Choses à Savoir TECH

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Choses à Savoir TECH episodes

  • Cryptomonnaies : à deux doigts d'une interdictions en Europe ?

    Ces derniers jours, les mineurs de cryptomonnaies ont eu de grosses sueurs froides en apprenant qu'un vote d'une commission du Parlement européen pouvait tout simplement bannir le minage du Bitcoin, de l'Ethereum etc, de l'ensemble de l'Union Européenne. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le vote a été très serré. Je vous donne tous les détails dans cet épisode.


    Tout est parti d'un amendement intitulé MiCA pour Markets in Crypto-Assets, soutenu par plusieurs groupes écologistes de la Commission des affaires économiques du Parlement Européen. On y retrouvait notamment le groupe Les Verts et l'Alliance libre européenne ; l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates et le groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique. Bref, des partis politiques comme vous l'avez compris plutôt classés à gauche sur l’échiquier politique. Concrètement, cet amendement visait à restreindre l'activité de minage en pointant du doigt le lourd bilan écologique des cryptomonnaies, nécessitant beaucoup d'électricité, ce qui est particulièrement inaudible dans un contexte de crise énergétique d'après ces partis. Une vision des choses qui se défend mais qui ne prend pas en compte l'amélioration du secteur sur le plan carbone avec le développement d'un Bitcoin vert dans les années à venir. Quoiqu'il en soit, l'amendement MiCA a été rejeté, 32 voix contre et 24 voix pour, en partie grâce à une coalition du Parti populaire européen, du groupe Renew Europe et du groupe Identité et Démocratie.


    Si l'amendement avait été adoptée, l'impact aurait été immédiat pour les société spécialisées dans le minage des cryptomonnaies en Europe, forcé à terme de déménager dans des pays plus favorables comme les Etats-Unis, leader du minage dans le monde depuis que la Chine a quelque peu encadré d'une main de fer cette activité il y a un an. D'ailleurs, aux USA comme en Russie et en Europe, un certain nombre d'opposant au Bitcoin commence à se faire entendre. Si l'on s'attarde sur l'Europe, le chef de file de ce mouvement de défiance n'est autre que le suédois Erik Thédeen, l'un des vice-présidents de l'Autorité des marchés financiers. En Russie, c'est carrément la banque centrale qui avait recommandé à Vladimir Poutine d'interdire le minage des cryptomonnaies. Si le refus de cet amendement au Parlement Européen est un répit momentané pour le secteur, les partis écologiques ont bien l'intention revenir à la charge lors d'un vote au Parlement qui impliquera les 705 députés européens.


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    3 min
  • Pourquoi Intel veut investir 80 milliards d'euros en Europe ?

    Depuis plusieurs mois maintenant, le géant des semi-conducteurs Intel promet d'investir 80 milliards d'euros ces dix prochaines années sur le vieux continent pour offrir aux Européens une indépendance technologique en matière de semi-conducteurs. Ces derniers jours, le PDG du groupe Pat Gelsinger a détaillé la première partie de son plan avec trois priorités que je vous détaille à mon tour dans cet épisode !


    Tout d'abord, c'est une enveloppe de 33 milliards d'euros qui sera mise sur la table, notamment pour équiper l’Allemagne de deux usines dernières générations à Magdebourg, au Nord-Est du pays, à mi-chemin entre Wolfsbourg et Leipzig. Ces dernières seront le second cœur de la production de puces européennes d’Intel, avec le site en Irlande, déjà en activité depuis 1989. Dans le détail, ce site allemand va coûter 17 milliards d’euros et devrait produire les puces les plus avancées d’Intel pour le continent européen. Un investissement colossal, certes, mais assorti de 3000 créations d'emplois liés à la construction et à la chaîne d’approvisionnement pendant son fonctionnement. La mise en service de cette nouvelle usine est prévue en 2027.


