
Sign up to save your podcasts
Or


Pendant une grande partie du XXe siècle, le jazz, cette musique libre, vibrante, imprévisible… était tout simplement interdit en Union soviétique.
Pourquoi ?
Revenons au début.
Dans les années 1920, après la révolution bolchévique, l’URSS vit une courte période d’ouverture culturelle. Le jazz arrive alors à Moscou, porté par des musiciens curieux, et même soutenu un temps par le régime, qui y voit un art moderne, populaire, presque révolutionnaire.
Mais très vite, les choses changent. Dans les années 1930, avec Staline au pouvoir, tout ce qui ne colle pas aux normes du "réalisme socialiste" devient suspect.
Et le jazz, avec ses syncopes, son swing, son côté improvisé et indomptable, ne rentre pas dans les cases. Pire encore : il vient des États-Unis, la grande puissance capitaliste et ennemie idéologique.
Staline déteste ce qu’il appelle la "musique dégénérée". Le jazz est accusé d’être "antirusse", "bourgeois", "décadent". On le surnomme même la "musique de la jungle". Les saxophones sont bannis, les orchestres de jazz dissous, les musiciens surveillés.
Et cela empire après la Seconde Guerre mondiale. En pleine guerre froide, écouter du jazz devient un acte de défiance politique. C’est être influencé par l’ennemi.
Mais… la musique ne s’arrête pas.
Malgré l’interdiction, le jazz continue de vivre en cachette. Dans les caves, les arrière-salles, les appartements privés, on joue du jazz clandestinement. On enregistre sur des radiographies médicales usagées — oui, sur des radios des poumons ! — qu’on appelle les "disques sur os", pour contourner la censure.
Certains prennent tous les risques pour écouter des enregistrements de Duke Ellington ou Charlie Parker, captés illégalement sur les ondes occidentales.
Et puis, dans les années 1960, le vent tourne un peu. Sous Khrouchtchev, une relative détente permet au jazz de ressortir timidement à la surface. Des festivals sont autorisés, des musiciens soviétiques comme Leonid Utyosov ou Igor Bril font revivre le genre, à leur manière.
Mais le jazz ne sera jamais complètement libre en URSS. Il restera surveillé, encadré, soupçonné d’"américaniser" les esprits.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
By Choses à Savoir5
2020 ratings
Pendant une grande partie du XXe siècle, le jazz, cette musique libre, vibrante, imprévisible… était tout simplement interdit en Union soviétique.
Pourquoi ?
Revenons au début.
Dans les années 1920, après la révolution bolchévique, l’URSS vit une courte période d’ouverture culturelle. Le jazz arrive alors à Moscou, porté par des musiciens curieux, et même soutenu un temps par le régime, qui y voit un art moderne, populaire, presque révolutionnaire.
Mais très vite, les choses changent. Dans les années 1930, avec Staline au pouvoir, tout ce qui ne colle pas aux normes du "réalisme socialiste" devient suspect.
Et le jazz, avec ses syncopes, son swing, son côté improvisé et indomptable, ne rentre pas dans les cases. Pire encore : il vient des États-Unis, la grande puissance capitaliste et ennemie idéologique.
Staline déteste ce qu’il appelle la "musique dégénérée". Le jazz est accusé d’être "antirusse", "bourgeois", "décadent". On le surnomme même la "musique de la jungle". Les saxophones sont bannis, les orchestres de jazz dissous, les musiciens surveillés.
Et cela empire après la Seconde Guerre mondiale. En pleine guerre froide, écouter du jazz devient un acte de défiance politique. C’est être influencé par l’ennemi.
Mais… la musique ne s’arrête pas.
Malgré l’interdiction, le jazz continue de vivre en cachette. Dans les caves, les arrière-salles, les appartements privés, on joue du jazz clandestinement. On enregistre sur des radiographies médicales usagées — oui, sur des radios des poumons ! — qu’on appelle les "disques sur os", pour contourner la censure.
Certains prennent tous les risques pour écouter des enregistrements de Duke Ellington ou Charlie Parker, captés illégalement sur les ondes occidentales.
Et puis, dans les années 1960, le vent tourne un peu. Sous Khrouchtchev, une relative détente permet au jazz de ressortir timidement à la surface. Des festivals sont autorisés, des musiciens soviétiques comme Leonid Utyosov ou Igor Bril font revivre le genre, à leur manière.
Mais le jazz ne sera jamais complètement libre en URSS. Il restera surveillé, encadré, soupçonné d’"américaniser" les esprits.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.

65 Listeners

339 Listeners

22 Listeners

23 Listeners

98 Listeners

267 Listeners

34 Listeners

242 Listeners

20 Listeners

12 Listeners

21 Listeners

8 Listeners

6 Listeners

9 Listeners

8 Listeners

4 Listeners

4 Listeners

7 Listeners

14 Listeners

3 Listeners

19 Listeners

136 Listeners

158 Listeners

6 Listeners

3 Listeners

3 Listeners

3 Listeners

2 Listeners

1 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

0 Listeners