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Et si le Kenya se mettait au lait de bufflonne ? C’est une proposition récemment faite par le président, William Ruto, lors du sommet kényan sur l’agriculture et l’agro-industrie. La filière lait connaît une crise d’approvisionnement. Depuis septembre, les étals sont régulièrement vides, le gouvernement veut donc diversifier les espèces productrices.
De notre correspondante à Nairobi,
L’annonce du président kényan a d’abord provoqué une certaine hilarité. Sur les réseaux sociauxn ont fleuri de nombreuses vidéos parodiques montrant des éleveurs courant après des buffles dans la savane. À tel point que le secrétaire principal du ministère de l’Élevage a dû clarifier les choses : « Les animaux dont nous parlons sont des buffles d’eau domestiqués, et non pas des buffles africains sauvages », a précisé Jonathan Mueke. Et d'ajouter que le projet est bien avancé.
Le gouvernement entend importer ces animaux d’Inde et les certifications vétérinaires ont déjà été enclenchées. Nairobi et New Delhi travaillent désormais sur les dispositions commerciales, à savoir le prix des buffles d’eau et le coût de leur importation. Leur prix varie en fonction de l’âge, du poids, de l’état de santé, mais, selon le quotidien kényan Daily Nation qui a étudié plusieurs annonces en Inde, il oscille entre 75 000 et 300 000 roupies indiennes, soit entre 700 et 3 000 euros.
Un investissement conséquent pour un éleveur kényan, mais le ministère de l’Élevage assure avoir déjà reçu plus de 800 commandes. Le gouvernement y voit une solution à long terme pour un problème récurrent au Kenya : la pénurie de lait.
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Des espèces plus résistantes, au meilleur rendementDepuis septembre, l’approvisionnement est très aléatoire. D’abord minimisée par le KND, le Bureau des produits laitiers du Kenya qui regroupe les professionnels de la filière, le ministre de l’Agriculture lui-même a reconnu au début du mois une situation de crise. Selon lui, les livraisons au secteur formel ont baissé d’environ 6 % ces derniers mois.
En cause : la sécheresse, le manque de pâturage et le prix élevé des aliments de bétail. Moins bien nourries, les vaches kényanes produisent moins de lait. Pour le gouvernement, il faut donc investir dans des espèces plus résistantes et aux meilleurs rendements. « Le lait de la bufflonne d’eau produit trois fois plus de matières grasses qu’une vache ordinaire », explique le secrétaire principal au ministère de l’Élevage. Le buffle d’eau est déjà présent sur le continent africain. L’Égypte en compte 5 millions de spécimens.
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Du vin sur le toit du monde. Au Tibet, des vignes poussent à plus de 3 500 mètres d’altitude, malgré le froid et des conditions de culture extrêmes. Le domaine Pazhu y produit des blancs, des rouges et même du vin de glace. Une curiosité viticole, mais aussi une vitrine du développement économique voulu par Pékin dans cette région étroitement contrôlée. Comment fait-on pousser du raisin à une telle altitude ?
Entre le sol gelé en hiver, les ultraviolets très intenses à cette hauteur et les risques de sécheresse précoces, les vignerons du Tibet s'y sont pris par tâtonnements. Les producteurs ont essayé des cépages différents, ont adapté leurs techniques et ont choisi des raisins en mesure de résister à toutes ces conditions. L'altitude a tout de même des avantages : beaucoup de soleil et des températures fraîches qui préservent l'acidité du raisin.
Le domaine offre à la fois du chardonnay, du rouge et aussi du vin de glace. Et le domaine Pazhu exploite différents vignobles – dont une petite parcelle à côté de Lhassa qui est entrée dans le Guinness des records pour sa hauteur : 3 563 mètres d'altitude.
Ces vins trouvent des acheteursUn marché niche, mais un marché tout de même. La plupart des bouteilles sont vendues en Chine, parfois à 777 yuans, environ une centaine d'euros. Pazhu joue de sa singularité au niveau de son terroir et mise sur le tourisme local.
