
Sign up to save your podcasts
Or


Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.
Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre 2026.
Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.
Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place à la nouvelle génération de la poésie québécoise. Mayra Bruneau Da Costa, Catherine Paquet et François Guerette. Trois trajectoires, trois écritures.
- Catherine Paquet est poète et travailleuse sociale ! La poésie, elle l'a d'abord découverte à travers la musique. Mais aussi dans la rue, en écoutant les gens parler. La tonalité qui la rapproche du rap ou du slam, elle aime jouer avec les allitérations. Elle revendique fièrement l'usage du franglais dans ses textes « le français vit et se transforme par la créolisation, c'est une richesse, l'oralité fait partie de ma poésie », explique-t-elle. Elle désire que ton travail soit accessible à toutes et tous pour donner envie de lire et d'écrire. Dans ses poèmes, elle aborde des thèmes aussi variés et larges que la liste des courses, le tricot de la grand-mère, mais aussi les féminicides, les méfaits du capitalisme, l’aliénation.
- Mayra Bruneau Da Costa, elle, est une amoureuse de l'amour : « L'amour est mon moteur d'écriture, je dis tout, je n'ai pas beaucoup de filtre », explique-t-elle. Ses poèmes parlent beaucoup d'amour, de ses amants mais aussi de ses ex-amants. D'ailleurs « les apôtres à deux sucres » qui donnent le titre à son recueil sont ses amants. Elle y raconte ses histoires mais aussi ses ruptures avec des poèmes très courts : « j'écris des poèmes comme des haikus, j'aime séparer les idées, c'est comme si une fois que l'émotion était passée, je passais à autre chose ». Elle a été finaliste Prix des nouvelles voix de la littérature 2026.
- François Guerrette est devenu grand poète à 40 ans. Il vient d'être consacré par le Grand Prix Quebecor du Festival international de Poésie, avec un nouveau recueil La base et le Sommet, son sixième livre. Il a mis plusieurs années à écrire ce recueil très différent des autres livres publiés auparavant. Sa poésie est excessivement intime, sombre. C'est un livre qui parle beaucoup de la mort, mais qui cherche à définir ce qu'est la vie. Une partie de ce livre a été écrite alors qu'il était en cure de désintoxication. On y trouve de fulgurantes pages autobiographiques, bien qu’il ne soit pas totalement autobiographique... L'auteur la décrit plutôt comme une sorte d'abstraction lyrique « la poésie est toujours autobiographique car elle est remplie de son souffle et sa subjectivité, il y a toujours une signature à soi dans les textes et dans le style ».
Avec également un reportage au café-bar le Zenob, l'un des plus vieux cafés-bars de la ville de Trois-Rivières. Ce café a un accès sur la culture avec une petite salle assez basse de plafond, avec un comptoir, quelques tables, des murs recouverts de photos et de dessins et surtout un micro.
À lire :
- Mayra Bruneau Da Costa, Cartographie des apôtres à deux sucres
- Francois Guerrette, La base et le Sommet, publié aux éditions Poètes de Brousse
- Catherine Paquette, Madame Full of shit et Chercher le trouble, publiés chez Hurlantes Éditrices.
Programmation musicale :
Les artistes québécois Angine de Poitrine.
Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution, depuis 42 ans, qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.
Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre.
Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.
Pour cette troisième émission enregistrée au festival International de la Poésie, place aux langues minorisées avec nos deux invitées qui sont devenues les porte-voix de leur communautés.
