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Jusqu’au 31 octobre 2026, Paris accueille une grande exposition de bijouterie contemporaine française et internationale, Parcours Bijoux. Cette édition met en valeur des œuvres d’art porteuses de sens, d’histoire et d’identité, créées par des artistes et artisans innovants. Anne Milbeau, fondatrice de l’atelier éponyme, y participe. Elle aime créer des bijoux doux au toucher, rassurants et chargés de sens. Son travail invite à la mémoire, la beauté simple et l’émotion partagée.
À Paris, Parcours Bijoux met en lumière la bijouterie contemporaine française et internationale. Anne Milbeau expose des pièces qui sont autant d’objets de mémoire que de protection. « La création représente quelque chose de merveilleux. On part d'un bout de fil, d'un bout de plaque et on crée quelque chose qui n'existe pas », confie-t-elle.
Née en Bretagne, Anne Milbeau grandit dans une petite ville marquée par la forge de son grand-père. « Mon grand-père était forgeron, alors peut-être que je l'ai entendu taper sur l'enclume et que ça m'a plu. Je me rappelle de sa forge, c'est un endroit où j’aimais bien traîner », raconte-t-elle.
D’abord passionnée de musique, elle étudie la flûte traversière à Rennes, mais elle ressent vite le besoin de créer avec ses mains. En 1993, une formation en arts plastiques à Nîmes devient un tournant décisif. « Je me suis assise à l'établi et là, je me suis trouvée vraiment à ma place. C'était une évidence », se souvient-elle. Sculpture, bijouterie, peinture, histoire de l’art : ces semaines « très très denses » lui ouvrent un champ de possibles. Elle s’installe ensuite à Nîmes, travaille chez elle, expérimente la résine et l’argent, et commence à exposer.
Un vocabulaire de formes, de mouvement et d’harmonie
Installée à Paris pour apprendre la soudure et la mise en forme du métal, Anne Milbeau affine son langage formel. « J'ai appris à limer, à souder vraiment précisément. C'est un métier très précis et très exigeant. Le travail du métal, c’est quelque chose de particulier, on ne peut pas improviser », explique-t-elle. Elle se construit « un petit vocabulaire » de lignes tendues et de volumes harmonieux, pensés pour être portés au quotidien.
Ce qui l’intéresse avant tout, c’est le mouvement et le confort : « J'ai toujours aimé les bijoux qui se portent vraiment et des choses qui bougent. Il y avait des petites pièces qui tournent, et c’est encore là aujourd’hui. Il faut un peu de technique pour que le bijou se porte : des bijoux solides, confortables et avec un mouvement. » Dans ses collections, la maison, le foyer, les ex-voto et amulettes forment un univers symbolique. Elle évoque l’exposition « L’Envers du corps », où elle mettait en parallèle le corps et la maison, puis « Foyers », série de six pièces autour de l’abri et du feu : « L'abri, la sécurité, la destruction et aussi le renouveau. »
Co-création et liens humains au cœur de l’atelierSon atelier parisien est autant un espace de création qu’un lieu de rencontre. Anne Milbeau travaille avec des sertisseurs, des fondeurs, des créateurs, des paruriers. Dix années passées aux côtés du créateur Jean Grisoni l’ont profondément marqué : « C’était très formateur. Il y avait une liberté extraordinaire. Travailler avec des gens différents, ça me nourrit vraiment beaucoup. »
Elle aime aussi la co-création avec ses clients. « On a construit presque ensemble. Après, c'est moi qui ai fait les maquettes, mais on a fait des gros rendez-vous pour aboutir le bijou et c'était super. » Son approche reste résolument sur mesure, ancrée dans l’écoute et le récit de chacun.
Des bijoux doux, porteurs d’émotions et de mémoireLe bijou est, selon Anne Milbeau, un objet intime : « Le bijou doit être doux. C'est comme un cadeau qu'on se fabrique ou qu'on offre. Il faut que ce soit équilibré, un peu douillet et rassurant. Le fait de toucher son bijou est quelque chose de rassurant. » Elle refuse la production de masse et privilégie la rencontre à l’atelier.
À l’heure des achats en ligne, elle revendique ce lien direct : « Il y a plein de gens qui se rendent compte que c'est précieux de savoir quelles mains ont fabriqué cet objet. C'est rassurant pour les deux. » Entre mémoire, architecture et mouvement, ses créations témoignent d’une conviction : « Dès qu'on porte quelque chose sur son corps, ça veut dire quelque chose pour la personne qui le porte. » Parcours Bijoux offre l’occasion de découvrir cet univers, où chaque pièce raconte une histoire singulière, à fleur de peau.
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Du salon familial du 20ᵉ arrondissement de Paris à sa boutique parisienne, Sokona Sissoko a bâti un univers couture où chaque essayage devient une célébration de la féminité. Fondatrice de Beneïsha Paris, elle présente ses robes de mariée et de cérémonie pendant la Fashion Week de Paris, à l’édition France du FIMO228, avec une idée fixe : sublimer des femmes déterminées grâce à des créations glamour et élégantes.
