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Or


Dans le village de Djanvouekpa, Kiecle et Clolai étaient des amis inséparables, ils se considéraient comme des frères. La jalousie de Gnanin, un individu mal intentionné, causa cependant leur séparation. Gnanin réussit à manipuler les deux amis par l’entremise d’une belle jeune fille qui les séduisit séparément et sema la discorde entre eux. Un jour, alors que cette jeune fille se trouvait en danger, Kiecle et Clolai surmontèrent leurs différends pour la sauver. Reconnaissante, la jeune fille révéla les manigances de Gnanin. Les deux amis se réconcilièrent, et les villageois décidèrent de bannir Gnanin.
Conte dit par Rébecca Kompaoré.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Dans le village d’Egbainou, une fille nommée Edinah vivait pauvrement, seule avec sa mère. Chaque jour, Edinah se rendait au marigot près d'un arbre mystérieux où elle se reposait. Un jour, elle grimpa à l'arbre et chanta une chanson. Une voix lui demanda de reprendre le chant et lui révéla être l'arbre de la sagesse. Touché par la situation d'Edinah, l'arbre lui promit bonheur et prospérité. De retour au village, Edinah et sa mère trouvèrent leur vie transformée, elles étaient désormais riches et respectées. Elles partagèrent avec les autres et vécurent heureuses. En signe de gratitude, Edinah remercia l'arbre qui lui avait apporté chance et bonheur.
Conte dit par Koami Vignon.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Il était une fois une famille heureuse : le père, Soro, la mère, Bazar, et de leurs deux filles, Yara et Yaba. Leur bonheur fut brisé par l'arrivée de la guerre, qui les força à fuir leur village. Sur le chemin de l'exil, les parents furent tués, laissant les deux filles seules et désespérées. Après de longs jours de marche épuisante, Yara s'effondra, affaiblie par la fatigue et la soif. Dans un geste de détresse, Yaba chanta une mélodie plaintive pour obtenir de l'aide. À sa grande surprise, un génie apparut soudainement et promit de fournir de l'eau à Yara, mais en échange, Yaba devrait être transformée en source d'eau. Sans hésiter, Yaba accepta le marché pour la survie de sa sœur bien-aimée. Depuis cet événement, le gaspillage de l'eau est sévèrement réprimé, car il est désormais considéré comme un manque de respect envers le sacrifice remarquable de Yaba pour sa sœur Yara.
Conte dit par Rébecca Kompaoré.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Après deux ans de mariage, un jeune couple qui se partageait équitablement les travaux domestiques, attendait son premier enfant. Alors que la femme coupait du bois dans la forêt, un génie lui proposa son aide en échange de la promesse que l’enfant qu’elle portait deviendrait un jour sa femme. Sans réfléchir, elle accepta. Quelques temps plus tard, elle donna naissance à une fille nommée Djiguiya. Des années plus tard, le génie revint pour réclamer son dû. Entretemps, la jeune fille avait rencontré un jeune homme dont elle était amoureuse et qu’elle allait épouser. Malgré les implorations de la famille et les sacrifices du féticheur, le génie enleva Djiguiya juste avant son mariage. Depuis ce jour au pays Sénoufo, il est crucial de tenir ses promesses et de réfléchir avant de s’engager.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Le roi de la nature, Wéogo-Naaba, avait deux enfants : l'Éléphant et le Serpent. En vieillissant, il demanda à ses fils de prendre soin de lui. L'Éléphant lui apporta de la nourriture chaque jour, tandis que le Serpent, mentant sur ses chasses se régalait seul. Lorsque le roi mourut, l'Éléphant organisa des funérailles grandioses, tandis que le Serpent fut découvert en train de voler de la nourriture. Les villageois le chassèrent. C’est depuis ce jour que les serpents sont pourchassés à l’aide d’un bâton. Cette histoire enseigne l'importance de l'amour filial et engage à avoir de la gratitude pour ceux qui ont pris soin de nous.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Dans un village vivait une vieille dame nommée Zokou et sa fille Sanita. Un jour, alors qu'elles se préparaient pour le champ, Dame Zokou demanda à Sanita de porter les ignames et le fût d'eau, mais cette dernière refusa. Arrivées au champ, Dame Zokou travailla tandis que Sanita préparait le repas. Pendant le déjeuner, Sanita voulut boire de l'eau, mais Dame Zokou refusa en la jugeant capricieuse et paresseuse. Elle lui suggéra d'aller à la rivière, en lui indiquant de prendre à droite pour éviter la rivière du génie Dadimi. Cependant, Sanita se perdit et fut avalée par Dadimi. Dame Zokou, ne voyant pas sa fille revenir, courut à la rivière, mais sa fille avait disparu. Depuis cette tragédie, on enseigne aux enfants de ce village à fuir la paresse et à écouter les conseils de leurs parents pour éviter les dangers.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Dans un village de la brousse, le roi Nanan prétendit publiquement qu’accuser injustement quelqu’un était moins grave que de le blesser physiquement, ce qui fut contesté par l'araignée et le rat. Pour prouver qu’ils avaient raison, l'araignée et le rat échafaudèrent un plan. Grâce à une méchante ruse, le roi fut accusé à tort d'avoir souillé un arbre. Humilié, il quitta le village. Lorsque la vérité éclata, l'araignée et le rat furent chassés à leur tour. De retour, le roi Nanan décida d'abolir le mensonge dans le village. Un mensonge peut courir pendant toute une année, mais la vérité le rattrapera en un seul jour.