Natasha Kanapé Fontaine, née en 1991 est une poète et écrivaine de la Nation Innu (qui se traduit par « humain ») originaire de Pessamit, sur le Nitassinan (Côte-Nord). Elle écrit principalement en français bien que ce ne soit pas sa langue maternelle, langue maternelle qu'elle a perdue vers l'âge de six ans. C'est grâce à l'art qu'elle a pu se reconnecter avec sa langue maternelle et ses racines :
« Pendant longtemps, j'ai écrit sans me rendre compte que j'étais influencée par la langue innue, par sa syntaxe, alors que pour moi, c'était simplement une forme de liberté que je prenais; c'était de la création ».
Elle a publié N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures, son premier recueil de poésie en 2012 quelques mois avant le mouvement de révolution Idle no more, (n'attendez plus) un mouvement de contestation de citoyens qui a rassemblé des autochtones.
Elle a remporté le Prix des écrivains francophones d’Amérique avec cette oeuvre.
Aujourd'hui, elle milite pour les droits environnementaux et contre la discrimination.
Virginia Pesemapeo-Bordeleau, née en 1951 est également poète, autrice, peintre et sculptrice. Elle fait partie de la communauté Eeyou, (qui peut également se traduire par « humain ») un peuple du Moyen Nord dans la région de Nord-du-Québec. Son nom de famille, Pesemapeo, signifie « arc-en-ciel ».
« Ma façon d'écrire est inspirée par le rythme de mes langues maternelles, elles nous habitent tout le temps ».
Dans ses poèmes en français, elle introduit aussi des phrases dans sa langue maternelle.
Toutes deux plaident pour la reconnaissance des communautés autochtones et de leurs langues. Les langues Innu et Eeyou sont considérées comme des « langues sœurs ».
À lire :
- Nauetakuan de Nathacha Kanapé Fontaine, à lire aux Éditions Depaysage
- Poésie en marche pour Sindy suivi de Je te veux vivant. Ce recueil rend hommage à Sindy Ruperthouse, une femme autochtone Abitibiwinni (originaire de Pikogan au Québec) portée disparue à Val-d'Or depuis plus de dix ans et Iskoude outaban aux éditions.
L'oeuvre de Joséphine Bacon chez Mémoires d'encrier.
Programmation musicale :
L'artiste Natasha Kanapé Fontaine avec le titre Notre révolution a été télévisée composé d'après le texte de Gilbert Scott-Heron.
Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive Nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution depuis 42 ans qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.
Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre.
Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada, accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.
Pour cette deuxième émission enregistrée au festival International de la Poésie, deux invités, Jean-Claude Awono et Zachary Richard nous racontent leurs parcours.
Jean-Claude Awono est un poète et éditeur camerounais. Il préside la Ronde des Poètes au Cameroun. Il est directeur des éditions Ifrikiya.
Il se définit comme « militant ». Il est tombé dans la poésie en 1990 alors qu'il est en classe de terminale. La poésie, il la découvre avec Alfred de Vigny. Il écrit principalement en français dans un pays bilingue mais où on trouve également 250 autres langues dont le nugunu, sa langue maternelle. « C'est un pays qui est aussi traversé par une onde poétique, qui vient de l'oraliture, cette écriture orale qui a marqué la terre ».
Le parcours de Zachary Richard est très différent. Américain de naissance, cet auteur-compositeur, musicien et poète est originaire de la Louisiane. De langue maternelle anglaise, il est aussi un défenseur de la langue française à travers une association qui s’appelle Action Cadienne. Il a d’abord commencé à écrire en anglais, avant de se diriger vers une expression francophone, le français étant « la langue de mon cœur ». Il défend la culture cajun, c’est-à-dire cette culture véhiculée par les anciens Acadiens chassés du Canada au XVIIIᵉ siècle et arrivés en Louisiane. Il précise qu’« à l’époque de mes grands-parents, tout le monde était francophone en Louisiane ; ce n’est plus le cas aujourd’hui ».
