qui propose une approche rationnelle et empirique de la morale, plutôt que des abstractions dogmatiques.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Jeremy Bentham (1748 – 1832) — Philosophe et juriste anglais, fondateur de l’utilitarisme moderne.

    * William Godwin (1756 – 1836) — Philosophe et écrivain britannique, associé au proto-anarchisme et au rationalisme utilitariste.

    * Victor Cousin (1792 – 1867) — Philosophe français, promoteur de l’idéalisme hégélien en France.

    * John Stuart Mill (1806 – 1873) — Philosophe utilitariste et libéral.

    * Karl Marx (1818 – 1883) — Philosophe et économiste, critique du capitalisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    * Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, historien des systèmes de pensée.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    58 min
  • CHP09 - 05. Bentham, le Jivaro

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son étude de l’utilitarisme anglo-saxon en abordant Jeremy Bentham, philosophe fondateur de cette doctrine. Il montre comment Bentham systématise l’idée de l’optimisation du plaisir et de la minimisation de la douleur, tout en développant une vision libérale et rationaliste de la société. Onfray souligne aussi les paradoxes de Bentham et la difficulté d’accès à son œuvre, encore aujourd’hui partiellement inédite.

    2. Un penseur méconnu mais fondamental

    Bentham : une figure floue du libéralisme

    Contrairement à des penseurs comme Hegel, Bentham est peu étudié en France. Son œuvre est mal traduite et peu accessible, ce qui explique qu’il soit souvent réduit à quelques idées simplistes.

    Un philosophe du XVIIIe siècle dans un monde industriel

    Bentham naît en 1748, à une époque où l’Angleterre connaît une mutation profonde avec la Révolution industrielle. Il s’inscrit dans un contexte où le libéralisme économique et politique prend son essor, influencé par :

    * Le matérialisme du XVIIIe siècle (Helvétius, d’Holbach).

    * L’essor de l’économie politique (Adam Smith).

    * Une approche scientifique du droit et de l’éthique.

    3. L’utilitarisme : une éthique du calcul

    Maximiser le bonheur, minimiser la douleur

    Bentham développe une éthique basée sur l’arithmétique des plaisirs, inspirée par Maupertuis et Helvétius. Son principe central est le plus grand bonheur du plus grand nombre, qui devient un critère d’évaluation pour toute action morale et politique.

    Une conception radicale du droit et de la société

    Bentham rejette les fondements traditionnels du droit et propose :

    * Une codification rationnelle des lois pour garantir leur utilité.

    * Une critique de la Déclaration des droits de l’homme, qu’il considère comme une abstraction inefficace.

    * Une approche pragmatique de la justice, où la peine doit être proportionnelle au bénéfice social qu’elle engendre.

    4. Le panoptique : une société sous surveillance

    Une prison idéale ou une dystopie ?

    Bentham imagine le panoptique, un modèle de prison où un seul gardien peut observer tous les détenus sans être vu. Ce système repose sur l’intériorisation de la surveillance, forçant les prisonniers à s’auto-discipliner.

    Une vision préfigurant les sociétés modernes

    Onfray met en perspective le panoptique avec :

    * Les systèmes de contrôle contemporains (caméras de surveillance, traçage numérique).

    * L’analyse de Michel Foucault dans Surveiller et punir, qui voit dans le panoptique un modèle généralisable à toute la société.

    * Une rationalisation de la discipline, qui pose la question de l’impact de l’utilitarisme sur les libertés individuelles.

    5. Une philosophie tournée vers l’efficacité

    L’héritage utilitariste

    Bentham influence directement :

    * John Stuart Mill, qui reprendra l’utilitarisme en lui ajoutant des nuances libérales et humanistes.

    * Les doctrines économiques contemporaines, notamment dans l’évaluation des politiques publiques.

    * Les débats sur l’éthique appliquée, comme la bioéthique ou la politique pénale.

    Une pensée sans morale transcendante

    Onfray insiste sur le fait que l’utilitarisme de Bentham ne repose sur aucun fondement religieux ou métaphysique. Tout se réduit à des conséquences mesurables, ce qui le distingue radicalement des morales classiques (kantienne, chrétienne).

    💡 Conclusion

    Michel Onfray présente Bentham comme un philosophe fondamental mais méconnu, dont l’héritage façonne encore nos sociétés modernes. Il met en évidence les limites et les dangers de l’utilitarisme, notamment dans son application aux systèmes de contrôle et de surveillance.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Jeremy Bentham (1748 – 1832) — Philosophe et juriste anglais, fondateur de l’utilitarisme moderne.

    * William Godwin (1756 – 1836) — Philosophe et écrivain britannique, associé au proto-anarchisme et au rationalisme utilitariste.

    * John Stuart Mill (1806 – 1873) — Philosophe utilitariste et libéral.

    * Karl Marx (1818 – 1883) — Philosophe et économiste, critique du capitalisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    * Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, historien des systèmes de pensée.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    58 min
  • CHP09 - 04. Le valet de Fénelon

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray approfondit sa critique de William Godwin, en particulier sur les limites et les paradoxes de son utilitarisme. Il illustre cette critique par l’anecdote du valet de Fénelon, qui met en lumière la conception radicale de l’utilité sociale chez Godwin. En parallèle, Onfray oppose l’utilitarisme anglo-saxon à l’éthique kantienne, révélant ainsi deux visions fondamentalement opposées de la morale.