« La mode, je ne me voyais pas dans autre chose, confie-t-elle. J’ai testé la restauration, ce n’était pas pour moi, mais la mode, ça fait partie de moi. »
Née à Paris, où elle a grandi et fait ses études, Sokona Sissoko voit la mode entrer très tôt dans son quotidien. Enfant, elle transforme déjà le salon familial en podium improvisé. « Quand j’étais très jeune, il y a des moments où je restais toute seule chez moi. J’allais chercher des tenues qu’on n’avait pas forcément l’habitude de mettre tous les jours, qu’on réservait aux événements, et je défilais comme ça chez moi », raconte-t-elle.
Son amour pour « tout ce qui est l’embellissement de la femme » la conduit naturellement vers la création, avec Beneïsha Paris. Après le baccalauréat, Sokona Sissoko quitte Paris pour suivre son mari à l’étranger : Valence en Espagne, Liverpool en Angleterre, puis Turin en Italie. « Je me suis plus focalisée sur ma vie de famille que sur moi-même », explique-t-elle. C’est à Turin qu’elle décide enfin de « faire quelque chose qu’elle aime ».
De la restauration à la naissance de Beneïsha ParisEn 2010, de retour à Paris, elle ouvre un restaurant asiatique halal, mêlant cuisine chinoise, japonaise et thaïlandaise. « Je voulais créer quelque chose. En 2010, j’ai créé un restaurant asiatique. Je l’ai gardé cinq ans et je l’ai revendu. Pour moi, ce n’était pas un échec, au contraire, ça m’a permis d’avancer et de voir réellement ce que j’ai envie de faire », souligne-t-elle. Ce détour lui apprend la gestion d’entreprise et confirme ce qui la passionne depuis « toute petite » : la mode.
En 2015, elle lance Beneïsha Paris, modestement. Elle raconte : « J’ai commencé avec huit robes et c’est parti comme des petits pains. De là, j’ai refait quinze robes et il y avait de plus en plus de demandes. Et c’est là où je me suis dit : allez, c’est parti, on va ouvrir la boutique. »
Un accompagnement sur mesure pour un jour uniqueChez Beneïsha Paris, le travail repose sur l’écoute et l’échange. Sokona Sissoko conseille sans imposer, propose les textiles, les couleurs et co-crée parfois les modèles jusqu’aux moindres détails. « Le mariage, c’est un jour très spécial et pour moi, chaque femme est différente, avec un style différent, et moi j’aime les écouter », explique-t-elle.
Les essayages deviennent de véritables rencontres : « Généralement, quand la clientèle vient, elle a déjà une idée approximative de ce qu’elle souhaite. Nous, on est là pour l’aider à bien déterminer. On fait différents essayages, même si on n’a pas ce qu’elle veut, on a quelque chose de similaire ou une forme qui lui correspond, et là, on choisit ensemble. »
Ce qu’elle recherche avant tout, c’est l’émotion : « Ce qui me fait le plus plaisir quand je crée, c’est quand elles font leurs premiers essayages et qu’elles ont des étoiles plein les yeux. C’est ma plus belle satisfaction. »
Dentelles perlées et « beau bling bling »Les robes de Sokona Sissoko sont très travaillées, parfois imposantes, et reconnaissables à leurs dentelles perlées. « Quand j’étais plus jeune, une amie aimait bien m’appeler “madame Bling Bling”. Elle me disait : attention, pas le bling bling cheap, vraiment un beau bling bling. » Perlage, pierres et ornements sont au cœur de son style. La plus spectaculaire de ses robes de mariée pesait près de 40 kilos, avec une traîne de sept mètres entièrement perlée.
Sokona Sissoko ne coupe pas, elle dessine, et travaille avec trois couturières fidèles « depuis plus de dix ans ». « Moi, je donne le modèle, le style, et elles, elles cousent. Parfois, je crée les dentelles perlées », précise-t-elle. Les perles viennent du Pakistan, de l’Inde, de Turquie, parfois de Dubaï, et certaines pierres du Kosovo. Chaque robe est confiée à un seul atelier.
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À Tonnerre, en Bourgogne, le maître artisan d’art David Rosenblum perpétue un métier rare : la gainerie, l’art d’envelopper meubles, coffrets et objets de cuir. Entre créations sur mesure, restauration et transmission d’un savoir-faire pluriséculaire, il fait vivre la mémoire des gestes et révèle l’âme de chaque pièce, célébrant ainsi la richesse du patrimoine français, en ce week-end des Journées européennes du patrimoine.