Il découvre la poésie à la fin des années 1960, alors que le monde vit plusieurs révolutions : aux États-Unis, avec la guerre du Vietnam, ce qu’on a appelé la « contre-culture », et des auteurs-poètes comme Jack Kerouac ou Allen Ginsberg émergent. Pour Zachary Richard, c’est la révélation : « C’est la liberté d’expression, on pouvait faire autrement ! » C’est à cette période qu’il compose ses premières chansons, puis ses premiers poèmes. Bien qu’on retrouve de nombreuses similitudes entre chansons et poèmes, il dit se sentir plus libre avec la poésie qu’avec la chanson, grâce au vers libre.
Avec également le témoignage de Denise Desautels, elle était là pour la première édition du festival, il y a 42 ans. Elle vit à Montréal et a écrit une cinquantaine de livres dont une vingtaine de poésies. Elle a reçu de nombreux prix.
À lire :
Jean-Claude Awono, À hauteur de sang.
Cet ouvrage vient d'être inscrit au programme scolaire au Cameroun.
À écouter :
Zachary Richard.
Programmation musicale :
L'artiste Zachary Richard avec le titre « Pagayez ».
Toute la semaine, se déroule le Festival International de Poésie à Trois Rivières sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent, à mi-distance entre Montréal et Québec : une institution depuis 42 ans qui fait de cette ville la capitale mondiale de la Poésie.
Neuf jours pour célébrer la poésie !
Une centaine de poètes invités, près de trois cents activités proposées et une soirée d’inauguration : le Festival International de Poésie de Trois Rivières se déroule du 2 au 11 octobre.
Depuis plus de quatre décennies, la ville de Trois Rivières au Canada accueille chaque année des poètes du monde entier et favorise les rencontres entre les artistes et le public.
Ils célèbrent chaque année les poésies singulières et la poésie plurielle.
Ce festival a été créé en 1985 par Gaston Bellemare, un poète et éditeur. Il fut l'un des premiers poètes à publier chez Les écrits des forges, une maison d'édition entièrement consacrée à la poésie créée en 1971 par le poète Gatien Lapointe. qui a publié plus de mille titres.
D'abord local, le festival a gagné en notoriété. Il est devenu petit à petit, international. Aujourd'hui, la ville de Trois-Rivières est surnommée « Capitale de la poésie ».
« C'était très important pour nous de garder l'essence même de ce festival », nous dit Louise Dupré.
Le thème retenu cette année est « Murmures », une véritable éloge de l'écoute car la poésie peut se murmurer dans les « petits gestes quotidiens. »
« Actuellement, avec tous les cris et le vacarme du monde, entendre murmurer de la poésie, c'est essentiel », précise Louise Dupré.
Invités :
Louise Dupré, présidente du Festival international de la poésie de Trois-Rivières depuis 2024. Elle est également poète et a notamment publié Exercices de joie, aux éditions Bruno Doucey.
Eveline Charland, directrice artistique du festival International de Poésie des Trois Rivières.
Eric Roberge, poète, éditeur, il est président du Conseil d’administration de la maison d'édition Les Écrits des forges.
Avec également un reportage dans un atelier d'écriture organisé par Maryse Baribeau qui a co-dirigé le FIPTR. Dans cet atelier, des personnes de tout âge et de toute région peuvent s'essayer à la poésie.
Programmation musicale :
L'artiste Fabiola Toupin avec le titre Revenance, un poème de Madeleine Saint Pierre mis en musique.
Dans La solitude des professeurs est infinie, l'auteur Yannick Haenel raconte l'histoire le quotidien de Jean Deichel, un jeune professeur de français qui effectue son stage dans un collège de la banlieue parisienne.
