De vive(s) voix

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De vive(s) voix episodes

  • Anne Roumanoff nous vante l'expérience de la vie

    Dans son spectacle, la comédienne Anne Roumanoff dresse une galerie de portraits hauts en couleur, avec un objectif unique : raconter, grâce à ces personnages, « l’expérience de la vie ».

    Une bouchère dépassée par la vie, une adolescente « woke », un pilier de bar, une coach de vie et de couple, dans ce spectacle, grâce à ses personnages, Anne Roumanoff explore l’évolution du langage, la fragilité des relations amoureuses ou encore notre nouveau rapport au travail. Des caisses automatiques en supermarché aux livres de développement personnel, elle croque les travers de la société actuelle. 

     

    40 ans de carrière

    Cela fait 40 ans qu’Anne Roumanoff monte sur les planches pour nous faire rire. Elle constate qu’en quatre décennies, « tout a changé ». Avec ses sketches, elle a à cœur de « tendre un miroir à la société ». « Je suis dans le constat, je n’ai pas la prétention de vouloir changer la société. » Au début de sa carrière, elle explique avoir « subi des remarques sexistes », des remarques qui, selon elle, « ne pourraient plus exister aujourd’hui ».

    Fabriquer le rire

    Pour Anne Roumanoff, l’écriture de l’humour se fait en plusieurs phases. Tout d'abord, elle note un maximum d’idées, puis elle resserre son écriture... Elle teste alors ses nouveaux sketches devant un public, dans des petites salles et elle observe... pour voir quand ça réagit ! « On ne sait pas quand le rire va surgir ». Elle se permet de rire de tout mais sans attaque frontale. Pour elle, il y a toujours une partie improvisée, mais l’humour sur scène ne supporte pas l’imprécision et ses sketches sont alors très écrits. 

    Un humour bienveillant mais tranchant

    Anne Roumanoff commence par rire d’elle-même : « rire des autres, c’est d’abord savoir se moquer de soi-même ». Elle définit son humour comme bienveillant, « plein d’humanité mais tranchant ». Elle admet manier parfois la diplomatie, tout en gardant un regard lucide sur la société et ses dérives ! 

    L'expérience de la vie : à voir au Théâtre des Mathurins et en tournée. 

    Invitée : Anne Roumanoff, née en 1965, est une humoriste, comédienne et autrice française. Formée au Cours Florent, elle se fait connaître à la fin des années 1980 avec l’émission télévisée « La Classe ». Elle enchaîne ensuite les one-woman-shows, apparaît régulièrement à la télévision et à la radio, et publie plusieurs livres et chroniques. Son humour porte notamment sur la vie quotidienne, la politique et les relations sociales, et elle est identifiée visuellement par sa robe rouge, souvent portée sur scène.

    Programmation musicale : 

    L'artiste Yoa avec le titre Moa.

    29 min
  • Le désamour des jeunes pour la lecture : «Faire lire, c’est un rôle-clé des enseignants»

    Les jeunes de 7 à 19 ans lisent de moins en moins, alerte le rapport du Centre national du livre (CNL) publié mardi 14 avril 2026. Une conclusion qui confirme la tendance déjà observée dans l’étude menée en 2024. 

    Cette étude, réalisée tous les deux ans depuis 2016 par le CNL, met en lumière le rapport des 7-19 ans avec la lecture. Les résultats de cette enquête réalisée sur un échantillon de 1 500 personnes et qui vise à évaluer la manière dont les jeunes Français perçoivent et pratiquent la lecture aujourd’hui sont sans appel : bien que le nombre de jeunes qui lisent reste globalement stable, on observe toujours un décrochage à l’adolescence et une dégradation du niveau de lecture. 

