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La Route du Rhum - Destination Guadeloupe ne se résume pas à une compétition sportive. Organisée tous les quatre ans, cette course transatlantique en solitaire est aussi une véritable machine économique. Avec un budget de 11,5 millions d’euros, elle génère des retombées importantes pour les territoires, attire les entreprises et offre une vitrine précieuse aux sponsors.
Le nom complet de la compétition en dit déjà long sur ses enjeux économiques : la Route du Rhum - Destination Guadeloupe. La région Guadeloupe paie en effet pour associer son nom à celui de la course. Un investissement qui peut sembler anecdotique, mais qui illustre bien le poids économique de l'événement.
Cette année, le budget de l'organisation atteint 11,5 millions d'euros. Pour financer la compétition, les sponsors représentent à eux seuls 35 % des ressources. Le reste provient notamment des collectivités, des droits d'inscription des skippers et des recettes générées par le village installé à Saint-Malo, dans l'ouest de la France. Ce village constitue l'un des temps forts de l'événement.
Dans les heures qui précèdent le départ, prévu dimanche 1er novembre, il doit accueillir plus d'un million de visiteurs. Une fréquentation qui profite directement à l'économie locale. Lors de la précédente édition, en 2022, la Route du Rhum avait ainsi généré près de 30 millions d'euros de retombées économiques directes à Saint-Malo. Les principaux bénéficiaires étaient les hôtels et les restaurants, mais aussi les transports et les commerces.
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Saint-Malo et la Guadeloupe profitent des retombées touristiquesÀ ces retombées directes s'ajoute la visibilité médiatique offerte par la compétition. En 2022, les retombées médiatiques de la Route du Rhum avaient été évaluées à environ 260 millions d'euros. Une exposition précieuse pour Saint-Malo, mais aussi pour la Guadeloupe, qui espère attirer davantage de touristes grâce à la course.
L'enjeu est donc aussi touristique, faire connaître le territoire à l'international, attirer des visiteurs et prolonger les effets de la compétition bien après l'arrivée des bateaux. Selon la région Guadeloupe, chaque euro investi dans la Route du Rhum en rapporte cinq. Un retour sur investissement qui repose notamment sur la capacité de l'événement à faire rayonner l'archipel et à stimuler son activité touristique.
Une vitrine commerciale pour les entreprises et les sponsorsLa Route du Rhum est également une vitrine pour les entreprises. Certaines profitent de l'événement pour organiser des rencontres avec leurs clients, des séminaires ou présenter leurs produits. Pour les marques, c'est un moyen de gagner en notoriété, mais aussi de développer leur activité commerciale. L'organisateur présente même le village comme le plus grand salon d'entreprises de Bretagne.
Les sponsors, eux, bénéficient d'une visibilité particulière : leurs logos s'affichent en grand sur les voiles des bateaux. Comme dans le cyclisme, où le nom des équipes est directement associé à celui des entreprises qui les financent, les marques peuvent ici donner leur nom aux voiliers. Cette association se prolonge bien au-delà de la course, avec des retombées en matière d'image et de relations commerciales.
Mais il existe un paradoxe. Si la Route du Rhum rapporte aux territoires et aux entreprises, financer la course devient de plus en plus compliqué. Les bateaux coûtent des dizaines de millions d'euros et certains skippers ont même dû renoncer, faute de sponsors. La course au large reste donc une formidable vitrine économique, mais une vitrine qui coûte de plus en plus cher à faire naviguer.
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Le patron de Volvo estime que les voitures de marques occidentales sont vouées à disparaître du marché chinois dans les prochaines années. Après une chute de 40 % de ses livraisons en Chine au troisième trimestre 2026, le constructeur suédois illustre les difficultés des groupes historiques face à des concurrents locaux plus rapides et plus compétitifs. Mais derrière cette crise se cache aussi un autre problème : la surcapacité de production de l'industrie automobile chinoise.
Le constat du patron de Volvo est sans appel. Le modèle qui consistait à concevoir des voitures en Europe pour les vendre à prix élevé en Chine arrive en bout de course. Le constructeur suédois, qui appartient au groupe chinois Geely depuis 2010, peine lui-même à s'imposer sur ce marché. Son dirigeant reconnaît avoir sous-estimé la vitesse à laquelle l'industrie automobile chinoise s'est transformée. Les constructeurs locaux proposent désormais des voitures électriques moins chères, mais aussi des véhicules dotés de technologies numériques avancées. Écrans, commandes vocales et logiciels adaptés aux attentes des consommateurs chinois sont devenus des arguments commerciaux majeurs.
À l'inverse, les marques européennes ont longtemps privilégié des modèles internationaux, conçus pour plusieurs marchés et développés selon des cycles plus longs. Cette stratégie les pénalise face à des concurrents capables d'innover plus rapidement et de réduire leurs prix. Les conséquences sont déjà visibles. Volvo prévoit 2 500 suppressions de postes supplémentaires. Volkswagen et BMW annoncent eux aussi des restructurations. Le groupe allemand, qui a longtemps dominé le marché chinois, a déjà fermé plusieurs usines dans le pays et cherche à réduire ses ventes. Il doit désormais adapter ses véhicules aux goûts des consommateurs locaux, notamment en matière de technologies embarquées.
