Choses à Savoir PLANETE

Choses à Savoir PLANETE

By Choses à SavoirScienceNature
Download on the App Store

Choses à Savoir PLANETE episodes

  • Pourquoi de l'or se forme dans les aiguilles de certains sapins ?

    Dans les forêts du nord de l’Europe, certains sapins cachent un trésor inattendu. Dans leurs aiguilles, les scientifiques ont découvert… de l’or. Pas des paillettes visibles à l’œil nu, mais de minuscules nanoparticules métalliques, formées au cœur même du végétal. Ce phénomène fascinant, resté longtemps mystérieux, vient d’être éclairé par une étude publiée le 28 août 2025 dans la revue Environmental Microbiome.


    Les chercheurs de l’université d’Oulu, en Finlande, se sont penchés sur les aiguilles de l’épicéa commun, Picea abies. Ils ont prélevé des échantillons d’arbres poussant au-dessus de gisements aurifères et ont fait une découverte stupéfiante : dans quatre arbres sur vingt-trois, les aiguilles contenaient de véritables nanoparticules d’or. Comment cet élément, réputé inerte, pouvait-il apparaître au sein d’un organisme vivant ?


    Tout commence dans le sol. Dans les zones riches en or, l’eau qui s’infiltre peut dissoudre de minuscules quantités du métal précieux. Les racines de l’arbre absorbent ensuite cette eau, qui monte lentement dans les tissus jusqu’aux aiguilles. C’est là qu’intervient le chaînon manquant : des bactéries invisibles, appelées “endophytes”, qui vivent naturellement à l’intérieur des plantes. Ces micro-organismes, en modifiant la chimie locale, seraient capables de précipiter l’or dissous et de le transformer en particules solides. Autrement dit, les bactéries feraient “cristalliser” l’or dans les aiguilles.


    L’étude a révélé que certaines familles bactériennes, comme Cutibacterium ou Corynebacterium, étaient plus présentes dans les aiguilles contenant de l’or. Les chercheurs ont même observé, au microscope électronique, de véritables biofilms bactériens enserrant les nanoparticules dorées. Ces communautés microbiennes semblent agir comme de minuscules usines de biomineralisation, transformant la matière dissoute en métal pur.


    Mais attention : ce phénomène reste rare et capricieux. Tous les sapins poussant sur un sol aurifère ne contiennent pas d’or. Il dépend de la composition du sol, de l’humidité, du réseau racinaire, et surtout de la présence des bonnes bactéries au bon endroit.


    Au-delà de la curiosité scientifique, cette découverte ouvre une voie étonnante : celle d’une prospection minière écologique. En étudiant les arbres et leurs microbes, il serait peut-être possible de repérer des gisements d’or enfouis sans creuser la terre. Ainsi, même au cœur d’une forêt boréale, un simple sapin pourrait devenir un éclaireur précieux, pointant silencieusement vers les trésors cachés de la planète.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi certains pins penchent toujours vers l'équateur ?

    C’est un phénomène discret mais fascinant : sur certaines îles du Pacifique, notamment en Nouvelle-Calédonie, les pins colonnaires (Araucaria columnaris) semblent tous pencher… dans la même direction. Et cette direction n’est pas aléatoire : ils s’inclinent vers l’équateur, qu’ils soient situés dans l’hémisphère Nord ou Sud. Un mystère botanique qui intrigue les scientifiques depuis plusieurs décennies.


    Ces arbres élancés, qui peuvent atteindre 60 mètres de haut, poussent naturellement droits dans la plupart des conditions. Pourtant, des mesures précises effectuées par une équipe de chercheurs australiens en 2017 (publiées dans Ecology) ont révélé un schéma troublant : plus les pins colonnaires sont éloignés de l’équateur, plus leur inclinaison vers celui-ci est marquée, jusqu’à 8 à 10 degrés. En d’autres termes, un pin situé dans l’hémisphère sud penchera vers le nord, et inversement.