Mais le domaine cherche d'autres débouchés, au-delà de la Chine continentale. Des bouteilles sont parvenues à Hong Kong en début d'année. Le contexte reste cependant difficile. Depuis 2017, la consommation de vin en Chine a vraiment reculé, et Pazhu fait face à des régions beaucoup plus installées comme le Ningxia ou le Shandong. Le domaine n'est toujours pas rentable d'ailleurs, selon la direction.
Les objectifs multiples de PékinLe but n'est pas seulement de vendre du vin. Il s'agit aussi de créer des emplois, de booster le tourisme et de diversifier l'économie locale. La direction évoque 80 salariés permanents et plus de 3 000 habitants des villages alentours qui viennent travailler dans les vignes.
Et pour Pékin, cela permet de mettre en avant sa politique de lutte contre la pauvreté, mais aussi de montrer une vitrine économique avec la volonté d'intégrer le Tibet au reste de la Chine. Le tout sur fond de contrôle politique et de restrictions des libertés religieuses et culturelles dénoncées par les défenseurs des droits humains. Le vin est donc ici aussi bien un outil de développement qu'un instrument de communication pour les autorités chinoises.
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Alerte au trop-plein de poulet dans les élevages américains : les industriels, qui ont augmenté leur production depuis deux ans, ne parviennent pas à écouler des milliers de tonnes d'excédent, ce qui provoque une chute inédite des prix de la volaille. C'est une bonne nouvelle pour le consommateur final, mais les pertes menacent la bonne santé des entreprises du secteur.
C'est l'histoire d'un pari manqué dont l'industrie de la volaille se mord les doigts. Car cette surproduction, c'est la filière avicole elle-même qui l'a organisée. Lorsque les prix du bœuf ont explosé aux États-Unis à partir de 2024, le secteur a pensé que les Américains allaient se reporter sur la consommation de poulet, et des investissements massifs ont suivi. D'abord dans les infrastructures, avec la construction de nouveaux bâtiments d'élevage automatisé et de couvoirs industriels géants, capables de faire éclore un million d'œufs par jour. Des dizaines de milliers de poussins naissent toutes les heures dans ces exploitations de plus de 10 000 m².
Ensuite par le biais de la génétique, puisque les géants de la volaille ont privilégié des souches spécifiques pour maximiser le volume de viande. Autrement dit, ils ont conçu par croisement des poulets géants, qui produisent de plus en plus de chair par animal, et qui ne vivent que six à huit semaines dans des milieux confinés, afin de réduire les coûts et d'écarter les risques de grippe aviaire.
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Au bout du compte, d'après les projections, près de 22 millions de tonnes de poulet auront été commercialisées en 2026. C'est un record, mais c'est beaucoup trop par rapport à la demande qui n'a pas eu le temps de suivre. Les grossistes n'ont pas de débouchés pour leur énorme surplus qui fait plonger les prix et mine leurs bénéfices. Pilgrim's Pride, le numéro 2 du poulet aux États-Unis, accuse ainsi une baisse de 96% de son résultat net au deuxième trimestre, en attendant les chiffres du troisième trimestre, qui arriveront la semaine prochaine.
Son conseil d'administration sait déjà que pour survivre, il va falloir délaisser le marché de gros et amorcer un virage massif vers les produits transformés, afin de reconvertir l'excédent de volaille brute en portions de poulet assaisonnées et conditionnées, ce qui implique d'acheter les machines et d'adapter les chaînes de production.
En attendant, cette crise fait au moins quelques heureux : les consommateurs américains plombés par l'inflation bien sûr, mais aussi les chaînes de restauration rapide comme McDonald's ou Wendy's, qui en profitent pour lancer des opérations commerciales très agressives à 5 ou 6 dollars la formule... spéciale nuggets évidemment.
