Choses à Savoir SANTE

Choses à Savoir SANTE

By Choses à SavoirMedicineHealth & Fitness
Download on the App Store

Choses à Savoir SANTE episodes

  • Quels sont les bienfaits prouvés par la science de la spiruline ?

    La spiruline est souvent présentée comme un « superaliment » capable de renforcer l’immunité, donner de l’énergie, détoxifier l’organisme ou même prévenir certaines maladies. Mais que dit réellement la science ?


    La spiruline, ou Arthrospira, est une cyanobactérie naturellement très riche en protéines : sous forme séchée, celles-ci peuvent représenter plus de la moitié de son poids. Elle contient également du fer, des caroténoïdes et surtout de la phycocyanine, le pigment bleu qui lui donne sa couleur caractéristique.


    Les résultats les plus solides concernent aujourd’hui certains facteurs de risque cardiovasculaire. Une méta-analyse portant sur 20 essais cliniques randomisés et plus de 1 000 participants a montré que la consommation de spiruline pouvait réduire modestement le cholestérol total, le LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », ainsi que les triglycérides, tout en augmentant légèrement le HDL.


    Deuxième effet intéressant : la pression artérielle. Une méta-analyse récente d’essais randomisés a observé une diminution moyenne d’environ 4,4 mmHg de la pression systolique et de près de 3 mmHg de la pression diastolique. L'effet semblait surtout visible chez les personnes ayant déjà une tension élevée ou présentant un surpoids.


    La spiruline pourrait également avoir un petit effet sur le métabolisme du glucose. Plusieurs essais montrent une baisse de la glycémie à jeun et une amélioration de certains marqueurs de résistance à l’insuline. Mais la qualité des preuves varie selon les paramètres étudiés et ces résultats ne permettent évidemment pas de remplacer un traitement contre le diabète.


    Certaines études suggèrent aussi une légère réduction du poids ou de marqueurs de l’inflammation. Là encore, il s’agit d’effets modestes : la spiruline doit plutôt être considérée comme un complément alimentaire que comme un médicament.


    Et certaines affirmations sont beaucoup moins solides. On ne dispose pas de preuves convaincantes montrant qu’elle « détoxifie » l'organisme, prévient le cancer ou stimule spectaculairement l’immunité.


    Autre surprise : contrairement à une idée très répandue, la spiruline n’est pas une bonne source de vitamine B12 pour les végétaliens. Une grande partie de ce qu’on mesure comme B12 est en réalité une forme analogue, appelée pseudo-vitamine B12, que notre organisme utilise mal.


    Enfin, la qualité du produit compte : certaines préparations peuvent contenir des contaminants, notamment des cyanotoxines ou des métaux lourds.


    La conclusion scientifique est donc moins spectaculaire que la publicité : la spiruline possède bien quelques effets mesurables, principalement sur certains paramètres cardiovasculaires et métaboliques, mais ce n’est certainement pas un aliment miracle.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Nycturie : comment arrêter de se lever la nuit pour faire pipi ?

    Se réveiller une fois pendant la nuit pour aller aux toilettes peut arriver à tout le monde. Mais lorsque ces réveils deviennent réguliers et répétés, on parle de nycturie : le besoin de se lever pendant sa période de sommeil pour uriner.


    La nycturie devient surtout gênante lorsqu’elle fragmente le sommeil, provoquant fatigue, somnolence et difficultés de concentration pendant la journée. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’est pas forcément un problème de vessie.


    Il existe en effet plusieurs causes possibles.


    La première est très simple : produire trop d’urine pendant la nuit. Cela peut arriver lorsqu’on boit beaucoup en soirée, notamment de l’alcool ou des boissons contenant de la caféine. Avec l’âge, l’organisme peut également produire moins efficacement certaines hormones, notamment la vasopressine, qui contribuent normalement à réduire la fabrication d’urine durant le sommeil.


    Deuxième possibilité : la vessie peut avoir du mal à stocker suffisamment d’urine. Une vessie hyperactive, une infection urinaire ou, chez l’homme, une augmentation du volume de la prostate peuvent alors multiplier les envies.


    Plus étonnant : la nycturie peut parfois être liée au sommeil lui-même. Une personne souffrant d’insomnie peut se réveiller pour une autre raison, puis profiter de ce réveil pour aller uriner. L’apnée obstructive du sommeil peut également favoriser les mictions nocturnes.