    Deuxième grande priorité qui bénéficiera de plus de 12 milliards d'euros d'investissement : une extension pour l'usine de Leixlip en Irlande afin d'augmenter les capacités de production et de passer du node Intel 7 au node Intel 4 pour les connaisseurs. Si vous avez bien comptez, 17 + 12, ça fait 29. Il manque donc 4 milliards d'euros d'investissement, qui en fin de compte iront en Italie pour solidifier la partie dite « back-end », c'est à dire la phase juste après la gravure des puces sur les galettes de silicium, au sein de l'entreprise Tower Semi. Ceci dit, là n'est pas la troisième priorité de cette phase une pour Intel. Concrètement, le leader des semi-conducteurs veut mettre le paquet sur le développement industriel avec le renforcement de ses capacités dans les laboratoires de Gdansk en Pologne et Barcelone en Espagne. Ceci dit, en France, Pat Gelsinger a annoncé que le plateau de Saclay, près de Paris, devrait accueillir le principal centre européen de Recherche & Développement et de design des puces d’Intel. Un projet centré autour du calcul hautes performances et de l’intelligence artificielle qui nécessiterait l’embauche de plus de 1000 ingénieurs. Rappelons pour finir que si Intel mise autant sur l'Europe c'est tout simplement parce que l'Union Européenne veut se donner les moyens de ses ambitions technologiques en devenant indépendante sur le plan des composants électroniques. Avec sa puissance financière, Intel et est donc accueilli en héro pour mettre sur pied cette industrie puissante et de pointe, à l'heure actuelle quasi inexistante face aux concurrents américains et asiatiques, sans oublier la seconde partie du plan d'investissement qui se fait encore attendre.


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    3 min
  • Un deepfake aurait pu arrêter la guerre en Ukraine ?

    Si les deepfakes sont devenus ultra populaires pour toutes les opportunités que cette technologie offre en termes de créativité, notamment pour les vidéos Youtube, mais aussi l’industrie cinématographique, utilisés à mauvais escient, ils peuvent devenir très dangereux. Quand je dis dangereux, c’est presque un euphémisme puisqu’un deepfake représentant le président Ukrainien Zelensky a presque failli mettre un terme à la guerre en annonçant la capitulation du pays auprès de l’armée Russe. Tous les détails dans cet épisode.


    Avant tout, si vous ne savez pas ce qu’est un deepfake, sachez que c’est assez simple à comprendre. En clair, en utilisant une intelligence artificielle et des photos, vous pouvez remplacer le visage de n’importe qui sur n’importe quelle vidéo. Cela marche aussi avec la voix. Cela ne date pas d’hier puisqu’en 2017, une vidéo truquée de l’ex président américain Barack Obama avait choqué le monde entier pour son réalisme quasi parfait. Vous l’avez compris, les deepfakes permettent de manipuler les images et donc de faire passer des messages que l’interlocuteur n’a bien souvent jamais prononcés. Et bien ce phénomène extrêmement puissant a fait son apparition en pleine guerre Ukraine – Russie ces derniers jours. Un journal télévisé de la chaîne Ukraine 24 a révélé que l’une de ses éditions en direct ainsi que son site internet avaient été piratés mercredi dernier, le 16 mars. En lieu et place des infos a été diffusée une allocution solennelle du président Zelensky demandant à son peuple de se rendre. Je vous cite le message : « Chers Ukrainiens ! Chers défenseurs ! Être président n'a pas été si facile. Je dois prendre des décisions difficiles. Au début, j'ai décidé de rendre le Donbass. Ça n'a pas marché. C'est devenu pire. Bien pire. Il n'y a plus d'avenir. Du moins en ce qui me concerne. Et maintenant, je décide de vous dire au revoir. Je vous conseille de déposer vos armes et de retourner dans vos familles. Vous ne devez pas mourir dans cette guerre. Je vous conseille de vivre, et je vais faire de même. » fin de citation.