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Si le Sénégal reste un producteur bien plus modeste que son voisin malien ou le Burkina Faso, le secteur aurifère sénégalais affiche une forte croissance. Plus de 10 tonnes d'or produites en 2025, 16 tonnes attendues en 2026 : l'or constitue la première ressource minière du pays. Le contexte haussier du cours du métal jaune profite au Sénégal, avec trois mines en exploitation et de nouveaux sites en développement.
De notre correspondante à Dakar,
Au premier semestre 2026, le Sénégal a produit 8,2 tonnes d'or, soit une hausse de +35% par rapport à la même période en 2025. Une croissance directement liée à la mise en service d'une nouvelle mine d'or il y a un an dans la région de Kedougou, dans l'est du pays, opérée par le groupe marocain Managem. Cette nouvelle mine prévoit de produire à elle seule un peu moins de cinq tonnes (4,6) de métal jaune par an sur les 12 prochaines années. Associé aux neuf tonnes produites par le Canadien Endeavour Mining, qui opère le plus grand site aurifère du pays à Sabodala-Massawa, et à la production de l'Australien Resolute Mining à Mako, le Sénégal prévoit de sortir 16 tonnes d'or de ses terres dans l'est du pays cette année.
Deux nouveaux projets aurifères en préparationMais cette croissance devrait se poursuivre. C'est en tout cas ce que promettent les entreprises minières qui opèrent au Sénégal. Endeavour Mining, par exemple, prévoit de sortir deux tonnes d'or supplémentaires d'ici 2028. Le groupe canadien Fortuna Mining, de son côté, a annoncé en août l'acquisition pour 200 millions de dollars d'un projet d'exploration aurifère près de Diamba Sud, au sud-est du Sénégal. Objectif : produire trois tonnes d'or par an à partir de 2028 sur une durée de neuf ans.
Enfin, Thor Explorations, autre compagnie minière canadienne, devrait prochainement confirmer son investissement dans un autre projet aurifère à Douta, dans l'est du pays, pour une production estimée à trois tonnes d'or par an en 2028. De 16 tonnes en 2026, la production du métal jaune pourrait ainsi passer à 24 tonnes en 2028. Une bonne nouvelle pour les recettes du Sénégal, alors qu'en 2025, la part du secteur minier dans le PIB était de 4%. L'instabilité sécuritaire et politique qui traverse les pays du Sahel bénéficie aux pays du sud de la région, tels que la Côte d'Ivoire, la Guinée mais aussi le Sénégal, estime un expert. Même si le Sénégal reste, pour l'heure, le plus petit producteur d'or de la région.
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Les prix de l'acier au plus haut depuis quatre ans aux États-Unis. C'est la conséquence de la politique de Donald Trump et des droits de douane imposés depuis l'année dernière, droits qui se montent jusqu'à plus de 50%, selon les produits en acier concernés.
Les droits de douane ont eu un impact sur les volumes qui sont entrés aux États-Unis : par exemple pour l'acier fini, directement utilisable par l'industrie ou les constructeurs, les importations ont baissé de 14% depuis janvier, et se montent à 13 millions de tonnes selon les chiffres de l'American Iron and Steel Institute.
À cette réduction des volumes importés, il faut ajouter une production intérieure qui est appelée à se resserrer d'ici décembre, en raison d'une maintenance courante à cette époque de l'année pour les aciéries. Selon Fastmarkets, la production pourrait être amputée d'un million de tonnes potentiellement.
Les prix ont réagi à cette offre globale qui diminue. Les bobines d'acier laminées à chaud, une forme d'acier très utilisée, ont vu leur prix progresser de plus de 50% sur un an et atteindre 1 255 dollars la tonne selon Fastmarkets, soit un niveau jamais vu depuis 2022. Ces produits étaient déjà, avant l'application des droits de douane, plus chers aux États-Unis que partout ailleurs. Avec cette nouvelle hausse des prix, l'écart se creuse encore plus.