Dans le tumulte discret de son atelier de Tonnerre, David Rosenblum pratique un métier que l’on confond souvent avec la maroquinerie : la gainerie. « À la base, on dit gainer parce que cela vient de la gaine d’épée, et c’est l’un des métiers qui s’inscrit encore dans les jurandes (ou corporations) il y a plus de 700 ans », rappelle-t-il. Cette spécialité française s’est ensuite diffusée dans toute l’Europe, portée notamment par le cuir de Cordoue, riche en couleurs et en motifs.
La différence avec la maroquinerie est fondamentale : ici, les finitions ne se font pas par couture, mais par refente et parage, jusqu’à rendre les raccords de cuir parfaitement invisibles. « Tout le savoir-faire repose là-dedans : rendre ce côté complètement imperceptible qui donne l’illusion que l’objet est né dans la peau. Le bon gainier doit rendre, dans leur raccord, les deux peaux invisibles », affirme-t-il.
Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demainNé à Paris, faubourg Saint-Antoine, dans une lignée d’artisans, David Rosenblum ne peut pourtant pas reprendre l’atelier familial faute de moyens. Après 12 ans dans la police nationale, il revient à la gainerie en 2010. « Comme disait mon père, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas », confie-t-il. Il se remet à l’établi, dans un atelier qui cumule désormais quatre générations et 130 ans d’histoire.
Sa philosophie tient en une phrase : « Maîtriser les techniques du passé pour créer les objets de demain. » Si les principes de colle ne se réinventent pas, l’atelier intègre les commandes numériques, la gravure et la découpe laser. « Ce ne sont pas des outils qui trahissent la tradition. Si vous les utilisez avec noblesse pour obtenir une qualité d’objet et pas dans une volonté de production, vous restez dans la tradition des artisans d’art : évoluer, s’adapter et créer. »
Le cuir, matière vivante et palette infinieLa gainerie exige une connaissance intime des supports : bois, carton, métal, ainsi que des cuirs, classiques ou exotiques. « On pourrait même gainer une fourchette ou gainer un mur. Tout est possible, mais à chaque fois c’est une approche technique », explique David Rosenblum. Le cuir lui-même impose ses contraintes : « Contrairement à ce que les gens pensent, ce n’est pas un matériau mort. Un cuir reste vivant, il va agir à toutes les conditions d’humidité, de chaleur. La peau va continuer de vivre. »
Bovins, caprins, alligator, galuchat, parchemin… chaque matière demande une technique spécifique. Le gainier doit composer. « Chaque peau a ses particularités dans son travail. Même avec 20 peaux du même type, du même tannage, chacune reste unique », note l’artisan. De la conception à la coupe, de la refente au parage au scalpel, puis à l’encollage et aux patines, chaque étape vise la perfection du geste.
Transmission, reconnaissance et avenir des métiers d’artDans cet atelier reconnu EPV, Entreprise du patrimoine vivant, et titulaire du titre de maître artisan d’art, la question de la transmission est centrale. « Si vous ne formez pas, vous tuez le métier, c’est fini », explique-t-il. Stagiaires, apprentis, profils en reconversion… La formation est continue, avec une exigence claire : « On essaie de trouver une compétence de la main. La compétence de la main fonctionne avec le cerveau. Si la personne est curieuse, la main doit suivre. »
Les titres et labels ne sont pas qu’une récompense personnelle : « C’est la reconnaissance de mon atelier, de l’équipe derrière. Ça fait plaisir, et je pense que ça peut rassurer le client. » À l’heure où l’intelligence artificielle s’invite dans les ateliers, David Rosenblum reste prudent : « Pour l’instant, l’IA n’est pas encore en état de créer. Elle est en état de copier, de modifier. » L’avenir des métiers d’art repose donc toujours sur la main, le regard et le temps long : « Il faut au minimum cinq ans pour commencer à maîtriser, et facilement dix ans pour être solide dans son travail. »
Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, la gainerie de David Rosenblum rappelle que le patrimoine vivant se joue autant dans les musées que dans ces ateliers où chaque geste, chaque peau, chaque objet raconte une histoire.
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Pendant la Paris Design Week, Oh my laine met en lumière les arts textiles français. L’artiste-designer toulousain Maxime Castagnac y présente son atelier Casta et ses œuvres en laine sculptée par tufting, une technique où des fils sont insérés dans une toile à l’aide d’un pistolet. Il crée tapis et tableaux graphiques : des peintures de matière et de couleur, au relief textile marqué, qui s’intègrent dans les espaces de vie.
Maxime Castagnac, né à Pau, a grandi à Toulouse. Après des études en design graphique à l’ESAD de Reims puis aux Beaux-Arts de Lyon, il démarre une carrière de graphiste indépendant, porté par « une notion d’illustration, de recherche à travers le caractère typographique et le dessin de la lettre ».
