Le géant de la sidérurgie ArcelorMittal a annoncé mardi envisager la suppression de 600 postes sur plusieurs sites français. Une décision qui illustre les défis profonds de l’industrie tricolore, confrontée à la concurrence internationale, à la transition écologique et à un recul historique de son poids dans l’économie.
C’est un nouveau coup dur pour l’industrie française. ArcelorMittal envisage la suppression de 600 emplois dans ses sites du nord de la France, notamment à Dunkerque, Florange et Basse-Indre. L’entreprise invoque un déficit de compétitivité de l’acier européen et un recentrage de certaines fonctions en Inde. Les syndicats, eux, dénoncent une “hécatombe”.
Ce plan social intervient dans un contexte plus large de fragilité du tissu industriel français. En 2023, l’industrie représentait 10 % du PIB et comptait 2,8 millions d’emplois. C’est deux fois moins qu’en 1980, où elle pesait encore 25 % de la richesse nationale et employait plus de 5 millions de personnes.
Et les chiffres récents confirment cette tendance : 66 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées en 2024, dont plus de 6 000 dans l’industrie.
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Pourtant, des signaux positifs existent. Depuis quatre ans, la France reste la première destination européenne des investissements industriels étrangers.
Le plan France 2030 prévoit 54 milliards d’euros pour relancer l’industrie, avec un accent sur la décarbonation, les technologies vertes et la souveraineté industrielle. Et depuis 2022, ce sont 450 usines qui ont été ouvertes dans l’Hexagone, preuve que le tissu industriel peut encore se régénérer.
Mais face à l’ampleur des défis, les efforts restent à la mesure du chantier. L’industrie française est à la croisée des chemins : entre pertes d’emplois et réindustrialisation espérée, elle joue une partie décisive pour son avenir.