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Dans cet épisode final, Pierre Firtion revient sur le dénouement d’une enquête exceptionnelle : la restitution au Bénin du kataklè, siège royal provenant du Dahomey, par la Finlande en mai 2025. Retrouvé grâce aux investigations de notre journaliste, ce 27e trésor complète la série des œuvres restituées par la France au Bénin en 2021. Comment cette pièce unique a-t-elle refait surface ? Quels enjeux politiques, culturels et symboliques entourent ce retour historique ? Entre coulisses de l’enquête et récit d’une cérémonie officielle de restitution à Cotonou, Pierre Firtion vous raconte la fin d’une histoire patrimoniale et mémorielle qui relie l’Afrique et l’Europe.
La France, responsable d’un « massacre ». Ce sont les mots du président français Emmanuel Macron dans une lettre adressée à son homologue Bassirou Diomaye Faye, quelques jours avant les commémorations des 80 ans du massacre de Thiaroye. Un premier pas vers la vérité jugé « encourageant » par de nombreux descendants de tirailleurs, mais qui reste insuffisant. Dans cet épisode, nous revenons sur les réticences de la France à reconnaître sa responsabilité, et nous interrogeons aussi : pourquoi l’histoire des tirailleurs africains est-elle aussi méconnue au Sénégal et en France ?
Avec François Hollande, ancien président de la République française ; Dieynaba Sarr, enseignante de français au lycée de Thiaroye ; Ibrahima Thioub, historien sénégalais, ancien recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ; Aïcha Euzet, metteuse en scène française du spectacle « Aube à Thiaroye » ; Martin Mourre, historien français, auteur de Thiaroye 1944 : Histoire et mémoire d'un massacre colonial (éditions PUR, 2017) ; Armelle Mabon, historienne française, autrice de Le massacre de Thiaroye, histoire d'un mensonge d'État (éditions Le passager clandestin, 2022) ; Julien Fargettas, historien français, auteur de Les tirailleurs sénégalais, les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945 (éditions Tallandier, 2012).
Chanson : Thiaroye 44 de Senny Camara.
Comment faire mémoire quand les autorités détournent le regard ? Dans sa pièce de théâtre « Aube à Thiaroye », la metteuse en scène française Aïcha Euzet raconte le drame qui s’est joué il y a 80 ans, dans le quartier où elle a grandi. Pendant des décennies, c’est la culture qui a donné sa place au massacre de Thiaroye dans la mémoire collective sénégalaise. Films, chansons, poèmes ou pièces de théâtre ont mis en lumière cette matinée du 1er décembre 1944, et donné une voix aux oubliés de l’Histoire. Jusqu’en 2014 et la prise de parole de François Hollande, dénonçant sous les yeux du Président Macky Sall, des événements « épouvantables ».
Avec, Aïcha Euzet, autrice et metteuse en scène française ; Gad Bensalem et Hawa Diakité, comédiennes ; Dialo Diop, chargé des questions mémorielles au PASTEF, au Sénégal ; Dyénaba Sarr, professeur de français au lycée de Thiaroye ; Ibrahima Thioub, historien sénégalais, ancien recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ; Aby Tine, doctorante à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ; Martin Mourre, historien français, auteur de Thiaroye 1944 : Histoire et mémoire d'un massacre colonial (éditions PUR, 2017).
Musique originale : RFI Instrumental
Antoine Abibou a été fait prisonnier par les Allemands. Il s’est échappé, puis a rejoint la Résistance contre les Nazis, avant d’être rapatrié au camp militaire de Thiaroye. Rescapé du massacre de Thiaroye, il a été condamné à dix ans de prison par la justice militaire. Comme 33 autres tirailleurs africains, on l’a accusé d’avoir organisé une mutinerie contre les officiers français présents dans le camp ce jour-là. Mais qui, des tirailleurs ou des officiers, a ouvert le feu en premier ?
Avec Yves et Émilien Abibou, fils et petit-fils d'un tirailleur condamné ; Mamadou Koné, ancien conservateur du musée des forces armées à Dakar ; Martin Mourre, historien français, auteur de Thiaroye 1944 : Histoire et mémoire d'un massacre colonial (éditions PUR,2017) ; Armelle Mabon, historienne française, autrice de Le massacre de Thiaroye, histoire d'un mensonge d'État (éditions Le passager clandestin, 2012) ; Julien Fargettas, historien français, auteur de Les tirailleurs sénégalais, les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945 (éditions Tallandier, 2012).
