Ici l'Europe

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Ici l'Europe episodes

  • L’immigration au cœur de la campagne des européennes

    Le grand débat France 24 - RFI a réuni les principales têtes de listes françaises aux élections européennes, le 10 avril 2024 à Bruxelles, autour de Caroline de Camaret et Valérie Gas. Manon Aubry (La France insoumise), François-Xavier Bellamy (Les Républicains), Léon Deffontaines (Parti communiste français), Raphaël Glucksmann (Parti socialiste-Place publique), Valérie Hayer (majorité présidentielle), Marion Maréchal (Reconquête!), Marie Toussaint (Les cologistes) et Fabrice Leggeri (Rassemblement national en remplacement de Jordan Bardella) ont confronté leurs programmes. 

    C’est autour de la thématique de l’immigration et du vote du Pacte sur la migration et l’asile au Parlement européen qu’a eu lieu l’un des temps forts de ce débat. Maitrise des frontières extérieures, accueil et répartition des migrants, conditions et examens des demandes d’asile, autant de questions sur lesquelles les candidats ont des convictions parfois opposées et apportent des réponses très différentes.

    20 min
  • Markus Beyrer : «Les entreprises européennes font face à un tsunami de bureaucratie»

    À l’approche d’un sommet européen consacré à l’économie européenne et la façon de la stimuler, nous recevons Markus Beyrer, directeur général de Business Europe, l’association patronale de l’UE. Il déplore une surcharge de bureaucratie pour les investissements au niveau européen, limitant le développement des entreprises et leur faisant perdre en compétitivité sur les marchés mondiaux.

    Face à la concurrence des entreprises chinoises et américaines, Markus Beyrer, le directeur général de Business Europe, estime que les sociétés européennes manquent d’attractivité. « Les prix de l’énergie en Europe sont beaucoup plus élevés en Europe qu’aux États-Unis ou dans d’autres pays du monde », assure le dirigeant de l’association patronale européenne. Mais surtout, selon lui, il y a beaucoup trop de bureaucratie dans les institutions européennes pour renforcer la compétitivité sur les marchés mondiaux. « Les procédures pour permettre l’investissement dans des sites industriels ou dans les infrastructures prennent beaucoup trop de temps. Beaucoup d’entreprises qui investissent dans d’autres pays nous disent que la démarche est plus simple, plus claire. » Cette régulation « excessive » réfrène les investissements étrangers dans les entreprises européennes, ce qui freine leur développement assure-t-il.

    Les 17 et 18 avril 2024, un rapport sur le futur du marché unique européen, qualifié d’encore trop national et segmenté par son rapporteur, sera rendu aux dirigeants des 27 pays. Un rapport très attendu par Markus Beyrer qui déplore un « déclin ces dernières années de ce bijou de l’intégration européenne auquel il faut remédier ». Habituellement opposé aux aides d’État nationales qui viendraient perturber le marché européen, le dirigeant du syndicat patronal européen reconnaît « qu’elles peuvent être justifiées pour aider les entreprises pour faire face à la concurrence mondiale mais aussi pour les accompagner dans leur programme de décarbonation ». Des aides « temporaires qui doivent être contrôlées au niveau européen » pour permettre de renforcer la compétitivité du marché unique. Il appelle pour cela à l’établissement d’un « Industrial Deal » en complément du Green Deal mis en place au début de la présidence d’Ursula Von der Leyen à la tête de la Commission européenne.

    20 min
  • Charles Michel : «Le Kremlin accuse l'Ukraine de manière saugrenue»

    Le président du Conseil européen en convient : « On a eu besoin de plusieurs semaines pour réussir à dégager une position détaillée, unie, parce qu'on sait que sur un sujet pareil, les 27 États membres peuvent avoir des relations avec Israël ou avec la Palestine qui sont inspirées par l'histoire, et c'est cela qui nous a amené à avoir besoin d'un peu de temps avant d'être en mesure d'exprimer une position unique et unie sur ce sujet ».