    Alors comment éviter de se lever ?


    Quelques mesures simples peuvent aider : limiter les boissons dans les deux à quatre heures précédant le coucher, réduire l’alcool et la caféine en soirée et aller uriner juste avant de dormir. Chez les personnes dont les jambes gonflent pendant la journée, surélever les jambes quelques heures avant le coucher peut également permettre d’éliminer plus tôt une partie de l’eau accumulée.


    Attention cependant à ne pas simplement arrêter de boire : une restriction excessive peut entraîner une déshydratation.


    Lorsque la nycturie persiste, le traitement dépend surtout de sa cause. Un médecin peut demander de tenir pendant quelques jours un calendrier mictionnel, en notant les horaires, les quantités bues et les volumes urinés. Cela permet de déterminer si le problème vient de la production d’urine, de la vessie ou du sommeil.


    Enfin, se lever plusieurs fois toutes les nuits n’est pas forcément une conséquence inévitable de l’âge. Une nycturie importante ou apparue récemment mérite d’être explorée, car elle peut parfois révéler un diabète, une maladie cardiovasculaire, un trouble de la prostate ou une apnée du sommeil.


    La bonne stratégie n’est donc pas simplement de « boire moins », mais surtout de comprendre pourquoi on urine la nuit.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Quel virus résiste au gel hydroalcoolique ?

    Depuis la pandémie de Covid-19, le gel hydroalcoolique est devenu pour beaucoup un réflexe presque automatique. Pourtant, face à certains microbes, il est beaucoup moins efficace qu’on pourrait le croire. C’est notamment le cas d’un virus responsable de nombreuses gastro-entérites : le norovirus.


    Le norovirus provoque généralement des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales. Très contagieux, il circule particulièrement pendant les mois froids et peut provoquer des épidémies spectaculaires dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux ou encore les bateaux de croisière.


    Les recherches menées sur ce virus, notamment au laboratoire du virologue Johan Neyts à la KU Leuven, en Belgique, mettent en évidence son extraordinaire capacité de transmission. On estime qu’une quantité infime, de l’ordre de quelques dizaines de particules virales — parfois seulement 18 — peut suffire à provoquer une infection.


    Mais pourquoi résiste-t-il si bien au gel hydroalcoolique ?


    Une partie de l’explication vient de sa structure. Contrairement au coronavirus ou au virus de la grippe, le norovirus est un virus dit non enveloppé. Il ne possède pas la membrane graisseuse externe que l’alcool détruit très efficacement chez de nombreux autres virus. Il est entouré d’une coque protéique particulièrement robuste.


    Résultat : les solutions hydroalcooliques peuvent diminuer la quantité de norovirus présente sur les mains, mais elles ne constituent pas la méthode la plus fiable pour s’en débarrasser.


    Le geste le plus efficace reste beaucoup plus classique : se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon pendant au moins une vingtaine de secondes, en frottant toutes les surfaces des mains. Ici, l’action est notamment mécanique : le savon et le rinçage permettent de décrocher les particules virales de la peau puis de les évacuer dans l’eau.


    Cette précaution est particulièrement importante après être allé aux toilettes, après avoir changé une couche et avant de préparer ou de consommer des aliments.


    Même problème avec les surfaces. Après des vomissements ou des diarrhées, un simple spray à base d’alcool peut être insuffisant. Des produits spécifiquement efficaces contre le norovirus, notamment ceux à base d’hypochlorite de sodium, c’est-à-dire d’eau de Javel utilisée selon les recommandations de dilution, sont privilégiés.


    Le norovirus nous rappelle donc une chose essentielle : désinfecter ses mains et les laver ne sont pas exactement la même chose. Face à ce virus particulièrement tenace, le bon vieux savon conserve un sérieux avantage.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • L'être humain peut-il attraper la myxomatose ?

    Si vous avez déjà vu un lapin atteint de myxomatose, vous vous êtes peut-être demandé si cette maladie spectaculaire pouvait se transmettre à l’être humain. La réponse est rassurante : non, l’être humain ne peut pas attraper la myxomatose.


    La myxomatose est provoquée par le virus myxomateux, ou Myxoma virus, qui appartient à la famille des Poxviridae, celle des poxvirus. Chez le lapin européen, ce virus peut provoquer une maladie extrêmement grave, caractérisée notamment par des gonflements autour des yeux, des lésions cutanées, de la fièvre et un affaiblissement important de l'animal.


