Nouveau Départ

Nouveau Départ

By Laetitia Vitaud & Nicolas ColinBusinessNewsNews Commentary
Download on the App Store

Nouveau Départ episodes

  • Un entrepreneur français en Allemagne

    Bonjour à tous ! Chaque mercredi, Nouveau Départ vous propose un entretien avec une personnalité éclairante. C’est au format audio 👆🎧, accessible à tous et complété par une mise en perspective ci-dessous.

    À l’agenda aujourd’hui 👇

    * Un entrepreneur français en Allemagne

    * Les forces et faiblesses de l'Allemagne

    * Télétravail, menace ou opportunité pour l'inclusion ?

    * La grande fragmentation : comment s'y préparer ?

    * Les villes après la pandémie

    Vincent Huguet est CEO et cofondateur de Malt, la plus grande plateforme européenne pour mettre en relation les freelances et les entreprises. Je connais Vincent depuis des années et ai collaboré avec Malt sur plusieurs études (et publications) depuis 2017.

    Malt a été créée en 2013 sur l’idée qu’il était difficile pour un entrepreneur de trouver des développeurs et autres talents pour des missions ponctuelles, et qu’il y avait quelque chose à faire pour aider les entreprises à trouver des freelances (et les freelances à trouver des missions). Depuis, des dizaines de milliers de freelances et des milliers d’entreprises (petites et grandes) ont pris l’habitude d’utiliser la plateforme.

    En sept ans, l’entreprise Malt a connu plusieurs phases. Comme l’explique Vincent, le recrutement et la gestion des ressources humaines sont aujourd’hui le sujet principal pour une entreprise de cette taille. Depuis deux ans, le grand sujet, c’est aussi l’internationalisation de la plateforme. Devenir “européen” ne va pas de soi car chaque marché du travail est différent.

    Malt s’est lancée en Espagne il y a trois ans. Mais le plus gros morceau en Europe, c’est l’Allemagne. Ce marché est si stratégique que Vincent a décidé de s’y installer en famille. Depuis un an, il habite à Munich et travaille à construire son équipe localement, et à y construire des relations commerciales dans le tissu commercial (dense) des entreprises du Mittelstand.

    Avec Vincent, nous discutons de son expérience allemande, des différences culturelles, de l’impact de la pandémie sur le travail et sa géographie, de ce qu’il perçoit déjà du marché allemand et ses spécificités, de la fragmentation en Europe, des villes et de l’éducation des enfants dans un monde d’incertitudes, et de bien d’autres choses encore. J’espère que vous aurez plaisir à écouter notre conversation !

    Dans cet épisode de notre série “À deux voix”, Nicolas et moi parlons de l’Allemagne, de son économie, de ses forces et de ses faiblesses dans un monde en transition. Le sujet nous tient d’autant plus à coeur que nous nous apprêtons à nous y installer pour plusieurs années (et à y retrouver une partie de notre famille) 🇩🇪

    L’Allemagne réveille toutes les jalousies et tous les complexes d’infériorité des Français depuis que l’on sait que le pays s’en sort nettement mieux que ses voisins européens. Le pays a mieux anticipé la crise sanitaire, mieux équipé les personnels de santé, et enregistré moins de décès du Covid-19 que l’Italie, la France, ou l’Espagne – le tout avec un confinement moins long et moins strict que ces pays. Pour couronner le tout, la reprise économique annoncée sera également meilleure (ou plutôt moins mauvaise) que prévu.

    Tout cela nourrit un sport national français bien connu : les sempiternelles comparaisons avec notre voisin d’outre-Rhin et les tentatives d’importer le(s) “modèle(s) allemand(s)”. Pourtant, ces comparaisons présentent de nombreuses limites, bien que nos deux pays soient de taille comparable. Par exemple, on aurait tort de chercher à imiter les réformes Schröder (réformes Hartz) du début des années 2000. Hélas, de Sarkozy à Macron, en passant par Hollande, tous nos présidents sont obsédés par ces réformes du marché du travail, même 20 ans après…

    👉 Les forces et faiblesses de l'Allemagne (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    Un autre podcast “À deux voix”, mis en ligne hier, est consacré au télétravail et aux menaces et opportunités du point de vue de l’inclusion. Dans le petit monde des entrepreneurs, nous avons été nombreux à nous réjouir du développement fulgurant du télétravail. Mais Nicolas et moi tentons ici de l’analyser avec plus de nuances.

    Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir télétravailler. Il pourrait même se développer une fracture profonde entre ceux qui travaillent où ils veulent et les autres. En revanche, on pourrait aussi saisir le télétravail comme une opportunité pour mieux inclure ceux qui, jusqu’ici, sont restés cantonnés à la marge du marché du travail.

    👉 Télétravail, menace ou opportunité pour l'inclusion ? (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    Dans cet épisode de notre série “À deux voix”, Nicolas et moi parlons de la “démondialisation” et de ses conséquences pour les individus. Comment se préparer à un monde plus fragmenté ?

    Les États-Unis se désengagent du commerce international et le Royaume-Uni vote pour le Brexit : tels sont les deux grands symboles de ce mouvement de “grande fragmentation” qui amène nos économies à se “démondialiser”. La pandémie a accéléré ce repli sur soi des économies nationales… et des familles. On a fermé les frontières, et nous avons tous compris qu’il fallait que nous comptions davantage sur nous-mêmes.

    Nous sommes convaincus de l’importance de la communication inter-culturelle dans un monde où les conflits pourraient devenir plus nombreux. Pour la démonstration, nous nous appuyons sur le livre La carte des différences culturelles d’Erin Meyer.

    👉 La grande fragmentation : comment s’y préparer ? (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—accessible à tous.

    Ce podcast “À deux voix” est consacré à l’avenir des villes 🌆 Comment la pandémie et la crise économique affectent-elles la géographie du travail et la vivacité urbaine ? De nombreux débats font rage dans cette période de pandémie à propos du “déclin” de certaines villes comme New York ou San Francisco.

    Alors que le télétravail se banalise dans les entreprises, on commence à se demander ce que cela pourrait changer à la géographie du travail. À San Francisco, où les géants numérique prolongent le télétravail jusqu’en 2021 et certaines entreprises envisagent de le pérenniser au-delà, les départs sont déjà massifs. Certains s’installent ailleurs en Californie, d’autres dans le Colorado ou l’Arizona, où les loyers sont moins élevés.

    Mais la pandémie ne transforme pas la géographie du travail de manière aussi brutale qu’on pourrait le penser. Le futur du travail est fait en grande partie de ce que Nicolas et moi appelons les “services de proximité”. Ces derniers se développent là où il y a une densité de population suffisante, et là où des effets de réseaux sont possibles…

    👉 Les villes après la pandémie (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * Télétravail, menace ou opportunité pour l'inclusion ? 💻 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * Après David Graeber, où sont les anarchistes ? ✊ (“Édito” par moi)—accessible à tous.

    * Universités américaines : le bout de la piste ? 🇺🇸 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * Féminisme : la nouvelle génération 💪🏿 (conversation avec Rebecca Amsellem)—accessible à tous.

    * Les villes après la pandémie 🌆 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * "Feminist City", de Leslie Kern🌆 (note de lecture par moi)—réservé aux abonnés.

    * Pour ne rien changer, mettez un masque😷 (“Édito” par Nicolas)—accessible à tous.

    * Comprendre le régime chinois 🇨🇳 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * "The Party", de Richard McGregor 🇨🇳 (note de lecture par Nicolas)—réservé aux abonnés.

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    59 min
  • Télétravail, menace ou opportunité pour l'inclusion ?

    Notre premier podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré au télétravail et aux menaces et opportunités du point de vue de l’inclusion. Dans le petit monde des entrepreneurs, nous avons été nombreux à nous réjouir du développement fulgurant du télétravail. Mais Nicolas et moi tentons ici de l’analyser avec plus de nuances.

    Tout le monde n’a pas la chance de pouvoir télétravailler. Il pourrait même se développer une fracture profonde entre ceux qui travaillent où ils veulent et les autres. En revanche, on pourrait aussi saisir le télétravail comme une opportunité pour mieux inclure ceux qui, jusqu’ici, sont restés cantonnés à la marge du marché du travail.