     

    L'adolescence, une période charnière 

    86% des jeunes déclarent lire, mais la tendance est à la baisse. Le décrochage semble se faire à l’adolescence. « C’est alarmant. On imagine que c’est à l’âge du premier smartphone que le fossé se creuse », nous dit Olivier Lombardi du CNL. Cette baisse se confirme aussi pour les mangas et les BD. Cependant, la France reste une terre de littérature, notamment chez les jeunes, comparée à des pays comme les États-Unis. Dans certains pays, comme la Finlande ou l’Espagne, les gouvernements ont pris le problème à bras-le-corps pour redonner l’envie de lire aux jeunes. Le souci, c’est que les parents, souvent digital natives, ont moins d’appétence pour la lecture que la génération d’avant.

    Cependant, ajoute-t-il, le livre reste sacré en France : il demeure le cadeau de Noël préféré des Français. Il reste central. Olivier Lombaardi préconise de lire des histoires aux enfants dès le plus jeune âge et de pratiquer la lecture à voix haute avec ses adolescents.

    Un phénomène qui s’observe dans les écoles

    Gilles Vernet le constate dans sa classe. Professeur des écoles en CM2 depuis vingt ans, il demande à ses élèves de lire un chapitre pour le jour suivant. « Faire lire, c’est un des rôles-clé des enseignants. Les jeunes lisent, oui, mais combien de temps par jour ? Que lisent-ils ? Est-ce une lecture profonde ? Il y a un manque de lecture nourrie. Il y a un manque d’ambition. » 

    La solution serait pour lui de faire baisser le temps d’écran chez les jeunes, une mesure plébiscitée par ses élèves eux-mêmes, qui admettent ne pas arriver à se poser des limites dans l’utilisation des écrans ! Pour l’enseignant, il est primordial de faire comprendre aux enfants que la lecture est un outil d’émancipation sociale. Il recommande aussi de leur faire lire, dès le plus jeune âge, de grands auteurs tels que Victor Hugo ou Stefan Zweig afin de les imprégner de la beauté de la langue et des mots. « Des auteurs comme Victor Hugo, qui ont défendu les pauvres et les enfants, ça parle aux jeunes, ils se sentent proches de ces préoccupations, il faut prendre le temps de les guider. » Il insiste sur le rôle des parents dans la transmission du goût de la lecture

    Invités :

    - Olivier Lombardi, directeur général du Centre National du Livre

    - Gilles Vernet, professeur des écoles en CM2 à Paris en zone prioritaire. Son documentaire « Et si on levait les yeux ? » est à regarder ici. 

    L'étude complète du CNL est à lire ici. 

    Avec également le reportage de Camille Simon. 

     

    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « À cor et à cri » qui donne bien du fil à retordre à ceux qui essaient de l’écrire correctement. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste québécoise Ariane Roy avec son titre Mordre.

    29 min
  • Adama Diop et Aimé Césaire: dialogues de poètes

    Dans L'Apocalypse d'Adam et Aimée, Adama Diop poursuit son travail de création et revisite l'œuvre fondatrice du poète, Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal.

    Le père, Adam, figure tutélaire, fatiguée, crépusculaire, raconte l’apocalypse à sa fille, Aimée. Pour ce faire, il reprend parfois les mots d’Aimé, le grand Césaire. Un baisser de rideau pour l’humanité, écrit et incarné par Adama Diop, qui se joue actuellement au Théâtre du Rond-Point.

     

    Être la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche

    Le spectacle se construit sur des échos : ‘Aimée’ rappelle ‘Aimé’, Adama est ‘Adam’, le premier homme qui est aussi le dernier, et qui est encore l’interprète présent devant son public. Les voix de tous se prolongent, se répondent et se confondent. Adama Diop évoque un « rapport presque radiophonique à dire de la littérature ». Sur scène, Adama Diop porte un costume brodé de fleurs rouges et déclame dans un décor minimaliste, où la nature reprend progressivement ses droits. Il parle pour le végétal menacé, pour les espèces animales disparues, et la poésie perdue.

    À travers sa lecture, Adama Diop explique avoir voulu permettre à la poésie de reprendre ses droits sur le plateau de théâtre. L’Apocalypse d’Adam et Aimée est une pièce qu’il qualifie plutôt de « grand poème », poème qui rend hommage à un autre : le Cahier d’un retour au pays natal.