    Mais l’UE ne pratique pas les « doubles standards » entre Gaza et l’Ukraine. Pour ce conflit sur sol européen : « Nous allons vite […] et nous avons pris le Kremlin et le reste du monde par surprise, parce que l’Union européenne, traditionnellement vue comme un projet exclusivement économique fondé sur des valeurs, est en train de devenir un projet qui a une ambition de puissance et de développement de capacités militaires », affirme-t-il. On a « fait un pas supplémentaire en s'attaquant aux revenus des avoirs russes gelés,» dans les banques européennes, qui s’élèvent à 4 milliards d’euros, « afin de soutenir l'Ukraine, y compris avec de l'équipement militaire ».

    Pour satisfaire les agriculteurs européens qui se plaignent d’un déséquilibre des prix, l’Union est tentée de plafonner les exportations agricoles d'œufs, de poulets ou de blé ukrainiens. Charles Michel revendique une négociation avec l'Ukraine « pour trouver une solution qui soit à la fois bonne pour les agriculteurs européens, mais qui permette aussi à l'Ukraine de continuer à exporter, d’ailleurs principalement vers des pays en dehors de l'Union européenne, et à utiliser l'Union européenne pour permettre un centre de transit d’un certain nombre de produits agricoles. [...] Et le Conseil européen a demandé à la Commission et à nos ministres de l'Agriculture de travailler dans les jours qui viennent à trouver des accords pragmatiques avec l'Ukraine ».

    Le 25 mars 2024, Moscou a été la cible d’un attentat faisant plus de 140 morts. Vladimir Poutine a reconnu qu’il avait été commis par des islamistes radicaux, tout en continuant à sous-entendre un lien avec l'Ukraine. « Une fois encore on fait face à du mensonge, de la propagande, de la désinformation », dénonce Charles Michel, « on voit qu'il est apparemment impossible pour le Kremlin [...] de ne pas tomber dans la tentation du mensonge en tentant de faire de l'escalade rhétorique, en accusant de manière saugrenue l'Ukraine. [...] Ça montre qu'on a raison comme Européens, avec de nombreux partenaires dans le monde, de défendre la démocratie, la liberté, la souveraineté de l'Ukraine », affirme-t-il.

    Charles Michel a finalement décidé de rester à son poste de Président du Conseil européen, après avoir annoncé être candidat aux élections européennes du 9 juin : « Il n’y a pas eu de pression de mes pairs. J’ai fait un choix en conscience, j’ai observé, en dehors du Conseil européen, une tentation de certains d’instrumentaliser cette éventuelle candidature au Parlement européen. Ce qui compte pour moi c’est la stabilité du Conseil. Dans un moment comme celui-ci, on a besoin d’un ancrage et avec les 27 chefs d’États et de gouvernements, on continuera à travailler pour réussir la transition institutionnelle qui sera nécessaire après les élections européennes du mois de juin », conclut-il.

    20 min
  • Rafael Grossi : «Nous sommes arrivés à un consensus : le nucléaire doit être accéléré»

    Cette semaine européenne est marquée par deux sommets importants à Bruxelles : un Sommet européen dédié à l’Ukraine, mais également le Sommet international de l’énergie nucléaire, le tout premier du genre, co-organisé par la Belgique et l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA). Nous recevons Rafael Grossi, le directeur général de cette institution internationale placée sous l’égide de l’ONU, et dont les attributions sont non seulement le contrôle et la limitation du développement des applications militaires de l’atome, mais aussi d’en promouvoir les usages civils et pacifiques, objet de ce sommet.

    Rafael Grossi se réjouit de la tenue de ce sommet : « le fait que les leaders du monde se retrouvent ici autour du nucléaire civil, de l’énergie nucléaire, en dit long sur les nombreux défis liés à l’énergie auxquels le monde fait face actuellement, comme la décarbonation ou le mix énergétique. »

    Mais il le reconnaît : « Il y a un consensus global sur le fait que le nucléaire n’est pas la panacée, mais sans le nucléaire, nous ne pourrons pas arriver au niveau des accords de Paris », faisant référence à la conférence sur le climat de 2015.

