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Claire Lasne Darcueil et Feroz Sahoulamide mettent en scène « Chez Samy », un spectacle collectif gratuit pour et avec les habitants qui raconte l'histoire d'une famille élargie, d'un café et d'un quartier de Bobigny, ville très métissée de la Seine-Saint-Denis.
Le spectacle, une commande d'Hortense Archambault, directrice de la MC 93 a pour but de faire une vraie création avec les habitants.
Ils sont une cinquantaine sur scène à raconter l'histoire d'un café disparu à Bobigny, c'est une histoire inventée mais basée sur de faits réels : la MC 93 a été construite sur un ancien quartier.
La pièce raconte l'histoire fictive d'un couple, tout aussi fictif, Samir et Samy, qui a eu dix enfants ! Aucun ne se ressemble, aucun ne parle la même langue... viennent s'ajouter les oncles, les tantes et puis... les amis !
On retrouve des amateurs, mais aussi des professionnelles comme ces trois chanteuses lyriques qui chantent aussi bien « La Traviata » que les chansons des Demoiselles de Rochefort. « Le principe est de sortir des stéréotypes et de plaider la diversité », plaide Claire Lasne.
Les cinquante comédiens couvrent tous les âges, cultures, choix de vie, couleur de peau... !
La pièce raconte également par les « petites histoires », l'histoire des immigrés de la première génération.
Dans le spectacle, sont parlées une quantité de langues, les langues des locuteurs/acteurs sur scène.
Le spectacle, fait avec peu de moyens : quelques tables, quelques chaises, un vidéaste qui filme quelques scènes projetées sur grand écran.
À voir jusqu'au 28 juin 2026 à la MC 93.
Invitée : Claire Lasne Darcueil, ancienne directrice du Conservatoire national supérieur d’art dramatique. Autrice et metteuse en scène de la pièce Chez Samy à la MC 93.
Programmation musicale : L'artiste Sarahmée avec le titre « Ratata ».
Pour son premier essai en solo, le journaliste et désormais écrivain Anthony Vincent s'attelle à décortiquer l'insulte et surtout à analyser comment les communautés dénigrées par les structures masculinistes, blanches et hétéronormées se réapproprient aujourd'hui, et ce depuis longtemps, les injures pour les transformer en symboles de regroupement et d'émancipation.
Chaque insulte n'est pas qu'un simple mot. Même si, à la base, l'insulte est « un acte de langage bref, à visée offensive », cet acte prend quasiment toujours sa base sur un stigmate que l'auteur français définit comme le renvoi à « un statut social négatif, attribué et perpétué ».
En effet, chaque insulte a une histoire. Et c'est cette histoire qu'il faut absolument connaître pour passer de l'injure à un élan de solidarité communautaire quasiment naturel, en se réappropriant le stigmate.
Ce « retournement du stigmate », d'abord défini sociologiquement par Louis Gruel, l'un des disciples de Bourdieu, apparaît donc comme nécessaire et inévitable, puisque « les insultes que nous utilisons et/ou subissons nous situent socialement », explique Vincent dans son livre.
En effet, parce que ces insultes marquent à vie ceux qui les reçoivent, elles leur permettent également de s'identifier, de se reconnaître, de se rallier et de se renforcer contre « l'ordre cishétéroblantriarcal et validiste », comme le constate le journaliste français.
L'insulte : de l'injure à la solidarité se présente aujourd'hui comme un ouvrage transversal essentiel à la sociologie linguistique actuelle et questionne, malgré tout, la réappropriation du stigmate.
« En retournant un mot stigmatisant, ne sommes-nous pas en train de réactiver la domination qu'il cristallise ? »
Une question légitime qui se doit d'être posée, selon Anthony Vincent, puisque, premièrement, toute thèse sociologique se doit de faire face à sa propre réfutabilité, mais surtout parce que le risque de la réappropriation serait de figer les identités des communautés insultées et peut-être même de perpétuer un socle de domination.
Néanmoins, pour Vincent, la réappropriation est inévitable, car la récupération d'une insulte vaut tout de même bien mieux que sa dépolitisation, « afin de transformer la cicatrice des injures en force collective », comme nous l'a dédicacé notre invité du jour.
Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup revient sur les origines et la signification d'une expression française bien connue, en complicité avec la lexicographe Sarah Decottignies des éditions Le Robert et les CM1 A de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris. Et, je peux vous assurer que, malgré la chaleur, Lucie « se porte comme un charme » aujourd'hui !
Invité : Anthony Vincent, journaliste, écrivain, animateur de podcasts et spécialiste mode. Son premier ouvrage en solo L'insulte : de l'injure à la solidarité est d'ores et déjà disponible aux éditions Les Liens qui Libèrent.
Programmation musicale :
Angèle avec son nouveau titre Dis-le.
Le recueil Sous le règne du fouet rassemble les témoignages de 27 parcours de vie, anciens esclaves : 14 femmes et 13 hommes.
Au cœur de la crise économique qui ravage les États-Unis au début des années 1930, le Federal Writers’ Project, une agence fédérale du New Deal, lance une entreprise de collecte de la voix des sans-voix dont l’ampleur n’a jamais été égalée : près de 2 300 témoignages d’anciens esclaves sont recueillis, transcrits et édités. Cette source inestimable et sans équivalent dans le monde restait jusqu’à ce jour largement inédite en français.
Invitée : Elsa Queré, traductrice du recueil Sous le règne du fouet, une histoire orale de l'esclavage aux éditions Ici-Bas. Avec la préface de Françoise Vergès.
Programmation musicale : L'artiste Fatoumata Diwara avec le titre "Fala" qui veut dire "orphelin" en bambara.
Depuis plus d’un siècle, à Hauterives, dans la Drôme, dans le sud-est de la France, se visite le palais idéal du Facteur Cheval. Dimitri Delmas, illustrateur, designer et écrivain vient de publier J'avais bâti dans un rêve un palais, un roman consacré au facteur Ferdinand Cheval.
Ferdinand Cheval est né en 1836 dans une famille modeste de la Drôme, à Charmes sur l'Herbasse, dans un petit village très rural. Après avoir quitté l’école à 13 ans, il devient boulanger, puis facteur en 1867 à Hauterives.
C’est un homme ordinaire, discret, qui effectue chaque jour sa tournée à pied dans les campagnes autour de Hauterives. Il ne quittera jamais son département. En 1879, alors qu’il trébuche sur une pierre de forme étrange, il a une révélation : il décide de construire un palais, seul, avec ses mains et les pierres qu’il ramasse pendant ses tournées.
Chaque soir, après ses longues journées de travail, Cheval se consacre à la construction de son Palais idéal. Est-ce un rêve ou une façon de fuir la dureté du monde ? Car il aura eu une vie douloureuse... marquée par des deuils.
Armé d’une brouette, d’une pelle et d’une lampe à pétrole, il transporte des centaines de kilos de pierres qu’il façonne avec des outils rudimentaires. Il mélange ciment, chaux et fil de fer pour donner vie à un monument inspiré par les cartes postales, les magazines illustrés et ses propres rêves. Et tout cela dans une période marquée par la naissance du capitalisme, par l’industrialisation et le colonialisme.
Son palais, mélange de grottes, de tours, de sculptures d’animaux et de motifs exotiques, devient une œuvre démesurée : 26 mètres de long, 12 mètres de haut et 10 mètres de large. Malgré les moqueries de ses voisins et les difficultés techniques, il achève son œuvre en 1912. Il décède en 1924.
Le Palais idéal du Facteur Cheval se visite à Hauterives, dans la Drôme.
Invité : Dimitri Delmas, auteur et illustrateur français. Son roman J'avais bâti dans un rêve un palais est publié aux éditions Actes Sud.
Et la chronique Ailleurs nous emmène en Australie ou Jacques Bernard, créateur du Van du Livre, une librairie ambulante francophone qui parcourt l'Australie depuis 12 ans pour transmettre le goût des livres.
Le livre La GRANDE histoire du Van du Livre est disponible à la commande sur son site.
Programmation musicale : La Grande Sophie avec Philippe Katerine pour le titre Un duo avec moi.