    Cette vidéo de capitulation est immédiatement devenue virale sur les réseaux sociaux, forçant la chaîne à réagir très vite pour annoncer qu’elle avait été piratée. De son côté, le président Zelenskyy a également poster une vidéo, qu’il a ensuite justifié auprès du média Vice que je cite : « À propos de la dernière provocation puérile, selon laquelle je propose de déposer les armes. Je ne peux proposer de déposer les armes qu'aux militaires de la Fédération de Russie et qu'ils rentrent chez eux. Nous sommes déjà chez nous. Nous défendons notre terre, nos enfants, nos familles. Et nous n'allons absolument pas déposer les armes. Jusqu'à notre victoire » fin de citation. Depuis, le site web d'Ukraine 24 fonctionne de nouveau sans que personne n'ait revendiqué ce piratage ni le deepfake pour l’instant. Si de nombreuses personnalités publiques alertent sur la dangerosité de ces vidéos manipulées et la nécessité pour le public de s’informer auprès de sources fiables, plusieurs experts pointent du doigt je cite des « erreurs grossières » dans la fabrication de la vidéo. D’après eux, il s'agissait d'une voix synthétique facilement reconnaissable, sans compter que son visage manquait d'expressions naturelles. Si un certain nombre d’ukrainien a sans doute été piégé, les outils de détection de « deepfake » ont rapidement révélé la supercherie. Enfin, il convient également de préciser que les deepfakes, s’ils sont utilisés avec bienveillance, sont une technologie pleine de promesses notamment au cinéma où ils permettent de faire revivre des acteurs disparus ou bien de les rajeunir.


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  • Metaverse : qu'est-ce que The Sandbox ?

    Depuis le temps que l'on vous en parle dans ce podcast, vous commencez à connaître un petit peu ce qu'est le Metaverse et ce qu'il représente pour les géants de la Tech. Concrètement, il s'agit d'une déclinaison virtuelle de notre monde, quelque peu amélioré, c'est en tout cas l'ambition du projet, et pour lequel les GAFAM ont un intérêt très prononcé. Pour certains observateurs, il s'agirait même de l'avenir de l'humanité façon Matrix ou Ready Player One. Et parmi les nombreux acteurs qui travaillent sur ce Metaverse, on retrouve The Sandbox, une plateforme française qui compte déjà plus de 2 millions d'utilisateurs. De quoi s'agit-il ? Pourquoi rencontre-t-elle un tel succès ? C'est ce que je vous propose de voir dans cet épisode.


    Pour vous faire une idée, The Sandbox (littéralement le bac à sable en français), figure dans le top 3 des mondes virtuels les plus populaires surr la planète avec plus de deux millions d'utilisateurs actifs. Mais avant de connaître un succès mondial, ce metaverse est avant tout un succès français qui ne date pas d'hier. En réalité, The Sandbox a été créé par Sébastien Borget et Arthur Madrid en 2011 avec un principe simple : chaque joueur pouvait créer son propre univers 2D, avec héros et ennemis, le tout sur de multiples niveaux. Si l'idée de base reste la même qu'il y a 11 ans, l'expérience a quelque peu évolué depuis, car The Sandbox est devenu un acteur majeur du metaverse.


    Plus qu'un simple outil, la plateforme représente désormais un business a part entière pour de nombreuses entreprises, comme les Groupe Casino et Carrefour qui y ont déjà acheté des terrains virtuels pour expérimenter et anticiper les évolutions des futurs modes de consommation. D'ailleurs, certains observateurs évoquent même l'ouverture de supermarchés virtuels avec des ventes de produits certifiés sous forme de NFT. Autre grande entreprise a avoir misé sur The Sandbox, Warner Music Group qui a annoncé il y a peu la création d'un parc d'attraction musical virtuel via la plateforme. Ubisoft, Square Enix, mais aussi Gucci et Adidas ont également acheté des terrains virtuels pour y proposer à l'avenir de nouvelles expériences.


    Au total, près de 200 marques ont déjà investies dans The Sandbox avec l'ambition d'interagir davantage avec leurs clients et proposer de nouvelles expériences. Sur près de 166 000 parcelles disponibles dans ce metaverse français, près de 20 000 ont déjà été vendues, dont une sur cinq appartient à une entreprise. Mais finalement, pourquoi les entreprises se ruent-elles sur les terrains proposés par The Sandbox ? D'après un employé d'Adidas que je cite « cela permettra de créer de nouvelle opportunités pour partenariats, plus d'engagement à travers les biens numériques et un chemin vers un avenir plus inclusif » fin de citation. Un constat partagé comme vous avez pu le constater par de nombreuses marques, et qui fait de The Sandbox un nouvel outil marketing sur lequel elles comptent beaucoup miser à l'avenir.


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  • Qu'est-ce que l'Open Innovation ?

