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By FRANCE 24
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Reporters episodes

  • Vidéo : la course d’obstacles de Rose Nathike vers un meilleur destin
    Rose Nathike a toujours couru. Que ce soit pour fuir la guerre, pour s’entraîner dans son camp de réfugiés au nord du Kenya, ou simplement pour faire face à son destin, qui l'a mené jusqu’aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Nos reporters retracent l’incroyable destin de cette athlète sud-soudanaise, porte-drapeau de l’équipe olympique de réfugiés à Rio et membre d’une famille éclatée par la guerre. L'an dernier, la jeune athlète sud-soudanaise Rose Nathike a réalisé un de ses rêves en courant le 800 mètres aux Jeux de Rio. Comme une poignée d'autres sportifs, la jeune femme ne concourait pas sous la bannière de son pays, en proie à la guerre civile, mais sous celle de l'olympisme.
    >> À voir aussi, notre grand reportage : "Les Jeux olympiques des réfugiés"
    "Quand nous sommes entrés dans le stade Maracana au Brésil, les gens nous ont vraiment accueillis avec chaleur. Nous avons sentis que nous étions des êtres humains comme les autres", se rappelle-t-elle avec nostalgie. Comme ses confrères réfugiés, Rose est repartie de Rio sans médaille, mais avec la certitude que le sport pouvait lui ouvrir d'autres horizons.
    Famille éclatée par la guerre
    Aujourd'hui, Rose se prépare aux championnats à venir près de Nairobi, au Kenya, dans un centre d’entraînement dirigé par la fondation Tegla Loroupe pour la paix. À 750 km de là, dans le camp de réfugiés de Kakuma dont elle est issue, ses trois frères et sœurs, qu’elle a élevés après le départ de ses parents, se languissent d’elle. Par manque de moyens et parce que le statut de réfugié est très strict, il leur est impossible de faire le voyage pour se retrouver.
    À quatre heures de route de Kakuma, au Soudan du Sud cette fois, vivent leurs parents. Après avoir laissé leurs enfants en sécurité dans le camp kenyan, ils sont retournés chez eux, espérant les faire revenir à la fin de la guerre. Mais le conflit s'est enlisé et les difficultés économiques ne leur ont pas permis de voyager. Cela fait neuf ans qu'ils ne se sont pas revus.
    Nous avons parcouru les centaines de kilomètres qui séparent les membres de cette famille éclatée par la guerre. Une illustration des difficultés que rencontrent les personnes déplacées, mais aussi l’espoir qu’incarne Rose, pour les siens et pour tous les réfugiés, de franchir un à un les obstacles vers un meilleur destin.
    18 min
  • Vidéo : les sœurs, les femmes cachées du jihad
    France 24 vous propose un documentaire exceptionnel, réalisé en partenariat avec "Envoyé spécial", sur les femmes cachées de la nébuleuse jihadiste, les sœurs de l’organisation État islamique. Le recrutement de femmes est une priorité pour l’organisation État Islamique, que ce soit pour les marier à des terroristes ou pour en faire des combattantes, prêtes à mourir "en martyr". Bien souvent jeunes et vulnérables, elles sont des proies faciles.
    Nos reporters ont exploré les réseaux virtuels du recrutement jihadiste français et sont entrés en contact avec ces femmes du jihad, ainsi qu'avec leurs recruteurs. Ils ont pu recueillir leurs témoignages, aussi précieux que rares.
    Une enquête du magazine "Envoyé spécial", de France 2, signée Marina Ladous, Roméo Langlois (Prix Albert Londres 2013 et Prix Bayeux 2016) et Etienne Huver (Prix Albert Londres 2016).
    Coproduction France 24, SlugNews, TV Presse, avec la participation de France Télévisions.
    >> À voir aussi sur France 24, nos documents exclusifs : "Haya, rebelle de Raqqa", un Reporters primé lors de l'édition 2016 du Figra, ainsi que notre Reporters : "Les repentis de l’organisation État islamique".
    40 min
  • Vol MH370 : les proches des disparus se battent pour connaître la vérité
    C’est un cas unique dans l’histoire de l’aviation moderne. Près de trois ans après sa disparition, le Boeing de la Malaysian Airlines MH370, qui transportait 239 personnes, n’a toujours pas été retrouvé. Les recherches officielles ont été interrompues et aucune conclusion satisfaisante n’est venue apaiser la douleur des familles. Certaines suspectent les autorités de leur cacher la vérité et ont décidé de mener leur propre enquête. Nos reporters les ont accompagnés dans leurs recherches. Dans la nuit du 7 au 8 mars 2014, un Boeing 777 de la Malaysia Airlines s’élance sur la piste de décollage de Kuala Lumpur pour rejoindre Pékin. Un vol commercial banal, comme il en existe des milliers tous les jours. Aucun signe particulier. À son bord, 12 membres d’équipage et 227 passagers, dont 153 Chinois. Mais à 00h41 heure locale, alors que l’avion s’apprête à entrer dans l’espace aérien vietnamien, toutes les communications sont coupées. L’appareil disparaît subitement des écrans radar.