     

    Genèse d’un récit de la fin des temps

    Au commencement, il y a donc le Cahier de Césaire, œuvre indomptable qui le suit depuis l’adolescence. Au commencement, il y a aussi une commande du musée de l’Orangerie à Adama Diop pour un texte sensé être lu in situ, avec en toile de fond les nymphéas de Monet. Les peintures de Monet sont symptomatiques d’une frénésie de dire le monde, dans laquelle se reconnait Diop. La civilisation déchue qu’il décrit est un peu la nôtre, documentée dans tous ses excès, le point de bascule dépassé.

     

    Entre retour et renoncement, fin et recommencement

    Pour Adama Diop, l’Apocalypse n’est pas juste la fin du monde. « L’Apocalypse, c’est aussi une révélation », rappelle-t-il. L’effondrement d’une société devient le moment de prise de conscience qui permet d’envisager le monde d’après, celui qui se dessine par-delà les décombres. On pourrait même épouser l’embrasement de « mini-apocalypses pour laisser place à des mondes plus ouverts, plus justes. » C’est bien la fin des temps qui permet au futur d’advenir.

    Si Adam ressasse le passé, Aimée est l’avenir, un futur au féminin. Elle assure la préservation de sa lignée et la survie de l’humanité... 

    Le texte est à retrouver aux éditions Actes sud. 

    Invité : Adama Diop, auteur, comédien et metteur en scène, né à Dakar, au Sénégal. Il se forme à partir de 2002 à l’ENSAD de Montpellier puis au CNSAD de Paris. En 2016, il est révélé dans la pièce-fleuve 2666 de Julien Gosselin. 

    En 2018, il tient le rôle-titre dans Macbeth de Stéphane Braunschweig. En 2021, le rôle de Ermolaï dans la Cerisaie mis en scène par Tiago Rodrigues. En 2022, il est Othello dans la mise en scène de Jean-François Sivadier. 

    En 2021, Diop crée au Sénégal l’« École internationale d’acteurs et d’actrices de Dakar » (EIAD), un lieu dédié à la formation et à la professionnalisation des comédiens et comédiennes issus de tout le continent africain.

    En 2024, il met en scène Fajar ou l’Odyssée de l’homme qui rêvait d'être poète. 

    L'Apocalypse d'Adam et Aimée est sa deuxième mise en scène. 

     

    Programmation musicale : 

    Les artistes Meryl feat Umpa avec le titre Lajen.

    29 min
  • «La petite tortue-étoile», un conte bilingue pour raconter le génocide au Rwanda

    Dans La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje transforme son histoire marquée par l’exil et le génocide de 1994 en un conte universel de résilience.

    Quelle est la part d’universel et de spécifique dans un conte ? Comment les histoires traversent le temps et les continents ? Avec La petite tortue-étoile, Béatrice Uwambaje nous offre un magnifique récit de résilience, où une histoire intime touche à l’universel. 

    Revenir à l'enfance 

    Agée de 20 ans en 1994, au moment du génocide, elle quitte son pays pour venir en France. Avec ce conte, l'autrice voulait prendre un peu de distance avec son histoire. Le conte était le genre qui me permettait de prendre du recul et de me relier à moi-même. 

    Le conte était un moment de partage très important. Enfants comme adultes attendaient ce moment avec impatience. 

    La petite tortue-étoile raconte l’histoire d’Ikamba, une petite tortue ocre qui vit d’abord sur une terre en harmonie. Mais elle devra connaître l’exil, échapper à mille périls, traverser des territoires inconnus pour, finalement, loin de sa terre natale, donner naissance à un bébé tortue… Une histoire d’errance, de transmission et de résilience. 

    Un conte foisonnant de symboles et de métaphores

    Dans son conte, les vaches occupent une place primordiale. Au Rwanda, cet animal possède une forte charge symbolique : « C’est presque un animal sacré. Elle symbolise la richesse ; on dit d’une personne qui a beaucoup de vaches qu’elle est riche. »

    La tortue, elle non plus, n’est pas choisie au hasard. Ce petit animal, qui peut sembler « insignifiant », est en réalité d’une grande résistance grâce à sa carapace. Elle incarne aussi « le temps long, la patience et la persévérance ».

