Amour, famille, maman solo, des rêves abimés, Paris, New York, Armentières, tout le monde descend !
Nos premiers invités sont Marc Nammour et Loïc Lantoine
C’est l’histoire de plein d’histoires. Une ronde de personnages d’horizons multiples. Une série d’incarnations poétiques. Des fragments intimes d’hommes et de femmes portés au plateau. Onze portraits crachés à la première personne qui vont tour à tour se succéder. Voici le petit film intérieur de leurs pensées. Voici l’instantané de leurs états d’âme. Onze battements de monde présentés comme autant de miroirs de notre étrange condition. Pour la #SessionLive, Loïc et Marc se penchent sur les cas de Dylan, Bintou et Rebecca.
Titres interprétés au grand studio :
Rebecca Live RFI
Il n’est vraiment pas pratique à attacher ce siège bébé. Par respect du public, tout terme grossier a été retiré. Mais putain, elle en a dit des gros mots Rebecca. Parce que c’est à Rebecca qu’on s’attache maintenant. Elle est une jeune maman, seule, qui s’agrippe à la vie comme à son fils. Elle s’agrippe parce que tout semble fuir autour d’elle, surtout les bonhommes. Son Papa est passé d’Haïti à Tahiti en passant par Paris, un aventurier, un cavaleur, un connard qu’elle n’a pas vraiment connu. Ahhh, ça démarre mal… Elle a cru une fois en l’amour qui ne l’a pas reconnue et depuis, elle élève seule son fils. Ahhh, ça démarre mal… Elle enchaîne les débrouilles, les boulots, une fois elle a signé un contrat en dur, un vrai, un CDI, Centre de Documentation et d’Information je crois… mais très vite, le boss s’est paraît-il barré avec la caisse. Ahhh, ça démarre mal…. Alors il faut bien vivre. Rebecca enchaîne les boulots précaires et s’est montée un petit trafic. Mais elle, elle touche pas à ces machins de drogues dures, c’est une limite. C’est malhonnête et ça fait mal au nez. Elle n’en est certes pas fière mais vous pouvez la juger, rien n’y fera. Rebecca est dure, comme sa vie. Il est vingt heures et trente, elle installe son fils, son sang, sa vie, à l’arrière de la voiture et part pour sa petite tournée. Ahhh… ça démarre pas….
Bintou Live RFI
Bintou est complètement lessivée. Il est vingt heures et trente et elle se met péniblement au lit. Elle a mal partout et la nausée ce soir reprend de plus belle. Le doc lui avait bien dit que ça allait être pénible, qu’il allait falloir s’accrocher et que le moral jouait beaucoup dans sa guérison. Elle sait que ça va être long mais Bintou n’a pas l’intention de se laisser faire. Trente-cinq ans c’est beaucoup trop jeune. Après la stupeur et la désolation à l’annonce de la mauvaise nouvelle, elle suit à présent le protocole médical rigoureusement. Avant d’éteindre la lumière, elle regarde comme tous soirs le dessin d’une de ses nièces qu’elle a accroché au mur où il est écrit : « Tata Bintou t’es la plus forte, j’ai hâte de te revoir cet été. Je pense à toi tous les jours. Gros gros bisous. Hawa ». Elle a dû lire ce mot des centaines de fois depuis le début du traitement. Comme un mantra. Et heureusement qu’elle est bien entourée Bintou. Elle a au moins cette chance. Elle en a pris de la force. Elle en reçoit de l’amour. Après cinq mois de baston, elle s’est fait à l’idée de se transformer en amazone… et quitte à en devenir une, elle sera une amazone avec grave de style…
Dylan Live RFI
Le problème avec Dylan, c’est que ça s’écrit comme ça se prononce mais pas toujours… Entendons-nous bien ! Ça s’écrit comme ça devrait se prononcer mais parfois ça dérape. Et au vu, enfin à l’écoute, du conditionnel qui vient de passer, vous avez deviné, lui c’est Djylan. Ça se fait beaucoup dans le nord où il a grandi. Ça donne un petit peu de peps au prénom et qui sommes-nous pour juger ! Il est vingt heures et trente et Djylan, il est parti fumer, un peu en cachette, c’est plus chouette. Il y a un étang pas loin. Djylan il est pas très vieux, il a pas fait sa majorité, il a plus trop de boutons et puis ça l’inquiète pas. Ce qui l’inquiète, c’est autre chose, c’est le monde et ce qu’il s’agirait d’en faire. Mais trop souvent, il s’agit de ce qu’on lui dit, hurle, impose qu’il s’agirait d’en faire. Lui, il voudrait avoir dans les mains un avenir malléable et doux (hop, je le mets comme ça, c’est joli) mais les autres ont sorti les moules et ils sont durs. On lui invente des devoirs et des interdictions. On lui réclame de l’ambition. Mais pour Djylan, l’ambition c’est jamais que du rêve abîmé et lui en rêves, il est plutôt pas mal. Alors des fois, sa tête pourrait exploser. Il crie, un peu, non, fort ! Un coup à shooter dans des rats musqués… mais c’est risqué !
Line Up : Marc Nammour (rap) & Loïc Lantoine (rap).
Son : Benoît Letirant, Mathias Taylor.
► Album Portraits crachés
Instagram Nammour - Instagram Lantoine.
Puis nous recevons Barbara Forstner pour la sortie de Long Long Gone
Franco-américaine, Barbara Forstner a passé douze ans à New York avant de poser ses valises en France. De son parcours transatlantique, elle garde une passion pour la scène folk et country américaine, qu’elle mêle à une écriture sensible et habitée. Après un premier EP avec son groupe October Baby (The End, paru en juin 2024) et un album remarqué, Nowhere at All, sorti en novembre de la même année, la chanteuse revient aujourd’hui avec son premier album solo, Long Long Gone.
Ses morceaux, au climat très cinématographique, invitent à pénétrer son univers. Élevée dans un environnement artistique, Barbara a grandi bercée par les disques de ses parents : Bob Dylan, Sixto Rodriguez et Tom Waits du côté de son père ; Barry White, Al Green ou Simple Minds du côté de sa mère. Très tôt, elle forge son propre panthéon musical, allant de Nick Drake à Cat Power, de Feist à Big Thief.
Chaque titre de Long Long Gone a été capté en une seule prise, pour préserver la vérité de l’instant. Elle soigne aussi l’aspect visuel de son univers, créant elle-même ses visuels à partir de dessins, photographies et collages graphiques. Enregistré en juin 2025 à Paris avec son ami ingénieur du son Léo Aubry, Long Long Gone se présente comme un disque acoustique, brut et vulnérable. Barbara y aborde l’amitié, l’amour, la famille, mais aussi la beauté fragile et la mélancolie du monde. Écrit entre New York et Paris, l’album explore l’amour perdu, les amitiés qui s’érodent, la vie à l’étranger et les rencontres éphémères.
Titres interprétés au grand studio :
- To see the World (en duo) Live RFI
- Building a Home, extrait de l'album
- East Coast (en solo) Live RFI.
Line Up : Barbara Forstner (chant, guitare) William Peyrieux (guitare).
Son : Benoît Letirant.
► Album Long Long Gone (Raws Prod).
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