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L'industrie automobile chinoise confrontée à une surcapacité de productionLes constructeurs chinois ne sont pourtant pas épargnés par les difficultés. Après des années de soutien public et d'investissements massifs, l'industrie automobile du pays souffre d'un excès de capacités de production par rapport à la demande. Selon une enquête du Wall Street Journal, les capacités de production chinoises atteindraient 63 millions de véhicules par an. C'est plus de trois fois les besoins du marché intérieur attendus en 2026. Cette situation s'explique notamment par la multiplication des constructeurs et des usines, encouragée par les investissements et le soutien des autorités locales. Mais la demande ne progresse pas au même rythme que l'offre. Une fois leur voiture achetée, les consommateurs ne la remplacent pas immédiatement, ce qui limite les débouchés sur le marché intérieur.
Pour écouler leur production, les constructeurs chinois sont donc contraints de se livrer à une guerre des prix. Cette stratégie leur permet de tenter de conquérir de nouveaux clients, mais elle fragilise aussi leurs marges. Elle accentue par ailleurs la pression sur les marques occidentales, qui ne peuvent pas toujours rivaliser avec les coûts de production et la vitesse d'innovation de leurs concurrents locaux.
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Quel avenir pour les marques occidentales sur le marché chinois ?Face à cette concurrence, les constructeurs occidentaux doivent revoir leur stratégie. Il ne suffit plus de concevoir des voitures en Europe et de les commercialiser en Chine en s'appuyant sur la réputation historique des marques. Ils doivent désormais développer des modèles plus adaptés aux attentes des consommateurs locaux, accélérer leurs cycles d'innovation et proposer des véhicules compétitifs, sans sacrifier leur rentabilité. Volkswagen illustre cette transformation. Le groupe allemand, qui a longtemps figuré parmi les acteurs dominants du marché chinois, doit repenser son offre pour répondre à la demande locale, notamment en matière de technologies embarquées. Volvo entend également s'appuyer davantage sur les technologies et les plateformes de sa maison mère, Geely.
Les craintes exprimées par le patron de Volvo doivent donc être prises au sérieux, même si la disparition des marques occidentales en Chine n'est pas inéluctable. Leur avenir dépendra de leur capacité à s'adapter à un marché dont elles ne dictent plus les règles. Ce qui se joue en Chine, ce n'est pas nécessairement la fin des constructeurs occidentaux, mais celle d'un modèle industriel qui leur a longtemps permis d'y prospérer.
À l'occasion de la troisième édition du forum économique Russie-Afrique, qui s'ouvre à Moscou ce mercredi 28 octobre, le nucléaire civil figure parmi les sujets au cœur des discussions. Pour les pays africains, confrontés à des besoins croissants d'électricité, l'atome représente une piste pour soutenir leur développement industriel. Pour Moscou, ces projets constituent aussi un marché de long terme et un moyen de renforcer son influence sur le continent.
L'Afrique accueillie en majesté à Moscou. La troisième édition du forum économique Russie-Afrique débute ce mercredi 28 octobre, à l'initiative du Kremlin. Le sommet réunit des chefs d'État du continent, mais aussi des dirigeants d'entreprise, avec l'ambition de développer les échanges commerciaux. Parmi les sujets à l'ordre du jour : l'énergie nucléaire civile. Le continent a un immense besoin d'électricité. En Afrique subsaharienne, environ une personne sur deux est raccordée au réseau électrique. Avec la croissance démographique et le développement industriel, les besoins devraient fortement augmenter.
Les gouvernements cherchent donc à produire davantage d'électricité, tout en diversifiant leurs sources d'énergie. Le nucléaire présente plusieurs avantages. Il permet de produire de grandes quantités d'électricité en continu, avec de faibles émissions de carbone. Plusieurs pays africains s'intéressent ainsi au nucléaire russe. Pour l'heure, le principal chantier de Moscou sur le continent se trouve en Égypte, où quatre réacteurs sont en construction. Mais d'autres États envisagent également de développer cette énergie.
Rosatom propose des centrales nucléaires clés en mainSi la Russie attire les pays africains, c'est aussi parce qu'elle propose une formule particulière. Son géant public du nucléaire, Rosatom, ne vend pas seulement des centrales. Il peut également proposer de financer leur construction, de fournir le combustible, d'assurer la maintenance et de former les équipes locales. En somme, Moscou propose un écosystème nucléaire complet. Pour des États qui manquent parfois de capitaux, cette formule constitue un argument de poids. Le financement est en effet l'un des principaux obstacles au développement de projets nucléaires, dont les coûts peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Mais pour Moscou, l'intérêt est aussi stratégique. Une centrale nucléaire engage une relation commerciale pour plusieurs décennies, voire près d'un siècle si l'on prend en compte l'ensemble de son cycle de vie. Une fois le réacteur construit, le pays reste lié à son fournisseur pour le combustible, les pièces détachées et une partie des compétences techniques nécessaires à son fonctionnement. Cette relation peut même dépasser le secteur de l'énergie, avec des coopérations dans la formation et les universités, mais aussi un intérêt potentiel pour les ressources en uranium présentes dans les sous-sols africains.
