Ici l'Europe

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By FRANCE 24
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Ici l'Europe episodes

  • Dette et instabilité politique : la France, homme malade de l'Europe ?

    La France est pour certains devenue l’homme malade de l’Europe. Sa dette s’élève à 114 % du PIB, la plaçant au rang de troisième plus mauvais élève européen sur ce point. Son budget est en déficit de 5,4 % du PIB, bien au-dessus des 3 % exigés par le Pacte de stabilité européen. Au niveau politique, le gouvernement de François Bayrou est tombé et c’est au nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, que revient la charge de faire adopter un budget, dans une Assemblée nationale fragmentée. Quelle est donc aujourd'hui l'image de la France en Europe ?

    Émission préparée par Perrine Desplats, Oihana Almandoz et Isabelle Romero

    18 min
  • Reconnaissance de la Palestine, sanctions contre Israël : l’UE veut peser sur la situation à Gaza

    Deux ans après l’attentat terroriste du 7 octobre 2023 perpétrée par le Hamas en Israël, la guerre menée par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu a abouti à une situation dramatique à Gaza avec des dizaines de milliers de morts et une famine dans l'enclave déclarée par l’ONU. Lundi 22 septembre, à la tribune de l'ONU à New York, la France a reconnu l’État de Palestine. D'autres pays européens comme le Royaume-Uni, le Portugal, la Belgique ou encore le Luxembourg ont également procédé à cette reconnaissance. À présent, quelles vont être les conséquences concrètes de ces reconnaissances de la Palestine ?

    Émission préparée par Perrine Desplats, Oihana Almandoz et Isabelle Romero

     

    18 min
  • Xavier Bettel : "Reconnaître la Palestine n'est pas un acte hostile envers Israël"

    Cette semaine, nous recevons Xavier Bettel, ancien Premier ministre et actuel ministre des Affaires étrangères luxembourgeois. Reconnaissance de la Palestine, sanctions contre la Russie et renforcement de la défense européenne, il commente les sujets qui divisent les États membres.

    Face aux menaces de la Russie ou au comportement imprévisible de Donald Trump, l'Union européenne (UE) semble coincée entre différents impératifs et les intérêts divergents de ses États membres.

    Xavier Bettel, ministre des Affaires étrangères luxembourgeois dans un gouvernement dirigé par le conservateur Luc Frieden, reconnaît des désaccords majeurs au sein de l’Union : "Nous avons déjà donné une meilleure image de l'Europe. [...] Peut-être que c'est aussi l'occasion de changer des choses, que ce soit les modes de décision, que ce soit aussi qui représente l'Europe. J'ai vu Madame von der Leyen à Washington. Est-ce que ça n'aurait pas été à Monsieur Costa ou à Madame Kallas d’y aller ? Qui fait quoi exactement ? Peut-être que c'est aussi le moment de donner un électrochoc pour que l'Europe se réveille autrement demain", poursuit-il.

    "L'art du compromis n'est pas une spécialité française"

    Le couple Macron-Merz, qui espérait relancer le moteur franco-allemand, semble patiner et ne pas donner l’impulsion nécessaire. "Je ne veux pas réduire l'Europe au couple franco-allemand", tempère Xavier Bettel. "Autour de la table, ils ont un impact, que ce soit au niveau industriel, ou sur l'économie qui est plus grande que celles d'autres pays", admet-il. Il reste optimiste sur l’avenir de cette relation : "Il y a quand même un dégel des relations franco-allemandes."

    La France, dont le gouvernement a été renversé une nouvelle fois la semaine passée, reste dans une instabilité politique qui affaiblit les Vingt-Sept. "J'espère que le gouvernement du Premier ministre Lecornu va tenir le plus longtemps possible. Je pense que c'est dans l'intérêt de tous d'avoir une stabilité. [...] Il faut peut-être qu’en France les politiques arrivent à comprendre que le compromis, le fait de vouloir rallier et se mettre autour d'une table et trouver des discussions, peut être quelque chose qui fonctionne. Mais l'art du compromis n'est pas une spécialité française", commente Xavier Bettel, qui fut l'ancien Premier ministre du Luxembourg de 2013 à 2023.

    "Nous devons prévoir deux États qui vivent l'un à côté de l'autre"

    Alors que l’offensive terrestre israélienne se poursuit dans la bande de Gaza, la Commission européenne propose de suspendre certaines dispositions de l'accord d'association entre l'UE et Israël liées au commerce, ce qui signifie dans la pratique que les importations en provenance d'Israël perdront leur accès préférentiel au marché de l'Union. Elle propose également des sanctions à l’encontre des ministres israéliens extrémistes et des colons violents.

    Des propositions qui doivent encore être adoptées par le Conseil, respectivement à la majorité qualifiée et à l’unanimité. Xavier Bettel regrette ces systèmes de vote qui ne permettent pas, selon lui, d’avancer sur le sujet : "Cela ne change rien que je vote pour ou que je vote contre, parce que nous avons besoin de l'unanimité. Nous avons des fonctionnements d'institutions qui ne marchent plus, donc il serait important d'avoir peut être des changements."

