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Invité culture episodes

  • Cinéma: dans «Le triangle d'or», Hélène Rosselet-Ruiz filme deux femmes dans une cage dorée

    Pour gagner sa vie avant de rejoindre l'armée, Laura, une jeune fille de 20 ans, accepte un emploi au service de Souria. Cette dernière est la maîtresse d'un prince saoudien et vit recluse, dans l'attente des visites de son amant. Dans cet univers de luxe démesuré, un lien fragile va se tisser entre les deux jeunes femmes. Voilà pour l'intrigue du film Le triangle d'or qui sort en salles mercredi 29 juillet en France, après avoir été projeté hors compétition au festival de Cannes. 

     

    À lire aussiJean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»

    7 min
  • Jean-Christophe Folly et la mauvaise conscience néocoloniale dans le film «Gavagai»

    L'enfer, dit-on, est pavé de bonnes intentions. Ainsi on peut vouloir dénoncer le racisme et reproduire de manière insidieuse et inconsciente des procédés néocoloniaux. C'est le sujet du film Gavagai, d'Ulrich Köhler, sorti ce mercredi 22 juillet sur les écrans français. Dans ce film, le réalisateur Ulrich Köhler montre le tournage au Sénégal d'un film se voulant progressiste. Lors de la première mondiale au Festival de Berlin, l'un des personnages principaux, incarné par Jean-Christophe Folly, est victime de préjugés racistes. 

    À lire aussiLe comédien Jean-Christophe Folly pour son premier roman « Benoit Blues »

    4 min
  • La chanteuse sud-africaine Lorraine Klaasen, succès du Festival Nuits d'Afrique

    Elle est la digne héritière de sa mère, la grande chanteuse de jazz Thandi Klaasen. L'artiste sud-africaine Lorraine Klaasen est actuellement en tournée. À bientôt 70 ans, elle aura dédié toute sa vie au chant et se fait aujourd'hui la porte-parole de l'histoire de son pays depuis le Canada qui l'a adoptée. Après une enfance bercée par le jazz de sa mère, elle s'est ensuite dirigée vers une fusion de marabi, blues et soul. Elle sera en concert le 29 juillet à Pointe-Claire, au Québec.

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    8 min
  • «De la Comédie-Française»: la comédie jubilatoire de Bertrand Usclat et Martin Darondeau

    La troupe de la maison de Molière est à l'honneur d'une comédie qui sort ce mercredi 22 juillet sur les écrans français. Auréolée de quatre prix au Festival de comédie de l'Alpe d'Huez, cette satire intitulée De la Comédie-Française compte à l'affiche quelque 22 pensionnaires et sociétaires qui vivent une série de catastrophes à quelques heures d'une représentation. 

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    4 min
  • Le Grand Ensemble Filos au sommet des montagnes grecques, kurdes et turques

    Le Grand Ensemble Filos célèbre les musiques grecques, kurdes et turques, avec un collectif de sept musiciens partagés entre trio de cordes, polyphonies féminines et polyrythmies de percussions persanes. Un véritable voyage sonore entre Orient et Occident, pour remettre à l'honneur les traditions populaires et faire vivre la voix de ces peuples opprimés en résistance. Passionné de musiques d'Anatolie, le musicien et directeur artistique du projet Paul Oliver est au micro de RFI.

    Le Grand Ensemble Filos sera en concert ce mardi 21 juillet 2026 au festival Fiest'à Sète, dans le sud de la France.

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    9 min
  • «La Cité des Dames»: le roman graphique de fantaisie féministe de Blanche Sabbah

    Complots, intrigues, romance et magie : ces éléments sont constitutifs du genre littéraire de l'épopée fantastique, appelée en anglais « heroic fantasy ». Des éléments que l'on retrouve, par exemple, dans les sagas Le Seigneur des anneaux ou Game of Thrones. Et maintenant dans une nouvelle saga de bande dessinée : La Cité des Dames. Le premier volume a paru au printemps dernier chez Dargaud. Mais l'originalité de La Cité des Dames, comme son titre l'indique, est que cette série métisse le genre avec des préoccupations féministes.