Conte dit par Vincent de Paul Kouamé.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Dans la savane du grand-centre, les brebis et les béliers vivaient en harmonie, grâce à leur unité et leur solidarité. Lorsqu'un ennemi menaçait leur tranquillité, ils pouvaient repousser ensemble ses attaques. Cependant, un lion rusé parvint à les manipuler en flattant leur orgueil et en semant la division. Les brebis, aveuglées par la jalousie et l'orgueil, décidèrent de vivre séparément. Le lion en profita pour les attaquer une par une, les tuant toutes. La morale de l'histoire est que vivre ensemble est un privilège ; chacun apporte ses talents et ses qualités au groupe, et la présence des autres est bénéfique pour tous. Depuis lors, on dit que seul on va vite, mais ensemble on va loin.
Conte dit par Hugues-Edouard Kouakou.
L’Afrique en conte est une série créée par l'association Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut Français de Paris et de l’Agence Française de Développement, du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut Français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Ile-de-France.
Ce jour-là, Mot Binama l'Être Humain va rendre visite à ses parents de l'autre côté de la grande forêt. Arrivé au cœur de la forêt, il entend soudain des gémissements qui viennent de quelque part.
« Euh !!! Qui va me tirer de ce mauvais pas ? »
Intrigué, il se dirige vers la source des lamentations et là, il trouve Mvomo le Serpent Boa pris dans un piège que les petits de la forêt équatoriale du Cameroun appellent Egoudi : le tronc est sur le serpent boa, la tête d’un côté, la queue de l’autre.
Mot Binama l’Être Humain prend pitié, il soulève le tronc et libère Mvomo le Serpent Boa. Une fois hors du piège, Mvomo le Serpent Boa dit à Mot Binama l'Être Humain :
MVOMO LE SERPENT BOA : « Je ne te témoignerai jamais assez ma gratitude. Tu viens de me sauver la vie. Comme tu as commencé à me sauver la vie, sauve-moi la vie jusqu’au bout ! Ça fait trois jours que je suis coincé sous ce tronc, je n’ai rien mangé et je n’ai plus assez de force pour aller chercher un autre gibier. Le seul gibier à ma portée c’est toi, laisse-toi avaler ! »
MOT BINAMA L'ÊTRE HUMAIN lui répond : « Ah non hein ! Ah non, c’est hors de question hein ! Tu ne penses tout de même pas que je t’ai sauvé la vie pour que tu prennes la mienne ! »
MVOMO LE SERPENT BOA lui répond : « Je te comprends. Mais comprends-moi aussi, j'ai faim, moi. À quoi cela t'aura servi de me sauver la vie, si c'est pour me laisser mourir de faim ? Laisse-toi avaler. Pourquoi la nourriture est-elle en train de discuter avec moi ? »
MOT BINAMA L'ÊTRE HUMAIN lui dit : « Non, non, non, c’est hors de question ! »
Là-dessus arrive So l’Antilope.
MOT BINAMA L'ÊTRE HUMAIN voit l’antilope et l’appelle : « So l’Antilope, s’il te plaît, viens nous trancher ce contentieux. »
SO L’ANTILOPE arrive et dit : « Qu’est-ce qui se passe ? »
MOT BINAMA L'ÊTRE HUMAIN lui dit : « Voilà, je viens de sauver Mvomo le Serpent Boa d’une mort certaine. Mais dès qu’il est sorti du piège, il commence à me dire… Wouahhh ! Ca fait trois jours qu’il n’a pas mangé et que moi je devrais lui servir de déjeuner, je ne suis pas d’accord du tout. S’il te plaît So l’Antilope, tranche nous ce contentieux. »
So l’Antilope regarde Mot Binama l'Être Humain, un prédateur. So l’Antilope regarde Mvomo le Serpent Boa, un autre prédateur.
