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Patrick Boucheron
Chaire Chaires actuelles
Collège de France
Année 2025-2026
Colloque : Histoires mondiales des nations
Session 1 : Retour sur un moment historiographique
Histoires mondiales des nations
Colloque - Elisabeth Leake : Histoires mondiales des nations
Elisabeth Leake
Patrick Boucheron
Chaire Chaires actuelles
Collège de France
Année 2025-2026
Colloque : Histoires mondiales des nations
Session 1 : Retour sur un moment historiographique
Histoires mondiales des nations
Colloque - Christian Delacroix : Histoires mondiales des nations
Christian Delacroix
Patrick Boucheron
Chaire Chaires actuelles
Collège de France
Année 2025-2026
Colloque : Histoires mondiales des nations
Session 2 : Circulations, appropriations, adaptations
Histoires mondiales des nations
Colloque - Patrick Boucheron : Histoires mondiales des nations
Patrick Boucheron
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
Madness at Home in Tokyo: The Psychiatrist, the Patient, and the Family in Tokyo, 1920-1945
Akihito Suzuki
Université de Tokyo
Résumé
The family of a mentally ill patient was one of the most important agents in the general picture of insanity in society. Family members such as husband, wife, father, mother, and children played crucial roles in bringing the insane member to medical or religious practitioners. In Europe during the early modern period, family members in countries such as France, England, Germany and the Netherlands collaborated with medical or religious professionals or practitioners to care for, control, or even fabricate mentally ill patients. In such situations of domestic process, whether the problem was a real mental illness did not always matter: the domestic circumstances or social trouble were often major issues.
Patrick Boucheron
Chaire Chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
12 - Lieux de pouvoir
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
11 - Lieux de pouvoir
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
10 - Lieux de pouvoir : Histoires politiques de l'arbre
Résumé
Le 15 janvier 1975, la statue d'Eugène Guillaume « Saint Louis rendant la justice sous son chêne », installée en 1877 dans la galerie Saint-Louis de la Cour de cassation au palais de justice de Paris, est visée par un attentat à la bombe. Pourquoi les militants du GARI la considéraient-ils alors comme « image historique de la "justice" d'État » ? L'enquête prend d'abord la forme classique d'une archéologie textuelle, depuis L'Histoire de Saint Louis de Joinville jusqu'à l'exaltation, sous le règne de Louis XIV, du motif de l'arbre de justice, susceptible de naturaliser et d'enraciner dans la nation la notion même de justice souveraine. Mais elle suit ensuite la piste végétale. D'abord, pour inscrire ce chêne dans la forêt de Vincennes et dans l'histoire naturelle des lieux de pouvoirs. Ensuite, pour la saisir dans la pensée symbolique Moyen Âge, dont l'arbre des connaissances classe les essences forestières en fonction de leurs rôles politiques. Davantage que le motif biblique de l'arbre de Jessé, c'est cette arborescence logique qui permet de penser l'engendrement et la transmission à partir de l'imaginaire de l'arbre généalogique. Mais s'il y a des arbres souverains, il n'y a pas de roi des arbres, et certains, comme l'orme, peuvent aussi abriter une conception communale non seulement de l'exercice de la justice, mais d'une communauté politique réglée par le contrôle de la parole.