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Le nucléaire russe, un risque de dépendance pour les pays africainsCette coopération comporte néanmoins des risques pour les pays partenaires. Le premier est technologique. Lorsqu'un État achète un réacteur à un fournisseur, il est difficile de changer de partenaire du jour au lendemain. L'approvisionnement en combustible, la maintenance et les compétences nécessaires à l'exploitation peuvent créer une dépendance durable. Le deuxième risque est financier. Les prêts destinés à financer les centrales peuvent atteindre des montants considérables. Si les remboursements deviennent trop lourds, les États peuvent se retrouver en difficulté et voir leur marge de manœuvre réduite.
Enfin, ces contrats comportent une dimension géopolitique. Pour Moscou, ils constituent un moyen de renforcer son influence sur le continent, notamment dans certains pays du Sahel qui se sont rapprochés de la Russie. La signature d'un accord ne signifie d'ailleurs pas nécessairement qu'une centrale sera construite. Dans certains cas, la portée politique du rapprochement peut compter autant que la concrétisation du projet.
Car le nucléaire peut contribuer au développement industriel de l'Afrique, mais il suppose des investissements considérables, des réseaux électriques adaptés et des compétences qui prennent des années à acquérir. Pour les capitales africaines, le défi consiste donc à transformer ces promesses en électricité, sans perdre leur autonomie. L'enjeu est de faire de la coopération nucléaire un levier de développement et d'indépendance énergétique, plutôt qu'une nouvelle source de dépendance économique.
Alors que les Israéliens sont appelés aux urnes ce mardi 27 octobre, la campagne électorale est dominée par les questions de sécurité et les conséquences de la guerre. Pourtant, le coût de la vie, l'endettement public et le financement des dépenses militaires constituent des enjeux majeurs pour l'avenir économique du pays. Malgré la résistance de son secteur technologique, Israël doit faire face à des fragilités croissantes.
C'est l'un des grands absents de la campagne électorale israélienne : l'économie. Selon une enquête de l'Institut israélien de la démocratie publiée en septembre, 38 % des Israéliens juifs citent l'économie et le coût de la vie parmi leurs deux principaux critères de vote. Un chiffre proche de celui de la sécurité et de la politique étrangère, mentionnées par 39 % des personnes interrogées. Pourtant, aucun candidat n'a présenté de véritable programme économique chiffré. Cette absence de propositions concrètes révèle la difficulté des responsables politiques à répondre à des problèmes qui se sont aggravés depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 et les conflits qui ont suivi.
Pour les ménages, les difficultés sont pourtant bien réelles. Le logement et l'alimentation coûtent de plus en plus cher, tandis que les salaires ne progressent pas suffisamment vite pour compenser cette hausse. Israël figure ainsi parmi les pays les plus chers de l'OCDE, ce qui pèse particulièrement sur le pouvoir d'achat et l'accès au logement des jeunes actifs. Le pays doit également faire face au départ de travailleurs qualifiés, notamment des ingénieurs, des chercheurs et des médecins. Cette émigration représente un risque pour l'innovation et la compétitivité d'une économie qui repose largement sur ses talents.
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Une économie israélienne résiliente malgré la guerreLe paradoxe est frappant. Alors que le quotidien des ménages se dégrade, les grands indicateurs économiques israéliens affichent une résistance remarquable. La Bourse de Tel-Aviv a fortement progressé et le shekel - la monnaie nationale - s'est apprécié. L'État hébreu bénéficie notamment de la puissance de son secteur technologique, avec des entreprises très présentes dans l'intelligence artificielle. Les prévisions de croissance sont également encourageantes.
Mais ces performances doivent être relativisées. Les succès de grandes entreprises ne se traduisent pas nécessairement par une amélioration du pouvoir d'achat ou de l'emploi pour l'ensemble de la population. La bonne tenue des marchés financiers ne suffit donc pas à rendre compte de la situation économique et sociale du pays.
Autre facteur important : l'augmentation des dépenses militaires. Celles-ci soutiennent certaines activités économiques, mais mobilisent également des ressources considérables qui ne peuvent plus être consacrées aux autres priorités nationales. Pour financer cet effort, l'État israélien s'endette davantage. La dette publique s'alourdit et le déficit budgétaire, c'est-à-dire l'écart entre les dépenses et les recettes de l'État, reste élevé. Cette situation réduit progressivement les marges de manœuvre du gouvernement.
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Dépenses militaires et dette publique, les choix économiques du prochain gouvernementLe prochain gouvernement devra trouver un équilibre difficile : continuer à financer la défense sans sacrifier les investissements dans les infrastructures, l'éducation ou la santé. C'est l'un des principaux enjeux économiques du scrutin, sur lequel les deux camps défendent des orientations différentes. Benyamin Netanyahu plaide pour un renforcement massif des capacités militaires. Sa priorité est de garantir l'autonomie stratégique d'Israël, quitte à consacrer toujours plus de moyens à la défense.