Musique originale : RFI Instrumental
Dans le cimetière militaire de Thiaroye, Sidy Diop s'est improvisé veilleur des âmes des tirailleurs africains tués dans le camp militaire. Déclaré « cimetière national » en 2004 par Abdoulaye Wade, alors Président de la république du Sénégal, le lieu abrite néanmoins des tombes symboliques, réputées vides. Personne ne sait où sont les corps des victimes du massacre de Thiaroye. Les tirailleurs sont-ils enterrés dans les tombes officielles du cimetière militaire ? Dans les fosses communes, ici et là, dans le camp? Et surtout : combien ont été tués ce 1er décembre 1944 ?
Avec Sidy Diop, veilleur du cimetière de Thiaroye ; Babacar Dioh, comédien et metteur en scène qui a grandi à Thiaroye ; Mamadou Koné, ancien conservateur du musée des forces armées à Dakar ; Hamady Bocoum, archéologue et directeur général du musée des civilisations noires à Dakar ; Martin Mourre, historien français, auteur de Thiaroye 1944 : Histoire et mémoire d'un massacre colonial (éditions PUR, 2017) ; Armelle Mabon, historienne française, autrice de Le massacre de Thiaroye, histoire d'un mensonge d'État (éditions Le passager clandestin, 2022) : Julien Fargettas, historien français, auteur de Les tirailleurs sénégalais, les soldats noirs entre légendes et réalités 1939-1945 (éditions Tallandier, 2012).
Musique originale : RFI Instrumental
Le tirailleur sénégalais M’bap Senghor ne connaîtra jamais son fils, Biram Senghor, né en 1939. Après avoir combattu sous l’uniforme français pendant la Seconde Guerre mondiale, il rentre d’Europe pour rejoindre le camp militaire de Thiaroye. Il y sera abattu le 1er décembre 1944, sur ordre d’officiers français. Ce massacre a coûté la vie à de nombreux tirailleurs africains. Dans cet épisode, nous explorons les zones d’ombre entourant cet événement et suivons les descendants, comme Biram Senghor, dans leur quête de vérité autour du massacre de Thiaroye.
Avec Biram Senghor, fils d'un tirailleur tué à Thiaroye ; Dieynaba Sarr, professeur de français au lycée de Thiaroye ; Martin Mourre, historien français, auteur de Thiaroye 1944 : Histoire et mémoire d'un massacre colonial (éditions PUR, 2017 ; Armelle Mabon, historienne française, autrice de Le massacre de Thiaroye, histoire d'un mensonge d'État (éditions Le passager clandestin, 2022) ; Idrissa Ba, historien sénégalais, directeur du département d'histoire à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar ; Ibrahima Thioub, historien sénégalais, ancien recteur de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Musique originale : RFI Instrumental
80 ans après les faits, cette part tragique de l’histoire coloniale française est toujours entourée de mystère. Alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, des centaines de tirailleurs regagnent l’Afrique et prennent place dans le camp militaire de Thiaroye, au Sénégal. Le 1er décembre 1944, certains d'entre eux sont abattus sur ordre d’officiers français. « Massacre », « mutinerie », « fusillade », « répression »... les versions d’historiens s’opposent à celle de l'autorité militaire coloniale de l’époque. Pourquoi ont-ils été tués ? Combien étaient-ils ? Et pourquoi cet événement reste-t-il si peu connu ? À travers des recherches d’archives, analyses d’historiens et récits de descendants, Charlie Dupiot donne une voix aux oubliés, et ravive la mémoire collective autour du massacre de Thiaroye.
Musique originale : RFI Instrumental
Entre 1938 et 1939, la France et la Finlande échangent des collections d’objets. Parmi ces derniers, l’une des œuvres du trésor royal d’Abomey : le kataklè. Considérés par certains comme un don, par d’autres comme un prêt, le statut de propriété de ces objets pourrait compromettre la restitution du kataklè aux autorités béninoises. Mais une décision inattendue va chambouler la fin de l’enquête de Pierre Firtion.
