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  • Philippe Manœuvre en chair et en rock sur scène pour son tout premier spectacle

    Il a représenté le visage du rock sur plusieurs générations, sans être musicien lui-même : le journaliste musical Philippe Manœuvre fait ses débuts sur scène à 71 ans ! Dans son spectacle Un enfant du rock raconte, joué en ce moment au Théâtre de l’Œuvre, à Paris, le critique rock relate, deux heures durant, ses anecdotes les plus folles. Au cours de sa carrière, Philippe Manœuvre a rencontré plus de 450 artistes, il y a donc de quoi raconter ! 

    RFI : Vous présentez en ce moment un spectacle intitulé Un enfant du rock raconte. Comment ça se présente ?

    Philippe Manœuvre : C'est une tentative de théâtre rock. Notamment, j'ai un guitariste, un guitariste électrique et électrifié, M. Yarol Poupaud, qui a été le dernier lead guitariste de Johnny Hallyday, son chef d'orchestre. On a aussi un décor : moi, je suis installé dans un ampli Marshall avec un fauteuil gothique. (rires) On a essayé de faire quelque chose de rassembleur autour de gens que tout le monde connaît, les anciens Beatles, les Rolling Stones, Prince, Johnny Hallyday… J'ai eu la chance de les rencontrer tous, même de vivre des choses uniques avec eux. On a construit une vraie pièce de théâtre autour du rock.

    Et sur tous ces artistes que vous avez rencontrés, vous avez aussi pu rencontrer des rockers africains…

    Pour moi, la musique, elle vient d'Afrique. Moi, je suis le premier qui a mis des rockers blacks à la télévision. Quand on a créé l'émission Sex Machine en hommage à James Brown, pendant trois ans, on n'a rien passé d'autre.

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    Cinquante ans plus tard, vous semblez avoir gardé l'émerveillement et l'enthousiasme qui vous ont poussé à faire ce métier en premier lieu ! 

    Totalement ! Je n'écoute que du rock, les nouveautés… C'est le début de l'année, de nouveaux groupes arrivent. Le rock refuse de disparaître. Les gens, ils aiment cette musique. Ça leur tient à cœur ! La France, c'est une nation rock. 

    Parlons-en, justement, du rock d'aujourd'hui – en France ou ailleurs. Quel regard portez-vous dessus ?

    On n'est plus dans le même monde. Entre les années 1970 en France et les années 2020, on n'a plus les mêmes problèmes. Quand le rock est arrivé, il voulait secouer la société. Mais ce n'est plus la même société du tout. Tous les matins, on se réveille, on regarde le téléphone en disant « qu'est-ce que Trump a encore fait cette nuit ? » Donc, on est dans un monde qui n'a pas besoin d'être challengé non plus. Les gens ont au contraire besoin d'être rassurés, de se retrouver autour d'émotions collectives, artistiques. Et le rock leur en offre.

    Vous pensez que c'est pour cela aussi que cela marche autant quand, par exemple, des Oasis se reforment ? Que c'est le côté rassurant ?

    Évidemment ! Les gens sont contents, parce qu'Oasis, ils viennent d'une époque où tout allait bien, quoi qu'on en dise. Rendez-vous compte ! 1995, on était dans le bonheur parfait, on ne s'en rendait pas compte ! (rires)

    Vous avez rencontré beaucoup de monde, mais il y en a peut-être aussi que vous avez loupé. Est-ce qu'il y en a que vous avez regretté de ne pas avoir pu interviewer ou rencontrer ?

    Oui, Jimi Hendrix, évidemment. Jimi Hendrix et Jim Morrison, c'est vraiment les deux personnalités que j'aurais aimé rencontrer. Ces deux-là me manquent énormément, et ils manquent à la musique aussi. C'était le plus grand guitariste et le plus grand chanteur pour moi. Et leur disparition, c'est encore très dur aujourd'hui, bien sûr.

     

    "Un Enfant du rock raconte", spectacle de Philippe Manoeuvre, mise en scène de Jérémie Lippman, jusqu'au 22 avril 2026 au Théâtre de l'Oeuvre à Paris. 

    Retrouvez plus d'informations sur le site du Théâtre de l'Œuvre.

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    6 min
  • Raoul Peck: «Orwell nous donne les clés pour analyser toute forme de totalitarisme»

    « 2 + 2 = 5 », c’est une citation du célébrissime roman de George Orwell « 1984 ». Dans cette œuvre dystopique publiée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le héros et narrateur Winston Smith se demande dans son journal si l'État a le pouvoir de définir cette formule comme exacte, et si le fait que tout le monde y croit en fait une vérité. Le nouveau film de Raoul Peck, qui sort en salles, mercredi 25 février, en France, permet justement d’y voir clair sur l’apport de cet écrivain lucide et visionnaire.

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    4 min
  • Cynthia Fleury adapte «La Fin du Courage» au théâtre: «nommer les choses, c'est déjà du courage»

    Une pièce de théâtre pour renouer avec le courage : depuis le début du mois de janvier, plusieurs duos de comédiennes, dont Isabelle Adjani et Laure Calamy, se succèdent à Paris pour jouer l’adaptation sur scène de La Fin du courage, essai à succès écrit en 2010 par la philosophe et psychanalyste française Cynthia Fleury. Objectif : lutter contre le découragement dont souffrent les sociétés occidentales.

