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Bonjour à tous ! Chaque lundi nous vous envoyons un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente.
L’“Édito” de cette semaine parle des arbitrages en temps de pandémie. L’idée qu’il y aurait un choix à faire entre la santé des individus et celle de l’économie est fallacieuse.
Depuis le confinement, de nombreux commentateurs ont pris l’habitude de mettre en balance la gestion de la crise sanitaire et celle de la crise économique. Il y aurait, dit-on, des arbitrages à faire entre des points de croissance et des “points” de contagion. Chaque mesure restrictive mise en place pour limiter la propagation (fermeture d’établissements, couvre-feu, confinement…) devrait se payer en terme de PIB. Mais est-ce vraiment si simple ?
En réalité, il n’existe pas, à l’échelle des pays, de corrélation évidente entre la dureté de la gestion de la crise sanitaire et la vigueur de l’économie. D’autres facteurs jouent un rôle plus important : la qualité du système de santé, la confiance de la population, la transition numérique des entreprises, la part de l’économie informelle ou encore le degré de dépendance de l’économie nationale vis-à-vis des autres pays. Certains pays plus laxistes du point de vue de la gestion sanitaire subissent néanmoins la crise économique de plein fouet.
Par exemple, la Suède n’a pas, contrairement aux autres pays scandinaves (Danemark, Finlande, Norvège), confiné sa population. Les restaurants sont constamment restés ouverts. Le masque n’y est pas obligatoire. Il n’y a pas de couvre-feu. Malgré cela, au second trimestre 2020, le PIB suédois a chuté de 8,6%, alors qu’il n’a chuté “que” de 7,4% au Danemark et 3,2% en Finlande. Laisser mourir les personnes âgées dans les maisons de retraite (il y a eu six fois plus de décès que dans les autres pays scandinaves), cela n’a visiblement pas “payé” en points de croissance !
Au printemps, Donald Trump fustigeait, au nom de l’économie américaine, les gouverneurs des Etats qui avaient mis en place les mesures de confinement les plus strictes. “Laissez les Américains manger au restaurant, aller dans les salles de sport et au cinéma”, disaient alors les Républicains. Depuis plusieurs mois, même si la plupart des Etats ont levé les restrictions, et l’essentiel des restaurants, salles de cinéma ou parcs d’attraction peuvent accueillir des clients plus ou moins normalement, leur activité ne reprend pas. La demande est au point mort. Les faillites se multiplient.
Tant que les restrictions étaient en place, cela s’accompagnait souvent de dispositifs d’aide aux acteurs concernés. La fermeture des restaurants, des parcs d’attraction, des salles de spectacle ou des clubs de sport provoquaient une chute de l’offre qui expliquait clairement la baisse de l’activité économique. Depuis que ces restrictions ont été levées, la plupart des dispositifs d’aide ont également disparu. Et c’est désormais un problème de demande qui explique la catastrophe économique. Ce n’est pas parce qu’on a le droit de consommer librement qu’on va consommer forcément.
Disneyland a ré-ouvert en Floride, mais à cause de la hausse du nombre de cas de Covid dans l’Etat, les quelques optimistes qui avaient fait des réservations annulent en masse. Les touristes étrangers ne sont pas là. La demande intérieure est d’autant plus faible que les Américains sont inquiets et que beaucoup sont au chômage. Sans que des mesures restrictives ne soient en cause, Disneyland a décidé de réduire les horaires d’ouverture des parcs et de licencier 28 000 employés, faute de visiteurs.
Il en va de même des salles de sport qui sont nombreuses à mettre la clef sous la porte, et des salles de cinéma. En septembre, les salles de cinéma étaient ouvertes dans 44 États sur 50. Warner Bros a alors fait le pari de sortir le film Tenet de Christopher Nolan avec l’espoir d’en faire un blockbuster sans la concurrence d’autres grosses productions dans les salles. Le film est sorti dans près de 3 000 salles américaines, mais (presque) personne n’est allé le voir. Les studios hollywoodiens en ont conclu qu’il valait mieux reculer la sortie de leurs films les plus coûteux (parmi lesquels le dernier James Bond et le nouveau Wonder Woman).
Inquiets du fait de la propagation du virus et de leur situation économique, les Américains sont d’autant moins retournés dans les salles qu’on n’y montrait pas assez de films susceptibles de leur faire quitter leur canapé domestique. Du coup, la chaîne Cineworld a déjà fermé 536 salles de cinéma à travers le pays, et le groupe AMC, qui gère le plus grand nombre de multiplexes aux Etats-Unis, a annoncé qu’il serait à court de trésorerie d’ici la fin de l’année 2020.
Dans l’ensemble, face à une pandémie qu’on ne contrôle plus, et une incertitude qui nous dépasse, la défiance, la peur, ou la simple prudence incitent de nombreux consommateurs à rester chez eux et à garder leur portefeuille fermé. En voyant les courbes affolantes de la propagation, une part significative de la population renonce d’elle-même à aller au restaurant. Tant que nous n’aurons pas de maîtrise de la situation sanitaire, les points de croissance ne peuvent pas être “sauvés”.
Penser qu’il existe, à ce stade, un arbitrage à faire entre l’économie et la santé, c’est donc fallacieux, exactement comme l’est la mise en balance de l’économie et de la planète faite par certains médias (et par les entreprises les plus polluantes). Il n’y a pas de choix à faire entre l’économie et la santé des individus, comme il n’y en a pas entre l’économie et la santé de la planète – car sans la bonne santé (des individus et de la planète), il n’y a pas d’économie solide.
Aujourd’hui, les seuls arbitrages qui méritent d’être considérés sont entre la santé des uns et la santé des autres. Il semble presque absurde, à ce stade, de parler des dangers “économiques” d’un éventuel reconfinement. En revanche, il est pertinent de s’interroger sur les dangers d’un reconfinement pour la santé mentale et physique des personnes isolées et des personnes précaires, et toutes les manières de mieux les protéger.
👔 Qu’est-ce que “faire carrière” aujourd’hui ?
Mardi 27 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur la notion de “carrière” aujourd’hui. Alors que les plans de licenciement se multiplient dans les grandes entreprises, que la transition démographique se traduit par des vies actives plus longues, et que la révolution numérique transforme les métiers, c’est la notion même de carrière qui est bouleversée. Que veut dire “faire carrière” dans un contexte de changement de paradigme ?
🌐 Tout sur Nouveau Départ (2/2)
Mercredi 28 octobre | Interview 🎧 de Nicolas par moi. Nouveau Départ a six mois déjà 🎉 Pour l’occasion, nous avons réalisé des interviews croisées sur deux semaines. La semaine dernière, c’est moi qui était interviewée par Nicolas. Cette semaine, c’est moi qui ai interviewé Nicolas sur son travail, The Family, sa newsletter European Straits et bien d’autres choses. J’ai même cherché à lui faire partager les secrets de sa légendaire productivité !