    Quelques jours après, la version officielle établit que le Boeing aurait fait demi-tour pour survoler la péninsule malaisienne avant de longer les frontières indonésienne et thaïlandaise. Puis, sur la base de données fournies par les satellites d’Inmarsat, il aurait poursuivi sa course vers le sud de l’océan Indien, jusqu’à épuisement du carburant... Il se serait finalement écrasé quelque part en pleine mer, dans une vaste zone au large de l’Australie.
    Très vite, la Malaisie, la Chine et l’Australie lancent des recherches. Mais la superficie à fouiller est immense – plus de 60 000 kilomètres carrés - et la météo hostile. Radars, sonars et sous-marins sont déployés pour cette exploration sans précédent.
    À ce jour, après bientôt trois ans de ratissage des fonds marins, aucun élément du Boeing n’a été repéré. Près de 200 millions de dollars ont été dépensés. Mardi 17 janvier, la Malaisie, l'Australie et la Chine ont annoncé qu'elles suspendaient leurs recherches faute de résultats probants, suscitant l’amertume des familles qu’elle soit chinoises, malaisiennes ou françaises.
    Un enquêteur américain à Madagascar
    Isolés, sans soutien, les proches des victimes se raccrochent à quelques fragiles débris d’avion retrouvés sur des plages de l’Océan Indien. Des morceaux d’ailes ont notamment été ramassés sur l’île de La Réunion en 2015 et en Tanzanie en 2016. D’autres ont été repêchés au large de Madagascar et de l’île Maurice. Au total, une trentaine de débris de ce type sont venus abonder ledossier, mais seuls trois ont été authentifiés comme appartenant bien au Boeing disparu.
    Selon les familles, l’enquête confiée aux autorités malaisiennes avance trop lentement. Les pistes d’abord envisagées se ferment les unes après les autres : le suicide du pilote, la défaillance technique, le détournement terroriste…
    Exaspérés, les représentants des familles ont donc décidé de participer eux-mêmes à la recherche de débris du Boeing 777 sur les côtes de Madagascar, là où plusieurs morceaux ont déjà été récoltés. À Antananarivo, la capitale, ils se sont rapprochés d’un enquêteur privé américain, Blaine Gibson. Depuis plus d’un an, cet aventurier a décidé de dépenser sa petite fortune pour sillonner l’Océan Indien et tenter de retrouver des débris du vol MH 370. À lui seul, il en aurait recueilli une quinzaine.
    Nos reporters Renaud Fessaguet et Pierre Chabert ont accompagné les familles de victimes dans cette improbable chasse aux débris. Un travail de fourmi qui pourrait peut-être, un jour, faire enfin émerger la vérité.
    17 min
  • Burundi : à visage caché
    Le Burundi ne fait jamais la une des journaux. Pourtant les violences y sont quasi quotidiennes. Depuis l'annonce de la candidature de Nkurunziza à un troisième mandat en avril 2015, des centaines de personnes ont été tuées. Plus de 320 000 autres ont fui dans les pays voisins. Nous voulions aller au Burundi, donner la parole au pouvoir et à ceux qui lui résistent, mais notre demande de visa a été refusée. Nous sommes donc partis à la rencontre des Burundais exilés en Ouganda et en Tanzanie. Notre avion roule sur le tarmac de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle. Faute d’avoir obtenu un visa pour le Burundi, nous nous envolons pour le Rwanda. Nous nous apprêtons à éteindre nos téléphones portables. Ça sonne. C’est l’ambassade du Rwanda à Paris, le premier conseiller est au bout du fil. S’ensuit une conversation surréaliste :
    - Bonjour, je me permets de vous appeler pour vous dire que vos visas ont été annulés.
    - Monsieur, c’est impossible, nous sommes dans l’avion, nous nous apprêtons à décoller !
    - Je vous le répète, vos visas sont annulés. Descendez de l’avion, vous ne pourrez pas entrer au Rwanda, les services de l’immigration sont prévenus !
    Fin de l’échange. Notre avion décolle... Lors de notre escale à Istanbul, nous découvrons cet e-mail de l’ambassade du Rwanda :
    Aucune explication jusqu’à ce jour. Lorsque nous avons fait notre demande de visa, nous avions cependant précisé que nous souhaitions nous rendre dans les camps de réfugiés pour y rencontrer des Burundais en exil. Cette décision de Kigali renforce dès lors les accusations des experts de l’ONU, affirmant que le Rwanda recrute des rebelles burundais dans les camps de réfugiés.
