De vive(s) voix

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De vive(s) voix episodes

  • La Grande Sophie pour le troisième volet de son triptyque «Tous les jours, Suzanne»

    Pour ce dixième album, la Grande Sophie reprend en version acoustique quelques grands titres qui ont couronné sa carrière comme Martin ou Du courage.  

    Invitée : La Grande Sophie, de son vrai nom Sophie Huriaux, est une autrice-compositrice-interprète française née en 1969.

    Elle a démarré sa carrière au milieu des années 90 à Paris. Elle a commencé à apprendre la guitare à l'âge de neuf ans. À douze ans, elle voit le film Peau d'Ane et elle rêve de devenir chanteuse. Elle écrit sa première chanson à 12 ans, une chanson consacrée à Catherine Deneuve. Elle a monté son premier groupe, à 13 ans. Son premier album, La Grande Sophie, s'agrandit et sort en 1997. Son deuxième album, Le Porte-bonheur, sorti en 2001, s'écoulera à 50 000 exemplaires, notamment grâce au tube « Martin ». Son style de musique se rapproche de la folk.

    En 2005, elle remporte une Victoire de la musique grâce à son album Et si c'était moi sorti l'année précédente, suivi de La Suite en 2005 et 2006. Après une pause de quelques années, elle sort un 2009 Des vagues et des Ruisseaux. Suivront La Place du fantôme, Nos histoires, Cet instant et La vie moderne, puis « Tous les jours, Suzanne », un projet artistique en trois volets avec un livre sorti en 2025, un spectacle et un album composé de dix-huit titres. Ce triptyque célèbre les trente années de carrière de la chanteuse. « Je voulais que ce projet rende mes chansons intemporelles. J'ai fait par exemple avec la chanson "Du courage" de nouveaux arrangements ». 

    En écrivant, elle aspire à ressortir avec un « frisson et des émotions ». Elle voit l'écriture de chansons comme un jeu avec les mots.

     

    Programmation musicale : 

    - Viens faire un duo avec moi en duo avec Philippe Katerine

    - Suzanne

    - Le large, une chanson qu'elle avait écrite pour Françoise Hardy

    - Grandir 

    - Hanoï en duo avec le chanteur Francis Cabrel 

    À lire : Tous les jours, Suzanne publié chez Phébus. 

    29 min
  • Une langue à soi : un professeur face à l'illettrisme ordinaire

    Dans les lycées où il enseigne le français, Mathieu Roger-Lacan constate qu’un nombre croissant d’élèves se trouvent dans un état de précarité linguistique. 

    Mathieu Roger-Lacan enseigne le français dans un lycée de l'Oise. Il constate qu'environ un tiers de ses élèves se trouvent dans une situation «d’insécurité linguistique». Une donnée qui tranche vraiment avec les chiffres officiels qui se situent plutôt autour de 3% d'illettrisme. L'auteur parle d'illettrisme ordinaire, « ces difficultés catalysent les inégalités économiques, sociales mais sont aussi une entrave à la liberté d'expression ». 

    On repense alors au roman de George Orwell La ferme des animaux, où les cochons qui apprennent à maîtriser la langue prennent le pouvoir. 

    Selon l'auteur, l'Éducation nationale peine à regarder le niveau insatisfaisant des élèves, tant au niveau des objectifs que de la méthode. Pour pallier ces difficultés, il propose de créer des cours de langue distincts des cours de littérature « Nous avons une approche trop normative de la langue. Il faut assouplir notre rapport à la langue. »

    Pour autant, l'auteur ne fait pas porter la responsabilité sur les élèves mais sur nous tous. Selon lui, nous sommes tous responsables et il nous faut en prendre conscience. 

    Mathieu Roger-Lacan consacre également un de ses chapitres à l'Intelligence Artificielle qui risque selon lui « d'aliéner notre langue ». 

    Invité : Mathieu Roger-Lacan, agrégé de Lettres modernes et docteur en Littérature française. Il enseigne le français dans un lycée de l’Oise. Publié aux éditions du Stock, Une langue à soi est son premier essai.

    Et comme chaque semaine, Lucie Bouteloup est « au taquet » pour décortiquer les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Avec Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions Le Robert. 

    La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert. 

     

    Programmation musicale : 

    Les artistes Arnold Turboust et Etienne Daho avec le titre Laurie sky.

    29 min
  • «Nous aussi» d'Anne Godard : une chronique familiale raconté par le «on»

    Dans Nous aussi, l'autrice Anne Godard nous plonge dans l'univers d'une famille bourgeoise et privilégiée de la capitale. 