    Le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois rappelle son soutien à une solution à deux États : "Il faut que les Israéliens comprennent que s'il y a une reconnaissance de la Palestine, ce n'est pas contre eux. Au contraire, car la paix en Palestine sera la sécurité d'Israël. [...] Ce n'est pas un acte hostile par rapport à Israël de vouloir reconnaître la Palestine, mais tout simplement d'éviter de créer une génération de haine et de terrorisme pour les 30 prochaines années. Nous devons pouvoir prévoir deux États qui vivent l'un à côté de l'autre et surtout l'un avec l'autre dans le futur."

    "L’Europe doit surtout compter sur elle-même"

    Après des mois de rebondissements, les États-Unis et l'UE sont parvenus à un accord sur les droits de douane. Un taux plafond de 15 % a été décidé pour la majorité des exportations européennes vers les États-Unis. Ces derniers n’auront pas à s’acquitter de droits de douane pour leurs exportations vers l’UE. "Il y a du pour et du contre" dans cet accord, selon le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois. "Nous ne sommes pas entrés dans cet engrenage de sanctions contre sanctions et nous avons obtenu une certaine stabilité", commente-t-il.

    Selon lui, l’UE apparaît cependant désavantagée dans cet accord : "Nous sommes aujourd’hui à 15 % contre zéro, ce qui n’est pas dingue." Il redoute surtout l’imprévisibilité de Donald Trump et le fait que les Américains puissent augmenter ce taux à leur guise sans moyen de rétorsion des Européens : "Il nous faut une position européenne où nous disons que 15 % est la limite que nous pouvons accepter. Dès qu'ils dépassent, il nous faudrait des contre-mesures qui soient prises au niveau européen. J'avais demandé que ce soit dans le texte et on m'a dit que ce n'était pas possible."

    "Il y en a certains qui tremblent devant toute décision qui peut venir de Washington", regrette le chef de la diplomatie du Grand-Duché. "Certains collègues autour de la table disaient que si nous n’étions pas d'accord sur l'accord commercial, nous avions un risque que les Américains retirent leur aide de l'Ukraine. C’est un risque qui existe encore pendant des mois et des années. Est-ce que nous allons tout accepter ?", s’interroge-t-il. Selon lui, "l’Europe doit surtout compter sur elle-même". "Nous devons quand même nous donner des garanties parce que c'est quand même un peu du chantage. Si nous acceptons une fois le chantage, est-ce qu'il pourrait y avoir de nouvelles étapes dans le chantage ?"

    "La dissuasion est une chose très importante"

    Après l'intrusion de drones russes présumés dans les espaces aériens de la Pologne et de la Roumanie, Xavier Bettel prône "la désescalade". La Pologne a demandé l’activation de l’article 4 du traité de l’Otan, qui prévoit des consultations entre alliés en cas de menaces. "L'invocation de l'article 4 était une opportunité pour dire que nous nous consultons pour montrer à Poutine que nous sommes solidaires et que nous ne laisserons pas tomber la Pologne", explique-t-il. À savoir si l’article 5 de l’OTAN, qui prévoit que si un pays membre est attaqué, tous les alliés doivent lui venir en aide, doit être invoqué, Xavier Bettel estime que "cela n'est pas dans notre intérêt et dans l'intérêt de personne".

    Le chef de la diplomatie du Luxembourg rappelle avoir eu des discussions avec les présidents Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine dès le début de la guerre et estime qu'il n'y avait "pas de volonté de paix" de la part de ce dernier. "Il fallait garder un dialogue. Aujourd'hui, nous n'avons plus de dialogue. [...] Nous devons montrer que nous sommes là. La dissuasion est une chose très importante."

    "Un investissement pour les générations futures"

    Face aux diverses menaces militaires et conflits en cours, l'Otan et Donald Trump souhaitent que les pays membres s'engagent à consacrer 3,5 % de leur PIB pour les dépenses militaires et 1,5 % pour toutes celles liées à la sécurité, soit un total de 5 % d’ici 2035. La moyenne actuelle des dépenses liées à la défense des pays européens est d’environ 2 %.

    Le Luxembourg, pays le plus riche de l’UE par habitant, consacre 2 % de son PIB à la défense en 2025 contre 1,1 % en 2024. Une augmentation significative sur laquelle Xavier Bettel ne pariait pas il y a encore quelques années : "Je consacrais 1 % du budget à la coopération, pour aider les gens parce que cela permet d’aider et donner de l'espoir. C'est un des meilleurs moyens d'éviter les conflits dans beaucoup de pays du monde. Mais un budget de 2 %, je n'y aurais jamais cru. Mais là, il faut qu'on augmente. La situation n'est plus la même. [...] Nous avons vécu sur les dividendes d'une sécurité où nous nous disions que les Américains seraient là pour nous protéger. Nous voyons aujourd'hui que les Américains sont imprévisibles."