Cette orientation implique cependant de maintenir un effort budgétaire important, alors que les finances publiques sont déjà sous pression. Son rival, Gadi Eisenkot, mise davantage sur des réformes structurelles. Il souhaite notamment mieux intégrer les ultra-orthodoxes dans l'armée et sur le marché du travail. L'objectif est économique autant que militaire : réduire le poids de certaines exemptions et subventions, mieux répartir l'effort collectif et permettre à davantage de personnes de contribuer à la production de richesses et aux recettes fiscales.
Au-delà du résultat des élections, l'enjeu est donc de préserver les moteurs de croissance d'Israël. Le pays doit financer durablement sa défense tout en maintenant son attractivité économique, en soutenant l'emploi qualifié et en répondant aux difficultés des ménages. Car derrière la résistance affichée des marchés et du secteur technologique, une question demeure : combien de temps l'économie israélienne pourra-t-elle absorber le coût de la guerre sans fragiliser ses propres perspectives de croissance ?
Selon une enquête de Bloomberg, plusieurs milliardaires ont quitté le Royaume-Uni ou réduit leurs liens avec le pays au cours des deux dernières années. En cause, notamment, les réformes fiscales du gouvernement travailliste et les inquiétudes qu'elles suscitent. Un phénomène qui soulève des questions sur l'attractivité de Londres et l'avenir de sa place financière.
Le Royaume-Uni est-il en train de perdre l'un de ses atouts historiques : sa capacité à attirer les grandes fortunes internationales ? À en croire le site d'actualités économiques et financières Bloomberg, la réponse est oui. Aujourd'hui, le patrimoine cumulé des milliardaires et des familles fortunées recensés atteint 160 milliards de dollars. À titre de comparaison, ce montant dépasse celui des milliardaires britanniques qui résident toujours dans le pays. Mais ce chiffre ne correspond pas à 160 milliards de dollars retirés de l'économie britannique, mais au patrimoine des personnes qui ont rompu ou réduit leurs liens avec le Royaume-Uni.
Ces départs s'expliquent d'abord par la fiscalité. Depuis avril 2025, le gouvernement travailliste a supprimé le régime des « non-dom », qui permettait à certains résidents étrangers fortunés de bénéficier d'avantages fiscaux sur leurs revenus et leurs gains réalisés à l'étranger. À ces changements s'ajoutent d'autres hausses d'impôts et, surtout, la crainte de nouvelles mesures. Or, les grandes fortunes sont mobiles. Elles peuvent choisir de s'installer en Suisse, à Monaco ou aux Émirats arabes unis, où les conditions fiscales sont différentes. Pour les finances publiques britanniques, l'enjeu est important. Selon les chiffres du gouvernement, les 1 % de contribuables les plus aisés contribuent à environ 27 % des recettes de l'impôt sur le revenu.
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Immobilier de luxe : Londres confrontée à une forte baisse des prixLes conséquences potentielles de ces départs dépassent les seules recettes fiscales. Les grandes fortunes achètent des logements, dépensent dans les commerces de luxe, emploient du personnel et investissent parfois dans des entreprises. Leur départ peut donc fragiliser tout un écosystème économique. L'immobilier de prestige londonien en donne une illustration. Selon les données de Savills, société internationale de conseil en immobilier, les prix des biens les plus luxueux ont chuté d'environ 27 % depuis leur sommet de 2014. En tenant compte de l'inflation, la baisse dépasse même 49 %, selon l'analyse publiée par Bloomberg.
Cette dégringolade ne s'explique pas uniquement par les départs de grandes fortunes. Le Brexit, la pandémie et les taxes immobilières ont également pesé sur le marché. Mais ce recul témoigne des difficultés rencontrées par Londres pour attirer certains acheteurs internationaux. Au-delà de l'immobilier, les dépenses de cette clientèle contribuent à l'activité des hôtels, des restaurants et des commerces haut de gamme. Une diminution durable de leur présence pourrait donc avoir des répercussions sur plusieurs secteurs de l'économie londonienne.
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La City peut-elle perdre son attractivité financière ?Faut-il pour autant craindre un déclin de la City, le cœur financier de Londres ? Pas nécessairement. La capitale britannique conserve des atouts majeurs, notamment ses banques, ses marchés financiers et son réseau de professionnels. Mais en économie, le signal envoyé peut parfois compter autant que la situation réelle. Dans une économie mondialisée, la réputation d'une place financière est essentielle. Si les investisseurs jugent les règles fiscales trop changeantes, ils peuvent choisir de s'installer ailleurs, voire d'y développer directement leurs activités.
Le gouvernement britannique doit donc trouver un équilibre entre la taxation des plus riches et l'attractivité du pays. Car taxer davantage peut rapporter plus si les contribuables restent. Mais si leur départ réduit également les investissements et l'activité économique, le gain fiscal risque d'être moins important qu'espéré. Pour Londres, comme pour d'autres capitales européennes confrontées à ces arbitrages, le défi est de conserver son statut de place financière mondiale sans renoncer à ses ambitions de justice fiscale.
