De vive(s) voix

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De vive(s) voix episodes

  • «Le procès d'une vie» : une pièce sur le combat de Gisèle Halimi pour le droit des femmes

    Dans le «procès d'une vie», Barbara Lamballais et Karina Testa reviennent sur le combat de Gisèle Halimi lors du procès de Bobigny en 1972... Le spectacle vient d'être récompensé à trois reprises, lors de la dernière cérémonie des Molières. 

    Automne 1972 : au cours d’un procès retentissant, l’avocate Gisèle Halimi obtient la relaxe pour Marie-Claire Chevallier accusée d’avoir avorté, ce qui en ces années-là était interdit par la loi, mais aussi pour sa mère et la femme qui avait pratiqué de manière clandestine cette interruption de grossesse.

    Ce fut un tournant pour l’histoire des femmes et l’histoire du droit. C'est à partir de cet évènement que Barbara Lamballais et Karina Testa ont écrit Le procès d’une vie. 

    Un texte écrit à quatre mains dont l'écriture a été initiée en 2018 alors que Gisèle Halimi était encore en vie. Un spectacle très documenté sur les faits : elles ont fait appel à des professionnels de la justice pour bien comprendre tous les tenants et aboutissants de l'affaire. 

    En août 1971 : Marie-Claire Chevalier, jeune est âgée de 16 ans. Jeune fille isssue d'un milieu populaire, elle est violée par un élève de son lycée âgé de 18 ans. Elle se retrouve alors enceinte et elle demande à sa mère de l'aider à avorter : l'avortement est alors illégal et passible de cinq ans de prison. 

    De son côté, son violeur est arêté pour une affaire de vol de voiture ; il dénonce Marie‑Claire Chevalier pour avortement clandestin, espérant ainsi obtenir un traitement plus favorable de la justice. Elle est alors poursuivie ainsi que sa mère et les femmes qui l’ont aidée. L’avocate Gisèle Halimi décide de faire de ce procès un acte politique en dénonçant publiquement l’injustice de la loi anti-avortement et en montrant que ce sont surtout les femmes les plus modestes qui en souffrent.

    Ce procès devient un événement médiatique majeur et suscite un large mouvement de soutien : intellectuels, médecins, militants et une partie de l’opinion se mobilisent. Marie‑Claire est finalement relaxée, et les autres prévenues reçoivent des peines symboliques. L’affaire de Bobigny joue un rôle décisif dans l’évolution des mentalités et prépare le terrain à la loi Veil de 1975, qui dépénalise l’IVG en France.

    Le spectacle raconte donc un procès, mais aussi un pan de l'histoire de la société française.... 

    Invitées :

    • Barbara Lamballais, autrice et metteuse en scène de la pièce Le procès d'une vie

    • Karina Testa, autrice et comédienne de Le procès d'une vie. 

     

    À voir au Théâtre du Splendid jusqu'en janvier 2027. Et cet été, à Avignon au Théâtre des Gémeaux du 4 au 25 juillet 2026. 

    Programmation musicale : L'artiste La Ciguë avec le titre la Ache des chiens. 

    29 min
  • Amaury Da Cunha nous raconte son rapport au téléphone et à la voix dans «Touche Fantôme»

    Depuis un coup de fil qui a bouleversé sa vie en 2009, Amaury da Cunha entretient un lien ambigu avec son téléphone portable...

    En juillet 2009, Amaury Da Cunha apprend le suicide de son frère par un appel téléphonique glaçant. 

    Dans son roman Touche Fantôme, il retrace le rapport qu'il entretient avec son téléphone et son obsession pour les voix car, dit-il, c'est selon lui « la signature la plus intime de l'âme ». 

     

    Invité : Amaury Da Cunha, journaliste au Monde des Livres, photographe et écrivain né en 1976 à Paris. Son dernier roman Touche fantôme est publié aux éditions de l'Iconoclaste. 

    Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, on découvre les dessous de l'expression « Arrête ton char(re) ! » et toujours avec la complicité des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13è arrondissement de Paris.