    Alors que l’armée luxembourgeoise ne compte qu'un millier de membres, Xavier Bettel explique que ce réarmement doit se faire par étapes : "Il faut éviter que des populistes critiquent cet investissement dans l'armée et disent que nous aurions pu construire un nouvel hôpital ou une nouvelle maison de retraite à la place. Il ne faut pas donner ce pain aux populistes. Il faut faire comprendre aux gens que cet investissement, c'est aussi un investissement pour les générations futures."

    "Pour la Journée de l'Europe, moi, j'étais en Ukraine"

    Au sein des Vingt-Sept, les avis divergent au sujet du soutien à l’Ukraine. La Hongrie de Viktor Orban ou la Slovaquie de Robert Fico continuent de bloquer un soutien européen apporté aux Ukrainiens. Xavier Bettel fustige l’attitude de ces dirigeants européens qui entretiennent des relations avec la Russie : "Pour la Journée de l'Europe, moi, j'étais en Ukraine pour la solidarité ukrainienne et pour la solidarité avec l'Europe. J'ai certains collègues qui étaient sur la place Rouge. [...] C'est un fait d'aller sur la place Rouge pour applaudir les roquettes, les drones qui risquent demain de tuer des Ukrainiens. Peut-être après-demain des Lituaniens, des Polonais. Ce n'était pas le moment d’être à Moscou. C'était le moment d’être en Ukraine."

    Il critique également les tentatives de blocage de certains trains de sanctions à l’encontre de la Russie de la part de la Hongrie : "Si nous disons que nous voulons tout simplement arrêter de soutenir l'économie russe pour avoir des sanctions qui fonctionnent aussi, il faut que nous en payions aussi les conséquences et que nous soyons prêts. Et cela ne peut pas être 26 pays qui font tout et un autre qui essaie de bouffer à tous les râteliers."

    "J’ai demandé un avis juridique"

    La Commission européenne souhaite mobiliser les avoirs russes gelés dans l’UE pour effectuer un prêt de réparation à l'Ukraine, mais sans toucher à ces actifs eux-mêmes. 210 milliards d'euros d’avoirs russes se trouvent en Belgique et 4,2 milliards au Luxembourg. Avant de prendre une décision à ce sujet, Xavier Bettel souhaite tout d’abord obtenir des réponses d’un point de vue juridique, "pour savoir si nous pouvions confisquer et donner à quelqu'un d'autre". "C'est contraire au droit de la propriété. Est-ce qu'une décision politique peut décider de cela ?"

    De plus, il s’inquiète d’un "risque systémique pour l'Euro" : "Est-ce que le fait qu'une décision politique pourra décider de confisquer quelque chose à quelqu'un et de le donner à quelqu'un d'autre, ne risque pas de créer chez les investisseurs, qu'ils soient Chinois, Saoudiens, Émiratis, [...] une perte de confiance dans le marché européen ? Ils pourraient se dire qu'une décision politique, sans décision de juges, pourrait décider de me prendre quelque chose pour le donner à quelqu'un d'autre. Est-ce que ce n'est pas une invitation pour les investisseurs pour aller à Londres, à Dubaï, à Hong Kong, ailleurs qu'en Europe, où les politiques peuvent décider de ce qui se passe avec vos biens privés ?"

    Enfin, il demande la mise en place d’un "mécanisme de solidarité" entre pays européens si l’utilisation des avoirs russes venait à être confirmée et ensuite retoquée par une décision de justice : "Tout le monde dit qu’il faut donner aux Ukrainiens. [...] Mais le jour où il y a un juge qui condamne la Belgique à restituer l'argent, les 26 autres feront l'autruche. Vous n'allez pas me dire qu'ils vont vouloir passer à la caisse. Si j'ai les trois garanties : une solidarité, une certitude juridique et s'il n'y a pas de risque d'instabilité de la zone euro, nous pourrons en discuter."

    Une émission préparée par Perrine Desplats, Agnès le Cossec, Isabelle Romero, et Oihana Almandoz

    18 min
  • Rentrée universitaire dans l'UE : mobilité et réussite pour les jeunes ?

    Grâce à Erasmus+, le programme phare d’échanges pour les étudiants, lycéens, apprentis et Européens en formation continue, l'UE tente de renforcer l'identité européenne. En 38 ans d’existence, Erasmus a bénéficié à plus de 16 millions de personnes dans l’Union. Le programme rassemble aujourd’hui 33 pays, pour un budget de 26 milliards d’euros sur six ans. Une enveloppe qui devrait augmenter de 50 % dans les prochaines années, selon les plans de la Commission européenne.

    Mais il reste des défis à relever. En ce qui concerne l'inclusion, le nombre de jeunes en situation défavorisée bénéficiant d’Erasmus+ est encore trop faible. Plus largement, l’Europe semble à la peine pour tenir ses objectifs ambitieux en matière d’éducation, avec de fortes disparités entre les États membres. Alors, où en est l’éducation européenne ?

    Émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Agnès le Cossec

     

     

    Retrouvez l'intégralité des travaux de la commission Culture et Education du Parlement européen ICI

    18 min
  • Clément Beaune : "La France n'a pas le mode d'emploi de la coalition"

    Cette semaine, nous recevons Clément Beaune, Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan et ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes. Alors qu’Emmanuel Macron vient de nommer un nouveau Premier ministre, le cinquième depuis le début de son second mandat, Clément Beaune souligne le "besoin d’une stabilité".

    Le nouveau chef du gouvernement français, Sébastien Lecornu, a entamé une série de concertations avec les responsables des partis politiques ainsi que les partenaires sociaux : "C'est un homme, tout le monde le reconnaît – qu'on partage ou pas sa sensibilité – comme les partis de gauche l'ont dit eux-mêmes, de dialogue et de discussion et je crois que tous les partis politiques et les forces syndicales dans leur immense majorité vont participer à cette concertation. On a besoin de ce compromis pour la stabilité", insiste-t-il.

    La première mission du Premier ministre sera de faire voter un budget dans une assemblée fragmentée et sans majorité. Selon Clément Beaune, "on a un temps qui est encore utile, suffisant" pour espérer y parvenir. "On ne peut pas imaginer, en effet, que la France, une deuxième année, commence l'année sans avoir un budget stable, arrêté, prévisible pour l'ensemble des Français, nos services publics et les entreprises aussi". Il regrette qu’en France, le compromis soit "vu comme un mot repoussant, dégoûtant, tout mou", contrairement à nos voisins européens habitués aux négociations entre partis. "La France, en quelque sorte, s'européanise, elle a un Parlement fragmenté, mais elle n’a pas le mode d'emploi de la coalition, il faut le trouver", remarque-t-il.

    Un autre défi de taille attend le nouveau Premier ministre, celui de la réduction de la dette et le retour sous la barre des 3 % du PIB de déficit : or en 2024, le déficit de la France s’élevait à 5,8 % du PIB. Certes, "la situation des finances publiques est préoccupante, ce qu'a d'ailleurs, à juste titre, expliqué, martelé François Bayrou courageusement", reconnaît Clément Beaune. Cependant, il met en garde contre "un discours 100 % négatif". "Notre économie en général a des entreprises formidables qui sont des réussites internationales, avec un taux d'emploi qui a augmenté ces dernières années, un chômage qui a reculé".

    Interrogé sur la trajectoire des finances publiques annoncée par l’ancien Premier ministre, François Bayrou, pour faire passer le déficit de la France en-dessous de 3 % du PIB en 2029, Clément Beaune "rappelle qu'on serait, même avec ces objectifs-là et de loin, le dernier pays de la zone euro a passer en dessous de la barre les 3 %". "Il faut revenir sous les 3 %, pas parce que dans un bureau à Bruxelles on l'a décidé, mais parce que c'est le déficit public qui stabilise la dette et évite de l'accumuler ou de l'augmenter", estime-t-il. Il est donc "très important pour notre souveraineté, notre indépendance économique et notre indépendance tout court" de réduire le déficit.

    La taxation des plus riches enflamme le débat budgétaire, l’opposition de gauche soutenant cette solution pour permettre de réduire le déficit. Le Haut-commissaire à la Stratégie et au Plan appelle à "mettre un peu de rationalité ou de justesse dans ce débat qui, parfois, est un peu caricatural ou caricaturé. On n'est pas un paradis fiscal et les taux d'imposition pour les plus riches sont déjà élevés, y compris en comparaison européenne". S’il reconnaît toutefois que "les patrimoines les plus importants concentrent une part de la richesse qu'on n'avait pas vue parfois depuis un siècle dans notre pays", il est partisan de traiter cette question plutôt au niveau européen. Il propose ainsi une "négociation européenne à quelques-uns pour voir s'il n'y a pas une taxation des très haut patrimoines supplémentaires qui éviterait des problèmes de compétitivité pour la France". Concernant la proposition de taxe de l’économiste Gabriel Zucman sur le patrimoine des plus riches, il reste circonspect. "Cela n'apporterait sans doute pas toutes les recettes qu'on nous dit parfois, plutôt cinq milliards que vingt milliards, c'est un peu différent. Et puis, il faut être lucide, ça ne résoudrait pas, quoi qu'il arrive, notre problème de dette ou de déficit à soi-seule", estime-t-il. "Il faudra faire des économies aussi".

    À lire aussiDes retraites à la taxe Zucman : quelles seront les "ruptures" évoquées par Sébastien Lecornu ?