    Mais ce virus possède une particularité essentielle : il est extrêmement spécialisé dans le choix de ses hôtes. Dans la nature, il infecte essentiellement certains lagomorphes, en particulier les lapins. L’Organisation mondiale de la santé animale précise ainsi que la myxomatose ne présente aucun risque pour la santé humaine.


    Cela signifie qu’une personne peut toucher un lapin atteint de myxomatose sans développer elle-même la maladie. Même les moustiques ou les puces qui transmettent le virus entre lapins ne peuvent pas provoquer de myxomatose chez un humain. Ces insectes jouent simplement le rôle de transporteurs mécaniques du virus d’un animal sensible à un autre.


    Cette impossibilité d’infecter l’être humain s’explique par ce que les biologistes appellent le tropisme viral. Pour qu’un virus provoque une infection, il ne suffit pas qu’il entre en contact avec notre organisme. Il doit être capable de pénétrer dans certaines cellules, d’y détourner la machinerie cellulaire et surtout de contourner leurs défenses antivirales. Or les cellules humaines normales constituent un environnement dans lequel le virus de la myxomatose ne parvient pas à provoquer une infection productive normale.


    Il existe cependant une curiosité scientifique étonnante. En laboratoire, les chercheurs ont découvert que le virus myxomateux pouvait infecter certaines cellules cancéreuses humaines. Celles-ci possèdent parfois des défenses antivirales dérégulées, ce qui les rend vulnérables au virus.


    Cette propriété intéresse beaucoup les chercheurs, qui étudient le virus de la myxomatose comme possible virus oncolytique, c’est-à-dire un virus capable de cibler et de détruire certaines cellules tumorales tout en épargnant les cellules normales.


    Paradoxalement, donc, un virus redoutable pour les lapins est totalement inoffensif pour nous dans la nature, mais pourrait un jour devenir un outil contre certaines formes de cancer.


    Un bel exemple de la remarquable spécialisation des virus envers leurs hôtes.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi le corps humain émet-il une lumière invisible ?

    Cela paraît incroyable, mais c’est vrai : le corps humain émet en permanence de la lumière. Nous « brillons » littéralement, même dans l’obscurité totale. Seulement, cette lumière est tellement faible que nos yeux sont incapables de la percevoir.


    Les scientifiques parlent d’émission ultra-faible de photons, ou UPE, parfois surnommée émission de « biophotons ». Il faut cependant éviter une confusion : ce phénomène n’est pas exactement comparable à la bioluminescence d’une luciole ou de certains animaux marins. Ces organismes possèdent des réactions chimiques spécialisées dont la fonction est précisément de produire de la lumière. Chez l’être humain, celle-ci est plutôt un sous-produit de l’activité de nos cellules.


    Tout commence avec notre métabolisme.


    Pour produire de l’énergie, nos cellules utilisent notamment de l’oxygène. Ces réactions génèrent de petites quantités de molécules très réactives appelées espèces réactives de l’oxygène, ou ROS. Elles peuvent réagir avec les lipides, les protéines ou d’autres constituants cellulaires.


    Au cours de certaines de ces réactions d’oxydation, des molécules passent temporairement dans un état dit « excité » : elles contiennent davantage d’énergie que dans leur état normal. Lorsqu'elles reviennent à un niveau d’énergie inférieur, une petite partie de cette énergie peut être libérée sous la forme d’un photon, c’est-à-dire une particule de lumière.


    En 2009, des chercheurs japonais ont réussi à photographier ce phénomène grâce à une caméra CCD extrêmement sensible. Ils ont montré que l’intensité lumineuse du corps humain était environ 1 000 fois trop faible pour être détectée par l’œil nu. Ils ont aussi découvert qu’elle variait au cours de la journée, probablement en relation avec les fluctuations de notre métabolisme.


    Fait étonnant, toutes les parties du corps ne brillent pas avec la même intensité. Dans cette expérience, le visage était notamment une zone où l’émission était relativement importante.


    L’intensité peut également augmenter lorsque les cellules subissent davantage de stress oxydatif. Les ultraviolets, par exemple, augmentent l’émission de photons par la peau, tandis que certains antioxydants peuvent la réduire.


