Plus de 400 ans après sa mort, Philippe Charlier et une équipe de chercheurs font parler l'ancien souverain Henri IV, assassiné en 1610.
Des chercheurs de l’Hôpital Foch et de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et du Laboratoire de Phonétique et Phonologie sont parvenus à reconstituer les paramètres vocaux les plus réalistes du roi de France Henri IV (1553-1610) à partir de sa tête momifiée conservée au laboratoire LAAB (UVSQ).
C'est pour le moment une seule syllabe, des phonèmes, des voyelles, mais ce n'est que le début du projet et c'est une véritable prouesse. Pourra-t-on faire parler Henri IV ?
Tout commence à la Révolution française. En 1793, les Révolutionnaires veulent détruire tout ce qui rappelle la Royauté. Ils vont alors profaner les tombeaux royaux dont ceux de la Basilique de Saint-Denis où repose le corps du monarque Henri IV. Les dépouilles sont sorties, molestées puis jetées dans une fosse commune. Mais certains restes vont être conservés par des curieux où des personnes qui vont en faire commerce, tel que le médiéviste et conservateur de musée Alexandre le Noir qui vendra... trois têtes du monarque Henri IV dont une authentique.
Après de nombreuses péripéties, celle-ci est retrouvée et authentifiée en 2010.
Une tête bien préservée
La tête est encore très bien préservée, avec de la peau, des cheveux et des poils. elle a été sectionnée à la base du cou. Les chercheurs se rendent comptent qu'il y a encore les cordes vocales et le larynx et ceux-ci sont très bien préservés, ce qui peut permettre scientifiquement de reconstituer une voix. Mais à l'époque, personne n'a l'idée de reconstituer sa voix...
La présence du larynx et des cordes vocales en très bon état de conservation ont permis la reconstitution de ces premiers sons avec une voix aigue et un peu haut perchée.
Écoutez.
"La voix, c'est la personne"
Grâce au travail de l'équipe pluridisciplinaire, des données qu'on dispose sur l'accent, le phrasé, le positionnement des dents, la façon de prononcer le français, le timbre de la voix et l'Intelligence Artificielle, on sera capable de reconstituer un texte. Il y aura également une enquête anatomique pour déterminer quel était son coffre respiratoire, le volume de ses poumons. «On n'est pas du tout dans un travail d'amateurisme, ni approximatif!» À l'horizon fin 2026 : les premières phrases de l'Édit de Nantes.
Mais au-delà de cette découverte, il y a un véritable intérêt médical. En effet, il sera peut-être possible pour les patients qui doivent subir une ablation du larynx de savoir quelle sera leur voix après l'opération de cet organe symbolique.
Invité : Philippe Charlier, médecin légiste et archéo-anthropologue.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lagos avec Céline Desbos, spécialiste des questions liées à la francophonie en contexte plurilingue, et membre du collectif pour la valorisation du français pluriel : un groupement de chercheurs, enseignants, orateurs qui souhaitent rendre audible le français dans toute sa diversité, tel qu'il est parlé dans l'espace francophone.
Elle nous présente le concours «Dicte-moi en français pluriel», un concours de dictée en français reflétant la diversité du français : le but, lutter contre les discriminations linguistiques.
Programmation musicale :
L'artiste Lysandre avec le titre le cowboy aux mains d'argent.