    Pourquoi ? Plusieurs hypothèses ont été explorées. La première évoque le champ magnétique terrestre, qui pourrait influencer la croissance de ces arbres, un peu comme il guide certains animaux migrateurs. Mais aucune preuve solide ne vient confirmer ce lien. D’autres chercheurs ont pensé à une réponse phototropique, c’est-à-dire à une croissance orientée vers la lumière. Comme la trajectoire apparente du Soleil diffère selon la latitude, les arbres pourraient orienter lentement leur tronc vers la zone où l’exposition solaire est la plus régulière : celle de l’équateur. Cette hypothèse semble la plus plausible, mais elle ne suffit pas à tout expliquer, car d’autres espèces voisines ne présentent pas le même comportement.


    Une troisième piste concerne la rotation terrestre. Selon certains modèles, la force de Coriolis pourrait influencer la distribution des hormones de croissance (les auxines) dans les tissus végétaux, entraînant une croissance asymétrique du tronc. Ce serait une sorte d’effet “invisible” de la dynamique terrestre sur la biologie des plantes.

    Les chercheurs de l’université James Cook, en Australie, ont confirmé que cette inclinaison est constante et reproductible, mais son origine exacte reste mystérieuse. Aucun facteur climatique local (vents dominants, sol, humidité) ne permet de l’expliquer complètement.


    Ainsi, ces pins colonnaires qui s’inclinent avec élégance rappellent que la nature cache encore des énigmes : même dans un monde où les satellites scrutent chaque forêt, un simple arbre peut défier notre compréhension. Et, quelque part dans le Pacifique, des forêts entières continuent de saluer silencieusement le Soleil — toujours en direction de l’équateur.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi la mer n’est-elle pas toujours de la même couleur ?

    La mer n’est pas toujours bleue — elle peut être turquoise, verte, grise, voire brunâtre — et cette diversité de couleurs n’a rien d’un caprice : elle s’explique par la manière dont la lumière interagit avec l’eau, mais aussi par la présence d’éléments biologiques et physiques dans son environnement.


    Tout commence avec la lumière du Soleil, composée d’un spectre de couleurs allant du rouge au violet. Lorsque cette lumière pénètre dans l’eau, les longueurs d’onde rouges, oranges et jaunes sont rapidement absorbées, tandis que les bleus et les verts, plus énergétiques, pénètrent plus profondément et se diffusent davantage. C’est pourquoi, dans une eau très pure et profonde — comme celle des zones tropicales —, la mer paraît bleue intense ou bleu saphir : il s’agit de la couleur naturelle de la lumière résiduelle après absorption des autres teintes.


    Mais la mer n’est presque jamais parfaitement pure. Sa couleur dépend aussi de ce qu’elle contient. Lorsque de fines particules ou du plancton sont en suspension, elles diffusent la lumière d’une autre manière. Dans les zones riches en phytoplancton, par exemple, la chlorophylle absorbe le rouge et le bleu et renvoie le vert : d’où les teintes émeraude typiques des eaux côtières ou des mers tempérées. Plus la concentration en plancton est élevée, plus la mer tire vers le vert.


    Dans d’autres régions, notamment près des estuaires ou après de fortes pluies, les eaux peuvent devenir brunes ou jaunâtres. Cela s’explique par l’apport de sédiments, d’argiles et de matière organique charriés par les fleuves. Ces particules absorbent une grande partie de la lumière et donnent à la mer une couleur trouble. À l’inverse, dans les lagons peu profonds, le fond sableux clair reflète la lumière du ciel et donne à l’eau un bleu turquoise éclatant.


    Enfin, la météo et l’angle du Soleil modifient aussi notre perception. Un ciel nuageux ou une faible luminosité rendent la mer plus grise ou sombre, tandis qu’un fort ensoleillement accentue les contrastes et les reflets. Même le vent et les vagues influent : une surface agitée disperse la lumière différemment d’une mer calme.


    Ainsi, la mer change de couleur comme un miroir vivant : elle reflète le ciel, absorbe la lumière et révèle la vie qu’elle abrite. Son bleu n’est pas unique, mais le résultat subtil d’un équilibre entre lumière, profondeur, matière et mouvement.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    2 min
  • Quel pays est le plus gros pollueur du monde ?

    La Chine demeure aujourd’hui le plus gros pollueur de la planète, responsable d’environ 30 % des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO₂), selon les données de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour 2024. À elle seule, elle émet plus que les États-Unis, l’Union européenne et le Japon réunis. Pourtant, le portrait est plus nuancé qu’il n’y paraît : si la Chine reste le principal émetteur en valeur absolue, elle est aussi devenue un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale.