     

    Un conte bilingue français-kinyarwanda

    À quel moment votre langue natale vous échappe-t-elle quand vous ne la parlez plus tous les jours ? C’est la question que s’est posée l’autrice en écrivant son conte.

    « J’ai vécu aujourd’hui plus longtemps en France qu’au Rwanda, je voulais savoir si j’avais encore cette fluidité. » Elle n’avait encore jamais osé écrire directement en kinyarwanda. Elle a commencé par la formule consacrée en kinyarwanda, puis a rédigé deux pages en français… avant de tout réécrire dans sa langue maternelle. Puis de retraduire vers le français. 

     

    Invitée : 

    Béatrice Uwambaje Georget, autrice. C'est une jeune adulte lorsqu’elle a quitté le Rwanda en 1994 au moment du génocide. 

    Elle vit en France depuis bientôt 30 ans.  

    Elle avait publié auparavant Le Silence des Collines, aux éditions Sépia, inspiré par des faits réels. Puis, Elles dansaient sous la pluie, un deuxième roman aux éditions Vérone. Elle raconte dans ces deux livres comment elle a survécu au génocide rwandais. 

    Elle vient de publier le conte bilingue français-kinyarwanda La petite tortue-étoile à compte d'auteur. Illustré par les dessins de Marcello Pettineo.

    Pour vous procurer l'ouvrage  [email protected].

     

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Ottawa, pour parler du programme VIF, (Valorisation d'Initiatives Francophones) une initiative pancanadienne, visant à soutenir l’engagement des jeunes de 14 à 30 ans en français, en favorisant le dialogue et le rapprochement des communautés linguistiques.

    Et c’est Ajà Besler, directrice générale du Réseau Dialogue qui nous explique tout cela ! 

     

    Programmation musicale :

    L'artiste Naâman avec le titre «Toi et moi». 

    30 min
  • Rodney Saint-Éloi, «Fais du feu» : un poème-monde sur le renouveau

    Dans le recueil de poésie Fais du feu, l'auteur Rodney Saint-Eloi fait du feu une obsession. 

    « Fais du feu » : ainsi, commence et s’achève le recueil de Rodney Saint-Éloi. Une injonction qui résonne comme un mantra, un refrain incantatoire traversant la centaine de poèmes du livre... mais comme si c'était un seul poème. 

     

    "Le feu, une fois allumé peut devenir imprévisible".

     

    Détruire pour permettre le renouveau

    Mais de quel feu parle-t-on ? Chez Saint-Éloi, le feu n’est pas seulement la flamme : il est le recommencement. Il brûle les vieilles peaux, pour rendre possible un départ nouveau. « Le feu nous permet d’enlever toutes les anciennes peaux et de repartir. » Dans ce que nous traversons aujourd’hui, dit-il, il y a urgence à recommencer. Le poème devient alors le foyer de ce renouveau, le lieu où l’on rallume la braise.

    Un feu qui ramène à l'enfance

    L’auteur évoque aussi le premier feu, le feu primal, « celui qui a fondé l’humanité en nous ». Il le relie à l’enfance : la mémoire des braises en Haïti, celles des patates douces qu'il faisait cuire dans le feu. Là-bas, le feu est essentiel : là où il y a le feu, il y a la vie, la parole, le lien. Quand le monde s’effondre, quand tout semble s’obscurcir, nous avons besoin de voir une flamme. 

     

    Invité : Rodney Saint-Eloi, poète, éditeur et essayiste haïtien-canadien. Né en Haïti, il s’exile au Canada dans les années 2000 et s’installe à Montréal. Il est le fondateur de la maison d’édition Mémoire d’encrier, qui met en avant les voix de la diversité, de la Caraïbe et des Amériques. Son œuvre poétique aborde l’exil, la mémoire, Haïti, la dignité et la résistance. Il est aujourd’hui une figure importante de la littérature francophone contemporaine, à la fois comme auteur et comme passeur de textes. 