Sommaire
« En détruisant l'effigie de Saint Louis, image historique de la "justice" d'État… » (15 janvier 1975) : enquête sur une déflagration
Le ciel de traîne de 1968 et la violence politique (Fanny Bugnon, « De l'"agitation" au "terrorisme" : enjeux de la médiatisation de la violence révolutionnaire en France (1973-1986) », Lien social et Politiques, 2012)
Franquisme et médiévalisme : le « Dieu des batailles » dans Le Dimanche de Bouvines de Georges Duby (Felipe Brandi, « Connaissance historique et usages politiques du passé. Considérations autour de l'épilogue du Dimanche de Bouvines de Georges Duby », Cahiers du CRH, 44, 2009)
Théologie politique et architecture palatiale : du Palais de la Cité au Palais de justice
Curia regis, Parlement, justices souveraines
Politiques monumentales à la Cour de cassation (Philippe Galanopoulos, « La Cour de Cassation. De l'exigence de préservation patrimoniale à l'expression d'une politique culturelle », In Situ, 48, 2022)
Eugène Guillaume et la statuaire d'État : « Saint Louis sous son chêne » (1877)
Détour sur un rond-point de Bagnères-de-Luchon : Eugène Guillaume et le Collège de France
La matrice narrative d'un imaginaire : Joinville et l'épisode du chêne de Vincennes (Marie Dejoux, « Le chêne de Vincennes. Retour sur une image emblématique de la justice française », Revue historique de droit français et étranger, 98, 2020)
« Nous qui étions près de lui » : un roi « touché de près » (Jacques Le Goff, Saint Louis, Paris, Gallimard, 1996)
« Expédiez-moi cette partie » : l'exercice de la justice entre humilité chrétienne et technicité judiciaire (Marie Dejoux, Pierre-Anne Forcadet, Vincent Martin, Liêm Tuttle, La justice de Saint Louis. Dans l'ombre du chêne, Paris, PUF, 2024)
Sources narratives et actes de la pratique (Marie Dejoux, Saint Louis après Jacques Le Goff. Nouveaux regards sur le roi et son gouvernement, Rennes, PUR, 2025)
La transformation du motif de l'arbre de justice au temps de Louis XIV : naturalisation et enracinement de la justice souveraine
L'arbre de Saint Louis dans son environnement naturel : la forêt de Vincennes (Jean Chapelot et Elisabeth Lalou dir., Vincennes aux origines de l'État moderne, Paris, ENS éditions, 1996)
Un roi qui ne chasse pas, mais qui parle
Peut-on faire l'histoire naturelle d'un lieu de pouvoir ? (Grégory Quenet, Versailles, une histoire naturelle, Paris, La Découverte, 2016)
Quercus robur : histoire naturelle et imaginaire du chêne
De quel bois sommes-nous fait ? Lignum et materia prima (Michel Pastoureau, Une histoire symbolique du Moyen Âge occidental, Paris, Le Seuil, 2004)
Il n'y a pas de roi des arbres, mais il y a des arbres souverains
Des essences forestières : arbres funestes et arbres bénéfiques (Alice Laforet, Connaissance des arbres au Moyen Âge. Savoirs et discours botaniques dans les encyclopédies, les herbiers et les textes agronomiques (XIIe-XVe siècle), thèse de l'université Grenoble Alpes, 2023)
Ambivalences symboliques : noix et noyers (Pauline Leplongon, Histoire culturelle de la noix et du noyer en Occident de l'Antiquité romaine au XVIIIe siècle, thèse de l'université PSL, 2017)
Des arbres remarquables : l'orme de Saint Gervais à Paris
« Attendez-moi sous l'orme » : les juges de la porte et les juges de l'orme (Robert Jacob, Images de la Justice. Essai sur l'iconographie judiciaire du Moyen Âge à l'âge classique, Paris, Le Léopard d'Or, 1994)
Quand les arbres racontent l'histoire du Moyen Âge : l'orme communal et l'assemblée des citoyens (Paolo Grillo, I giganti silenziosi. Il Medioevo in dieci alberi, Milan, Mondadori, 2025)
Le songe de Nabuchodonosor, ou l'ivresse des cimes du pouvoir
De Jacques Callot à Billie Holiday : l'arbre des pendus
Le pilori comme arbre symbolique (Isabelle d'Artagnan, Le Pilori au Moyen Âge dans l'espace français, XIIe-XVe siècle, Rennes, PUR, 2024)
Le bois de la croix du Christ et l'arbre de la connaissance
« Au Moyen Âge, on conçoit l'émergence d'une chose à partir d'une autre comme une reproduction, une propagation au sens premier » (Christiane Klapisch-Zuber, L'Ombre des ancêtres. Essai sur l'imaginaire de la parenté, Paris, Fayard, 2000)
De la ramure à la racine, la déchéance des origines
Le point de vue végétal sur l'ouverture et le recommencement (Emanuele Coccia, La Vie des plantes. Une métaphysique du mélange, Paris, Rivages, 2016)
« Et il faisait étendre des tapis pour nous asseoir autour de lui » (Joinville) : retour de l'hétérotopie dans la cité.
