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Le 13 novembre 2015, trois hommes ouvrent le feu dans la salle de spectacle du Bataclan et tuent 91 personnes parmi lesquelles Suzon Garrigues, 21 ans. Sa mère, Sabine, a écrit un livre publié en 2023 et mis en scène aujourd'hui par Audrey Bonnet.
« Rien n'est su » est le témoignage d'un jour d'assassinat: les heures, les jours et les mois qui ont suivi ce jour.
C'est un témoignage écrit comme un long poème en vers libres : en 36 chapitres, 36 strophes.
La comédienne Audrey Bonnet le met en scène à la MC 93. Elle découvre le livre de Sabine Garrigues grâce à Pascal Rambert, metteur en scène, avec qui elle travaille.
Il a été mis une première fois en lecture à Théâtre Ouvert. Pour Audrey Bonnet, il y avait une nécessité de le transmettre « J'avais envie de l'entendre dans toutes les langues, dans toutes les générations. »
La pièce est confiée à de jeunes comédiens pour créer un « c(h)oeur » vibrant.
Invitées : Sabine Garrigues, autrice de Rien n'est su publié aux éditions du Tripode et Audrey Bonnet, comédienne et metteuse en scène. Elle a joué dans une cinquantaine de pièces. Elle met en scène « Rien n'est su » à voir à la MC 93 jusqu'au 3 octobre 2026.
Programmation musicale :
L'artiste Grand Corps malade en duo avec le rappeur SDM pour le titre «Traces».
« Crise climatique » « handicap » « diversité » « LGBT » « racisme », environ 250 mots ont été bannis des documents administratifs et des sites gouvernementaux aux États-Unis depuis janvier 2025. Comment cette guerre culturelle et linguistique laisse désormais place à une guerre concrète contre les individus ? La même chose pourrait-elle arriver en France ?
Cécile Alduy vit aux États-Unis depuis vingt ans et elle observe depuis janvier 2025 le sentiment de peur qui étreint toute la population devant un État répressif « jusque dans la manière dont on a le droit de parler ou de chercher », explique-t-elle.
« On interdit de faire de la recherche sur un certain nombre de sujets ».
Une véritable police du langage s'est mise en place et les Universités sont devenues « l'ennemie publique N°1 ». Et pour cause, le langage y est utilisé pour penser, pour débattre.
Le régime Trump utilise la langue comme une arme de destruction : on efface la langue et les mots « comme un nouvel ordre du langage ».
Au fil de son enquête, Cécile Alduy a recensé près de 400 mots interdits. Une liste tentaculaire.
Des mots comme « gender » ont été retirés des textes fédéraux. Ce qui est visé, au fond, c’est tout ce qui n’est pas « pensée MAGA ». Ce ne sont pas seulement des mots qui disparaissent, mais les gens qu’ils désignent : une véritable purification lexicale.
Pour Cécile Alduy, supprimer ce vocabulaire, c’est attaquer des droits concrets : « si on élimine le mot “transgenre”, cela veut dire qu’on ne peut plus renouveler son passeport, on n’existe plus socialement. Ce sont des attaques réelles. On nettoie de l’espace public la visibilité de beaucoup de gens. »
Selon la chercheuse, une menace comparable pèse aujourd’hui sur la France : « on commence à être sous emprise, on commence à s’autocensurer ». Elle propose de faire de ces mots interdits des « mots‑étendards »: « si ces mots sont interdits, c’est qu’ils ont du pouvoir. Il faut les utiliser, même un mot comme “fœtus” : sans ce mot, pas de droit à l’avortement. Il faut une langue qui nous aide à penser plus. »
Invitée : Cécile Alduy, professeur de littérature à l’Université de Stanford. Chercheuse associée au CEVIPOF à Paris. Son essai D’abord, ils sont venus chercher les mots est paru aux éditions des Arènes.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Lomé pour parler de la saison 10 du festival « Rendez-vous international du rire à Lomé » et c’est Valentin Vieyra, artiste humoriste - formateur en techniques d'écriture humoristique et en gestion scénique et directeur de ce festival qui nous en parle !
Programmation musicale :
L'artiste BEN Plg avec le titre Histoire sans fin.
Dans son premier roman, Adèle Haenel nous fait suivre les métamorphoses d’un enfant fantôme lancé sur les traces de sa propre disparition au travers de la vie et de l’art.
Elle est celle qui parle : elle avait témoigné en 2019 des violences qu'elle a subies dans l'enfance, celle qui a dénoncé aussi la complicité du milieu du cinéma. Elle publie aujourd'hui « Viser juste » pour faire taire le silence, briser le déni.