    2. Godwin et la morale conséquentialiste

    L’opposition entre utilitarisme et déontologie

    Onfray rappelle que l’utilitarisme repose sur deux principes fondamentaux :

    * Le relativisme moral : il n’existe pas de bien ou de mal absolu, tout dépend du contexte et des conséquences.

    * Le conséquentialisme : une action est bonne ou mauvaise en fonction de ses résultats.

    À l’inverse, Kant défend une morale absolue, où certaines actions (comme le mensonge) sont toujours interdites, quelles que soient les circonstances.

    L’exemple de la promesse

    Godwin applique son utilitarisme à la question de la promesse :

    * Pour Kant, une promesse doit toujours être tenue, car ne pas la respecter détruirait la confiance et la source du droit.

    * Pour Godwin, une promesse n’a de valeur que si elle est utile à l’intérêt général. Si la rompre sert un bien supérieur, elle doit être violée.

    3. L’anecdote du valet de Fénelon : une morale froide et calculatrice

    Le dilemme moral

    Godwin pose un cas hypothétique :

    * Un incendie éclate dans un château.

    * Deux personnes sont en danger : Fénelon, philosophe et auteur du Télémaque, et son valet, un homme ordinaire.

    * Il faut choisir qui sauver.

    La logique utilitariste de Godwin

    Godwin affirme qu’il faut sauver Fénelon plutôt que son valet, car :

    * Fénelon a plus de valeur pour la société en raison de son œuvre et de son influence.

    * Le valet est remplaçable, car n’importe qui peut accomplir ses tâches domestiques.

    * L’utilité sociale prime sur l’égalité ontologique.

    Un raisonnement contesté

    Onfray critique cette vision, soulignant qu’elle :

    * Justifie une hiérarchie entre les êtres humains en fonction de leur utilité sociale.

    * Écarte toute considération humaniste, où chaque vie devrait avoir la même valeur.

    * Préfigure certaines dérives totalitaires, où l’individu est sacrifié au nom d’un prétendu bien commun.

    4. L’impact de l’utilitarisme sur la pensée moderne

    De Godwin à Bentham et Mill

    Onfray montre que Godwin préfigure l’utilitarisme moderne, repris et systématisé par :

    * Jeremy Bentham, avec sa théorie du plus grand bonheur du plus grand nombre.

    * John Stuart Mill, qui nuance l’approche en intégrant des valeurs libérales et humanistes.

    Un débat encore d’actualité

    L’opposition entre utilitarisme et éthique déontologique continue d’animer les débats contemporains :

    * En bioéthique, sur des sujets comme l’euthanasie ou le tri des patients en médecine.

    * En philosophie politique, sur la balance entre sécurité collective et libertés individuelles.

    5. Une critique de la vision absolutiste de l’utilité

    L’utilité peut-elle justifier toutes les actions ?

    Onfray met en garde contre les dérives potentielles de l’utilitarisme radical :

    * L’idée qu’un individu a moins de valeur qu’un autre peut mener à des discriminations systémiques.

    * La notion d’intérêt général est souvent définie par ceux qui détiennent le pouvoir, ce qui pose la question de son objectivité.

    * Un monde fondé uniquement sur l’utilité risque de devenir froid et mécanique, déshumanisant les relations sociales.

    L’importance d’une éthique équilibrée

    Onfray propose une approche plus nuancée :

    * Reconnaître l’importance des conséquences, sans tomber dans un cynisme total.

    * Intégrer une dimension humaniste, qui préserve la dignité de chaque individu.

    * Ne pas sacrifier les principes moraux au nom d’un hypothétique bien collectif.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray utilise l’anecdote du valet de Fénelon pour illustrer les limites de l’utilitarisme de Godwin et son potentiel danger moral. Il souligne la nécessité d’une approche éthique qui ne se limite pas à une froide rationalité, mais qui intègre des valeurs humanistes et un respect égalitaire des individus.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Immanuel Kant (1724 – 1804) — Philosophe idéaliste, fondateur de la morale déontologique.

    * Jeremy Bentham (1748 – 1832) — Fondateur de l’utilitarisme moderne.

    * William Godwin (1756 – 1836) — Philosophe et écrivain britannique, associé au proto-anarchisme et au rationalisme utilitariste.

    * John Stuart Mill (1806 – 1873) — Philosophe utilitariste et libéral.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    58 min
  • CHP09 - 03. Anarchiste ou utilitariste ?

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son analyse de William Godwin en questionnant sa réelle filiation philosophique. Souvent présenté comme le père de l’anarchisme, Onfray remet en cause cette classification et suggère qu’il serait plus pertinent de voir en lui un précurseur de l’utilitarisme anglo-saxon. L’épisode explore ainsi la manière dont Godwin prépare le terrain pour Bentham et John Stuart Mill, plutôt que pour Bakounine ou Proudhon.

    2. L’anarchisme : une constellation idéologique

    Une définition complexe

    Onfray insiste sur le fait que l’anarchisme n’est pas une doctrine monolithique. Il englobe :

    * Des figures favorables à la violence (Bakounine) et d’autres prônant la non-violence (Sébastien Faure).