    Connaissez-vous l'open innovation ? Ce terme popularisé au début des années 2000 désigne une collaboration entre strat-ups et grandes entreprises afin que cette dynamique profite aux différentes parties. De quoi s'agit-il concrètement ? C'est ce que je vous propose de voir dans cet épisode avec l'exemple de La Poste chez nous en France.


    Ce n'est pas un secret, les grandes entreprises ont constamment besoin de se renouveler et d'innover pour rester au top. De leur côté, les start-ups font justement preuve d'une agilité et d'une créativité assez dingue pour essayer de se démarquer et de grandir. Ces vingt dernières années, un certain nombre d'entre elles se sont associées pour essayer de profiter de leurs atouts mutuels. En France par exemple, le groupe La Poste a lancé en 2015 son programme French IoT Impact Technologie. En 2022, ce programme fête sa 8e édition et comme toujours mettra à l'honneur un numérique responsable, éthique, inclusif, respectueux de l’environnement et au service de la transformation de la société. Ce dernier point est d'ailleurs central cette année puisque les quinze participants devront proposer des projets pour répondre à "Quatre Challenges" que sont je cite : "les services de proximité, les services aux entreprises et aux professionnelles, la e-santé et les services aux territoires". En clair, chacun de ces quatre défis se fait en partenariat avec des acteurs publics ou privés, tels que Pôle Emploi, CFI Groupe, Malakoff Humanis ou encore le fonds FHF fédération hospitalière de France.


    Vous le voyez avec l'exemple de La Poste, l'open innovation offre de nombreux avantages pour les grands groupes, puisque les jeunes entreprises apportent de nouvelles méthodes de travail et d'organisation, ainsi que de nouvelles idées pour l'avenir. De leur côté, les start-ups ont également tout intérêt à travailler aux côtés d’un grand groupe, car cela leur assure un développement bien plus rapide que par leurs propres moyens. L'appui financier, commercial ou encore stratégique que les grandes organisations peuvent leur apporter sont autant de ressources indispensables à leur croissance. À noter également que quand une start-up s'associe à un grand groupe, sa visibilité auprès du grand public et des autres professionnels s’élargit et son image de marque est renforcée. Finalement, l'open innovation est présente partout dans notre quotidien sans que l'on s'en aperçoive. Un appel à projet d'une fondation ou d'une institution peut rentrer dans ce cadre. Il ne s'agit pas seulement de business, mais plus largement de faire avancer la société notamment au niveau technologique.


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  • Cryptomonnaies : enfin une régulation aux USA ?

    Quand on parle de cryptomonnaies, la position des institutions et des pays varie du tout au tout. Un certain nombre d'entre eux ont décidé soit de brider leur utilisation comme en Chine ou en Russie à cause de ses répercussions écologiques et les possibilités de blanchiment d’argent, soit de les encadrer pour en tirer profit comme au Salvador où c'est carrément devenu la monnaie nationale. Ceci dit, de nombreux pays de premier rang étaient jusqu'à présent restés un peu en retrait sur la question, sans doute par manque d'intérêt. Cela peut paraître étonnant mais c'était le cas des Etats-Unis jusqu'à très récemment encore. Ces derniers jours, le président Joe Biden a signé un décret dessinant officiellement les contours de la première législation américaine sur le sujet. De quoi s'agit-il précisément ? C'est ce que je vous propose de voir dans cet épisode.


    Si les Etats-Unis peuvent paraître en retard sur la question des cryptos d'un point de vue législatif, le président Biden semble pourtant en avance sur pas mal de chef d'états et de gouvernements puisqu'il est le premier à évoquer l'idée d'un dollar digital dans un décret signé la semaine dernière. Rien de révolutionnaire, mais il s'agit là d'une possibilité qui collerait parfaitement avec les nouvelles habitudes de ses citoyens, dont 40 millions possèdent de la monnaie virtuelle. Ce fameux dollar digital ne sera pas un « stablecoin », c'est à dire une monnaie qui conserve une valeur plus ou moins égale à 1$ en permanence comme USDT bien connu des spécialistes. Là, il s'agirait d'un CBDC (central Bank Digital Currency), soit une conversion directe d'un billet en dollar électronique pour vous faire une image. D'après certains observateurs, il s'agirait d'un vrai besoin puisqu'au moins 5 millions de personnes ne posséderaient pas de compte bancaire aux Etats-Unis à cause des frais parfois trop élevés.