Les sidérurgistes, grands gagnantsCes prix sont à double tranchant : ils sont pénalisants pour les uns mais sont une aubaine pour d'autres. Ceux qui achètent l'acier paient le prix fort et sont contraints de s'adapter en limitant leurs commandes. En revanche, ceux qui, aux États-Unis, fabriquent et vendent aujourd'hui leur production à des prix plus élevés qu'avant peuvent se frotter les mains.
Les sidérurgistes profitent d'un environnement moins concurrentiel pour augmenter leurs ventes et leurs bénéfices. Le premier producteur d'acier du pays, Nucor, a ainsi vu ses actions progresser de plus de 50% à la bourse cette année, rappelle l'agence Bloomberg.
Un succès pour Donald TrumpLe président américain décrit d'ailleurs sa politique de préférence pour l'acier national comme un succès. Il met en avant l'effet des droits de douane sur la production locale, et la preuve de l'efficacité de sa stratégie, explique-t-il, c'est qu'elle va augmenter avec la construction d'une nouvelle aciérie géante dans l'Iowa. Il s'agit d'un projet qui n'est pas encore sorti de terre, qui a le mérite, pour l'instant, de promettre des emplois à un État-clé des prochaines élections de mi-mandat.
Ce dont Donald Trump parle moins, c'est de la difficulté des industries consommatrices d'acier, que ce soit les fabricants de tracteurs ou d'appareils ménagers, qui subissent la hausse des prix intérieurs, et qui ont dû baisser leur production voire supprimer des emplois.
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L'Agence internationale de l'énergie (AIE) avertit : les prix du diesel en Europe pourraient augmenter jusqu'en 2027. La crise des carburants met en lumière une vulnérabilité croissante de l’Union européenne : ses capacités de raffinage sont en déclin depuis une quinzaine d’années.
L'Europe paie aujourd'hui le prix fort de ses choix industriels. Si elle peut importer du pétrole brut, elle peine à le raffiner par la suite. En cause : un désinvestissement du secteur face à la concurrence des pays du Golfe mais aussi de la Chine et de l’Inde. Selon l’association professionnelle FuelsEurope, pas moins de 35 raffineries ont fermé leurs portes en Europe depuis 2009.
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Une situation particulièrement alarmante pour le dieselLe vieux continent est donc de plus en plus dépendant des importations de produits raffinés. Et le cas des importations de diesel préoccupe particulièrement les autorités européennes. Car si l’Europe consomme moins de diesel pour son parc automobile, il demeure le carburant de référence pour le transport routier de marchandises, l’agriculture ou encore l’industrie. Or, historiquement, les raffineries européennes produisent plus d’essence que de diesel. Selon le Comité professionnel du pétrole, la France, par exemple, raffine environ 90 % de sa consommation d’essence, mais seulement 50 % de ses besoins en gazole, dont le fioul domestique. Ce dernier est donc encore plus soumis aux fluctuations des marchés mondiaux.
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L'Europe plus vulnérable aux chocs géopolitiquesL'Europe vient de connaitre deux chocs énergétiques majeurs pour la sécurité de ses approvisionnements : la guerre menée par la Russie en Ukraine, débutée en 2022, et la guerre israélo-américaine contre l’Iran. Un conflit qui a entraîné de lourdes perturbations dans le détroit d’Ormuz. Selon l’Agence internationale de l’énergie, environ 19 % du commerce maritime mondial de produits raffinés passent par le détroit et les activités de raffinage situées dans le Golfe ont été fortement impactées. Une situation qui ne s’est pas arrangée avec l’annonce, début octobre, de la suspension par la Chine de ses exportations de carburants.
La restriction de l’offre de carburants raffinés alors que la demande reste élevée participe à la flambée des prix. Autre conséquence : les raffineurs, plus que jamais courtisés, augmentent leurs marges. Au premier semestre 2026, TotalEnergies a multiplié par quatre son résultat opérationnel dans son activité de raffinage.