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
09 - Lieux de pouvoir : Mon corps, topie impitoyable
Résumé
Afin de relancer la présente enquête sur les lieux de pouvoir par une prise en compte de la manière dont les hétérotopies espacent le temps, la séance propose un excursus dans l'histoire de la pensée contemporaine : comment, en 1966, Michel Foucault a-t-il pu intégrer ses propositions sur les « espaces autres » dans une réflexion plus générale sur le corps et l'utopie ? Et pourquoi cette réflexion est-elle indissociable d'une inquiétude plus profonde quant aux puissances de percussion de la voix ? Sans doute, doit-on saisir cette double interrogation dans le contexte collectif des grands débats sur la phénoménologie et l'historicité au temps de l'effervescence structuraliste. Et sans doute peut-on également remarquer que la parution de plusieurs inédits de Foucault datant de cette même année 1966 (et notamment Le Discours philosophique) permet de compliquer l'idée que l'on se fait de la chronologie interne de son œuvre. Mais l'hypothèse que l'on défend ici est qu'il convient surtout de prendre en considération la forme radiophonique des propositions foucaldiennes sur le corps utopique et les hétérotopies, afin d'en mieux comprendre la teneur intime et la portée collective. Car ce qui est ultimement en jeu ici est de suggérer comment, sans chercher à la ventriloquer, la voix de Michel Foucault peut ici être entendue, et comment le travail de l'histoire permet d'y reconnaître le rendement conceptuel d'une notion comme celle d'hétérotopie.
Sommaire
« Ce lieu que Proust, doucement, anxieusement, vient occuper de nouveau à chacun de ses réveils… » : écouter la voix de Michel Foucault
Une expérience radiophonique (Michel Foucault, Entretiens radiophoniques, 1961-1983, éd. Henri-Paul Fruchaud, Paris, Flammarion-Vrin-Ina, 2024)
Du magnétophone à l'ordinateur : techniques et gestuelles du travail intellectuel (Caroline Muller et Frédéric Clavert, Écrire l'histoire. Gestes et expériences à l'ère numérique, Paris, Armand Colin, 2025)
Le texte, cendre refroidie du feu de la parole (Patrick Boucheron, « La lettre et la voix : aperçus sur le destin littéraire des cours de Georges Duby au Collège de France à travers le témoignage des manuscrits conservés à l'IMEC », Le Moyen Âge, CXV-3/4, 2009)
« J'écris pour ne plus avoir de visage » (Michel Foucault, L'Archéologie du savoir, Paris, Gallimard, 1969) : faut-il ne plus écrire pour parler vrai ?
Ne pas céder à la violence du dire (Guillaume Bellon, Une parole inquiète. Barthes et Foucault au Collège de France, Grenoble, UGA éditions, 2012)
Corps écrit, corpus élargi : les vies posthumes de Michel Foucault
« Suis-je le seul à mieux retrouver la parole de Foucault dans ces transcriptions qu'en écoutant un enregistrement du même cours ? » (Philippe Roger, « La voix de Michel Foucault », Critique, 2005)
L'élan élocutoire d'une voix qui raisonne par percussions (David Christoffel, « La pensée de la voix de Foucault », Filigrane, 29, 2024)
« Cette peau où je suis fourré comme dans un sac » : 21 décembre 1966, Foucault et « le corps utopique »
Retrouver cette « architecture fantastique et ruinée » et aller voir ailleurs si j'y suis
De la position phénoménologique à la critique de Naissance de la clinique (Judith Revel, Foucault avec Merleau-Ponty. Ontologie politique, présentisme et histoire, Paris, Vrin, 2015)
Effervescence structuraliste et réception de Les Mots et les choses (Antoine Compagnon, 1966. Année mirifique, Paris, Gallimard, 2026)
Penser, c'est poser un diagnostic : « Mettre en lumière soudain, cette heure grise où nous sommes. Prophétiser l'instant » (Michel Foucault, Le Discours philosophique, Paris, Gallimard-Seuil-EHESS, 2023)
« Nous sommes à l'époque du simultané, nous sommes à l'époque de la juxtaposition, à l'époque du proche et du lointain, du côte à côte, du dispersé » : 7 décembre 1966, Foucault et les espaces autres
Lieux, emplacements, déplacements : repenser, en historien, la question de l'espace
De la liste de Borgès dans Les mots et les choses à « ce désordre qui fait scintiller les fragments d'un grand nombre d'ordres possibles » : qu'est-ce que les hétérotopies ?