Mais tout bascule lorsqu’il découvre le tufting : « Il y a quelque chose qui s’est passé comme une sorte de révélation avec la matière, le fait de pouvoir jouer avec la matière et de pouvoir laisser les formes évoluer. » Le travail manuel revient alors au cœur de sa pratique. Si Maxime Castagnac n’avait jamais travaillé le textile pendant ses études, la laine était pourtant déjà présente en filigrane : « J’ai toujours eu une appétence pour le textile, mais je n’ai jamais osé sauter le pas. » La rencontre avec la technique du tufting agit comme un déclic : « Quand je me suis plongé dans la diversité de la laine, comment elle est faite, comment on peut la colorer, tout de suite ça s’est révélé et c’était un peu comme une évidence pour moi. » Il apprend seul, grâce aux vidéos et aux réseaux sociaux, en revendiquant une pédagogie par l’erreur : « J’aime bien me tromper, ce qui me permet après de comprendre comment je peux améliorer, comment je peux trouver des solutions. »
Le tufting, une peinture en laineMaxime Castagnac décrit le tufting comme « une forme de peinture en laine ». Sur un grand canevas tendu sur un métier, il projette son motif avant d’injecter la laine à l’aide du pistolet : « Le pistolet du tufting, je le vois comme un pinceau et la laine comme la peinture. » Une première phase de peinture est suivie d’un temps de sculpture : « Une fois que la laine est sortie du canevas, elle est brute, elle s’entremêle. Il faut venir séparer chaque fil, venir sculpter. »
Au ciseau, il tond, nivelle, crée des épaisseurs, des angles, des reliefs : « Sur les tapis et tableaux que je fais, j’aime bien cette notion d’aplats bien réguliers. Et après, on vient vraiment sculpter au ciseau, faire des angles à 45° pour révéler les formes. » Il travaille en miroir, depuis l’envers de la toile, acceptant cette « petite gymnastique » où une forme trop dynamique vers la droite se révélera finalement à gauche.
Atelier Casta, un univers graphique vibrant et libreSon atelier Casta tire son nom d’un diminutif de son patronyme Castagnac : « Casta, c’est devenu un diminutif de gens autour de moi qui m’apprécient bien. Cet atelier, c’est vraiment moi qui donne mes couleurs, mes formes. C’est Casta qui vous parle, c’est mon intime qui vous parle. »
Maxime Castagnac assume créer d’abord pour lui : « Je n’avais pas le médium pour exprimer toutes ces formes, toutes ces couleurs, toutes ces interrogations que j’avais. Le tufting s’est posé pile entre les deux. » Il construit un univers non commandé, fait de pièces uniques, auquel viennent ensuite se greffer des projets sur mesure : « J’ai créé un univers visuel et graphique qui n’est pas la commande. J’aime aussi cette rencontre où les gens vont me dire : "J'aime ce détail, est-ce qu’il y a une possibilité d’une nouvelle pièce sur mesure ?" »
Sa signature, il préfère la laisser aux autres : « Souvent le mot dynamisme revient. Il y a quelque chose de chaleureux, de très contrasté. » Attaché à une laine naturelle sourcée en France, il s’appuie sur des filatures expertes : « J’ai compris que je ne pouvais pas faire tous les métiers. D’avoir des professionnels qui filent la laine et font des teintures aussi magnifiques, c’est important. »
Porté par une matrice de formes qui se réinvente sans cesse, Maxime Castagnac voit la création comme un moteur permanent : « La création occupe l’essentiel de ma vie. (…) Je pense que tous les jours, la création est avec moi. » Avec le tufting, ses glyphes quittent le papier pour devenir tapis, tableaux, volumes colorés qui apportent, chez lui comme chez les autres, « quelque chose de beau, de vibrant et de vivant ».
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Entre Japon et Afrique, entre exigence couture et joie inclusive, Jeanne Messi Fouda réinvente le kimono à Paris. Avec sa marque artisanale, elle démocratise ce vêtement millénaire, le colore de motifs africains, l’accompagne de bijoux et bientôt de maroquinerie, tout en transmettant son savoir-faire aux jeunes générations. Un univers où la mode est à la fois audacieuse, éthique et profondément humaine.
Kiru’Mono de Jeanne Messi Fouda s’inspire de l’élégance japonaise pour créer une mode universelle, inclusive et joyeuse. Née au Cameroun, dans une famille où « la mode est une passion », elle raconte : « Mon papa est féru de mode, ma grand-mère également et j’aime le travail qui est bien fait. »
Installée à Paris, elle propose des mini-séries et des pièces uniques, faites main, fabriquées localement. Son ambition : démocratiser le kimono en y apportant « une touche africaine et moderne » et en l’accompagnant d’accessoires et de bijoux pour compléter la silhouette.
Le déclic d’un voyage, la naissance d’une marqueC’est un voyage en Guadeloupe qui déclenche l’aventure. Pour l’occasion, Jeanne fait confectionner un kimono pour elle. « Devant la réaction des gens de l’aéroport d’Orly jusqu’en Guadeloupe, je me suis dit que je tenais quelque chose ». De retour à Paris, elle trouve un atelier, dessine les patrons, organise un premier shooting au Palais Vivienne, puis lance sa marque fin 2019.