    Fais du feu est publié aux Editions Mémoire d'Encrier.

    Programmation musicale : 

    L'artiste Angélique Kidjo avec le titre Hope ! 

    29 min
  • Festival des accents à Marseille : comment les Jobastres célèbrent les parlers régionaux

    Pendant trois jours, les villes de Marseille et d'Aix-en-Provence vont vivre au rythme des accents grâce au festival des accents. 

    Les accents sont des marqueurs existentiels, mais ce sont aussi des objets de recherches scientifiques. Le sociolinguiste Médéric Gasquet-Cyrus travaille avec d'autres chercheurs sur le sujet. Ils organisent cette semaine la deuxième édition du festival des accents. 

    Les accents : un objet de recherche

    Après Saint-Étienne et son « gaga stéphanois », le festival des accents aura lieu cette année à Marseille, une ville qui concentre une grande diversité d’accents. L’accent « pagnolesque » de Raimu, l’accent dit « jambon », un peu plus bourgeois, l’accent plus populaire des quartiers Nord, ou encore celui de Jul ou de Soprano : tous témoignent de la richesse linguistique marseillaise. 

     

    "On ne peut pas comprendre Marseille si on ne comprend pas les accents !"

    Mais, le festival a pour ambition de mettre tous les accents sur un pied d’égalité. « On parle des accents en général, de la francophonie, mais aussi des accents dans le monde anglophone », précise Médéric Gasquet-Cyrus.

    Il s’agira d’explorer comment se produisent les accents d’un point de vue phonologique. Il y aura par exemple des machines montrant comment se forment les voyelles nasales. Toute une dimension technique et scientifique des sciences du langage sera ainsi mise en avant.

    Le duo comique des Jobastres : montrer la diversité des accents et des parlers

    Hugo Balique et Romain Borelli, alias Balicus et Romano, sont tous les deux issus de familles provençales et se sont rencontrés durant leurs études. Ils ont fondé le duo des Jobastres qui s'est fait connaître sur les réseaux sociaux. Un « jobastre » en parler marseillais, c'est le summum du « fada », c'est celui qui met « sa folie au service d'une cause ». Leur cause à eux, c'est les parlers ! Dans leur sketch, ils s'amusent des différents accents et expressions de diverses régions et organisent des « battles » de régions. 

    « Il y a longtemps, nous explique Romano, je travaillais en radio mais on me disait de gommer mon accent, de l'arrondir, c'était comme gommer mon identité, je ne savais pas ce qu'était la glottophobie ! »

    Leur spectacle qui s’appelle En rodage et qui raconte le quotidien de deux collègues avec une bonne dose de caricature ou de « galejade », est une histoire inventée ou exagérée, pour plaisanter. Un véritable art de vivre marseillais ! 

     

    Invités : Médéric Gasquet-Cyrus, maître de conférences en sociolinguistique et coorganisateur du festival des accents, et le duo des Jobastres avec Romani Borelli et Hugo Balique. 

    Le festival des accents du 9 au 11 avril à Aix-en-Provence et Marseille. 

    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « Faire le mariole » qu'elle passe à la moulinette. Avec Benjamin Rouxel des éditions Le Robert.

     

    Programmation musicale : 

    Les artistes Christophe Maé et Francis Cabrel avec le titre La fabrique des rêves. 

    29 min
  • Du football féminin aux graffeuses : les conférences drôlement savantes d'Hortense Belhôte

    Le football féminin, les graffeuses ou encore la Révolution française : autant de thèmes que la comédienne Hortense Belhôte distille dans ses conférences-performances qui mêlent savoirs académiques, humour et jeu scénique.

    Le théâtre de la Bastille propose une anthologie des conférences spectaculaires d'Hortense Belhôte. Il y en a six au total sur des thèmes variés.  