Fait de langue, ordre du discours et désordre de l'espace (Daniel Defert, « "Hétérotopie" : tribulations d'un concept », dans Michel Foucault, Le Corps utopique. Les hétérotopies, Paris, Lignes, 2009)
Un concept qui vient de la clinique : « mettre à jour la vérité de ce qui est mort » (Michel Foucault, Le Beau danger. Un entretien avec Michel Bonnefoy, Paris, l'EHESS, 2011)
« Cette science qui s'appellerait, qui s'appellera, qui s'appelle déjà hétérotoplogie »
De la conférence du 17 mars 1967 aux Machines à guérir : quand les architectes anti-fonctionnalistes s'emparent des hétérotopies
« Les suivantes » : dernier coup d'œil dans le miroir peint par Velázquez
« À bien des égards, l'art de servir est la basse continue du tableau » (Jérémie Koering, Enquête sur "Les Ménines". Velázquez et le regard du roi, Arles, Actes Sud, 2025)
Au miroir de cet espace autre, revoir les lieux de pouvoir.
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
08 - Lieux de pouvoir : Lieux de pouvoir : Occuper les lieux, prendre le pouvoir
Résumé
Quels lieux faut-il occuper pour prendre le pouvoir ? La question semble concerner les techniques du coup d'État susceptibles, de Gabriel Naudé au XVIIe siècle à Curzio Malaparte au XXe siècle, de révéler efficacement le caché de l'État, pour mieux le renverser. Si la réflexion débouche inévitablement sur cette interrogation inquiète sur la violence politique aujourd'hui, elle trouve ici son origine dans une analyse pragmatique et territoriale de situations urbaines de la fin du Moyen Âge : de Payerne à Florence en passant par les campagnes françaises soulevées par la Jacquerie, en suivant les gestes des révoltés, et en les écoutant requalifier en actes et en paroles les lieux du pouvoir, on cherche à saisir en situation la logique des espacements du politique. De la révolte des Ciompi en 1378 à la conjuration des Pazzi en 1478, il ne s'agit pas seulement de se rassembler pour exposer sa propre vulnérabilité et faire ainsi pression sur les pouvoirs en place, mais bien, comme le suggère la philosophie contemporaine de la dislocation architecturale, annuler en un endroit la puissance de leurs récits identificatoires.
Sommaire
Au départ, ce n'était qu'un jeu : l'événement comme raté du rituel
Sortir dans la rue, occuper les lieux et prendre goût au tumulte : à Payerne en 1420, un carnaval politique qui conquiert la durée (Matthias Wirz, « Muerent les moignes ! ». La révolte de Payerne (1420), Lausanne, 1997)
Quand le verger du prieur devient une platea communis
Qualifier, déqualifier, requalifier politiquement les lieux : scènes de parole
Se rassembler tient lieu d'assemblée : l'espace de la délibération spontanée (Patrick Boucheron, "Dis-assembling the Civic Square", dans Ann Davidian et Laurent Jeanpierre dir., What Makes an Assembly? Stories, Experiences, Inquiries, Londres, Sternberg Press & Evens Foundation, 2022)
Savoir distinguer lieux publics et espaces publics (Patrick Boucheron, « Espace public et lieux publics : approches en histoire urbaine », dans Patrick Boucheron et Nicolas Offenstadt dir. L'Espace public au Moyen Âge. Débats autour de Jürgen Habermas, Paris, PUF, 2011)
Emplacements et espacements du politique
« Donner place à l'espace c'est annuler en un endroit la puissance de ces récits identificatoires » (Benoît Goetz, La Dislocation. Architecture et philosophie, Lagrasse, 2018)
Au verger, un rêve politique : non pas une échappée belle, mais une hétérotopie
En suivant les gestes des révoltés : cartographie des lieux de pouvoir
Pendant la Jacquerie, l'attaque contre les châteaux et la « commotion des non-nobles contre les nobles » (Gaëtan Bonnot, La Jacquerie (XIVe-XXIe siècles), devenirs des effrois de 1358, Paris, PUF, 2026)
Tout ne feust réadmené à aire : la destruction du château de Vez en 1358 (Bernard Ancien, « Le château de Vez pendant la guerre de Cent Ans », Mémoires de la Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie de l'Aisne, 1982)