Yannick Haenel a été professeur de français en banlieue parisienne. L’assassinat de Samuel Paty et de Dominique Bernard lui a donné envie de revenir sur son ancien métier. Son expérience a été passionnante mais difficile. Il explique : « Quand on nourrit la faim et la soif des élèves, cela fait de ce métier ce qu'il y a de plus beau. »
Dans ce nouveau roman, Yannick Haenel donne vie à Jean Deichel, un professeur de 22 ans et qui rêve de parler de poésie à ses élèves. Il va alors rencontrer les élèves, mais aussi le Proviseur. Ce personnage est comme un alter ego pour Yannick Haenel « c'est moi en mieux et moi en pire », ironise-t-il. Comme lui, le personnage de son roman a une foi dans la transmission « Ça a été mon cas et c'est le cas de la plupart des profs ».
L’auteur parle également d’une politique suicidaire de l’Éducation nationale : la succession de réformes a désorienté la plupart des professeurs, qui ne savent plus dans quelle direction aller. Il dénonce une forme d’hypocrisie et d’abandon. Les enseignants sont totalement isolés du monde et de la société.
Pourtant est-ce une fatalité ? Non, selon l'auteur qui pense qu'il faut transmettre autrement « Il faut trouver des professeurs qui soient des poètes ».
Invité : Yannick Haenel. Écrivain et éditeur français. Il a été professeur de français en collège et au lycée, pendant 17 ans en banlieue parisienne, un métier qu'il a arrêté en 2005. La solitude des professeurs est infinie publié chez Gallimard fait partie de la première sélection du Prix Goncourt 2026.
À lire aussi Entre les murs de François Bégaudeau. Il a été adapté au cinéma en 2008 par Laurent Cantet.
Programmation musicale :
L'artiste Talu avec le titre Gen Z.
Le festival des Zébrures à Limoges raconte aussi l'intime avec deux pièces : Une Vénus de 5 743 ans, d'Olivia Csiky Trnka et Rebelles en exil, de Tatiana Frolova et Soro Solo.
Jusqu'où aller dans l'intime ? Comment faire voir ou entendre une émotion profonde, à soi et pour les autres ?
Dans une Vénus de 5 743 ans, l'autrice Olivia Csiky Trnka raconte le récit d'une vieille femme dans un EHPAD, partiellement paralysée et au seuil de la mort. Sous la forme d'un long monologue, on suit son errance dans le labyrinthe intérieur de cette femme dans ses sphères les plus intimes. Elle parle de ses joies, de ses désirs, de ses regrets, de ses remords.
La comédienne est nue sur scène, comme pour ajouter une dimension d’intimité à la scénographie.
Avec cette pièce, elle souhaite « Renouer le lien avec nos personnes âgées, dans nos sociétés modernes, car on n'a plus les outils, ni l'imaginaire pour accueillir la vulnérabilité du 4è âge. C'est une question qui me hante depuis la mort de mes grands-parents, et les différents scandales qui ont éclaboussé les EHPAD. »
Malgré tout, la metteuse en scène fait le choix de conserver une part d'humour dans le spectacle.
Rebelles en exil est le titre du douzième épisode de Grand ReporTERRE, un concept créé par le Théâtre du Point du Jour à Lyon et qui fait rencontrer un auteur et un journaliste sur un thème commun. Le spectacle raconte une autre forme de pudeur et l'intimité liées à l'exil.
Tatiana Frolova et Soro Solo ont collaboré pour mettre en scène cet épisode.
Tatiana Frolova est née en 1961 à Komsomolsk-sur-Amour, en Russie. Elle a fondé le théâtre KnAM en 2005. La troupe est en exil en France depuis mars 2022. Dans le spectacle Rebelles en exil, elle raconte la violence et les humiliations de l'exil : « Nos corps parlent beaucoup plus que n'importe quelle histoire. » Cependant, elle ne voulait pas créer un spectacle de « trauma ». « Le trauma est devenu capitaliste, ça se vend bien. Je voulais prendre des morceaux de nos vies et les tisser pour ce spectacle ».