Elle y parle de la possibilité de construction ou de reconstruction.
Invitée : Adèle Haenel, artiste, interprète. Elle a collaboré au cinéma avec les frères Dardenne et Céline Sciamma. Elle est également metteuse en scène.
« Viser juste » est publié aux éditions de l’Arche.
Programmation musicale :
Les artistes Supremnova & Jemma's Palace avec le titre « La Var ».
« L'art de la chute » est une mise en voix qui réunit sept auteurices sur scène. Tour à tour, ils livrent un récit à la première personne où s’entremêlent joyeusement vécu et fiction, poésie et politique. Quand écrire devient aussi l’art de tenir sur ses jambes.
Tantôt drôles, absurdes, inquiets, tendres, et toujours percutants, les textes qui composent L'Art de la chute font résonner des voix singulières pour transformer l'espace théâtral en lieu d'affirmation et de réinvention de soi.
Les thèmes abordés sont les violences économiques et sexuelles, la transidentité, le racisme systémique, les troubles psychiques.
Ainsi, Pierre Koestel, écrivain de théâtre et dramaturge, endosse le rôle de maître de cérémonie et imagine plusieurs façons de faire vibrer les textes du collectif. « Avec le stand-up, on tend vers le comique, pourtant c'est une technique d'écriture assez rigide ! Il y a des règles de musicalité de la langue. » Il utilise la chute comme fil conducteur. C'est un art qui peut paraître minoré, et pourtant c'est très politique. « Une vanne, ça se construit, ça doit être saillant. Il faut parfois réécrire la punchline jusqu'à ce qu'elle fasse mouche ! »
Marie de Dinechin est comédienne et autrice. Elle axe son travail autour de la bipolarité. Elle même atteinte de ce trouble psychique, elle joue avec les codes de l’autofiction. Son écriture est tournée vers le public pour tenter de lui raconter cette maladie, avec beaucoup d’humour et de joie.
Invités : Pierre Koestel et Marie de Dinechin.
La puce à l’oreilleEt comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous met dans « de beaux draps » avec Benjamin Rouxe, lexicographe aux éditions Le Robert.
La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.
Programmation musicale : L'artiste Eddy de Pretto avec le titre « Sous influence ».
Neuf ans après Ouï, Camille sort un nouvel album The Sound of Milk, un disque enregistré sur plus de 15 ans autour de la maternité, de l’enfance et de l’adolescence, et des chansons qui grandissent en même temps.
Il aura fallu près de quinze ans à Camille pour composer ce nouvel album. Pensé comme un triptyque, il se déploie comme un véritable hommage à la maternité. Tout commence avec le titre « The Sound of Milk », choisi en anglais parce qu’elle redoutait la polysémie du mot « lait » en français. « C’est aussi la douceur du son milk qui m’a décidée », confie-t-elle.
Articulé en trois volets — naissance, enfance, adolescence — l’album est une suite de récits intimes. Camille a attendu que ses enfants grandissent avant de poser un regard distancié sur la maternité et sur eux.
Elle y célèbre la joie, comme force vitale dans une époque troublée « Dans cet état d'anxiété, on peut rester tendre. J'aime croire qu'une chanson pourrait avoir la possibilité de sauver le monde. »
Pour écrire ses textes, elle puise parfois dans un mot d’enfant, une onomatopée, une phrase lâchée au hasard. Elle se dit « plus sensible aux sons qu’aux images » et évoque « une montée en sons à partir de mots simples », comme si le langage se réinventait à hauteur d’enfant.
Camille est une chanteuse, auteure-compositrice et musicienne française reconnue pour son univers singulier, mêlant pop expérimentale, chanson française et recherches vocales contemporaines. Révélée au début des années 2000, notamment avec l’album Le Fil, elle s’est imposée par sa façon de traiter la voix comme un véritable instrument, en jouant sur les textures, les boucles et les percussions vocales. Parmi ses titres marquants, on peut citer « Ta douleur », « Au Port », « Pale Yellow » ou encore « Je ne mâche pas mes mots ».
Au fil de sa carrière, elle a exploré des univers variés à travers des albums comme Le Sac des filles, Music Hole ou Ilo Veyou, où l’on trouve des chansons telles que « Paris », « Gospel With No Lord » ou « L’Étourderie ». Elle a aussi participé à des projets collectifs et à des bandes originales, théâtre et performance vocale.
Invitée : la chanteuse Camille. Son album triptyque « The sound of milk » sortira le 18 septembre 2026.
Programmation musicale :
- Comptine extraite du volet 1 Naissance
- La terre du volet 2 Enfance
- Monsieur Garçon du volet 3 Adolescence
- GTB du volet 3 Adolescence.