🇺🇸 Comprendre la géographie électorale américaine
Jeudi 29 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur la géographie électorale aux États-Unis et son impact sur les élections de la semaine prochaine. On parle beaucoup des nombreux sondages qui donnent Joe Biden largement gagnant face à Donald Trump. On parle moins, en revanche, du système compliqué du “collège électoral” et de la façon dont le vote dans les différents États pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Nous y reviendrons à moins d’une semaine de l’élection !
Durant cette semaine “anniversaire”, nous vous proposons l’abonnement annuel à Nouveau Départ à -25% 🎉 Profitez-en vite : notre offre promotionnelle ne dure plus que quelques jours !
🇬🇧 Brexit : enfin, le dénouement ?
L’histoire du Brexit est interminable. Il y a 4 ans et demi, quand le référendum a créé la surprise, le contexte était bi…
Cette semaine et la semaine prochaine, nous faisons une pause dans notre format habituel de l’interview du mercredi car Nouveau Départ fête ses 6 mois d’existence 🎂
🎁 À cette occasion, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à la semaine prochaine, nous vous proposons un tarif exceptionnel pour l’abonnement annuel à Nouveau Départ. Profitez vite de notre offre spéciale “6 mois de Nouveau Départ” à -25% : l’abonnement annuel vous est proposé cette semaine à 112,50€/an, au lieu de 150€/an 🎉
Par ailleurs, aujourd’hui puis mercredi prochain, nous vous proposons deux interviews croisées : cette semaine, j’interviewe Laetitia à propos de Nouveau Départ, de la programmation à venir et de ses projets du moment. Mercredi prochain, c’est elle qui me posera des questions à son tour !
Dans notre conversation, Laetitia nous explique qu’elle va publier dans les tous prochains jours le premier numéro du podcast Building Bridges (en anglais) où elle interviewe des personnalités non francophones. Une version française de ces interviews sera proposée un mercredi sur deux à nos abonnés Nouveau Départ à partir du mois de novembre, en alternance avec l’interview d’une personnalité en français.
Parmi les personnalités que Laetitia a déjà interviewées pour Building Bridges, il y a :
* Leslie Kern, l’autrice canadienne de Feminist City (dont voici notre “Note de lecture”) ;
* James Crabtree, journaliste au Financial Times à qui on doit l’excellent The Billionaire Raj sur l’Inde contemporaine ;
* Andrew Scott, un économiste britannique spécialiste de la longévité et des questions démographiques ;
* Vaughn Tan, l’auteur de The Uncertainty Mindset dont nous parlons dans ce podcast “À deux voix” sur l’incertitude ;
* Bruno Maçães, un ancien ministre portugais, auteur du récent History Has Begun sur les États-Unis aujourd’hui.
Dans ce podcast, Laetitia raconte les interviews qu’elle a réalisées et pourquoi elle veut partager le fruit de ces rencontres avec nos abonnés Nouveau Départ. Au cours des prochaines semaines, elle ajoutera à cette liste une interview de l’économiste Mariana Mazzucato et une de l’entrepreneuse et autrice Hilary Cottam.
En 6 mois, Nouveau Départ a bien grandi. Vous êtes déjà plus de 2 300 à vous être inscrits sur notre liste de diffusion ! Pour continuer (et aller plus loin encore), nous avons besoin de votre soutien 🚀
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🎧 Au passage, pour découvrir l’histoire de la genèse de Nouveau Départ, vous pouvez également écouter ce podcast de Zevillage réalisé par Xavier de Mazenod qui nous a interviewés tous les deux sur les transformations du travail.
👉 Laetitia Vitaud et Nicolas Colin et la transformation du travail
Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).
(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
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L’“Édito” de cette semaine parle de deuil et de leadership. Et si notre salut se trouvait dans la banalité domestique ?
Les mots me manquent dans cette période terrifiante. Face aux actes indicibles, rien de tel que le silence. Face au chaos géopolitique, à l’effondrement de l’économie, aux menaces sur les libertés individuelles, aux risques de guerres, au repli sur soi et à la haine, je me demande quels mots sont à la hauteur. C’est bien embêtant quand on a fait son métier de coucher des mots sur le papier. Où que l’on regarde, les mots que l’on entend et que l’on lit sont tirés du champ lexical de la guerre. Qu’il s’agisse de pandémie, d’économie, de politique, de culture ou de nature, il n’est plus question que de belligérance, de combat, d’armes, de blessures et de mort.
Ces mots-là me fatiguent et m’abattent davantage. Si c’est ça l’écriture aujourd’hui, alors je n’ai pas envie de prendre la plume. J’aurais plutôt envie de passer l’aspirateur ou la serpillière, de faire un gâteau, de pétrir un pain et de m’occuper de ma famille. Et si la banalité de la sphère domestique, qui n’est jamais représentée dans les livres d’histoire (où l’on ne parle que de guerres), était notre salut ? Est-ce un hasard si dans la période actuelle, les mots qui conviennent le mieux sont ceux qui évoquent la banalité domestique ?
“Restez chez vous”, a dit Angela Merkel dans un discours à la nation. "Ce que sera l'hiver, ce que sera notre Noël, sera décidé dans les jours et les semaines à venir", a-t-elle ajouté. Il y a peu, elle parlait d’ouvrir les fenêtres et de l’importance d’une bonne aération des espaces privés et publics, car "c'est l'une des solutions les moins chères et les plus efficaces". Tant de banalité domestique ! L’archétype de la “bonne ménagère” serait-il l’avenir du leadership ?
Jacinda Ardern, qui vient de remporter à nouveau les élections en Nouvelle-Zélande, en partie pour sa bonne gestion “ménagère” de la pandémie, offre, elle aussi, une nouvelle définition non belliqueuse du leadership : "Il faut du courage et de la force pour être empathique, et je suis très fière d'être un leader empathique et compatissant. J'essaie de tracer un chemin différent, et cela attirera les critiques, mais je ne peux être fidèle qu'à moi-même et à la forme de leadership en laquelle je crois".
C’est toujours avec le plus grand mépris que l’on parle de la “ménagère”. Les annonceurs publicitaires ne la voient que comme une proie stupide dont il s’agit de vider le portefeuille. Les historiens l’ignorent totalement ou bien lui accordent une place insignifiante. Parfois, on l’associe à une forme de lâcheté : se réfugier dans la sphère domestique quand le monde est en guerre, c’est ne pas avoir le courage de se battre. Mais rien n’est plus faux. Panser les blessures et nourrir les vivants, il faut bien continuer à le faire.
