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Or


Spectacle Comme on a dit : le 25 octobre 2026 au Théâtre de Poche Graslin de Nantes, le 29 octobre 2026, au Théâtre Trianon de Bordeaux.
Qu’on se le dise, un beau gosse est assis dans le fauteuil d’ESM. Avec de l’humour et ce qu’on appelle dans l’hexagone un accent délicieux. Alors que l’humour est une activité à risque aujourd’hui, Ludovic Romain Sébastien, plus connu sous le pseudonyme de CallmeLudo est en tournée en France avec son spectacle On fait comme on a dit. Cet humoriste et créateur de contenu martiniquais fait les choses en finesse. Avec un charme percutant, tout droit venu de Rivière Salée, il évoque le couple, les relations hommes-femmes, l’administration française, le zouk, l’affaire Epstein autant que la langue créole. Preuve que les saillies ultramarines font bien partie de l’humour universel. Et si vous le croisez sur les réseaux sociaux, c’est normal, c’est un hyperactif qui s’y connaît en promo.
Programmation de l’invité :
• Ben E King Stand by me
• Malavoi La filo.
C’est un ovni dans le monde de l’art contemporain. Oui, chers messieurs, mais c’est quoi le féminin d’ovni? En sol majeur a rencontré Josèfa Ntjam pour la première fois en 2024 lors de la Biennale de Venise où, pour évoquer la figure de l’étranger, elle passait par la mythologie Dogon et la sédimentation du plancton.
Désaxer le regard habitué à nommer l’autre, c’est l’une des lianes de narration de Melle Ntjam, autrice, performeuse nominée pour l’édition 2026 du Prix Marcel Duchamp avec son film Mbindi. Habitée par une généalogie schizophrénique, dans ce film, elle crée un tête-à-tête avec son géniteur, elle l’invite à monter dans son vaisseau spatial, qui voyage sans escale, tout en exposant à Berlin, à Londres, à New York ou à Paris.
Cet enfant d’internet et de la diaspora africaine connectée à l’afrofuturisme et à la mythologie afro-descendante, qui ne sort jamais sans ses mangroves, ses pierres métamorphiques et son maquis, met du sens, du style, du sensible dans chacune de ses œuvres. Écrire, coller, filmer, sculpter, raconter ce qui ne l’a pas été : c’est le menu.
À écouter aussiJosèfa Ntjam, la femme sans nom
S’il y a un point commun entre Djibouti et Poitiers en France, c’est peut-être la romancière Iman Ahmed, qui a grandi entre ces deux villes. De loin, on pourrait la prendre pour une journaliste (ce qu’elle est, puisqu’elle travaille pour l’hebdomadaire Le 1), mais lorsqu’on se rapproche de son écriture, on devine une géologue de l’intime.
Avec ce premier roman Abdallah superstar, Iman Ahmed rouvre l’ordinateur d’un père qui n’est plus là, laisse dérouler des kilomètres de chemises à fleurs et de synthétiseurs et elle pose deux, trois questions. Qu’est-ce qu’une terre sans père ? Et que serait le monde sans la pop djiboutienne des années 90 ? À lire chez Actes Sud cette enquête géologique, musicale, enfantine, identitaire, décoloniale sur Galal, prénom de ce père disparu… deux fois. Si on était des intimes, on pourrait dire Tiens, la fille de Galal est dans le fauteuil d’ESM.
Programmation de l’invitée :
• Mahmoud Ahmed Tezeta
• Oklou Rosebud.
Personnellement j’adore les ponts… et vous ? Parce que là, c’est l’histoire du pont des chèvres. Un pont qui, jadis, reliait Constantinople à l’Occident. Un pont qui appartenait au pays des ponts : la Yougoslavie. Notre invitée, la romancière Seila Pohara installée aujourd’hui en Suisse, mais née à Sarajevo, appartient à une génération qui s’habillait à la française, se coiffait à l’italienne, buvait du café turc et écoutait de la musique américaine.