Les montres traditionnelles doivent faire face à une concurrence croissante des montres connectées. Suivi de l’activité physique, surveillance du sommeil et notifications : ces nouveaux usages séduisent les consommateurs, notamment les jeunes générations. Pour les horlogers traditionnels, y compris les grandes maisons du luxe, l’enjeu est de continuer à faire désirer un objet dont la fonction première, donner l’heure, est devenue presque secondaire.
Pendant longtemps, les montres ont rempli une fonction essentielle, celle de donner l’heure. Mais aujourd’hui, avec les smartphones et les montres connectées, cet usage est devenu presque secondaire. Et pour les horlogers traditionnels, cette évolution est prise très au sérieux. Selon une étude du cabinet Deloitte, la proportion de consommateurs qui portent une montre traditionnelle est passée de 46 % en 2020 à 26 % en 2025.
À l’inverse, les montres connectées ont le vent en poupe. Elles permettent de suivre son activité physique, de surveiller son sommeil ou encore de recevoir des notifications. En somme, elles deviennent de véritables assistants personnels au poignet.
Cette évolution a des conséquences économiques pour les fabricants. L’Américain Fossil, positionné sur le marché du milieu de gamme, a ainsi vu son chiffre d’affaires lié aux montres traditionnelles chuter de 67 % entre 2015 et 2025. Même les grandes maisons du luxe ressentent les effets de cette transformation des usages.
Une Apple Watch et une Rolex ne répondent pas aux mêmes attentes. La première coûte quelques centaines d’euros et sera généralement remplacée au bout de quelques années. La seconde est un objet de prestige, un symbole de réussite, parfois même un héritage familial. Mais ces deux univers ont un point commun : ils se disputent une place au poignet des consommateurs. Et, jusqu’à preuve du contraire, on ne porte généralement qu’une montre à la fois.
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Horlogerie suisse : les montres de luxe résistent à la concurrencePour le moment, les volumes donnent un avantage considérable aux montres et bracelets connectés. Selon les estimations du cabinet d’études de marché IDC, ces accessoires devraient représenter environ 200 millions d’unités vendues dans le monde en 2026. En comparaison, l’horlogerie suisse de luxe écoule autour de 15 millions de montres par an. Pour autant, le secteur traditionnel n’est pas condamné. Les derniers chiffres de la Fédération de l’industrie horlogère suisse montrent même un redressement des exportations. En septembre 2026, celles-ci ont progressé pour le quatrième mois consécutif, sous l’impulsion notamment des montres de luxe.
Cette résistance s’explique par la différence de valeur entre les deux catégories de produits. Là où les montres connectées misent principalement sur les fonctionnalités technologiques, les montres de luxe reposent aussi sur le savoir-faire, l’histoire des marques et leur prestige. Les grandes maisons doivent néanmoins s’adapter à de nouvelles habitudes de consommation. L’objectif n’est pas nécessairement de rivaliser directement avec les fabricants de technologies, mais de trouver des moyens de coexister avec leurs produits, voire de nouer des alliances.
Bagues connectées et partenariats : comment les marques de luxe veulent reconquérir les poignetsPour riposter, les marques traditionnelles peuvent notamment miser sur des collaborations avec les fabricants de montres connectées. Hermès s’est ainsi associé à Apple pour proposer des bracelets en cuir destinés à l’Apple Watch. Une manière pour la maison française de faire entrer son savoir-faire dans l’univers des objets connectés. Une autre piste, plus inattendue, se dessine avec les bagues connectées. Leur avantage est simple, elles permettent de suivre certaines données liées à l’activité physique ou au sommeil sans occuper le poignet. Les consommateurs peuvent donc conserver les fonctionnalités technologiques qu’ils recherchent tout en portant une montre traditionnelle.
La marque américaine Oura illustre l’essor de ce marché. Selon un article du Financial Times, elle a vendu 3,6 millions de bagues en douze mois. Pour les horlogers, le pari est que ces accessoires puissent libérer de la place au poignet et redonner de l’attrait aux montres classiques.
Reste un défi majeur : séduire les jeunes générations, davantage attirées par les fonctionnalités connectées. Pour les grandes maisons, il faut parvenir à renouveler leur clientèle sans perdre ce qui fait leur valeur : le savoir-faire, l’histoire et le prestige. Elles misent notamment sur leurs modèles iconiques, reconnaissables au premier coup d’œil, y compris sur les réseaux sociaux. Car une montre de luxe est désormais bien plus qu’un instrument qui donne l’heure : c’est aussi un accessoire de mode, un signe d’appartenance et une manière d’afficher son style. Pour continuer à vendre des montres à plusieurs milliers d’euros, les fabricants doivent donc désormais vendre bien plus que l’heure.
Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice entre juillet et septembre 2026, Netflix reste une entreprise très rentable. Pourtant, le ralentissement de sa croissance et des perspectives moins favorables qu’espéré inquiètent Wall Street. Pour le géant du streaming, le défi consiste désormais à capter une ressource précieuse : notre attention.