“Tout le monde veut sauver la planète, mais personne ne veut aider Maman à faire la vaisselle.” Dans la période actuelle, c’est comme si Maman devenait la vraie héroïne de l’histoire. Merkel incarne cet archétype (bien que n’ayant pas d’enfants). Elle a fait l’histoire en étant constamment sous-estimée en politique, sous-estimée parce qu’elle a tout de la ménagère. Pourtant, elle incarne les valeurs du “monde libre” comme aucun autre dirigeant politique aujourd’hui. Elle a vécu la dictature de la RDA ; elle sait ce qu’est l’absence de liberté.
C’est vers elle ou Jacinda Ardern que j’ai le plus envie de me tourner, parce que je suis en deuil. Il y a environ 50 ans, la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a conçu le modèle des cinq étapes du deuil. La première phase est celle du déni, où les émotions semblent absentes. La seconde est celle de la colère. La troisième est une phase de “marchandage” faite de négociations et de chantages. La quatrième, c’est une longue dépression dont on a l’impression qu’on ne sortira pas. La cinquième, enfin, c’est l’acceptation de la perte, après laquelle on réorganise sa vie en fonction de cette perte. La tristesse ne disparaît pas, mais on vit avec, on peut même la faire cohabiter avec de la joie.
Souvent, ces phases ne se suivent pas de manière linéaire. Il ne s’agit pas forcément de passer par toutes ces étapes dans cet ordre-là. Il arrive qu’on fasse des retours en arrière avant de pouvoir recommencer à avancer. Mais sans l’acceptation, on ne peut pas se reconstruire. D’une certaine manière, la ménagère, c’est l’héroïne de la dernière phase du deuil, celle qui permet la reconstruction, la continuité et la liberté d’action. Je ne sais pas si on arrivera collectivement à cette phase-là, mais je comprends pourquoi je ressens le besoin d’une autre forme de leadership.
Sur ce, je vais aller faire la vaisselle et pendre le linge pour sauver le monde...
🇬🇧 Brexit : enfin, le dénouement ?
Mardi 20 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur le Royaume-Uni et l’imminence d’un Brexit “No Deal” sans accord avec l’Union européenne. L’histoire du Brexit est interminable. Il y a 4 ans et demi, quand le référendum a créé la surprise, le contexte était bien différent de ce qu’il est aujourd’hui. Le Brexit s’inscrivait dans la promesse de “Global Britain” et “Take Back Control”. L’incurie du gouvernement pendant la crise sanitaire prouve la vacuité de cette promesse.
🌐 Tout sur Nouveau Départ (1/2)
Mercredi 21 octobre | Interview 🎧 de moi par Nicolas. Nouveau Départ a six mois déjà 🎉 Pour l’occasion, nous réalisons une interview croisée sur deux semaines. Cette semaine, Nicolas m'a interviewée à propos de Nouveau Départ, de Building Bridges et de mon travail. La semaine prochaine, je l’interviewerai sur son actualité et son travail. Entre la première et la seconde interview, nous vous proposerons une offre promotionnelle exceptionnelle sur l’abonnement annuel à Nouveau Départ.
❓ Ask Us Anything #2
Jeudi 22 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 pour répondre aux questions de nos abonnés. Lors du premier épisode “Ask Us Anything”, nous n’avons pu répondre qu’à un peu plus de la moitié des questions qui nous ont été posées par nos abonné.e.s. Avec ce deuxième épisode, nous répondons à toutes les autres, notamment toutes celles qui concernent le futur du travail post-pandémie…
🧪 Les secrets pour faire grandir des startups
Beaucoup de pays, de villes et de territoires cherchent à faire grandir leur version de la Silicon Valley. Mais peu nombreux sont ceux qui savent quelles ressources rassembler et mélanger pour créer un écosystème entrepreneurial digne de ce nom. Dans cette conversation, Nicolas et moi discutons du livre de Brad Feld et Ian Hathaway The Startup Community Way.
👉 Écoutez 🎧 Les secrets pour faire grandir des startups 🧪 (conversation “À deux voix”)—réservé à nos abonnés.
🏳️🌈 Relancer une marque puissante : Têtu
La communauté gay française a longtemps eu son magazine : Têtu, fondé en 1995 par Didier Lestrade et Pascal Loubet. Mais après une longue période de difficultés économiques, celui-ci a mis la clef sous la porte en 2018… avant d’être repris par un groupe d’investisseurs rassemblés par Albin Serviant et de renouer avec la rentabilité. Nicolas a interviewé Albin pour Nouveau Départ !
👉 Écoutez 🎧 Relancer une marque puissante : Têtu 🏳️🌈 (conversation avec Albin Serviant)—accessible à tous.
😨 Apprendre à vivre avec l’incertitude
Le concept d’incertitude semble omniprésent. Il s’applique dans différents domaines : la gastronomie, l’entreprise, la finance, l’éducation et la société en général. Il y a peu, j’ai découvert le travail de Vaughn Tan, auteur de The Uncertainty Mindset. Nous discutons dans ce podcast des leçons à tirer des cuisines des grands chefs, et de l’importance du concept d’incertitude dans l’économie d’aujourd’hui.
👉 Écoutez 🎧 Apprendre à vivre avec l’incertitude 😨 (conversation “À deux voix”)—réservé à n…
Notre second podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine, enregistré pour la première fois à distance, est consacré à l’éducation et la stratégie dans un monde d’incertitude. Comment pouvons-nous apprendre à vivre avec l’incertitude ?
L’année 2020 nous pousse à poursuivre ou transformer notre activité et notre vie de famille dans un contexte d’incertitude extrême. Pourrons-nous nous déplacer normalement dans deux mois ? Faut-il organiser un événement programmé en mai 2021 à distance ? À quelle sauce serons-nous “mangés” économiquement parlant dans six mois ? Quand nous aurons tourné la page de la crise sanitaire, aurons-nous d’autres surprises liées au réchauffement climatique ou aux tensions géopolitiques ?
Le concept d’incertitude est sur toutes les lèvres. Il passionne les stratèges comme les éducateurs. Il s’applique dans différents domaines : la gastronomie, l’entreprise, la finance, l’éducation et la société en général. Et il nous incite à repenser nos manières de faire héritées de l’économie de masse du siècle dernier et basées sur les processus fiables, prévisibles et réplicables.
Récemment, Laetitia a découvert les travaux d’un professeur en stratégie du nom de Vaughn Tan, qui vient de publier un livre fascinant, The Uncertainty Mindset. Elle mettra en ligne prochainement un interview de lui réalisé pour Building Bridges (dont nous publierons la transcription en français pour nos abonnés Nouveau Départ).