    Changement de cap. Nous irons donc en Tanzanie, pays qui compte le plus grand nombre de réfugiés burundais, puis en Ouganda.
    Tôt le matin, ils traversent la frontière, un baluchon sur la tête
    Nous prenons la route en direction de Kigoma, dans le nord-ouest de la Tanzanie, sur les bords du lac Tanganyika. Sur la rive d’en face, la République démocratique du Congo. Au nord, le Burundi. C’est cette route qui est la plus empruntée par les candidats à l’exil venus du Burundi. À ce jour, 180 000 personnes ont été accueillies dans l’un des trois camps de réfugiés de la région. Deux camps sur trois sont pleins. Le dernier, celui de Nduta, avait atteint ses capacités, mais pour faire face à l’afflux de plus de 10 000 nouveaux venus par mois, le gouvernement tanzanien a décidé d'en repousser les frontières pour pouvoir accueillir un total de 85 000 personnes.
    Médecins sans frontières, très actif sur place, a lancé un cri d’alarme au mois de novembre dernier : "Ces quatre derniers mois, nous avons assisté au quasi-quintuplement du nombre de réfugiés. Le niveau de prise en charge ne suit pas du tout et nous sommes très inquiets pour la situation sanitaire et humanitaire à l’intérieur de ces camps pour les mois à venir".
    Nous en voyons qui traversent la frontière tôt le matin, un baluchon sur la tête. Des familles avec enfants, très jeunes. Éreintés par la peur, les longues heures de marche. Ils racontent avoir été menacés par les Imbonerakure, ces jeunes qui forment le mouvement de jeunesse du CNDD-FDD, le parti au pouvoir, que l’ONU considère comme une milice.
    "Ils nous disent de partir, ou sinon, ils vont nous massacrer !", s’exclame un réfugié. Au Burundi, où la densité de population est très élevée, certains profitent de la fuite des réfugiés pour récupérer des parcelles de terre.
    "Des chiffres faux et archi faux !"
    Faute d’avoir été autorisés à nous rendre au Burundi, nous avons pu poser quelques questions au conseiller principal du président, Willy Nyamitwe, via un journaliste basé à Bujumbura, la capitale burundaise. Lorsque nous l’interrogeons sur les Imbonerakure, sa réponse fuse : "Ceux qui sont à l’extérieur du pays affirment qu’ils ont été arrêtés pendant la nuit par des Imbonerakure. C’est faux, archi-faux ! Je suis un ancien Imbonerakure, l’actuel chef de l’État est un ancien Imbonerakure. Tous les espoirs du peuple burundais actuellement sont fondés sur la solidité, la bravoure, le patriotisme qu’affiche la jeunesse Imbonerakure."
    Willy Nyamitwe rejette également avec véhémence les chiffres du Haut commissariat des Nations unies (HCR) aux réfugiés : "Nous avons de sérieuses convictions de penser que le HCR continue de gonfler ces chiffres, au nom de certains intérêts. Certains organismes dépendent de soutiens financiers, et c’est en gonflant les chiffres qu’ils obtiennent la plus grosse part du gâteau, ces chiffres sont faux et archi faux !"
    À quelques kilomètres du camp de Nduta, celui de Nyarugusu. Il est plein à craquer avec ses 130 000 réfugiés. Cela fait près d’un an que ce camp ne peut plus accueillir de nouveaux arrivants. La majorité des réfugiés ont fui dès le début de la crise. Anciens soldats côtoient infirmiers, paysans, instituteurs... et de nombreux enfants. Certains sans famille. Tous ont point commun : ils ont été considérés comme des opposants à Pierre Nkurunziza et assurent avoir été menacés, torturés parfois. Dès les premiers échanges, nous percevons l’attente, la lassitude, la peur.
    Nous passerons plusieurs jours dans ces camps et dans les villages alentours avant de prendre la route de l’Ouganda. Une vingtaine d’heures de routes, de pistes pour Kampala. Nous longeons le Burundi et le Rwanda. Des paysages à couper le souffle. Cette région des Grands Lacs est sans doute l’une des plus belles d’Afrique. Lacs, collines, terre rouge… crevaisons et embourbement n'entacheront pas notre émerveillement.
    "Ils nous battaient comme des animaux"
    Le but de notre séjour circule vite dans la communauté burundaise de Kampala, la capitale ougandaise. Dès notre arrivée, nous sommes plongés dans la vie des exilés. Ils disent avoir choisi l’Ouganda, plutôt que le Rwanda plus proche, pour différentes raisons : la vie y est moins chère, plus libre, et surtout, à des centaines de kilomètres de leur pays, ils se sentent plus en sécurité.