    Ces conférences étaient selon lui « hostiles » à l’encontre du nucléaire, sauf la dernière en date, à Dubaï en novembre 2023. Un « retour au réalisme », se félicite le directeur général de l’AIEA. « On est arrivé à un consensus pour dire que le nucléaire doit être accéléré. C’est selon moi un retour au réalisme ».

    Pour pouvoir financer la production de cette énergie décarbonée, Rafael Grossi est très clair : « les financements publics sont indispensables, mais on est devant un paradoxe parce que ces institutions de financement international interdisent dans certains cas le financement du nucléaire. (...) Elles sont en décalage par rapport au marché, aux décisions politiques et à la société. (...) Je suis en consultation avec la Banque mondiale et avec d'autres instances pour faciliter l'accès aux financements publics pour des projets nucléaires ».

    Interrogé sur le conflit actuel entre la Russie et l’Ukraine et les risques de cyberattaques que cela peut représenter pour les installations nucléaire, Rafael Grossi se veut rassurant : « On surveille. Les problèmes de cyberattaque c'est un problème de type militaire qui peut influencer non seulement le nucléaire, mais aussi toute autre activité. Ce n'est pas parce qu'on a une centrale nucléaire qui a été occupée militairement que la technologie nucléaire a un problème. Le problème, c'est la guerre. […] Mon rôle, c'est d'éviter un accident nucléaire », explique le directeur général de l’AIEA. « Je ne pourrai pas, en tant que chef d'une organisation, faire pression sur un État. Mais j'ai une mission et je sais ce que je peux faire pour éviter un éventuel accident avec des conséquences radiologiques graves », rappelle-t-il.

    Rafael Grossi répond aussi aux critiques qui suggèrent que l’Europe est trop dépendante de la Russie et qu’elle ne sanctionne pas assez la Russie. Il insiste sur le fait qu’il est impossible de stopper net tout projet en lien avec la Russie dans le domaine de l’énergie « car cela nuirait à des pays européens qui en dépendent énormément. En Europe de l'Est, il y a des pays qui dépendent complètement de l'énergie apportée par leurs réacteurs nucléaires. […] Il y a des efforts, au niveau du secteur énergétique, aux États-Unis aussi, en France, dans d'autres pays, pour développer des capacités de fabrication de combustible nucléaire autres que les Russes. Mais ça prendra un peu de temps », conclut-il.

    20 min
  • Carlos Moedas, maire de Lisbonne, centre-droit : l’extrême-droite «est un produit de la gauche»

    Au Portugal, le centre-droit a remporté d’une courte tête les élections législatives anticipées du 10 mars 2024, mettant fin à 8 années de gouvernement socialiste. Mais cette coalition menée par le Parti social-démocrate n’est pas en mesure de former une majorité à elle seule. Elle exclut néanmoins de s’allier au parti d’extrême droite Chega qui connaît une ascension fulgurante et frôle les 20% des votes.

    Nous recevons Carlos Moedas, le maire de centre-droit de Lisbonne, qui avait déjà arraché la ville aux socialistes, à la surprise générale, en 2021. Il salue ce « changement de cycle » mais regrette la montée de l’extrême-droite, alimentée par « un vote du désespoir » et de « révolte ».

     

    Ces élections intervenaient dans un contexte inédit, après la démission du Premier ministre Antonio Costa. Le dirigeant portugais avait été accusé d’avoir touché des pots-de-vin et poussé au départ. Il s’agissait d’une méprise, le ministère public l’ayant confondu avec son homonyme, le ministre de l’Économie, Antonio Costa Silva. Carlos Moedas revient sur cette affaire « lamentable ». Ces « scandales derrière des scandales » écœurent les Portugais, qui « en ont marre de la politique ».