    Clément Beaune revient sur le discours sur l’État de l’Union, prononcé par Ursula von der Leyen ce mercredi. S’il juge la présidente de la Commission européenne "plutôt convaincante sur les sujets internationaux", il se dit "moins convaincu sur la question commerciale". Il critique l’accord commercial conclu cet été entre Bruxelles et Washington qui porte à 15 % les taxes sur les exportations européennes vers les États-Unis. Cet accord lui "paraît défavorable, déséquilibré". Or Clément Beaune est "convaincu que quand l'Europe ne montre pas sa force, elle perd du soutien, d’autant plus que monsieur Trump ne comprendra que le langage de la force, de l'unité, de la fermeté européenne".

    Cet accord a été largement critiqué au sein de l’hémicycle européen, par les parlementaires de tout bord. Jordan Bardella, chef du groupe Les Patriotes pour l’Europe au Parlement européen, a accusé la présidente de la Commission d’avoir négocié un accord servant les intérêts des constructeurs automobiles allemands. Mais Clément Beaune "ne croit pas qu’Ursula von der Leyen soit la présidente de la Commission de Berlin, ou de l'Allemagne, et des intérêts économiques allemands. D’autres pays comme l’Italie ont soutenu cet accord !" L’ancien secrétaire d'État aux Affaires européennes rappelle également que, dans le passé, la cheffe de l’exécutif européen, a été "très française, dans beaucoup de propositions, y compris au moment du Covid". Clément Beaune annonce "qu’on va faire beaucoup mieux dans nos négociations commerciales avec les États-Unis, très fortement". "En tant que pro-européen, on n'est pas un béat ou un naïf, on est justement un combattant et moi je suis un combattant de l'Europe", déclare-t-il.

    La filière automobile européenne fait campagne à Bruxelles pour repousser ou assouplir l’objectif de fin des voitures thermiques en 2035, un objectif qu'elle juge irréaliste. Elle pointe du doigt le retard européen face à la concurrence asiatique pour la production de batteries. Clément Beaune se positionne contre l’abandon de cet objectif de 2035. "On peut avoir de la souveraineté sur le véhicule électrique, mais il faut de l'investissement, il faut de la constance, il faut du soutien social et industriel aux sites français de production, notamment à la filière des batteries", estime-t-il.

     

    Emission préparée par Agnès Le Cossec, Isabelle Romero et Perrine Desplats

    18 min
  • Ursula von der Leyen devant le Parlement européen : une Europe "du combat", pas du "chaos" ?

    L'Europe va devoir trouver le "courage de se battre". Les mots, forts, sont ceux d’Ursula von der Leyen lors de son discours sur l'État de l’Union ce 10 septembre. La présidente de la Commission européenne a adopté un ton dramatique pour ce discours de rentrée, évoquant un monde "sans pitié" où elle annonce des nouvelles mesures contre la Russie et de soutien à l'Ukraine ainsi que des sanctions contre Israël. Un appel lancé dans un contexte de fragilité souligné par l’accord commercial déséquilibré avec les États-Unis, qu’Ursula von der Leyen a tenté de défendre devant les eurodéputés. Fragilité politique, aussi, au sein d’un Parlement fragmenté, où son groupe, le PPE, participe à une majorité proeuropéenne avec le centre et les socialistes, mais vote parfois contre les mesures environnementales avec une droite plus extrême. Et, fait inédit, la présidente de la Commission a été huée par moment lors de son discours. Alors une Europe forte, ou une présidente de la Commission affaiblie ?

     

    Emission préparée par Isabelle Romero, Oihana Almandoz, Charlotte Prudhomme et Perrine Desplats

    Retrouvez ici l'intégralité du discours sur leétét de l'Union de la présidente de la Commission

     

    18 min
  • A. González Laya : "L’UE place la défense de l'Ukraine avant la défense de ses intérêts commerciaux"

    Cette semaine, nous recevons Arancha González Laya, ancienne ministre des Affaires étrangères espagnole, ainsi que doyenne de la Paris School of International Affairs à Sciences Po. Face à l'imprévisibilité de Donald Trump, une résolution des conflits qui piétine en Ukraine et à Gaza et une croissance économique très lente, la rentrée est morose pour les Européens. 

    Le 27 juillet à Turnberry, en Écosse, les États-Unis et l'Union européenne (UE) sont parvenus à un accord sur les droits de douane, après des discussions très difficiles entre Ursula von der Leyen et Donald Trump. Un taux plafond de 15 % a été décidé pour la majorité des exportations européennes vers les États-Unis. Ces derniers n’auront pas à s’acquitter de droits de douane pour leurs exportations vers l’UE. 

    "Ce n'est pas un bon deal du point de vue économique puisque les termes de cet accord sont déséquilibrés", commente Arancha González Laya. "C'est surtout un mauvais deal d'un point de vue géopolitique car nous normalisons des relations internationales basées sur la loi du plus fort plutôt que sur la loi des règles, des systèmes, des traités et des accords. Nous contribuons aussi à l'affaiblissement d'un ordre international."