    Des conférences-spectacles entre savoir, pop culture et humour

    Hortense Belhôte mêle les références et vulgarise les thèmes avec une culture universitaire traversée par la pop-culture (le rap, les jeux vidéo) mais aussi des références autobiographiques. Elle trouve des liens inattendus entre ces univers. Dans ces conférences, l’humour reste central : car selon elle il « permet de décadrer. C'est un outil de la découverte ». Passionnée par l’histoire de l’art et le théâtre, elle crée ses conférences qui se sont professionnalisées en 2019 lorsque le CDN de Besançon lui passe commande. 

    Un regard féministe et décolonial pour réécrire l’histoire

    Ses conférences se veulent également féministes et décoloniales. Elle met un point d'honneur à mettre en avant « des histoires qui ont été minorisées ou tuées ».

    En 1664, elle revisite un pan de l'Histoire de France. « L'histoire de France m'intéresse mais aussi dans sa connexion aux autres histoires. » Son but : créer des ponts culturels, revisiter les récits dominants et proposer une histoire contemporaine mais vivante.

     

    Invitée :

    Hortense Belhôte est actrice, autrice et historienne de l’art. Elle est la créatrice de Merci de ne pas Toucher, une websérie Arte réalisée par Cécilia de Arce, qui décrypte les chefs-d'œuvre de l’art classique européen. Comédienne, elle a joué pour le théâtre et le cinéma. Titulaire d’un master 2 en histoire de l’art, elle a enseigné dans des écoles d’art. À la croisée de ses pratiques, elle a créé ses six conférences spectaculaires. 

    Titulaire d’un master 2 en histoire de l’art, elle a longtemps enseigné dans des écoles de design, de marché de l’art et des universités. À la croisée de ses pratiques, elle s’est créée une forme sur mesure : la conférence spectaculaire, dont le catalogue se déploie au fil des ans. Une histoire du foot féminin tourne depuis 2019 dans des lieux de spectacle et d’éducation ; en 2021 Histoires de Graffeuses voit le jour à la demande du Centre Dramatique National de Besançon ; en 2022 sont créées Performeureuses (une histoire de la performance en danse contemporaine) pour le Théâtre de Vanves, puis Et la marmotte ? (une approche historique et sociologique de la montagne) commande du Centre chorégraphique national de Grenoble et 1664 (déboulonnage en règle de l’absolutisme de Louis XIV) au Centre National de la Danse.

    En 2023, Portraits de Famille – les oublié.es de la révolution française, produit par L’Espace 1789 de Saint-Ouen et joué au théâtre de l’Atelier à Paris, s’inscrit dans cette vaste relecture patrimoniale au-delà des frontières des arts et des idées reçues.

    ► A voir au Théâtre de la Bastille jusqu'au 22 avril.

    Programmation musicale : 

    L'artiste JeuneCrack avec le titre Jordan4. 

    29 min
  • Vivante ! La langue française selon la linguiste Julie Neveux

    Dans son essai, Avec la langue, la linguiste Julie Neveux nous propose une immersion dans le français qu'on parle aujourd'hui. 

    Avec la langue est le nouveau livre de Julie Neveux, linguiste et autrice qui se passionne pour le français, celui qu’on parle, que ce soit au boulot ou en amour. 

    Le français parlé v. s. le français écrit

    Elle fait le distinguo entre le « français écrit » et le « français parlé ». Elle s'intéresse particulièrement à la parole car elle considère que c'est grâce à elle qu'une langue reste vivante.

    Elle décrypte des expressions en partant parfois de situations ordinaires. « Comment arrive-t-on à parler de la météo, par exemple ? Ce sont des discussions triviales qu'on a avec son prochain et qui permettent d'échanger tout en gardant contact avec son interlocuteur : c'est ce qu'on appelle les conversations phatiques. »

    Une langue trop normée ?

    Elle trouve la langue trop normée, la langue de l'écrit et de la grammaire qu'elle appelle la « grammatisation » de la langue.