    Carlos Moedas rappelle que le parti socialiste a gouverné 23 des 30 dernières années et estime qu’il porte une lourde responsabilité dans la montée de l’extrême droite. « Elle est un produit de la gauche et du parti socialiste qui a beaucoup eu l'intérêt d'augmenter l'extrême droite » pour « détruire » la droite modérée, accuse-t-il. Selon lui, le succès des populistes d’extrême droite en Europe s’explique également par les attentes nouvelles de la population qui demande des solutions immédiates dans un monde où, « à l’ère du digital, tout s’accélère. Mais les gouvernements ne peuvent pas résoudre tous les problèmes dans la minute » avec « une baguette magique » car « il faut le temps de la démocratie ». Carlos Moedas critique les partis populistes comme Chega qui promettent que « s’ils étaient au gouvernement, tout serait merveilleux, ils feraient tout ». Il remarque que les extrêmes qui gouvernent sont confrontés à la réalité, en citant l’exemple italien. Georgia Meloni « a changé, parce qu'elle n'est plus la même, parce qu'elle a vu qu'en fait, être au pouvoir et gouverner, c'est quelque chose de très différent »

    20 min
  • Jean-Noël Barrot, ministre délégué à l’Europe: «notre parti Renaissance pointera les incohérences de l’extrême droite»

    Top départ pour le camp présidentiel. Devancé de près de 10 points dans les sondages par la liste du Rassemblement national, Renaissance entre dans le vif du sujet et demande une « Europe plus forte, plus unie et plus démocratique ». La campagne sera pour le camp du chef de l’État l’opportunité de rappeler son bilan et sa vision pour l’Europe des 5 prochaines années. 

    Pour le ministre délégué en charge de l’Europe, Jean-Noël Barrot, « ce sera l’occasion aussi de démasquer un certain nombre de contradictions internes au Rassemblement national”, soulignant l'absentéisme des parlementaires du RN, « qui ont déserté le Parlement, plutôt que d’y prendre une part active pour honorer le mandat qui leur avait été confié par les Français il y a cinq ans ». Il pointe « certaines des incohérences, des inconsistances de l’extrême droite française », alors que le parti de Marine Le Pen a voté contre le Pacte asile et immigration au Parlement européen : un paradoxe selon lui, car cet ensemble de lois devrait permettre précisément d’assurer « un contrôle effectif des frontières de l’UE et de lutter efficacement contre l’immigration irrégulière ».

    Alors que les leaders européens ont rejeté en bloc l'éventualité évoquée par Emmanuel Macron d’envoyer des troupes en Ukraine, le ministre préfère souligner au contraire « l’unité et la détermination » affichée par les États membres. Le 26 février 2024, ils ont convenu ensemble « de faire plus, de faire mieux et faire davantage pour l’Ukraine », rappelle-t-il. Chacun faisant « selon de ses moyens ». Quant à son adhésion à l’Union européenne, le ministre réaffirme que la place de l’Ukraine est bien dans le club. Kiev devra néanmoins « mettre en œuvre un certain nombre de réformes de manière à se rapprocher du socle de l’État de droit européen ». Il rappelle que des changements seront nécessaire pour que l’élargissement se déroule bien. C’est-à-dire sans déstabiliser certains marchés, certains citoyens, tout comme la politique agricole commune et les politiques de cohésion « qui, aujourd’hui, en Europe sont la garantie de la préservation de notre modèle ».

    Sur le front de la guerre en Ukraine, Jean-Noël Barrot rappelle que « la nécessité de mettre entre les mains des Ukrainiens tout ce dont ils ont besoin rapidement pour résister aux assauts de la Russie et de Vladimir Poutine, tout en réveillant notre base industrielle de défense, notre industrie de défense au niveau européen, pour que nous puissions, dans la durée, assurer ce soutien à l'Ukraine, quel que soit le sort des autres grands pays producteurs d'armement ».