    Programmation musicale : l'artiste Aure avec le titre Orage. 

    29 min
  • 80 ans de «Paroles», pourquoi tout le monde se reconnait dans la poésie anticonformiste de Prévert?

    La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s’articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans.

    Poète par défaut, dit-il, mais poète pour l’éternité ! 

    En 2026, sont célébrés les 80 ans de la parution du recueil le plus célèbre de Jacques Prévert : Paroles. 

    Une poésie de la rue....

    ...Oui, mais une poésie savante aussi ! insiste Daniele Gasiglia-Laster. Il écrit avec les mots de tous les jours, tout en réfléchissant sur le langage. C'est une poésie truffée de références culturelles. De ce fait, la poésie de Prévert, accessible à tous, fait de lui un poète d'une modernité extraordinaire selon Daniele Gasiglia-Laster. 

    Mais Prévert ne séduit pas seulement les adultes : sa poésie, souvent transgressive, conquiert aussi les enfants. Des poèmes comme Le Cancre sont adoptés par les instituteurs, qui en font circuler les textes dans les écoles.

     

    René Bertelé, l'homme de Paroles

    En 1946, René Bertelé, éditeur, publie Paroles, un recueil qui va marquer l’histoire de la poésie française. Il y rassemble une sélection de 95 textes écrits par Jacques Prévert entre 1930 et 1944. Ces textes, d’une grande diversité, oscillent entre instantanés réalistes et envolées surréalistes, entre poèmes en rimes et en prose, le tout avec une ponctuation minimaliste. Certains textes tels que Déjeuner du matin capturent des scènes du quotidien, tandis que d’autres s’étirent en réflexions plus longues. Le succès est immédiat : Paroles devient un phénomène, touchant un public bien plus large que les cercles littéraires traditionnels. 

     

    Prévert et Kosma : de la poésie à la musique

    Les chanteurs et chanteuses des années 1950 et 1960, comme Juliette Gréco, Cora Vaucaire ou Yves Montand, contribuent à populariser encore davantage ses textes en les adaptant à la chanson. Gréco, par exemple, réinterprète à sa manière des poèmes initialement écrits pour Arletty, Je suis comme je suis transformant des textes tragiques en performances inoubliables. Parallèlement, sa collaboration avec le compositeur Joseph Kosma, un immigré hongrois, donne naissance à des chansons emblématiques comme À la belle étoile, renforçant encore son influence culturelle. 

    Invitées : Daniele Gasiglia-Laster, auteure et critique littéraire. Spécialiste de Jacques Prévert, elle a fait publier ses œuvres complètes dans la collection, Eugénie Bachelot-Prévert petite-fille de Jacques Prévert. 

     

    Jacques Prévert (1900–1977). Poète et scénariste français. Né à Neuilly-sur-Seine, il grandit à Paris et abandonne tôt ses études. Après son service militaire, il fréquente les surréalistes dans les années 1920 (notamment le groupe de la «rue du Château») sans s’y intégrer durablement. 

    Anticonformiste, anticlérical, anticolonialiste, antimilitariste, il se fait connaître dans les années 1930 comme scénariste et dialoguiste pour le cinéma (Quai des brumes, Les Enfants du paradis, Le Jour se lève). Son premier recueil de poèmes, Paroles (1946), devient un succès populaire. Il écrit aussi des chansons (Les Feuilles mortes), des pièces de théâtre et des textes pour des albums jeunesse. Il meurt à Omonville-la-Petite (Manche) en 1977. 

    Avec également un reportage au «Moulin à paroles», un atelier collaboratif avec des professionnels et des amateurs initié par Serge Hureau, le directeur du Hall de la chanson. 

     

    Programmation musicale : 

    Juliette Gréco avec le titre Je suis comme je suis et Fred Nevché avec le titre Tentative de descriptif d’un diner de têtes à Paris-France.