Elle refuse la facilité : « Je voulais vraiment créer quelque chose qui me ressemble. » Le kimono, pièce codifiée depuis le XIIᵉ siècle, devient entre ses mains un objet plus fun, mais toujours respectueux des traditions : « Pour le kimono, ce n’est pas anodin. Vous nouez la ceinture, avez un sens qui signifie le deuil et un sens qui signifie la vie. »
Matières nobles et pièces raresJeanne commence chaque création par le dessin, puis par le choix des tissus : soie, suédine, coton. « Choisir, c’est un peu compliqué parce que tous les tissus que j’utilise, je les aime. Si vraiment il fallait que j'en choisisse un, ce serait la soie, parce que c’est un tissu qui bouge avec le vêtement, qui est vivant. »
Loin de la fast fashion, elle revendique la rareté : « Si je fais plusieurs kimonos, il va y en avoir trois ou quatre, pas plus. » Elle collabore avec un Meilleur Ouvrier de France à Lyon pour des doublures monogrammées, symbole de son exigence. Ses clients vont du chanteur Meiway au rappeur La Fouine, mais elle veille à garder une offre accessible : crop tops, pantalons, bijoux permettent à chacun d’entrer dans l’univers de Kiru’Mono.
Créer, transmettre et élargir l’universJeanne Messi Fouda dit créer « pour les gens qui veulent s’amuser en s’habillant, qui aiment prendre des risques ». Mais son engagement dépasse la mode. Avec des ONG comme Solidarité Laïque, elle anime des formations en artisanat créatif en Côte d’Ivoire : « On peut très bien créer sans pour autant avoir d’argent. Il suffit de travailler, d’avoir une méthodologie. » La transmission est essentielle : « On n’a pas besoin d’être connu, d’être arrivé au sommet pour pouvoir redonner. »
Aujourd’hui, elle développe une gamme complète. Ses bijoux en argent incarnent son style élégant et simple, à la portée de tous. Prochaine étape : la maroquinerie, sacs et sandales en cuir, en collaboration avec des artisans sénégalais reconnus. Une manière de prolonger son credo : faire vivre une mode audacieuse, qualitative et profondément connectée aux cultures qui l’inspirent.
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Cheveux lisses, frisés, crépus, dociles ou rebelles. La coiffure n’est pas un simple élément esthétique, c’est beaucoup plus… une véritable forme d'expression artistique. Rencontre avec Nadeen Mateky, un nom incontournable du cheveu afro.
Se faire coiffer par Nadeen Mateky tient de la leçon de style mais également de l’échange et du dialogue. Pour chaque coiffe, cette artiste du cheveu laisse libre cours à sa créativité : « J’observe, je coupe, je tresse, je sculpte en fonction de l'histoire de ma cliente. Un coiffeur, c’est comme un psy à qui on se dévoile. »
Native du Congo, son art capillaire lui a été transmis par sa grand-mère très coquette qui l’a initiée à la mise en beauté du cheveu : « J’ai grandi à Moungali, un quartier de Brazzaville où les femmes portaient des coiffes qui avaient toutes une signification. Pour un deuil, la femme avait des tresses en arrière, ce qu'on appelle des "syndulla" au Congo, ou alors elle se rasait la tête. Les cheveux attachés envoient un message de femme mariée, détachés, c’est celui d’une femme libre ». D’une passion, Nadeen Mateky a décidé d’en faire son métier.
De la coiffure à la sculpture
Ses coiffes sont de véritables sculptures capillaires, dont Nadeen Mateky tient à garder les secrets : « J’utilise beaucoup de matières premières, de la laine, du carton, du bambou, du raphia, j’y ajoute aussi un cocktail de pierres précieuses et des coquillages ».
Nadeen Mateky est une visagiste. Elle a construit sa renommée auprès de têtes célèbres comme Alicia Keys, Lenny Kravitz, Fadily Camara ou Claudia Tagbo. Sa signature : revisiter les coiffes africaines traditionnelles en leur apportant une touche moderne, comme elle le rappelle : « Cela exige beaucoup de travail et des recherches pour retrouver les coiffures somptueuses des reines d’Afrique ou de France. Le cheveu est une matière vivante. Je travaille différemment s’il s’agit de shootings de presse, pour le Festival de Cannes, de la Fashion Week ou pour un film. »
Son objectif est de réconcilier toutes les femmes africaines avec leurs cheveux naturels. Et d’expliquer : « Le cheveu afro est magnifique, il défie la loi de la gravité. On peut faire tout ce que l’on veut avec : le lisser, le boucler, mais sa texture demande beaucoup d’hydratation et de soins. C’est pour cela qu’il est important de trouver la bonne coiffeuse qui saura le travailler sans l’abimer ou le tirer sur la racine, au risque de provoquer des tensions sur le cuir chevelu ou des alopécies. Un défi de taille. »
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Nées à Tours, Élodie Michaud et Rebecca Fezard inventent chez hors-studio des biomatériaux à partir de déchets sans filière de recyclage. Entre geste textile, tradition artisanale et innovation, elles transforment rebuts marins, cuir recyclé et matières oubliées en surfaces sensibles qui racontent une autre histoire du design et de la responsabilité.