    Même ici, les Burundais craignent d’être traqués, retrouvés, tués. Ils ne s’accordent que peu de sorties, ne fréquentent que des exilés comme eux. Nous passons notre première journée dans un bar improvisé sur le toit d’un immeuble. Il a été créé par plusieurs manifestants anti-troisième mandat de Pierre Nkurunziza. Une trentaine de personnes sirotent des bières. Une sono obsolète crache des vieux tubes du pays. Les langues se délient très vite.
    Tous nous racontent le même type de calvaire : le harcèlement des Imbonerakure, les cellules du service national de renseignement surnommé "La documentation", les interrogatoires, les humiliations, les tortures, la peur de mourir. La décision de fuir.
    Dans ce bar nous rencontrons Jean (son prénom a été modifié), un homme grand, d'une trentaine d’années. Il nous emmène chez lui dans un petit appartement en banlieue de Kampala. Toujours ce même souci de sécurité. S’installer loin, s’isoler. Il n’a pas d’eau courante, possède très peu de choses. Mais la sensation d’être un rescapé. "Il y avait un grand container de couleur rouge, ils nous mettaient dedans, puis ils jetaient du gaz lacrymogène pour nous faire souffrir. Puis, ils fermaient le container. On souffrait à l’intérieur toute la nuit. On n’était pas considéré comme des êtres humains, ils nous battaient comme si nous étions des animaux". Un soir, alors qu’on l’a fait monter dans un véhicule pour, il en est sûr, l’achever, un policier ouvre la porte et le pousse sur la route. Il est laissé pour mort. Quelques jours plus tard, il sera à Kampala.
    L’ONU redoute un génocide
    Le lendemain, rendez-vous est pris avec deux jeunes militaires. Il y a encore quelques mois, ils étaient étudiants et s’apprêtaient à faire partie de l’élite de l’armée. Au fil de la crise, ils se sont sentis particulièrement menacés parce qu’ils étaient jeunes et parce qu’ils étaient tutsis.
    Comme beaucoup de ses camarades, Paul a été arrêté et détenu. Il a été tenu pour responsable des attaques de camps militaires qui ont eu lieu les 11 et 12 décembre 2015. Attaques qui déchaînent des violences. L’ONU rendra un rapport alarmiste : "Des violations des droits de l'homme à grande échelle se sont produites. Elles semblent avoir déclenché de nouveaux types de violations. Certaines victimes ont été ciblées parce qu'elles étaient tutsis. Nous avons identifié neuf sites sur lesquels se situent des fosses communes. Il y en a peut-être plus".
    Durant les interrogatoires de Paul, les questions se sont faites de plus en plus pressantes : “Qui est votre chef ? Quel est votre plan ?”. Le discour anti-Tutsis se précise. À la fin de notre rencontre, Paul nous montre la photo de l’un de ses meilleurs amis sur son téléphone. "C’est un Hutu, moi je suis un Tutsi. On l’a transformé mentalement. Aujourd’hui, il a peur de moi et moi aussi j’ai peur de lui maintenant"..
    Pourtant le Burundi rejette les rapports des Nations unies et des organisations des droits de l’homme qui pointent les risques d’un génocide. L’histoire récente n’invite pourtant pas à l’optimisme. Depuis un demi-siècle, la région connaît des cycles de massacres inter-ethniques, le pire ayant été atteint en 1994 avec le génocide des Tutsis du Rwanda, qui a fait près d’un million de morts. En 1972, ce sont 100 000 Hutus qui ont été tués au Burundi, dont le père du président actuel.
    En octobre dernier, nous nous sommes rendus en Belgique, l’ancien colonisateur. Nous y avions rencontré Pierre Claver Mbonimpa, célèbre activiste des droits de l’homme, respecté de tous. Lui aussi affirme avoir été visé par le pouvoir, il a échappé miraculeusement à une tentative d’assassinat en août 2015 à Bujumbura. Il a reconnu l’homme qui lui a tiré dessus à plusieurs reprises : un membre du service national de renseignement. Pierre Claver Mbonimpa a été touché au visage et au cou. Dans un petit appartement bruxellois, loin de son pays où il espère rentrer un jour, il parle d’une voix calme mais déterminée : "Je ne souhaite pas que Nkurunziza meure. Je souhaite d’abord qu’il soit jugé, parce qu'un pays sans justice ne peut pas vivre en paix".
    Le 12 octobre dernier, le parlement burundais a voté massivement en faveur du retrait du Burundi de la Cour pénale internationale. Deux mois plus tard, Pierre Nkurunziza a annoncé qu’il pourrait se représenter pour un quatrième mandat.