    Les chercheurs étudient donc aujourd’hui ces photons comme un possible moyen non invasif d’observer certains phénomènes métaboliques ou le stress oxydatif, même si leurs applications médicales restent encore expérimentales.


    Nous ne sommes donc pas des lucioles humaines. Mais à chaque instant, les réactions chimiques qui nous maintiennent en vie produisent aussi quelque chose d’inattendu : une minuscule lumière invisible.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi manger des fibres peut-il favoriser le sommeil profond ?

    Ce que nous mangeons peut-il réellement modifier notre sommeil ? Selon plusieurs travaux scientifiques, la réponse est oui. Et parmi les nutriments qui semblent particulièrement intéressants figurent les fibres alimentaires.


    Une étude publiée en 2016 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine s’est penchée précisément sur cette question. Les chercheurs ont étudié 26 adultes âgés de 30 à 45 ans, dont le sommeil était enregistré par polysomnographie, c’est-à-dire grâce à des électrodes permettant de mesurer précisément les différentes phases de la nuit.


    Le résultat est étonnant : les personnes qui consommaient davantage de fibres passaient plus de temps en sommeil lent profond, également appelé sommeil à ondes lentes. À l’inverse, une alimentation plus riche en graisses saturées était associée à moins de sommeil profond, tandis qu’une consommation élevée de sucre était liée à davantage de réveils pendant la nuit.


    Or le sommeil profond est particulièrement important. C’est durant cette phase que l’organisme récupère physiquement, que certaines hormones sont libérées et que le cerveau participe notamment à la consolidation de certains souvenirs.


    Mais pourquoi les fibres pourraient-elles favoriser ce sommeil ?


    Plusieurs mécanismes sont envisagés. D’abord, les fibres ralentissent l’absorption des glucides et contribuent ainsi à limiter les variations brutales de glycémie. Une alimentation riche en sucres rapides peut au contraire favoriser des fluctuations métaboliques susceptibles de perturber la stabilité du sommeil.


    Ensuite, certaines fibres servent de nourriture aux bactéries de notre intestin. Leur fermentation produit notamment des acides gras à chaîne courte, molécules capables d’interagir avec notre métabolisme, notre système immunitaire et probablement certains mécanismes impliqués dans le rythme veille-sommeil. Cette piste du « dialogue » entre l’intestin et le cerveau fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches.


    Alors faut-il spécialement manger des fibres au dîner ? C’est là qu’il faut être prudent. L’étude de 2016 observait l’alimentation consommée pendant la journée entière : elle ne prouve donc pas qu’une portion de fibres prise le soir augmente immédiatement le sommeil profond.


    En pratique, intégrer au dîner des légumes, légumineuses, céréales complètes, fruits ou oléagineux peut néanmoins contribuer à une alimentation quotidienne plus riche en fibres.


    La conclusion est donc moins spectaculaire qu’une recette miracle : manger des fibres le soir ne fonctionne pas comme un somnifère. Mais une alimentation globalement riche en fibres semble associée à un sommeil plus profond et plus réparateur.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    2 min
  • Pourquoi l’ail fut-il autrefois utilisé comme suppositoire ?

    Mettre une gousse d’ail dans le rectum pour lutter contre un rhume ou une infection peut aujourd’hui sembler particulièrement étrange. Pourtant, cette pratique s’inscrit dans une très longue histoire : pendant des siècles, l’ail a été considéré comme une véritable plante médicinale.

    Son utilisation thérapeutique remonte à l’Antiquité. Égyptiens, Grecs, Romains, mais aussi médecines traditionnelles chinoise et indienne lui attribuaient de nombreuses propriétés. Hippocrate lui-même prescrivait l’ail pour différents troubles. Bien avant l’apparition des antibiotiques modernes, on l’utilisait notamment sur certaines plaies ou contre différentes infections.

    Nous savons aujourd’hui pourquoi cette réputation n’était pas totalement infondée.

    Lorsqu’une gousse d’ail est écrasée ou coupée, des réactions chimiques produisent notamment de l’allicine. Cette molécule possède, en laboratoire, des propriétés antibactériennes, antifongiques et antiparasitaires. D’autres composés de l’ail ont également été étudiés pour leurs effets possibles sur la pression artérielle, les lipides sanguins ou l’agrégation des plaquettes.