    29 min
  • Festival aux quatre coins du mot, Sonia Chiambretto : une littérature de la rencontre

    La neuvième édition du Festival Aux Quatre coins du mot s’articule autour du thème « Paroles données » et rend hommage au recueil Paroles de Jacques Prévert, publié il y a 80 ans.
    Egalement invitée, l'autrice Sonia CHIAMBRETTO, invitée d’honneur du festival. 

    Se glisser sous une yourte pour une demi-heure de lecture, participer à un atelier de chansons, assister à une pièce de théâtre sur les jurons, à une lecture dans un cloître ou à une conversation autour de l’œuvre : chaque année, au week-end de l'Ascension, la ville de La Charité-sur-Loire célèbre le mot sous toutes ses formes. 

    Un festival axé sur le partage et l'accueil 

    Créé en 2005 à La Charité-sur-Loire, le Festival du Mot s'est installé en 2014 au cœur du prieuré de la cathédrale du XIᵉ siècle, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. En 2019, il prend une nouvelle dimension et devient Le Festival Aux Quatre coins du mot, un événement résolument tourné vers « le partage, la bienveillance et l’accueil », comme le souligne Philippe Lemoine, son directeur. 

    Pour cette nouvelle édition, le festival célèbre les 80 ans de Paroles, le célèbre recueil de poésie en vers libres de Jacques Prévert, dont l’esprit libre et populaire continue d’inspirer.

    Sonia Chiambretto : des mots pour les oubliées 

    Sonia Chiambretto, poète et autrice invitée d’honneur du festival, explore à travers ses œuvres Peines mineures ou Supervision — publiées aux éditions de l’Arche — des récits marqués par l’histoire et la singularité des voix oubliées.

    "La poésie, c’est vraiment l’endroit de la recherche, il y a beaucoup de choses qui arrivent dans la langue, des petites révolutions, comme avec l’écriture inclusive. La langue porte quelque chose de très fort" 

     

    Peines mineures, texte de commande, plonge dans les archives des jeunes filles élevées au sein de la Congrégation religieuse fondée en 1835 et dont les méthodes d’éducation ont peu évolué. Mise en scène par Marcial Di Fonzo Bo avec Inès Quaireau, cette œuvre allie dimension documentaire et écriture poétique, où Sonia Chiambretto travaille « au son, à l’oreille » et « organise les silences », s’appuyant sur des archives des années 1950 à 1970. Pour elle, « il n’y a pas de gens ordinaires, chaque personne a une singularité ».  

     

    Invités :   

    Sonia Chiambretto, poète et autrice, invitée d'honneur du festival. Ses textes, Peines mineures, et Supervision sont oubliés aux éditions de l'Arche et Philippe Lemoine, directeur de la Cité du Mot. 

     

    Avec également le reportage sur le groupe « Les fouteurs de joie », un collectif de cinq artistes, auteur, comédiens et interprètes de chansons qu'ils mettent en scène. 

    Programmation musicale : Les artistes « Les fouteurs de joie » avec le titre Tardivement. 

    29 min
  • «Des hommes endormis», une pièce sur les relations de couple mise en scène par Ludovic Lagarde

    Le metteur en scène Ludovic Lagarde met en scène le texte du dramaturge Martin Crimp Des hommes endormis. Une pièce à voir à l'Athénée jusqu'au 24 mai. 

    Amour, boulot, pouvoir, désir : deux couples tâtonnent, tentent de faire le point, pour se dire… ou ne pas se dire des choses, le temps d’une nuit, une nuit propice à la parole et à la divagation. 

    Le texte de Crimp est fait de conversations, un peu hachées, un peu fragmentaires, où l'exploration du thème de la violence n'est jamais loin.

    La pièce démarre à deux heures du matin : Paul, qui crée de la danse, et Julia, critique d'art contemporain. Ce couple de quinquagénaires sans enfants mais qui a réussi socialement s'interroge sur son avenir quand surviennent Joséphine – assistante de Julia – et Tilman, jeune couple, futurs parents, invités par Julia.