Emily est une jeune femme qui vit seule avec sa chienne Loyse dans la maison héritée de sa grand-mère. C’est là qu’elle a grandi, quand son père est parti fonder une nouvelle famille. Un jour, une lettre arrive : elle doit vendre la maison, en indivision.
Pauline Peyrade nous offre avec Les Habitantes l’histoire d’Émilie, une femme qui vit depuis toujours dans la maison de sa grand-mère, Moon. C’est là qu’elle a grandi, là qu’elle reste, comme si ce lieu faisait partie d’elle. Pas par nostalgie, mais parce que cette maison est un refuge, un monde à part où chaque détail compte : le bruissement des feuilles, le vol des insectes, la lumière sur l’étang. Pourtant, un jour, des lettres arrivent. On lui demande de vendre. Émilie se retrouve menacée de perdre, ce qui la rattache à la vie.
L'autrice aura mis trois ans pour écrire Les habitantes. Pauline Peyrade n'aime pas les romans explicatifs : avec ce roman, elle n'avait pas en tête d'écrire de grands affrontements mais plutôt de raconter la vie d'une femme qui fait face à une violence systémique.
Je ne voulais pas que l'écologie soit le sujet central du roman, mais plutôt une manière de l'écrire.
Elle ne concentre pas l'intrigue sur le combat intrafamilial mais cherche à raconter un autre rapport au monde en lutte contre le patriarcat et le capitalisme. Elle reconstitue le lieu qui habite le roman : insectes, végétaux : par la lecture, on le ressent, on les rencontre, elle créé des présences dans le livre et raconter des histoires par les sensations.
Invitée : Pauline Peyrade, écrivaine et dramaturge. Formée à l’écriture théâtrale, elle se consacre à des récits où les émotions et les relations humaines occupent une place centrale. Son premier roman, L'Âge de détruire publié aux éditions de Minuit remporte le prix Goncourt du premier roman en 2023.
« Les habitantes » également publié aux éditions de Minuit, vient de remporter le Prix du Livre Inter 2026.
Programmation musicale : l'artiste Étienne Daho en duo avec l'artiste Alan Stivell avec le titre « An hanv » (qui veut dire « L'été ») une chanson en hommage à Frank Darcel du groupe Marquis de Sade disparu en 2024.
Avec plus de 3 millions d’exemplaires vendus, Ariol le petit ânon le plus célèbre de la bande dessinée confirme son statut de héros des enfants et des familles. Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur a été désigné comme parrain de la 12è édition de Partir en Livre.
Ce n'est pas par hasard si Emmanuel Guibert a été choisi comme parrain de cette douzième édition de Partir en Livre qui aura lieu du 17 juin au 19 juillet 2026. Depuis tout petit, l'auteur et dessinateur est passionné de lecture.
La lecture finit toujours par engendrer la lecture ! C'est une adresse du bonheur donc on y retourne.
À l'initiative du CNL (Centre national du Livre), et sous l’impulsion du ministère de la Culture, le grand festival du livre pour la jeunesse a pour thème « Nos petits et grands héros » avec un clin d'oeil particulier au petit ânon Ariol dont le recueil Les vacances chez papy et mamie est paru le 10 juin 2026.
Avec beaucoup d'humour et de subtilité, Emmanuel Guibert a fait de cet ânon, un véritable héros pour la jeunesse. On suit, depuis 26 ans, maintenant les aventures du petit âne bigleux, éternel élève de CM1 avec ses copains Ramono le cochon, Pétula, Batégaille ou Tiburge ! Un personnage que son auteur a voulu pour toutes les tranches d'âge.
Emmanuel Guibert s'amuse également beaucoup avec les manières de parler et les accents et parsème ses scénarios de jeux de mots : « internet » devient par exemple « interbête ».
Invité : Emmanuel Guibert, auteur et dessinateur français, né en 1964. Il s’est fait remarquer avec des œuvres comme La Guerre d’Alan qui relate les souvenirs d'un soldat durant la Seconde Guerre mondiale, Le Photographe (avec Didier Lefèvre et Frédéric Lemercier) ou des ouvrages jeunesse tels que les Sardines de l'Espace ou Ariol (avec Marc Boutavant), où il mêle une grande sensibilité humaine à une narration très maîtrisée.
Merci à Lucie et Emile pour leur lecture.
Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Être coiffé au poteau » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !
Programmation musicale : L'artiste Minou avec le titre « Différent ».
Vingt ans après la disparition de l'humoriste Raymond Devos : y a-t-il des héritiers aujourd’hui dans ce domaine si particulier de l’humour absurde ? La Scala organisait une soirée spéciale Devos 2.0, ce lundi 15 juin 2026...
Il y a 20 ans, disparaissait l’artiste Raymond Devos. Maître incontesté du jeu de mots et des absurdités du langage, il transformait les expressions du quotidien en situations loufoques où le sérieux basculait dans le burlesque.
Qui sont aujourd’hui les héritiers de Devos ? Comment faire vivre ce patrimoine exceptionnel auprès de nouvelles générations sans céder à l’imitation ?
Invités :
- François Rollin, auteur, comédien, scénariste, metteur en scène, Prix Raymond Devos 2009, un prix qui récompense « une personne dont l’œuvre contribue au progrès de la langue française, à son rayonnement ou à sa promotion »
- Geneviève Meley Othoniel, directrice de l’École Supérieure des Arts du Rire (ESAR) une école ouverte en 2024 qui forme des humoristes
- Aliocha, étudiant humoriste à l'ESAR.
Une soirée spéciale Devos 2.0 a eu lieu à la Scala le 15 juin 2026.
Programmation musicale :
L'artiste Voyou en duo avec Tuerie pour le titre « Hula Hoop ».
Connaissez-vous l'algospeak ? L’algospeak désigne un ensemble de mots codés, détournés ou modifiés que les internautes utilisent pour contourner les systèmes de modération automatisée des plateformes...
Sur les réseaux sociaux, parler de « sekksse » plutôt que de « sexe » ou écrire « v1olence » pour évoquer la violence n’est pas une simple fantaisie, mais une stratégie pour déjouer la censure. En effet, YouTube, Instagram ou encore TikTok filtrent et masquent systématiquement les publications contenant des termes jugés sensibles ou enclins à heurter la sensibilité des internautes ! Comme l’argot des faubourgs du XIXè siècle, né pour échapper à la compréhension des autorités, l’algospeak – mot valise, contraction d’algorithm et speak – est un langage crypté (un cryptolecte) façonné par les utilisateurs des médias sociaux les internautes. Une ruse linguistique qui interroge : jusqu’où ira cette guerre des mots contre les machines ?
Invitée : Anne Gensane, enseignante chercheuse en sciences du langage, Université d'Artois.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Dakar au Sénégal pour parler de la 9è édition du Festival International des Arts de la marionnette au Sénégal qui aura lieu du 16 au 21 juin. Organisé par l’association DJARAMA (un mot peul qui signifie à la fois « bonjour » et « merci »), ce festival a lieu depuis 2013. C’est un festival itinérant qui réunit des compagnies nationales et internationales : Sénégal, Guinée Bissau, Belgique, Canada, France.
Le but est de faire réunir un jeune public à des spectacles parfois sans paroles.
Avec Mamby Mawine, comédienne, directrice artistique du Pôle culturel Djaram'Arts, metteuse en scène et formatrice en théâtre jeune public.
Programmation musicale : Les artistes Stromae et Tove Lo avec le titre « Des fleurs ».
Dans Pourquoi le football publié en 2021, le philosophe Stéphane Floccari noue la pratique sportive du foot et la philosophie... et convoque Michel Platini et Vladimir Jankélévitch, Pelé et Pasolini, Cantona et Cioran.
Le peu de morale que je sais, je l’ai appris sur les scènes de théâtre et dans les stades de football, disait le philosophe Albert Camus, prix Nobel de littérature en 1959. Depuis, le football a changé de visage, des centaines de milliards se sont déversés sur les terrains, avec des débordements en tout genre mais le foot reste une passion puissante à l’échelle planétaire, avec des fans venus de tous les horizons... Et les intellectuels ont aussi leur mot à dire sur le sport ! Rabelais ou Ronsard, écrivains et poètes de la Renaissance jouaient déjà à un jeu qui ne s’appelait pas encore football, à une période où la Coupe du monde n’existait pas...