Dans son livre, Vaughn Tan explique les leçons à tirer de l’innovation dans les cuisines des grands chefs. Aujourd’hui, il faut innover pour survivre. Or l’innovation, c’est l’incertitude permanente. C’est donc un “esprit d’incertitude” dont on a besoin :
“L’innovation est par nature vraiment incertaine. Avec le travail d’innovation, vous ne savez pas ce que vous cherchez jusqu’à ce que vous le trouviez ou le créiez. L’incertitude, c’est inévitable quand vous cherchez à faire quelque chose qui n’a jamais été fait ou imaginé auparavant.”
“Un management efficace de l’innovation implique la formation de personnes et d’équipes désireuses et capables d’arrêter de faire ce qu’elles font bien pour chercher à développer autre chose.” (The Uncertainty Mindset)
Laetitia vient aussi de publier cet article pour Welcome to the Jungle, intitulé “Ce que les chefs étoilés peuvent vous apprendre sur l'innovation” :
Alors que Vaughn Tan explore les leçons que les managers et les innovateurs peuvent tirer des meilleurs chefs du monde et de leurs équipes talentueuses, il défend l’idée d’un changement de paradigme managérial. Dans l’ancien paradigme, il fallait donner à chaque travailleur un rôle fixe et clairement défini. En revanche, dans un monde d’incertitude, les rôles doivent être ouverts et changeants dans une équipe conçue pour l’innovation. Chacun.e doit être capable d’apprendre constamment les un.e.s des autres et l’esprit d’incertitude doit imprégner et influencer la manière dont le travail est organisé.
Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).
(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
Bonjour à tous ! Chaque mercredi, Nouveau Départ vous propose un entretien avec une personnalité éclairante. C’est au format audio 👆🎧, accessible à tous et complété par une mise en perspective ci-dessous.
À l’agenda aujourd’hui 👇
* Albin Serviant sur la relance de Têtu
* Peut-on s’habiller comme on veut ?
* Féminisme : la nouvelle génération
* La Cour suprême des États-Unis
J’ai rencontré Albin, entrepreneur et investisseur, lorsque nous habitions tous les deux Londres qu’il y animait French Founders, une association d’entrepreneurs français au Royaume-Uni. Nous nous sommes ensuite revus plusieurs fois à l’époque où il bouclait un tour de table pour reprendre un titre légendaire, Têtu, et le réinventer pour en faire une plateforme vouée à la promotion de la diversité et de l’inclusion.
Albin et moi échangeons sur son parcours, de PepsiCo au monde des startups, sur l’histoire de Têtu, ce que veut dire reprendre une entreprise “à la barre”, comment lui et son équipe ont rendu Têtu rentable en faisant monter en gamme le magazine, en optant pour le modèle de l’abonnement de soutien et en diversifiant la marque dans plusieurs directions : un festival annuel, un forum pour promouvoir la diversité et l’inclusion en entreprise, et un message décidément positif.
Têtu fête ses 25 ans cette année, c’est le moment d’écouter ma conversation avec Albin en cliquant sur le lien vers le podcast en tête de cet article 👆
Il y a quelques temps, Jean-Michel Blanquer a créé la polémique en parlant des vêtements dans les établissements scolaires et des règlements les concernant : « L'école n'est pas un lieu comme les autres, ce n'est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient habillé d’une façon républicaine » a-t-il expliqué à la radio. Mais que signifie « d’une façon républicaine » ?
L’expression n’a pas manqué de faire réagir et Laetitia et moi avons souhaité revenir sur la question de l’émancipation dans l’histoire des normes vestimentaires. Laetitia parlons de vêtements, de nudité et de culture, et arrivons à la conclusion que le vêtement est le terrain de toutes les guerres culturelles. Pour l’occasion, Laetitia a également rédigé une “Note de lecture” sur l’ouvrage La Robe : Une histoire culturelle—Du Moyen Âge à aujourd’hui de Georges Vigarello (2017).
👉 Normes vestimentaires et émancipation (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé à nos abonnés.
Rebecca Amsellem est entrepreneuse et féministe. Avec sa newsletter Les Glorieuses, elle a mis ses qualités entrepreneuriales au service du féminisme. On lui doit aussi le mouvement associé au hashtag #5novembre16h47, né en 2016 pour sensibiliser les Français aux inégalités salariales. Elle en a eu l’idée après avoir observé la “grève” des femmes islandaises de 2016, qui sont massivement descendues dans les rues pour protester contre les inégalités salariales. “Pourquoi ne ferions-nous pas la même chose en France ?”, s’est-elle alors demandé.
Dans ce podcast mis en ligne il y a quelques semaines, Rebecca parle à Laetitia de son parcours, de la création des Glorieuses, des inégalités de revenus entre hommes et femmes, et ce qu’on pourrait faire pour y remédier. Nous parlons aussi de politique et de symboles. Pour elle, en politique, l’écart entre le discours et la réalité n’a probablement jamais été aussi grand.
👉 Féminisme : la nouvelle génération (conversation avec Rebecca Amsellem)—accessible à tous.
L’actualité politique aux États-Unis est dominée par l’audition de la juge Amy Coney Barrett, que Trump souhaite nommer à la Cour suprême à trois semaines d’une élection présidentielle qu’il a de grandes chances de perdre.
Si cette nomination est confirmée par le Sénat, elle pourrait donner aux conservateurs une majorité solide pendant plusieurs décennies et bloquer les velléités de réformes progressistes d’un Congrès dominé par les démocrates. En effet, la Cour a le pouvoir de judicial review, ce qui signifie qu’elle peut valider ou invalider les lois votées par le Congrès. Cela pourrait également provoquer le démantèlement complet de la réforme du système de santé passée sous l’administration Obama (Affordable Care Act) et faire reculer les droits des personnes LGBT.
Dans ce podcast “À deux voix”, Laetitia et moi rappelons ce qu’est la Cour suprême des États-Unis, qui sont les juges, quelle est son histoire et quels sont ses pouvoirs. C’est toujours avec un grand plaisir que nous reprenons ces sujets que nous avions déjà traités “à deux voix” dans les cours que donnions ensemble à Sciences-Po il y a maintenant plus de dix ans ❤️
👉 La Cour suprême dans l'histoire 🇺🇸 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé à nos abonnés.
* Les secrets pour faire grandir des startups 🧪 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Gare aux entreprises zombies ! 🧟♀️ (“Édito” par moi)—accessible à tous.
* Normes vestimentaires et émancipation 💪 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* La robe. Une histoire culturelle 👗 (“Note de lecture” par Laetitia)—réservé aux abonnés.
* Entreprendre en Afrique 💻 (conversation avec Serge Boupda)—accessible à tous.
* 30 ans d'unité allemande 🇩🇪 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Défendons l’instruction à domicile ✋ (“Édito” par Laetitia)—réservé aux abonnés.
* #AskUsAnything (épisode 1) ❓ (conversation entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Pourquoi la bourse va bien quand tout va mal 📈 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Makers & Takers, de Rana Foroohar 💰 (“Note de lecture” par moi)—réservé aux abonnés.
Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).
(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
Bonjour à tous ! Chaque lundi nous vous envoyons un “Édito” au format écrit 📝👇 ET audio 🎧☝️, pour à la fois mettre la semaine à venir en perspective et rappeler les contenus mis en ligne la semaine précédente.
L’“Édito” de cette semaine parle de la conjoncture économique (qui est catastrophique) et de la multiplication préoccupante des entreprises zombies.
Le déferlement du COVID-19 sur l’économie mondiale a provoqué un déploiement massif d’argent public auprès des entreprises comme des ménages. Combinées à une politique monétaire accommodante, des mesures comme les prêts garantis par l’État ou encore l’assouplissement du recours au chômage partiel ont permis à de nombreuses entreprises de garder la tête hors de l’eau en dépit d’une situation macroéconomique catastrophique. Pour mémoire, le PIB de la France devrait se contracter d’environ 10 à 12% cette année. Cette situation, infiniment plus désastreuse qu’après la crise financière de 2008, va forcément laisser des traces dans toutes les dimensions – économiques, sociales et politiques.
Depuis le début de l’été, en particulier, les économistes examinent l’état de l’économie et s’interrogent sur la forme de la reprise. Aux États-Unis, ce sont les lettres de l’alphabet qui sont utilisées pour illustrer ce débat. On a parlé d’abord parlé de “reprise en V” (V-shaped recovery) pour signifier que la pandémie n’était qu’une sorte de trou d’air et que l’économie allait vite retrouver son état normal.
Depuis une date plus récente, cependant, un consensus a commencé de se former sur l’idée d’une “reprise en K” (K-shaped recovery), c’est-à-dire une reprise marquée par une divergence radicale entre deux groupes d’entreprises (d’où le recours au ‘K’ et à ses deux barres latérales : l’une qui monte et l’autre qui descend) : d’un côté, ceux qui ont encaissé le choc et se portent désormais mieux que jamais ; de l’autre, ceux dont le maintien en activité dépend de la pérennité des aides de l’État. Tant que celui-ci apporte aides, subventions, accès à du crédit peu cher et exemptions fiscales, tout va bien. Mais il y a tout lieu de penser que quand ces aides s’arrêteront, nombreuses sont les entreprises qui mordront instantanément la poussière et disparaîtront.
Les économistes ont une image pour évoquer ces entreprises : ils les appellent les “entreprises zombies” 🧟♀️ Aujourd’hui, elles tiennent encore debout et poursuivent tant bien que mal leur activité ; mais en réalité, elles sont déjà mortes et cela se verra instantanément le jour où l’État cessera de les soutenir – parce qu’il n’y aura plus d’argent dans les caisses, parce que les taux d’intérêt seront repartis à la hausse, ou encore, tout simplement, parce qu’il n’est pas sain de soutenir éternellement des entreprises incapables de faire croître leur activité et de générer des bénéfices.
La situation paraît encore plus critique si l’on considère les différentes régions du monde. Les pays qui ont réussi à contenir la pandémie sont déjà engagés sur un chemin de reprise économique : c’est le cas de la Chine, foyer initial de l’épidémie, de ses principaux partenaires commerciaux en Asie, ainsi que de l’Allemagne, le bon élève en Europe. En revanche, les notes de conjoncture prédisent un nouveau ralentissement sans précédent de l’économie dans les pays qui font face à une nouvelle vague de contaminations, comme l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Brésil et le Mexique.
La situation macroéconomique défavorable va d’autant plus compliquer le jeu pour les entreprises qui cherchent à se relancer, gonflant ainsi au passage les rangs de cette armée de zombies dans différents secteurs de l’économie. Dans une note alarmante mise en ligne il y a une dizaine de jours, l’assureur Allianz prédit une augmentation de 31% des faillites d’entreprises en 2021 par rapport à cette année ! Même les zombies ne vivent pas éternellement, et cela va finir par se voir dans l’année qui vient – non sans conséquences désastreuses sur le marché du travail et les finances publiques. Après tout, plus les entreprises ferment, plus les travailleurs perdent leur emploi, plus les dépenses de l’assurance chômage augmentent, contribuant à gonfler un endettement public déjà sans précédent dans l’histoire.
Comment empêcher que cette armée de zombies emporte l’économie par le fond ? Difficile de sauver des entreprises qui n’ont pas la productivité nécessaire pour survivre au choc d’une pandémie mal maîtrisée. Soutenir ces entreprises au nom du maintien de l’emploi (et dans l’idée que l’économie va repartir bientôt…) coûte cher et ne sauvera pas des organisations qui sont de toutes façons condamnées. En revanche, on peut faciliter et hâter la transition pour les travailleurs en passe de perdre leur emploi, en soutenant ces individus plutôt que leurs emplois actuels – et en facilitant l’émergence d’entreprises nouvelles et à fort potentiel de croissance grâce à une politique industrielle adaptée.
🧪 Les secrets pour faire grandir des startups
Mardi 13 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur les écosystèmes entrepreneuriaux. Beaucoup de pays, de villes et de territoires cherchent à faire grandir leur version de la Silicon Valley. En même temps, peu nombreux sont ceux qui savent quelles ressources rassembler et mélanger pour créer un écosystème entrepreneurial digne de ce nom. Dans cette conversation, Laetitia et moi discutons du livre de Brad Feld et Ian Hathaway The Startup Community Way.
🏳️🌈 Relancer une marque puissante : Têtu
Mercredi 14 octobre | Interview 🎧 d’Albin Serviant sur la reprise du légendaire magazine Têtu. La communauté gay française a longtemps eu son magazine : Têtu, fondé en 1995 par Didier Lestrade et Pascal Loubet. Mais après une longue période de difficultés économiques, celui-ci a mis la clef sous la porte en 2018… avant d’être repris par un groupe d’investisseurs rassemblés par Albin et de renouer avec la rentabilité. Nous en discutons, Albin et moi, dans une interview à ne pas manquer !
😨 Apprendre à vivre avec l’incertitude
Jeudi 15 octobre | Podcast “À deux voix” 🎧 sur le concept d’incertitude et comment il s’applique dans différents domaines : la gastronomie, l’entreprise, la finance, l’éducation et la société en général. Il y a peu, Laetitia a en effet découvert le travail de Vaughn Tan, auteur de The Uncertainty Mindset. Elle nous explique les leçons à tirer de l’innovation dans les cuisines des grands chefs, et nous échangeons sur l’importance du concept d’incertitude dans l’économie d’aujourd’hui.
