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Le Royaume-Uni s’apprête à franchir un cap démographique inédit en temps de paix. Selon le dernier rapport de la Resolution Foundation, 2026 pourrait marquer le début d’une ère où le nombre de décès dépasse durablement celui des naissances. Un basculement qui, loin d’être anodin, pose de lourds défis économiques au pays.
Depuis plus d’un siècle, le Royaume-Uni connaissait une croissance naturelle de sa population, avec plus de naissances que de décès. Mais cette dynamique est désormais brisée. D’après la Resolution Foundation, à partir de 2026, les Britanniques feront moins d’enfants tandis que la population continuera à vieillir. Comme ailleurs en Europe, la fécondité est passée sous le seuil de renouvellement des générations. Rien n’indique un rebond durable susceptible d’inverser la tendance. Le vieillissement est aujourd’hui suffisamment avancé pour entraîner un retournement durable de la courbe démographique.
À lire aussiLa démographie ou l'enjeu économique de ces dix prochaines années
Un choc aux lourdes conséquences économiquesÉconomiquement, ce basculement change tout. Une population en âge de travailler qui stagne ou recule, c’est d’abord moins de main-d’œuvre disponible, donc moins de travailleurs. C’est aussi moins de recettes fiscales : moins de consommateurs qui paient des taxes, moins de contribuables qui financent l’État, la santé ou les retraites. À l’inverse, le vieillissement de la population entraîne une hausse mécanique des dépenses publiques, notamment en matière de santé et de pensions de retraite. Le déséquilibre devient alors structurel, fragilisant les finances publiques et le modèle social britannique.
Immigration : le paradoxe britanniqueFace à ce changement, une piste s’impose naturellement : l’immigration. Et c’est là que réside tout le paradoxe. Au moment même où elle devient démographiquement indispensable, l’immigration est politiquement contestée et administrativement réduite. Après le Brexit, le Royaume-Uni avait connu un pic migratoire spectaculaire, avec près d’un million d’entrées par an au début des années 2020. Mais depuis deux ans, la tendance s’est nettement inversée, avec environ 200 000 personnes par an. Sous pression électorale, le gouvernement travailliste de Keir Starmer a durci les règles, notamment pour les travailleurs peu qualifiés et les demandeurs d’asile. Le message politique est clair : moins d’immigration.
À lire aussiPourquoi le vieillissement de la population va faire baisser notre niveau de vie
Pourtant, de nombreux secteurs britanniques dépendent fortement de la main-d’œuvre immigrée, comme la santé, l’hôtellerie-restauration, la logistique ou le bâtiment. À court terme, la baisse des effectifs crée des pénuries ; à moyen terme, elle risque de freiner la croissance. L’étude de la Resolution Foundation souligne un point clé : l’immigration offre une double solution à l’économie britannique, en augmentant à la fois la population active et les recettes fiscales. Pour le gouvernement, c’est aussi un moyen d’éviter une hausse des impôts sur le reste de la population.
À défaut d’immigration et de croissance démographique, le scénario est clair : une pression fiscale accrue sur les actifs, une dégradation des services publics et un affaiblissement du contrat social. C’est tout l’enjeu mis en lumière par ce rapport. Le Royaume-Uni fait face à un dilemme stratégique majeur. Le bouleversement démographique est déjà en marche et le pays entre dans une ère où refuser l’immigration devient un choix économique et pas seulement politique.
By RFI4.5
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Le Royaume-Uni s’apprête à franchir un cap démographique inédit en temps de paix. Selon le dernier rapport de la Resolution Foundation, 2026 pourrait marquer le début d’une ère où le nombre de décès dépasse durablement celui des naissances. Un basculement qui, loin d’être anodin, pose de lourds défis économiques au pays.
Depuis plus d’un siècle, le Royaume-Uni connaissait une croissance naturelle de sa population, avec plus de naissances que de décès. Mais cette dynamique est désormais brisée. D’après la Resolution Foundation, à partir de 2026, les Britanniques feront moins d’enfants tandis que la population continuera à vieillir. Comme ailleurs en Europe, la fécondité est passée sous le seuil de renouvellement des générations. Rien n’indique un rebond durable susceptible d’inverser la tendance. Le vieillissement est aujourd’hui suffisamment avancé pour entraîner un retournement durable de la courbe démographique.
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Immigration : le paradoxe britanniqueFace à ce changement, une piste s’impose naturellement : l’immigration. Et c’est là que réside tout le paradoxe. Au moment même où elle devient démographiquement indispensable, l’immigration est politiquement contestée et administrativement réduite. Après le Brexit, le Royaume-Uni avait connu un pic migratoire spectaculaire, avec près d’un million d’entrées par an au début des années 2020. Mais depuis deux ans, la tendance s’est nettement inversée, avec environ 200 000 personnes par an. Sous pression électorale, le gouvernement travailliste de Keir Starmer a durci les règles, notamment pour les travailleurs peu qualifiés et les demandeurs d’asile. Le message politique est clair : moins d’immigration.
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À défaut d’immigration et de croissance démographique, le scénario est clair : une pression fiscale accrue sur les actifs, une dégradation des services publics et un affaiblissement du contrat social. C’est tout l’enjeu mis en lumière par ce rapport. Le Royaume-Uni fait face à un dilemme stratégique majeur. Le bouleversement démographique est déjà en marche et le pays entre dans une ère où refuser l’immigration devient un choix économique et pas seulement politique.

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