Bénin – Finlande : le long voyage d’un siège royal vers la restitution
Radié des collections nationales françaises à la surprise générale, le « kataklè », un ancien siège royal originaire du Bénin, pourrait bientôt regagner sa terre d’origine. Dans cet ultime épisode du podcast Le mystère du 27ᵉ trésor, Pierre Firtion revient sur un dossier complexe mêlant diplomatie, droit du patrimoine et mémoire coloniale.
« Le fait est que ce kataklè existe, et je pense qu'il devrait être rendu à sa communauté d'origine. » – Elina Anttila, directrice du Musée national de Finlande
Un objet au cœur d’une bataille juridique et politique
À Marseille, au Mucem, Pierre Firtion découvre pour la première fois les pièces échangées par la Finlande en 1938 contre des objets du Musée de l’Homme. Parmi elles, plusieurs artefacts samis. À Paris, le Quai Branly affirme que ces collections n’ont jamais été cédées, mais simplement mises en dépôt. Pourtant, le Mucem et Helsinki les considèrent comme acquises.
Selon le juriste Vincent Négri, l’interprétation du mot "échange" est au cœur du problème : « Il ne saurait être question de recouvrir un transfert de propriété par ce terme-là [le terme d’échange]. En droit, ce serait effectivement, à mon sens, une erreur. » – Vincent Négri, chercheur en droit du patrimoine
Une avancée décisive inattendue
Longtemps bloquée, la situation se débloque soudainement : le kataklè est discrètement retiré des inventaires officiels. Un geste rare, qui ouvre la voie à une restitution. Derrière cette avancée, l’influence discrète de Marie-Cécile Zinsou, figure incontournable des échanges culturels entre la France et le Bénin.
Vers un retour à Abomey
La Finlande, aujourd’hui propriétaire de l’objet, entame les démarches administratives pour son retour au Bénin. Une restitution symbolique, dans la lignée des 26 œuvres rendues en 2021, qui marque la fin d’un long parcours, et peut-être, le début d’un nouveau chapitre pour le dialogue culturel entre l’Europe et l’Afrique.
Écoutez cet épisode pour comprendre comment ce kataklè peut cristalliser des décennies d’échanges culturels, de controverses juridiques et de revendications postcoloniales. Retrouvez également les épisodes précédents de la série Le mystère du 27ᵉ trésor pour saisir toute la complexité de cette affaire patrimoniale entre la France, la Finlande et le Bénin.
Musique originale : RFI Instrumental
Pour en savoir plus sur ce kataklè et sur la collection de biens finlandais envoyés à Paris en échange, Pierre Firtion s’envole pour Helsinki. Il y retrouve la conservatrice Pilvi Vainonen, qui l’emmène dans les réserves du Musée national de Finlande. Elle lui présente l’un des trésors royaux d’Abomey, pour lequel il se passionne depuis des années. Mais à l’occasion de ce voyage, la directrice du musée lui confie que la propriété du kataklè est au cœur d’un différend…
Cap sur Helsinki : sur la trace d’un siège royal africain oublié
En 1939, un mystérieux siège royal issu du Bénin est envoyé en Finlande dans le cadre d’un échange entre musées. 80 ans plus tard, sa présence à Helsinki soulève des questions complexes de restitution, de mémoire et d’identité. Pourquoi cet objet est-il parti ? Et surtout, à qui appartient-il aujourd’hui ?
Dans ce troisième épisode du podcast Le mystère du 27ᵉ trésor, le journaliste Pierre Firtion remonte la piste de ce précieux artefact africain, désormais conservé dans un entrepôt ultra-sécurisé à la périphérie d’Helsinki. Au fil de ses investigations, il retrouve Pilvi Vainonen, conservatrice au Musée national de Finlande, qui l’accompagne dans cette quête mémorielle. Ensemble, ils consultent des lettres d’archives et découvrent l’implication du résistant Boris Vildé, à l’origine de l’échange en 1938.
Une histoire d’échanges qui soulève des questionnements
L’objet en question, désigné comme un siège royal ou kataklè, serait d’origine Fon ou Yoruba, deux peuples du sud-ouest nigérian et de l’actuel Bénin. Si l’échange semblait clair à l’époque, un flou persiste : s’agissait-il d’un don, d’un prêt ou d’un simple dépôt temporaire ? Le musée du Quai Branly à Paris revendique aujourd’hui sa propriété, estimant qu’aucune cession officielle n’a eu lieu.
