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Oui, la mode est parfois politique, quand elle façonne les identités, interroge les rapports de pouvoir. Avec sa griffe Maxhosa Africa, le Sud-Africain Laduma Ngxokolo tient à mettre en lumière le continent. Jacques Logoh, styliste et fondateur du Festival international de la mode au Togo donne la parole, à Paris, aux esprits créatifs africains sur le thème : la mode contre le VIH. Mossi Traoré défile au cimetière du Père-Lachaise, pour évoquer la mort, sans tabou.
Voici ce que nous avons retenu de la Fashion Week à Paris : l’audace pour Weinsanto est de retrouver une certaine légèreté incarnée par les communautés LGBTQIA+. Sensualités chez Issey Miyake qui tourne autour du concept japonais, le Ma, l’espace qui relie la peau et le vêtement. Idem pour Yohji Yamamoto, qui à 83 ans, est toujours à la recherche d’émotions. Les mouvements du corps, pour Alain Paul, sont inspirés par Hofesh Shechter ou La Horde. Anthony Vaccarello, pour Saint Laurent réussit la synthèse, du noir et de l’or pour célébrer la liberté.
Certains couturiers ont la chance de moderniser des maisons appartenant à des groupes de luxe, comme Duran Lantink qui s'inspire, pour Jean-Paul Gaultier, de sa période costumes de ballet. Les maisons indépendantes doivent, elles, créer ex-nihilo. Iris van Herpen fait appel à la science et crée une robe de plasma. Rahul Mishra emprunte la beauté des déesses hindoues. Imane Ayissi rend hommage à sa maman Miss Indépendance Cameroun 1960. Kevin Germanier continue, lui, de célébrer le recyclage.
Dans l’univers de la mode, la Haute Couture tient une place particulière. Elle est une spécificité bien française, qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, un laboratoire de recherche expérimental, mais aussi symbolique. La Haute Couture regarde parfois avec acuité ce qui bouleverse la planète. Elle met en scène les angoisses et les inquiétudes contemporaines. Le point sur les collections automne-hiver 2026/27, avec les néerlandais Viktor & Rolf, le japonais Yuima Nakazato, le très parisien Stéphane Rolland, et la divine Adeline André.
Alors que, dans plusieurs pays, la liberté d’expression est menacée par la montée du populisme, les designers ne peuvent plus se voiler la face. Yohji Yamamoto s’insurge, ses vêtements sont comme brûlés par le soleil. Issey Miyake exalte l’ombre des bambous, Jeanne Friot accuse les politiques, l’IFM exhorte ses étudiants à repousser les limites, KML, la griffe d’origine saoudienne, tourne en dérision les codes vestimentaires de l’Occident. Et toutes et tous de s’interroger, quelles propositions pour un futur vivable ?
Oui, avec la griffe Matières fécales. Plus délicatement avec Yohji Yamamoto. Satoshi Kondo pour Issey Miyake prône, lui, un mouvement sans contrainte. Avec son Musée vivant de la Mode, l’historien-performeur Olivier Saillard sublime les vêtements du quotidien. L'Ukrainienne Lilia Litkovska s’inspire de son pays en guerre. Ludovic Winterstan pour La Fabrique Nomade, atelier de réinsertion pour personnes migrantes, considère qu’il serait temps de s'accepter les uns les autres.
Guerres, conflits, montée des populismes, percée foudroyante des intelligences artificielles... Comment et pourquoi, dans un monde à l’avenir incertain, continuer à créer de nouvelles collections ? Réponses des étudiant.e.s de l’Institut français de la Mode (IFM), mais aussi des jeunes designers Weinsanto, Pressiat, Maitrepierre et Alain Paul. Comme l’exprime Xavier Romatet, le directeur général de l’IFM : la mode doit montrer le monde non pas tel qu'il est, mais tel qu’on aimerait qu’il soit.
Kevin Germanier reconditionne les tenues Berluti portées par l’équipe de France pour les J.O de Paris. Stéphane Rolland engage le top model perse Farnoush Hamidian à s’exprimer sur l’Iran. Julien Fournié expose la diversité. Yuima Nakazato combat les I.A avec des robes de céramiques. Charlie Le Mindu créé des robes en cheveux. Imane Ayissi, seul couturier noir, exprime l’identité africaine à travers son processus créatif. La Haute Couture n’est décidément plus une vielle chose poussiéreuse!
Contre vents et marées, certains designers veulent encore conserver leur liberté d’expression, loin des esprits délétères. Pour elles et pour eux, vêtir est un acte social, politique. Ils, elles, refusent de se soumettre aux injonctions d’un ordre soi-disant moral, prônent le mélange des genres et la diversité, luttent contre les dérives fascistes. Jeanne Friot, Walter van Beirendonck, Ahmed Hassan, Louis-Gabriel Nouchi, Yohji Yamamoto et Willy Chavarria en sont les exemples les plus marquants.
Une édition spéciale consacrée aux petites maisons indépendantes qui ont rayonné pendant la Fashion Week de Paris. Vincent Pressiat comme Victor Weinsanto regardent vers le passé, quand les favorites des rois faisaient la loi. Alain Paul se souvient de ses premières auditions, quand il était danseur. L’Ukrainienne Lilia Litkovska continue de créer malgré la guerre. Sans oublier les designers afro-caribéens, célébrés lors de l’édition parisienne du Festival International de la mode au Togo.
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Décryptage de l'univers de la mode : les coulisses, les icônes, les secrets de fabrication, les évènements incontournables et les enjeux socio-économiques. Présenté par Pascal Mourier. Le samedi, à…

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