    * Des penseurs collectivistes (Kropotkine) et des individualistes radicaux (Stirner).

    * Des visions laïques (Reclus) et des courants chrétiens (Tolstoï).

    Ainsi, coller l’étiquette anarchiste à Godwin semble abusif, car il n’adhère ni à la violence révolutionnaire ni à l’abolition radicale de l’État.

    Godwin : un proto-anarchiste ?

    Onfray admet qu’il y a chez Godwin des critiques de l’État et de l’autorité, ce qui pourrait le rapprocher de l’anarchisme. Toutefois, il ne prône pas la destruction immédiate du pouvoir mais plutôt une évolution progressive de la société par la raison et l’éducation. Cette approche le distingue des anarchistes classiques et le rapproche davantage d’un libéralisme utopique.

    3. Godwin et l’héritage de l’utilitarisme

    Un pont entre les Lumières et le XIXe siècle

    Godwin se situe à un moment charnière entre la pensée des philosophes des Lumières et l’émergence des doctrines du XIXe siècle. Il reprend :

    * L’éloge de la raison, hérité de Voltaire et Helvétius.

    * L’idée de progrès linéaire, inspirée de Condorcet.

    * Un rationalisme optimiste, annonçant Bentham et Mill.

    Le conséquentialisme avant l’heure

    Onfray insiste sur un point fondamental : Godwin développe un principe moral basé sur les conséquences des actes, ce qui le rapproche nettement de l’utilitarisme. Il écrit que la justice est un principe visant à maximiser le bonheur collectif, ce qui résonne avec la maxime de Bentham : le plus grand bonheur du plus grand nombre.

    4. Une critique radicale du contrat social

    Un rejet de Rousseau

    Contrairement aux anarchistes qui s’inspireront de Rousseau, Godwin critique la notion de contrat social. Pour lui :

    * Personne n’a jamais signé un tel contrat, c’est une fiction.

    * L’État repose sur une illusion collective, qu’il faut dissiper par l’éducation.

    * L’individu doit être autonome et non soumis à une volonté générale imposée.

    Une confiance totale en la raison

    Godwin pense que la vérité et la justice triompheront naturellement grâce à l’usage de la raison. Il s’oppose donc aux révolutionnaires violents, persuadé que la persuasion et l’éducation suffiront à transformer la société.

    5. Une pensée entre deux traditions

    Ni anarchiste, ni libéral classique

    Si Godwin rejette l’État, il ne préconise pas non plus un retour à la propriété collective. Il se distingue des anarchistes par son refus de la violence et sa défense d’une évolution douce. Il se démarque aussi du libéralisme économique en critiquant les excès du capitalisme.

    Un précurseur de l’utilitarisme moderne

    Michel Onfray conclut que Godwin annonce plus l’utilitarisme que l’anarchisme. Son insistance sur les conséquences des actions, la rationalité et le bonheur collectif en fait un précurseur direct de Bentham et Mill, bien plus que de Proudhon ou Bakounine.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray démonte le mythe de Godwin comme père de l’anarchisme et propose une lecture alternative : celle d’un réformateur progressiste dont la pensée s’inscrit dans la lignée de l’utilitarisme naissant. Il souligne ainsi l’importance de bien situer historiquement les penseurs pour éviter les raccourcis idéologiques.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Diogène de Sinope (env. 412 av. J.-C. – 323 av. J.-C.) — Cynique, défenseur d’un mode de vie anti-autoritaire.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * William Godwin (1756 – 1836) — Philosophe et écrivain britannique, associé au proto-anarchisme et au rationalisme utilitariste.

    * Jeremy Bentham (1748 – 1832) — Fondateur de l’utilitarisme moderne.

    * John Stuart Mill (1806 – 1873) — Philosophe utilitariste et libéral.

    * Max Stirner (1806 – 1856) — Philosophe individualiste radical.

    * Pierre-Joseph Proudhon (1809 – 1865) — Philosophe et théoricien du socialisme, critique du libéralisme.

    * Mikhaïl Bakounine (1814 – 1876) — Philosophe anarchiste, opposant au marxisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    57 min
  • CHP09 - 02. Godwin et Frankenstein

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray revient sur William Godwin, une figure souvent associée à l’anarchisme, et sur l’influence de sa pensée sur sa fille Mary Shelley, l’auteure de Frankenstein. Il critique l’idée selon laquelle Godwin serait le véritable père de l’anarchisme et propose une analyse plus nuancée de son œuvre et de son héritage.

    2. William Godwin : un anarchiste malgré lui ?

    Une historiographie à revoir

    Onfray souligne que l’histoire de la philosophie, et en particulier l’histoire de l’anarchisme, est souvent construite sur des préjugés et des simplifications. William Godwin est fréquemment présenté comme le précurseur de l’anarchisme, mais cette lecture mérite d’être nuancée.

    Un calviniste avant tout ?

    Plutôt qu’un anarchiste au sens moderne du terme, Godwin est un calviniste converti à une forme de messianisme révolutionnaire. Son éducation rigoriste, marquée par un prophétisme chrétien, a influencé sa vision du monde, où la transformation de la société est vue comme un progrès moral inévitable.