    "Nous avons besoin des États-Unis et ils le savent très bien"

    L’économiste estime que cet accord a été concédé aux États-Unis dans le but de conserver leur soutien en Ukraine : "La volonté européenne est de placer la défense de l'Ukraine avant la défense des intérêts commerciaux de l'UE. Les Européens ne sont aujourd'hui pas capables de contribuer seuls à la défense de l'Ukraine contre la Russie. Nous avons besoin des États-Unis et ils le savent très bien. L’accord commercial est le prix à payer pour les garder de notre côté." Elle s’interroge sur le fait de savoir si cela sera suffisant pour s’assurer de ce soutien : "Ce n'est pas non plus garanti."

    Selon Arancha González Laya, qui a occupé des postes à responsabilités au sein de l'Organisation mondiale du commerce, ces droits de douane affectent plus les Américains que les Européens : "Cela va augmenter l'inflation aux États-Unis. Je ne crois pas que ce soit un bon deal pour eux. Nous commençons déjà à observer une légère montée des prix aux États-Unis." Elle admet cependant que ces tarifs douaniers ne sont pas non plus favorables à l’UE, car cela "représente un coût supplémentaire pour accéder au marché américain".

    Donald Trump a également menacé de représailles les pays européens qui appliqueraient des politiques défavorables aux entreprises américaines de la tech. Selon Arancha González Laya, il n’y a pas de rétropédalage concernant les règles européennes sur le numérique : "Les États membres et les institutions communautaires sont assez conscients du fait que nous ne pouvons pas marchander une décision démocratique issue de nos parlements et de nos citoyens dont l’objectif est de nous protéger dans l'espace digital. [...] Nous devons répondre que ce n'est pas contre les entreprises américaines, ni contre les entreprises chinoises, c'est pour la protection des consommateurs et des citoyens européens."

    Quant à savoir si l’UE aura gain de cause face aux Américains sur cette question, la juriste et économiste reconnaît un "choix difficile à faire entre la démocratie européenne et le fait de faire plaisir à l'administration américaine... la deuxième option serait dangereuse : l’opinion publique en Europe est de plus en plus europhile, car elle pense que l'intégration européenne va permettre de mieux nous protéger. Mais si le signal que nous donnons aux Européens, c'est que nous sommes prêts à marchander notre démocratie, cela pourrait mener à de l'euroscepticisme."

    "Il faut se montrer unis, renforcer la défense ukrainienne"

    Cette semaine, la France a de nouveau convié la coalition des volontaires à Paris afin de discuter de son soutien à l’Ukraine. Alors qu’un accord de paix semble encore lointain, la juriste espagnole reconnaît "une fatigue" du côté des Ukrainiens mais également de l'Europe. "Poutine a menti à Trump quand il lui a dit qu’il allait négocier la paix avec Zelensky. Il ne l'a pas fait et je ne crois pas qu'il ait l'intention de le faire", estime Arancha González Laya. Selon elle, l’UE doit "renforcer la position de l'Ukraine dans cette guerre contre la Russie" : "Il faut se montrer unis, renforcer la défense ukrainienne, mais aussi montrer aux États-Unis que nous ne sommes pas des profiteurs, que nous sommes des acteurs, que nous sommes également prêts à mettre ce qu'il faut sur la table."

    Pour ce faire, en 2024 et pour la première fois, une majorité des pays européens a consacré au moins 2 % de son PIB à la défense, conformément à l'objectif fixé par l'Otan. "Il y a des gros efforts européens", poursuit l’ancienne ministre des Affaires étrangères du gouvernement socialiste de Pedro Sánchez, qui est à la traine dans les dépenses de défense.

    "L'Europe ne peut pas tolérer des violations des droits humains"

    En ce qui concerne la guerre à Gaza, "les Européens se rendent compte de la situation insupportable dans laquelle nous nous trouvons", s’émeut Arancha González Laya. "Si nous sommes sérieux en Europe, et si nous sommes responsables vis-à-vis des engagements que nous avons pris avec nos citoyens concernant la protection des droits et des valeurs, nous ne pouvons pas rester sans agir", considère-t-elle. "L’Espagne, avec l’Irlande et la Slovénie, ont reconnu la Palestine il y a un an et demi. Maintenant c’est la France qui se joint à cet effort et en entraine d’autres. Je crois que c'est important de montrer que l'Europe ne peut pas tolérer des violations des droits humains."

    "C'est un bon accord pour l'UE"

    Après 25 années de négociations, la Commission européenne a validé cette semaine un accord de libre-échange entre l'UE et les pays du Mercosur, éliminant ainsi la quasi-totalité des droits de douane industriels entre les deux blocs. Selon Bruxelles, l'accord permettrait aux exportateurs européens d'économiser plus de quatre milliards d'euros de droits de douane par an.