Città turrita et damnatio memoriae dans l'Italie communale : l'exemple de la contrada Uberti à Florence
La logique urbanocentrique de la peinture infâmante (Giuliano Milani, « Avidité et trahison du bien commun. Une peinture infamante du XIIIe siècle », Annales. Histoire, sciences sociales, 66-2011)
Le renversement de l'ordre symbolique : du déshonneur des bannis à celui de la cité
« Le 15 juin 1378, on cria plusieurs fois Viva il Popolo au Palais des Prieurs » (Pagolo di ser Guido cimatore)
Instituer le politique en exposant sa propre vulnérabilité
La resémantisation visuelle de l'espace civique florentin par le tumulte des Ciompi (Richard Trexler, "Folow the Flag : the Ciompi Revolt seen from the streets", Bibliothèque d'humanisme et de Renaissance, 1984)
Une inversion de l'ordre campanaire : la périphérie donne le la (Alessandro Stella, La Révolte des Ciompi, Paris, MSH, 1993)
Machiavel et le discours du leader des Ciompi : porter la parole d'un lieu ou trouver un lieu pour chaque parole ? (Jean-Claude Zancarini, « La révolte des Ciompi : Machiavel, ses sources et ses lecteurs », Cahiers philosophiques, 2004)
Sexualisation de la tyrannie : quand le corps souverain est à prendre (Jocelyne Dakhlia, Harems et Sultans. Genre et despotisme au Maroc et ailleurs, XIVe-XXe siècle, Toulouse, Anacharsis, 2024)
Molitia et apoderamiento en Castille au XVe siècle : la ritualisation de l'atteinte au roi (François Foronda, El espanto y el miedo. Golpismo, emociones políticas y constitucionalismo en la Edad Media, Madrid, Dykinson, 2013)
Parce que l'État n'est pas « un homme mortel », les deux temps de la conjuration des Pazzi en 1478 (Lauro Martines, Le Sang d'Avril : Florence et le complot contre les Médicis, Paris, Albin Michel, 2011)
Éclat et éblouissement du coup d'État : « on voit plus tôt tomber le tonnerre qu'on ne l'a entendu gronder dans les nuées » (Gabriel Naudé, Considérations politiques sur les coups d'État, rééd. Paris, Éditions de Paris, 1988)
« L'infiltration d'un rouage, petit mais essentiel, de la machine administrative de l'État » (Edward Luttwark, Coup d'État, mode d'emploi [1969], Paris, rééd., Odile Jacob, 1996)
Aujourd'hui, nommer les choses les choses de l'État (Patrick Boucheron, « Théories et pratiques du coup d'État dans l'Italie princière du Quattrocento », dans François Foronda, Jean-Philippe Genet, José Maria Nieto Soria dir., Coups d'État à la fin du Moyen Âge ? Aux fondements du pouvoir politique en Europe occidentale, Madrid, Collection de la Casa de Velàzquez, 2005).
Patrick Boucheron
Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle
Collège de France
Année 2025-2026
07 - Lieux de pouvoir : Gouverner d'ailleurs
Résumé
Depuis Plutarque, la littérature politique enseigne aux princes l'attitude à adopter entre l'offrande et le retrait, l'exposition publique et l'ombre du secret. Les lieux de pouvoir, dans leur architecture même, mettent à l'épreuve ces dilemmes. C'est le cas du palais d'Urbino, dont on analyse la distribution des espaces, depuis l'atrium jusqu'au studiolo. Mais tout cela suppose que les dirigeants acceptent de jouer le jeu. Que se passe-t-il lorsque ce n'est pas le cas, et qu'ils préfèrent se dérober au métier de régner ? Le cas de Louis XI permet de saisir cette tentation de l'échappée belle : elle ne consiste pas seulement à se ménager des retraits ou des résidences écartées, mais à envisager la possibilité de gouverner d'ailleurs, depuis un lieu imaginaire. Ce refuge peut être de beauté ou de folie, comme on le suggère en analysant le passage, dans le Trattato di architettura d'Antonio Averlino dit le Filarete, de la volonté d'édifier une ville idéale à la tentation de l'hétérotopie, qui inquiète davantage qu'elle ne console.