    En 2024, les émissions chinoises ont atteint environ 11,8 milliards de tonnes de CO₂, contre 4,8 milliards pour les États-Unis et 2,7 milliards pour l’Union européenne. Ce record s’explique d’abord par le poids colossal de son économie et de sa population : plus de 1,4 milliard d’habitants, une industrie lourde dominante, et une dépendance persistante au charbon, qui fournit encore près de 55 % de l’électricité du pays. Chaque année, la Chine consomme à elle seule plus de la moitié du charbon mondial, notamment pour alimenter ses aciéries, cimenteries et centrales électriques.


    Mais limiter la Chine à ce rôle de pollueur serait oublier son virage vert impressionnant. Elle est désormais le premier investisseur mondial dans les énergies renouvelables, avec plus de 570 gigawatts de capacités solaires installées et 450 gigawatts d’éolien à la mi-2025. Le pays fabrique plus de 80 % des panneaux solaires vendus sur la planète et produit la majorité des batteries lithium-ion utilisées dans les véhicules électriques. Pékin s’est fixé pour objectif d’atteindre un pic d’émissions avant 2030 et la neutralité carbone d’ici 2060, un engagement colossal compte tenu de la taille de son économie.


    En comparaison, les États-Unis, deuxième plus grand émetteur mondial, affichent un bilan contrasté. Après plusieurs années de progrès sous l’effet du Clean Power Plan et de l’Inflation Reduction Act, les politiques environnementales ont récemment ralenti. En 2025, les émissions américaines ont légèrement augmenté de 1,5 %, selon le Global Carbon Project, en raison du retour du charbon dans certaines régions et du ralentissement des investissements dans le solaire et l’éolien.


    Ainsi, la Chine reste le plus gros pollueur en volume, mais pas forcément le plus grand obstacle climatique : son effort d’industrialisation verte dépasse désormais celui de nombreuses puissances occidentales. L’enjeu mondial n’est plus de désigner un coupable, mais de transformer ces géants pollueurs en moteurs de la décarbonation planétaire. Car sans eux, la lutte contre le changement climatique est tout simplement impossible.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    2 min
  • Pourquoi nos aquariums impactent-ils la vie des océans ?

    Derrière la beauté colorée des aquariums se cache une réalité bien plus sombre : la majorité des poissons qui y nagent ne viennent pas d’élevages, mais directement de l’océan. Selon une étude récente publiée dans la revue Frontiers in Marine Science, près de 90 % des poissons d’aquarium vendus en ligne aux États-Unis — hors poissons d’eau douce — sont prélevés dans la nature, souvent dans les récifs coralliens tropicaux d’Asie du Sud-Est, d’Afrique ou des Caraïbes.


    Ce commerce, estimé à plus d’un milliard de dollars par an, concerne environ 2 300 espèces marines. Certaines, comme le poisson-clown rendu célèbre par le film Le Monde de Nemo, ou les poissons-anges et les chirurgiens bleus, sont particulièrement prisées. Pour répondre à la demande, des pêcheurs locaux capturent les poissons à la main ou à l’aide de filets fins. Mais dans de nombreux cas, des méthodes destructrices sont encore utilisées : notamment l’emploi de cyanure, une substance chimique qui étourdit temporairement les poissons, facilitant leur capture — au prix de dégâts considérables sur les coraux et sur les autres organismes marins.


    Le problème ne se limite pas à la pêche illégale. Même lorsqu’elle est autorisée, le prélèvement massif de poissons d’ornement déstabilise les écosystèmes coralliens, déjà fragilisés par le réchauffement climatique. En retirant certaines espèces clés — comme les poissons-papillons ou les labres nettoyeurs —, on perturbe la chaîne alimentaire et l’équilibre biologique des récifs. Ces petits poissons jouent un rôle crucial dans la régulation des algues et la santé des coraux.


    Autre constat alarmant : l’opacité du commerce mondial. L’étude souligne qu’à peine 25 % des exportations de poissons marins sont correctement documentées. Cela signifie que des millions d’animaux sont transportés chaque année sans traçabilité claire, souvent dans des conditions stressantes et mortelles : jusqu’à 80 % meurent avant même d’arriver dans les aquariums des particuliers.


