KTO Radio / La Foi prise au Mot

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KTO Radio / La Foi prise au Mot episodes

  • Liturgie, Tradition et histoire
    Cette semaine, La Foi Prise au mot propose de parler de liturgie en posant la question qui fâche : quelle est la messe de toujours ? Est-ce celle qu’on nomme la messe en latin, la messe tridentine, formalisée au 16e siècle ? Ou bien est-ce celle de Paul VI, formalisée dans les années 1960, mais qui inclus d’antiques prières ou des rites très anciens ? Plutôt que de lancer un nouveau dialogue de sourds, cette émission tente de prendre un peu de recul sur les débats qui depuis le concile Vatican II ont agité les esprits, particulièrement en France, en s’intéressant à l’histoire de la liturgie. Comment les différents rites sont-ils nés, et dans quels contextes ont-ils été pratiqués ? "Nous sommes aujourd’hui une civilisation du livre, mais un élément important à prendre en compte, c’est que durant tout le premier millénaire, l’écrit est rare y compris dans l’Église. C’est donc essentiellement la tradition orale qui permet de transmettre les enseignements. Pour autant, il ne faut pas croire que pendant le premier millénaire, on se contente de tout improviser ! La tradition orale ce n’est pas non plus la liberté de tout réinventer selon sa propre fantaisie. Il y a certes une certaine souplesse par rapport à l’écrit, mais il y a aussi une forte continuité dont témoigne les différentes sources." affirme Marcel Metzger, Professeur émérite à l’Université de Strasbourg et spécialiste de l’histoire de la liturgie. "Jusqu’à la fin de la période patristique, autour du VIIe siècle, il n’y a pas vraiment de rupture du point de vue liturgique. Les différences que l’on peut observer sont surtout liées à des adaptations visant à rendre le rite accessible à des populations nouvellement évangélisées issues de cultures différentes. En revanche, à partir de la période mérovingienne, d’authentiques ruptures vont commencer à apparaître à cause des guerres qui perturbent la continuité de la transmission, qui vont entraîner des contradictions avec les enseignements des apôtres. Encore aujourd’hui, nous sommes tributaires de la synthèse qu’ont tenté d’opérer les scolastiques, à partir de compilations de sacramentaires héritées de l’aire mérovingiennes, mais dont on avait perdu le sens véritable." raconte à son tour Laurence Pringuet, Docteure en théologie catholique.
    54 min
  • Pourquoi des saints ?
    Alors que l’Eglise fête la Toussaint, La Foi Prise au mot propose d’aborder une question en apparence naïve, mais qui se révèle bien plus profonde qu’elle n’y paraît : à quoi servent les saints ? À protéger notre vie comme notre saint patron ? À résoudre les cas désespérés comme sainte Rita ou à retrouver les objets perdus comme saint Antoine de Padoue ? Sont-ce au contraire des modèles de comportements et de foi comme Carlo Acutis ? Mais que dire de ces personnes hors normes, auxquelles personne ne peut jamais espérer ressembler, tant ils ont bouleversé leur époque et peut-être même toute notre civilisation comme saint François d’Assise ? "Ce qui est intéressant, c’est qu’un saint mort, ça n’existe pas ! Par définition ce qui fait le saint, c’est qu’après son existence terrestre, il est vivant auprès de Dieu. Il y a une très forte continuité entre ce que pouvait faire le saint de son vivant et ce qu’il peut faire au ciel auprès de Dieu", souligne Marie-Céline Isaïa, Professeur d’histoire médiévale à l’Université Lyon 3. "La définition et les critères de la sainteté ont bien sûr variés selon les époques. Mais fondamentalement, on retrouve toujours l’idée d’une personne admirée pour sa piété, sa dévotion, en bref sa relation particulière avec Dieu’’, rappelle Damien Labadie, Chargé de recherche au CNRS.