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Le prix du charbon thermique, en Chine, celui qui fait tourner les centrales électriques, a augmenté d'un quart depuis le mois de juillet et dépasse les 1 000 yuans la tonne, soit environ 150 dollars, selon l'Association chinoise du transport et de la distribution du charbon. La Chine, premier acheteur mondial de charbon, premier producteur aussi, cumule les difficultés d'approvisionnement, face à une demande qui se maintient.
Plusieurs raisons, internes et externes au pays, expliquent cette hausse des prix. Premièrement, la production nationale a baissé de plus de 3 % sur l'année écoulée. Après un accident mortel dans la principale région minière du pays, au mois de mai, dans la province du Shanxi, les mesures de sécurité ont été renforcées et le redémarrage des mines a pris du retard. À cette situation, il faut ajouter des travaux de maintenance sur le principal corridor ferroviaire qui transporte du charbon en Chine, qui ont retardé les approvisionnements.
En parallèle, les exportations d'Indonésie, le principal fournisseur de la Chine, ont chuté de 25 % : Jakarta a décidé de limiter drastiquement les quotas d'extraction minière en début d'année et l'impact de cette règlementation a été accentué par une météo trop sèche, qui a fait baisser les niveaux d'eau sur les principaux cours d'eau navigables, ce qui a entraîné un retard commercial supplémentaire.
Un contexte haussierCette hausse des prix chinois devrait se maintenir, puisqu'on entre dans les mois d'hiver, période de plus forte consommation. Le risque est qu'elle engendre une baisse des marges des centrales électriques et provoque une augmentation des coûts de l'électricité.
C'est sans doute ce qui explique l'appel lancé par les autorités chinoises courant septembre aux entreprises minières et aux régions concernées pour qu'elles accélèrent la réouverture des mines. Objectif, stabiliser la production, faire en sorte que l'approvisionnement soit suffisant, à un coût accessible.
Une demande chinoise stableÀ moyen terme, les prévisions sont plus hasardeuses car les prix réagissent généralement à une combinaison de paramètres. La Chine reste le principal moteur de la demande mondiale. Sa consommation augmente encore en valeur absolue, même si la part du charbon dans la production d'électricité ne fait que baisser depuis 15 ans, au profit des énergies renouvelables, et qu'elle est aujourd'hui d'environ 50 %, un peu moins, selon les données de l'Administration nationale de l'énergie de Chine, relatives à la période de janvier à juin.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit, dans ses prévisions révisées publiées le 10 septembre, qu'en 2027 la baisse de la demande chinoise en charbon sera marginale et que celle-ci se maintiendra autour de 5 milliards de tonnes.
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Le prix minimum pour une tonne d'étain est fixé à 50 000 dollars depuis le mois de juin 2026. Les prix de ce métal qui entre dans la fabrication des boites de conserves, des drones ou encore des serveurs informatiques, ont plus que doublé ces trois dernières années et n'ont pas l'air de vouloir redescendre. Des prix qui ne se justifient pas par d'importantes inquiétudes sur la production.
Du coté de l'offre, les nouvelles sont meilleures. La mine géante d'étain de Man Maw en Birmanie, qui avait brutalement interrompu ses opérations en 2023, sous l'impulsion de la faction armée qui contrôle la région de l'État Wa, a repris son activité en septembre 2026, selon un rapport de l'ONG International Crisis Group. Les niveaux exportés restent en-deçà de ceux en vigueur avant la suspension, mais la reprise effective est de nature à rassurer le marché.
Les exportations indonésiennes ont fortement rebondi au troisième trimestre, après la reprise de l'activité de plusieurs fonderies, qui avaient vu leur fonctionnement perturbé au second semestre, selon l'International Tin Association. L'étain reste donc produit par un nombre très limité de pays. L'offre reste fragile, mais elle s'améliore. La tension sur le marché est plutôt à chercher du coté de la demande, même si la croissance des besoins reste modérée, relève l'International Tin Association.