    Invités :

    • Ludovic Lagarde, metteur en scène. Il a mis en scène de nombreux auteurs du répertoire – Shakespeare, Tchékhov, Brecht –, mais aussi des auteurs plus contemporains tels que Samuel Beckett, Harold Pinter, Sarah Kane ou encore Olivier Cadiot avec lequel il a beaucoup collaboré. Il met en scène Des hommes endormis. 
    • Laurent Poitrenaux, comédien. Il travaille avec Ludovic Lagarde depuis près de 40 ans. Il joue le rôle de Paul dans la pièce. 

    Le texte Des hommes endormis a été écrit par Martin Crimp, un auteur britannnique contemporain né en 1956. Dans ses textes, il aborde, avec un humour grinçant, la question de la violence. Il est l’un des auteurs de théâtre vivants parmi les plus importants.

    La pièce Des hommes endormis a été créée en 2018 pour la troupe du Deutsche Schauspielhaus à Hambourg. Le texte a été traduit en français par Alice Zeniter, qui a consacré sa thèse à l'auteur britannique et publié aux éditions de l'Arche. 

    À voir au Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet jusqu'au 24 mai. 

    Programmation musicale : L'artiste Ofé et son titre Je sais que tu m'aimes.

    29 min
  • Quels sont les nouveaux mots du Petit Robert 2027?

    La lexicographe et directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert Géraldine Moinard revient sur les nouveaux mots intégrés à l'édition 2027 du Petit Robert de la langue française, paru ce mercredi 13 mai 2026.

    D'une année à l'autre, il se ressemble mais n'est jamais vraiment le même. Il s'enrichit, en fait. Comme la langue française qu'il définit, le dictionnaire vit. Il s'adapte à son temps et grandit. Et, surtout, chaque année, il agrandit son propre spectre : celui des mots acceptés par la communauté lexicographique.

    « Banger », « bouiner », « charo », « matrixer », « miskine »... Nombreux sont les mots (pas si) nouveaux inclus dans cette nouvelle édition du Petit Robert.

    Et, comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décrypte une expression bien connue de la langue française dans sa chronique « La puce à l’oreille ». Cette semaine encore, Lucie a concocté une chouette rubrique avec la complicité du lexicographe Jean Pruvost et des élèves de CM2B de l'école Arago, située dans le 13e arrondissement de Paris.

     

    Invitée : Géraldine Moinard, lexicographe, directrice de la rédaction des dictionnaires Le Robert.

    Programmation musicale : Ezéchiel Pailhès et son titre Pas tant de d'chichi ponpon.

    29 min
  • «Musiques en héritages» de Ludmilla Dabo : comment la musique transmet-elle nos racines?

    Ludmilla Dabo présente son nouveau spectacle Musiques en héritage, au Théâtre de la Tempête : une création au carrefour du récit et du concert où chacun raconte sa famille, en chansons.

    Sur scène, six artistes, comédiennes, musiciens, à l’invitation de Ludmilla Dabo pour parler de leurs musiques préférées ou, plus précisément, raconter les mélodies de l’enfance, les premières chansons entendues ou chantées. «Musiques en héritage» est le nouveau spectacle de Ludmilla Dabo qui a toujours mis la musique au cœur de ses projets depuis une quinzaine d’années.

    Reprise, featuring, remix… un spectacle collaboratif

    Parce que la musique est faite pour être partagée, Ludmilla Dabo s’associe à cinq autres artistes (Anthony Capelli, Louis Jeffroy, Kaloune, Gilles Normand et Élise Vigier), qui l’accompagnent et se dévoilent au fil d’une soirée aux airs de veillée autour d’un feu de camp. Elle souligne d’ailleurs un travail mené « en toute collectivité ».

    En invoquant les sons qui ont bercé leur enfance, ils renouent avec leurs parents, entretiennent le souvenir des proches qui les ont quittés. En quelques révolutions du tourne-disque, le tour est joué ; on peut remonter le temps. Ludmilla Dabo évoque sa mère et ses tantes qui pouvaient danser sur du James Brown et retrouver leurs vingt ans.