    20 min
  • François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains pour les élections européennes

    L’eurodéputé François-Xavier Bellamy, mène la liste du parti français Les Républicains, créditée de 8% d’intentions de vote dans les sondages pour le scrutin du 9 juin. Il entend s’adresser à son électorat rural : « Ça fait maintenant des mois, des années qu'ils disent leur angoisse parce que l'Europe n'a cessé de leur rendre la vie de plus en plus compliquée, comme si le but était de les empêcher de produire. Ce sont des Verts, de La Gauche et Renew Europe qui ont porté dans l’hémicycle un projet de décroissance », selon lui, entre autres à travers le projet de loi sur la Restauration de la nature, contre lequel il a voté.

    Il expose les contradictions de Jordan Bardella, qui caracole à 20 points au-dessus de sa liste dans les sondages : « On voit un Rassemblement national qui dit tout et son contraire sur les sujets agricoles. Tout et son contraire, quand il propose les prix plancher qui sont la solution de LFI pour l'agriculture française et que dès que le président de la République se rallie à cette idée d'un seul coup, le Rassemblement national finit par abandonner et changer complètement de discours ! »

    Les 6 et 7 mars 2024, le PPE se réunit à Bucarest pour son congrès pour renouveler sa confiance à l’actuelle présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, cheffe de file de la droite européenne… c’est sans lui ! « Nous nous sommes opposés à la perspective d'un nouveau mandat d'Ursula von der Leyen, simplement parce que nous regardons le bilan et nous sommes nombreux au PPE à dire qu’il n'est pas conforme à ce qu'on doit attendre aujourd'hui d'une Commission européenne qui a pour mission de renforcer l'Europe et qui aura très largement contribué à la fragiliser au cours des dernières années (...) Quand Ursula von der Leyen, avec une stratégie qui la rendait otage de l'agenda des Socialistes et des Verts, a poussé pour des mesures qui ont créé plus de complexité, plus de contraintes, plus de régulations, avec d'une certaine façon, la certitude que cela aboutirait à fragiliser la production en Europe, évidemment, nous ne pouvons pas la suivre. »

    Emmanuel Macron a tenu à Paris une conférence de soutien à l’Ukraine, parlant d’envoi de troupes occidentales au sol en Ukraine. Pour François-Xavier Bellamy, « ce manque de sérieux, ce goût de la communication permanente, cette espèce de légèreté et de désinvolture incroyable est d'une gravité inouïe quand on parle d'un sujet comme celui d'une guerre. (...) En faisant cela, il expose notre pays, il met un continent en danger. » L’élu européen se prononce pour un soutien à l’Ukraine dans le conflit mais contre une adhésion pleine et entière de l’Ukraine à l’UE : « cela me semble être une fausse promesse. D'abord, on le voit, tous les processus d'adhésion aujourd'hui sont à l'arrêt. (...) et à 27, nous n'arrivons pas à avoir un processus de décision qui fonctionne correctement. Comment imaginer que demain, on puisse aller vers de nouveaux élargissements ? » Et il ajoute « les différences structurelles entre l'Ukraine et nos pays sont si grandes (...) que faire entrer l'Ukraine dans l'Europe, ce serait déstabiliser directement toutes les politiques européennes. Il va créer un statut intermédiaire, inventé pour eux et avec eux, bien sûr », conclut-il.

    20 min
  • Teresa Ribera « Les agriculteurs sont les premiers menacés par le changement climatique »

    Malgré la grogne des agriculteurs partout en Europe notamment en Espagne et la remise en cause constante par la droite du Pacte vert, le gouvernement espagnol socialiste de Pedro Sanchez récuse l’idée de pause environnementale. Teresa Ribera, vice-présidente de ce gouvernement, en charge de la transition écologique et du défi démographique explique que l’Europe doit dialoguer avec les agriculteurs.