    3. L’apport de Godwin : un anarchisme théorique

    Une critique de l’État et du gouvernement

    Dans Enquête sur la justice politique (1793), Godwin développe une pensée radicale sur l’État :

    * Il rejette le pouvoir coercitif et toute forme d’autorité.

    * Il prône un ordre social fondé sur la raison, où chaque individu agit en fonction de la justice et du bien commun.

    * Il considère que l’éducation et la rationalité suffisent à organiser une société harmonieuse sans besoin de lois.

    Les contradictions de sa pensée

    Cependant, Onfray note plusieurs paradoxes :

    * Godwin critique le mariage et la cohabitation, mais se marie et fonde une famille.

    * Il rejette la propriété privée, mais vit dans un cadre bourgeois.

    * Il considère l’éducation comme essentielle, tout en prônant un individualisme radical.

    4. Mary Shelley et la figure de Frankenstein

    Une influence intellectuelle marquée

    Mary Shelley, la fille de Godwin, grandit dans un environnement intellectuel intense. Elle est influencée par les idées de son père, mais aussi par celles de sa mère, Mary Wollstonecraft, pionnière du féminisme.

    Frankenstein : une métaphore du progrès et de ses dangers

    Dans Frankenstein (1818), Mary Shelley exprime une critique de la science et du rationalisme excessif, héritée des débats philosophiques du XIXe siècle. Onfray y voit :

    * Une mise en garde contre le scientisme et l’illusion du progrès absolu.

    * Une réflexion sur les conséquences inattendues des idéologies radicales.

    * Une allégorie de la créature abandonnée par son créateur, qui symbolise les dérives de la modernité.

    5. Héritage et réception de Godwin

    Un penseur mal compris ?

    Si Godwin a influencé des penseurs comme Stirner, Bakounine ou Proudhon, Onfray insiste sur le fait que son œuvre est souvent instrumentalisée. Il reste avant tout un réformateur progressiste, plutôt qu’un révolutionnaire anarchiste.

    Un pont entre le XVIIIe et le XIXe siècle

    Godwin représente une transition entre les Lumières et les pensées radicales du XIXe siècle. Il pose des questions fondamentales sur l’État, la liberté et la morale, mais sa pensée demeure marquée par un héritage religieux et idéaliste.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray propose une lecture critique de Godwin, en montrant qu’il est moins un anarchiste qu’un penseur réformiste influencé par le calvinisme et le rationalisme des Lumières. Il met également en lumière l’influence de son œuvre sur sa fille Mary Shelley, dont Frankenstein illustre les tensions entre progrès et humanité.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * William Godwin (1756 – 1836) — Philosophe et écrivain britannique, associé au proto-anarchisme.

    * Mary Wollstonecraft (1759 – 1797) — Pionnière du féminisme, épouse de Godwin et mère de Mary Shelley.

    * Max Stirner (1806 – 1856) — Philosophe individualiste radical.

    * Mikhaïl Bakounine (1814 – 1876) — Philosophe anarchiste, opposant au marxisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    58 min
  • CHP09 - 01. Stupide au XIXème siècle ?

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray ouvre une nouvelle saison en abordant le XIXe siècle, souvent vu comme un siècle de progrès et d’idéaux, mais aussi qualifié de stupide par certains penseurs. Il s’appuie notamment sur Léon Daudet, qui en 1922 décrit le XIXe siècle comme un siècle de stupidité en raison de l’essor des idéologies socialistes, communistes et anarchistes. Onfray propose d’analyser les tensions idéologiques qui structurent ce siècle et qui aboutissent à la modernité.

    2. Le XIXe siècle : un siècle de rupture et d’accélération

    Un temps en mutation

    Le XIXe siècle est marqué par une accélération sans précédent :

    * Un basculement du temps cyclique au temps linéaire, dû à l’industrialisation.

    * Une foi dans le progrès portée par les avancées technologiques et scientifiques.

    * Une virtualisation du réel, avec l’invention du télégraphe, de la photographie et du cinéma.

    Deux XIXe siècles

    Onfray distingue deux forces antagonistes dans ce siècle :

    * Un XIXe siècle des Lumières, qui prolonge les idéaux rationalistes et républicains de la Révolution française.

    * Un XIXe siècle réactionnaire, qui prépare le XXe siècle en valorisant la nostalgie monarchique et le rejet de la modernité.

    3. Le XIXe siècle : entre progrès et résistance

    Un siècle du capitalisme et de ses contestations

    Le XIXe siècle est celui de l’invention et de l’expansion du libéralisme économique. Il voit aussi naître les premières grandes contestations de ce modèle :

    * Le socialisme (Robert Owen, Fourier, Proudhon)

    * Le communisme (Karl Marx, Engels, Babeuf)

    * L’anarchisme (Bakounine, Kropotkine)

    Ces pensées visent à résister à l’industrialisation débridée et à la concentration des richesses.

    La science et la technique au service de la domination

    La révolution industrielle transforme radicalement le monde :

    * Maîtrise des éléments : navigation à vapeur, aviation, premiers sous-marins.

    * Colonialisme facilité par la motorisation des transports.

    * Émergence du capitalisme industriel et de la production de masse.

    Onfray montre comment ces transformations accélèrent les rapports de domination et créent de nouvelles formes d’exploitation.