    53 min
  • La paroisse
    Cette semaine La Foi prise au mot s’intéresse à une réalité de l’Église qui s’est considérablement modifiée depuis une vingtaine d’années en Europe : la paroisse. On est loin de cette entité géographique qui correspondait à peu près à un gros village ou à un petit quartier urbain avec le prêtre comme figure centrale de la communauté, qui s’occupait de ses paroissiens, du baptême à la sépulture. La diminution de la pratique religieuse n’est pas seule en cause : le changement des habitudes des chrétiens, mais aussi globalement de la société, a bouleversé toute l’organisation diocésaine. "Le fait est que c’est dur d’être curé de paroisse, parce qu’on on est soi-même fragile, qu’on accueille beaucoup de fragilités et qu’on a beaucoup de missions très diversifiées. En bref, cela demande une énergie colossale pour accueillir tout le monde avec bienveillance et pour que chacun trouve sa place. Si on veut aller plus loin que juste la messe et les services, il faut créer un espace où le prêtre partage sa charge pastorale avec d’autres, notamment des laïcs. Et il est très bon qu’il y ait un deuxième prêtre, pour qu’ils se soutiennent, mais aussi qu’ils puissent parfois se neutraliser sur certains sujets", témoigne Matthieu Bobin, prêtre du diocèse de Cambrai. "On s’est aperçu que la paroisse reste absolument essentielle, d’abord comme lieu central des communautés, mais aussi comme porte d’entrée pour les nouveaux convertis. Depuis le COVID, on voit surgir énormément de demandes de sacrements de toute une génération qui n’a pas été baptisée ni catéchisée. Pour eux, la paroisse reste souvent la première porte ouverte pour explorer, commencer ou développer leur vie de foi", raconte quant à lui Christophe Danset, prêtre du diocèse de Lille.
    52 min
  • Guerre et religion
    On dit souvent que les religions seraient partie prenante de la guerre. De fait, on se bat musulmans contre juifs, mais aussi chiites contre sunnites, et encore récemment au Liban et en Syrie chrétiens contre musulmans. Les premières victimes sont souvent des hommes et des femmes qui ont la foi. Mais peut-on réellement dire que ce sont les religions qui créent la guerre ? Sont-ce les différences de cultes, de cultures et de perspectives spirituelles qui expliquent toutes les guerres du passé et du présent ? "On dit souvent que les religions qui n’ont ni dogmes, ni institutions seraient plus tolérantes, moins belliqueuses. Mais à la vérité, il arrive que ce soit l’inverse : l’institution offre un vis-à-vis, des règles et en définitive instaure des garde-fous. Les religions en apparence plus libres, peuvent d’autant plus facilement être l’objet de récupération et d’instrumentalisation pour promouvoir l’équivalent de guerres saintes", soutient Bernard Bourdin, op, Professeur à l’Institut Catholique de Paris. "Comme le disais Alain Besançon, l’idéologue croit qu’il sait alors que le croyant sait qu’il croit. Dans l’idéologie, il y a toujours une sorte de substrat positiviste scientiste qui nous fait croire que l’on est maître de l’histoire", analyse à son tour Martin Motte, Directeur d’études à l’EPHE.
    53 min
  • Qu’est-ce que le jansénisme ?
    "jansénisme !" : on entend souvent ce terme pour qualifier une position rigoriste, pas toujours en lien avec le domaine religieux. Pour certains, il rappelle de vieux souvenirs scolaires, à propos de Pascal ou de Racine. Pourtant, le mouvement janséniste est bien plus que cela : "Loin d’être une secte renfermée sur elle-même, le jansénisme innerve toute la pensée artistique, littéraire, culturelle, intellectuelle ! Il va exercer une fascination et une séduction sur les plus grands esprits du XVIIe siècle et je pense que c’est parce qu’il plonge au plus profond de l’être humain. Le classicisme français n’aurait jamais été ce qu’il a été s’il n’y avait pas eu le jansénisme !", défend Tony Gheeraert, Professeur de littérature française à l’Université de Rouen. Qui sont donc ces jansénistes et quelle est leur théologie que certains disent sulfureuse ? Leur condamnation était-elle réellement justifiée ? "L’une des questions de fond du jansénisme pourrait finalement être la suivante : qu’est-ce qui veut en nous quand nous voulons ? Peut-on véritablement affirmer que c’est nous qui voulons ou que quelque chose veut en nous ou nous pousse à vouloir ceci ou cela. Cette question touche directement à celle du libre-arbitre et à celle du déterminisme pour employer un vocabulaire moderne", soutient Simon Icard, Chercheur au CNRS.