Nouveaux usages de l'étainCette demande est entretenue par les nouveaux usages de l'étain. Les usages traditionnels eux sont en chute : les boîtes de conserve, et plus largement tous les emballages en fer blanc, ne représentent qu'un peu plus de 10% du marché. Les soudures ont pris le dessus et constituent plus de la moitié de la demande mondiale. Le secteur dans lequel les besoins s'accélèrent, c'est celui de la construction de centres de données : plus leur puissance de calcul est grande, plus ils nécessitent des semi-conducteurs et donc de l'étain, le métal blanc argenté étant utilisé pour fixer les micro-processeurs aux circuits imprimés et relier entre eux les composants électroniques de l'infrastructure.
Un serveur dédié à l'intelligence artificielle, en nécessite jusqu'à quatre tonnes contre 500 kilos pour un serveur informatique traditionnel. La bourse aux métaux de Shanghai estime, dans une étude, que chaque gigawatt de capacité installé dans les centres de données pour l'IA nécessite environ 1 200 à 1 500 tonnes d'étain. Et il ne faut pas oublier les véhicules électriques qui contiennent plus de câblages que les modèles thermiques et donc plus d'étain également.
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Les prix de l'étain « en zone inédite »Tous ces facteurs mis bout à bout expliquent pourquoi les prix se sont installés dans une fourchette haute et sont entrés dans « une zone inédite, un territoire littéralement inexploré jusqu'à cette année », écrit Andy Home, analyste matières premières de l'agence Reuters.
Il ne faut pas s'étonner par ailleurs de voir de plus en plus les cours de l'étain évoluer au gré du développement de l'IA. En septembre, la crainte de voir ce secteur se développer moins vite que prévu a provoqué l'inquiétude d'investisseurs et la vente en masse d'actions de fabricants de semi-conducteurs. Par ricochet, les cours de l'étain ont baissé d'environ 3%, sans pour autant s'effondrer. Cette contraction des prix est aussi un résultat de la reprise des hostilités au Moyen-Orient qui pèsent sur le moral des marchés et qui ont entraîné un repli de la plupart des métaux de base, courant septembre.
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C'est un des impacts de la guerre en Ukraine. Le pays, qui était le plus grand exportateur mondial d'huile de tournesol et qui dominait les marchés d'Asie du Sud-Est et d'Europe, a perdu sa place au profit de la Russie. La production russe, disponible et moins chère, attire des acheteurs qui se fournissaient auparavant en Ukraine.
L'huile de tournesol russe coûte 10 à 15 dollars de moins par tonne, et cela fait la différence pour un importateur qui en commande des dizaines de milliers de tonnes. Ces derniers mois, l'Ukraine avait peu de graines et d'huile de tournesol à vendre, en raison d'une faible récolte en 2025. Les importateurs turcs, égyptiens ou encore indiens ont donc logiquement privilégié la production russe, plus disponible et moins chère, au détriment de celle de l'Ukraine.
La récolte ukrainienne qui est en cours s'annonce bien meilleure que la précédente. Elle devrait atteindre son plus haut niveau depuis 2021, précise Maxence Devillers, analyste marché pour Argus Media France. L'Ukraine aurait donc les moyens d'exporter plus.
Une accélération des exportations sera-t-elle possible ? Pour l'instant, les volumes qui quittent le territoire sont plus faibles qu'il y a un an à la même période. Or, « aussi grande soit la production ukrainienne, elle n'aura de la valeur que si elle est exportée », rappelle notre interlocuteur.
Freins logistiquesCe qui pénalise l'Ukraine, c'est le blocage des infrastructures portuaires de la mer Noire : l'huile ukrainienne ne peut plus sortir du port d'Odessa. Seulement des volumes restreints transitent par le port de Constanza en Roumanie. Globalement, les coûts d'exportation des récoltes ukrainiennes ont augmenté de plus de 50 dollars par tonne depuis fin juillet, et les délais de livraison se sont allongés. Ils ont par exemple plus que doublé vers l'Égypte.