    «On est parisiens», «on vit dans un immeuble», «on n’imagine pas habiter ailleurs», «on ne pourrait pas» : voici quelques phrases du nouveau roman d'Anne Godard. Dès la première phrase, le ton est donné avec ce pronom indéfini «on» qui se répète tout au long du livre jusqu'à devenir assez vertigineux. 

    Dans ce troisième roman, l'autrice Anne Godard décrit une famille française, parisienne, plutôt aisée, plutôt bourgeoise, et plutôt nombreuse avec de grandes fratries et trois générations. Une famille avec ses silences, ces non-dits mais aussi ses drames et ses violences intrafamiliales. 

    Un roman écrit du point de vue des enfants : les jeux, les règles, les bains collectifs qu'ils racontent. Ainsi, selon l'autrice, ce 'on' permet de donner l'idée d'un collectif pour bosser le portrait de cette famille avec ses discours, ses manières de vivre mais aussi toutes les dissonances dans les comportements...

    La première partie du roman est focalisée sur le fonctionnement familial jusqu'à la mort de l'un des enfants. Le roman va alors se resserrer sur un des personnages... une petite fille qui va devoir grandir, partir, aller voir un psy, prendre un métier pour s'échapper. Elle devient professeur de lettres car «elle s'intéresse aux mots des autres».  

     

    Invitée : Anne Godard. Autrice née le 23 décembre 1971 à Paris. Elle a grandi à Paris, puis à Annecy, où son père était libraire et sa mère enseignante d’espagnol. Elle a fait des études de lettres, linguistique et philosophie à la Sorbonne Nouvelle et à l’EHESS. Son premier roman, L’Inconsolable, publié aux Éditions de Minuit en 2006, a obtenu le Grand Prix RTL-Lire. Son deuxième roman, Une chance folle, publié aux Éditions de Minuit en 2017 a obtenu le premier Prix Alain Spiess du deuxième roman. Son troisième  romanNous aussi est publié aux éditions Actes Sud. 

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste Mylène Farmer avec le titre Egrégore. 

    29 min
  • L'écrivaine et poétesse Ryōko Sekiguchi pour l'opération «Dis-moi dix mots»

    Chaque année, le dispositif « Dis-moi dix mots » invite chacun à jouer et à s’exprimer une forme littéraire et/ou artistique, autour de dix mots choisis par les partenaires francophones. Cette année, le thème retenu est « Gastronomie », un thème que connait bien Ryoko Sekiguchi, l'une des contributrices de l’opération qui a publié ou copublié quelques livres sur le sujet !

     

    L’enjeu de l'opération «Dis-moi dix mots» initiée depuis plusieurs années par le réseau OPALE qui réunit plusieurs organismes militants de la francophonie dont la DGLFLF ou l’OIF, l’Office québécois ou la délégation suisse est d’illustrer la richesse de la langue française, sa capacité à évoluer et à désigner toutes les réalités contemporaines.

    Pour l'édition 2027, le dispositif s'empare d'une thématique universelle : la gastronomie.

    Intitulée Dis-moi dix mots à savourer, cette édition convoque le champ culinaire dans toute sa polysémie. Car si la gastronomie parle d'abord aux papilles, elle est aussi une porte d'entrée vers des territoires infiniment plus vastes : la mémoire, l'identité, le voyage, la poésie du quotidien, le soin de soi et des autres.

    Ainsi, les dix mots qui ont été retenus cette année sont : Boucané, Caramélisé, Concocter, Épluchette, Ferment, Mandoline, Papille, Pimenter, Zeste. 

    Plusieurs auteurs sont donc invités à écrire un texte à partir de ces mots. Cette année, la marraine en chef de l'édition est la poétesse et traductrice japonaise Ryoko Sekiguchi. Et elle a choisi les mots «Mandoline» et «Millésime».  

     

    Invitée : L’autrice, traductrice et cuisinière Ryoko Sekiguchi. Elle est la marraine en chef de cette nouvelle édition. Née à Tokyo au Japon en 1970. Elle fait des études de journalisme et étudie le français par amour de la cuisine française. elle arrive en France en 1993 pour étudier l'histoire de l'art. Elle publie en japonais, mais aussi en français depuis 2003. Dans ses livres, elle aborde régulièrement le thème des saveurs, de la cuisine et de la gastronomie. L'appel des odeurs et Venise, millefleurs ont été publiés chez POL. Elle a également publié La Terre est une marmite, aux éditions Bayard. 