En 2016, Élodie Michaud et Rebecca Fezard fondent hors-studio, un atelier de recherche et de narration autour de la matière. Elles explorent, expérimentent les potentiels cachés des déchets et imaginent de nouveaux gestes, usages et imaginaires pour l’architecture et le décor.
Leur rencontre a lieu au FabLab de Tours, en 2016. Élodie Michaud travaille sur son projet de fin d’études, Rebecca Fezard expérimente des matériaux avec les machines à commande numérique. « C’était une super belle rencontre, on s’est rendu compte qu’on avait un peu une même approche créative sur la question de la matérialité », se souvient Rebecca. Élodie propose de monter un studio. En quelques mois, le duo installe un espace de coworking, enchaîne les premiers projets et hors-studio naît « assez instinctivement ».
De la crise de sens à la responsabilité des designersLe basculement vers les déchets ne relève pas d’un simple effet de mode. Au FabLab, elles réalisent que la majorité des matériaux qu’elles manipulent sont issus de la pétrochimie. Une visite de recyclerie agit comme déclencheur : « On s’est rendu compte de la déperdition de matières premières, de matières qui partaient à l’enfouissement alors qu’elles étaient encore complètement viables », raconte Rebecca Fezard.
Élodie parle d’une vraie crise de sens : « Si c’est juste ennoblir des matériaux existants qui vont partir à l’enfouissement, ça ne nous intéresse pas. Quand on est designer, on a vraiment une responsabilité. » Leur réponse : créer leurs propres biomatériaux, à partir de déchets sans filière de valorisation, et inventer un savoir-faire qui allie tradition artisanale et innovation.
Leur premier terrain de jeu : les coquilles de moules, d’huîtres, de Saint‑Jacques, récupérées dans les restaurants. L’expérience ouvre une méthode : partir de poudres, travailler des liants naturels (algues, colles animales, liants issus de la cuisine), croiser recettes open source (via la plateforme Matériuum), grimoires d’artisans d’art, techniques de staff et de stuc. « C’est toutes ces combinaisons qui deviennent notre savoir‑faire et qui nous permettent de créer des recettes sur mesure », poursuit Rebecca.
Designers matière, entre recherche, narration et biomatériauxHors-studio ne fabrique pas des matériaux « au mètre carré », insiste Rebecca : « Notre plus‑value, c’est de pouvoir, quand on crée un matériau, lui donner une démarche créative dans l’application derrière. » Leur process : créer une œuvre artistique qui raconte une histoire et montre les potentialités de la matière, pour inspirer architectes et décorateurs.
Une pensée, deux têtes, quatre mains, le duo décrit un ping‑pong permanent, une « télépathie » nourrie par une communication constante : idées, stratégie, finances, matière, tout se discute. « Il n’y a rien qui est décidé l’une sans l’autre. C’est un respect absolu, être sûr en permanence que ça soit OK », insistent-elles.
Ce métier exige « du courage et de la ténacité », souligne Rebecca. Inventer un métier et un savoir‑faire implique de « déplacer des montagnes », de convaincre, de prouver la fiabilité de ces biomatériaux. Élodie ajoute : « Il faut être hyper centré, croire en ses convictions, garder l’instinct créatif. »
Parmi leurs matériaux, deux les fascinent particulièrement. Le byssus, la fibre produite par la moule pour s’accrocher au rocher, « une des fibres les plus puissantes au monde, capable de suivre les mouvements de l’océan, longtemps appelée soie de la mer . Le déchet, quand on le récupère, ça ne ressemble à rien et il y a cet enjeu de l’ennoblissement », explique Rebecca Fezard.
Récompensées par le Prix Dialogue 2025 Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la main, pour leur matériau Leatherstone. Elles ont créé ce matériau à base de cuir recyclé, proche du plâtre dans ses sensations de mise en œuvre : « Il passe par plein d’états, il est chaud, il y a une pâte. » Structurel, imprimable en 3D, doté de propriétés thermiques et acoustiques, il synthétise leur approche : transformer un déchet massif et problématique en matière sensible et durable. « C’est ça qui est formidable », conclut Élodie Michaud.
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Bottines, mocassins ou derbies, escarpins, baskets… Des chaussures uniques à la mode réalisées de manière artisanale et ultra confortables, c’est ce que propose le maître chausseur Philippe Zorzetto avec ses modèles sur mesure et ses collections.
Philippe Zorzetto est le chausseur d’artistes comme Jean Dujardin, John Malkovich, M, Matthieu Chedid, Jane Birkin et bien d'autres. Ses clients sont des hommes et des femmes célèbres mais également des anonymes.