Elle est née dans un monde de superstitions, d’alphabet cyrillique et de sangs mêlés entre Croates, Bosniaques, Macédoniens, Serbes et Monténégrins. C’était le monde du camarade Tito détruit par la guerre et complètement englouti en 2003, tout comme le serment des pionniers auquel Seila, l’enfant de Sarajevo, a cru de tout son cœur, et qu’elle réactive dans un roman merveilleusement yougo-nostalgique Les serments trahis (Gallimard). Pas pour dire, messieurs les adultes, mais on dirait que vous avez des comptes à rendre… aux enfants.
Programmation de l’invitée :
• Divanhana Emina
• Omar et Erykah Badu Be Thankful.
Gülay, elle s’appelle Gülay. Un prénom qui chante en turc et se raconte en français. Lorsque les langues dévalent tout le long de son corps, on sent frissonner les montagnes, les arbres, les voisins d’à côté, les soirées de henné, cet ancien pays nomade qui a quelque chose de la grue cendrée d’Anatolie, cher à son gönül. Aïe, suis déjà page 41 de son livre 80 mots de Turquie, qui paraît chez l’Asiathèque.
Car son autrice, Gülay Hacer Toruk, née à Istanbul, ayant grandi en France, est une chanteuse, compositrice, autrice qui n’a pas son pareil pour ouvrir la porte sur une langue qui, pendant presque 50 mn, va poser sa yourte devant chez vous et résonner comme une partition, voire comme la petite République de Gülay Hacer Toruk.
Programmation de l’invitée :
• Kazim Koyuncu Ben seni sevdugumi
• Titi Robin & Gülay Hacer Toruk Les rives turques
• Gülay Hacer Toruk Dorul, chanson d’Haÿdée (BOF du film Le comte de Monte Cristo).
Il vient d’Amérique latine. Ça veut tout dire et ça ne veut rien dire. Ça veut peut-être dire que dans la vie de Juan Gabriel Vásquez, l’urgence littéraire s’est forgée proportionnellement à la violence d’état qu’il a vécue adolescent. Mais ça ne veut rien dire, car l’auteur toque régulièrement aux portes de l’ailleurs.
Né en Colombie (qui doit son nom à Christophe Colomb) ce découvreur de mondes, fils d’avocats anglophiles, est pétri de cultures plurielles qu’il traverse comme les siècles. Avec la même aisance. France, Belgique, Espagne, Joseph Conrad, Gustave Flaubert, Emily Dickinson : autant de terres et de continents qu’il arpente et habite avec un amour majuscule de la littérature. L’auteur de La traduction du monde passé par le journalisme, primé de nombreuses fois, est un adorateur de ces vies que l’on peut pétrir jusqu’à en faire… un roman. C’est le cas de son dernier opus qui paraît au Seuil, intitulé Les noms de Feliza, du nom de cette sculptrice colombienne Feliza Bursztyn qui, sans la plume de Vásquez, aurait pu finir aux oubliettes… Roman en lice pour le prix Femina étranger 2026.
Programmation de l’invité :
• José Alfredo Jiménez, version María Dolores Pradera Las ciudades, ranchera
• Enrique Santos Discépolo, version Joan Manuel Serrat Cambalache.
Palestinienne, journaliste, poète, survivante. Le mot qui coince dans la tête de notre invitée, c’est peut être celui auquel vous pensez. Nour Elassy, 24 ans, est une survivante, désormais étudiante. Le drame coule bien loin de ce studio de RFI, mais aussi autour de ces deux mots, comme s’ils pouvaient respirer tranquillement côte à côte, survivante-étudiante. Il y a au moins deux façons de raconter Nour Elassy.