Sommaire
Entre l'ombre des arcana imperii et la lumière trop crue de la surexposition : la visibilité en clair-obscur de Périclès (Vincent Azoulay, Périclès. La démocratie athénienne à l'épreuve du grand homme, Paris, Armand Colin, 2010)
Les Vies parallèles de Plutarque, ou la dialectique de l'offrande et du retrait
Trajan, Plutarque et la veuve éplorée : portrait de l'empereur en miséricordieux (Priscille Aladjidi, « L'empereur Trajan : un modèle imaginaire de la charité royale dans les miroirs des princes de la fin du Moyen Âge » dans Anne-Hélène Allirot, Gilles Lecuppre et Lydwine Scordia dir., Royautés imaginaires (XIIe-XVIe siècles), Turnhout, Brepols, 2005)
Les traductions latines de Plutarque à la Renaissance (Olivier Guerrier, Visages singuliers du Plutarque humaniste. Autour d'Amyot et de la réception des Moralia et des Vies à la Renaissance, Paris, Les Belles Lettres, 2023)
Le panthéon héroïque de Vespasiano da Bisticci
Federico da Montefeltro inognito à Urbino
L'architecture palatiale, ou l'impossible solitude du prince
La falaise et l'atrium : Les deux faces du Palazzo ducale d'Urbino (Patrick Boucheron, De l'éloquence architecture. Milan, Mantoue, Urbino (1450-1520), B2, 2014)
Les gradients de l'espace public : quand l'architecture des lieux de pouvoir freine, feinte et filtre
« Ce que le studiolo princier a pour fonction de faire affleurer, c'est le mystère même de son intériorité, son aura d'inconnaissable » (Daniel Arasse, « Frédéric dans son cabinet : le studiolo d'Urbino », dans Le sujet dans le tableau. Essais d'iconographie analytique, Paris, Flammarion, 1997)
Quand le roi Louis XI ne joue pas le jeu : chef et couvre-chef
Les entrées royales négociées, ou évitées (Joël Blanchard, « Le spectacle du rite : les entrées royales », Revue historique, 305, 2003)
L'effet-Lanterne, ou les échappées architecturales des princes qui faussent compagnie à la visibilité publique
À Pienza, la ville idéale de Pie II Piccolomini
Plus loin dans l'échappée belle : l'horizon utopique du désir princier
Portrait d'Antonio Averlino, dit le Filaerete, en architecte contrarié
Le Trattato di architecttura, ou l'érotisation de l'art de bâtir (Patrick Boucheron, « Fragments d'un dépit amoureux : Filarete, de la ville idéale à l'utopie », D'ailleurs. Revue de l'école régionale des beaux-arts de Besançon, 2010)
De la Sforzinda à Gallisforma : la revanche d'un imaginaire débridée
L'utopie console, l'hétérotopie inquiète : l'horizon foucaldien des lieux de pouvoir
De Charles VI à Louis XI, la folie du roi, dernier refuge (Bernard Guenée, La Folie de Charles VI, roi Bien-Aimé, Paris, Perrin, 2004)
La prison comme lieu de pouvoir ? Quand l'absence du roi renforce la présence de l'État.
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Patrick Boucheron est né en 1965, à Paris. Après des études secondaires au lycée Marcelin Berthelot (Saint-Maur-des-Fossés) puis au lycée Henri IV (Paris), il entre à l'École normale supérieure de…
Maître de conférences en histoire médiévale à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud de 1994 à 1999, puis à l'université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne à partir de 1999, il fut membre junior de l'Institut universitaire de France de 2004 à 2009. En 2009, il soutient à l'université de Paris 1 une habilitation à diriger des recherches intitulée La trace et l'aura et est élu professeur d'histoire du Moyen Âge dans cette même université en 2012. Il est, depuis 2015, président du conseil scientifique de l'École française de Rome. Il a été élu la même année professeur au Collège de France sur la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ».

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