SO L’ANTILOPE dit aux deux belligérants : « Je pense que cette situation mérite réflexion. Je vais me concerter avec moi-même, et je reviens vous trancher ce contentieux, ne bougez surtout pas ! »
So l’Antilope s’en est allée et n’est plus jamais revenue.
Pour ne pas vous fatiguer plus longtemps les oreilles, sachez que tous les animaux à tour de rôle ont été sollicités par les belligérants. Mais aucun d’entre eux n’a voulu trancher ce contentieux entre ces deux prédateurs.
Entre temps la journée avance, le soleil lui-même commence à trouver le temps long. Il s’apprête à aller se coucher.
Mvomo le Serpent Boa est de plus en plus énervé, ça tire vers le quatrième jour de diète.
MOT BINAMA l'ÊTRE HUMAIN, de son côté, se dit : « Ah ! Je ne vais quand même pas finir mon existence dans le ventre d’un maudit serpent que j’ai sauvé ? »
C’est juste à ce moment qu'arrive Kounou la Tortue.
MOT BINAMA l'ÊTRE HUMAIN voit la tortue et l’appelle : « Ah Kounou la Tortue, viens s’il te plaît nous trancher ce contentieux ».
KOUNOU LA TORTUE arrive et demande à Mot Binama l'Être Humain : « Qu’est-ce qui se passe ? »
MOT BINAM L'ÊTRE HUMAIN lui dit : « Voilà ! Je viens de sauver Mvomo le Serpent Boa d’une mort certaine. Dès qu’il est sorti du piège, il commence à me dire… Wouahhh ! Ça fait trois jours qu’il n’a pas mangé et que moi je devrais lui servir de déjeuner. Je ne suis pas d’accord du tout et aucun animal dans cette forêt ne veut nous trancher ce contentieux. S’il te plaît, fais quelque chose ! »
Kounou la Tortue regarde Mot Binama l'Être Humain et se dit que c’est un prédateur. Elle regarde aussi Mvomo le Serpent Boa, un autre prédateur, et elle dit :
KOUNOU LA TORTUE : « Je pense que cette situation mérite une profonde réflexion. Je vous suggère de faire une reconstitution. »
C’est donc ce jour-là que Kounou la Tortue a inventé cette technique policière et judiciaire qu’on nomme ‘’reconstitution’’. Il s’agit simplement de remettre les choses en place comme elles s’y trouvaient avant que la situation ne devienne carabinée.
MVOMO LE SERPENT BOA accepte de se remettre dans le piège, il dit : « Aucun souci, si ça peut me permettre de manger, je fais ce que tu me demandes ! »
KOUNOU LA TORTUE s’adresse à Mot Binama l'Être Humain : « Accepterais-tu de soulever le tronc afin que Mvomo le Serpent Boa puisse s’y glisser pour la reconstitution des faits ? »
MOT BINAMA L’ETRE HUMAIN lui répond : « Si ça peut me sauver la vie, il n’y a aucun souci ! »
Alors Mot Binama l’être humain soulève le tronc.
Mvomo le Serpent Boa se glisse sous le tronc.
Et là, KOUNOU LA TORTUE dit à Mot Binama l'Être Humain : « Lâche le tronc !»
Mot Binama l'Être Humain lâche le tronc. Le tronc tombe sur Mvomo le Serpent Boa, la tête d’un côté, la queue de l’autre.
Alors, KOUNOU LA TORTUE s’adresse à Mot Binama l'Être Humain et lui dit : « Mon ami, comme tu es si généreux... Je suppose que tu vas encore le libérer. Mais, attends que je sois très très loin d’ici, avant de faire tes bêtises ».
Nos ancêtres Béti ont tiré de ce conte un proverbe qui dit : Un bienfait n’est pas toujours payé en retour.
L’Afrique en conte est une série créée par l'ONG Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et le collectif Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut français de Paris et de l’Agence française de développement (AFD), du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Île-de-France.
Rapace d’une rapidité et d’une précision de chasse hors pair, KIMANGLO l’Épervier se nourrit d’insectes, de souris et d’oiseaux.