D’abord avec les faits : née en 2002 sur la terre de ses ancêtres en Palestine, puis déplacée avec sa famille dans la bande de Gaza après le 7 octobre, la voilà réfugiée en France depuis juillet 2025. Aujourd’hui, elle suit un master en Science politique à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris et elle poursuit une série de chroniques entamée depuis Gaza, pour Mediapart. Ensuite il y a ses mots de poète Ceci est ma maison, aux Éditions Les Liens qui libèrent. Repérée par Mona Chollet et Annie Ernaux, sa voix raconte mieux qu’aucun reportage (je cite Karim Kattan) combien Nour est la chair de Gaza et combien Gaza est la chair de Nour.
Programmation de l’invitée :
• Peter, Paul and Mary 500 miles
• Sade Haunt me
• Chroniques de Gaza.
La littérature peut-elle lutter contre l’effacement de la Palestine ? Un roman, un poème… Est-ce que ça peut préserver le souvenir d’une enfance passée sous un citronnier unique au monde, auprès duquel on mangeait des koussas (ces courgettes farcies), pas loin du son du mijwiz ? Ces questions, le romancier Jadd Hilal se les pose, voilà pourquoi il les dépose en phrases marbrées.
Dans son nouveau roman Ici commence la terre (éd. Elyzad), on peut lire « la mort du ciel palestinien, dans le cercueil des immeubles ». Une phrase qui, bien sûr, ne ramènera pas les vies qui circulaient dans ces immeubles, mais qui donne envie de pousser la porte (même romanesque) pour les connaître, ces vies. Pour ce fils d’éternels migrants (Palestine, Liban, MO, Europe), cette phrase aussi : « Trop de sols ôtés sous nos pieds pour marcher droit », la question du sol et la question du droit attendra. À l’anéantissement programmé de la Palestine, Jadd Hilal semble opter pour la question des destructions existentielles et mentales de monsieur et madame Tout-le-monde.
Programmation de l’invité :
Bachar Mar-Khalifé - « Zakrini »
Shkoon - « Lala »
Vous le savez, ESM se balade souvent autour de questions liées à la filiation : malmenée, déplacée, déportée, effacée. Comment raconter son sol majeur, son appartenance à une terre, lorsque les fils de cette filiation sont malmenés, déplacés, effacés ? L’histoire de notre invitée, Thi Colas, née près du delta du Mékong, fruit d’une union entre une Vietnamienne et un Afro-Américain, rejoint les dossiers encore mal connus de l’adoption internationale et interraciale.
Avec un atterrissage en France et un statut d’apatride dans un coin de Normandie. À la question « Avec tant de fils sectionnés, comment se construire ? », Thi Colas, devenue française, a déployé de multiples réponses, de multiples immersions (au Vietnam, aux EU), pour finalement explorer un territoire qui ne nécessite aucune preuve de filiation : celui de l’écriture.
Alors que Téhéran vit depuis trois jours les funérailles d’Ali Khameini, elle, elle danse. Parce que l’enjeu de la coupe du monde 2026 sera autant géopolitique que sportif, elle danse et danse encore car, dit-elle Nous ne dansons pas seulement pour bouger, mais pour secouer les fondations de ce qui nous enferme. Rana Gorgani, chorégraphe reconnue internationalement, est l'une des rares derviches tourneuses au monde.
Car, figurez-vous que sur notre terre être femme et soufie, c’est un challenge. Alors que drones et missiles ont saigné Téhéran, Rana danse Opération Epic fury du nom de cette opération militaire de Donald Trump, censée écraser la menace iranienne. Danser en terrain miné, ça la connaît: une naissance en Allemagne, une mère iranienne, un père kurde, un exil en France, ça la connaît. Ne dit-on pas qu’un fou ne sait pas qu'il est fou, qu’un sage ne prétend pas être sage, qu’un soufi ne dit pas… qu'il est soufi ?
Programmation de l'invitée
Shadi Fathi & Bijan Chemirani Azâdi.
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En Sol Majeur joue la partition du métissage de façon ludique et musicale. Des personnalités (politique, culture, sport, sciences) de « double culture » nous font partager leur histoire…

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