    Pas de nostalgie pour autant : en reprenant les titres que d’autres leur ont fait découvrir, les six interprètes se les réapproprient.

    Un héritage à partager

    La musique, c’est le temps qui passe. Les mélodies, comme les années, se suivent sans se ressembler. Louis transmet un air traditionnel breton à ses collaborateurs, air qui lui vient de son grand-père, Kaloune choisit de mettre à l’honneur le maloya et chante en créole réunionnais. Ludmilla Dabo rappelle que le maloya fait aussi partie de notre patrimoine en tant que français, qu’il est la « mémoire d’un territoire » et qu’il fait partie de la musique qu’on reçoit en héritage.

    Selon la formule employée par Ludmilla Dabo, la musique trace « un chemin », jalonne un parcours individuel ; et souvent, ces chemins se rencontrent. Comme lorsque Gilles Normand, le guitariste, révèle au reste du groupe qu’il a été membre des Poppys quand il était petit garçon. En guise de réponse, la troupe entonne Non, non rien n’a changé, et le public aussi s’y met : la salle se lève, chante, danse, applaudit.

    La musique nous relie les uns aux autres. Un objectif que Ludmilla Dabo cite dans le programme du spectacle : nous permettre d’« être de concert ensemble ». De mère camerounaise, elle ne parle pas le bassa, mais elle peut le chanter. C’est justement avec un cantique en bassa qu’elle a appris des femmes de sa famille qu’elle commence chaque représentation. Pas de barrière de la langue : tout ce qui peut se dire en musique se passe de traduction.

    Diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD) en 2010, c’est autour d’elle que David Lescot crée son Portrait de Ludmilla en Nina Simone, un portrait musical où la comédienne revient sur la vie d’une icône du blues. Elle remporte dans ce rôle le prix du Syndicat de la Critique en tant que comédienne de l'année 2021. Elle monte son premier spectacle My Body is a Cage en septembre 2021. Elle écrit, met en scène et joue dans une proposition pour l'événement Vive le Sujet du Festival d’Avignon 2022. Elle est artiste associée à La Comédie de Caen – CDN de Normandie.

     

    Invitée : Ludmilla Dabo,  comédienne, chanteuse et metteuse en scène française. Son spectacle « Musiques en héritages » est à voir au Théâtre de la Tempête jusqu'au 24 mai 2026.

    Programmation musicale : l'artiste Aya Nakamura avec le titre Sexy nana.  

    29 min
  • «Kò Mawon» : un roman d'anticipation de Michael Roch

    Après Tè Mawon et Les Choses immobiles, l'auteur Michael Roch publie «Kò Mawon» un roman d'anticipation et d'imagination. 

    Invité : Michael Roch, écrivain français né en 1987. Il vit actuellement en Martinique. 

    «Kò Mawon» est publié aux éditions La Volte. 

    Programmation musicale :

    L'artiste Vonfelt avec Leskop avec le titre La Nuit. 

     

    29 min
  • «Ici sont les dragons», Ariane Mnouchkine raconte la montée des totalitarismes

    Dans cette nouvelle création, «Ici sont les dragons», la metteuse en scène Ariane Mnouchkine, raconte en deux époques la montée des totalitarismes. 

    Dans la première partie, 1917 : la victoire était entre nos mains, la metteuse en scène et ses comédiens remontent le fil de l’Histoire jusqu’à la révolution russe de 1917. 

    La première époque met en scène Lénine, Trotski et Staline et dévoile la manière dont une révolution peut être confisquée à un peuple par quelques hommes, tandis que la deuxième période couvre les années 1918-1933 et la montée du nazisme jusqu'à l'arrivée d'Hitler au pouvoir et se nomme «Choc et mensonges» : un titre emprunté à Goebbels, ministre de Propagande d'Hitler... 