Le spectacle a été conçu avec Soro Solo, journaliste ivoirien réfugié politique en France depuis 2003. Avant ce spectacle, il racontait peu son expérience d'exilé : « Je n'ai jamais raconté la violence par pudeur mais aussi car je ne voulais pas qu'on ait pitié. » Lui aussi raconte la violence et la peur mais aussi « la joie de vivre une deuxième vie dans la même vie ».
Invités :
- Olivia Csiky Trnka, comédienne et metteuse en scène.
Son spectacle « Une Vénus de 5 743 Ans » en tournée en 2027
- Tatiana Frolova, metteuse en scène et directrice du théâtre KnAM qui fut l'un des premiers théâtres indépendants en URSS en 1985 lors de sa création, elle est exilée en France depuis 2022 au moment de l'invasion de l'Ukraine par la Russie
- Soro Solo, journaliste. Ivoirien, il est réfugié politique depuis 2003
- Bleue Isambard, comédienne, traductrice et interprète.
Leur spectacle Rebelles en exil : les 12 13, 14 octobre 2026 à Lyon et 26 novembre 2026 à Choisy-le-Roi.
Programmation musicale :
Le duo suisse Saint Aube.
Deux spectacles sur les traumatismes de la guerre et de l'esclavage : « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo et « L'Enfant soldat née musique » de Zarina Khan.
Dans ces deux spectacles présentés au festival Les Zébrures à Limoges, il est question de musique.
Dans « L'Enfant-soldat née musique » de Zarina Khan, Soledad est une adolescente enrôlée de force dans la guerre en tant qu'enfant soldat, dans une métropole africaine. Elle a une capacité auditive particulière : « elle prend les bruits et la fureur du monde pour les orchestrer intérieurement, elle attrape les sonorités terrifiantes pour les transformer », nous raconte la metteuse en scène.
L'art lui permet ainsi de traverser les pires horreurs et la barbarie du monde.
La musique construite à partir du texte est écrite avec des sonorités et jouée en plusieurs langues parmi lesquelles le lingala, le kikongo, le swahili et le français.
L'histoire personnelle de la metteuse en scène lui a donné l'idée de cette pièce. En effet, née en Tunisie d'une mère russe orthodoxe et d'un père musulman, elle assiste à l'âge de 4 ans à la tentative de lapidation de sa mère. Zarina Kahn va ensuite enchaîner les exils à travers le monde. « C'est la poésie qui m'a permis de survivre. »
C’est sans doute dans cette enfance marquée par la violence et le déracinement qu’elle trouve la source de son inspiration. Aujourd'hui, on estime à près de 300.000 le nombre d'enfants soldats : « un drame intemporel. »
Il est également question de souffrance dans la pièce « Le silence des tabous » d'Ulrich N'Toyo. La pièce commence comme une pièce de Marivaux : avec une dispute de couple.
Vanessa et Kongo ne parviennent pas à avoir d'enfant. Elle est originaire des Caraïbes et fait des cauchemars récurrents ; lui est originaire du Congo-Brazzaville et va la convaincre d’aller interroger les ancêtres à Loango, un ancien port d’embarquement des esclaves situé à une vingtaine de kilomètres de Pointe-Noire. Mais Vanessa est très sceptique quant au pouvoir des 'gris-gris' et de ce qu'elle appelle les amulettes et semble rejeter l'africanité qu'elle porte en elle.
Ensemble, ils vont à la rencontre de Mama Nzinga « la voix, le chemin » celle qui va pousser à regarder à l'intérieur de soi. Elle va donc les remettre en connexion avec les ancêtres jusqu'à les faire voyager dans le temps... dans la cale d'un bateau négrier... Un voyage initiatique sur les traces de leurs racines.
Pour écrire cette pièce, Ulrich N'Toyo a collecté sa matière sur le terrain en Guyane, en Martinique, en Guiné-Bissau, en Guadeloupe. Le spectacle est rythmé par les sons de la rumba congolaise et le Grand Kallé.
Un choix que l'auteur justifie : « quand on veut raconter l'esclavage, cela passe par la rumba ». Pour lui, il faut raconter et écrire et cela implique de fouiller les petits récits pour interroger la grande Histoire : « Revêtir le manteau des souvenirs. »
À lire chez l'Harmattan : Le silence des tabous de Ulrich N'Toyo.