🇩🇪 30 ans d’unité allemande
Économiquement, culturellement et politiquement, l’Est et l’Ouest de l’Allemagne restent différents. Après 30 ans, on porte aujourd’hui sur le processus qui a abouti à l’unité allemande un regard plus nuancé qu’en 1990, quand on voulait tout effacer et oublier de la RDA. Nicolas et moi parlons dans ce podcast des histoires familiales qui nous amènent en Allemagne cette année.
👉 Écoutez 🎧 30 ans d'unité allemande 🇩🇪 (conversation “À deux voix”)—réservé à nos abonnés.
💻 Entreprendre en Afrique
Serge Boupda est le cofondateur de Diool, une entreprise de paiements sur téléphone mobile qui grandit depuis le Cameroun, son pays d’origine. Serge et Nicolas se connaissent depuis longtemps car Diool fait partie du portefeuille de The Family. Ils échangent sur les startups dans les services financiers, l’entrepreneuriat en Afrique et l’avenir de l’Afrique en général.
👉 Écoutez 🎧 Entreprendre en Afrique (conversation avec Serge Boupda)—accessible à tous.
👚 Normes vestimentaires et émancipation
Nous réagissons aux débats sur les “tenues républicaines” à l’école qui a lieu en France en même temps que le sujet du voile ne cesse de causer des controverses. Dans les deux cas, les normes vestimentaires concernent les femmes. Ces normes s’assouplissent dans la société, mais non sans heurt : le vêtement est le terrain de toutes les guerres culturelles.
👉 Écoutez 🎧 Normes vestimentaires et émancipation (conversation “À deux voix”)—réservé à nos abonn…
Notre second podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré au sujet des normes vestimentaires et de l’émancipation des individus dans la société française.
En parlant de « tenues républicaines » à l’école, le ministre de l’Éducation nationale a suscité l’ire des féministes, pour qui les jugements et restrictions concernant les normes vestimentaires — qu’il s’agisse du voile ou des crop tops— visent toujours spécifiquement les femmes 👚 et touchent profondément à leur émancipation.
Il y a quelques jours, Jean-Michel Blanquer a créé la polémique en parlant des vêtements dans les établissements scolaires et des règlements les concernant : « L'école n'est pas un lieu comme les autres, ce n'est pas comme si vous allez à la plage ou en boîte de nuit. Chacun peut comprendre qu’on vient habillé d’une façon républicaine » a-t-il expliqué à la radio. Mais que signifie « d’une façon républicaine » ? L’expression n’a pas manqué de faire réagir Rebecca Amsellem qui a écrit dans sa newsletter Les Glorieuses :
Nous pouvons maintenant répondre à la fameuse question « un t-shirt Batman c’est républicain ou pas ? » Oui, un t-shirt Batman peut-être considéré comme « une tenue républicaine » dès lors qu’il est porté par un garçon. Mais s’il est porté par une fille, cela dépend. S’il est trop court, c’est non. S’il est trop long, c’est non. S’il est trop transparent, c’est également non. Et si le design du t-shirt fait que ce dernier lui couvre les cheveux, c’est complètement non, « parce qu’on est en France MADAME ». En somme, tout ce qui est porté par un garçon et qui ne peut pas être qualifié de « féminin » est considéré dans notre société comme une tenue républicaine. Tout ce qui est porté par une fille, eh bien cela dépend de la réaction des hommes qui la verront.
🎧 À ce sujet, réécoutez ma conversation avec Rebecca il y a quelques semaines 👉 Féminisme : la nouvelle génération ✊
Tout cela a créé la polémique au sein même du gouvernement. Élisabeth Moreno, la ministre déléguée à l'égalité femmes-hommes, s’est empressée de dire au Parisien que : « En France, chacun est libre de s'habiller comme il le veut. Les femmes ont mis des siècles à pouvoir s'affranchir de codes vestimentaires. Cette liberté conquise de haute lutte n'a pas de prix. C'est aussi un enjeu d'éducation des jeunes garçons, du rapport qu'ils entretiennent aux jeunes filles et lié aux valeurs de respect. »
Nicolas et moi réagissons à ces débats dans cet épisode “À deux voix” dans lequel nous parlons des normes vestimentaires, de nudité et de culture, et arrivons à la conclusion que le vêtement est le terrain de toutes les guerres culturelles. Pour l’occasion, nous avons également rédigé une “Note de lecture” sur l’ouvrage La Robe : Une histoire culturelle—Du Moyen Âge à aujourd’hui de Georges Vigarello (2017).
Et si le vêtement était bien moins superficiel qu’il n’y paraît ? C’est parce que le vêtement est si parlant sur la culture, et notamment, sur les rôles assignés aux femmes et aux hommes dans une société, qu’historiens et sociologues s’y intéressent autant. Corsets, chaussures inconfortables, jupes ou robes ont souvent empêché les femmes d’êtres libres de leurs mouvements. Les corsets dans l’Europe du XIXe siècle ou la coutume des pieds bandés en Chine offraient même la garantie qu’elles n’iraient nulle part.
Quand on regarde se succéder les modes vestimentaires au fil des décennies, on voit les vêtements devenir tantôt amples et confortables, tantôt rigides et contraignants, et on ne peut s’empêcher de constater en parallèle que les vêtements plus souples accompagnent souvent une certaine libéralisation des moeurs. Les vêtements des femmes ouvrières pendant la seconde guerre mondiale ne ressemblent en rien à ceux qu’elles ont porté en bonnes ménagères des années 1950, par exemple.
Pourtant, associer systématiquement l’amplitude d’un vêtement avec le pouvoir du corps qui le porte serait trop simpliste. L’histoire montre que les vêtements les plus contraignants ont parfois été détournés comme symboles de pouvoir. Le talon aiguille en est un exemple emblématique, comme le corset, que l’on retrouve dans l’univers des sado-masochistes.
Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).
(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
Et si le vêtement était bien moins superficiel qu’il n’y paraît ? C’est parce que le vêtement est si parlant sur la culture, notamment les rôles assignés aux femmes et aux hommes dans une société, qu’historiens et sociologues s’y intéressent autant. Corsets, chaussures inconfortables, jupes ou robes ont souvent empêché les femmes d’êtres libres de leurs mouvements. Les corsets dans l’Europe du XIXe siècle ou la coutume des pieds bandés en Chine offraient même la garantie qu’elles n’iraient nulle part.
Quand on regarde se succéder les modes vestimentaires au fil des décennies, on voit les vêtements devenir tantôt amples et confortables, tantôt rigides et contraignants, et on ne peut s’empêcher de constater en parallèle que les vêtements plus souples accompagnent souvent une certaine libéralisation des moeurs. Les vêtements des femmes ouvrières pendant la seconde guerre mondiale ne ressemblent en rien à ceux qu’elles ont porté en bonnes ménagères des années 1950, par exemple.