    30 min
  • Wisconsin : plongée au cœur du vote Trump
    Le 20 janvier, Donald Trump sera investi de la présidence des États-Unis. Incarnation d’un changement radical dans la politique américaine, il a remporté, durant l’élection, plusieurs États jusque-là acquis aux démocrates. Parmi ceux-ci : le Wisconsin. Comment cet État populaire et rural s'est-il laissé convaincre par un milliardaire new-yorkais ? Notre reporter Gallagher Fenwick est allé à la rencontre de ces électeurs en quête de changement. Avec ses champs à perte de vue et ses usines de papier, le Wisconsin représente le cœur de l'Amérique. À la fois rural et industriel, cet État du nord des États-Unis a longtemps été acquis aux démocrates. Aucun républicain ne s'y était imposé depuis Ronald Reagan en 1984. Si bien que Hillary Clinton, certaine de son coup, ne s'y est même pas déplacée lors de la campagne présidentielle.
    Mais le 8 novembre 2016, coup de tonnerre : le Wisconsin est tombé dans l'escarcelle de Donald Trump. Personne n'avait prédit ce résultat. Aujourd'hui, il suffit de se rendre dans cet État, connu pour ses produits laitiers, pour mieux comprendre comment l'électorat populaire et rural a pu se laisser tenter par un milliardaire new-yorkais. Ici, pour les conservateurs, la victoire d'un candidat hétérodoxe, anti-sérail, a eu un goût de revanche contre une élite démocrate jugée méprisante à leur égard. D’aucuns se souviennent que le président sortant a accusé les conservateurs de s'accrocher à leurs armes et à leur religion. Et les attaques de Hillary Clinton, qui a qualifié les électeurs de Donald Trump de "panier de gens déplorables", a un peu plus creusé le fossé.
    Ni rouge (républicain) ni bleu (démocrate), l'État du Midwest est... violet. Difficile de savoir de prime abord pour qui une personne a voté. Les histoires que nous avons recueillies ne sont pas celles de l’électeur qui n’arrive pas à joindre les deux bouts ni celles de l’électeur sans éducation. De la femme d’affaires à l’agriculteur, loin du cliché, notre reporter Gallagher Fenwick s’est immergé au cœur de "l’électorat Trump", à la rencontre des architectes de la victoire surprise du 45e président des États-Unis.
    17 min
  • "Génération Dadaab" : rencontre avec la jeunesse du camp somalo-kenyan
    À la frontière entre la Somalie et le Kenya se trouve Dadaab. Ce camp géant, géré par l'UNHCR, abrite 280 000 habitants, des Somaliens pour la plupart. En 25 ans d'existence, une génération entière d'enfants y a grandi. Michael Guiheux et Maïa Boyé sont allés à la rencontre de cette jeunesse qui se raccroche à un espoir : en sortir, un jour. Leur reportage a remporté le Prix le Rotarien/France 24 du Jeune Reporter d’Images 2016. Rahma est lycéenne, Sagaro propriétaire d'un stand de jeux vidéo et Abdirizak professeur. Les deux premiers ont 19 ans, le troisième en a 25, et tous rêvent de la même chose : partir vivre ailleurs. Quitter ce camp entièrement géré par l'UNHCR et dont ils n'ont pas le droit de sortir. Ils ont accepté de partager avec nous quelques jours de leur quotidien, de nous expliquer comment ils étaient arrivés là et comment ils comptaient s'en sortir. Nous allons vous raconter leur histoire.
    >> Au Kenya, la fermeture du plus grand camp de réfugiés au monde repoussée
    Rahma est en dernière année de lycée, elle veut devenir ingénieure en chimie. Ses parents, confrontés à la politique de rapatriement mise en place par l'État kenyan, qui veut fermer le camp, l’avaient ramenée en Somalie avec eux. Mais elle a fui. Elle a traversé 700 km seule, à pied et en bus, pour rejoindre le camp et finir ses études.
    Abdirizak est arrivé dans le camp à 16 ans, il est venu seul, spécialement pour aller à l'école. L'éducation dans le camp est gratuite, tandis qu’en Somalie, elle est réservée à l'élite. Son rêve était d'obtenir une bourse pour partir à l'université étudier au Canada, mais comme de nombreux jeunes, il est resté bloqué à Dadaab après son bac. Seules quelques dizaines d'élèves sur 1 000 étudiants arrivent à décrocher une bourse chaque année. Alors il est devenu professeur et attend de repasser l'examen. Mais le temps presse, sa mère adoptive le pousse à rentrer en Somalie avec elle.
    La solution de Sagaro pour partir ? Devenir riche !
    Sagaro, lui, a dû quitter l'école à 12 ans, après les cours élémentaires. Les collèges manquent de place et il n'a pas réussi l'examen d'entrée. À Dadaab, un enfant sur deux ne va pas à l'école. Aujourd'hui, grâce à l'argent économisé lorsqu'il était vendeur de glaces, il a pu bricoler un stand de jeux vidéo. Quatre murs en taule, sept consoles démodées branchées à de vieux téléviseurs. Sa solution pour partir, c'est de devenir riche. Si sa demande de visa pour les États-Unis démarrée il y a 5 ans n'aboutit pas, il envisage d'utiliser son argent pour rentrer illégalement en Europe.