    53 min
  • Henri-Irénée Marrou
    Pour ce nouvel épisode, la Foi Prise au Mot évoque la figure d’un homme dont vous avez beaucoup entendu prononcer le nom si vous êtes fidèle de cette émission : Henri-Irénée Marrou. Régulièrement, des invités font l’éloge de son influence sur le monde intellectuel, le créditent d’avoir fait redécouvrir les Pères de l’Église aux catholiques de France ou louent sa stature de professeur. Mais au fond, qui était cet homme discret, né en 1904 et mort en 1977, qui occupa plus de 25 ans la chaire de christianisme ancien à la Sorbonne ? "Chez Marrou, on a à la fois une dimension d’ironie qui ne verse pas dans la dérision mais pousse à réfléchir, c’est son héritage socratique, et la bonté. On disait de lui qu’il était comme un escrimeur : il touchait puis se retirait tout de suite pour ne pas blesser", affirme Philippe Blaudeau, Professeur d’histoire romaine à l’Université d’Angers. "Marrou, c’est l’homme de la lucidité ! Ce n’est pas seulement un historien qui travaille sur le passé, c’est aussi une figure intellectuelle qui ose prendre publiquement la parole pour dénoncer les actes barbares dont il est le témoin", souligne Jean-Marie Salamito, Professeur d’histoire antique à Sorbonne Université.
    53 min
  • Les béguines
    Cette semaine, la Foi prise au mot accompagne la venue du Pape en Belgique en présentant l’un des grands moments de l’histoire spirituelle de ce pays : celui des béguines et des bégards. Une forme de spiritualité qui paraît d’une étonnante modernité. Ces laïcs, souvent des femmes, vivaient en communauté mais en conservant leur indépendance, souvent au sein de magnifiques regroupements de maisons, dont certains ont été conservés, comme à Bruges ou à Gand. Quelle est l’origine du mouvement ? Quelle est sa spiritualité ? Quels sont ses échos à travers l’histoire et qu’en reste-t-il aujourd’hui ? "Ce qui choque beaucoup, c’est que ce sont des femmes laïques qui n’ont pas prononcé de voeux et qui restent dans la ville. De sorte qu’elles ont certes des protecteurs mais rencontrent aussi beaucoup d’hostilité dès le départ", analyse Sylvain Piron, historien, directeur d’études à l’EHESS. "Si l’époque est assez sombre, marquée par des changements climatiques, des vagues de peste et des guerres, les béguines, elles, ne sont pas tristes ! Elles développent toute une théologie de l’amour de Dieu qui reprend très largement les termes et les concepts de l’amour courtois. À leurs yeux, il y a donc une courtoisie à l’égard de Dieu mais aussi de la part de Dieu à l’égard des hommes", explique à son tour Jean Devriendt, chercheur à l’Université de Lorraine.
    52 min
  • Jeunesse et catholicisme
    À l’occasion des Jeux olympiques de Paris, La Foi prise au Mot propose d’explorer le rôle fondamental du christianisme dans la promotion du sport, mais dans une perspective plus large. Depuis le XIXe siècle en effet, le sport n’est qu’une composante parmi d’autres d’une stratégie plus large d’évangélisation de la jeunesse qui inclut aussi bien le scoutisme et les patronages que les mouvements d’éducation populaire, et qui s’étend même à des activités plus récentes, comme l’éducation au patrimoine et à la liturgie. Mais comment l’Église s’y est-elle prise et continue-t-elle de s’y prendre pour s’adresser à la jeunesse ? "Il y a une volonté chez les promoteurs du scoutisme catholique de toucher l’ensemble de la jeunesse. Cela se voit notamment à travers les débats concernant le nom qu’il fallait donner au premier mouvement scout. Certains voulaient l’appeler "Les scouts catholiques de France", mais d’autres ont insisté et finalement réussi à imposer le nom "Les scouts de France", pour donner une portée universelle, non-confessionnelle au mouvement", rappelle Jean-Jacques Gauthé, historien du scoutisme. "Dès les évangiles, lorsque saint Paul nous dit "j’ai bientôt fini ma course", il y a déjà une notion de sport, et même de compétition que l’Église a toujours considérée comme importante, mais surtout au début du XXe siècle. L’anticléricalisme faisant rage, le sport est notamment devenu un enjeu, autant qu’un moyen, pour atteindre la jeunesse", analyse Bruno Bethouart, Président du Carrefour d’Histoire Religieuse.