    4 min
  • «Les femmes de ma génération ont moins de droits au Sénégal que celles des générations précédentes», confie la romancière Sokhna Ndao

    L'Invitée culture est la romancière sénégalaise Sokhna Ndao. Son quatrième roman Catharsis est paru aux éditions Obangame. À travers le destin d'une couturière de génie, Sokhna Ndao revient sur les violences subies par les femmes dans un pays foncièrement patriarcal.

    RFI : Vous signez, aux éditions Obangame, un quatrième roman dans lequel vous poursuivez votre exploration des maux et des combats de la société moderne sénégalaise. Catharsis raconte la vie d'une épouse qui va se retrouver confrontée à la violence de sa belle-famille. Les violences faites aux femmes sont une problématique qui vous tient à cœur. Est-ce que vous diriez que votre héroïne, Tabara, est représentative de la condition féminine au Sénégal ? 

    Sokhna Ndao : Elle est représentative de la condition féminine au Sénégal parce que ce roman a été écrit durant la pandémie de Covid-19, et je me suis rendu compte que six ans plus tard, la situation n'avait pas changé. On a de plus en plus des femmes qui sont victimes de violences au quotidien. Violences psychologiques et physiques. Et ça me tenait à cœur de leur donner un espace pour s'exprimer. 

    Les violences faites aux femmes dans les familles, c'est quelque chose de très commun donc, mais dont on parle peu. 

    On en parle de plus en plus. C'est le retentissement qui n'a pas la force que j'aimerais qu'il ait. Mais si vous allez sur les réseaux sociaux, il y a énormément de mots-dièse qui se sont multipliés pour dénoncer le code de la famille, qui n'a pas été révisé. On parle encore de « puissance paternelle » au Sénégal. Votre mari peut vous battre et vous n'avez pas le droit de rentrer chez vous parce que vos parents vous disent que « c'est un déshonneur, que vous devez rester dans votre couple, dans votre mariage ». Et ces femmes enfermées meurent de plus en plus. 

    On s'aperçoit effectivement que votre héroïne, Tabara, est dépossédée de tout par son époux ; de sa liberté d'abord, de sa marge de manœuvre, de son identité même, et de son enfant. Et elle n'a aucun recours...

    C'est-à-dire que personne ne l'écoute parce qu'elle méconnaît la loi. Ce roman, il a mis du temps à sortir parce que je devais d'abord me renseigner au niveau de la loi, la loi islamique et le code de la famille au Sénégal. En fait, Tabara ne sait absolument pas qu'elle a des droits. Son mari l'enferme dans ce tunnel de doutes, ce qui lui permet de l'exploiter davantage. Et si elle avait été au courant que son mari n'a pas le droit de faire tout cela, elle se serait révoltée plus tôt. Donc dans le texte, je glisse quelques petits indices par-ci par-là pour dire « renseignez-vous ». Parce que vous êtes peut-être dans des situations qui ne sont absolument pas tolérables, ni aux yeux des hommes, ni aux yeux de Dieu. 

    Tabara est quand même une situation particulière parce qu'elle n'a pas une grande famille. Son père a disparu après sa naissance et sa mère est assez défaillante. Cela renforce l'emprise que la belle-famille exerce sur elle. Est-ce qu'une femme ayant une famille normale au Sénégal peut davantage compter sur une forme de protection ? 