    Face à ce constat, certains pays comme Hawaï ou les Philippines ont restreint, voire interdit, la capture de poissons d’ornement sauvages. Des initiatives émergent aussi pour encourager l’aquaculture durable : des fermes marines qui élèvent certaines espèces sans appauvrir les océans. Mais ces efforts restent marginaux.


    L’étude conclut sur une évidence : derrière chaque aquarium scintillant se cache souvent un morceau d’océan arraché à son milieu naturel. Tant que les consommateurs ignoreront l’origine de leurs poissons, ce commerce continuera à vider les récifs — lentement, mais sûrement.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    2 min
  • De quoi sont accusés cinq grands constructeurs automobiles ?

    Ce lundi, à Londres, s’est ouvert un procès d’une ampleur inédite : cinq grands constructeurs automobiles — Renault, Peugeot-Citroën, Mercedes, Nissan et Ford — sont accusés d’avoir trompé les consommateurs et mis en danger la santé publique. Dix ans après le scandale Volkswagen, ce nouveau chapitre du “Dieselgate” pourrait bien redéfinir la responsabilité environnementale de l’industrie automobile mondiale.


    Tout commence en 2015, lorsque des chercheurs américains découvrent que certains véhicules diesel sont équipés de logiciels truqueurs. Ces “defeat devices” détectent les tests d’émission en laboratoire et réduisent temporairement les rejets polluants pour passer les contrôles. Mais sur la route, les voitures émettent jusqu’à 40 fois plus d’oxydes d’azote (NOx), des gaz hautement nocifs pour les poumons et le cœur. Volkswagen avait été le premier géant éclaboussé. Aujourd’hui, c’est au tour de ces cinq groupes d’être accusés d’avoir utilisé des systèmes similaires pour contourner les normes.


    Devant la Haute Cour de Londres, une action collective de plus d’1,6 million de propriétaires britanniques réclame justice. Ils affirment avoir été trompés lors de l’achat de leur voiture et exposés, malgré eux, à une pollution invisible. Les plaignants s’appuient sur plusieurs études épidémiologiques : selon un rapport européen, ces émissions frauduleuses auraient causé jusqu’à 124 000 décès prématurés en Europe entre 2009 et 2024. Les avocats parlent d’un “crime environnemental à grande échelle”.


    Les constructeurs, eux, nient en bloc. Ils affirment que les systèmes d’émissions sont complexes et que les dispositifs incriminés servaient à protéger les moteurs, pas à tricher. Renault et Stellantis (maison mère de Peugeot-Citroën) se défendent en soulignant que leurs véhicules respectaient les réglementations en vigueur au moment de leur homologation. Mercedes, Nissan et Ford adoptent une ligne similaire. Mais pour les associations environnementales, l’enjeu dépasse la simple conformité technique : il s’agit de transparence, de santé publique et de confiance.


    Au-delà du scandale, ce procès met en lumière les conséquences sanitaires du diesel. Les NOx et particules fines contribuent à l’asthme, aux maladies cardiovasculaires et à des milliers de morts prématurées chaque année. Pour de nombreuses familles, comme celle d’Ella Kissi-Debrah, première victime officiellement reconnue d’une mort liée à la pollution de l’air, ce procès est une étape vers la vérité.


    S’il aboutit à une condamnation, les dommages pourraient dépasser 6 milliards de livres sterling. Mais surtout, il marquerait un tournant : celui où l’industrie automobile serait contrainte de répondre, enfin, du coût humain et écologique de ses choix technologiques.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • L’Antarctique était-il vraiment plus chaud il y a mille ans ?

    Non, l’Antarctique n’a pas été plus chaud ni la banquise plus petite il y a mille ans. C’est une idée souvent relayée par les climatosceptiques, mais elle repose sur une mauvaise interprétation des données scientifiques.


    Il est vrai qu’entre l’an 950 et 1250 environ, la planète a connu ce que les chercheurs appellent l’« anomalie climatique médiévale », une période légèrement plus chaude dans certaines régions du monde, notamment en Europe et dans l’Atlantique Nord. Mais ce réchauffement n’était ni global, ni homogène. Dans l’hémisphère Sud, et particulièrement en Antarctique, les archives climatiques — issues des carottes de glace, des sédiments marins et des modélisations — montrent au contraire une tendance au refroidissement, ou tout au plus une stabilité des températures.