    55 min
  • Jeunesse et catholicisme
    À l’occasion des Jeux olympiques de Paris, La Foi prise au Mot propose d’explorer le rôle fondamental du christianisme dans la promotion du sport, mais dans une perspective plus large. Depuis le XIXe siècle en effet, le sport n’est qu’une composante parmi d’autres d’une stratégie plus large d’évangélisation de la jeunesse qui inclut aussi bien le scoutisme et les patronages que les mouvements d’éducation populaire, et qui s’étend même à des activités plus récentes, comme l’éducation au patrimoine et à la liturgie. Mais comment l’Église s’y est-elle prise et continue-t-elle de s’y prendre pour s’adresser à la jeunesse ? "Il y a une volonté chez les promoteurs du scoutisme catholique de toucher l’ensemble de la jeunesse. Cela se voit notamment à travers les débats concernant le nom qu’il fallait donner au premier mouvement scout. Certains voulaient l’appeler "Les scouts catholiques de France", mais d’autres ont insisté et finalement réussi à imposer le nom "Les scouts de France", pour donner une portée universelle, non-confessionnelle au mouvement", rappelle Jean-Jacques Gauthé, historien du scoutisme. "Dès les évangiles, lorsque saint Paul nous dit "j’ai bientôt fini ma course", il y a déjà une notion de sport, et même de compétition que l’Église a toujours considérée comme importante, mais surtout au début du XXe siècle. L’anticléricalisme faisant rage, le sport est notamment devenu un enjeu, autant qu’un moyen, pour atteindre la jeunesse", analyse Bruno Bethouart, Président du Carrefour d’Histoire Religieuse.
    56 min
  • Musiques Sacrées
    En prévision de la fête de la musique, La Foi Prise au Mot propose une réflexion sur les musiques sacrées du monde. La question de la forme et des usages légitimes de la musique ont toujours occupé une place centrale dans le christianisme, au moins depuis saint Paul. Mais les Pères de l’Église, à commencer par saint Augustin, se sont très vite inquiétés du risque de distraction de la portée symbolique et du sens spirituel du rite par la musique. La musique au service de la liturgie et de la prière, certes, mais servante parfois désobéissante... Quelle place les différentes traditions religieuses ont-elles accordé à la musique ? Et quels usages en ont-elles fait pour exprimer le sacré ? "En principe le chant grégorien ce n’est pas de la musique. C’est un texte, celui de la Bible en général, qui est modulé. En conséquence de quoi il n’y a pas de compositeur de chant grégorien. C’est donc un chant qui émerge et qui s’élabore petit à petit au fil des siècles et en fonction des lieux et cultures qui le traverse", rappelle François Polgar, chef de choeur et consultant à KTO. "Si on prend l’étymologie du mort art, on retrouve le mot sanskrit qui signifie le rite. Autrement dit, tout art comporte une dimension rituelle, en particulier la musique. Je ne connais aucune tradition religieuse qui se soit totalement passée de musique", relève Gérard Kurkdjian, auteur et co-fondateur du Festival de Fès des musiques sacrées du monde (Maroc).
    49 min

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Dans un style simple et direct, des spécialistes, universitaires ou prêtres, dialoguent avec Régis Burnet, bibliste, en apportant des réponses aux questions que nous pouvons nous poser sur la foi, la…

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