    La période actuelle est propice à des interrogations multiples sur l’avenir du travail, le management et les inégalités entre les travailleurs. La montée du télétravail favorisée par la pandémie contribue-t-elle à accroître ces inégalités ?

    De plus en plus, les salariés des entreprises sont dans des situations hybrides : certains sont au bureau (ou sur site), d’autres à domicile ou ailleurs. Ce qui se banalise, c’est surtout une plus grande distribution des équipes.

    L’inclusion, c’est la capacité de l’organisation à intégrer des profils divers et leur permettre de donner le meilleur d’eux-mêmes. Quand tout le monde n’est pas dans un même espace pour partager des rituels et une machine à café, comment fait-on pour développer une culture inclusive ?

    Nous l’avons déjà évoqué dans cet épisode “À deux voix” intitulé “La récession et les femmes”, nous ne sommes pas égaux face au télétravail. Les personnes qui ont la charge d’enfants en bas âge voient le bureau comme un refuge où on peut échapper aux corvées domestiques et se concentrer sur son travail.

    Mais le télétravail s’accompagne aussi d’opportunités nouvelles d’inclure les catégories d’actifs pour lesquels la vie de bureau, les déplacements et le présentéisme sont insoutenables. Le télétravail est notamment un facteur d’inclusion professionnelle pour les personnes handicapées.

    Et ne perdons pas de vue que ce qui sert les personnes handicapées est bon pour tout le monde ! Comme le disait Seymour Papert, professeur au MIT et inventeur du langage LOGO, “nous sommes tous en situation de handicap — certains un peu plus que d’autres.” En France, on a trop tendance à n’appréhender le sujet du handicap que sous l’angle des obligations légales. On passe donc souvent à côté des opportunités d’inclusion que recèlent le numérique et le télétravail.

    Pour aller plus loin, vous pouvez aller écouter les podcasts suivants 🎧

    👉 Quel avenir pour la Silicon Valley ? (“À deux voix”)

    👉 Les villes après la pandémie (“À deux voix”)

    👉 La récession et les femmes (“À deux voix”)

    👉 Un marché du travail sans frontières ? (Interview d’Alex Bouaziz)

    👉 Quitter Paris pour la province (Interview d’Aurore Thibaud)

    👉 Le nouveau management, révélé par la crise (“À deux voix”)

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    48 min
  • Après David Graeber, où sont les anarchistes ?

    Bonjour à tous ! Chaque lundi nous vous envoyons désormais un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente.

    Voici le troisième “Édito” de cette nouvelle saison, en forme d’hommage à l’anthropologue David Graeber, décédé il y a quelques jours.

    David Graeber, l’anthropologue brillant et provocateur à qui on doit le concept des b******t jobs, est mort la semaine dernière. Son décès a suscité en France une vague d’émotion peu habituelle pour un intellectuel étranger (Graeber était américain, diplômé de Yale, exilé depuis quinze ans au Royaume-Uni, où il enseignait à la London School of Economics). La raison de cette émotion, que je partage, c’est que Graeber remplissait un rôle indispensable que trop peu d’intellectuels français remplissent aujourd’hui : celui de l’anarchiste.

    Avec une érudition hors pair et une intelligence implacable, David Graeber n’a eu de cesse de révéler les structures du pouvoir, les manières dont elles se perpétuent et les mécanismes de domination qu’elles entretiennent. Ses analyses sur l’histoire de la dette, la bureaucratie, la nature de l’argent, ou encore la “valeur” du travail, servent à contester la légitimité du pouvoir en place. Il pointait du doigt la ploutocratie comme le patriarcat. Figure tutélaire du mouvement Occupy Wall Street en 2011, il a donné sa voix, sur la place publique, à la contestation du pouvoir financier.

    Il y a une forme de paradoxe dans la popularité de David Graeber. Ses b******t jobs, par exemple, sont devenus mainstream, mais on les a appauvris en les réduisant au malaise de ceux qui s’ennuient au bureau et à la “quête de sens” des travailleurs. La popularité édulcore la radicalité. Ceux qui dominent s’approprient ces idées pour mieux en neutraliser la puissance contestataire – comme le monde de la publicité et l’entreprise se sont approprié les symboles des mouvements contestataires des années 1970 pour mieux les “recycler” (greenwashing, social washing…).

    Mais cette popularité est également le signe que Graeber satisfaisait notre besoin irrépressible de dénoncer un pouvoir illégitime, de dire “merde”, et de choquer les “légitimistes”, ceux qui ne voient pas les mécanismes de domination dans la société et ceux qui défendent activement le statu quo. L’intellectuel anarchiste est un poil à gratter, fait pour provoquer des irritations et des démangeaisons chez les uns, et de la Schadenfreude chez les autres (la joie qu’on éprouve quand, à la lecture, on imagine les démangeaisons des premiers).

    David Graeber me manquera d’autant plus qu’il poussait l’anarchisme jusqu’au féminisme. Or l’histoire de l’anarchisme français ne brille pas par son féminisme. En tant que Français, on peut tirer une certaine fierté d’avoir Pierre-Joseph Proudhon et “la propriété, c’est le vol” en héritage. Mais Proudhon était misogyne même pour son époque. Pour ce qui était de la famille et du foyer, Proudhon était absolument “légitimiste”. Pour lui, la place légitime des femmes n’était pas à l’usine mais à la maison. Convaincu de l’infériorité naturelle des femmes, il les pensait incapables de produire des idées. 

    Les analyses de Graeber étaient, elles, profondément féministes. Ce féminisme est l’une des choses à côté desquelles sont passés beaucoup des hommages qui lui ont été rendus ces derniers jours. Sa théorie des b******t jobs en est une bonne illustration. Elle révèle une division sexuelle du travail qui réserve les métiers du soin (santé, éducation) ou de l’entretien (ménage) aux femmes, mais refuse de les valoriser. Elle questionne, par exemple, la vision que nous avons de la “vocation” des enseignants ou des soignants dont la récompense essentielle est censée se trouver au-delà des conditions d’exercice de leur travail. 

    Bien sûr, les analyses de Graeber, sur le féminisme ou les b******t jobs, ne sont aucunement des systèmes parfaits. Elles présentent de nombreuses limites. Mais elles sont un poil à gratter dont l’effet est de questionner les structures de notre société, de cultiver notre esprit critique et d’engendrer de nouvelles formes de contestation. Alors que la France, comme d’autres pays de l’OCDE, voit se creuser les inégalités de richesse et alors que les mécanisme de reproduction sociale se renforcent, on a plus que jamais besoin de Graeber et de tous les anarchistes qui voudront prendre sa suite. 

    💻 Télétravail, menace ou opportunité pour l’inclusion ?

    Jeudi 10 septembre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur le télétravail et l’inclusion. Nous avons été nombreux, dans le petit monde des entrepreneurs, à nous réjouir du développement fulgurant du télétravail. Il est temps, maintenant, de l’analyser avec plus de nuances : tout le monde n’a pas la chance de pouvoir télétravailler ; d’autres, en revanche, peuvent saisir le télétravail comme une opportunité d’inclusion.

    🇩🇪 Un entrepreneur français en Allemagne

    Mercredi 9 septembre | Interview 🎧 de Vincent Huguet sur le développement d’une startup française en Allemagne. Malt, une plateforme qui rapproche les entreprises et les travailleurs en freelance, cherche à se développer sur plusieurs marchés européens. L’Allemagne, en particulier, est si stratégique que Vincent, fondateur de Malt, a décidé de s’y installer en famille ! Lui et moi échangeons sur son expérience.

    🏭 Le retour de la planification

    Jeudi 10 septembre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur la politique industrielle. Au sortir (?) de la pandémie, les pouvoirs publics ne se sont pas contentés d’annoncer l’allocation de 100 millards d’euros à la relance de l’économie. Ils ont aussi mis en place un nouveau Haut-Commissariat général au Plan, dirigé par… François Bayrou. Autant dire que ça nous inspire un certain… scepticisme 😩

    Pour ne rien manquer de ces contenus, abonnez-vous si ce n’est déjà fait 👇

    🏙 Les villes après la pandémie

    On lit, notamment dans la presse américaine, des gros titres alarmistes sur le déclin à venir de New York ou l’exode massif des habitants de San Francisco. Dans notre podcast “À deux voix”, Nicolas et moi apportons des nuances à cette vision et rappelons une loi universelle révélée par l’Histoire : les villes ne meurent jamais !