    Trois destins, des tranches de vie qui racontent, en partie, celle de la jeunesse de Dadaab. Ce qui frappe lorsque l'on rencontre ces jeunes, c'est leur force face à l'injustice du quotidien, qu’ils combattent à coups de phrases comme "je vais m'en sortir", "je vais devenir riche", "l'éducation est la seule option"… Leur force ressemble parfois à du déni, quand on sait à quel point il est difficile de quitter le camp... sauf pour repartir en Somalie.
    17 min
  • Reportage exclusif : Mossoul, la difficile reconquête
    Depuis plus de deux mois, l'armée irakienne mène un combat acharné pour reprendre Mossoul à l’organisation État islamique. Un quart de la ville a pu être repris, mais les combattants islamistes résistent dans leur bastion. Au milieu de cette bataille, les civils sont pris entre deux feux. Alors que les médias étrangers avaient l’interdiction d’entrer dans Mossoul et d’approcher les forces spéciales de la Division d’or, nos reporters ont pu passer deux jours avec eux. Reportage exclusif. Sur le chemin de Mossoul, la première chose qui nous frappe, ce sont les stigmates de la guerre : les blindés déchiquetés des forces spéciales jalonnent les routes. Le caporal Jassim, qui nous accueille, tient aussi à nous montrer les corps des jihadistes tués la veille, étendus au sol... Nous croisons enfin beaucoup de familles, qui fuient les combats. La peur se lit sur les visages, en particulier sur ceux des enfants, qui ne comprennent pas ce qui leur arrive.
    Alors que les tirs se rapprochent, une tempête de sable s’abat soudain sur Mossoul, deuxième ville d’Irak. La tension est palpable. Le commandant se crispe, les soldats s’agitent. Cinq minutes plus tard, nous comprenons que des combattants de l’organisation État islamique (EI) se sont infiltrés dans le quartier El-Bakr, à l’intérieur de la ville. Après un combat acharné, les forces spéciales parviennent à repousser les jihadistes. Ce soir-là, un officier ayant le grade de capitaine a été tué et deux des leurs ont été gravement blessés.
    Malgré leur quotidien éprouvant, les soldats ne perdent rien de leur hospitalité. À la nuit tombée, au moment de prendre un peu de repos, deux d’entre eux veulent nous céder leurs lits...
    Le lendemain matin, dès l’aube, les forces spéciales se préparent à mener l’offensive sur le quartier Taamime, perdu la veille. Ici, le combat se mène rue par rue, maison par maison. Les troupes de la Divison d’or progressent lentement, mètre par mètre, pas à pas. Car les combattants islamistes peuvent surgir à n’importe quel moment. Vers 15 heures, grâce au soutien des avions de la coalition internationale, le quartier est enfin repris. Aucun mort n’est à déplorer du côté des forces spéciales, seulement quelques blessés. Dans l’autre camp, quatre jihadistes ont été tués, et un jeune de 16 ans a été arrêté. Une bataille a été remportée. Mais la guerre pour reprendre entièrement Mossoul semble, elle, loin d’être terminée.
    30 min
  • Vidéo : Ferrette, un village alsacien qui redonne espoir aux migrants
    Depuis bientôt un an, le village de Ferrette, en Alsace, a mis en place un centre d’accueil pour demandeurs d’asile dans une ancienne caserne de gendarmerie. Après des mois d'errance sur les routes d'Europe, des familles afghanes, irakiennes ou syriennes y font étape et goûtent le calme de la campagne française. Le projet, d'abord critiqué par une partie des villageois, a finalement été accepté et la solidarité s’organise. Nos reporters Jean Barrère et Chris Moore s’y sont rendus. Avec la crise migratoire, la France a dû développer son réseau de centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA), afin de prendre en charge le flux de migrants venus de Syrie, d’Irak, mais aussi d’Afghanistan ou d’Afrique de l’Est. Dans le Haut-Rhin, Ferrette est l’un de ces villages qui réunissait les conditions propices à l’accueil de migrants : deux casernes désaffectées depuis quelques années, un maire volontaire et un tissu associatif développé.
    >> Regardez aussi notre grand reportage "Turquie - Grèce : les naufragés oubliés de la mer Égée"
    Mais c’était sans compter la résistance d’une partie du village, qui voyait d’un mauvais œil l’arrivée de ces étrangers. Dans l’esprit de certains habitants, les questions fusaient : qui sont ces migrants ? Sont-ils dangereux ? Vont-ils apporter des problèmes avec eux ? Autant d'interrogations qui peuvent sembler légitimes pour une petite commune de 700 habitants dont la population promettait de s’accroître de plus de 10 % avec l’arrivée progressive de 80 demandeurs d’asile.