    Ceci dit, la création d'un cryptodollars n'est pas pour tout de suite. En effet, et comme son nom l'indique, il s'agit d'un décret, une sorte de point de départ, une feuille de route à suivre pour les années à venir et non pas une véritable loi. Si la naissance d'une devise électronique nationale est au cœur du texte, quatre autres points complètent son ossature d'après la Maison Blanche que je cite : « la protection des consommateurs, la stabilité financière, la sécurité nationale et le risque climatique ». Selon certains experts, l'impact sur le minage et la possession de cryptomonnaies pourrait aussi bien être une véritable montée en puissance de ces monnaies, comme une hécatombe peut-être même encore plus violente qu'actuellement à cause de la guerre en Ukraine. Si la Chine a en effet bridé pas mal de cryptomonnaies décentralisées, le pays a également déployé son e-yuan depuis le début de l’année, ce qui a sans doute forcé les américains à réagir pour ne pas être complètement largué sur ce nouveau champ de bataille financier.


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  • Ukraine : une IA pour identifier les soldats russes ?

    Face aux ravages du conflit entre l'Ukraine et la Russie, le monde de la tech s'engage, principalement pour infliger des sanctions au pays de Vladimir Poutine en arrêtant leurs activités là-bas, mais également de manière plus discrète. En effet, une société française est parvenue en moins d'une heure à identifier un combattant tchétchène envoyé sur le champ de bataille pour grossir l'armée russe. Comment ? Et bien en utilisant tout simplement des outils de reconnaissance faciale en libre accès sur internet. Je vous détaille toute cela et les conséquences potentielles dans cet épisode.


    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les combats n'ont pas encore coupé entièrement internet en Ukraine. En effet le réseau 4G reste opérationnel, ce qui permet aux civils, journalistes et soldats eux-mêmes de documenter leur quotidien et les événements qu'ils vivent sur le terrain. Ainsi, les dizaines de milliers de photos et vidéos postées sur les réseaux sociaux permettent de développer ce qu'on appelle l'Open Source Intelligence. En d'autres termes, la matière disponible et les quelques outils en libre accès permettent à des spécialistes qui ne sont pas sur le terrain de confirmer, dévoiler et révéler des informations censées être confidentielles mais surtout indispensables pour la résistance ukrainienne. C'est d'ailleurs dans ce domaine que le site Bellingcat s'est forgé une solide réputation il y a plusieurs années en révélant que c'était bel et bien un missile russe qui avait abattu le vol MH17 de la Malaysian Airlines au-dessus du Dombass en 2014.


    En France, la société Tactical Systems Académie a pu identifier en à peu près une heure, Hussein Mezhidov, un commandant tchétchène envoyé sur le front ukrainien. Comment ? En utilisant l'outil open source FindClone, et en se basant uniquement sur des photos et données disponibles sur internet. En fait, la reconnaissance faciale de FindClone a permis de retrouver une photo de ce combattant à proximité du président tchétchène Kadyrov sur son compte Instagram et de la comparer avec les sources photo/vidéo venues tout droit d'Ukraine. Cette société qui travaille notamment pour l'armée française, a également employé d'autres outils comme le moteur de recherche de visage PimEyes pour confirmation de l'identité du soldat. D'après la société que je cite « cela de suivre les mouvements des individus. S'ils se savent traqués, cela pourrait permettre d'éviter qu'ils commettent des crimes de guerre. » fin de citation.


    Petit problème, cette ouverture au grand public de la reconnaissance faciale n'empêche pas les erreurs. L'authentification est parfois hasardeuse et certaines personnes peuvent être mal identifiées, puisque les données sont partagées de façon ouverte,. Cela peut engendrer des conséquences sur des personnes et leurs familles qui n'ont rien à voir avec la cible.


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  • La Russie va légaliser le piratage des logiciels ?

    Depuis le début du conflit Ukraine-Russie, les sanctions internationales et mesures économiques se multiplient pour tenter d'isoler le pays de Vladimir Poutine. Un isolement qui commence à se faire sentir en Russie puisque le président serait même prêt à légaliser le piratage dans son pays afin d'éviter que le secteur informatique ne soit totalement sous l'eau. De quoi parle-t-on concrètement ? C'est ce que je vous propose de voir dans cet épisode.