    👉 Écoutez 🎧 Les villes après la pandémie 🏙—réservé aux abonnés.

    ✊ Féminisme : la nouvelle generation

    À partir du #5novembre16h47, les femmes travaillent gratuitement. Le mouvement à l’origine de ce hashtag est né il y a quatre ans pour sensibiliser l’opinion publique aux inégalités salariales. Derrière ce projet, Rebecca Amsellem, une entrepreneuse féministe, fondatrice des Glorieuses. Au fil de cette interview, Laetitia dresse le portrait d’une activiste qui a fait du féminisme son métier.

    👉 Écoutez 🎧 Féminisme : la nouvelle génération ✊—accessible à tous.

    🇺🇸 Universités américaines : le bout de la piste ?

    Nous sommes tous vaguement familiers des spécificités du système universitaire américain : concentration des ressources et du prestige dans quelques établissements mondialement connus ; endettement massif des étudiants pour accéder à l’enseignement supérieur ; importance de la vie sur le campus. Que restera-t-il de tout ça après la pandémie ?

    👉 Écoutez 🎧 Universités américaines : le bout de la piste ? 🇺🇸—réservé aux abonnés.

    * Les « b******t jobs » ou le labeur à son paroxysme (Medium, 2019).

    * Le travail et la valeur : un grand malentendu (Medium, 2019).

    * Des sorcières aux femmes de ménage : le futur du travail au féminin (Medium, 2019).

    * B******t Jobs, la théorie de David Graeber (Welcome to the Jungle, 2019).

    * B******t Jobs : est-ce que ça te concerne ? (Medium, 2016).

    * Quelle reconnaissance pour les travailleurs du “back office” (entretien avec Denis Maillard, 2019).

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn. Suivez notre média sur Twitter ici : @_NouveauDepart_. Et suivez-nous tous les deux sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    5 min
  • Féminisme : la nouvelle génération

    Bonjour à tous ! Chaque mercredi, Nouveau Départ vous propose un entretien avec une personnalité éclairante. C’est au format audio 👆🎧, accessible à tous et complété par une mise en perspective ci-dessous.

    À l’agenda aujourd’hui 👇

    * Rebecca Amsellem nous parle du féminisme aujourd’hui

    * La récession et les femmes

    * Femmes et argent : pourquoi ce tabou ?

    * Femmes de 50 ans : invisibles dans les médias

    Rebecca Amsellem est entrepreneuse et féministe. Avec sa newsletter Les Glorieuses, elle a mis ses qualités entrepreneuriales au service du féminisme. On lui doit aussi le mouvement associé au hashtag #5novembre16h47, né en 2016 pour sensibiliser les Français aux inégalités salariales. Elle en a eu l’idée après avoir observé la “grève” des femmes islandaises de 2016, qui sont massivement descendues dans les rues pour protester contre les inégalités salariales. “Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose en France ?”, s’est-elle alors demandé.

    Dans ce podcast, Rebecca parle de son parcours, de la création des Glorieuses, des inégalités de revenus entre hommes et femmes, et ce qu’on pourrait faire pour y remédier. Nous parlons aussi de politique et de symboles. Pour elle, en politique, l’écart entre le discours et la réalité n’a probablement jamais été aussi grand.

    Nous parlons aussi des inégalités de patrimoine. À ce propos, elle nous recommande le livre Le genre du capital de Céline Bessière et Sibylle Gollac, où l’on peut lire qu’“il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et soeurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices.” (Ce livre donnera certainement lieu à une “note de lecture” Nouveau Départ prochainement !)

    Rebecca incarne, avec plusieurs femmes de sa génération, le renouveau du féminisme français, et son énergie d’activiste est contagieuse ! C’est un féminisme qui s’éloigne de l’universalisme à la française traditionnel, qui est plus ouvert sur les différences, plus critique sur ces mouvements historiques qui ont longtemps exclu certaines femmes des “acquis” du féminisme (en particulier, les femmes racisées).

    Dans cet épisode de notre série “À deux voix”, Nicolas et moi parlons de l’impact de la crise actuelle sur les inégalités entre les femmes et les hommes. Nous discutons du poids des services de proximité (et en particulier du care) dans ce que les Américains ont déjà surnommé la ‘shecession’ (une récession qui touche particulièrement les femmes).

    Même lorsqu’elles ne perdent pas leur emploi, de nombreuses femmes voient leur carrière mise en péril par les contraintes domestiques qui retrouvent une place plus grande pendant la pandémie. Faute de pouvoir externaliser l’essentiel des tâches domestiques (y compris, surtout, l’éducation des jeunes enfants), de nombreuses femmes sont au chômage partiel. D’autres doivent se contenter de travailler à mi-temps. Une partie des services domestiques passent ainsi dans l’économie non-marchande et enlèvent de nombreuses femmes actives à leur activité marchande.

    Enfin, le télétravail, dix fois plus fréquent qu’avant la pandémie, n’est pas vécu de la même manière par les femmes et les hommes, car le travail à domicile reproduit les inégalités du foyer. Les femmes se retrouvent moins disponibles que leurs homologues masculins. Elles disposent moins souvent d’une “chambre à elles”.

    👉 La récession et les femmes (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    Émilie Bellet, entrepreneure et conférencière basée à Londres, s’est donné pour mission, avec Vestpod, de démocratiser les outils (et méthodes) de la gestion de fortune, en particulier pour les femmes. Le tabou qui demeure sur les sujets liés à l’argent tout particulièrement les femmes.

    En France, cela ne fait que 55 ans que les femmes ont le droit d’ouvrir un compte en banque (et seulement 100 ans qu’elles peuvent disposer de leur salaire). L’histoire de l’autonomisation des femmes en finance n’en est qu’à ses débuts. Émilie voudrait l’accélérer un peu.

    L’an dernier, elle a publié au Royaume-Uni un livre sur la gestion des finances personnelles à destination des millennials (You’re Not Broke You’re Pre-Rich: How to Streamline Your Finances, Stay in Control of Your Bank Balance and Have More £££). Son livre est un best-seller et Émilie enchaîne les conférences depuis des mois.

    Dans de podcast, Émilie et moi parlons du monde de la finance, de la crise de 2008, du tabou de l’argent, des différences culturelles entre la France et le Royaume-Uni, de l’impact du confinement sur les finances personnelles, de l’impact de la publication d’un livre sur un projet entrepreneurial, et de bien d’autres choses encore.

    👉 Femmes et argent : pourquoi ce tabou ? (conversation avec Émilie Bellet)—accessible à tous.

    Sophie Dancourt est journaliste. Elle a fondé le média J’ai Piscine Avec Simone, qui donne de la visibilité aux femmes de 50 ans. Dans ce podcast, nous parlons des médias, de féminisme et de cette génération de femmes devenues invisibles dans les médias.

    La sous-représentation des femmes (y compris celles de 50 ans) ne s’arrête pas au monde du divertissement. Elle concerne aussi le monde de l’information. La crise sanitaire semble avoir accentué la sous-représentation des femmes dans les médias. Comme le montrent deux études du CSA et de l’INA, “la crise du coronavirus a montré que les journalistes de télévision et de radio privilégient encore largement les hommes lorsqu’ils ont besoin d’une parole experte”. Les femmes sont interrogées “en tant qu’infirmières ou mères de famille, mais très peu en tant qu’expertes”.

    Pour Sophie Dancourt, féministe engagée, c’est l’univers médiatique dans son ensemble qui rend les femmes de 50 ans particulièrement peu visibles. C’est à partir de ce constat, et face à un âgisme rampant, qu’elle a décidé de créer J’ai Piscine Avec Simone, un média “qui engage la génération des femmes de 45/65 ans” :

    Simone c’est le nom des femmes qui nous inspirent (Veil, de Beauvoir) avec lesquelles on a envie de plonger dans le grand bain de notre deuxième vie. En France, elles sont 10 millions et pourtant elles disparaissent des écrans radars. Aux injonctions sociétales pesantes, J’ai Piscine Avec Simone répond par un parler vrai…

    👉 Femmes de 50 ans : invisibles dans les médias ? (conversation avec Sophie Dancourt)—accessible à tous.