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ouagadougou au Burkina Faso où la 14è édition du festival des Récréatrales vient de débuter dans le quartier, de Bougsemtenga, dans les cours des maisons, dans la rue, entièrement décorée ! Une douzaine de spectacles sont au programme avec essentiellement des productions du Burkina, mais avec également des auteurs congolais comme Israël Nzila et Dieudonné Niangouna.

    Cette année, le thème retenu est : « Obliger à beauté »...

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste Frère Malkhom avec le titre Rawèlgué.    

    29 min
  • Le Festival International de Poésie de Trois-Rivières : la relève de la poésie québécoise

    Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie. 

    Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre 2026. 

    Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public. 

    Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place à la nouvelle génération de la poésie québécoise. Mayra Bruneau Da Costa, Catherine Paquet et François Guerette. Trois trajectoires, trois écritures. 

    - Catherine Paquet est poète et travailleuse sociale ! La poésie, elle l'a d'abord découverte à travers la musique. Mais aussi dans la rue, en écoutant les gens parler. La tonalité qui la rapproche du rap ou du slam, elle aime jouer avec les allitérations. Elle revendique fièrement l'usage du franglais dans ses textes « le français vit et se transforme par la créolisation, c'est une richesse, l'oralité fait partie de ma poésie », explique-t-elle. Elle désire que ton travail soit accessible à toutes et tous pour donner envie de lire et d'écrire. Dans ses poèmes, elle aborde des thèmes aussi variés et larges que la liste des courses, le tricot de la grand-mère, mais aussi les féminicides, les méfaits du capitalisme, l’aliénation. 

    - Mayra Bruneau Da Costa, elle, est une amoureuse de l'amour : « L'amour est mon moteur d'écriture, je dis tout, je n'ai pas beaucoup de filtre », explique-t-elle. Ses poèmes parlent beaucoup d'amour, de ses amants mais aussi de ses ex-amants. D'ailleurs « les apôtres à deux sucres » qui donnent le titre à son recueil sont ses amants. Elle y raconte ses histoires mais aussi ses ruptures avec des poèmes très courts : « j'écris des poèmes comme des haikus, j'aime séparer les idées, c'est comme si une fois que l'émotion était passée, je passais à autre chose ». Elle a été finaliste Prix des nouvelles voix de la littérature 2026.

    - François Guerrette est devenu grand poète à 40 ans. Il vient d'être consacré par le Grand Prix Quebecor du Festival international de Poésie, avec un nouveau recueil La base et le Sommet, son sixième livre. Il a mis plusieurs années à écrire ce recueil très différent des autres livres publiés auparavant. Sa poésie est excessivement intime, sombre. C'est un livre qui parle beaucoup de la mort, mais qui cherche à définir ce qu'est la vie. Une partie de ce livre a été écrite alors qu'il était en cure de désintoxication. On y trouve de fulgurantes pages autobiographiques, bien qu’il ne soit pas totalement autobiographique... L'auteur la décrit plutôt comme une sorte d'abstraction lyrique « la poésie est toujours autobiographique car elle est remplie de son souffle et sa subjectivité, il y a toujours une signature à soi dans les textes et dans le style ».

    Avec également un reportage au café-bar le Zenob, l'un des plus vieux cafés-bars de la ville de Trois-Rivières. Ce café a un accès sur la culture avec une petite salle assez basse de plafond, avec un comptoir, quelques tables, des murs recouverts de photos et de dessins et surtout un micro.

    À lire : 

    - Mayra Bruneau Da Costa, Cartographie des apôtres à deux sucres  

    - Francois Guerrette, La base et le Sommet, publié aux éditions Poètes de Brousse 

    - Catherine Paquette, Madame Full of shit et Chercher le trouble, publiés chez Hurlantes Éditrices. 

     

    Programmation musicale : 

    Les artistes québécois Angine de Poitrine.

    29 min
  • Natasha Kanapé Fontaine et Virginia Pesemapeo-Bordeleau : défendre la poésie des langues minorisées

    Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie. 

    Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre. 

    Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public. 

    Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place aux langues minorisées avec nos deux invitées qui sont devenues les porte-voix de leur communautés. 

    Natasha Kanapé Fontaine, née en 1991 est une poète et écrivaine de la Nation Innu (qui se traduit par « humain ») originaire de Pessamit, sur le Nitassinan (Côte-Nord). Elle écrit principalement en français bien que ce ne soit pas sa langue maternelle, langue maternelle qu'elle a perdue vers l'âge de six ans. C'est grâce à l'art qu'elle a pu se reconnecter avec sa langue maternelle et ses racines : 

    « Pendant longtemps, j'ai écrit sans me rendre compte que j'étais influencée par la langue innue, par sa syntaxe, alors que pour moi, c'était simplement une forme de liberté que je prenais; c'était de la création ».