    4. Une relecture du XIXe siècle par la philosophie

    Hegel et la justification du pouvoir

    Onfray critique la manière dont Hegel est utilisé en France via Victor Cousin pour justifier l’ordre établi, en valorisant :

    * L’État comme instance suprême.

    * Le pouvoir des élites contre les forces révolutionnaires.

    * Une philosophie de l’histoire téléologique, où l’État incarne le progrès inévitable.

    La contestation libertaire et matérialiste

    Face à cette hégémonie, certains philosophes opposent une pensée critique :

    * Stirner, qui développe une vision radicale de l’individu.

    * Bakounine, qui s’oppose à l’autorité étatique et à la bureaucratisation du socialisme.

    * Flora Tristan, qui conjugue socialisme et féminisme.

    5. Vers un XIXe siècle divisé

    Une fracture entre deux visions du monde

    Onfray met en évidence un clivage fondamental dans la philosophie du XIXe siècle :

    * Les penseurs qui acceptent et justifient l’ordre dominant (Hegel, Cousin, les libéraux).

    * Ceux qui cherchent à construire un nouvel ordre social (Marx, Proudhon, Bakounine).

    Ce siècle est donc un laboratoire des tensions idéologiques, dont les héritages se retrouvent encore dans nos sociétés contemporaines.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray propose une relecture du XIXe siècle comme un espace de conflit entre modernité et réaction, entre libéralisme et contestation sociale. Il s’agit d’un siècle charnière où se jouent les grandes batailles idéologiques qui influenceront le XXe siècle.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770 – 1831) — Philosophe idéaliste allemand, théoricien de l’État et de l’histoire.

    * Flora Tristan (1803 – 1844) — Socialiste et féministe française, pionnière du syndicalisme.

    * Max Stirner (1806 – 1856) — Philosophe individualiste radical.

    * Karl Marx (1818 – 1883) — Philosophe, économiste et théoricien du communisme.

    * Mikhaïl Bakounine (1814 – 1876) — Philosophe anarchiste, opposant au marxisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    58 min
  • CHP08 - 10. Les deux révolutions françaises

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray clôture son cycle en proposant une relecture critique de la Révolution française. Il met en évidence l’existence de deux révolutions : une révolution bourgeoise, qui a triomphé, et une révolution populaire, qui a été écrasée. Onfray déconstruit les récits officiels et analyse comment les historiographies successives ont occulté certains aspects fondamentaux de cet événement majeur.

    2. Une révolution philosophique ou économique ?

    Le mythe des philosophes précurseurs

    Onfray s’attaque à l’idée largement répandue selon laquelle la Révolution française aurait été préparée par les philosophes des Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu, Diderot). Il remet en cause cette vision en soulignant que :

    * La circulation des livres était limitée au XVIIIe siècle.

    * Les romans populaires étaient plus lus que les traités philosophiques.

    * L’association entre Lumières et Révolution est une construction rétrospective.

    Un bouleversement économique avant tout

    Plutôt qu’un triomphe des idées, Onfray insiste sur les tensions économiques qui ont conduit à la Révolution :

    * Les mauvaises récoltes et la crise alimentaire ont exacerbé le mécontentement.

    * Les revendications fiscales ont structuré les oppositions.

    * La montée en puissance de la bourgeoisie marchande a cherché à se débarrasser des privilèges aristocratiques.

    3. La victoire de la révolution bourgeoise

    L’Assemblée nationale et la confiscation du pouvoir

    Onfray explique comment la Révolution a été prise en main par la bourgeoisie montante, qui a rapidement évincé les forces populaires. Il met en avant :

    * Les États généraux et la Déclaration des droits de l’homme, qui consacrent la primauté de la propriété privée.

    * La loi Le Chapelier (1791), qui interdit les syndicats ouvriers et protège les intérêts des patrons.

    * La répression des révoltes populaires, notamment contre les sans-culottes et les mouvements radicaux.

    Robespierre : un bourgeois radical, pas un révolutionnaire social

    Onfray critique l’image de Robespierre en révolutionnaire du peuple, en soulignant :

    * Son attachement à l’ordre bourgeois.

    * Son rôle dans la suppression des Hébertistes et des Enragés, les factions les plus radicales.

    * Son culte de l’Être suprême, qui réintroduit une forme de religiosité d’État.

    4. La révolution populaire écrasée

    Les courants révolutionnaires radicaux

    Onfray met en lumière des figures oubliées ou marginalisées :

    * Les sans-culottes, qui prônaient une véritable démocratie sociale.

    * Les Enragés, mouvement radical revendiquant l’égalité économique.

    * Les féministes révolutionnaires, comme Olympe de Gouges et Claire Lacombe.

    * Les Babouvistes, partisans d’une société égalitaire et collective.

    La répression thermidorienne et le retour à l’ordre

    Après la chute de Robespierre en 1794, la bourgeoisie triomphe définitivement :

    * La suppression des mesures sociales prises sous la pression populaire.

    * L’exécution ou la marginalisation des révolutionnaires radicaux.

    * L’ascension de Napoléon, qui scelle la victoire d’une révolution conservatrice.

    5. Une histoire réécrite par les vainqueurs

    La construction du récit officiel

    Onfray insiste sur la manière dont l’histoire a été écrite par les vainqueurs :

    * La mise en avant de Voltaire et Rousseau comme figures fondatrices.