    👉 La fabrique de la ménopause (note de lecture)—réservé aux abonnés.

    * Les villes après la pandémie 🌆 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * "Feminist City", de Leslie Kern 🌆 (note de lecture par moi)—réservé aux abonnés.

    * Pour ne rien changer, mettez un masque 😷 (“Édito” par Nicolas)—accessible à tous.

    * Comprendre le régime chinois 🇨🇳 (conversation “À deux voix” entre Nicolas et moi)—réservé aux abonnés.

    * "The Party", de Richard McGregor 🇨🇳 (note de lecture par Nicolas)—réservé aux abonnés.

    * Demain, tous travailleurs des plateformes ?📱 (conversation avec Odile Chagny)—accessible à tous.

    * La désagrégation du système scolaire 🤯 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.

    * Les incohérences de la rentrée scolaire 🏫 (“Édito” par Laetitia)—accessible à tous.

    * Kamala Harris entre dans l'Histoire 🇺🇸 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    1 hr 2 min
  • Les villes après la pandémie

    Notre premier podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré à l’avenir des villes 🌆 Comment la pandémie et la crise économique affectent-elles la géographie du travail et la vivacité urbaine ? De nombreux débats font rage dans cette période de pandémie à propos du “déclin” de certaines villes comme New York ou San Francisco.

    Les sujets d’urbanisme nous passionnent, Nicolas et moi, et plusieurs podcasts Nouveau Départ y sont déjà consacrés. Dans cet épisode, nous mêlons deux de nos sujets préférés — le futur du travail et l’avenir des villes — pour discuter des transformations de l’économie urbaine et de la vie en ville.

    La crise actuelle frappe durement les grandes villes. Le virus a fait des ravages dans des villes denses comme New York (où l’on a déploré plus de 35 000 décès du Covid-19 cette année). La crise sanitaire a mis à l’arrêt de nombreuses activités qui font la vivacité des villes : les théâtres, la vie culturelle, les restaurants… Et les grandes villes pourraient souffrir de la chute de leurs revenus pendant des années.

    Alors que le télétravail se banalise dans les entreprises, on commence à se demander ce que cela pourrait changer à la géographie du travail. À San Francisco, où les géants numérique prolongent le télétravail jusqu’en 2021 et certaines entreprises envisagent de le pérenniser au-delà, les départs sont déjà massifs. Certains s’installent ailleurs en Californie, d’autres dans le Colorado ou l’Arizona, où les loyers sont moins élevés.

    Mais la pandémie ne transforme pas la géographie du travail de manière aussi brutale qu’on pourrait le penser. Le futur du travail est fait en grande partie de ce que Nicolas et moi appelons les “services de proximité”. Ces derniers se développent là où il y a une densité de population suffisante, et là où des effets de réseaux sont possibles. Le sujet occupe une place centrale dans nos livres respectifs (Du Labeur à l’ouvrage et Un contrat social pour l’âge entrepreneurial).

    Les villes qui semblent les plus affectées par la crise actuelle sont celles où l’équilibre entre les “classes créatives” (ingénieurs, cadres et créatifs de l’économie numérique) et les travailleurs des services de proximité était déjà mis à mal par des prix de l’immobilier insoutenables. C’est là où les effets délétères de la gentrification ont créé des déséquilibres que la pandémie a accéléré une transition nécessaire. Pour expliquer cela, Nicolas et moi évoquons les “trois phases” de la gentrification et le “point de bascule” à partir duquel un déséquilibre doit être corrigé.

    👉 À propos des travailleurs des services de proximité, écoutez notre entretien avec Denis Maillard : Quelle reconnaissance pour les travailleurs du "back office" ? 🎧

    La pandémie révèle certains déséquilibres urbains. Elle accélère (à la marge) certains mouvements qui avaient commencé avant la crise. On observe aussi une redistribution entre villes, où certaines, plus petites, tirent leur épingle du jeu. Mais les grandes villes, tels des organismes vivants, évoluent et se transforment plus qu’elles ne “déclinent”.

    Comme l’explique Geoffrey West, ancien président de l'Institut de Santa Fe et chef de file dans l'établissement d'un modèle scientifique des villes, les villes doivent être appréhendées comme des organismes vivants. Les villes ne meurent pas (sauf catastrophe naturelle exceptionnelle), à la différence des entreprises. La raison principale en est que les villes attirent les marginaux et les excentriques, tandis que les entreprises finissent toujours par rejeter ces personnes. De ce fait, les villes ont une résilience que les entreprises n’ont pas.

    Bien des caractéristiques des villes évoquent la vie. Elles sont en constante évolution, s’adaptent, évoluent, grandissent sous différentes formes. D’une certaine façon elles se reproduisent. Il est clair qu’elles métabolisent dans le sens où elles utilisent énergie et ressources, notamment en termes de croissance. Elles ont donc beaucoup de points en commun avec les organismes.

    Mais les villes sont le lieu d’interactions entre les êtres humains, d’échanges d’informations. Nous faisons tous partie d’un immense réseau social sur lequel nous construisons quelque chose de plus grand. Elles sont l’endroit à partir duquel le comportement collectif mène à de nouvelles inventions, à de nouvelles idées et crée de la richesse. Cela n’arrive pas dans la biologie à moins que l’on utilise une période extraordinairement longue. 

    Quelques interviews récentes pour aller plus loin sur la question urbaine :

    👉 COVID-19 et urbanisation : continuerons-nous d'habiter dans les villes ? 🎧 (conversation avec Robin Rivaton)—accessible à tous.

    👉 Covid-19 : les bureaux et la ville du futur 🎧 (conversation avec Camille Rabineau)—accessible à tous.

    Enfin, pour les femmes et l’activisme féministe, les villes présentent des avantages uniques que la pandémie n’aura pas anéantis. La “ville féministe”, c’est le sujet du livre d’une chercheuse canadienne, Leslie Kern, à propos duquel j’ai rédigé la “Note de lecture” de cette semaine : Feminist City.

    Faciliter le care, (marchand et non marchand), c’est un élément essentiel de ce qui constitue une "ville féministe". Cela concerne tant les transports publics — et la possibilité de prendre les transports en commun avec une poussette — que les services de garde d'enfants, l’offre scolaire et médicale, et la politique du logement.

    En outre, l’existence de logements abordables permet aux travailleuses du care de se loger à proximité des lieux où elles doivent travailler (ce qui est de plus en plus difficile dans les très grandes villes où les prix du logement ont explosé). Cela permet aussi d’avoir des quartiers où les usages sont multiples et mixtes. 

    Comme le care n’est pas seulement professionnel, les familles dépendent aussi de réseaux d’entraide (amis, famille) pour la garde de leurs enfants ou le soin aux personnes âgées. Des réseaux de solidarité sont souvent facilités, là où la densité urbaine est importante et les transports en commun de qualité. 

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    55 min
  • Pour ne rien changer, mettez un masque

    Bonjour à tous ! Chaque lundi nous vous envoyons désormais un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente. Voici le deuxième “Édito” de cette nouvelle saison, consacré au port du masque – nécessaire mais pas suffisant !

    La presse a documenté en détail l’évolution du discours officiel au sujet du port du masque depuis le mois de mars dernier. Au tout début de la pandémie, on nous expliquait que porter un masque était inutile et qu’il ne servait à rien de se précipiter pour s’en procurer. Comme l’expliquait Sibeth Ndiaye, à l’époque porte-parole du Gouvernement, “il n’y a pas besoin de masque quand on respecte la distance de protection vis-à-vis des autres.”

    On sait maintenant les motifs de cette recommandation à côté de la plaque. Bien sûr, il y avait de l’ignorance, compréhensible face à cette maladie inédite, le COVID-19, et ses modes de transmission. Mais il y avait aussi une part de mensonge pour faire en sorte que les stocks de masques, insuffisants, ne soient pas pris d’assaut par le grand public. Comme l’a avoué depuis un conseiller de l’exécutif, “la politique de masques a été ajustée à nos capacités”.