    Elle a publié N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, son premier recueil de poésie en 2012 quelques mois avant le mouvement de révolution Idle no more, (n'attendez plus) un mouvement de contestation de citoyens qui a rassemblé des autochtones. 

    Elle a remporté le Prix des écrivains francophones d’Amérique avec cette oeuvre. 

    Aujourd'hui, elle milite pour les droits environnementaux et contre la discrimination. 

    Virginia Pesemapeo-Bordeleau, née en 1951 est également poète, autrice, peintre et sculptrice.  Elle fait partie de la communauté Eeyou, (qui peut également se traduire par « humain ») un peuple du Moyen Nord dans la région de Nord-du-Québec. Son nom de famille, Pesemapeo, signifie « arc-en-ciel ».

    « Ma façon d'écrire est inspirée par le rythme de mes langues maternelles, elles nous habitent tout le temps ». 

    Dans ses poèmes en français, elle introduit aussi des phrases dans sa langue maternelle.

    Toutes deux plaident pour la reconnaissance des communautés autochtones et de leurs langues. Les langues Innu et Eeyou sont considérées comme des « langues sœurs ».

    À lire : 

    - Nauetakuan de Nathacha Kanapé Fontaine, à lire aux Éditions Depaysage

    - Poésie en marche pour Sindy suivi de Je te veux vivant. Ce recueil rend hommage à Sindy Ruperthouse, une femme autochtone Abitibiwinni (originaire de Pikogan au Québec) portée disparue à Val-d'Or depuis plus de dix ans et Iskoude outaban aux éditions. 

    L'oeuvre de Joséphine Bacon chez Mémoires d'encrier. 

    Programmation musicale : 

    L'artiste Natasha Kanapé Fontaine avec le titre Notre révolution a été télévisée composé d'après le texte de Gilbert Scott-Heron. 

    29 min
  • Le Festival International de Poésie de Trois-Rivières : Jean-Claude Awono et Zachary Richard

    Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution depuis 42 ans qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie. 

    Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre. 

    Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public. 

    Pour cette deuxième émission enregistrée au festival International de la Poésie, deux invités, Jean-Claude Awono et Zachary Richard nous racontent leurs parcours. 

    Jean-Claude Awono est un poète et éditeur camerounais. Il préside la Ronde des Poètes au Cameroun. Il est directeur des éditions Ifrikiya. 

    Il se définit comme « militant ». Il est tombé dans la poésie en 1990 alors qu'il est en classe de terminale. La poésie, il la découvre avec Alfred de Vigny. Il écrit principalement en français dans un pays bilingue mais où on trouve également 250 autres langues dont le nugunu, sa langue maternelle. « C'est un pays qui est aussi traversé par une onde poétique, qui vient de l'oraliture, cette écriture orale qui a marqué la terre ». 

    Le parcours de Zachary Richard est très différent. Américain de naissance, cet auteur-compositeur, musicien et poète est originaire de la Louisiane. De langue maternelle anglaise, il est aussi un défenseur de la langue française à travers une association qui s’appelle Action Cadienne. Il a d’abord commencé à écrire en anglais, avant de se diriger vers une expression francophone, le français étant « la langue de mon cœur ». Il défend la culture cajun, c’est-à-dire cette culture véhiculée par les anciens Acadiens chassés du Canada au XVIIIᵉ siècle et arrivés en Louisiane. Il précise qu’« à l’époque de mes grands-parents, tout le monde était francophone en Louisiane ; ce n’est plus le cas aujourd’hui ».

    Il découvre la poésie à la fin des années 1960, alors que le monde vit plusieurs révolutions : aux États-Unis, avec la guerre du Vietnam, ce qu’on a appelé la « contre-culture », et des auteurs-poètes comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg émergent. Pour Zachary Richard, c’est la révélation : « C’est la liberté d’expression, on pouvait faire autrement ! » C’est à cette période qu’il compose ses premières chansons, puis ses premiers poèmes. Bien qu’on retrouve de nombreuses similitudes entre chansons et poèmes, il dit se sentir plus libre avec la poésie qu’avec la chanson, grâce au vers libre.

    Avec également le témoignage de Denise Desautels, elle était là pour la première édition du festival, il y a 42 ans. Elle vit à Montréal et a écrit une cinquantaine de livres dont une vingtaine de poésies. Elle a reçu de nombreux prix. 

     

    À lire : 

    Jean-Claude Awono, À hauteur de sang.

    Cet ouvrage vient d'être inscrit au programme scolaire au Cameroun.  

     

    À écouter : 

    Zachary Richard.