    Selon elle, l’UE doit les accompagner vers de nouveaux modes de production tout en leur garantissant un revenu suffisant. Mais la sècheresse, l’érosion des sols et les restrictions en eau dans certaines régions d’Espagne comme la Catalogne et l’Andalousie  - dans les campagnes comme dans les villes - montrent bien l’urgence en la matière. Teresa Ribera critique aussi le populisme du parti d’extrême droite espagnol « Vox », anti-écologique et anti-européen. À la veille des prochaines élections européennes, elle affirme que malgré des avancées majeures ces dernières années, les défis restent nombreux. Mais pour elle seule, l’Union européenne permettra à chacun des pays d’y faire face.  

    20 min
  • Valérie Hayer, présidente du groupe Renew Europe au PE : « L’Europe, c’est dans notre ADN »

    Après sa récente nomination à la tête du groupe Renew au Parlement européen, Valérie Hayer se dit honorée d’une telle responsabilité : « on est ce groupe charnière sans lequel aucune majorité n'est possible au Parlement européen. Donc on a une vraie force d'influence. » estime-t-elle. L’occasion de rappeler ses priorités en cette année électorale : « Depuis 2019, on a eu des priorités très fortes autour du Green Deal, le fameux pacte vert, en ne laissant pas de côté les agriculteurs », estime la Présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen. « On a une identité très forte autour de la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, des enjeux de compétitivité et de souveraineté européenne.»

    Interpellée sur l’absence de tête de liste pour son parti, Valérie Hayer s’en défend : « On n'a pas de retard. Il y a beaucoup de questions en ce sens. La réalité, c'est qu'on parle d'Europe depuis le premier jour du premier mandat d'Emmanuel Macron. Et évidemment, la majorité présidentielle est active sur les enjeux européens. On a un ADN très fort autour de l'Europe et on va entrer dans la campagne dans les prochaines semaines » assure-t- elle. « Pour moi, l'enjeu, c'est de conserver l'unité et la cohésion du groupe sur les prochains dossiers législatifs qui arrivent, parce qu'on a encore du travail avant le lancement de la campagne. »

    Fille et petite-fille d’agriculteurs, Valérie Hayer s’est exprimée sur la crise agricole qui a secoué l’Union européenne, ces dernières semaines. Une grogne qui n’est pas une grogne anti-Europe selon elle : « Il y a des mécontentements vis-à-vis de l'Union européenne, mais il y a aussi des attentes très fortes vis-à-vis du niveau national et preuve en est, le Premier ministre a fait une série d'annonces et ces annonces françaises nationales ont permis de lever les blocages au niveau agricole, au niveau national », explique-t-elle. Si Bruxelles a reculé sur certaines ambitions environnementales face à cette pression agricole, il n’est pas question pour Valérie Hayer d’opposer agriculture et environnement : « Les agriculteurs sont les premières victimes du réchauffement climatique et ils sont eux-mêmes l'un des acteurs majeurs dans la lutte contre le réchauffement climatique. », tonne la présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen. « Ursula von der Leyen a fait des propositions d'aménagement, elle a aussi entamé un dialogue structurel sur l'avenir de l'agriculture, et je pense que c'est un point important, elle a fait aussi cette semaine une annonce de remise en cause de la fameuse loi de réduction des pesticides ». Une loi rejetée par le Parlement, au grand regret de Valérie Hayer : « On a tous intérêt, collectivement, à aller vers une réduction de l'usage des pesticides. Je voudrais dire que les agriculteurs ne sont pas les premiers ravis d'utiliser des pesticides pour des raisons sanitaires, pour des raisons de coût économique, évidemment, mais il faut qu'on les accompagne vers des alternatives quand elles n'existent pas. »

    Un accompagnement auquel la présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen n’associe pas à l’extrême droite, qu’elle juge hypocrite : « le Rassemblement national a voté en faveur de la PAC, c'est-à-dire les contraintes réglementaires de la PAC, mais il a voté contre le budget de la Politique agricole commune, c'est à dire les 9 milliards chaque année qui vont aux agriculteurs français, Jordan Bardella ne les a pas soutenus. Et puis par ailleurs, il y a quelques mois, il disait qu'il était le premier écologiste de France, aujourd'hui, il dit qu'il faut mettre à bas le Green Deal. Donc il y a cet opportunisme électoral qui est assez insupportable », regrette-t-elle.