    Pour Arancha González Laya, cet accord est "indispensable". "D’un point de vue économique, cela nous permet de nous ouvrir à d'autres opportunités pour nos exportateurs. [...] Cela pourra en partie compenser les difficultés que nous aurons à accéder au marché américain. [...] Il y a également un intérêt géopolitique, qui est de construire des partenariats avec d'autres pays, dans d'autres régions du monde, qui ne souhaitent pas un monde divisé entre les Chinois, les Russes et les Américains."

    Certains pays européens ainsi que des agriculteurs à travers l’Europe s'opposent à ce projet. Pour les rassurer, Bruxelles a promis de compléter l’accord par un acte juridique visant à renforcer les mesures de sauvegarde sur les produits européens sensibles. "Si jamais il y avait un déséquilibre fondamental dans les marchés européens suite à des importations massives, l'UE pourra y répondre. [...] C'est un bon accord pour l'Union européenne", estime Arancha González Laya.

    "Je me préoccupe de l'affaiblissement de la France"

    La France, dont le gouvernement pourrait à nouveau tomber dans les jours à venir, est en pleine crise politique depuis les élections européennes de 2024. "Je me préoccupe de l'impact que l'affaiblissement de la France peut avoir dans l'affaiblissement de l'Europe."

    Face à une dette publique record, elle appelle à la réforme : "Ne pas faire de réforme en France affaiblit l'économie française, la capacité de la France à redistribuer et à faire en sorte que tous les citoyens s'y retrouvent. Mais elle affaiblit aussi l'Europe dans un moment où elle a besoin d'être forte. [...] La leçon, en France comme ailleurs en Europe, c'est que si nous ne voulons pas devenir subsidiaires d'autres puissances comme la Russie, les États-Unis ou la Chine, il faut faire des réformes et intégrer davantage l’UE", conclut-elle.

    Émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Oihana Almandoz

    18 min
  • Une rentrée européenne périlleuse : l’Europe au défi de son impuissance

    L’Union européenne fait face à plusieurs crises en cette rentrée, et paraît affaiblie. D’abord pour des raisons politiques, alors que la France, deuxième puissance du club des Vingt-Sept, navigue à vue sur son gouvernement et son budget. Sur le plan géopolitique, l’UE est à la peine pour soutenir l’Ukraine efficacement et obtenir une paix durable. Les Européens restent à la merci du Président américain Donald Trump. Et enfin les pays membres sont divisés et inaudibles face au drame de Gaza. Pour l’Union européenne, quel numéro de téléphone en cas de crise ? Quelle image renvoie-t-elle à la jeunesse ? Europe puissance ou Europe impuissance ?

    Une émission préparée par Isabelle Romero, Perrine Desplats et Oihana Almandoz

    18 min
  • Ici l'Europe : le meilleur de la saison 2024-2025

    Tout au long de la saison, nous avons reçu des personnalités européennes de haut rang : présidents du Conseil européen, commissaires, présidents, Premiers ministres ou ministres, venant de toute l'Union européenne, pour une saison marquée par la guerre en Ukraine qui s'éternise, le conflit à Gaza, des questionnements sur le Pacte vert et le Pacte asile et migration, alors que les Vingt-Sept s'interrogent sur une défense commune. Nous vous proposons de revenir ici sur les temps forts de ces interviews.

    Emission préparée par Perrine Desplats, Isabelle Romero, Luke Brown et Oihana Almandoz

    18 min
  • Valérie Hayer : "L'Italie ne peut pas se faire une politique migratoire à la carte"

    Motion de défiance contre la présidente de la Commission européenne, immigration, Rassemblement national et Guerre en Ukraine : l’eurodéputée et présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen Valérie Hayer nous livre ses attentes pour la rentrée.

    Le 10 juillet, Ursula von der Leyen a échappé à une motion de défiance. Si Valérie Hayer ne l’a pas votée, elle regrette en revanche "un dysfonctionnement majeur aujourd'hui, tant au Parlement européen qu'à la Commission européenne, avec une tentation de la droite de faire des deals de plus en plus souvent avec l'extrême droite". Cette non-censure n’est donc pas un chèque en blanc à la Présidente de la Commission pour la suite : "J'ai demandé des engagements tant à Ursula von der Leyen qu'à Manfred Weber – le président du groupe de la droite – sur deux choses : une meilleure coopération et une liste de priorités politiques que nous partageons."

    Au début du mois, l’Union européenne a proposé un nouvel objectif pour 2040 : réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre. Pour Valérie Hayer, il faut parvenir à concilier les enjeux de compétitivité industrielles avec le plan de décarbonation. "[L'Europe] doit rentrer dans la logique de compétitivité et de réindustrialisation", estime la présidente du groupe Renew au Parlement européen, qui maintient la position de sa famille politique au sujet de ce qu'elle perçoit comme une sur-réglementation : "Il y a trop de bureaucratie", déplore-t-elle. Elle pointe également du doigt un certain nombre de dysfonctionnements: "La Commission européenne a présenté un objectif intermédiaire d'ici à 2040. Elle n'a même pas le soutien de sa propre famille politique dans cette histoire et dans ce dossier clé."