    Selon le journal russe Kommersant, le Kremlin réfléchirait à autoriser le piratage de logiciels informatiques. Une info repérée et relayée chez nous par Kyle Mitchell, avocat spécialisé des nouvelles technologies. En clair, une telle mesure serait la conséquence directe de l'inquiétude grandissante du secteur informatique russe face aux sanctions occidentales. À noter que ces derniers jours, Amazon est le dernier grand nom de la tech a avoir suspendu ses activités dans le pays, de quoi grandement pénaliser la tech russe, que ce soit pour le commerce ou bien pour les serveurs d'Amazon Web Services qu'elle pouvait utiliser. Pour être clair, autoriser le piratage de logiciels ne serait pas une riposte frontale aux sanctions, mais bien une tentative pour devenir indépendant de l'occident dans ce domaine. Selon le quotidien russe que je cite « une telle mesure pourrait temporairement atténuer les conséquences suite au départ de la Russie de Microsoft, IBM, Oracle et compagnies ».


    À bien y regarder, une telle mesure est déjà prévue par la loi russe je cite « en cas d'urgence ». Concrètement, le Kremlin peut prendre des mesures sans l'accord des droits d'auteur et peut suspendre toute responsabilité pénale pour l'utilisation d'un logiciel sans licence par une entreprise russe. Alors pour être honnête, cette annonce met surtout en exergue le fait que Moscou est démuni sur ce terrain. En effet, il ne faut pas oublier que de plus en plus de logiciels sont vendus en tant que service et ne fonctionneront pas sans un accès aux serveurs de l'éditeur. Si l'on regarde encore un peu plus en profondeur, la situation autour des logiciels libres inquiète également les autorités, puisque GitHub, principale plateforme d'hébergement de projets open source, est une filiale de Microsoft. Je vous l'ai dit précédemment, Microsoft a cessé ses activités en Russie il y a peu. Ceci dit, l'entreprise américain a déclaré que les développeurs russes auront toujours la possibilité d'accéder à GitHub. Face à ce qui ressemble à une épée de Damoclès prête à s'abattre sur l'informatique russe, le gouvernement de Vladimir Poutine réfléchit à créer sa propre plateforme de partage open source similaire à celle de Microsoft.


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  • Ukraine-Russie : la pénurie de semi-conducteurs relancée ?

    Selon un cabinet de recherche taïwanais, pays qui produit une immense quantité de semi-conducteurs dans le monde, l'invasion russe en Ukraine pourrait accentuer la pénurie déjà existante. De quoi parle-t-on ? En quoi l'Ukraine est-il un pays important dans ce domaine ? Toutes les réponses dans cet épisode.


    Dans le détail, l'Ukraine fournit 70% du néon à travers le monde. Si vous ne savez pas de quoi il s'agit, le néon est tout simplement le deuxième gaz plus léger au monde, et fait aussi partie des gaz rares permettant de produire des semi-conducteurs. En fait, les industriels l'utilise principalement lors des étapes de lithographie. Je ne rentrerai pas dans le détail, mais la lithographie est une phase importante dans la conception de pièces, avec la gravure. Et bien très concrètement, la guerre en Ukraine pourrait là aussi créer des pénuries de néon.


    À court terme, les fabricants de puces électroniques pourront s'appuyer sur leur stock de néon. Mais selon la durée de la guerre, les approvisionnement pourraient être affecté et donc les lignes de production de semi-conducteurs fortement ralenties. Comme toute pénurie, le prix des matières première, en l’occurrence du néon, devrait flamber, ce qui fera mécaniquement augmenter le prix des semi-conducteurs. À noter que la Russie est également un fournisseur important de néon et que le pays produit aussi beaucoup de palladium, un métal indispensable pour fabriquer de nombreux composants électroniques. Seulement, les sanctions imposées par les membres de l'OTAN contre la Russie risquent de pousser les fournisseurs à chercher d'autres sources d'approvisionnement.