Pourtant, associer systématiquement l’amplitude d’un vêtement avec le pouvoir du corps qui le porte serait trop simpliste. L’histoire montre que les vêtements les plus contraignants ont parfois été détournés comme symboles de pouvoir. Le talon aiguille en est un exemple emblématique, comme le corset, que l’on retrouve dans l’univers des sado-masochistes.
Georges Vigarello est l’historien français qui s’est le plus intéressé aux vêtements, représentations du corps et pratiques corporelles. Avant de devenir directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, il a même fait une thèse sur « Le corps redressé, culture et pédagogie » en 1977, dans la décennie où les féministes ont brûlé leurs soutien-gorges identifiés comme symboles de l’oppression des femmes.
Dans un livre de 2017 consacré à la robe dans l’histoire, du Moyen Âge à nos jours, La robe. Une histoire culturelle, il raconte l’émancipation (et l’oppression) des femmes à travers les péripéties de ce vêtement. « La robe épouse une vision du monde », un monde longtemps dominé par les hommes. Pendant des siècles, la robe a coupé le corps des femmes en deux, avec le haut du corps sublimé, comme « installé sur un piédestal » (corset et armatures), et les jambes cachées sous une abondance de tissus et empêchées de se déplacer librement.
Le fait même qu’il était considéré comme indécent de voir les jambes des femmes en dit long sur le tabou de la mobilité physique : le vêtement était évidemment un moyen de contrôle des corps. Il est frappant de voir qu’au XIXe siècle, les vêtements des hommes dévoilaient toujours plus les jambes pour en « souligner la liberté » tandis que les femmes de la bourgeoisie urbaine devaient avoir la taille marquée grâce à un corset qui causait d’innombrables problèmes de santé, dont l’évanouissement n’est qu’un exemple.
Structure « implacable » qui pousse le corps féminin vers une « anatomie artificielle », le corset « dresse » les femmes. Vigarello évoque le célèbre récit de cette autopsie d’une femme de cour faite par le chirurgien Ambroise Paré : « pour vouloir montrer avoir le corps beau et grêle, elle se faisait serrer de sorte que je trouvai les fausses cotes chevauchant les unes par-dessus les autres qui faisaient que son estomac étant pressé ne pouvait s’étendre pour contenir la viande, et après avoir mangé et bu, était contrainte de le rejeter, et le corps n’étant nourri devint maigre ». Tout un programme !
Le vêtement féminin devait être « esthétique » tandis que le vêtement masculin devait être « fonctionnel ». Mais les Lumières puis la révolution apportent un peu de liberté aux corps des femmes. On s’intéresse de plus en plus à ce qui se porte alors en Angleterre. Et le goût anglais « pour la campagne, le plein air, la simplicité » assouplit les vêtements (dont ceux qu’aimaient porter Marie-Antoinette au Petit Trianon, loin des contraintes et artifices de la Cour).
Si l’on en croit l’histoire des vêtements, les femmes auraient pu gagner de nouveaux droits politiques au XVIIIe siècle ! A la révolution, la robe fluide, légère, simplement marquée par un lacet sous les seins imite les robes des premières démocraties grecques. « La déclaration des droits correspond à une nouvelle liberté de mouvement, de corps, de même que la loi sur le divorce de 1792 devient l’aboutissement d’une logique de l’égalité. » Pour Olympe de Gouges, les femmes « doivent être également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics. » L’occasion est ratée : la Convention renvoie vite les femmes à la sphère domestique.
L’histoire de la robe est une histoire passionnante, notamment quand le pantalon commence à lui faire concurrence et « concrétise une exigence d’aisance et de disponibilité. » Les débats d’aujourd’hui sur les « tenues républicaines » à l’école s’inscrivent eux-aussi dans cette histoire du vêtement, qui cristallise à lui-seul les attentes culturelles vis-à-vis des femmes. Vigarello n’en parle pas dans son livre, mais on comprend en le lisant que ce qui se joue-là, c’est encore et toujours une histoire d’oppression ou d’émancipation.
Bonjour à tous ! Chaque mercredi, Nouveau Départ vous propose un entretien avec une personnalité éclairante. C’est au format audio 👆🎧, accessible à tous et complété par une mise en perspective ci-dessous.
À l’agenda aujourd’hui 👇
* Serge Boupda sur l’entrepreneuriat en Afrique
* Nos réponses aux questions de nos abonnés
* Immigration : changer de perspective
* L’Afrique, les médias et les ‘role models’
Serge est le cofondateur de Diool, une entreprise de paiements sur téléphone mobile qui grandit depuis le Cameroun, son pays d’origine. Je connais Serge depuis longtemps car Diool fait partie du portefeuille de The Family. En particulier, depuis plusieurs années, il est l’un de mes interlocuteurs privilégiés pour échanger sur le développement de l’économie des pays d’Afrique et comment les choses se passent pour les entrepreneurs là-bas.
Nous parlons de tout cela dans cette conversation, ainsi que du secteur des paiements et des contraintes réglementaires qu’il impose aux entrepreneurs, de la diversité des écosystèmes en Afrique, des relations entre l’Europe et l’Afrique dans l’économie numérique, de l’impact de la pandémie de COVID-19 et de beaucoup d’autres choses…
🎧 Écoutez ma conversation avec Serge, qui nous parle depuis Douala au Cameroun. Envoyez-moi aussi vos réactions et questions, ainsi que des idées d’interlocuteurs pour en apprendre plus sur l’Afrique et mieux comprendre là où elle va !
La semaine dernière, nous avons collecté une première série de questions auprès de vous, nos abonnés, pour une émission pilote #AskUsAnything. Pendant une heure, Laetitia et moi répondons à des questions sur des sujets qui vont de l’entrepreneuriat à la crise sanitaire en passant par la solitude, la presse généraliste, la façon dont nous travaillons et bien d’autres choses.
Voici la liste des questions couvertes dans cet épisode :
💻 N’y a-t-il pas une contradiction entre l’idée de l’entrée dans l’âge entrepreneurial et la raréfaction des créations d’entreprise ?
🗞 Y a-t-il un avenir pour les journaux généralistes qui paraissent dans des langues autres que l’anglais ?
📚 Que pensons-nous de l’ouvrage Le Nouveau désordre numérique d’Olivier Babeau ?
😢 Y a-t-il une aggravation de l’isolement social des individus ? Et si oui, comment y remédier ?
🖊 Comment Laetitia et moi organisons notre production de contenu au quotidien ?
⚖️ Comment choisissons-nous les sujets couverts dans Nouveau Départ ?
🚀 Quelle est l’ambition de Nouveau Départ à un horizon de 2-3 ans ?
💰 Peut-on pratiquer un capital-risque pour des entreprises plus durables ?
🦠 Où en est-on des discussions sur l’immunité de groupe comme remède à la pandémie ?
🇨🇳 Où en sont les discussions sur les conditions de l’apparition du COVID-19 à Wuhan en Chine ?