    Mais pourquoi en faire un suppositoire ?

    Parce que la voie rectale est depuis très longtemps utilisée pour administrer des médicaments. La muqueuse du rectum est richement vascularisée : certaines substances peuvent donc la traverser et rejoindre la circulation sanguine. Avant la médecine moderne, on pouvait ainsi penser qu'introduire directement une préparation médicinale dans le rectum permettrait à ses principes actifs d’agir rapidement, tout en évitant en partie le système digestif.

    Les suppositoires eux-mêmes ne sont d’ailleurs pas une invention récente. On en trouve des formes dès l’Antiquité, et ils ont ensuite été utilisés pour administrer des purgatifs, des antalgiques ou encore de l’opium.

    L’ail a donc naturellement trouvé sa place dans certaines pratiques populaires de ce type. On espérait profiter de ses supposées propriétés antiseptiques et fortifiantes contre les infections, notamment celles associées à l’hiver.

    Mais attention : cela ne signifie absolument pas que cette méthode était efficace.

    Et elle n’est surtout pas recommandée aujourd’hui. L’ail cru contient des composés très irritants. Appliqué directement et longtemps sur la peau ou une muqueuse, il peut provoquer de véritables brûlures chimiques, parfois sévères.

    L’histoire du suppositoire à l’ail illustre donc parfaitement l’évolution de la médecine : une plante possédant réellement certaines substances biologiquement actives pouvait donner naissance à des traitements empiriques… dont le raisonnement semblait logique à l’époque, mais dont l’efficacité et surtout la sécurité étaient loin d’être garanties.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Qu’est-ce que l’apopathodiaphulatophobie ?

    Derrière ce mot presque imprononçable se cache une peur assez simple : la peur excessive d’être constipé.


    On parle d’apopathodiaphulatophobie pour désigner une inquiétude irrationnelle ou disproportionnée à l’idée de ne pas pouvoir aller à la selle normalement. Le terme circule dans certains dictionnaires et ouvrages médicaux, mais il faut préciser qu’il ne correspond pas à un diagnostic psychiatrique officiellement reconnu sous ce nom, et qu’il existe très peu de recherches scientifiques spécifiquement consacrées à cette phobie.


    La personne concernée peut par exemple surveiller constamment son transit, s’inquiéter si elle n’est pas allée aux toilettes depuis une journée, modifier son alimentation ou encore utiliser des laxatifs de manière excessive par peur d’être « bloquée ».


    Or, ne pas aller à la selle tous les jours ne signifie pas nécessairement être constipé.


    Médicalement, la constipation peut notamment se caractériser par moins de trois selles par semaine, des selles dures ou difficiles à évacuer, ou encore une sensation d’évacuation incomplète. Mais la fréquence normale des selles varie considérablement d’une personne à l’autre.


    C’est justement cette variabilité qui peut alimenter l’angoisse. Une personne persuadée qu’elle doit absolument aller à la selle quotidiennement peut interpréter comme anormal un fonctionnement intestinal pourtant parfaitement physiologique.


    L’apopathodiaphulatophobie peut alors fonctionner comme d’autres phobies : la peur entraîne une surveillance accrue, cette surveillance augmente l’anxiété, et l’anxiété renforce à son tour la perception du danger.


    Dans une véritable phobie spécifique, la peur est persistante, disproportionnée par rapport au risque réel et peut entraîner des comportements d’évitement ou perturber la vie quotidienne.


    Un autre problème est que cette peur peut pousser à utiliser inutilement des médicaments ou des laxatifs. Or leur emploi excessif ou inadapté peut provoquer des troubles digestifs ou des déséquilibres et ne doit pas remplacer une évaluation médicale lorsqu’une constipation persiste.


    La prise en charge dépend donc de la situation. S’il existe réellement une constipation, il faut en rechercher la cause. Mais lorsque le problème principal est la peur elle-même, une approche psychologique, notamment les méthodes utilisées contre les phobies et l’anxiété, peut être envisagée.


    Ainsi, l’apopathodiaphulatophobie illustre un phénomène assez fascinant : un fonctionnement parfaitement banal du corps peut devenir, lorsqu’il est surveillé et redouté en permanence, la source d’une véritable anxiété.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Pourquoi faut-il dormir dans le noir absolu ?