    Des études publiées dans des revues comme Quaternary Science Reviews ou Climate of the Past ont analysé les données de plusieurs carottes de glace antarctiques couvrant le dernier millénaire. Elles révèlent que, loin d’avoir été plus chaud, le continent a connu des températures en moyenne inférieures à celles du XXᵉ siècle. Seules certaines zones côtières, notamment la péninsule antarctique, ont pu connaître des variations locales, sans impact sur la calotte glaciaire dans son ensemble.


    Le mythe vient souvent d’une confusion entre ces phénomènes régionaux et la situation globale. On extrapole des observations ponctuelles — par exemple une période plus douce sur la côte ouest de l’Antarctique — pour affirmer que tout le continent était plus chaud, ce qui est faux. À l’inverse, les relevés modernes montrent aujourd’hui une élévation rapide des températures dans plusieurs secteurs, notamment à l’ouest et sur la mer d’Amundsen, où les glaciers fondent à un rythme jamais observé depuis des millénaires.


    Il faut aussi rappeler que les variations naturelles d’il y a mille ans étaient lentes et modestes. Le réchauffement actuel, lui, est global, rapide et d’origine humaine, causé par les gaz à effet de serre. Les carottes de glace permettent de le démontrer clairement : la hausse des températures et du CO₂ depuis un siècle dépasse de loin toute fluctuation enregistrée au cours des 10.000 dernières années.


    En résumé, l’Antarctique n’était pas plus chaud ni plus petit il y a mille ans. Les rares variations locales observées ne remettent pas en cause le réchauffement planétaire actuel, qui est, lui, massif, mesurable et sans précédent à l’échelle de l’histoire humaine.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    2 min
  • Pourquoi certaines parties de l'Iran se sont-elles affaissées de 3 mètres ?

    Depuis une dizaine d’années, certaines régions d’Iran s’enfoncent littéralement dans le sol — parfois de plus de trois mètres. Un phénomène spectaculaire et inquiétant que les géologues appellent subsidence, c’est-à-dire l’affaissement progressif du sol. Et l’Iran est aujourd’hui l’un des « points chauds » mondiaux de ce phénomène, principalement à cause de la surexploitation de ses nappes phréatiques.


    Le pays, l’un des plus arides du monde, connaît une crise hydrique chronique. Les précipitations y sont faibles — environ 250 millimètres par an, soit un tiers de la moyenne mondiale — tandis que la demande en eau a explosé sous la pression démographique, agricole et urbaine. Pour irriguer les champs et alimenter les villes, des milliers de puits profonds ont été forés à travers le pays, souvent sans autorisation. Résultat : les nappes phréatiques se vident plus vite qu’elles ne se rechargent.


    Lorsque ces réservoirs souterrains se dégonflent, les couches de sol et d’argile qu’ils soutenaient se compactent de manière irréversible. C’est ce tassement, parfois invisible à l’œil nu, qui entraîne un affaissement global du terrain. Dans la plaine de Varamin, au sud de Téhéran, les satellites européens Sentinel ont mesuré un enfoncement allant jusqu’à 36 centimètres par an entre 2015 et 2020 — l’un des taux les plus élevés au monde. À ce rythme, certaines zones se sont affaissées de plus de 3 mètres en dix ans.


    Ce processus est aggravé par le changement climatique : les sécheresses répétées réduisent encore la recharge naturelle des nappes. Mais la cause première reste humaine. Selon le ministère iranien de l’Agriculture, plus de 90 % de l’eau du pays est utilisée pour l’irrigation, souvent avec des systèmes peu efficaces. Des villes comme Ispahan, Yazd ou Kerman voient leurs sols se fissurer, endommageant routes, bâtiments et conduites d’eau.


    Les scientifiques alertent sur les conséquences à long terme : infrastructures fragilisées, pertes agricoles, et même risques d’effondrement brutal dans certaines zones urbaines. La subsidence peut aussi modifier le drainage naturel, augmentant les risques d’inondations locales.