Invités :
Zarina Khan, philosophe, autrice, metteuse en scène, réalisatrice et comédienne française, née à Tunis. Formée notamment auprès de Peter Brook, Ingmar Bergman, Andréas Voutsinas et Philippe Adrien, elle fonde en 1984 la Compagnie Zarina Khan, avec laquelle elle développe une œuvre où le théâtre devient un espace de création, de transmission et de dialogue entre les cultures. Depuis plus de quarante ans, son travail est étroitement lié à la défense des droits humains et des droits de l’enfant. En 2005, sa candidature est proposée pour le Prix Nobel de la Paix.
Ulrich N'Toyo est un comédien, conteur, marionnettiste et metteur en scène ; originaire du Congo-Brazzaville. Il découvre le théâtre dès l’enfance à Brazzaville et se forme auprès de plusieurs figures majeures de la scène congolaise, parmi lesquelles Dieudonné Niangouna, Julien Bissila et Abdon Fortuné Koumbha. En 2007, il s’installe en France où il poursuit un parcours artistique partagé entre l’Afrique et l’Europe. Il est le directeur artistique de la Youle Compagnie.
Programmation musicale :
L'artiste Grand Kallé avec le titre Parafifi.
Cette année, c'est la Camerounaise Hermine Yollo qui remporte le prix RFI Théâtre pour la pièce Ima Maryam : le jugement de Marie. Le prix lui a été remis dimanche soir (27 septembre 2026) à Limoges.
Depuis le 23 septembre, le festival les Zébrures met à l'honneur des jeunes auteurs dans la capitale limousine et propose spectacles, lectures et concerts pour faire vivre la francophonie sous toutes ses formes.
Hassane Kassi Kouyaté, auteur, metteur en scène et directeur du festival les Zébrures vient de signer un éditorial pour résister à « l'asphyxie du théâtre ».
"Le Théâtre est un lieu de résistance, il faut oser"
Selon lui, l'art et la culture sont les seuls moyens de sauver nos âmes et notre libre arbitre.
« “Refuser l’isolement”, c’est d’ailleurs l’un des slogans de cette édition, face au repli identitaire. Le directeur du festival évoque des problèmes financiers, mais aussi des problèmes de visas non accordés à certains artistes venus d’ailleurs.
“C’est très surprenant que ces visas leur soient refusés alors que ce sont ces artistes qui font le pont entre la France et le reste du monde. Certains visas ont été refusés pour des raisons fallacieuses.” »
« Pour cette édition 2026, Hassane Kassi Kouyaté va mettre en lecture les textes de nombreux jeunes auteurs dans le spectacle Un infime bruit du monde.
Les auteurs ont dû écrire entre une et trois pages à partir de ce texte. Parmi ces artistes, Patherson, slameur et poète sénégalais est en résidence d'écriture à Limoges. Il tente de créer des ponts entre slam et écritures dramaturgiques. Il souhaite rendre la poésie plus accessible et la manière de la déclamer « moins élitiste. » Il travaille sur un texte où il part des traditions orales africaines pour les enrichir d’éléments issus de l’écriture théâtrale.
Au Cameroun, le slam est également très important tout comme les écritures dramaturgiques, « beaucoup de gens écrivent, il y a une grande dynamique mais il manque des vitrines pour l'autrice », nous raconte Hermine Yollo qui, elle, vient de remporter le Prix RFI Théâtre pour sa pièce Ima Maryam : le jugement de Marie., une histoire percutante autour du personnage de la Vierge Marie.
Hermine Yollo, née à Douala, au Cameroun dans une famille de comédiens est autrice, metteuse en scène... ou plutôt « metteuse en mots » comme elle aime se décrire: « Je mets en scène les mots, comme je mets en scène une pièce de théâtre », précise-t-elle. Elle est également traductrice de formation, directrice de la compagnie NGOTI, une compagnie camerounaise de théâtre professionnel.
Beaucoup de femmes écrivent mais elles écrivent dans leur chambre... nous travaillons à encourager les femmes à sortir de leur chambre.