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste Zachary Richard avec le titre « Pagayez ».

    29 min
  • Le Festival International de Poésie de Trois-Rivières au Canada

    Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution depuis 42 ans qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie. 

    Neuf jours pour célébrer la poésie ! 

    Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre. 

    Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.

    Ils célèbrent chaque année les poésies singulières et la poésie plurielle. 

    Ce festival a été créé en 1985 par Gaston Bellemare, un poète et éditeur. Il fut l'un des premiers poètes à publier chez Les écrits des forges, une maison d'édition entièrement consacrée à la poésie créée en 1971 par le poète Gatien Lapointe. qui a publié plus de mille titres. 

    D'abord local, le festival a gagné en notoriété. Il est devenu petit à petit, international. Aujourd'hui, la ville de Trois-Rivières est surnommée « Capitale de la poésie ». 

    « C'était très important pour nous de garder l'essence même de ce festival », nous dit Louise Dupré. 

    Le thème retenu cette année est « Murmures », une véritable éloge de l'écoute car la poésie peut se murmurer dans les « petits gestes quotidiens. » 

    « Actuellement, avec tous les cris et le vacarme du monde, entendre murmurer de la poésie, c'est essentiel », précise Louise Dupré. 

     

    Invités : 

    Louise Dupré, présidente du Festival international de la poésie de Trois-Rivières depuis 2024. Elle est également poète et a notamment publié Exercices de joie, aux éditions Bruno Doucey. 

    Eveline Charland, directrice artistique du festival International de Poésie des Trois Rivières.

    Eric Roberge, poète, éditeur, il est président du Conseil d’administration de la maison d'édition Les Écrits des forges.

    Avec également un reportage dans un atelier d'écriture organisé par Maryse Baribeau qui a co-dirigé le FIPTR. Dans cet atelier, des personnes de tout âge et de toute région peuvent s'essayer à la poésie. 

    Programmation musicale : 

    L'artiste Fabiola Toupin avec le titre Revenance, un poème de Madeleine Saint Pierre mis en musique.

    29 min
  • «La solitude des professeurs est infinie» : un roman témoignage de Yannick Haenel

    Dans La solitude des professeurs est infinie, l'auteur Yannick Haenel raconte l'histoire le quotidien de Jean Deichel, un jeune professeur de français qui effectue son stage dans un collège de la banlieue parisienne. 

    Yannick Haenel a été professeur de français en banlieue parisienne. L’assassinat de Samuel Paty et de Dominique Bernard lui a donné envie de revenir sur son ancien métier. Son expérience a été passionnante mais difficile. Il explique : « Quand on nourrit la faim et la soif des élèves, cela fait de ce métier ce qu'il y a de plus beau. » 

    Dans ce nouveau roman, Yannick Haenel donne vie à Jean Deichel, un professeur de 22 ans et qui rêve de parler de poésie à ses élèves. Il va alors rencontrer les élèves, mais aussi le Proviseur. Ce personnage est comme un alter ego pour Yannick Haenel « c'est moi en mieux et moi en pire », ironise-t-il. Comme lui, le personnage de son roman a une foi dans la transmission « Ça a été mon cas et c'est le cas de la plupart des profs ».  

    L’auteur parle également d’une politique suicidaire de l’Éducation nationale : la succession de réformes a désorienté la plupart des professeurs, qui ne savent plus dans quelle direction aller. Il dénonce une forme d’hypocrisie et d’abandon. Les enseignants sont totalement isolés du monde et de la société.

    Pourtant est-ce une fatalité ? Non, selon l'auteur qui pense qu'il faut transmettre autrement « Il faut trouver des professeurs qui soient des poètes ». 

     

    Invité : Yannick Haenel. Écrivain et éditeur français. Il a été professeur de français en collège et au lycée, pendant 17 ans en banlieue parisienne, un métier qu'il a arrêté en 2005. La solitude des professeurs est infinie publié chez Gallimard fait partie de la première sélection du Prix Goncourt 2026. 

    À lire aussi Entre les murs de François Bégaudeau. Il a été adapté au cinéma en 2008 par Laurent Cantet. 

    Programmation musicale : 

    L'artiste Talu avec le titre Gen Z.

    29 min
  • Les Zébrures : deux spectacles pour parler de l'intime

    Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo. 

    Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ? 

    Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords.

    La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d’intimité à la scénographie. 

    Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. »

    Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle. 

    Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil. 

    Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode. 

    Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ». 

    Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ».

    Invités :

    - Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène. 

    Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027

    - Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie

    - Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003

    - Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète.

    Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi. 

     

    Programmation musicale : 

    Le duo suisse Saint Aube. 

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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