    Elle souligne l’ironie qu’il y a à appeler le français « langue de Molière », cet auteur du XVIIᵉ siècle qui s’amusait justement à malmener et à tordre le français. 

    Le français, une langue plus que vivante ! 

    Elle s'oppose aux puristes qui charrient un discours décliniste, le « tout fout le camp, la langue française est foutue », or elle est persuadée qu’une « nouvelle langue est à venir ». Son livre regorge de nouvelles expressions ou mots tels que « Quoicoubeh ».

    Elle analyse aussi des mots comme « situationship » : une relation amoureuse, qui ne rentre dans aucune case. 

    Invitée : Julie Neveux, linguiste, enseignante-chercheuse en linguistique anglaise à Sorbonne. Son dernier ouvrage, Avec la langue est publié aux éditions Grasset. 

    Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé, au Togo où l'institut français célèbre le livre et le droit d’auteur tout le mois d'avril avec comme axe principal, la médiation autour du livre.

     

    Programmation musicale :

    Les artistes Gabi Hartmann et Arat Kilo avec le titre « Les larmes d’un temps passé ». 

     

    29 min
  • Le Petit Prince a 80 ans : pas une ride et toujours au firmament

    Une rencontre dans le désert: un aviateur dont le moteur d'avion est tombé en panne avec un blondinet vêtu d'une cape verte tout droit descendu d’une minuscule planète, l’astéroïde B 612.
    Ainsi commence le dernier roman d’Antoine de Saint-Exupéry publié en 1943 et qui connait depuis sa publication, un succès constant. 
     

    Le Petit Prince est un conte poétique et philosophique écrit par Antoine de Saint-Exupéry, publié pour la première fois aux États-Unis en 1943, alors que Saint‑Exupéry est en exil à New York pendant la guerre. C'est une commande de ses éditeurs américains. 

    L'histoire d'une publication

    Il paraît simultanément en français et en anglais. La première version est écrite à la main. Le texte est destiné à la communauté française exilée, comme lui aux Etats-Unis, mais aussi au public anglo-saxon. Le livre a été un véritable succès de librairie. 

    Il est publié en France après la disparition de l'auteur, en 1946, après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, le livre n’avait pas pu être publié dans la France occupée. Le roman est alors très populaire, Saint-Exupéry étant considéré comme un héros par la population.

    Près de 700 traductions du Petit Prince

    C'est à Soleure, en Suisse que Jean-Marc Probst conserve son trésor : des dizaines de milliers d'objets autour du Petit Prince parmi lesquelles toutes les traductions du Petit Prince dans toutes les langues. L’œuvre de Saint-Exupéry est le livre le plus traduit après la Bible et l’œuvre littéraire la plus traduite dans le monde. Jean-Marc Probst a pour objectif « que chacun puisse avoir accès à ce texte dans sa langue maternelle. Nous avons effectué par exemple une traduction en changana, une langue du mozambique grâce au concours de l'Alliance française ».  

    D'autres traductions en tzonga (une langue principalement parlée en Afrique du Sud et au Mozambique) et en moré ont également été effectuées. 

    Une traduction en aymara, une langue parlée dans une zone entre le Pérou, la Bolivie, le Chili et l’Argentine a également permis à deux millions de locuteurs de lire Le Petit Prince dans leur langue.

    Une histoire universelle et un récit d'apprentissage

    L’histoire débute lorsqu’un aviateur, tombé en panne dans le désert, rencontre un étrange enfant venu d’un autre astéroïde : le Petit Prince. Au fil de leurs échanges, le garçon lui raconte sa vie sur sa petite planète, sa rose, et son voyage à travers différents astéroïdes où il rencontre des « grandes personnes » aux comportements absurdes (roi, vaniteux, buveur, businessman, etc.). À travers un langage simple et des images poétiques, le livre aborde des thèmes profonds : l’amitié, l’amour, la solitude, la perte, le regard d’enfant opposé sur le monde des adultes. C’est une œuvre qui semble destinée aux enfants, mais qui parle aussi au cœur des adultes, rappelant l’importance de l’imagination, de la sincérité et des liens que l’on crée avec les autres. 