    Même les yeux fermés, notre cerveau n’est pas totalement protégé de la lumière. Et c’est pourquoi dormir avec une veilleuse, une lampe ou la lumière de la rue pénétrant dans la chambre peut perturber notre sommeil.

    Une expérience publiée en 2016 dans la revue Scientific Reports l’a montré de manière particulièrement intéressante.

    Les chercheurs ont étudié de jeunes hommes en bonne santé dans un laboratoire du sommeil. Après avoir dormi une nuit dans l’obscurité, certains ont passé une nuit exposés à une lumière extrêmement faible : seulement 5 ou 10 lux. Pour comparaison, 10 lux correspondent à une pièce très faiblement éclairée, bien moins qu’un éclairage intérieur classique.

    Le lendemain, les participants ont effectué des exercices de mémoire de travail pendant que leur cerveau était observé par IRM fonctionnelle.

    Résultat : après une nuit passée sous une lumière de 10 lux, l’activité d’une région appelée gyrus frontal inférieur droit avait significativement diminué. Cette zone du cortex frontal participe notamment à certaines fonctions cognitives et à la mémoire de travail. En revanche, les chercheurs n’ont pas constaté cet effet significatif à 5 lux.

    Et ce n’est pas tout. Dans cette même expérience, les chercheurs avaient également observé que la lumière nocturne augmentait le temps passé éveillé après l’endormissement, augmentait le sommeil léger de stade N1 et diminuait le sommeil de stade N2. Autrement dit, même une faible lumière peut modifier l’architecture du sommeil.

    Comment est-ce possible puisque nous avons les paupières fermées ?

    Parce qu’elles ne bloquent pas totalement la lumière. Une partie atteint encore la rétine, qui transmet au cerveau des informations lumineuses capables d’influencer notre horloge biologique et les mécanismes contrôlant le sommeil.

    D’autres expériences vont dans le même sens. En 2022, des chercheurs ont fait dormir des volontaires sous un éclairage de 100 lux. Après une seule nuit, leur fréquence cardiaque était plus élevée et leur organisme présentait davantage de résistance à l’insuline que lorsqu’ils dormaient dans une lumière inférieure à 3 lux.

    Attention cependant : ces études ne prouvent pas qu’une veilleuse fait « vieillir le cerveau » ni qu’une obscurité absolument parfaite est indispensable.

    Elles indiquent quelque chose de plus raisonnable : notre organisme est conçu pour dormir dans un environnement très sombre.

    Fermer les volets, éliminer les lumières inutiles et éviter de laisser une lampe ou un écran allumé pendant la nuit est donc probablement l’une des mesures les plus simples pour protéger la qualité de son sommeil.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min
  • Quels sont les risques du vapotage passif ?

    Alors pour commencer, il faut souligner que lorsqu’une personne vapote à côté de vous, ce que vous respirez n’est pas simplement de la vapeur d’eau.


    En effet, la cigarette électronique chauffe un liquide composé généralement de propylène glycol, de glycérine, d’arômes et souvent de nicotine. Elle produit ainsi un aérosol, c’est-à-dire un nuage de minuscules particules et de substances chimiques.


    Une partie est inhalée par le vapoteur, puis rejetée dans l’air.


    Les personnes présentes peuvent donc elles aussi en respirer.


    Mais est-ce réellement dangereux ?


    Et bien une étude publiée en 2022 dans la revue scientifique Thorax s’est intéressée précisément à cette question.


    Les chercheurs ont suivi 2 097 jeunes adultes américains, interrogés régulièrement entre 2014 et 2019. Ils ont comparé les personnes exposées chez elles à l’aérosol de cigarettes électroniques avec celles qui ne l’étaient pas.


    Résultat : après avoir pris en compte plusieurs facteurs, notamment le tabagisme, le cannabis et l’exposition à la fumée de cigarette classique, le vapotage passif était associé à 40 % d’augmentation des probabilités de présenter des symptômes bronchitiques et à 53 % d’augmentation des probabilités de souffrir d’essoufflement.


    L’association était même plus marquée lorsque les chercheurs ne considéraient que les participants qui ne fumaient et ne vapotaient pas eux-mêmes.


    En revanche, aucune augmentation statistiquement significative des sifflements respiratoires n’a été retrouvée après ajustement des résultats.


    Comment expliquer ces effets ?