    Pour endiguer la crise, les autorités tentent de restreindre le pompage illégal et de promouvoir une gestion plus durable de l’eau. Mais tant que la demande restera supérieure à la recharge naturelle, le sol iranien continuera de s’enfoncer.


    En somme, l’Iran illustre tragiquement ce qui se produit quand un pays tire trop sur ses réserves invisibles : la terre, littéralement, finit par s’effondrer sous ses pieds.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi y-a-t-il des plantes “à sang chaud” ?

    L’expression peut surprendre : comment une plante, dépourvue de cœur et de sang, pourrait-elle être dite « à sang chaud » ? Et pourtant, certaines espèces végétales sont capables de produire leur propre chaleur, un phénomène rare mais réel, connu sous le nom de thermogenèse végétale.


    Chez la plupart des plantes, la température interne dépend totalement de l’environnement : elles se refroidissent ou se réchauffent au gré du climat. Mais quelques espèces, comme l’arum titan (Amorphophallus titanum), le lis vaurien (Philodendron selloum) ou l’arum d’Italie (Arum maculatum), ont développé une étonnante capacité à élever activement leur température, parfois de plus de 15 °C au-dessus de celle de l’air ambiant.


    Ce mécanisme repose sur un détournement du métabolisme cellulaire. Normalement, les plantes utilisent la respiration pour produire de l’énergie chimique (de l’ATP). Dans le cas des plantes thermogènes, une partie de cette énergie n’est pas convertie mais libérée sous forme de chaleur. Cette chaleur provient de l’activité intense des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Chez certaines espèces, une enzyme particulière — la protéine UCP (uncoupling protein) — « court-circuite » la production d’ATP, transformant directement l’énergie chimique en chaleur.


    Mais pourquoi un tel gaspillage énergétique ? La nature ne fait jamais rien sans raison. La chaleur sert ici à attirer les pollinisateurs. Prenons l’exemple spectaculaire de l’arum titan, cette plante géante d’Indonésie dont la fleur peut mesurer plus de deux mètres. Au moment de la floraison, elle dégage une odeur de viande en décomposition et chauffe jusqu’à 36 °C. Cette chaleur amplifie l’odeur fétide et crée des courants d’air ascendants qui dispersent les molécules odorantes plus loin, attirant ainsi les insectes nécrophages, indispensables à sa reproduction.


    De même, certaines espèces chauffent leurs inflorescences pour offrir un refuge tiède à leurs visiteurs nocturnes, comme des coléoptères ou des mouches, favorisant ainsi la pollinisation.


    La thermogenèse végétale est donc une stratégie évolutive sophistiquée, rare mais très efficace. Elle montre que les plantes ne sont pas des organismes passifs : elles manipulent leur environnement, interagissent avec les animaux, et utilisent même la chaleur comme signal chimique.

    Ainsi, parler de plantes à sang chaud n’est pas une métaphore poétique : c’est reconnaître qu’au cœur du monde végétal, certaines espèces ont littéralement trouvé le moyen de s’échauffer pour séduire.


    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi y a-t-il du mercure dans le thon ?

    Le thon est l’un des poissons les plus consommés au monde… mais aussi l’un de ceux qui contiennent le plus de mercure. Ce métal lourd, hautement toxique pour le système nerveux, s’accumule dans sa chair au fil du temps. Mais pourquoi lui, plus que d’autres ? La réponse tient à la fois à la pollution humaine et à la biologie du thon lui-même.


    Tout commence dans l’atmosphère. Le mercure est émis principalement par les centrales au charbon, l’industrie minière et certaines usines chimiques. Une fois libéré dans l’air, il retombe dans les océans sous forme de pluie ou de poussières. Là, il est transformé par des bactéries marines en méthylmercure, une forme organique hautement toxique, capable de pénétrer les tissus vivants.


    Ce méthylmercure s’accumule ensuite tout au long de la chaîne alimentaire marine. Les microalgues le concentrent d’abord, puis il passe aux petits crustacés, aux poissons de petite taille, et ainsi de suite. Ce processus s’appelle la bioaccumulation. Plus un animal est haut placé dans la chaîne alimentaire, plus il en concentre.