    Oui et non, dans le sens où effectivement, si on prend l'exemple de la famille de Tabara, il y a une problématique, un traumatisme d'abandon dès le départ. Sa mère ne la défend pas. Elle est même absolument complice de ses bourreaux. Et ça, c'est une réalité, une mère qui projette sur son enfant ses propres traumatismes. D'ailleurs, elle le dit dans le roman à un moment donné. « Peut-être que si j'avais eu un fils, ton père serait resté avec moi », ce qui est extrêmement violent. Donc, quand Tabara part dans la belle-famille, sa mère se débarrasse d'elle – c'est le deuxième choc d'abandon – et sa belle-mère trouve en Tabara une victime parfaite. Cette femme, issue elle-même d'un milieu polygame qui a traversé énormément de traumatismes grâce à la situation financière de ses enfants, peut imposer une dictature dans cette maisonnée. Et imposer des violences psychologiques envers ces belles-filles qu'elle maltraite aux yeux de tous. Et personne ne dit rien. Personne ne fait rien. 

    Comment vous l'expliquez, cette apathie ? 

    Souvent, quand vous êtes harcelée, quand vous êtes victime d'une perversion narcissique, il y a tout un écosystème qui se fait complice. Puisqu'elle est là, elle est devenue riche, elle impose sa loi et les autres se disent : « Ah, si je prends parti, si je défends, elle va devenir violente envers moi, donc je vais devenir complice pour ne pas aussi subir les foudres de l'harceleur. » 

    Il y a aussi une question que vous abordez, c'est justement la transmission de l'éducation. Vous écrivez à un moment une très jolie phrase : « Mes rêves n'étaient que des inepties implantées depuis l'enfance, formatées pour me faire écraser par le monde ». C'est ce que pense Tabara dans ce roman. L'éducation est très importante, on n'apprend pas aux jeunes filles à résister, on leur apprend à se soumettre...

    Il y a une asymétrie. En fait, les hommes ont le droit d'être respectés, d'être obéis, de n'être jamais contredits. Et la femme, c'est « l'agneau sacrificiel », en fait. Elle doit avoir des valeurs confucéennes, faire preuve de probité, faire preuve d'humilité. En fait, on n'apprend pas aux hommes à aimer. La femme se retrouve muselée. Et si je reviens sur la mère de Tabara, elle ne l'a jamais défendue. Elle lui demande d'être humble, soumise, patiente. Pour Tabara et pour ces femmes, oui, les hommes ont plus de droits au Sénégal. Et actuellement, les femmes perdent du terrain. En tant que femme, chaque année, je rentre et je vois que la génération de ma mère a eu plus de droits que moi, et d'une certaine manière, cela m'exaspère.

    Dans Catharsis, vous abordez d'autres problèmes sociaux. Vous déconstruisez un certain nombre de mythes, comme celui de la justice, celui de l'expatriation, puisque Farah, l'époux de Tabara, se retrouve en France dans une situation difficile. À chaque fois, on a le sentiment que le rapport de force sociale dans ce roman est très cruel. Le monde est impitoyable... 

    C'est un monde impitoyable et j'aime beaucoup explorer les dynamiques, les déséquilibres qui « créent des distorsions ». Sinon, ce serait plat, ennuyeux. C'est parce qu'il y a des rapports de force, des problématiques d'argent, de liberté, que forcément, on en vient à certains comportements. Je ne suis pas en train de dire que Farah est victime, mais pour produire un monstre, il me fallait un schéma, un chaînon. On ne naît pas monstre, on le devient. La belle-mère de Tabara, pour moi, c'est ce que la société sénégalaise fabrique de pire comme monstre. Ces monstres du quotidien qui normalisent les violences psychologiques. Je voulais un peu apporter un regard différent par rapport au lecteur. 

    Tabara va quand même connaître un destin incroyable puisqu'elle va réussir finalement à s'émanciper. Comment y parvient-elle ? Sans divulguer pour autant la fin du roman. 