    À l’initiative du maire, une réunion publique a été organisée dans le village. Les craintes se sont exprimées, parfois avec violence. Mais l'édile, François Cohendet, a tenu bon, et le projet a vu le jour, au nom du devoir d’"accueillir ces personnes qui fuient la guerre".
    Cours de français
    En février 2016, plusieurs dizaines de personnes venues d’Afghanistan, de Syrie, d’Irak ou encore du Soudan ont alors pris leurs quartiers dans la caserne Moreigne. Ces nouveaux Ferrettois, en instance de demande d’asile, sont désormais installés dans 17 appartements dont ils partagent les pièces communes. Les équipes d’Adoma, le bailleur social, les encadrent. Elles sont chargées de les aider dans leur dépôt de demande d’asile auprès de l’Ofpra, mais aussi dans leur vie quotidienne.
    Et la vie s’organise à la caserne. Cours de français, ateliers cuisine, soutien scolaire pour les enfants… Une équipe de 45 bénévoles, les "Voisins d’ailleurs" s’est mobilisée pour mettre en place ces activités. La population également. Par exemple, des parents d’élèves emmènent les enfants des réfugiés à l’école les matins, des habitants conduisent les demandeurs d’asile à leur rendez-vous médicaux, de nombreux dons de vêtements ont été faits…
    L’école aussi s’est organisée. Une classe de soutien scolaire spécialement créée reçoit chaque semaine plusieurs réfugiés pour leur permettre de rattraper le retard qu’ils peuvent avoir. Ils sont entre cinq et dix enfants scolarisés, en fonction des départs et des arrivées dans le centre.
    Les demandeurs d’asile sont hébergés dans l’attente d’une évolution de leur dossier. Leur séjour s’arrête lorsqu’ils ont une réponse à leur demande d’asile. Qu’ils aient obtenu un titre de séjour ou non, ils doivent partir. Durant leur séjour à Ferrette, ils reçoivent l’allocation pour demandeurs d’asile qui s’élève à 6,80 euros par jour.
    Cela ne concerne que ceux qui ont le statut de demandeurs d’asile, qui signifie que la procédure est en cours. Ceux qui n’ont pas encore ce statut, reçoivent, eux, 4 euros par jour.
    Dans ce reportage, nous avons suivi plusieurs des habitants du centre, une famille syrienne récemment arrivée, et qui a fui les bombardements, un couple d’Afghans et leur deux petites filles, bien intégrées dans le village et qui viennent d’obtenir leur titre de séjour.
    Enfin, nous avons rencontré Aziz, Aghan lui aussi, qui s’est installé à Ferrette après avoir obtenu son titre de séjour. Bien intégré, il cherche désormais un travail dans le bâtiment. Tous commencent à retrouver le sourire après avoir traversé de nombreuses épreuves. La prochaine étape pour eux : débuter une nouvelle vie.
    18 min
  • Vidéo : aux Philippines, la macabre croisade anti-drogue du président Duterte
    Aux Philippines, depuis l’arrivée au pouvoir de Rodrigo Duterte, fin juin, il ne se passe pas une nuit à Manille sans la découverte en pleine rue de dizaines de corps criblés de balles. Le nouveau président s’est lancé dans une guerre sans merci contre les trafiquants et les consommateurs de drogue. Plus de 5 000 personnes ont déjà perdu la vie, tombées sous les balles de la police ou de civils jouant les justiciers. Et le président philippin n’a pas l’intention de s’arrêter là. Reportage. Durant sa campagne électorale, Rodrigo Duterte, qui multiplie les déclarations fracassantes, avait promis des morgues pleines à craquer. C’est chose faite. Le nouveau président philippin s’est lancé dans une guerre sans merci contre le narcotrafic. Une guerre qui consiste à éliminer physiquement tous les consommateurs et les trafiquants de drogues. Et qui se chiffre en milliers de cadavres.
    Depuis sa prise de fonction, selon des chiffres officiels, plus de 5 000 personnes ont perdu la vie dans le cadre d’opérations policières ou de règlements de compte. Car aux Philippines, la lutte contre la drogue n’est pas menée uniquement par les policiers. Des tueurs à gage ou des groupes d’autodéfense armés sont également soupçonnés de s’en prendre aux trafiquants et même aux simples consommateurs de stupéfiants. Les deux tiers des homicides portent leur signature.
    La prison plutôt que la rue
    Cette loi de la jungle est encouragée par Rodrigo Duterte lui-même. Le président philippin incite les citoyens à prendre les armes contre les consommateurs et les trafiquants de drogue. Il promet même des primes de plusieurs milliers de pesos par délinquant exécuté...