    Aujourd’hui, le discours a changé du tout au tout. Le port du masque est prescrit en toute circonstance – dans les transports publics et les commerces, évidemment, mais aussi, désormais, sur le lieu de travail et même dans les rues des villes les plus denses, comme Paris et Marseille. Même si des nuances et des tempéraments ont été apportés ici et là, le message est désormais univoque. La vie reprend son cours comme avant la pandémie, à une seule chose près : tout le monde doit désormais porter un masque.

    Le port un masque est une bonne pratique, révélée par plusieurs pays d’Asie qui l’ont banalisée avec succès suite à l’épidémie de SRAS en 2003. Mais qu’est-ce que cette conversion tardive de notre Gouvernement au port du masque nous dit sur la réponse politique à la pandémie ? Pour moi, cela révèle avant tout deux choses : l’insincérité de nos dirigeants, source d’une crise de confiance, et le refus de saisir cette crise du COVID-19 comme l’opportunité d’accélérer la transition en cours.

    L’insincérité, d’abord, avec cette impression qu’on ne nous dit jamais tout. Il ne s’agit pas forcément de malice. Lorsque les pouvoirs publics suggéraient de ne pas porter de masque il y a quelques mois, c’était plus probablement le résultat d’une volonté farouche de rassurer le grand public. Puisque les masques n’étaient de toutes façons pas disponibles en quantité suffisante, il ne servait à rien d’annoncer que tout le monde devait en porter : cela n’aurait fait qu’ajouter à la panique ambiante. Nos dirigeants ont donc adapté leur propos pour se persuader eux-mêmes que tout irait bien, même sans masques.

    Le prix à payer, malheureusement, pour ces approximations avec la vérité, c’est une crise de confiance désormais durable. Nous ne sommes plus à l’époque où la “version officielle” des choses pouvait être assénée dans un univers médiatique resserré autour de quelques organisations faisant autorité. Désormais, comme l’a écrit l’ancien analyste de la CIA Martin Gurri dans son livre The Revolt of the Public (Stripe Press, 2018, non traduit), l’information peut être produite, commentée, relayée et vérifiée par tout un chacun. Tout message émis par nos dirigeants est donc voué à être instantanément débattu, mis en doute, moqué, contredit par des milliers d’individus connectés les uns aux autres en réseau. La seule manière de préserver la confiance dans ce context, c’est de redoubler d’efforts dans la transparence et la sincérité – et nous en sommes loin !

    Le revirement sur les masques révèle aussi notre incapacité collective à saisir la crise (la pandémie) comme une opportunité d’accélérer la transition en cours (vers une économie plus numérique).

    La période de confinement aurait pu nous aider à prendre conscience, par exemple, qu’un nouvel équilibre est possible, dans beaucoup d’entreprises, entre le travail à distance et le travail au bureau. Le problème, c’est qu’engager cette transition heurte trop de préjugés et bouscule trop d’habitudes. Les managers redoutent de se retrouver sans personne à manager. Les financiers sont inquiets à l’idée de découvrir que des investissements récents dans d’immenses surfaces d’immobilier de bureau ont été faits en pure perte. Certains salariés appréhendent de se retrouver coincés chez eux dans des conditions qui rendent le travail impossible. Les restaurateurs des quartiers d’affaires redoutent la disparition de leur clientèle. 

    Les pouvoirs publics, quant à eux, sont trop heureux de rentrer dans la danse du retour à la normale. En plus de se rassurer eux-mêmes, ils rassurent également ainsi les managers dans les entreprises et les dirigeants de secteurs comme le tourisme ou le cinéma. Après tout, il y a une solution pour que tout rentre dans l’ordre et que l’économie reparte : il suffit que tout le monde porte un masque !

    La réalité, évidemment, est moins reluisante. La consigne de porter un masque risque d’être ignorée dans beaucoup de cas. Le virus pourrait se disséminer à nouveau, faute de mise à niveau des pratiques dans tous les secteurs. Face à une potentielle nouvelle vague de cas de COVID-19, les pouvoirs publics seront à nouveau tentés de s’arranger avec la vérité pour tenter de rassurer la population (et eux-mêmes) à court terme. Les masques sont donc le cache-misère de notre paralysie collective face à la transition.

    Pire encore : un cercle vicieux est à l’oeuvre. Une proportion non négligeable de la population est déjà consciente que les choses doivent changer de façon radicale. Quand ils entendent le Gouvernement dire que non, que les masques permettent de revenir à notre vie d’avant, avec juste quelques précautions à la marge, ils sentent bien que quelque chose cloche. La prochaine fois que les pouvoirs publics feront des annonces et recommanderont des bonnes pratiques, ils se heurteront donc à encore plus de défiance, qui rendra encore plus difficile d’engager la transition !

    C’est pourquoi Laetitia et moi avons à coeur d’expliquer sans relâche cette crise et cette transition. Vous aussi pouvez participer à cet effort en vous abonnant à Nouveau Départ, si ce n’est déjà fait, et en rejoignant notre communauté d’entrepreneurs, professionnels et citoyens engagés.

    🏙 Les villes après la pandémie

    Mardi 1er septembre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur l’avenir des villes au sortir de cette période de confinement. On lit, notamment dans la presse américaine, des gros titres alarmistes sur le déclin à venir de New York ou l’exode massif des habitants de San Francisco. Dans notre conversation “À deux voix”, Laetitia et moi apportons des nuances à cette vision des choses et rappelons une loi universelle révélée par l’Histoire : les villes ne meurent jamais !

    ✊ Féminisme : la nouvelle generation

    Mercredi 2 septembre | Interview 🎧 sur le renouveau du féminisme avec Rebecca Amsellem. À partir du #5novembre16h47 les femmes travaillent gratuitement. Le mouvement à l’origine de ce hashtag est né il y a quatre ans pour sensibiliser l’opinion publique aux inégalités salariales. Derrière ce projet, Rebecca Amsellem, une entrepreneuse féministe, fondatrice des Glorieuses. Au fil de cette interview, Laetitia dresse le portrait d’une activiste qui a fait du féminisme son métier.

    🇺🇸 Universités américaines : le bout de la piste ?

    Jeudi 3 septembre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur l’enseignement supérieur aux États-Unis à l’épreuve de la pandémie. Nous sommes tous vaguement familiers des spécificités du système universitaire américain : concentration des ressources et du prestige dans quelques établissements mondialement connus ; endettement massif des étudiants pour accéder à l’enseignement supérieur ; importance de la vie sur le campus. Que restera-t-il de tout ça après la pandémie ?

    Pour ne rien manquer de ces contenus, abonnez-vous si…



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    7 min
  • Comprendre le régime chinois

    Notre second podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré à la République populaire de Chine 🇨🇳 Nous sentons tous que les choses bougent à toute vitesse entre la Chine et l’Occident. C’est le moment que Nicolas et moi avons choisi pour nous pencher sur le régime chinois et tenter de mieux le comprendre.

    Alors que nous vivons une sorte de “guerre froide”, les États-Unis et, dans une moindre mesure, les pays européens cherchent à devenir de moins en moins dépendants de l’économie chinoise.

    Ce processus s’accompagne d’une moindre censure médiatique pour ce qui est de critiquer le régime chinois. La répression à Hong Kong semble avoir ouvert les yeux de certains Occidentaux. De nombreux médias américains, si réticents hier à dénoncer la Chine de peur de faire du mal aux intérêts américains en Chine, deviennent aujourd’hui ouvertement critiques vis-à-vis du régime de Xi Jinping.

    Plus que jamais, il est important de mieux comprendre la nature de ce régime et de se pencher sur ses origines historiques, culturelles et politiques. Depuis environ cinq ans, Nicolas fait de nombreuses lectures sur la Chine, rencontre des experts et y a séjourné plusieurs fois.

    Il parle de “dissonance cognitive” à propos de sa relation avec ce pays : d’un côté, on parle de l’ouverture de la Chine, de son développement économique et de ses entreprises numériques ; de l’autre, on parle de répression, de surveillance et de régime autoritaire.