Son « tadam » est immédiatement reconnaissable. Mais derrière cette signature sonore familière, Netflix montre des signes d’essoufflement. Pas au point de perdre de l’argent, loin de là : son bénéfice net a progressé de 44 % au troisième trimestre par rapport à la même période de l’année précédente.
Le paradoxe est là : le chiffre d’affaires continue d’augmenter, mais sa croissance ralentit. Et les perspectives pour la fin de l’année ne suffisent pas à rassurer les investisseurs. Avec près de 3,7 milliards de dollars de bénéfice en trois mois, Netflix est très loin d’une entreprise au bord de la faillite.
Pourtant, ces résultats ne dissipent pas les inquiétudes sur la suite. Les investisseurs attendent davantage que des profits élevés : ils veulent être convaincus que l’entreprise pourra continuer à développer ses revenus. Or, les perspectives de fin d’année sont moins favorables qu’espéré, tandis que la publicité rapporte moins que prévu. Derrière ces chiffres se pose une question très simple : Netflix nous donne-t-il encore suffisamment envie de regarder Netflix ?
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La bataille pour garder l’attention des abonnésLa scène est familière à de nombreux abonnés. Vous allumez votre télévision, ouvrez l’application et faites défiler le catalogue. Vous hésitez entre plusieurs films ou séries… puis vous allez finalement regarder autre chose. Pour la plateforme, tout l’enjeu consiste à éviter que cette hésitation ne devienne une habitude. Au premier semestre 2026, le temps total passé devant les programmes de Netflix n’a augmenté que de 2 %. Pourtant, le groupe consacre environ 20 milliards de dollars par an à ses contenus. Dépenser beaucoup ne garantit donc pas que les spectateurs passeront davantage de temps devant l’écran. D’autant que les concurrents, comme Disney+ ou Amazon, cherchent eux aussi à multiplier les raisons de rester dans leur univers.
Netflix peine ainsi à nous faire regarder davantage ses programmes. À terme, cela peut fragiliser l’abonnement : un utilisateur qui fréquente moins la plateforme peut finir par se demander s’il a encore besoin de payer ce service chaque mois. Il ne s’agit pas nécessairement d’une résiliation immédiate, mais d’un risque pour la fidélité des clients.
Pour poursuivre sa croissance, Netflix comptait notamment sur la publicité. Le principe est simple : proposer un abonnement moins cher, avec des annonces pendant les programmes. Les revenus proviennent alors à la fois des abonnés et des annonceurs. Seulement, ce moteur se développe moins vite que prévu. Et il dépend lui aussi du temps passé sur la plateforme. Pour diffuser davantage de publicité, Netflix doit donner aux spectateurs des raisons de regarder davantage.
Économies, nouveaux programmes et jeux : comment Netflix veut rebondirFace à ces difficultés, Netflix a engagé des économies. Environ mille postes ont été supprimés et plusieurs responsables ont quitté l’entreprise. La directrice des contenus a été remplacée par un ancien dirigeant de Fox et de Disney, tandis que le patron du cinéma est lui aussi parti. L’équation reste délicate : surveiller les dépenses sans décourager celles et ceux qui inventent les films et les séries susceptibles de séduire le public.
En parallèle, Netflix enrichit son catalogue en achetant des programmes à d’autres groupes. En France, les abonnés peuvent ainsi accéder aux contenus de TF1 sans quitter l’application. L’idée est de multiplier les raisons de rester au même endroit, plutôt que de passer d’un service à l’autre. Les jeux vidéo participent également à cette diversification. Aux côtés des films et des séries, ils proposent une autre façon de passer du temps sur la plateforme. Ces initiatives répondent toutes au même objectif, celui de renforcer l’intérêt de l’abonnement. Car l’ambition de Netflix reste double, nous donner envie de regarder la suite et redonner aux investisseurs l’envie d’y croire.
Après des frappes de missiles meurtrières attribuées aux rebelles houthis du Yémen, l'aéroport international de Riyad est à l'arrêt depuis plus de dix jours. Au-delà des perturbations du trafic aérien, cette paralysie sécuritaire porte un coup dur aux ambitions économiques de Mohammed ben Salman et menace le grand plan de transformation du royaume.
Riyad s'est imposée au fil des années comme un centre névralgique et un carrefour économique incontournable pour toute la région. Dès lors, lorsque les liaisons aériennes sont totalement interrompues, que les réunions d'affaires s'annulent en série et que les missions professionnelles se voient reportées, les répercussions financières se font ressentir de manière immédiate et brutale.
À court terme, ce sont en premier lieu les entreprises du secteur touristique, de l'événementiel, de l'hôtellerie-restauration ainsi que des services qui subissent de plein fouet les effets de cette paralysie. Sur le moyen et le long terme, la dynamique est plus insidieuse. Cette situation risque de modifier durablement les habitudes de déplacement, de décourager les acteurs économiques et de bouleverser en profondeur des projets d'investissement d'envergure internationale. Concrètement, pour un chef d'entreprise ou un investisseur qui possède un contrat majeur à signer dans la capitale saoudienne mais se trouve dans l'incapacité absolue de s'y rendre, c'est l'ensemble du processus de négociation qui se retrouve bloqué.