    À lire aussi sur France 24 : Le président philippin affirme avoir tué de ses propres mains des délinquants présumés
    Pour se protéger, 700 000 toxicomanes ont préféré se rendre aux autorités tandis que 26 000 autres personnes ont été arrêtées et sont actuellement derrière les barreaux des prisons déjà surpeuplées du pays. C’est le cas de la prison de Quezon City, au Nord de Manille. Conçue pour accueillir 800 personnes, la prison en compte aujourd’hui 3 700. Plus de 60 % des détenus sont ici pour des infractions liées à la drogue. Bien que les conditions de vie y soient extrêmement rudes, certains prisonniers sont soulagés d’y être emprisonnés plutôt que vivre avec l’angoisse de prendre une balle à l’extérieur.
    Impitoyable escalade de la violence
    Des voix ont beau s'élever pour condamner la sanglante guerre contre la drogue du président Duterte, rien ne semble pouvoir l'arrêter. L’ONU, une bonne partie de la communauté internationale, l'Église, la vice-présidente des Philippines ou encore l'opposition ont toutes dénoncé cette impitoyable escalade de la violence, de même que la Commission nationale philippine des droits de l’Homme, qui enquête sur 250 cas d’exécutions extrajudiciaires. Mais l'homme fort de Manille, qui s’est fait élire sur un programme ultra-sécuritaire, anti-drogue et anti-criminalité, ne se laisse pas impressionner.
    Pendant sa campagne, il avait promis d'en finir en six mois avec le trafic de drogue et la criminalité. Il s’est récemment octroyé six mois supplémentaires et se targue d’avoir fait baisser de 39% la criminalité depuis son investiture. Les saisies de "shabu", la méthamphétamine locale qui selon lui ronge la société, auraient par ailleurs explosé. Mais quels sont réellement les résultats de cette macabre politique anti-drogue ? Et les moyens de prévention et de soin déployés? À l'heure actuelle, ils semblent bien faibles. On ne compte que 40 centres de désintoxication dans tout l’archipel et seuls quatre nouveaux centres sont en cours de construction, pour les 1,8 millions de toxicomanes que comptent les Philippines.
    Nos reporters Ophélie Giomataris et Marianne Dardard ont enquêté aux Philippines sur cette guerre sans pitié contre le narcotrafic.
    17 min
  • Vidéo : en Haïti, après l'ouragan, le chaos
    Haïti est toujours dans l’attente des résultats définitifs de la présidentielle du 20 novembre. Pourtant, le temps presse. Début octobre, un ouragan a dévasté le pays et mis en berne son économie, déjà paralysée par une interminable crise électorale. Les Haïtiens attendent toujours l’aide humanitaire, tandis que des dons de la communauté internationale sont revendus à prix d’or sur le marché noir. Enquête de notre reporter. Magouille, recel et corruption... Deux mois après le passage dévastateur de l'ouragan Matthew sur le sud d'Haïti, la population, exténuée, dénonce l'accaparement des aides par les élus. Pour les Haïtiens, le scénario de l'après-séisme de 2010 semble se répéter.
    L'aide internationale qui a atterri à l'aéroport de Port-au-Prince peine à parvenir à la population en situation d'urgence. Dans les départements touchés, famine et choléra alourdissent de jour en jour le bilan de la catastrophe, qui a déjà fait à elle seule 546 morts selon le décompte officiel, et 175 000 sans-abris.
    >> À lire aussi : En Haïti, la famine et les maladies dans le sillage de l'ouragan Matthew
    De son côté, le président provisoire Jocelerme Privert affirme n’avoir reçu que 1,9 millions d’euros de la part de l’Union européenne et 190 000 euros en provenance de Taïwan. Une aide minime pour un désastre évalué à plus de 1,8 milliards d’euros, selon le rapport de la Banque Mondiale.
    Des vents soufflant à plus de 230 km/h et les pluies diluviennes ont entièrement dévastés les récoltes du Sud. Pour les paysans, qui représentent la moitié de la population et consomment uniquement le fruit de leurs récoltes, la situation est catastrophique. La pénurie s'étend aux marchés du reste du pays et accentue une inflation déjà galopante.
    L’ouragan n’a fait qu’amplifier une crise qui perdure depuis 10 ans. Avec un PIB en baisse, un chômage endémique touchant, selon certaines estimations, jusqu'aux deux tiers des Haïtiens et plus de 60 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté, le pays, toujours très marqué par le terrible séisme de janvier 2010, ne parvient pas à se relever.
    Notre reporter Manon Heurtel a suivi le fil des distributions des aides d'urgences, depuis les entrepôts de stockage jusqu'à leur revente au marché noir. Sur la route, elle est allée à la rencontre des habitants impuissants qui, depuis leurs abris de fortune, voient passer ces convois sans jamais en bénéficier.
    17 min

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Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22 h 10, et dès le vendredi en avant-première sur Internet !

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