Cela suffit à rendre l'huile de tournesol de son grand voisin plus compétitive. La force de la Russie, c'est aussi de pouvoir atteindre les pays d'Asie centrale par voie terrestre. Maintenir la cadence des exportations est capital pour les exportateurs russes : la nouvelle production s'annonce très bonne cette année.
L'approvisionnement de l'Inde en questionLe géant russe doit tout de même faire face à des difficultés d'exportation. Les contraintes logistiques ont récemment affecté, selon des sources commerciales citées par l'agence Reuters, l'acheminement de 60 000 tonnes d'huile de tournesol. Une autre cargaison de 20 000 tonnes vient d'être annulée faute de pouvoir être livrée à temps, selon l'International Sunflower Oil Association.
Ces volumes russes étaient destinés à l'Inde, le premier acheteur d'huile végétale du monde, qui importe mensuellement environ 250 000 tonnes. Le manque de disponibilité d'huile de tournesol sur le marché fait le bonheur des exportateurs d'huile de soja, au Brésil et en Argentine, et d'huile de palme en Malaisie. L'Inde vient ainsi de commander 150 000 tonnes d'huile de palme en trois jours, afin de sécuriser des livraisons d'ici fin décembre.
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En Argentine, le lithium connait un véritable boum. La production de ce minerai critique dans le secteur de la transition énergétique a augmenté de 62 % en un an et pourrait presque quintupler d'ici 2035, selon des chiffres officiels. Cette explosion s'explique par un besoin croissant en lithium, notamment pour les véhicules électriques, mais aussi par la mise en place d'une politique fiscale avantageuse de la part de l'Argentine.
Le sous-sol argentin regorge de matières premières, dont du lithium en quantité, mais jusqu'à présent, les groupes internationaux se montraient frileux à l'idée de s'y aventurer. Les choses ont changé depuis l'arrivée au pouvoir de Javier Milei : le président argentin a fait la promotion de son pays la semaine dernière à Paris, il veut attirer les investisseurs étrangers et pour cela, il a sorti les grands moyens.
La loi de « régime d'incitation pour les grands investissements » permet aux entreprises voulant investir plus de 200 millions de dollars dans le pays de bénéficier de plusieurs avantages fiscaux, notamment un impôt sur les sociétés abaissé à 25 % et cela pendant une durée de 30 ans. S'y ajoute la possibilité d'importer des biens d'équipement et d'exporter la production sans taxe douanière.
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Des incitations qui ont porté leurs fruitsAujourd'hui, selon le journal argentin Clarín, le pays compte sept projets d'extraction de lithium en production, ainsi que 16 en phase avancée et plus de 40 en prospection et en exploration. Parmi ces projets, celui du groupe minier et métallurgique français Eramet qui veut étendre son site d'extraction de lithium de Centenario-Ratones, situé dans la province de Salta, pour 350 millions de dollars.
Parmi les multinationales présentes, ce sont les Chinois qui se taillent la part du lion avec le colosse Ganfeng Lithium.
La Chine est la première destinataire des exportations de lithium argentin, le pays raffine entre 70 % et 80 % du lithium mondial pour les batteries de véhicules. Pour maintenir cette domination industrielle, ses usines ont un besoin insatiable de matière brute. Les prix du lithium, eux, ont bondi de 70 % en un an, ce qui ne fait qu'aiguiser les appétits.
De graves conséquences sur l'environnementSelon la Fédération internationale pour les droits humains, le processus d’extraction du lithium, qui demande une grande quantité d'eau, a compromis des ressources vitales dans des zones extrêmement arides et particulièrement exposées au changement climatique, notamment dans la région de la Puna, au nord-ouest de l'Argentine. Des ressources hydriques dont les communautés locales ont besoin pour l’agriculture et leur subsistance.
Face à cette situation, des mobilisations ont eu lieu qui ont permis de geler ou freiner certains permis d'exploitation alors que de nouvelles méthodes d'extraction directe sont déjà expérimentées, notamment sur le site d'Eramet.
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Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.

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