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Le report du « Davos du désert », un signal défavorable pour les investisseursDans ce contexte tendu, un symbole fort vient illustrer la fébrilité ambiante : le report d'un événement d'importance capitale pour la région, plus communément appelé le « Davos du désert ». Initialement programmé pour s'ouvrir dès le début de la semaine prochaine, cet événement de premier plan n'aura finalement pas lieu aux dates prévues. De son vrai nom la Future Investment Initiative (FII), ce sommet sert de vitrine internationale de premier ordre à la stratégie menée par le prince héritier saoudien. Chaque année, il rassemble un parterre impressionnant de dirigeants politiques, de directeurs des plus grandes banques mondiales, d'investisseurs institutionnels et de responsables de multinationales venus des quatre coins du globe avec un objectif précis : faire des affaires en Arabie saoudite. Pour mesurer l'ampleur du rendez-vous, l'édition précédente avait permis d'officialiser l'annonce de pas moins de 50 milliards de dollars d'accords.
La « Vision 2030 » de MBS face à l'épreuve de la réalité sécuritairePour bien saisir la portée de ces événements, il est nécessaire de prendre de la hauteur. Si ces turbulences ne remettent pas en cause l'intégralité de la stratégie impulsée par les autorités saoudiennes, elles menacent incontestablement de freiner et de limiter la réussite du grand plan de transformation amorcé depuis plusieurs années. Il s'agit bien sûr de la Vision 2030, le programme de modernisation et de réformes titanesque initié par Mohammed ben Salman afin de réduire la dépendance structurelle du pays aux hydrocarbures. Pour y parvenir, le royaume investit massivement dans des secteurs d'avenir tels que le tourisme, les loisirs, les infrastructures de pointe, la technologie, l'intelligence artificielle ou encore les services financiers. L'objectif de l'ensemble de ces chantiers est de stimuler la création d'emplois locaux et de développer de nouvelles sources de revenus pérennes pour préparer l'économie saoudienne à l'ère de l'après-pétrole.
Mais pour que cette transition réussisse, le pays a un besoin vital de capitaux frais, d'expertises pointues et d'entreprises étrangères solides prêtes à s'implanter durablement sur le territoire. Le véritable souci réside dans le fait que les investisseurs évaluent avant tout les risques inhérents à chaque marché. Or, face à des frappes de missiles répétées, peu de décideurs économiques souhaitent s'engager dans un pays exposé à de telles menaces à l'instant T. Puisque la sécurité demeure la pierre angulaire absolue de toute stratégie économique viable, ces attaques rappellent de manière brutale la fragilité des ambitions de Mohammed ben Salman. Entre promesses de diversification audacieuses et réalité sécuritaire complexe, le royaume saoudien doit désormais redoubler d'efforts pour préserver la confiance et la sérénité des marchés internationaux.
Les scènes de dégradations et de pillages du week-end dernier ont en partie éclipsé les revendications et les manifestations pacifiques du 17 octobre. Alors qu'un « acte II » du mouvement a été annoncé pour samedi prochain, l'impact pourrait largement dépasser celui des commerces saccagés.
Trois mille commerces ont été touchés selon le gouvernement dont certains entièrement pillés et ravagés. La facture pourrait s'élever « à plusieurs centaines de millions d'euros » d'après les professionnels du secteur, même s’il est un peu tôt pour préciser ce chiffre. La facture s'annonce salée pour les Assureurs comme pour l'État mais ce n'est que la partie immergée de l'iceberg. Les images de ces « rues entières » « méthodiquement ravagées », pour reprendre l’expression du maire de Paris, sans qu'intervienne le moindre policier ont fait le tour du monde. Tout comme, à l'inverse, les cas documentés de violences policières à l'encontre des cortèges de lycéens réclamant d'étudier dans des conditions décentes. Le ministère de l'Intérieur a promis de renforcer la protection des centres villes samedi prochain et de davantage encadrer les manifestations. Dans les deux cas le gouvernement semble donc impuissant à proposer une réponse autre que sécuritaire à la situation.
La charge de la dette déjà supérieure au budget de l'Éducation NationaleAlors que l'Assemblée nationale est en plein débat sur le budget 2027, ses marges de manœuvre sont très limitées. Les finances publiques sont sous pression : l'augmentation des prix de l'énergie du fait de la situation au Moyen-Orient pèse sur les entreprises, ralentit l'activité et donc les recettes de l'État. Dans le même temps, la hausse du prix de l'essence a poussé les ex-gilets jaunes à rejoindre le mouvement des lycéens pour remettre sur la table la question du pouvoir d'achat. Mais comment leur répondre alors que l’exécutif affiche toujours l'ambition de ramener le déficit à 5% en 2027 et qu'il cherche pour cela à faire 43 milliards d'euros d'économie. D’autant qu’il se refuse à toucher aux aides publiques aux entreprises qui, d'après les chiffres tout juste publiés par Bercy, ont représenté 166 milliards d'euros en 2024, presque autant que le déficit public.