     

    Invités:

    - Alban Cerisier, spécialiste d'Antoine de Saint-Exupéry, historien de l’édition et archiviste aux éditions Gallimard. Il a coordonnée la parution du manuscrit original, en fac-similé bien, qui vient de sortir aux éditions Gallimard. 

    - Jean-Marc Probst, « collectionneur » du Petit Prince. Il est à l'origine du musée du Petit Prince qui a ouvert à Soleure, en Suisse.

    Programmation musicale : 

    L'artiste Tété avec le titre « Vertige du seum ».

    29 min
  • Etienne Ghys : des maths et des lettres


    Dans La Petite Histoire des lettres, le mathématicien Étienne Ghys explore cinq siècles d’évolution typographique, entre art, mathématiques et algorithmes. Une invitation à redécouvrir l’alphabet comme un objet scientifique autant qu’esthétique. 

    On les lit sans y penser, mais chaque lettre obéit à une géométrie, une hauteur d’x, une ligne de base, des courbes bien dessinées ou délibérément brisées. Dans son livre, l'auteur, nous incite à regarder les lettres, individuellement. 

    Une fascination pour les lettres

    Dès son plus jeune âge, Etienne Ghys, est fasciné par les lettres : et pour cause son père était imprimeur. Il regarde les lettres en tant qu'objet géométrique. Etienne Ghys aime les lettres car selon lui « elles incarnent la pensée ». 

    Il nous apprend, par exemple, que les polices varient en fonction de ce qu'on est en train de lire : les empattement ralentissent la lecture mais permettent qu'elle soit plus approfondie quand les panneaux d'autoroute sont eux lisibleS au premier coup d'oeil.

    L'imprimeur, c'est l'architecte du langage.

    La police, une histoire de style !

    L'histoire des polices commence avec Gutenberg et l'imprimerie. À l'époque, les Bibles sont écrites et recopiées à la main par des scribes et coûtent cher. L'idée lui vient alors de créer des caractères mobiles en plomb, calqués sur les caractères des scribes pour imprimer et vendre des Bibles à grande échelle et à prix abordable.

    Une géométrisation des caractères

    Vient alors l'époque des humanistes et des belles choses ! On va observer les caractères romains gravés dans de vieilles pierres de l'époque romaine avec des lettres travaillées. Des artistes tels que Léonard de Vinci commence à géométriser les lettres comme il le fait dans le livre de mathématiques La Divine proportion de Luca Pacioli dans lequel il illustre les écrits de l'auteur.

    Puis, vient la série de polices grecques cursives avec des caractères romains, inventés par Claude Garamond qui ont inspiré de nombreuses polices qui portent son nom. 

    Les choses se sont un peu plus figées un peu plus tard lorsque Colbert demande à l'Académie des Sciences de dessiner une police à la gloire du roi Louis XIV: c'est le "romain du Roi", utilisée par l'imprimerie royale.  

    Derrière chaque police, une manière de pensée

    Depuis, les choses évoluent. Chaque pays, impose une écriture de celle du pays, chaque police a une histoire politique. La typographie "Marianne" est une police de caractères dessinée en 2020, à l'usage unique de l'État français. 

    Certains graphistes inventent des alphabets et fusionnent les lettres, pour rendre l'écriture inclusive. Cette typographie repose sur différents procédés graphiques comme l'entrelacement de lettres 

     

    Invité : Etienne Ghys, mathématicien, spécialisé en géométrie. Directeur de recherche émérite au CNRS, secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences. Il vient de publier La petite histoire des lettres chez Odile Jacob. 

     

     

    Et comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup s'amuse à décortiquer pour nous, les expressions de la langue française. Cette semaine c'est l'expression « C'est carré » qu'elle passe à la moulinette. Avec Géraldine Moinard des éditions Le Robert.

     

    Programmation musicale : 

    L'artiste Jyeuhair avec le titre çA crÉpiTe. 

    29 min

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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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