Comment devient-on créateur de chaussures ? Éléments de réponse avec Philippe Zorzetto ; « Au départ, j'ai fait des études de droit et sciences politiques. Je n'étais pas programmé pour créer une marque de chaussures et pourtant je l'ai fait. C’est lié à mon histoire familiale, des artisans de père en fils. Mon grand-père fabriquait des souliers en bois dans des ateliers en Italie avant la guerre. Et quand j’ai décidé de me lancer, je me suis rendu compte que j’avais déjà tout en moi ».
Un chausseur musicien
Pour Philippe Zorzetto, produire une bonne paire de chaussures demande trois choses : un savoir-faire extraordinaire, le sens de la mode, et l’artisanat. « J’ai d’abord cherché en France, en Italie et en Espagne les meilleurs ateliers pour proposer des modèles de qualité », explique-t-il. « Ensuite, j’ajoute des références culturelles, la musique est ma première source d’inspiration ; enfin je propose des modèles dans l'air du temps. »
Son objectif : créer des chaussures à la fois utilitaires et artistiques. Des modèles assez simples, mais en réalité très complexes à fabriquer et qui demandent beaucoup d’expertise, comme il le rappelle : « Il faut près de 150 pièces pour créer un modèle Zorzetto. Je travaille uniquement avec des constructions cousues, ce qu'on appelle le cousu Blake, c'est-à-dire que les semelles ne sont pas collées, mais cousues à la main ».
Souplesse et légèreté du cuirPhilippe Zorzetto est très attentif à la souplesse du cuir. Il sélectionne toujours des peaux de belle qualité et durables, et pour cela il faut y mettre le prix.
Outre les souliers sur mesure, il sort également des collections, il en a notamment créé deux avec la collaboration du chanteur Louis Chedid : « Fabriquer une seule paire revient extrêmement cher, car cela nécessite beaucoup de main-d’œuvre. Donc pour avoir un prix raisonnable, il faut produire du volume et une collection permet ainsi de faire baisser les coûts et d’avoir un prix attractif ». Cette année, la marque bouclera sa 36ᵉ collection et fêtera ses 18 ans d’existence.
Lucas Huillet, designer et céramiste, incarne une vision sensible et engagée de l’artisanat contemporain. Son travail, résolument transdisciplinaire, mêle matériaux bruts et textures contrastées pour nous inviter à repenser la création comme un véritable dialogue entre héritage, matière, émotion et engagement. En privilégiant une fabrication artisanale, il fait de chaque objet bien plus qu’une simple pièce : une intention, une vision du monde à laquelle nous sommes invités à prendre part.
« Je viens du sud de la France, j’ai grandi à Cerbère. Depuis tout petit, j’ai toujours ce rapport à des choses très créatives. » Pour ce designer et céramiste, la création s’enracine dans une histoire familiale faite de migration et de savoir-faire. Ses grands-parents italiens, arrivés en France dans les années 60, ont multiplié les métiers avant que son grand-père ne s’installe comme tailleur, puis ne tienne un magasin de retouches et de réparation de machines à coudre.
« J’ai eu mes premiers rapports à l’artisanat via ça. Depuis tout petit, j’ai toujours gravité autour des métiers de la main. » La céramique arrive ensuite, comme une évidence. Il apprend dans son village, « en faisant, en faisant, en faisant », bien avant l’école. À Paris, l’École Camondo, entre architecture intérieure et design, lui permet d’articuler objet et espace. Une année chez Chanel en architecture intérieure achève de le former, tandis qu’il monte son studio de céramique et achète son premier four : « Ça a vraiment donné une liberté dans ce que je faisais, pouvoir explorer plein de choses. »
La créativité comme travail et dialogue des matièresPour lui, le design n’est pas qu’une idée abstraite, mais un aller-retour constant entre conception et fabrication : « Le designer, il va concevoir et remettre la fabrication à un artisan compétent. Moi, c’est plus venu d’une appétence personnelle. » Il revendique ce double ancrage, théorique et manuel, nourri par les métiers de la main et par une méthode rigoureuse.