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Dimanche la Cour des comptes a pourtant prévenu que si elle ne maîtrisait pas « la trajectoire de la dette » la France courrait le risque « d'un étouffement financier » rappelant que la charge de la dette dépassera 90 milliards d'euros l'an prochain. Davantage, donc, que le budget de l'Éducation nationale. Si on enlève la part de ce budget consacrée à payer les retraites, on peut même dire que la France consacre une fois et demie le budget de l'École à simplement rembourser les intérêts de sa dette. Sans majorité et en pleine année présidentielle parvenir à un compromis semble impossible.
Le début d'un cercle vicieuxLes marchés regardaient déjà la dette française avec inquiétude depuis la dissolution en 2024, les images du week-end dernier, surtout si elles devaient se reproduire dans les semaines à venir, pourraient avoir un effet dévastateur. Vu de l’étranger, l’impression - même très exagérée - d'un pays à feu et à sang et hors de contrôle pourrait peser lourd. Moins sur le tourisme – le mouvement des gilets jaunes en 2018, les émeutes de 2023 après la mort de Nahel Merzouk, jeune homme tué par un policier n’avaient eu qu’un impact relativement marginal – que sur l’image du pays auprès des investisseurs.
Or d'après les chiffres de la Banque centrale européenne plus de la moitié de la dette française est détenue par des investisseurs à l'étranger. L’instabilité réelle ou supposée du pays pourrait les faire hésiter à prêter. Déjà depuis plusieurs mois ils demandent des taux d'intérêts de plus en plus élevés. Le début d'un cercle vicieux : le pays devant emprunter davantage pour rembourser des intérêts dont la hausse provoquera mécaniquement un ralentissement de l'activité et la baisse des recettes de l'État. Le point de départ d’une situation particulièrement grave sur le plan économique... et sur le plan social.
La journée mondiale de l'alimentation ce vendredi 16 octobre se déroule la veille de l'ouverture du Salon international de l'alimentaire (SIAL) de Paris. Alors que le spectre d'une crise alimentaire mondiale se profile, la question de la « souveraineté alimentaire » revient sur le devant de la scène, alors que les prix agricoles mondiaux ont augmenté de 13 % au troisième trimestre selon la FIDA (Fonds international de développement agricole).
Après un été marqué par la sécheresse et un contexte géopolitique qui fait flamber le prix des denrées et de la production agricole, le constat pour le secteur alimentaire mondial est alarmant. L'ensemble de la chaîne de production est touché, du paysan jusqu'au consommateur. Les prix de l'énergie flambent et font exploser les coûts de production, les rendements quant à eux baissent avec certaines parcelles parfois détruites à 100 %.
Ainsi, la France se dirige vers sa pire récolte de maïs depuis 50 ans alors que la Roumanie a perdu plus d’un million d’hectares de cultures cet été. Or, le coût de l'inaction face au dérèglement climatique est largement supérieur à celui de l'investissement dans la prévention et l'adaptation. Selon un rapport de la Commission européenne, l’agriculture européenne perd en moyenne 28 milliards d’euros par an à cause des aléas climatiques. Le phénomène El Niño, annoncé cette année avec une intensité inédite, pourrait perturber encore plus la chaîne de production agricole et aggraver l’insécurité alimentaire.
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Les modèles de production en questionL'insécurité alimentaire touche quelque 260 millions de personnes dans le monde, selon les chiffres de l'ONU. Le taux d'autosuffisance alimentaire des pays est lui en constante baisse.
Plus d'un tiers des pays dans le monde sont en incapacité d'assurer leur autosuffisance alimentaire aujourd'hui sous l'effet notamment du changement climatique et de la mondialisation. Les conflits prolongés et les tensions géopolitiques perturbent les approvisionnements en énergie, en intrants agricoles et les produits alimentaires. Selon le rapport mondial des crises alimentaires, la situation s’est détériorée dans quinze pays depuis une dizaine d'années, notamment le Bangladesh, le Kenya, Madagascar, la Somalie et le Nigeria, qui compte la plus grande population au monde en situation d’insécurité alimentaire aiguë, soit 36,3 millions de personnes.
Des risques de famine sont signalés en Somalie, et au Soudan, ainsi que dans la bande de Gaza, les zones de conflit étant les plus problématiques.
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Financements climatiquesContre l'insécurité alimentaire, le FMI préconise d'aider les ménages vulnérables via des transferts ciblés, ou des programmes d'alimentation scolaire. Mais il faudrait surtout faire en sorte que les systèmes deviennent plus résilients. Pour cela, limiter les importations est un premier levier qui s'avère essentiel en temps de hausse des prix de l'énergie et des intrants comme les fertilisants et les pesticides. Privilégier un modèle de proximité, cela fait partie de la réponse, afin de relier la production locale à l'assiette du consommateur. Pour cela, il faudrait une refonte profonde des surfaces agricoles et du foncier. Renouveler les générations d'agriculteurs vieillissantes, c'est un autre vaste chantier avec le fait de garantir notamment un revenu minimum aux agriculteurs. Assurer une meilleure répartition des aides et de la politique agricole commune, c'est aussi un élément essentiel. Et à tout cela, seules les politiques publiques pourront répondre.
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