    Et bien parce que l’aérosol des cigarettes électroniques peut contenir de la nicotine, on l'a dit, mais aussi des particules ultrafines capables de pénétrer profondément dans les poumons, des composés organiques volatils ainsi que certains métaux comme le nickel, l’étain ou le plomb.


    Attention hein, il faut néanmoins rester prudent.


    Cette étude est observationnelle : elle montre une association, mais ne permet pas de prouver avec certitude que le vapotage passif est directement responsable de ces symptômes. Et nous manquons encore de données portant sur plusieurs décennies pour évaluer précisément les risques de maladies chroniques ou de cancers.


    Une revue systématique publiée en 2026 conclut d’ailleurs que les données disponibles suggèrent des effets nocifs, notamment respiratoires, mais que les connaissances restent encore limitées.


    Une chose est donc claire : le vapotage passif est probablement beaucoup moins toxique que le tabagisme passif, mais il n’est pas pour autant anodin.

    Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

    3 min

About Choses à Savoir SANTE

From the publisher's feed

Développez facilement votre culture dans le domaine de la santé avec un podcast par jour !

Hébergé par Acast. Visitez

More shows like Choses à Savoir SANTE

Choses à Savoir - Culture générale by Choses à Savoir

Choses à Savoir - Culture générale

69 Listeners

Louis French Lessons by Choses à Savoir

Louis French Lessons

336 Listeners

Choses à Savoir SCIENCES by Choses à Savoir

Choses à Savoir SCIENCES

25 Listeners

Grand bien vous fasse ! by France Inter

Grand bien vous fasse !

73 Listeners

Ça va beaucoup mieux by RTL

Ça va beaucoup mieux

15 Listeners

Choses à Savoir HISTOIRE by Choses à Savoir

Choses à Savoir HISTOIRE

21 Listeners

Mourir Moins Con by Bound Media

Mourir Moins Con

19 Listeners

Maintenant, vous savez by Bababam

Maintenant, vous savez

12 Listeners

Pourquoi donc ? by Choses à Savoir

Pourquoi donc ?

22 Listeners

Parler anglais by Choses à Savoir

Parler anglais

6 Listeners

Choses à Savoir GASTRONOMIE by Choses à Savoir

Choses à Savoir GASTRONOMIE

6 Listeners

Incroyable ! by Choses à Savoir

Incroyable !

8 Listeners

Choses à Savoir ÉCONOMIE by Choses à Savoir

Choses à Savoir ÉCONOMIE

6 Listeners

La base by Choses à Savoir

La base

5 Listeners

Psychologie et Bien-être | Le podcast de Psychologue.net by Psychologue.net

Psychologie et Bien-être | Le podcast de Psychologue.net

20 Listeners

Choses à Savoir TECH by Choses à Savoir

Choses à Savoir TECH

3 Listeners

Symptômes by RTL

Symptômes

18 Listeners

Choses à Savoir CERVEAU by Choses à Savoir

Choses à Savoir CERVEAU

2 Listeners

HugoDécrypte - Actus et interviews by Hugo Décrypte

HugoDécrypte - Actus et interviews

95 Listeners

T'as qui en Histoire ? by Stéphane Genêt

T'as qui en Histoire ?

14 Listeners

Affaires de business by Choses à Savoir

Affaires de business

3 Listeners

Real Life French by Choses à Savoir

Real Life French

157 Listeners

Choses à Savoir ACTU by Choses à Savoir

Choses à Savoir ACTU

5 Listeners

Mon argent by Choses à Savoir

Mon argent

3 Listeners

Un peu de calme by Audio Sapiens

Un peu de calme

3 Listeners

La rumeur by Choses à Savoir

La rumeur

3 Listeners

Apprendre l'anglais avec l'actu by Choses à Savoir

Apprendre l'anglais avec l'actu

2 Listeners

Choses à Savoir ART by Choses à Savoir

Choses à Savoir ART

1 Listeners

Cosmique by Choses à Savoir

Cosmique

0 Listeners

Préhistoire - La grande aventure humaine by Choses à Savoir

Préhistoire - La grande aventure humaine

0 Listeners

Le coin philo by Choses à Savoir

Le coin philo

0 Listeners

Le Fil Mental - Fabien Olicard by Fabien Olicard

Le Fil Mental - Fabien Olicard

3 Listeners