    * L’oubli des penseurs et acteurs radicaux.

    * La réduction de la Révolution à une victoire de la liberté et de la démocratie, alors qu’elle fut aussi un triomphe de la bourgeoisie capitaliste.

    Vers une révolution inachevée ?

    Selon Onfray, la Révolution française est un processus non achevé :

    * La révolution politique a réussi, mais pas la révolution sociale.

    * Les inégalités de classes persistent sous des formes renouvelées.

    * La mémoire de la Révolution populaire reste occulte, servant de mythe mobilisateur à des luttes futures.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray propose une relecture critique de la Révolution française en distinguant une révolution bourgeoise qui a triomphé et une révolution populaire qui a été écrasée. Il invite à repenser cet événement non comme un aboutissement, mais comme un combat inachevé, dont l’héritage continue de structurer les débats politiques contemporains.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Donatien Alphonse François de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe matérialiste, partisan d’une vision féodale et radicale du pouvoir.

    * Gracchus Babeuf (1760 – 1797) — Révolutionnaire radical, inspirateur du communisme.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Hannah Arendt (1906 – 1975) — Philosophe politique, spécialiste du totalitarisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP08 - 09. 120 journées fascistes

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray aborde l’un des ouvrages les plus controversés de Donatien Alphonse François de Sade, Les 120 journées de Sodome. Il propose une lecture politique et transhistorique du fascisme à travers ce roman, souvent réduit à son aspect littéraire ou érotique. Onfray démontre que l’œuvre sadienne ne se limite pas à une provocation mais illustre une pensée de la domination absolue, où la cruauté et la destruction deviennent des instruments politiques.

    2. L’isolisme : un matérialisme extrême et féodal

    Une rupture avec les autres matérialistes

    Contrairement à Helvétius, d’Holbach ou La Mettrie, qui tempèrent leur matérialisme par une éthique sociale, Sade radicalise son approche en développant une doctrine qu’il appelle l’isolisme. Selon lui :

    * L’homme est totalement seul, les autres n’existent que pour son plaisir.

    * L’éthique n’existe pas, seule la loi de la nécessité dirige l’univers.

    * Le monde se divise entre dominants et dominés, et c’est une fatalité naturelle.

    Une philosophie féodale

    Sade justifie une tyrannie sans limite en réhabilitant une noblesse absolue, regrettant la nuit du 4 août 1789, qui abolit les privilèges de l’aristocratie. Il oppose un système où les forts disposent de tous les droits, tandis que les faibles sont réduits à l’état de servitude.

    3. Un projet totalitaire et sadien

    Le roman comme laboratoire politique

    Onfray souligne que Les 120 journées de Sodome n’est pas qu’un roman : c’est une expérimentation de la tyrannie parfaite. Dans un château isolé, quatre notables organisent un régime fondé sur la violence, le viol et la torture, établissant des règles précises pour l’exploitation systématique des victimes.

    Un État totalitaire avant l’heure

    Ce château préfigure les camps de concentration du XXe siècle :

    * Un espace clos, hors de toute juridiction.

    * Une absence totale de droit pour les prisonniers.

    * Un règlement minutieux imposant la soumission absolue.

    * La réduction des victimes à des objets sans volonté.

    Sade propose ainsi un modèle de dictature extrême, où le pouvoir est exercé par le pur arbitraire des maîtres.

    4. Une définition transhistorique du fascisme

    De Mussolini à Sade : une continuité idéologique

    Onfray élargit la définition du fascisme au-delà de son cadre historique strict. Il identifie plusieurs caractéristiques communes entre le sadisme politique et les régimes totalitaires modernes :

    * Un contrôle absolu d’un territoire fermé, comme le château sadien ou les régimes fascistes.

    * Une extraterritorialité juridique, où la loi ne s’applique plus aux détenus.

    * Le règne de la violence pure, utilisée comme mode de gouvernance.

    * L’anéantissement du sujet, réduit à un objet manipulable à volonté.

    Une préfiguration des totalitarismes modernes

    Sade, sans le savoir, décrit les mécanismes fondamentaux du fascisme et du totalitarisme. Onfray établit des parallèles avec :

    * Les théories eugénistes développées au XXe siècle.

    * Le contrôle des corps et de la sexualité dans les dictatures.

    * L’usage de la terreur comme outil de domination absolue.

    5. Sade et la justification de la cruauté

    La destruction comme principe moral

    Sade va au-delà du simple matérialisme : il fait de la cruauté une vertu. Dans Les 120 journées de Sodome, la souffrance des autres devient une source de plaisir et un moyen de prouver sa supériorité.

    Une réécriture sadienne de la nature

    Contrairement aux Lumières, qui pensent que la nature est une source d’harmonie, Sade affirme que la nature est intrinsèquement cruelle. Il légitime ainsi toutes les formes de violence en les naturalisant.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray déconstruit l’image d’un Sade libertaire et révolutionnaire, en montrant qu’il est au contraire l’inventeur d’une philosophie du totalitarisme. Les 120 journées de Sodome n’est pas seulement un roman extrême, mais un manifeste pour une société de domination absolue, préfigurant les horreurs des dictatures modernes.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Platon (env. 428 av. J.-C. – 348 av. J.-C.) — Philosophe idéaliste, influençant la pensée politique.