    Mais cette “dissonance” n’existe qu’à nos yeux d’Occidentaux. Du point de vue du Parti communiste chinois, tout est parfaitement cohérent, au contraire. Pour commencer à comprendre le régime chinois, il faut d’abord saisir le rôle et le fonctionnement du PCC dans la société et l’économie chinoises. C’est le sujet du livre The Party de Richard McGregor, à propos duquel Nicolas a rédigé la Note de lecture de cette semaine.

    L’omniprésence du Parti dans toutes les sphères de la société est aussi une manière, pour Pékin, d’être averti de ce qui se passe dans le pays. Pour un régime autoritaire comme celui de Pékin, cette “sensibilité” à tout ce qui se passe est absolument vitale. Comme les Chinois ne peuvent pas exprimer ce qu’ils pensent en participant à des élections, il est important de se mettre à leur écoute d’une autre manière – en l’occurrence, en multipliant les points de contact et en faisant remonter ces “notes d’ambiance” qui permettent à Pékin de savoir à tout instant comment va le pays et quel est l’état d’esprit de ses habitants. Pour survivre et grandir, le Parti a besoin de stabilité et celle-ci ne peut pas être imposée par la force : il faut allier une amélioration continue du niveau de vie (d’où l’importance de la stratégie de développement économique) et une capacité à savoir ce qui se passe sur le terrain et comment les Chinois se sentent au quotidien.

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    52 min
  • 🇨🇳 "The Party", de Richard McGregor

    Nous autres Occidentaux pensons que pour en savoir plus sur la vie politique d’un pays et ceux qui le dirigent, il suffit de lire les journaux et quelques livres consacrés à l’actualité. Cette approche, malheureusement, n’est pas possible en Chine. Celle-ci n’est pas une démocratie (elle ne fait même pas semblant de l’être, contrairement à beaucoup d’autres pays soumis à un régime autoritaire). Et la liberté de la presse n’y a pas cours : aucun journaliste en Chine ne se risque à consacrer une ligne au dessous des cartes du régime, de peur d’être confronté à la censure, voire à la prison.

    Dans ce contexte de manque de visibilité totale, des livres comme The Party, écrit par le journaliste australien Richard McGregor en 2010 (c’est-à-dire avant l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping), sont particulièrement précieux.

    Le livre de McGregor, aujourd’hui Senior Fellow au Lowy Institute, sort du lot pour deux raisons :

    * D’une part, il ne s’agit pas d’un livre sur la Chine en général, comme c’est trop souvent le cas des ouvrages publiés en France sur le sujet, mais bien d’un livre consacré au Parti communiste chinois – ou, plus exactement, comme le sous-titre l’indique, au “monde secret des dirigeants communistes chinois”.

    * D’autre part, McGregor a passé huit ans à sillonner la Chine et à rencontrer des cadres du Parti en tant que correspondant local du prestigieux quotidien britannique The Financial Times. McGregor allie ainsi l’expérience du terrain avec la rigueur et la clarté d’expression caractéristique de son employeur et de la grande tradition journalistique anglo-saxonne.

    Une immense organisation

    La première chose à retenir de l’ouvrage, c’est l’importance du Parti communiste comme point d’entrée pour comprendre la Chine. On présente souvent Xi Jinping comme “le président de la République populaire de Chine”. Mais ceux qui connaissent bien la Chine rappellent volontiers que la fonction la plus importante de Xi est celle de “secrétaire général du Parti communiste”. Car, en Chine, le Parti prime sur l’Etat, et la politique locale est beaucoup mieux décryptée au prisme du Parti et de ses cadres qu’à celui de l’administration et de ceux qui la dirigent.

    Une deuxième chose importante, c’est que le Parti est une immense organisation. On dit qu’il compte plus de 80 millions de membres (un adulte sur 12), qui ont des responsabilités d’encadrement ou animent la vie du Parti à tous les échelons et dans toutes les dimensions de la société chinoise : dans l’administration, bien sûr (à Pékin, dans les provinces, mais aussi dans les villes et villages de tout le pays), mais aussi dans les universités et même les entreprises ! En Chine, toute organisation est tenue d’accueillir en son sein une cellule du Parti, qui constitue une sorte d’organigramme miroir. Tout dirigeant, qu’il soit du secteur public ou du secteur privé, a un correspondant direct au sein du Parti !

    Le fait que le Parti se ramifie ainsi au plus profond de la société chinoise est souvent perçu comme une manière de contrôler la société. C’est par ce biais, évidemment, que les dirigeants communistes scrutent le comportement des uns et des autres et vérifient la conformité à la ligne du Parti.

    Ce que nous comprenons moins bien, c’est que l’omniprésence du Parti dans toutes les sphères de la société est aussi une manière, pour Pékin, d’être averti de ce qui se passe dans le pays. Pour un régime autoritaire comme celui de Pékin, cette “sensibilité” à tout ce qui se passe est absolument vitale. Comme les Chinois ne peuvent pas exprimer ce qu’ils pensent en participant à des élections, il est important de se mettre à leur écoute d’une autre manière – en l’occurrence, en multipliant les points de contact et en faisant remonter ces “notes d’ambiance” qui permettent à Pékin de savoir à tout instant comment va le pays et quel est l’état d’esprit de ses habitants. Pour survivre et grandir, le Parti a besoin de stabilité et celle-ci ne peut pas être imposée par la force : il faut allier une amélioration continue du niveau de vie (d’où l’importance de la stratégie de développement économique) et une capacité à savoir ce qui se passe sur le terrain et comment les Chinois se sentent au quotidien.

    Le déroulement des carrières au sein du Parti

    Une autre contribution majeure de l’ouvrage de McGregor est la façon minutieuse dont il décrit le déroulement des carrières au sein du Parti communiste chinois. Une autre erreur de perspective que font beaucoup d’Occidentaux lorsqu’ils observent la Chine, c’est de penser que tout y est gouverné d’une main de fer depuis Pékin. La réalité est beaucoup plus nuancée. Chaque dirigeant du Parti, à tous les échelons, est à peu près le maître dans son royaume. Le mandat que lui donne le Parti est univoque : il faut faire remonter des informations et préserver à tout prix la stabilité. Si les prix montent trop vite, si les emplois sont trop rares ou si la corruption est trop visible, cela contribue à dégrader l’image du Parti auprès des citoyens. Le dirigeant local va alors faire l’objet d’évaluations négatives : sa carrière va stagner et, si on découvre des malversations, il risque fort de finir sa vie en prison. 

    A l’inverse, un dirigeant local va accéder à de plus hautes responsabilités – et, au passage, enrichir sa famille – s’il obtient les résultats qu’on attend de lui : une augmentation du niveau de vie dans sa ville ou sa province, pas trop de mécontentements et de manifestations de citoyens en colère, pas de corruption et d’enrichissement personnel étalés au grand jour. Tous les dirigeants connus du Parti, à commencer par Xi Jinping lui-même, ont couru ce marathon : leur carrière a débuté à la tête d’une cellule locale au fin fond des campagnes, puis ils ont pris du grade jusqu’à diriger le Parti à l’échelle d’une ville, d’une province, d’un ministère… avant de finalement rejoindre le Comité central à Pékin.

    Un parallèle avec l’administration française ?

    À bien des égards, la carrière des cadres du Parti n’est pas sans rappeler celle des préfets en France (la corruption et l’enrichissement en plus) : on commence jeune dans une sous-préfecture ; on prend du grade pendant des décennies ; les meilleurs finissent à la tête d’une préfecture de région ou d’une grande administration à Paris ; à toutes les étapes, les performances sont scrutées par une équipe spécialisée chargée d’évaluer les capacités et de recommander les promotions.

    En cela, le Parti emprunte beaucoup à la tradition administrative chinoise : celle des fameux “mandarins” de la Chine impériale. Ce n’est pas un hasard si tout cela nous est familier à nous Français : notre administration et notre système de promotion des dirigeants en son sein ont été façonnés par Napoléon qui s’inspirait directement du modèle administratif chinois !

    Une raison de plus de lire The Party par Richard McGregor 🇫🇷



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    7 min
  • Demain, tous travailleurs des plateformes ?