    Et c’est là que le thon entre en scène. Prédateur rapide et vorace, le thon — surtout les espèces comme le thon rouge ou le thon albacore — se nourrit d’innombrables poissons plus petits, déjà contaminés. De plus, il vit longtemps, parfois plus de 15 ans, ce qui laisse au mercure le temps de s’accumuler dans son organisme. Résultat : les grandes espèces de thon contiennent des concentrations de mercure bien supérieures à celles des poissons de plus petite taille.


    Selon un rapport de la Food and Drug Administration (FDA), le thon albacore (ou « thon blanc ») contient en moyenne 0,35 mg de mercure par kilo, tandis que le thon rouge peut dépasser 1 mg/kg. À titre de comparaison, les sardines ou les maquereaux en contiennent dix fois moins.


    Le mercure n’affecte pas directement le poisson, mais il est dangereux pour l’être humain. Inhalé ou ingéré régulièrement, il peut perturber le développement du cerveau chez l’enfant et le fœtus, et altérer la mémoire, la coordination ou la vision chez l’adulte. C’est pourquoi les autorités sanitaires recommandent de limiter la consommation de thon, surtout chez les femmes enceintes et les jeunes enfants.


    En somme, si le thon concentre autant de mercure, c’est parce qu’il se trouve au sommet d’une chaîne marine contaminée par nos propres activités. Il incarne tristement le principe de la pollution invisible mais cumulative, où chaque maillon paie le prix du précédent.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min

About Choses à Savoir PLANETE

From the publisher's feed

Un podcast dédié à la protection de la planète !

Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

More shows like Choses à Savoir PLANETE

Choses à Savoir - Culture générale by Choses à Savoir

Choses à Savoir - Culture générale

69 Listeners

Louis French Lessons by Choses à Savoir

Louis French Lessons

333 Listeners

Choses à Savoir SCIENCES by Choses à Savoir

Choses à Savoir SCIENCES

24 Listeners

Choses à Savoir SANTE by Choses à Savoir

Choses à Savoir SANTE

18 Listeners

La Terre au carré by France Inter

La Terre au carré

80 Listeners

Le vrai ou faux by franceinfo

Le vrai ou faux

10 Listeners

Choses à Savoir HISTOIRE by Choses à Savoir

Choses à Savoir HISTOIRE

22 Listeners

Culture G by Studio Biloba

Culture G

12 Listeners

Mourir Moins Con by Bound Media

Mourir Moins Con

18 Listeners

Maintenant, vous savez by Bababam

Maintenant, vous savez

12 Listeners

Pourquoi donc ? by Choses à Savoir

Pourquoi donc ?

22 Listeners

Parler anglais by Choses à Savoir

Parler anglais

6 Listeners

Choses à Savoir GASTRONOMIE by Choses à Savoir

Choses à Savoir GASTRONOMIE

6 Listeners

Incroyable ! by Choses à Savoir

Incroyable !

8 Listeners

Choses à Savoir ÉCONOMIE by Choses à Savoir

Choses à Savoir ÉCONOMIE

6 Listeners

La base by Choses à Savoir

La base

5 Listeners

Choses à Savoir TECH by Choses à Savoir

Choses à Savoir TECH

3 Listeners

HugoDécrypte - Actus et interviews by Hugo Décrypte

HugoDécrypte - Actus et interviews

90 Listeners

Affaires de business by Choses à Savoir

Affaires de business

3 Listeners

Real Life French by Choses à Savoir

Real Life French

157 Listeners

Choses à Savoir ACTU by Choses à Savoir

Choses à Savoir ACTU

5 Listeners

Mon argent by Choses à Savoir

Mon argent

3 Listeners

Un peu de calme by Audio Sapiens

Un peu de calme

3 Listeners

La rumeur by Choses à Savoir

La rumeur

3 Listeners

Apprendre l'anglais avec l'actu by Choses à Savoir

Apprendre l'anglais avec l'actu

2 Listeners

Choses à Savoir ART by Choses à Savoir

Choses à Savoir ART

1 Listeners

Cosmique by Choses à Savoir

Cosmique

0 Listeners

Préhistoire - La grande aventure humaine by Choses à Savoir

Préhistoire - La grande aventure humaine

0 Listeners

Le coin philo by Choses à Savoir

Le coin philo

0 Listeners

Le fil IA by Choses à Savoir

Le fil IA

2 Listeners