Chaque soir, la metteuse en scène Andrea Jiménez invite un nouvel acteur à monter sur scène pour endosser le rôle du Roi Lear… mais sans aucune répétition préalable et sans avoir appris le texte : un véritable saut dans le vide ! Le comédien est uniquement guidé par la metteuse en scène en direct… à l’aide d’un acteur souffleur.
Mathieu Amalric, Nicolas Bouchaud, Pascal Gregory, Arthur Nauziciel, Laurent Pointrenaux, Pascal Reneric et Dorcy Rugmaba, Marcel Bozonnet : un casting de luxe avec des acteurs majeurs du théâtre et très célèbres qui acceptent de se jeter dans le vide pour jouer le Roi Lear ! le spectateur ne sait pas à l'avance quel comédien jouera le vieux roi shakespearien « c'est pour créer cet effet de surprise de l'irrépétible, de l'unique », explique Andrea Jimenez. « Les comédiens eux-mêmes acceptent pour ce désir d'être toujours surpris, de faire face à quelque chose de nouveau. »
« C'est même plus qu'une expérience, c'est un voyage. », précise Marcel Bozonnet.
Sur scène, Andrea Jimenez joue le rôle de Cordélia, la fille de Lear, et il y a un acteur qui souffle le texte à l’acteur qui joue Lear avec une oreillette...
Cet acteur ne sait rien du texte... La metteuse en scène a appliqué ce dispositif 135 fois avec 135 acteurs différents et notamment au festival d'Avignon.
Le Roi Lear, tragédie de Shakespeare, a été écrite entre 1603 et 1606. La pièce raconte l’histoire d’un vieux roi qui décide de partager son royaume entre ses trois filles en échange de déclarations d’amour. Trompé par les flatteries de Goneril et Regan, il déshérite Cordélia, la seule sincère. Les deux aînées, une fois au pouvoir, l’humilient et le chassent, tandis qu’un complot parallèle oppose le duc de Gloucester à son fils légitime Edgar, trahi par l’ambitieux Edmund.
Lear sombre alors progressivement dans la folie en découvrant la trahison de ses deux filles et la fragilité du pouvoir. Cordélia revient avec une armée pour le sauver, mais la défaite, les exécutions et les meurtres se succèdent, aboutissant à la mort de Cordélia et de Lear, et à une fin profondément tragique qui interroge la justice humaine et divine...
Avec cette pièce, la metteuse en scène Andrea Jimenez entend faire le lien entre son histoire personnelle et celle contée par William Shakespeare : ainsi que le Roi Lear a répudié Cordélia, la metteuse en scène a elle-même été répudiée par son père...
Invités :
Andrea Jiménez, autrice et metteuse en scène de Casting Lear et Marcel Bozonnet, l'un des comédiens qui joue le rôle du Roi Lear.
Andrea Jiménez est metteuse en scène, interprète, auteure et productrice espagnole.
Marcel Bozonnet est un acteur, metteur en scène et pédagogue français né à Semur-en-Auxois, le 18 mai 1944. Ancien directeur du Conservatoire national, ancien administrateur de la Comédie française, il a joué des dizaines de rôles sur toutes les scènes d’Europe avec les plus grands metteurs en scène. Il joue le rôle du Roi Lear.
Casting Lear, d’après Le Roi Lear, de William Shakespeare : à voir au Théâtre de la Ville, aux Abbesses jusqu’au 18 septembre 2026.
Et la chronique Ailleurs au Canada avec Sherry Simon, professeure émérite de l’Université Concordia. Elle participe à une conférence consacrée aux Langues minorisées, pour fêter les 30 ans de la Déclaration universelle des droits linguistiques qui aura lieu le jeudi 17 septembre 2026 à l’Université Concordia Montréal.
Programmation musicale :
Le groupe Java et Winston « Macanuf » avec le titre En fait.
Jonas voit son quartier de Port-au-Prince s'embraser. Il quitte Haïti, pour fuir vers le Canada en emportant quelques objets dans un sac plastique. Un périple à travers les Amériques commence alors, où les dangers se mêlent aux élans de solidarité.
Après l’embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n’emporte presque rien avec lui en quittant Haïti. Se réfugiant d’abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d’histoire franchit les frontières dans l’espoir d’atteindre le Canada et le peu de famille qu’il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l’ICE et d’une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants.