    Quid du long terme alors ? Et bien si la guerre venait à se poursuivre, c'est bien un risque de pénurie massive que le monde encourrait, comme ce fut le cas ces deux dernières années à cause de la pandémie de COVID. Sachant que la demande de puces spécialisées dans l'intelligence artificielle devrait augmenter de plus de 50% dans les prochaines années, la crainte est légitime. Si l'on regarde la situation aux États-Unis, le stock de semi-conducteurs est passé de 40 jours d'avance en 2019 à moins de 5 jours cette année, ce qui n'est pas pour rassurer le secteur automobile, celui des appareils médicaux, et les équipements pour la gestion de l'énergie qui sont les plus gourmands en puces électroniques.


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  • Splinternet : qu'est-ce que ce phénomène inquiétant ?

    Depuis 2019, une loi permet à la Russie de posséder son propre internet, lui assurant une certaine souveraineté numérique en cas de tentative de coupure par les occidentaux. Pour être clair, cette loi vise à isoler les russes du web mondial, et donc de faciliter la censure pour le pouvoir en place. Cette fragmentation d'internet porte le nom de « splinternet », et reflète une tendance assez inquiétante : que les pays autoritaires impose une censure digitale pour ne pas avoir à affronter la liberté d'expression des opposants. Décryptage de cette tendance dans cet épisode.


    Pour bien comprendre ce concept de « splinternet », il suffit d'écouter ce qu'en dit Andrew Sullivan, le directeur général de l'Internet Society. Je cite « si cette tendance à la fragmentation se poursuit, internet finira par être supplanté par un ensemble d'îlots nationaux qui seront parfois connectées à d'autres » fin de citation. Pour l'instant, Internet fonctionne toujours comme il a été conçu à l'origine, à savoir un ensemble interconnecté géré par des fournisseurs d'accès à l'internet, des géants de la technologie, des universités et des gouvernements. Et si la vocation d'internet est d'être une sorte d'encyclopédie géante disponible partout, tout le temps et pour tout le monde, la Chine avait déjà posé la première pierre du « splinternet » en proposant des normes centralisées, donc aux antipodes du principe même du web qui se veut décentralisé et contrôlé par personne. Cette proposition, refusée par l'Internet Society, la Commission Européenne, le RIPE NCC ou encore l'Internet Engineering Task Force n'a pas empêché le géant chinois de créer ce qu'il appelle leur Grand Pare-feu. Concrètement, il s'agit d'un système de surveillance et de contrôle d'internet que Pékin utilise pour bloquer les réseaux sociaux américains ou les contenus sensibles tels que les informations sur les manifestations à Hong Kong.


    Ceci dit, les restrictions gouvernementales varient d'un pays à l'autre. L'Europe et la Californie ont par exemple créé leurs propres lois sur la vie privée, la Chine elle impose une censure gouvernementale, l'Inde a pour sa part interdit les applications chinoises telles que TikTok, WeChat et Weibo et j'en passe... Pour en revenir à Vladimir Poutine, sa guerre pour prendre le contrôle de l'Ukraine bouleverse à nouveau les règles du jeu. Sous couvert de s’attaquer à la désinformation, le Kremlin restreint donc de nombreuses sources d'informations indépendantes et impose au public les médias d'Etats. Russia Today et Sputnik notamment ont rapidement été dans le viseur de l'Union européenne qui a annoncé « bannir la machine médiatique du Kremlin dans l'UE ».


    Autre point inquiétant, la fragmentation d'internet à la source, c'est-à-dire au niveau des normes technologiques. Il y a deux principales. Le DNS pour commencer qui traduit les noms de domaine en adresse numériques pour acheminer les données. Ensuite, il y a le BGP qui permet à un réseau de diffuser les noms des autres réseaux auxquels il est connecté. En somme, ces deux normes contrôlent la façon dont les téléphones, ordinateurs, serveurs et équipement de réseaux communiquent entre eux. Et justement, l'Ukraine voudrait des actions ciblées contre la Russie sur ce point précis afin d'isoler un peu plus le pays du reste du monde. Une action qui ne serait pas d'une grande utilisé à en croire l'Internet Society, et qui par ailleurs renforcerait la propagande d'état russe. Pour Jim Cowie, patron de la société d'analyse DeepMacro que je cite « L'accès à Internet ne devrait jamais être utilisé comme une arme ». Et Andrew Sullivan de l'Internet Society de conclure : « La société devient meilleure grâce à notre capacité à nous connecter avec des personnes qui sont très différentes de nous » fin de citation.


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