    Le Rassemblement national qui est classé loin devant Renaissance, le parti présidentiel en France, à 27 % dans les sondages contre 20 %. La Présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen tient à garder ses distances avec ces sondages, estimant que la campagne n’a pas commencé « l'Europe c'est dans notre ADN. […] On a besoin d'Europe. On a fait beaucoup sur ce mandat. Il nous reste encore beaucoup à faire pour continuer à transformer l'Europe. On a des enjeux fondamentaux et donc on va entrer en campagne de manière déterminée, avec le souffle qu'on avait en 2017. […] Il faut qu'on accélère sur les enjeux de souveraineté avec pour nous ces deux priorités, c'est-à-dire l'Europe qui protège et puis l'Europe puissance. » conclut Valérie Hayer.

    20 min
  • Paolo Gentiloni : « Répondre à cette crise par l’austérité comme en 2008 serait une erreur »

    Après le sommet extraordinaire sur l’Ukraine du 1er février 2024, l’Union européenne a finalement voté à l’unanimité un plan de soutien de 50 milliards d’euros à destination de l’Ukraine, pour les quatre prochaines années.

    « La semaine se termine très bien », se félicite le commissaire européen à l’Économie Paolo Gentiloni : « l'Union européenne est plus forte que ses propres divisions », dit-il, en référence à la menace d’un veto hongrois qui planait sur le sommet. « Ce n'était pas sûr que nous ayons obtenu ce bon résultat. Je pense que c'est une bonne démonstration de toutes difficultés que nous avons, mais qu'à la fin nous réussissons fréquemment à prendre les bonnes décisions...Victor Orban a changé d’avis car il a mesuré son isolement ».

    « Sans l'Union européenne, ce serait impossible pour les Ukrainiens de continuer leur combat qui est un combat pour nos valeurs », affirme le Commissaire qui espère un regain du soutien international face au conflit entre la Russie et l’Ukraine : « Je suis assez optimiste sur le fait que les États-Unis pourront trouver une voie au Congrès pour continuer quelques formes de soutien », explique le commissaire européen à l'Économie.

    Interrogé sur la colère grandissante des agriculteurs aux quatre coins de l’Europe, Paolo Gentiloni le répète, les institutions européennes doivent comprendre la souffrance du milieu agricole : « nous devons écouter et en tenir compte ». Le secteur agricole, « qui prend une portion si importante du budget européen, est essentiel pour nos communautés, pour nos familles et pas seulement pour notre économie », rappelle le commissaire italien. Attention aux prix de l’énergie, aux relations avec la grande distribution ou encore à la politique du Green Deal, et à la compétition avec les céréales ukrainiennes. Mais pour ce qui est des accords commerciaux notamment le Mercosur, « s’il faut éviter qu’ils ne défavorisent un secteur, comme l’agriculture, ils ont été globalement favorables à notre économie ».

    Le commissaire européen à l’Économie s’est aussi exprimé sur la santé économique de l’Union européenne : « on a eu une succession de crises, qui a été très difficile à aborder » admet-il. « On est dans une croissance très faible et on a réussi à éviter la récession. On est en récession dans une dizaine de pays européens […] On doit en tout cas éviter les erreurs qu'on a faites, peut-être il y a dix ou douze ans, dans la crise financière internationale, quand on a répondu à cette crise avec des politiques d'austérité. Ce serait une erreur », conclut-il.

    À lire aussiHadja Lahbib : « Si on lâche l'Ukraine, notre sécurité et nos démocraties sont en danger »

    20 min

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