    "Jordan Bardella tente une nouvelle fois de se victimiser"

    Autre sujet de la rentrée, le nouveau budget pluriannuel. Si la Commission souhaite mettre en place un plan unique en mutualisant les fonds, Valérie Hayer s’oppose à cette renationalisation du budget : "L'intérêt et la valeur ajoutée de ce budget européen, c'est de s'engager dans une dynamique. Ce n'est pas d'avoir un grand plan, un grand budget avec 27 plans nationaux."

    Au sujet de l’affaire de détournement de fonds au parlement Européen d’un montant de 4,3 millions d’euros par le Rassemblement national et ses anciens alliés d'extrême droite, la présidente du groupe Renew Europe estime que chacun doit prendre ses responsabilités : "Jordan Bardella tente une nouvelle fois de se victimiser, mais chaque groupe politique est censé être soumis et se soumettre à des audits. Chacun devra assumer ses responsabilités."

    "Mesures de rétorsion" contre les droits de douane américain

    Alors que la guerre en Ukraine s’intensifie avec l’utilisation de drones par la Russie, Donald Trump, lors d’une rencontre avec le Secrétaire général de l’Otan Mark Rutte, a annoncé que les États-Unis enverront de nouvelles armes à l’Ukraine via l’Alliance atlantique. L'Eurodéputée salue ce changement d'attitude du président américain en faveur des Ukrainiens : "Donald Trump réalise enfin quel est le vrai visage de Vladimir Poutine", avant d’émettre une certaine réserve : "On est habitué à des revirements avec Donald Trump."

    Face à l’échéance du 1er août et aux 30 % de droits de douane annoncés par le président américain, l’Europe prévoit des représailles commerciales à hauteur de 72 milliards d’euros. Mais pour Valérie Hayer, "personne n’a intérêt à une guerre commerciale". La présidente du groupe Renew se dit en faveur de négociation, sans céder sur tout : "S'il n'y a pas d'atterrissage possible, il faut mettre en place ces mesures de rétorsion. Je crois que Donald Trump ne comprend que le rapport de force."

    Elle rappelle aussi la force et le dynamisme du marché européen : "Donald Trump doit comprendre qu’on ne va pas se laisser marcher dessus, qu'on a des outils. On a un marché de 450 millions de consommateurs très intéressant pour les entreprises américaines." Dans ce contexte, la Commission européenne encourage les États membres à se concentrer sur d’autres partenariats commerciaux, notamment celui du Mercosur. Mais certains pays de l'Union, dont l'activité agricole représente une forte part de leur économie, demandent des gages, comme la France, suivie par la Pologne et l’Irlande : "On ne s’y oppose pas par principe, mais la ligne de la France est extrêmement claire : il faut des clauses de sauvegarde pour protéger nos agriculteurs."

    "Assurer la sécurité des Israéliens et Palestiniens"

    Face à une escalade du conflit au Moyen-Orient, Valérie Hayer souhaite que l’UE prenne pleinement part aux négociations : "Il faut que la voix de l’Union européenne pèse. Il faut qu’on puisse avancer sur cette solution à deux États pour qu’on ait une reconnaissance de l’État palestinien, et aussi pour faire pression sur le gouvernement de Benjamin Netanyahou." Mais pour elle, "l'important c'est d'assurer la sécurité des Israéliens, des Palestiniens, et la stabilité dans cette région".

    Sur la question migratoire, la présidente du groupe Renew adopte une position nette : "La première chose, c’est d’appliquer le pacte asile et migration", et en appelle à la responsabilité de chacun des États membres, même les plus récalcitrants : "l’Italie ne peut pas dire : je fais à la carte sur les questions migratoires", d’autant plus que "le modèle entre l'Albanie et l'Italie coûte extrêmement cher et a été retoqué à plusieurs reprises d'un point de vue légal". Elle souhaite que les Vingt-Sept se mettent autour de la table et travaillent à des "solutions crédibles, car il faut aussi, je crois, pouvoir avoir un débat apaisé sur la migration légale de travail parce qu'on a aussi un enjeu démographique en Europe".

    Elle n’est par ailleurs pas convaincue par la liste de "pays sûrs" où l’UE pourrait renvoyer les migrants illégaux établie par la Commission européenne, et entend "renforcer les partenariats avec les pays d’origine, avec l’Afrique". "Plus on s’engagera politiquement, plus on accompagnera financièrement le développement de ces pays d'origine, mieux on régulera les flux migratoires", juge l'eurodéputée. Elle regrette d’autant plus que ce dossier ait été bloqué "de façon tout à fait démagogique" par une alliance de la droite et de l’extrême droite.

    Émission préparée par Perrine Desplats et Isabelle Romero

    18 min

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Rendez-vous à Bruxelles pour un entretien avec une personnalité européenne de premier plan, suivi d'un débat entre eurodéputés. Le samedi à 11 h 10 (heure de Paris), puis 15 h 40.

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