« Nous avons toujours pensé que cet objet fait partie de notre patrimoine, car il se trouve dans nos collections. » – Elina Anttila, directrice du Musée national de Finlande.
Entre découvertes archivistiques, émotions contenues face à l’objet, et diplomatie muséale, l’enquête met en lumière les enjeux encore brûlants de la restitution du patrimoine africain.
Écoutez cet épisode pour comprendre comment un simple objet peut incarner des décennies d’histoire, de conflits mémoriels et de débats postcoloniaux. Retrouvez également les épisodes précédents de la série Le mystère du 27ᵉ trésor pour saisir toute la complexité de cette affaire patrimoniale.
Musique originale : RFI Instrumental
Dans les inventaires en ligne du Musée du quai Branly, Pierre Firtion identifie une pièce donnée par le colonel Dodds au musée d’ethnographie du Trocadéro. Celle-ci n’a pas été restituée au Bénin. Il s’agit d’un tabouret à trois pieds, dont le nom vernaculaire est : kataklè. Cette pièce aurait été échangée avec un musée finlandais en 1939… mais semble désormais introuvable. Ce n’est qu’après d’intenses recherches, qu’une conservatrice, Pilvi Vainonen, recontacte Pierre Firtion.
Kataklè : le trésor royal échangé, retrouvé en Finlande
Pendant des années, sa trace s’est perdue. Un petit siège en bois, à trois pieds, appelé kataklè. Une pièce discrète mais chargée d’histoire, donnée par le général Dodds après la conquête d’Abomey qui s’achève en 1894, mais absente de la liste des objets restitués au Bénin en 2021.
Dans ce deuxième épisode du podcast Le Mystère du 27ᵉ trésor, le journaliste Pierre Firtion poursuit son enquête. Grâce à une fiche d’inventaire du musée du Quai Branly et avec l’aide d’une conservatrice finlandaise, il remonte la piste du kataklè, échangé en 1939 avec le Musée national de Finlande.
« En effet, il a été transféré au Musée national de Finlande dans le cadre d’un échange. » – Pilvi Vainonen, conservatrice au Musée national de Finlande (Helsinki).
Une pièce à part
Le siège apparaît pour la première fois dans une base de données finlandaise. Non exposé, jamais réclamé. Son nom local intrigue. Kataklè : un mot d’origine ghanéenne, passé par le Togo avant d’atteindre le royaume du Dahomey. Un objet de transition : entre sol et trône, entre prince et roi.
« C’est un trône d’intronisation [...] c’est un objet qui permet de raconter toute cette histoire du royaume [...] en soit c’est un objet très simple mais c’est un objet qui raconte une histoire très forte et qui intervient dans des moments clés de l’histoire du Dahomey c’est pour ça qu’il a son importance. » – Marie-Cécile Zinsou, historienne de l’art.
Pourquoi a-t-il été échangé ? Était-il considéré comme secondaire ? Ou tout simplement mal catalogué ? Grâce aux archives du musée de l’Homme et aux anciens registres du Trocadéro, l’histoire du Kataklé refait surface. L’échange a bien eu lieu, mais à l’époque, personne ne mesure encore l’importance symbolique de cette pièce.
À travers les témoignages des chercheurs, des conservateurs et des historiens, Sur les traces du Kataklè interroge les zones grises de la circulation des œuvres coloniales et le lent travail de mémoire engagé entre la France et l’Afrique. Écoutez cet épisode pour comprendre pourquoi ce siège modeste est devenu le symbole d’un patrimoine éparpillé, et d’une restitution encore inachevée.
Musique originale : RFI Instrumental
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Enquêtes africaines, c'est le podcast de RFI qui revient sur des événements de l'histoire contemporaine du continent africain.
Saison 4 : Thiaroye, les tirailleurs…
Saison 3 : Le mystère du 27e trésor
Saison 2 : Omar Blondin Diop - Plutôt la mort que l'esclavage.
Saison 1 : L'assassinat de Laurent-Désiré Kabila, un thriller congolais.

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