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Donatien Alphonse François de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe matérialiste, partisan d’une vision féodale et radicale du pouvoir.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Hannah Arendt (1906 – 1975) — Philosophe politique, spécialiste du totalitarisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    56 min
  • CHP08 - 08. Fatalité, inégalité, cruauté

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray poursuit son analyse du Marquis de Sade, en se concentrant sur les concepts de fatalité, inégalité et cruauté qui traversent son œuvre et sa pensée. Onfray critique les interprétations modernes de Sade, notamment celles des surréalistes et des structuralistes, qui en ont fait un pur producteur de textes, ignorant son contexte historique, sa biographie et sa vision du monde. L’épisode explore en quoi Sade peut être considéré comme un philosophe et comment il s’inscrit dans la tradition matérialiste du XVIIIe siècle.

    2. Sade est-il un philosophe ?

    Les critères philosophiques selon Deleuze

    Onfray rappelle la définition du philosophe donnée par Gilles Deleuze : un philosophe est celui qui invente des personnages conceptuels et crée des concepts. Sade pourrait ainsi être considéré comme un philosophe, car ses écrits mettent en scène des figures idéologiques et développent un système de pensée cohérent, bien que radical.

    Une pensée construite à travers le roman

    Sade exprime ses idées à travers ses romans philosophiques, où il alterne scènes de débauche et dissertations théoriques sur la nature humaine, la morale et la société. Onfray décrit ce procédé comme une alternance entre l’excès sexuel et la réflexion intellectuelle, créant ainsi une structure unique dans l’histoire des idées.

    3. Le matérialisme de Sade : héritage et rupture

    Un matérialiste dans la lignée des Lumières

    Sade puise dans le matérialisme du XVIIIe siècle, notamment chez Helvétius, d’Holbach et La Mettrie. Il reprend :

    * L’éloge des passions, communes aux matérialistes, contre les traditions idéalistes et religieuses.

    * Le déterminisme absolu, rejetant le libre arbitre et affirmant que l’homme est gouverné par des lois naturelles inévitables.

    * Une vision athée et immanente du monde, où tout est matière et énergie, sans transcendance.

    Une radicalisation du matérialisme

    Sade dépasse les autres matérialistes en tirant des conséquences extrêmes de leur philosophie :

    * Il refuse toute morale collective, estimant que seules comptent les pulsions individuelles.

    * Il défend une hiérarchie des êtres, où les forts ont naturellement le droit d’opprimer les faibles.

    * Il célèbre la cruauté comme loi fondamentale de la nature, au-delà même de l’utilitarisme d’Helvétius ou de l’éthocratie de d’Holbach.

    4. La fatalité et l’inégalité comme lois naturelles

    L’homme est-il libre ?

    Pour Sade, l’homme est un pur produit des lois naturelles. Il ne choisit rien : ni ses désirs, ni ses actes, ni son destin. Cette absence totale de libre arbitre conduit à une vision du monde où :

    * La morale est une illusion sociale imposée par les faibles pour limiter les forts.

    * La société n’a aucun sens, car elle est un artifice contre la nature.

    Une justification de l’inégalité

    Sade ne cherche pas à corriger les inégalités, mais à les exacerber. Il considère que :

    * Les forts doivent exercer leur domination sans entrave.

    * Les faibles ne sont que des objets pour la jouissance des puissants.

    * L’idée de justice est un leurre, car la nature elle-même n’a pas de morale.

    5. La cruauté, essence du monde et moteur du plaisir

    Une philosophie de la destruction

    Sade va plus loin que le simple matérialisme : il fait de la destruction une fin en soi. Contrairement à l’hédonisme classique, qui cherche le plaisir réciproque, Sade prône un plaisir fondé sur la domination, la souffrance et l’humiliation de l’autre.

    Un monde divisé entre bourreaux et victimes

    Dans la logique sadienne, il n’existe que deux types d’individus :

    * Les bourreaux, qui jouissent de leur pouvoir et de leur liberté totale.

    * Les victimes, qui subissent sans recours possible.

    La seule règle qui vaille est celle du rapport de force, où chaque être humain doit exploiter ses capacités de destruction pour maximiser sa jouissance.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray déconstruit le mythe d’un Sade progressiste ou révolutionnaire, en montrant qu’il est au contraire un réactionnaire féodal, exaltant la loi du plus fort et niant toute forme de justice sociale. Son matérialisme extrême le distingue des Lumières et le place dans une catégorie à part : celle d’un philosophe de la cruauté absolue, où la fatalité, l’inégalité et la violence sont érigées en principes fondamentaux du monde.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Donatien Alphonse François de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe matérialiste, partisan d’une vision féodale et radicale du pouvoir.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min
  • CHP08 - 07. Sade, le philosophe féodal

    1. Introduction

    Dans cet épisode, Michel Onfray analyse la figure paradoxale du Marquis de Sade, souvent perçu comme un penseur révolutionnaire et libertaire. Pourtant, Onfray propose une relecture critique qui révèle un philosophe réactionnaire et féodal, en contradiction avec l’image progressiste qu’on lui attribue parfois. Il met en lumière le conservatisme politique et moral de Sade, sa défense des privilèges aristocratiques et son instrumentalisation du matérialisme à des fins oppressives.