Un jour, Dieu lui fait la grâce d’avoir un petit. KIMANGLO l’Épervier le nomme BAKANTI, ce qui veut dire : « celui qui écoute les conseils qu’on lui donne ». KIMANGLO l’Épervier lui explique la chasse et les dangers qu’elle comporte. La maman Épervier encourage son fils à privilégier les poussins ou toute autre espèce comestible pouvant entrer dans ses serres. Cependant, elle lui conseille d’être prudent avec certaines espèces telles que la famille de BEKINMIN, la cane.
Vigoureux, mais inexpérimenté, le jeune épervier BAKANTI interprète ce dernier conseil comme un défi à relever.
Il est comme ces gens qui pensent qu’on leur dit « ne fais pas ceci » parce qu’on les sous-estime ? Vous voyez ?
A son premier jour de chasse, malgré les mises en garde de sa mère, BAKANTI prend pour cible un caneton. Il fond sur lui, l’attrape entre ses serres et s’envole avec sa proie. Une fois rentré chez lui, il fait l’admiration de toute la famille, sauf de sa mère KIMANGLO. S’apercevant qu’elle est mécontente, BAKANTI s’approche d’elle, inquiet:
BAKANTI : « Maman, que se passe-t-il ? On dirait que tu n’es pas heureuse de mon exploit ! »
KIMANGLO L’EPERVIER : « Bakanti quand je te parle, tu n’écoutes pas. Je m’inquiète du risque que tu as pris. D’ailleurs dis-moi comment a réagi la mère de ta victime ? »
BAKANTI : « Maman, elle a juste tourné la tête pour me regarder puis elle est partie avec ses autres enfant sans dire un mot. Je me suis dit qu’elle n’aimait celui-ci. »
KIMANGLO L’EPERVIER : « Mon fils, une mère qui n’aime pas ses enfants, ça n’existe pas. Je suis sûr qu’elle est partie préparer sa vengeance. Écoute ta mère, fais très attention au choix de tes victimes. »
Tout en écoutant d’une oreille les conseils de sa mère, BAKANTI rêve à l’admiration qu’il susciterait dans son clan s’il renouvelait son exploit.
Vous voyez ces enfants qui font semblant d’écouter les conseils qu’on leur donne, mais qui n’en font qu’à leur tête ?
De nouveau donc, BAKANTI prend pour cible un caneton. Mais cette fois, il tombe sur une cousine BEKINMIN qui ne se laisse pas faire. Si tu vas dans une communauté et que tu n’as pas vu le caractère des habitants le premier jour, tu le verras sans nul doute le deuxième. La cane poursuit BAKANTI jusqu’à lui arracher sa prise et le jeune épervier rentre chez lui bredouille et confus.
Maman épervier se rend compte que son fils n’a pas suivi ses conseils. Elle le prend dans ses ailes et le console.
KIMANGLO L’EPERVIER : « Mon fils, c’est par expérience que je te disais de te méfier de cette famille. Désormais, il faudra faire très attention au choix de tes cibles. »
A sa troisième tentative, BAKANTI prend pour cible un poussin qu’il arrache à l’affection de sa mère. Affolée, celle-ci se met à hurler, proférant toutes sortes de malédictions à l’endroit du ravisseur. Mais le jeune épervier continue son vol et retrouve son clan, son butin entre ses serres.
Une fois rentré chez lui, sa mère KIMANGLO lui demande :
KIMANGLO L’EPERVIER : « Quelle a été la réaction de la mère poule ? »
BAKANTI : « Elle a hurlé, m’a injurié, et m’a maudit. »
KIMANGLO L’EPERVIER : « Bien, c’est bien, mon fils. Ceux qui maudissent et hurlent se vident de leur colère, tandis que ceux qui ne disent rien sont à craindre, leurs réactions sont imprévisibles. »
Vous comprenez maintenant pourquoi dans nos villages, les éperviers préfèrent prendre les poussins plutôt que les canetons.
L’Afrique en conte est une série créée par l'ONG Des Livres Pour Tous - Côte d'Ivoire et le collectif Making Waves, en partenariat avec RFI. Ce projet a reçu le soutien du dispositif « Accès Culture » de l’Institut français de Paris et de l’Agence française de développement (AFD), du programme « ACP-UE Culture pour l’Afrique de l’Ouest - Awa » de l'Institut français et du Centre culturel Kôrè, du dispositif « Agir » du Département de Seine-Saint-Denis et de la Région Île-de-France.
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Une série podcast de contes africains collectés en Côte d'Ivoire et adaptés sur place sous forme de fictions sonores. Une production du collectif Making Waves avec l'association Des Livres…

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