Lorsque Jonas, professeur d'histoire et poète fuit Haïti, ce n'est pas pour devenir riche mais pour vivre, pour fuir la vie dans un « pays mort » aux mains des gangs. Il emporte dans un sac plastique Carrefour, la photo de sa mère, une brosse à dents, un savon et un recueil de poèmes de René Depestre à qui il rend hommage en écrivant ce roman, un modèle pour l'auteur « un refuge en papier, un abri pour mes pensées », écrit-il. Il connait les épreuves mais aussi des choses joyeuses d'ailleurs le héros rit beaucoup dans le livre : un rire pour tenir, « je ris pour ne pas tomber », fait-il dire à Jonas.
Thélyson Orélien met la langue au cœur du roman : lorsque Jonas parle, il parle en créole, c’était essentiel pour l'auteur.
Il y a beaucoup d’étapes dans ce périple terrible et plein de mots car le personnage est d’abord un fuyard, puis un migrant, puis un clandestin, puis un dossier quand il demande l’asile... Chaque étape lui demande de rester debout.
Ce roman n'est pas à proprement parler autobiographique même si l'auteur a certains points communs avec son héros qui a aussi connu le rejet et la violence administrative. L'auteur se dit, avec ce roman, « engagé mais pas militant ».
Invité : Thélyson Orélien. Son roman C'était ça ou mourir est publié aux éditions Grasset.
Né aux Gonaïves en Haïti en 1988, Thélyson Orélien quitte son pays en 2010 après le terrible séisme qui a touché le pays et s'installe au Québec où il vit toujours.
C'était ça ou mourir a été publié en 2026 aux Éditions du Boréal, une maison d'édition canadienne, basée à Montréal, qui publie en langue française de la littérature générale. Le succès a été tel qu'il a été publié chez Grasset en cette rentrée littéraire. Une trentaine de traductions sont déjà en cours.
L'ouvrage fait partie des premières sélections des prix Goncourt 2026, prix Décembre 2026, Prix Renaudot 2026 et prix Femina 2026.
Thélyson Orélien sera présent pour une rencontre, au festival littéraire Maillage au Palais de la Porte Dorée le 27 septembre 2026.
Programmation musicale : La chanteuse Alma Rechtman avec le titre « Papa la maison s'effondre ».
Cent ans après la parution de Nadja, Gallimard publie la correspondance échangée entre André Breton et la jeune femme qui inspira le livre, Nadja — de son vrai nom Léona Delcourt — entre octobre 1926 et février 1927. Une exposition vient également mettre en lumière ces lettres, longtemps conservées à la Bibliothèque nationale de France.
André Breton (1896–1966) est un écrivain et poète français, surtout connu comme le principal théoricien et fondateur du surréalisme, mouvement artistique et littéraire du XXè siècle. Nourri par la psychiatrie, la psychanalyse freudienne et son expérience de la Première Guerre mondiale, il rejette le rationalisme et les valeurs bourgeoises pour promouvoir une littérature tournée vers le rêve. Il a notamment publié le Manifeste du surréalisme (1924).
Au cœur de son œuvre se trouve également Nadja publié en 1928, un récit hybride mêlant autobiographie, enquête, journal intime et photographies. L'auteur y raconte sa rencontre avec une femme mystérieuse, Nadja, figure à la fois réelle et fantomatique. Cette femme qui s'appelle Léona Delcour a réellement existé. Elle connaitra un destin tragique puisqu'elle deviendra folle et sera internée avant de décéder à l'asile, en 1941 à l'âge de 38 ans.
Invité : Alban Cerisier, historien, archiviste.
À lire :
Nadja d'André Breton, 1928.
Nadja : Lettres à André Breton. Suivi d'autres textes et d'un choix de dessins. Édition d'Olivier Wagner
À voir :
Nadja « Ma main écrit ce que tu penses... ». À voir à la Galerie Gallimard du 4 septembre au 3 octobre.
La puce à l’oreilleEt comme chaque mercredi, Lucie Bouteloup décortique les expressions de la langue française dans sa chronique La puce à l’oreille. Cette semaine, elle nous propose de «vider son sac» avec Géraldine Moinard, lexicographe aux éditions Le Robert. Mais de quel sac parle-t-on au juste ?
La chronique La puce à l'oreille, en partenariat avec les éditions Le Robert. À retrouver sur le blog Dis-moi Robert.
Programmation musicale : L'artiste Philippe Katerine avec le titre «Je te donnerais».
Dans son premier roman, l'autrice, essayiste, poète Douce Dibondo imagine un groupe de jeunes femmes qui passent à l'action et se rêvent révolutionnaires pour imaginer un monde nouveau...