    2. Un matérialisme au service de la féodalité

    Un penseur matérialiste ? Oui, mais...

    Sade s’inscrit dans la tradition matérialiste et athée du XVIIIe siècle, proche de La Mettrie, Helvétius et d’Holbach. Il adopte une vision strictement naturaliste, où les lois de la nature priment sur les constructions humaines. Toutefois, Onfray souligne que ce matérialisme ne conduit pas chez lui à une pensée émancipatrice, mais au contraire, à une justification brutale du pouvoir et de la hiérarchie sociale.

    Une justification des inégalités et du despotisme

    Contrairement aux Lumières qui prônent l’égalité et la démocratie, Sade défend un retour à la féodalité où les puissants exercent un droit absolu sur les faibles. Il postule que la force prime sur la justice, et que les lois morales ne sont que des illusions destinées à brider les instincts dominants.

    3. Sade et la Révolution française : un opportunisme politique

    Un faux révolutionnaire

    Malgré sa réputation de libertaire radical, Sade n’a jamais été un véritable révolutionnaire. Au contraire, il adopte une posture opportuniste, changeant de camp au gré des événements. D’abord proche de la monarchie, il se rallie aux révolutionnaires après la chute du roi, avant de revenir à des positions conservatrices après la Terreur.

    Un aristocrate pragmatique

    Sade, issu de la haute noblesse, tente de sauver sa tête en affichant un soutien de façade à la République. Il se fait appeler Louis Sade, s’engage dans des comités révolutionnaires, mais continue à mépriser le peuple et à défendre une vision élitiste du pouvoir.

    4. Une pensée du sadisme et de la domination

    Un rapport de force érigé en principe absolu

    Sade développe une philosophie où seule compte la loi du plus fort. Dans ses écrits, il met en scène des tyrans jouissant de l’asservissement et de la souffrance des autres. Contrairement aux libertins du XVIIIe siècle, qui prônaient le plaisir réciproque, Sade fait du plaisir une affaire de domination et de destruction.

    Une absence de contrat social

    Alors que les penseurs des Lumières, comme Rousseau ou Kant, défendent un modèle basé sur la justice et la raison, Sade rejette toute forme de contrat social. Il considère que le pouvoir est un droit naturel du plus fort, sans contrepartie ni responsabilité envers autrui.

    5. Une fascination ambiguë du XXe siècle

    Une réhabilitation par les intellectuels modernes

    Au XXe siècle, Sade devient une icône du surréalisme et du structuralisme. Des penseurs comme Georges Bataille, Gilles Deleuze, Michel Foucault et Roland Barthes vont le réinterpréter comme un écrivain subversif, révolutionnaire et libérateur des tabous sexuels.

    Une lecture biaisée

    Onfray critique cette vision idéalisée et rappelle que Sade était avant tout un réactionnaire, un aristocrate cynique et un féodal, bien loin du mythe du penseur libertaire. Il souligne aussi les faits criminels dans la biographie de Sade, souvent occultés par ses défenseurs.

    💡 Conclusion

    Michel Onfray déconstruit la légende progressiste de Sade et met en évidence son conservatisme et son attachement aux valeurs féodales. Loin d’un penseur révolutionnaire, il apparaît comme un défenseur des rapports de force brutaux, où seule la puissance détermine la loi.

    📚 Philosophes mentionnés

    * Épicure (341 av. J.-C. – 270 av. J.-C.) — Philosophe matérialiste et hédoniste.

    * Lucrèce (env. 94 av. J.-C. – env. 55 av. J.-C.) — Poète et philosophe épicurien.

    * Pierre Gassendi (1592 – 1655) — Philosophe empiriste et matérialiste.

    * René Descartes (1596 – 1650) — Philosophe rationaliste, défenseur du dualisme.

    * Baruch Spinoza (1632 – 1677) — Philosophe rationaliste et panthéiste.

    * Jean-Jacques Rousseau (1712 – 1778) — Philosophe des Lumières, théoricien du contrat social.

    * Claude-Adrien Helvétius (1715 – 1771) — Philosophe des Lumières, théoricien du bonheur collectif.

    * Paul-Henri Thiry d’Holbach (1723 – 1789) — Philosophe matérialiste, critique du christianisme et défenseur d’une éthique rationaliste.

    * Donatien Alphonse François de Sade (1740 – 1814) — Écrivain et philosophe matérialiste, partisan d’une vision féodale et radicale du pouvoir.

    * Friedrich Nietzsche (1844 – 1900) — Philosophe allemand, critique du rationalisme et du christianisme.

    * Georges Bataille (1897 – 1962) — Écrivain et philosophe français, théoricien du sacré et du transgressif.

    * Michel Foucault (1926 – 1984) — Philosophe français, historien des systèmes de pensée.

    * Gilles Deleuze (1925 – 1995) — Philosophe français, auteur de Le Pli. Leibniz et le baroque.

    Crédits : Michel Onfray et la Contre-histoire de la philosophie



    Get full access to Open Mind Galaxy at openmindgalaxy.substack.com/subscribe
    55 min

About Regards Philo

From the publisher's feed

Plongez dans une aventure intellectuelle où les grands récits établis sont déconstruits, et où les voix oubliées reprennent leur place.