    Une fresque historique en deux époques 

    L'histoire débute à la fin de l'année 1916: trois femmes de noir vêtues, portant une lanterne s’avance sur scène et nous disent... «et souviens-toi, tout commence toujours par une guerre...». 

    Mais il faut revenir à la toute première image projetée en fond de scène : une vidéo de Vladimir Poutine, face à laquelle le personnage de Cornélia le somme de se taire…

    Pour la metteuse en scène, l'invasion de l'Ukraine le 24 février 2022 a été le déclencheur de cette nouvelle création «Ça a été un tel choc. Comment est-ce possible qu'aujourd'hui un pays en Europe puisse en envahir un autre ? Comment arrive-t-on de cette Révolution à Poutine avec cette inguérissable impérialisme ?» 

    "Tout ce que les personnages disent, ils l'ont soit dit, soit écrit"  

    Une force d'incarnation dans la mise en scène 

    L’une des surprises tient au traitement des voix : la plupart sont enregistrées, le spectateur n’entend donc pas la voix du comédien. On entend une voix, on voit un autre corps… Cela est lié à la présence de plusieurs langues étrangères dans le spectacle : «On a essayé de faire le spectacle en français, mais cela faisait bizarre de voir Lénine parler en français ! On perdait l'époque, l'étrangeté, l'historicité». 

    Tous les comédiens portent des masques ou des demi-masques qui les font ressembler aux personnages mais cela ne tient pas seulement à la passion qu’Ariane Mnouchkine voue aux masques «C'est un outil extraordinaire pour l'acteur. Pour qu'on croit que Lénine est en scène, il fallait le masque, autrement, ça aurait été un acteur qui essaye de ressembler à Lénine. Ici c'est l'incarnation qui rentre en scène et sorte de l'oubli».  

    Pour Ariane Mnouchkine, le spectacle est une alerte, il parle d'aujourd'hui. «Un spectacle peut et doit parfois être un tocsin. Pas un glas, mais un tocsin. Le tocsin réveille, le glas annonce la fin, la mort. Les dragons, ce sont des tocsins».

    Invitée :  Ariane Mnouchkine (née en 1939) est une metteuse en scène française majeure, fondatrice du Théâtre du Soleil en 1964. Sa troupe s'installe à la Cartoucherie de Vincennes en 1970. Elle a créé un théâtre collectif, engagé et populaire, mêlant travail d’ensemble, recherche esthétique (influences orientales, masque, clown, commedia dell’arte) et réflexion politique : créant des «théâtres-mondes».  

    Elle a signé des mises en scène marquantes de classiques (Molière, Shakespeare, Eschyle) et de créations contemporaines, et a aussi réalisé pour le cinéma, notamment « Molière » (1978). 

    Ici sont les dragons : à voir au Théâtre du Soleil jusqu'au 31 mai 2026.

    29 min
  • «Les chemins écarquillés», un roman apocalyptique d’Aurélien Blanchard

    Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur, publie Les chemins écarquillés, un premier roman aux accents post-apocalyptiques. 

    C’est une course poursuite, à toute allure, comme dans un film de genre : Les chemins écarquillés est le premier roman d’Aurélien Blanchard, connu jusque-là pour être éditeur et traducteur. Il raconte la cavale de Braque, un ex-taulard à peine sorti de prison et de Victor, la créature qui fuit pour finalement échapper au zoologue Ernest Choisuel qui en veut à la vie de la créature, et à monsieur Petit, un flic solitaire, à leurs trousses. 

    Invité : Aurélien Blanchard, éditeur et traducteur. Il a été éditeur pendant près de vingt ans. 

    Les chemins écarquillés, publié chez Christian Bourgois, est son premier roman. 

    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française que Lucie choisit de décrypter avec Jean Pruvost, lexicographe. Avec la complicité des élèves de l'école Arago. 

     

    Programmation musicale : 

    Les artistes Clovis et Lemofil avec le titre Un bleu si bleu.

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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