Surtout, il refuse l’idée d’un don créatif : « La créativité, ce n’est pas un don, c’est quelque chose qui se travaille. On écrit, on réécrit, on réécrit. » La céramique impose sa temporalité : la terre sèche, il faut anticiper, respecter les étapes, du modelage aux cuissons successives. « C’est une course contre la montre pour ne pas gâcher de la matière. »
Son geste, il le travaille jusqu’à ce qu’il devienne fluide : « Faut que ça devienne totalement fluide, qu’on n'y réfléchisse quasiment pas et qu’on soit concentré sur ce qu’on voit, sur l’objet qu’on a dans les mains. » Le dessin et l’écriture structurent ce processus : d’abord le récit, l’intention, puis la forme. « Écrire une histoire, c’est très important pour moi. Le trait concrétise beaucoup les choses, alors que le mot laisse encore tout un champ de possibles. »
Dans ses pièces, il privilégie la matérialité plutôt que l’ornement pur : « J’aime bien travailler la matière pour ce qu’elle est. L’émail va être un décor qui va redonner une matière, une vibration, par petites touches, en contraste avec une matière plus brute. »
Faire des ponts entre disciplines et proposer des récitsCe qui caractérise le plus son travail, c’est cette curiosité transdisciplinaire : « J’ai cet appétit pour aller voir ailleurs, toujours. Voir comment je peux faire des ponts avec le design et d’autres disciplines. » Avec Alexandre Helwani, historien du parfum et parfumeur, il conçoit des installations où céramique, textile et olfactif dialoguent. Leur projet sur la santé mentale à la Paris Design Week s’est construit comme un véritable récit à plusieurs voix : « On écrit d’abord une histoire, ce qu’on veut raconter, et le dessin, le parfum viennent se mélanger petit à petit. »
Le message n’est jamais prescriptif : « C’est transmettre un message, mais au-delà de ça, c’est simplement faire une proposition. Après, c’est au public de voir comment il le ressent. » Dans un monde saturé d’images et de contraintes, il interroge la posture du créateur : « On se pose beaucoup de questions sur est-ce que ce que je vais faire est pertinent, soutenable, est-ce que ça a déjà été fait. Pour être créatif, il faut plus avoir un certain optimisme dans des temps qui sont assez durs, pour justement voir de nouvelles perspectives. » La création, dans sa vie, est un fil rouge discret mais tenace : « On ne va pas être tout le temps dans des phases créatives. C’est ce fil rouge qui nous amène d’un projet à l’autre et d’une idée à l’autre. » Entre Cerbère, Kyoto et Paris, elle continue de tisser des ponts, des gestes et des histoires.
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Quand la mode devient un support d'activités pour permettre à des femmes de s'insérer par l'emploi. C’est que propose Hawa Sangaré qui a lancé un atelier d'insertion à Paris et la marque « Hawa Paris » qui incarne une vision de la mode durable, éthique et inclusive.
Après des études en psychologie clinique, la Franco-malienne Hawa Sangaré se voit proposer un poste pour accompagner des personnes en difficulté. Elle va ainsi travailler pendant une douzaine d’années dans ce milieu de l'insertion sociale, pour soutenir des hommes, des femmes, des jeunes en difficulté et des anciens prisonniers.
Au fil de son expérience professionnelle, Hawa Sangaré note que de nombreuses femmes restent sur le carreau, éloignées de l'emploi, isolées socialement, des réfugiées souvent des mamans solo : « J'ai eu envie de donner des clés d'émancipation à ces femmes-là. Quand je suis tombée sur un article sur la loi anti-gaspillage vestimentaire qui visait à empêcher les marques de luxe de brûler leurs fins de stocks. Je me suis dit, la mode va être le support d’activité qui va me permettre d'accompagner ces femmes ».
Du travail pour se réparerC’est en 2021 qu’est lancé « Hawa au féminin », un atelier textile d’insertion qui s’inscrit dans une démarche de mode solidaire et éco-responsable. Quel est le processus de formation pour ceux ou celles qui viennent dans son atelier ? Les explications d’Hawa Sangaré : « Elles sont envoyées par des structures comme France Travail, des centres d’hébergement, ou bien encore des associations. Quand elles arrivent chez moi, elles ont besoin de se poser. Et le lieu de travail leur offre un cadre bienveillant qui va les aider à se restructurer, avec des chefs d'atelier qui vont transmettre tout leur savoir-faire ».
Pour le matériel, Hawa Sangaré demande à des grandes maisons de couture de lui confier ses fins de stocks. La Maison Balmain fait partie des premiers à lui faire confiance et à comprendre sa démarche. Balmain adhère au projet et lui envoie des stocks de tissus pour réaliser sa première collection pour la marque « Hawa Paris ». En plus des collections, l’atelier propose aussi des services confection et broderie.
Pour Hawa Sangaré, le vêtement est un outil de communication, car il permet de reprendre confiance en soi. Le travail va permettre à ces femmes d’accéder à l'autonomie. Et Hawa Sangaré de rappeler : « Le parcours d'insertion dure de 6 à 24 mois, même si de nombreuses difficultés persistent. Ces femmes aiment venir travailler. Le fait main artisanal permet vraiment de se réparer. Et puis qui dit travail, dit salaire et donc la possibilité de se loger. »
Même si Hawa est la créatrice de la marque, c’est en réalité une marque collective. Si la clientèle vient au départ, par curiosité. Elle revient pour la qualité de la confection, la qualité des tissus et pour l'identité très forte du projet. Les premiers défilés ont eu lieu à Paris, et puis en Afrique du Sud ou bien encore en Chine.
Pour en savoir plus :
Atelier textile d’insertion.
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