Avec Ima Maryam : le jugement de Marie, elle entend questionner des sujets tabous et déboulonner certains dogmes religieux.
En effet, elle donne la parole voix à Marie, la Sainte Vierge, mère de Jésus-Christ. « Pour moi c'était important d'entendre cette voix là ! C'est aussi ça le théâtre : mettre de la fiction, mais en allant plus loin que la fiction ».
Celle qui a inspiré, c'est Maryam qui lui est venue par le rêve, celle qui a inspiré la Vierge Marie et qui n'a pas du tout la même histoire qu'on raconte sur la Vierge Marie. Elle dit « non, je ne suis pas celle que vous croyez.. .» En lisant plusieurs passages de la Bible et en cherchant dans d'autres documents, l'autrice est persuadée que ce personnage a été victime d'un viol.
Le texte a été mis en lecture à Limoges par Aurélie Van Den Daele, directrice du Théâtre de l'Union qui qualifie ce texte d' « atypique et de féministe qui nous ramène à des choses qu'on oublie. C'est très courageux car c'est un pavé dans la mare. »
Programmation musicale :
L'artiste Jacques Surette avec le titre « Hallo ma belle ».
On peut également entendre le texte « Guérison » de Patherson.
Il a choisi de se retirer. En cette rentrée littéraire, l'auteur Antoine Volodine publie au même moment, sous le nom du collectif Infernus Iohannes, onze livres chez onze éditeurs différents.
Antoine Volodine a initié le mouvement littéraire du « post-exotisme » au mitan des années 1990, car il estimait que ses écrits ne pouvaient se ranger dans aucune catégorie littéraire existante.
Il a lui-même défini ce courant « Une littérature de l’ailleurs, venue d’ailleurs, allant vers l’ailleurs » ou « Une littérature étrangère écrite en français ». Ou encore « l'exotisme qui part d'un regard de la métropole vers l'extérieur, le cœur est à l'extérieur et regarde la métropole ».
Il a développé son œuvre sous de nombreux pseudonymes ou -hétéronymes- parmi lesquels Manuela Draeger, Elli Kronauer, Lutz Bassmann ou Infernus Iohannes.
Avec ces onze livres publiés fin août, l'auteur et ses doubles entendent mettre un point final à une carrière littéraire.
«J'aime beaucoup le nombre onze », explique-t-il.
Pour les dix premiers volumes, les textes sont tirés de 343 brochures jamais publiées, avec des textes, des dictons mais aussi des rubriques régulières inspirées par le bouddhisme et particulièrement par le Bardo Thödol, qui évoque la « non-vie » cette période qui se situe entre la vie et la mort...
Le onzième volume « Retour au goudron. Dernière livraison » est constitué par sept dernières brochures inspirées par Macau, et qui se termine par ces trois mots « Je me tais ».
L'ensemble de ces livres est pessimiste mais toujours traversé par l'humour à l'image du titre de son livre Mémoire, mode d'effroi.
Antoine Volodine insiste sur le fait qu'il n'y a pas de mode d'emploi pour lire ces livres, que l'auteur décrit comme une « performance ». Il ne recommande donc pas de commencer par l'un des livres plutôt qu'un autre « on peut piocher ce qu'on veut pour commencer la lecture de l'ensemble. Ils ne sont pas écrits pour être lus les uns à la suite des autres ».
Tous les styles de la littérature y sont représentés, il y a même un CV qui énumère des faits, des « brèves de dortoir ».
Il n'y a donc ni de style, ni de forme unique; ni de personnage, ni de narrateur commun.
« Écrire toujours avec la même forme, c'est très ennuyeux, je voulais explorer des formes différentes pour faire surgir des images devant les lecteurs et lectrices. »
Invité : Antoine Volodine. Écrivain français né en 1950. Après des études de lettres, il a enseigné le russe avant de se mettre à l'écriture dans les années 80, en publiant tout d'abord de la science-fiction aux éditions Denoël.
Il imagine dès 1995 le « post-exotisme » : un style que certains ont décrit comme étant proche de la science-fiction.
