GESTIONNAIRES EN ACTION. Entre tarifs, contre-tarifs et conflit dans le détroit d’Ormuz, les indices boursiers nord-américains se tirent particulièrement bien d’affaire.
Sébastien Mc Mahon, économiste en chef à iA Groupe financier, soutient que la bonne performance des marchés boursiers s’est amorcée bien avant le « jour de la Libération » du 2 avril 2025, quand le président américain Donald Trump avait annoncé des barrières tarifaires avec le reste du monde.
«Ça fait plus qu'un an et demi que la Bourse fait bien. C'est depuis la fin 2022 qu'on a des rendements qui sont assez exceptionnels pour une période de crise. Il y a eu, bien sûr, les banques centrales qui, avaient resserré la politique monétaire de façon massive et qui, depuis, ont, abaissé les taux. C'est venu donner un bon vent de dos à l'économie mondiale», explique-t-il.
Selon lui, la croissance des bénéfices des entreprises est aussi poussée par plusieurs facteurs, comme la hausse des dépenses en infrastructures et en défense, de même que par la montée de l'intelligence artificielle.
«On ne voit donc pas de risque imminent d'une chute des cours malgré tout ce qu'on peut entendre dans les nouvelles», dit-il.
Sébastien Mc Mahon note que le dollar canadien, cette semaine, n'a pas vraiment reculé même si le Canada est pris dans une tourmente tarifaire avec les États-Unis.
«Après ça, pour nos actions canadiennes, bien, l'économie se montre très résiliente et puis les marchés boursiers, ce n’est pas l'économie. Sur les marchés canadiens, les attentes de croissance des bénéfices sont élevées pour les ressources naturelles, dont les métaux, et l’énergie», explique-t-il.
Il ajoute que tous ces facteurs militent encore vers une Bourse compétitive. «On pense que le marché canadien pourrait continuer de « surperformer » celui des États-Unis pendant un petit bout de temps, comme ce fut le cas en 2025 et comme on le voit depuis le début 2026», affirme-t-il.
Un conflit qui profite à l’industrie pétrolière
En plus de la guerre tarifaire, le baril de pétrole est revenu à environ 100$US en raison du conflit dans le détroit d'Ormuz, ce qui pourrait profiter à l’industrie pétrolière canadienne si la situation devait persister. Tout cela est susceptible de profiter à l’industrie pétrolière canadienne.
« Plus longtemps ça dure, mieux c'est pour les prévisions de profits, parce que ça ne coûte pas plus cher aux entreprises canadiennes de produire du pétrole quand le prix du pétrole monte, donc les marges de profit gonflent», dit-il.
Il soutient qu’à l’heure actuelle, lorsque vient le temps d’évaluer les valorisations des pétrolières, les marchés financiers travaillent avec un prix de l’or noir qui serait aux alentours de 70$US à 80$US à moyen terme.
«Puis là, on est à 100$US. Si on reste à 100$US pendant un bout de temps, il faut s'attendre à des révisions à la hausse, de la part des analystes, de la croissance des bénéfices des pétrolières canadiennes. Puis ça, ça pourrait amener des cours à la hausse», estime-t-il.
Tarifs : Bombardier dans l’actualité malgré elle
Bombardier (BBD.B, 305,72$US) s'est aussi retrouvée dans l'actualité un peu malgré elle cette semaine, mais le titre de l'entreprise n'a pas trop souffert malgré les menaces du président américain d'interdire les ventes d'appareils aux États-Unis.
Globalement, selon Sébastien Mc Mahon, c’est le signal qu’il faut commencer à en prendre et en laisser avec les menaces de Donald Trump.
«Les investisseurs commencent à se poser des questions. Quand ils voient Donald Trump faire un tweet ou une publication sur Truth Social qui vise une société en particulier, on a vu la levée de boucliers au niveau politique dans certains États américains, dont le Kansas, où beaucoup d’emplois sont dépendants du succès de Bombardier», dit-il.
Il précise qu’il y a beaucoup de contenu américain dans un avion de Bombardier, alors que la société compte près de 3000 fournisseurs dans 47 États.
Quelle est la meilleure stratégie à adopter, à long terme, pour les investisseurs?
Sébastien Mc Mahon soutient que, même si les actualités peuvent être alarmistes, la meilleure stratégie pour les investisseurs reste de suivre leur plan.
«Il faut avoir un plan, dépendamment de l'âge qu'on a, dépendamment des objectifs qu'on a à court et moyen terme. Ça va dicter si on veut plus ou moins d'actions. Puis, dans les actions, est-ce qu'on veut plus de risques, moins de risques, plus ou moins de petites capitalisations, plus ou moins de marchés émergents…», raconte-t-il.
iA Groupe financier voit encore beaucoup de valeur dans les actions des marchés émergents et dans les actions canadiennes.
Tout dépend, selon lui, du profil de risque de chaque investisseur, sans oublier qu’après quatre années de bonnes performances, certains pourraient être tentés de procéder à des prises de profits et à des rééquilibrages pour s’assurer qu’ils continuent de suivre leur plan.
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