👉 #AskUsAnything (épisode 1) (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé à nos abonnés.
La question migratoire est au coeur de nos relations avec l’Afrique. La diaspora africaine en France est notre principal lien avec le continent. En sens inverse, les Français qui émigrent en Afrique sont, peut-être, notre chance de faire grandir des entreprises numériques françaises sur un continent dont la dynamique de développement ne va faire que s’accélérer dans les années et décennies à venir, comme je l’ai écrit (en anglais) dans mon article Is Africa the Future of European Tech?
Le problème, c’est que l’immigration n’a plus bonne presse depuis longtemps. Or pourrons-nous continuer longtemps dans la surenchère autour des questions d’immigration ? Tous les pays occidentaux ne cessent de serrer la vis sur cette question depuis plus de 40 ans. On traumatise des personnes qui ont pourtant tous les titres pour séjourner dans nos pays développés. On crée des distinctions artificielles – et contre-productives – entre l’immigration qualifiée et l’immigration non-qualifiée. On laisse se développer une xénophobie qui débouche systématiquement sur des explosions de colère et un affaiblissement de nos institutions.
Laetitia et moi vous proposons une mise en perspective pour tenter, ensemble, d’y voir plus clair sur ces questions brûlantes et complexes que soulèvent l’immigration. Il est d’autant plus urgent de s’y préparer que les flux migratoires ne vont faire que s’accélérer dans les années qui viennent, notamment du fait du réchauffement climatique. Écoutez, partagez et réagissez à ce podcast 🎧 !
👉 Immigration : changer de perspective (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé à nos abonnés.
Tonjé Bakang, originaire du Cameroun comme Serge, est un producteur et entrepreneur que nous avons rencontré il y a des années, dans le cadre de The Family. Il a fondé le média Afrostream, dans lequel le prestigieux Y Combinator a investi en 2015. Entre les États-Unis et l’Afrique, Tonjé a beaucoup voyagé pendant les années où il a développé des partenariats pour produire ou diffuser des contenus afros sur son média Afrostream. Malgré de nombreux fans, le “Netflix afro” n’a malheureusement pas pu lever suffisamment de fonds, et Tonjé a jeté l’éponge en 2017.
Entre 2017 et la pandémie de Covid-19, Tonjé a voyagé encore plus, a exploré l’Afrique, accompagné des entrepreneurs, s’est investi dans l’éducation en Afrique et est toujours aussi convaincu de l’importance des role models pour tous ceux qui sont invisibles dans les médias traditionnels.
👉 L'Afrique, les médias et les 'role models' (conversation avec Tonjé Bakang)—accessible à tous.
* 30 ans d'unité allemande 🇩🇪 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Défendons l’instruction à domicile ✋ (“Édito” par Laetitia)—réservé aux abonnés.
* #AskUsAnything (épisode 1) ❓ (conversation entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Pourquoi la bourse va bien quand tout va mal 📈 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Makers & Takers, de Rana Foroohar 💰 (“Note de lecture” par moi)—réservé aux abonnés.
* Entrepreneurs : sur quel navire embarquer ? ⛵️ (conversation avec Erika Batista)—accessible à tous.
* Réflexions sur la pandémie en France 🦠 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—réservé aux abonnés.
* Pandémie : les leçons venues d’ailleurs 🌐 (“Édito” par moi)—réservé aux abonnés.
* Sommes-nous condamnés aux files d'attente ? 😫 (conversation “À deux voix” entre Laetitia et moi)—accessible à tous.
Nouveau Départ a sa page LinkedIn et son compte Twitter : @_NouveauDepart_. Suivez-nous aussi individuellement sur LinkedIn (Laetitia & Nicolas) et sur Twitter (Nicolas & Laetitia).
(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
Notre premier podcast “À deux voix” 🎧 de la semaine est consacré au 30ème anniversaire de la réunification allemande, célébré le 3 octobre dernier (jour où ce podcast a été enregistré).
Nicolas et moi partageons nos regards et histoires personnels à propos d’un tournant dont nous gardons des souvenirs impérissables : lui, du fait d’un oncle allemand communiste en Bavière ; et moi, de mon histoire familiale.
La RDA a vécu 40 ans mais cela fait déjà 30 ans qu’elle n’est plus. Ce qui est fascinant avec ce 30ème anniversaire, c’est à quel point on pose aujourd’hui, à l’ouest comme à l’est, un regard plus nuancé sur le processus de la réunification. Il n’est plus tabou de parler de culture et d’identité de RDA de manière plus positive, ni de critiquer la manière dont l’absorption des Länder de l’Est s’est faite par la RFA.
Lors des premières années de célébration, les souvenirs de la répression, de la censure, de la surveillance de la Stasi et de la grisaille générale étaient encore trop forts. Mais à partir du début des années 2000, on a vu apparaître des expressions “acceptables” de Ostalgie (la nostalgie de l’Est). Dans cette veine, le film Good Bye, Lenin !, réalisé par Wolfgang Becker (2003), a rencontré un succès considérable (y compris en France).
30 ans après, la morosité économique et le chômage à l’Est nourrissent encore le ressentiment et la montée du populisme. Ils expliquent le grand succès de l’AFD (Alternative für Deutschland) dans les Länder de l’Est. Pourtant, on peut aussi juger le processus d’unification étonnamment réussi. Ce sont 72% des Allemands qui considèrent favorablement la réunification aujourd’hui.
Nicolas et moi revenons sur le processus qui a mené à la réunification et la manière dont elle s’est faite. Les choix politiques et symboliques qui ont alors été faits, comme la parité du Mark est-allemand, ont eu des effets délétères sur le tissu industriel. Confrontées à la concurrence mondiale (et surtout ouest-allemande), les entreprises d’État de l’ex-RDA n’ont pas réussi à survivre plus de quelques mois.
En 1990, le PIB par tête était moitié moins élevé à l’Est qu’à l’Ouest. Or le renchérissement des salaires est-allemands dus à la réforme monétaire rendait la vie plus difficile aux travailleurs est-allemands qu’aux travailleurs tchèques ou polonais. La Treuhand, l’organisme en charge du volet économique de la réunification, privatisait des pans entiers de l’économie est-allemande, l’entraînant dans une crise d’adaptation insurmontable. Le chômage de masse a alors fait son apparition.
Où en sommes-nous aujourd’hui ? Écoutez notre conversation pour le découvrir ! Écoutez aussi ce premier podcast '“À deux voix” 🎧 que nous consacrions à l’Allemagne en juillet 👉 Les forces et faiblesses de l'Allemagne 🇩🇪
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(Générique : Franz Liszt, Mephisto-Valse, S.514—extrait du disque Miroirs de Jonas Vitaud, NoMadMusic.)
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