Il publie en cette rentrée littéraire ces onze livres chez onze éditeurs différents.
« Bardo solo », aux éditions Actes Sud.
« Chagrins » aux éditions de Minuit. Extrait.
« Défections et Cie » aux éditions Rivages
« La Grande Misère » aux éditions de L’Olivier
« Malaise chez les plongeuses » aux éditions de La Volte
« Les Meilleurs d’entre nous » aux éditions du Seuil
« Mémoire, mode d’effroi » éditions Robert Laffont
« Pavillons »
« Retour au goudron. Dernière livraison » aux éditions La Marelle
« Survies minuscules », aux éditions du Sous-sol
« Ultimes sursauts », aux éditions La Fabrique
« Zone crypte, zone miroir »aux éditions Verdier.
À visiter également : le site Retour au goudron
Programmation musicale :
L'artiste Bernard Lavilliers avec le titre « Coriace ».
Le griot Boubacar Ndiaye présentera à l'INALCO son spectacle « De bouche à oreilles » : des contes en wolof hérités de ses deux mères et de sa grand-mère.
« Raconter, c'est rencontrer » : peut-il y avoir plus beau commencement ? Boubacar Ndiaye est conteur, fils, petit fils de griot. Il parcourt le monde avec ses histoires et se définit aussi comme « tisseur de liens ». En effet, pour lui, la parole sert à relier l'homme à ses semblables et au monde. Né dans une famille de griots, dans une ville de griots, il transmet comme un gardien de la mémoire.
On ne devient pas griot. On nait griot
Dans sa famille, les femmes ont joué un grand rôle : ses deux mères, ses grands-mères, les femmes de chez lui : il en a fait un spectacle Femme mon école dans lequel il raconte cette transmission féminine : « la femme allaite, la femme nourrit, elle porte, c'est une parole qui soigne et nourrit, sa parole fait parler tout le corps. »
Pour Boubacar Ndiaye, la parole passe d'une bouche à l'autre, elle est « habillée de nos couleurs et de ce que nous sommes, de ce que vous voulons dire aux autres. »
Pour lui, il s'agit de transmettre, raconter une histoire pour « élever » au lieu de « diminuer ». Dans ses contes, s'invitent la nature : la flore et la faune.
Il transmet essentiellement en wolof, sa langue maternelle « une langue puissante qui considère toutes choses visibles » mais aussi en français : « dès qu'on rencontre une autre langue, on les habille d'autres couleurs ».
Invité : Boubacar Ndiaye. Griot du Sénégal, il allie tradition et modernité pour en faire une seule voix. Dans sa langue maternelle, le wolof, il transmet les contes, devinettes et proverbes légués par sa grand-mère et ses deux mères.
Son spectacle : De bouche à oreilles : les couleurs de la langue sera joué à l'INALCO lundi 28 septembre 2026.
Il a également ouvert une école de conteur dans la région de Thiès au Sénégal.
Son association « Le puits à paroles ».
La 14ème édition du Festiparoles aura lieu du 12 au 18 avril 2027 et aura pour thème « Tressons nos paroles ».
La puce à l’oreilleEt comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Et promis, il n'est pas question de « vouer aux gémonies » ceux qui ne connaissent pas l'expression du jour ! Avec Benjamin Rouxel, lexicographe aux éditions Le Robert.
La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.
Programmation musicale : L'artiste Jain & Meryl - FAM.
From the publisher's feed
Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

211 Listeners

80 Listeners

225 Listeners

113 Listeners

199 Listeners

33 Listeners

54 Listeners

1,764 Listeners

45 Listeners

32 Listeners

4 Listeners

20 Listeners

0 Listeners

13 Listeners

0 Listeners

179 Listeners

24 Listeners

3 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

28 Listeners

21 Listeners

0 Listeners

2 Listeners

4 Listeners

1 Listeners

4 Listeners

0 Listeners

1 Listeners

0 Listeners

2 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

0 Listeners

0 Listeners