    Bonjour à tous ! Chaque mercredi, Nouveau Départ vous propose un entretien avec une personnalité éclairante. C’est au format audio 👆🎧, accessible à tous et complété par une mise en perspective ci-dessous.

    À l’agenda aujourd’hui 👇

    * Odile Chagny nous explique l’économie des plateformes

    * Le travail indépendant est-il la nouvelle frontière ?

    * L’économie de la passion ne tient pas (toujours) ses promesses

    * Les travailleurs essentiels sont dans les services de proximité

    Odile est économiste et cofondatrice de Sharers & Workers, un groupe d’experts et d’acteurs engagés qui réfléchissent à l’alignement des intérêts entre les travailleurs des plateformes et les entreprises qui opèrent ces plateformes.

    Son travail l’amène au contact des uns et des autres et lui permet de nous offrir une perspective unique sur cet univers encore mal connu, les problèmes qui empêchent son développement depuis plusieurs années, mais aussi la manière dont les différentes parties prenantes pourraient sortir de cette période d’incertitude et de conflit par le haut. Dans ce podcast, elle et moi abordons tous ces sujets qu’elle a par ailleurs traités dans un ouvrage Désubériser, paru aux Éditions du Faubourg au mois de mai :

    La crise du Covid-19 a montré à quel point chauffeurs VTC et livreurs sont exposés aux risques et peu protégés par la loi, sur les plans sanitaire, économique et social. Ils ne sont pas salariés et n'ont donc pas de droit de retrait, ils ne bénéficient pas non plus des actions de prévention et de protection de la santé que les employeurs sont normalement tenus de mener. Ils sont également très exposés et très peu protégés face au risque économique : l'activité des chauffeurs VTC, notamment, s'est effondrée pendant la crise et leur situation est souvent très difficile.

    Désubériser ne veut pas dire retourner en arrière, mais adapter les règles pour tenir compte de la nouvelle donne introduite par le numérique, en veillant à ce que celles-ci s'appliquent à tous les acteurs d'un même secteur. Mais surtout, le problème de fond de ces plateformes est qu'elles se positionnent sur des segments trop peu créateurs de valeur, ce qui les conduit à faire du dumping social un élément déterminant de la rentabilité de leur modèle économique. La variable d'ajustement ne doit pas être le social...mais le service !

    “Désubériser” doit donc s'entendre ici dans un sens positif : faciliter la transition de ces plateformes vers un modèle plus riche en services, en valorisant leur réseau d'utilisateurs et les données qu'il permet d'exploiter.

    🎧 Écoutez le podcast en cliquant dans le player ci-dessus 👆, ou bien en le téléchargeant dans votre application préférée !

    Un autre univers qui permet de mieux comprendre la transition dans le monde du travail, c’est celui des travailleurs indépendants. Non, bien sûr, que nous soyons tous voués à quitter le monde du salariat pour nous mettre à notre compte : les salariés seront probablement toujours la majorité dans la population active ! Mais dans notre économie de plus en plus numérique, qui se caractérise par des vagues d’innovations plus fréquentes et une grande instabilité à tous les niveaux, même les travailleurs salariés seront demain confrontés à des problèmes jusqu’ici propres aux indépendants.

    C’est pour cette raison qu’il faut s’intéresser de près à l’innovation institutionnelle dans le monde des indépendants — ce que nous avons fait à l’occasion d’une conversation avec Hind Elidrissi, fondatrice de la société WeMind et du nouveau syndicat Indépendants.co. Hind nous explique en détail les risques et les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs indépendants, les solutions mises en place pour les aider à s’assurer, à se financer et à se loger, et les progrès qui seraient nécessaires sur le front institutionnel pour que l’instabilité caractéristique du monde des indépendants ne soit pas synonyme de précarité.

    Aller plus loin 👇

    🎧 Les indépendants et le futur de la protection sociale (conversation avec Hind Elidrissi)

    🎧 La France à l’épreuve de sa protection sociale (conversation avec Bruno Palier)

    La passion economy, littéralement “économie de la passion” fait beaucoup parler d’elle depuis l’an dernier, entre les articles de Li Jin, ancienne de la société de capital-risque Andreessen Horowitz, et le livre d’Adam Davidson The Passion Economy: The New Rules for Thriving in the Twenty-First Century (2019).

    Dans notre conversation “À deux voix” mise en ligne au mois de juillet, Laetitia partageait son scepticisme quant à l’utilisation du mot “passion” :

    L’idée selon laquelle chacun doit “suivre sa passion” et “trouver sa voie” est anxiogène, et sans doute aussi élitiste, car elle laisse penser qu’il faudrait qu’il y ait un Picasso ou un Jimi Hendrix en chacun de nous. En réalité, l’idée la plus intéressante derrière le concept de la passion economy, c’est ce qu’implique la fin du paradigme de l’économie de masse : on doit apprendre à offrir quelque chose de différent pour sortir du lot.

    Aller plus loin 👇

    🎧 Économie de la passion : mythe ou réalité ? (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)

    🎧 Entreprendre sans permission (conversation avec Hugo Amsellem)

    🎧 Se préparer pour mieux switcher (conversation avec Clara Delétraz)

    La crise actuelle met en lumière comme jamais les travailleurs modestes (“du livreur à la caissière”) qui sont, avec les soignants, ceux qui risquent leur vie pour maintenir les services essentiels pendant cette crise.

    Ces travailleurs représentent le “back office” de notre société. Quel sort les attend dans la société d'après la crise ? Que faire pour que la reconnaissance dont ils bénéficient aujourd'hui laisse des traces positives au-delà de la crise actuelle ? 

    Nous avons interviewé Denis Maillard au sujet de la crise du COVID-19 (dont il a lui-même été victime !) et ses conséquences sur le travail, la valorisation des travailleurs, l'évolution du dialogue social, et les Gilets jaunes...

    Aller plus loin 👇

    🎧 Quelle reconnaissance pour les travailleurs du “back office” ? (conversation avec Denis Maillard)

    🎧 La désagrégation du système scolaire (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)

    🎧 La récession et les femmes (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)

    * La désagrégation du système scolaire 🤯 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.

    * Les incohérences de la rentrée scolaire 🏫 (“Édito” par Laetitia)—accessible à tous.

    * Kamala Harris entre dans l'Histoire 🇺🇸 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.

    * Femmes de 50 ans : invisibles dans les médias ? 👩🏼‍💻 (conversation avec Sophie Dancourt)—accessible à tous.

    * La fabrique de la ménopause 🧪 (note de lecture par Laetitia)—réservé aux abonnés.

    * Le tour du monde de la transition 🌐 (“Récap d’été” par Laetitia)—accessible à tous.

    * Un marché du travail sans frontières ? 🛂 (conversation avec Alex Bouaziz)—accessible à tous.

    * Tout ce qu'on sait sur le COVID-19 🦠 (conversation avec le Dr Jean-David Zeitoun)—accessible à tous.

    Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).

    (Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    1 hr 3 min
  • Les incohérences de la rentrée scolaire

    Bonjour à tous ! Nouveau Départ fait peau neuve en prévision de la rentrée, avec une nouvelle identité graphique et beaucoup d’autres choses en préparation !

    En particulier, chaque lundi nous vous enverrons désormais un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente. Voici le premier “Édito” de cette nouvelle saison, logiquement consacré à la rentrée scolaire !

    À une semaine de la rentrée scolaire, le nombre de cas de COVID-19 augmente de manière alarmante en France. Alors que les clusters se multiplient, les inquiétudes sur la “rentrée” sont nombreuses. Jusqu’à récemment, on a choisi d’ignorer les signes alarmants d’une reprise de l’épidémie et continué d’affirmer que la rentrée se ferait partout “normalement”. Puis on a voulu rassurer en imposant le port obligatoire du masque pour les enfants de plus de 11 ans… sans être par ailleurs en mesure d’assurer des bonnes conditions de sécurité et de distanciation physique pour l’ensemble des élèves comme pour les enseignants. 

    Pour beaucoup de parents, l’incertitude sur les conditions scolaires est source d’angoisse. Certains se doutent bien que des classes ou des écoles seront forcées de fermer cet automne (si ce n’est pas toutes les classes et les écoles !), mais on espère que cela n’arrivera qu’aux autres. De nombreuses mères (et quelques pères) dont les carrières professionnelles seront en péril s’il faut encore garder les enfants à la maison préfèrent aujourd’hui fermer les yeux sur les signes alarmants de la reprise de l’épidémie.