    Le talent. C'est son talent. Dépossédée de tout, elle se dit : « Je vais travailler, je vais devenir indépendante financièrement. » Dès le début du roman, sa mère lui dit : « Tu n'es même pas – excusez-moi le terme – foutue d'être avocate, ou médecin, tu es qu'une saltimbanque, je n'ai pas élevé une saltimbanque. » Et ce sont sa créativité, son imagination, son talent qui vont lui ouvrir les portes. Et au Sénégal, vous avez énormément de femmes couturières, artistes, chanteuses qui s'émancipent grâce à leur talent. 

    C'est une littérature sociale et engagée qui « porte le couteau dans la plaie », pour reprendre les mots d'un journaliste célèbre, mais c'est aussi un roman habité par une écriture très particulière et très belle. Je veux vous citer vous. À un moment, Tabara dit à son amant : « Tôt ou tard, toi aussi tu vas graver tes initiales dans l'une de mes cicatrices. » Le style est quelque chose que vous avez beaucoup travaillé ?  

    J'aime beaucoup la poésie. Petite, mes premiers chocs esthétiques ont été poétiques. C'était Baudelaire. Je m'en rappelle encore. Le mort joyeux m'a interloquée. Et les mots ont pour moi un poids pour parler des maux.

    « Un roi cruel m'a rendu cynique », dit encore Tabara. Rassurez-nous ; finalement, elle n'est pas si cynique que ça, votre héroïne ? 

    Son cœur continue de battre, même si pour faire cette catharsis, elle y croit encore. Même si, jusqu'à la fin, elle se pose la question du « est-ce que j'y vais, est-ce que je n'y vais pas ? » Mais pour elle, elle pensait que l'amour arrive trop tard.

    C'est un roman, mais il y a de la musique dedans. Tous les chapitres commencent par une citation, souvent en anglais, d'un chanteur de pop ou de rock. On a du David Bowie, on a du Coldplay, on a du Phil Collins, on en a plein d'autres comme ça. Pour quelles raisons ?

    C'est mon père qui m'a fait découvrir les Beatles, donc pour moi, la musique n'a pas de frontières. Je sais que ça peut choquer, mais si je cite Ismaël Lo, il dit s'être inspiré d'Ottis Redding, de Jimi Hendrix. Youssou N'Dour a chanté du Bob Dylan, donc la présence de la musique dans ce livre est un choix personnel. C'est un peu aussi pour rendre hommage à cet héritage culturel que j'ai reçu. C'est comme la bande son du roman en fait. C'est d'ailleurs ce que j'écoutais quand je l'écrivais.

    16 min
  • Le jeune collectif Zalam Kao au festival Nuits d'Afrique de Montréal

    Leurs héritages musicaux viennent d'Haïti, du Brésil, d'Argentine et de Tunisie... Le groupe Zalam Kao était en concert au festival Nuits d'Afrique. L'occasion pour ce tout jeune collectif de présenter au public leurs sonorités inclassables, fusion de jazz, reggae, musiques latines, rap et afropop. Un métissage caractéristique de la ville de Montréal, où les diasporas s'entremêlent et où ils se sont rencontrés.

     

    À lire aussiCouleur Café, un festival belge pour les nouvelles scènes africaines et caribéennes

    8 min
  • Johann Le Guillerm, entre science et art, au Festival d'Avignon

    Johann Le Guillerm fait partie de ces artistes inventeurs, c’est un sorcier, un magicien. Il donne vie aux objets sur scène, les construit sous les yeux des spectateurs et semble leur donner une âme. Dans son cirque singulier, il convie le public à une sorte de rituel et le fait entrer dans un monde digne de l’univers de Jules Verne. Son dernier spectacle, Terces, est programmé au Festival d’Avignon, à Villeneuve en Scène, juste en face de la Cité des Papes. Dans un grand parc, il y a planté son chapiteau. 

    Retrouvez toutes les informations sur Terces, au Festival d'Avignon, ici.

     

    À lire aussiAvignon: Valérie Dréville et Guy Cassiers adaptent «Thésée, sa nouvelle vie»  de Camille de Toledo

    4 min

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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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