Avec les sons d'archives de :
- Jacques Derrida, grand philosophe, penseur de la déconstruction. Il confie sa passion pour le foot, une passion née pendant la guerre alors qu’il vivait jeune homme en Algérie
- Denis Podalydès, de la Comédie française. Il raconte à l’occasion de la victoire de la France en 1998 que sa journée commence par la lecture du journal l'Équipe
- Daniel Picouly, écrivain qui parle du « vrai football ».
Avec également le reportage de Jérémie Lanche, à Genève, en Suisse.
Invité : Stéphane Floccari est agrégé et docteur en philosophie, professeur au lycée Marcelin Berthelot, à Saint-Maur-des Fossés, et à l’INSEP (Institut national du sport, de l’expertise et de la performance), à Paris, chargé d’enseignement à la Sorbonne, Stéphane Floccari est, depuis l’enfance, un passionné de football, qu’il a pratiqué dans l’équipe de France des écrivains sportifs. Il est l’auteur de Pourquoi le football ? aux éditions des Belles Lettres en 2021. Il a également publié plus récemment, Le Sport émoi aux éditions Amphora.
Le calendrier de la Coupe du Monde.
Programmation musicale :
L'artiste Lescop avec le titre Comète.
Julie Glikman a fait des messages vocaux son objet de recherche ! Les notes vocales ! On les adore... ou on les abhorre ! Elles se suffisent tantôt à un laconique « Ok, ça marche » de trois secondes, elles peuvent aussi devenir de véritables « podcasts » de trois, dix ou quinze minutes ! Pourtant, ces notes ne sont-elles pas aussi un moyen de saisir la langue telle qu’elle se parle aujourd’hui ? Et d’archiver nos manières de parler ?
Pourquoi s’écrire quand on peut se parler et, inversement, pourquoi se lancer dans une conversation quand on peut s’envoyer un message rapide et efficace… ? Tel était le dilemme entre le SMS et l’appel téléphonique. Mais depuis, les notes vocales ont pris le relais : « un véritable sujet d’étude pour les linguistes ! » Il y aurait « sept milliards de messages vocaux échangés par jour ». Tout le monde ou presque s’y est mis.
Une langue parlée, naturelle, sans chevauchement de parole« Ce qui nous intéresse, c’est que c’est de la langue parlée, naturelle. On peut ainsi comprendre comment les gens parlent au quotidien ! », explique Julie Glikman. Et, particularité des vocaux, il n’y a « pas de chevauchement de parole comme dans une conversation normale ». Les linguistes ont recueilli des données sur la base du volontariat, en proposant aux gens (beaucoup d'étudiants !) de participer en partageant leurs messages : 1 950 fichiers audio, vingt heures d’écoute et des vocaux qui parlent de tout. « Jusqu’à maintenant, l’étude de la langue se faisait grâce aux œuvres écrites ».
« Le français, comme toutes les langues, change au fil du temps, les vocaux peuvent être un moyen de percevoir ces changements plus rapidement ! »
« Voilà », disfluences et gros mots : ce que révèlent les vocauxCe qui a été remarqué, ce sont des usages de la langue parfois peu documentés . Le mot « voilà », par exemple, n’est pas toujours un mot de discours terminatif. Les vocaux permettent aussi de documenter et d'archiver les gros mots qui sont dits, mais aussi ce qu’on appelle les disfluences : « les blancs » ou les « euh », les répétitions.
Mais est-ce que ça reste de la communication ? Oui, selon la linguiste car « on envoie à un destinataire choisi mais il y a parfois une séparation spatio-temporelle. » Avec les vocaux, on peut s’arrêter plus facilement qu’une communication par téléphone classique.
Invitée : Julie Glikman, professeure en linguistique française diachronique à l'Université de Lorraine et membre du Laboratoire de recherche UL ATILF soit Analyse et Traitement Automatique de la Langue Française.
Pour retrouver le corpus des vocaux, RDV ici.
Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Tirer les vers du nez » avec Sarah Decottignies, lexicographe aux éditions Le Robert et toujours avec la complicité des élèves de CM1 A de l'École Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris !
Programmation musicale : L'artiste franco-guinéenne Annie Lalalove avec le titre Let it be blue.
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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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