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Certains couturiers ont la chance de moderniser des maisons appartenant à des groupes de luxe, comme Duran Lantink qui s'inspire, pour Jean-Paul Gaultier, de sa période costumes de ballet. Les maisons indépendantes doivent, elles, créer ex-nihilo. Iris van Herpen fait appel à la science et crée une robe de plasma. Rahul Mishra emprunte la beauté des déesses hindoues. Imane Ayissi rend hommage à sa maman Miss Indépendance Cameroun 1960. Kevin Germanier continue, lui, de célébrer le recyclage.
Dans l’univers de la mode, la Haute Couture tient une place particulière. Elle est une spécificité bien française, qui n’existe nulle part ailleurs dans le monde, un laboratoire de recherche expérimental, mais aussi symbolique. La Haute Couture regarde parfois avec acuité ce qui bouleverse la planète. Elle met en scène les angoisses et les inquiétudes contemporaines. Le point sur les collections automne-hiver 2026/27, avec les néerlandais Viktor & Rolf, le japonais Yuima Nakazato, le très parisien Stéphane Rolland, et la divine Adeline André.
Alors que, dans plusieurs pays, la liberté d’expression est menacée par la montée du populisme, les designers ne peuvent plus se voiler la face. Yohji Yamamoto s’insurge, ses vêtements sont comme brûlés par le soleil. Issey Miyake exalte l’ombre des bambous, Jeanne Friot accuse les politiques, l’IFM exhorte ses étudiants à repousser les limites, KML, la griffe d’origine saoudienne, tourne en dérision les codes vestimentaires de l’Occident. Et toutes et tous de s’interroger, quelles propositions pour un futur vivable ?
Oui, avec la griffe Matières fécales. Plus délicatement avec Yohji Yamamoto. Satoshi Kondo pour Issey Miyake prône, lui, un mouvement sans contrainte. Avec son Musée vivant de la Mode, l’historien-performeur Olivier Saillard sublime les vêtements du quotidien. L'Ukrainienne Lilia Litkovska s’inspire de son pays en guerre. Ludovic Winterstan pour La Fabrique Nomade, atelier de réinsertion pour personnes migrantes, considère qu’il serait temps de s'accepter les uns les autres.
Guerres, conflits, montée des populismes, percée foudroyante des intelligences artificielles... Comment et pourquoi, dans un monde à l’avenir incertain, continuer à créer de nouvelles collections ? Réponses des étudiant.e.s de l’Institut français de la Mode (IFM), mais aussi des jeunes designers Weinsanto, Pressiat, Maitrepierre et Alain Paul. Comme l’exprime Xavier Romatet, le directeur général de l’IFM : la mode doit montrer le monde non pas tel qu'il est, mais tel qu’on aimerait qu’il soit.
Kevin Germanier reconditionne les tenues Berluti portées par l’équipe de France pour les J.O de Paris. Stéphane Rolland engage le top model perse Farnoush Hamidian à s’exprimer sur l’Iran. Julien Fournié expose la diversité. Yuima Nakazato combat les I.A avec des robes de céramiques. Charlie Le Mindu créé des robes en cheveux. Imane Ayissi, seul couturier noir, exprime l’identité africaine à travers son processus créatif. La Haute Couture n’est décidément plus une vielle chose poussiéreuse!
Contre vents et marées, certains designers veulent encore conserver leur liberté d’expression, loin des esprits délétères. Pour elles et pour eux, vêtir est un acte social, politique. Ils, elles, refusent de se soumettre aux injonctions d’un ordre soi-disant moral, prônent le mélange des genres et la diversité, luttent contre les dérives fascistes. Jeanne Friot, Walter van Beirendonck, Ahmed Hassan, Louis-Gabriel Nouchi, Yohji Yamamoto et Willy Chavarria en sont les exemples les plus marquants.
Une édition spéciale consacrée aux petites maisons indépendantes qui ont rayonné pendant la Fashion Week de Paris. Vincent Pressiat comme Victor Weinsanto regardent vers le passé, quand les favorites des rois faisaient la loi. Alain Paul se souvient de ses premières auditions, quand il était danseur. L’Ukrainienne Lilia Litkovska continue de créer malgré la guerre. Sans oublier les designers afro-caribéens, célébrés lors de l’édition parisienne du Festival International de la mode au Togo.
Faire prendre conscience de la fragilité de nos océans, de notre terre, de nos patrimoines autochtones, c’est le pari d’une nouvelle génération de couturiers. Pour l’automne-hiver 2025/2026, Iris van Herpen crée une robe vivante, Imane Ayissi souhaite que la terre se régénère naturellement, Grace Lillian Lee célèbre ses ancêtres australiens, Stéphane Rolland dialogue avec la musique. Quant à Clara Daguin, elle applique cette maxime : si tu veux sauver les autres, sauve toi d’abord toi-même.
Donner sa place à la communauté trans, évoquer l’Ukraine et la Palestine, exprimer sa défiance envers des attitudes conventionnelles conservatives, financer des recherches scientifiques qui n’ont rien à voir avec l’industrie de la mode… De manière appuyée ou en toute discrétion, tels sont les points de vue engagés et partagés par Jeanne Friot, Rick Owens, Issey Miyake, Walter van Beirendonck et Agnès b.
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Décryptage de l'univers de la mode : les coulisses, les icônes, les secrets de fabrication, les évènements incontournables et les enjeux socio-économiques. Présenté par Pascal Mourier. Le samedi, à…

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