    Par ailleurs, la pandémie rend visibles les archaïsmes et difficultés du système scolaire français. Totalement centralisé et standardisé, ce système conçu pour l’économie de masse de l’âge industriel ne permet pas les expérimentations locales et décourage les initiatives des enseignants. Il écrase les singularités et brise l’ambition des uns et des autres. Il est surtout peu adapté à la période de pandémie que nous vivons.

    Ce sont ainsi quelques 12 millions (!!) d’élèves d’un coup qui feront leur rentrée le même jour et dont les parents feront leurs courses scolaires dans les mêmes magasins les jours qui précèdent — un rite de passage si français où les parents montrent leur soumission au système en allant à la chasse au cahier à spirales à grands carreaux avec son protège-cahier violet transparent-pas-opaque, les pochettes de la bonne couleur et le crayon avec la bonne mine. Même s’ils seront nombreux à faire leurs courses en ligne et à éviter les transports en commun, on peut aisément imaginer que les bains de foule seront inévitables.  Les mouvements de population massifs requis par un système si centralisé ne pourront qu’accélérer la propagation du virus. Celle-ci provoquera à son tour des décisions radicales “massives” (fermetures d’écoles) qui pénaliseront davantage de familles.

    A l’inverse, chez nos voisins allemands, le système fédéral donne la responsabilité du système scolaire aux Länder. Il n’y a donc pas une rentrée scolaire, il y en a plusieurs : autant qu’il y a de Länder !Comme ces rentrées s’étalent entre début août et début septembre, il est possible de tirer les leçons des rentrées qui ont eu lieu dans un Land voisin quelques semaines plus tôt et d’ajuster la sienne en fonction. Dans toute l’Allemagne, on suit les clusters avec attention pour lancer des campagnes de tests là où c’est nécessaire.

    Pour comprendre l’organisation de notre système scolaire, il faut remonter dans l’histoire. La centralisation et la standardisation caractéristiques de notre système scolaire hérité de la IIIe République ont permis de démocratiser l’instruction. Elles étaient parfaitement adaptées à l’âge industriel qui valorisait la conformité et la fiabilité. L’activité économique et la richesse étaient mieux réparties sur le territoire et les chances de réussite mieux partagées. L’égalité d’accès devant le service public s’accompagnait d’une mobilité sociale ascendante. 

    Aujourd’hui, les syndicats enseignants affirment vouloir défendre encore ces valeurs qui ont fait la force de l’école obligatoire de Jules Ferry, mais on y voit surtout une grande hypocrisie. Tous les trois ans depuis deux décennies, l’enquête PISA de l’OCDE révèle des résultats de plus en plus mauvais pour la France. Si la moyenne des résultats n’est pas si basse, en revanche les inégalités sont catastrophiquement élevées. “Les élèves français de milieux sociaux économique défavorisés sont cinq fois plus nombreux que ceux des milieux favorisés à ne pas atteindre le niveau minimal de lecture. C’est l’un des scores les plus élevés de l’OCDE”, explique le secrétaire général de l’OCDE. L’égalité de service public n’est plus qu’un mirage. 

    Le modèle de services “égaux”, standardisés et centralisés est également incompatible avec notre âge numérique, qui requiert “itérations”, expérimentations et innovations sur le terrain. Ce n’est pas de “soldats” interchangeables dont l’Education nationale a besoin, c’est de relations humaines singulières. Comme l’explique Hilary Cottam dans un livre superbe intitulé Radical Help, “les relations humaines sont la ressource la plus précieuse dont nous disposons”. À propos de son livre, j’ai écrit : “L’offre de services de proximité telle qu’elle est structurée aujourd’hui minimise l’importance des relations singulières entre individus. Le modèle fordiste et sa recherche des gains de productivité par l’organisation scientifique du travail ont façonné la manière dont on a structuré toutes les activités au XXe siècle, dans le secteur public comme dans le secteur privé.”

    Parmi les enseignant.e.s de l’Education nationale, il y a des personnes dévouées et talentueuses qui ont redoublé d’imagination pour faire cours quand les écoles étaient fermées. Certains se sont mis à utiliser WhatsApp et Discord (une application de gamers) et ont revu de fond en comble leur manière d’enseigner. Leurs initiatives ont été tolérées par l’institution, mais jamais encouragées ou valorisées. 

    Par ailleurs, les moyens mis à disposition des enseignants sont dérisoires : aucune formation, aucun équipement fourni, aucun abonnement à des logiciels, ni cours en ligne dignes de ce nom. C’est avec leurs deniers personnels que les enseignants français, deux fois moins bien rémunérés que leurs homologues allemands, ont pu assurer la continuité pédagogique. Les “ENT” (espaces numériques de travail) de l’Education nationale, en plus d’avoir un design sorti tout droit de la fin des années 1990, n’ont pas tenu la charge.

    En voulant à tout prix que cette période de pandémie ne soit qu’un événement “exceptionnel” qui ne remet pas en question le système dans sa globalité, on passe à côté de l’occasion d’opérer la transition numérique de l’éducation nationale. Valoriser les expérimentations et les initiatives sur le terrain, investir dans des équipements à la hauteur, créer une école en ligne de haut niveau qui pourrait bénéficier à des enfants qui font l’école à la maison n’importe où en France (une “Khan Academy” à la française qui serait mieux que le CNED !), et concevoir l’école “normale” comme une expérience hybride (en ligne et sur place) … voilà quelques-unes des idées qui auraient pu être creusées pendant cette période.

    La standardisation et la centralisation de l’éducation sont deux des éléments qui contribuent à rendre le métier d’enseignant si peu attractif aujourd’hui. C’est aussi ce qui nous empêche de mettre l’école au niveau des défis d’aujourd’hui. Pour cela, il faudrait accepter d’utiliser des mots qui sont devenus tabous lorsqu’on parle des enseignants : artisanat, autonomie, ambition, singularité, élite… On sait produire une “élite” chez les élèves. Mais c’est d’un élitisme enseignant dont on aurait besoin pour relever les défis du numérique et de la pandémie.

    Abonnez-vous à Nouveau Départ pour poursuivre la discussion sur la transition numérique de l’éducation – en particulier dans le cadre d’un épisode …



    This is a public episode. If you would like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.nouveaudepart.co
    7 min

About Nouveau Départ

From the publisher's feed

Le média de la transition

www.nouveaudepart.co

More shows like Nouveau Départ

Grand bien vous fasse ! by France Inter

Grand bien vous fasse !

69 Listeners

Génération Do It Yourself by Matthieu Stefani | Collision Productions

Génération Do It Yourself

102 Listeners

Change ma vie : Outils pour l'esprit by Clotilde Dusoulier

Change ma vie : Outils pour l'esprit

309 Listeners

Vlan! by Gregory Pouy

Vlan!

96 Listeners

Les Couilles sur la table by Binge Audio

Les Couilles sur la table

165 Listeners

Programme B by Binge Audio

Programme B

24 Listeners

Le Podcast de Pauline Laigneau by Pauline Laigneau

Le Podcast de Pauline Laigneau

189 Listeners

Métamorphose, éveille ta conscience ! by Anne Ghesquière

Métamorphose, éveille ta conscience !

108 Listeners

Méta de Choc - la pensée critique appliquée à soi by Élisabeth Feytit

Méta de Choc - la pensée critique appliquée à soi

12 Listeners

C'est plus compliqué que ça by wave.audio

C'est plus compliqué que ça

8 Listeners

Vivons heureux avant la fin du monde : des idées pour repenser nos modèles de société by ARTE Radio

Vivons heureux avant la fin du monde : des idées pour repenser nos modèles de société

37 Listeners

Thune by Laurence Vély

Thune

11 Listeners

LEGEND by Guillaume Pley

LEGEND

162 Listeners

Folie Douce - politiser la santé mentale by Lauren Bastide

Folie Douce - politiser la santé mentale

18 Listeners

Renverser la table by Victoire Tuaillon

Renverser la table

8 Listeners