À Dakar, le bâtiment principal du marché de Sandaga n’est plus. Lieu emblématique de la capitale sénégalaise, cette halle de béton, construite en 1933, dans le style soudano-sahélien, menaçait de s’effondrer. La municipalité a donc décidé de le démolir en 2020, après 87 ans de services mais sa reconstruction, elle, se fait toujours attendre. Voici un exemple, parmi d’autres, des menaces qui pèsent sur le bâti ancien des villes africaines.
Dans d’autres villes du continent, des maisons traditionnelles, des bâtiments historiques sont détruits pour construire plus de logements. Il faut dire que la croissance urbaine sur le continent impose le changement d’échelle. D’ici 2050, les villes africaines passeront de 700 millions d’habitants à 1,4 milliard. Loger cette population supplémentaire représente un défi immense pour les municipalités et accroit la pression sur le foncier. Les bâtiments, autrefois symboles de la ville, ne semblent pas faire le poids devant la modernité, alors que les réhabilitations coûtent cher. Pourtant, c’est bien une part importante de l’histoire de la ville, de leurs habitants qui disparaissent avec eux.
Surtout, le patrimoine architectural africain, les savoir-faire se perdent à mesure que de nouveaux bâtiments, aux matériaux moins adaptés au climat et au style de vie locale, sortent de terre.
Certaines initiatives tendent à documenter l’histoire architecturale des villes et à préserver le bâti traditionnel, la ville de Ouidah, au Bénin, en est sûrement un bon exemple.
Dans ce contexte, comment construire les villes en Afrique sans perte d’identité ? Qui doit financer la rénovation du patrimoine ?
Avec :
• Lazare Eloundou Assomo, architecte camerounais, directeur du Patrimoine mondial de l'UNESCO
• Carole Diop, architecte, enseignante au Collège universitaire d’architecture de Dakar (CUAD) et la cartographie à l'Institut Polytechnique Panafricain (IPP-DAKAR). Fondatrice et de la revue Afrikadaa sur l’art contemporain
• Osvaldo Gounon, architecte, cofondateur du cabinet Atelier Ko à Cotonou au Bénin.
Un entretien avec Bruno Duval, correspondant de RFI, à Tokyo au Japon.
Certaines villes japonaises comme Kyoto ou Nara œuvrent à la préservation et à la mise en valeur de leur architecture, et pourtant, le Japon est un très mauvais élève en matière de protection du patrimoine. Tous les jours, des joyaux architecturaux y sont démolis, sans mobilisation particulière de la population.
En fin d’émission, la chronique Voisins connectés d’Estelle Ndjandjo, sur l’évolution des sociétés africaines mondialisées à travers les écrans, les réseaux sociaux et la technologie. Elle revient sur la viralité d’une danse qui a enflammé les réseaux en 2025. Elle est surnommée la Kasese Dad. La vidéo a été vue des millions de fois, elle montre un homme âgé danser sur scène aux côtés d’un rappeur ougandais. Particularité de ce duo : cet homme est le père de l’artiste.
Programmation musicale :
► Kin la belle - Damso
► Solaire - Yael Naim.