Douce Dibondo ne cache pas ses engagements militants : queer, décolonial, anti-raciste et pour un monde meilleur ! Elle milite également pour les droits des enfants, des femmes, des personnes LGBTQIA+, pour qu'iels aient le choix de leur propre autonomie. Elle milite pour un monde plus juste et «veut ouvrir les utopies».
Avec le Mouvement, l'autrice a voulu témoigner de ce qu'elle vit ou a vécu dans sa propre vie, et dénonce ce qu'on appelle la kyriarchie : les amas d'oppressions (patriarcat, homophobie, racisme) qui s'entrecroisent... mais toujours avec ce désir de remonter vers quelque chose de salvateur « quand on est allé puiser les émotions les plus négatives ». Une manière de transformer la rage en force politique et poétique.
« J'ai fait de la colère, de la vengeance et de toutes les émotions dites négatives un chemin à reconquérir »
Dans son roman, elle utilise le pronom inclusif « iel » comme un choix politique, mettre à l'action ce militantisme à travers leurs arts. Mais le militantisme se lit aussi dans la ponctuation : pas de majuscule après les points, les phrases s'enchainent, frénétiquement. Le mot « France » est écrit sans majuscule, mais les mots « Aimer » et « Conscience » en ont toujours une : un véritable choix politique assène Douce Dibondo.
Invitée : Douce Dibondo, écrivaine, autrice, essayiste et ancienne journaliste. Son roman Le Mouvement est publié aux éditions Rivages.
Programmation musicale : La chanteuse Auren avec le titre « Coup droit ».
Sous les traits de Samuel Labarthe revient Nicolas Bouvier ! Après nous avoir entraînés à travers les Balkans, l’Afghanistan et l’Inde, l’écrivain-voyageur fait halte à Ceylan.
Quand Nicolas Bouvier arrive à Ceylan (actuel Sri Lanka) en 1955, il tombe malade. Cloué dans sa chambre, il délaisse la présence humaine pour s’entourer d’insectes étranges et de rêves hallucinés... Il édite le récit Poisson-scorpion vingt-cinq ans après avoir vécu ce voyage immobile.
C'est la deuxième fois que le comédien Samuel Labarthe interprète Nicolas Bouvier, après L'usage du monde, une pièce qui a été jouée plus de 200 fois.
Le comédien a « un coup de foudre » pour cet auteur qu'il a découvert « un vrai choc émotionnel et artistique » nous explique-t-il, avec cette façon de « remplir les moments d'extase avec les mots ».
Nicolas Bouvier (1929-1998) est un écrivain, voyageur, photographe et iconographe suisse. Passionné très tôt par la géographie et les langues, il entreprend dans les années 1950 de longs voyages qui nourriront son œuvre. Son parcours le mène notamment de Genève aux confins de l’Asie, en passant par la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et le Japon, dont il devient un fin connaisseur.
Son livre le plus célèbre, L’usage du monde (1963), récit de son voyage en voiture avec le peintre Thierry Vernet jusqu’en Afghanistan, est devenu un classique de la littérature de voyage. Il écrit ensuite Chronique japonaise, Le poisson-scorpion ou encore Journal d’Aran et d’autres lieux, qui prolongent sa réflexion sur le voyage, l’altérité et le regard. Photographe et iconographe, il travaille aussi sur des images et des archives, prolongeant par l’image ce qu’il explore par le texte.
Le poisson-Scorpion, mis en scène par Catherine Schaub. À voir au Théâtre de Poche Montparnasse.
Invité : Samuel Labarthe.
Samuel Labarthe est un acteur franco-suisse né en 1963 à Paris. Formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique, il commence sa carrière au théâtre avant de se faire remarquer au cinéma et à la télévision. Il a joué sous la direction de metteurs en scène reconnus et s’est imposé comme un comédien solide, à l’aise aussi bien dans le registre dramatique que dans des rôles plus populaires.
Le grand public le connaît surtout pour son rôle du commissaire Laurence dans la série télévisée Les Petits meurtres d’Agatha Christie, où il incarne un enquêteur charismatique et ironique. Parallèlement, Samuel Labarthe poursuit une carrière régulière au théâtre et dans divers films et séries, confirmant au fil des années son statut d’acteur respecté, apprécié pour sa présence, sa diction et son élégance de jeu.
Et la chronique Ailleurs nous emmène à Chiapas au Mexique pour parler de la Journée mondiale de l'alphabétisation qui aura lieu les 8 et 9 septembre.
Programmation musicale : l'artiste Cascadeur avec le titre Les temps perdus.
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Une émission consacrée à la langue française dans le monde et aux cultures orales. Un rendez-vous quotidien du lundi au jeudi, pour rendre plus vivant notre rapport à la langue, et être la vitrine…

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