Les chefs d’État et de gouvernement européens se réunissent jeudi pour un sommet extraordinaire consacré à la défense. Parmi les objectifs : un plan de financement massif des capacités de défense des 27. La France, de son côté, veut augmenter la part d’effort consacrée à l’armée. Mais comment la financer alors que les caisses de l’État sont vides ? Décryptage
Sommes-nous entrés en "économie de guerre" ? Le terme avait été évoqué par Emmanuel Macron dès 2022, mais dans son adresse aux Français, mercredi 5 mars au soir, il a préféré l’éviter.
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En effet, l’économie de guerre a une définition bien précise : c’est quand une économie est entièrement tournée vers l’effort de guerre, quand l’industrie dans son ensemble se met en marche pour fournir des armes, des munitions… Ce qui n'est pas forcément très populaire surtout qu’habituellement, économie de guerre rime avec faible pouvoir d’achat de la population. Le ministre de l’Économie Éric Lombard préfère d'ailleurs le terme "d’économie de paix".
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Au-delà de la sémantique, cependant, le président français veut augmenter les financements consacrés à la défense. Mais comment, alors que les caisses de l’État sont désespérément vides et que le gouvernement ne veut pas augmenter les impôts ?
Parmi les pistes explorées figure une mobilisation de l’épargne et des investissements privés. Cette option n'est cependant pas facile à mettre en œuvre tant les obstacles sont élevés.