    RFI : Cynthia Fleury, bonjour. D'abord, qu'est-ce que c'est, le courage ?

    Cynthia Fleury : C'est une invitation à la vie : je pense véritablement qu'il y a, derrière le courage, du vitalisme. Ensuite, c'est souvent tout simplement la conscientisation de ses peurs, et la décision de les dépasser. 

    Ce que vous dites, quelque part, avec cette pièce, c'est qu'on négocie tous avec le monde qui nous entoure, on fait tous des compromis. À quel moment on bascule dans le découragement, dans la faim du courage ?

    Il faut comprendre que le découragement vient d'un côté de l'absence de compromis - la personne qui refuse tout compromis, toute possibilité, et donc ne trouve aucune manière d'être en prise avec le réel. Et de l'autre côté, le fait de trop négocier : cette personne là finit presque lessivée, disparaissante, ne sachant plus où elle est. Donc La Fin du courage est bien évidemment une invitation à trouver la juste mesure de la négociation. 

    On vit une époque très particulière, avec des nouvelles dramatiques quotidiennement. Comment faire pour résister, ne pas se sentir complètement emporté par ce sentiment ?

    Tous les jours, il y a des manières de produire des résistances. Je suis enseignante-chercheure. Dans mon cas c'est déjà refuser de ne pas nommer les choses. Je veux pouvoir encore le faire, puisqu'aujourd'hui, même cet acte simple est attaqué de manière très forte. Il y a la novlangue par exemple ; mais aussi, lorsque vous avez des images montrant ICE [la police de l'immigration américaine, ndlr] mettant à mort quelqu'un, on se pose encore la question de savoir si oui ou non c'est une mise à mort sous nos yeux. On voit bien qu'aujourd'hui, les image et les mots sont travestis. Le courage, c'est donc pour commencer : "je vois ce que je suis en train de voir, je dis ce que je suis en train de réellement penser, et à u moment donné, j'agis en fonction." 

    C'est quand même un constat terrible, si on se dit qu'aujourd'hui, le simple fait de donner un nom aux choses, c'est un acte courageux.

    Oui, mais c'est véritablement le cas. Il y a aujourd'hui une attaque en règle, menée par les mouvements trumpistes, mais pas exclusivement. En disant les choses, immédiatement, vous vous rendez visible, on vous pointe du doigt, et vous vous mettez en danger. Donc oui, ne pas céder sur le langage reste quelque chose de courageux. 

    Le découragement auquel on assiste aujourd'hui est-il avant tout individuel ou collectif ?

    C'est les deux à la fois. Le découragement est, malgré tout, assez puissamment individuel. Mais il s'expérimente aussi, hélas, dans des collectifs, ceux du travail par exemple. Il suffit d'aller écouter les soignants à l'hôpital, il suffit d'aller écouter tous les métiers du soin, dans les métiers de l'éducation, les juges. Il y a une forme de découragement collectif assez fort. C'est toujours dangereux parce que la passion collective du découragement est rarement protectrice. Tout l'enjeu, c'est donc de voir comment demain, on va pouvoir reconquérir la vertu du courage, comme outil de régulation pour les sociétés.

    Le découragement touche particulièrement les jeunes. Qu'est-ce que vous leur dites à ces personnes, qui n'ont connu que des périodes décourageantes ?

    Je leur dis, hélas, que d'autres, dans d'autres temps historiques, ont connu des périodes tout aussi tragiques. Que c'est un peu le lot de chaque génération de rencontrer son territoire d'adversité. Que rien n'est écrit. Ce découragement est assez normal. Il est le signe aussi d'une vérité de leur sensibilité. Mais il faut faire attention de ne pas le laisser emporter la partie. Donc, je leur dis de tenir. 

     

    La fin du Courage est jouée cinq fois par semaine au Théâtre de l'Atelier, à Paris, jusqu'au 8 mars 2026.

    À écouter aussi« La fin du courage », une adaptation théâtre de l’essai de Cynthia Fleury

    4 min
  • Le danseur et chorégraphe Mohammed Toukabri revisite son répertoire au Théâtre de la Bastille

    Mohamed Toukabri, chorégraphe et danseur tunisien basé à Bruxelles, se penche dans son dernier spectacle sur toutes les danses qui l'ont nourri, de ses débuts dans le breakdance à l'âge de 12 ans à Tunis jusqu'à la danse contemporaine occidentale qu'il a apprise plus tard. Un spectacle qui mêle les formes et à travers lequel il interroge ses différentes identités, mais aussi l'histoire à travers son corps de danseur.

    Every-Body-Knows-What-Tomorrow-Brings-And-We-All-Know-What-Happened-Yesterday, de Mohamed Toukabri, au Théâtre de la Bastille, du 17 au 20 février, dans le cadre du festival Faits d’hiver 2026.

    À lire aussiThéâtre : «Saigner des genoux», une pièce «coup de poing» sur une adolescence au collège

    5 min
  • Cinéma: Sylvie Ballyot revient sur la guerre civile libanaise dans le documentaire «Green Line»

    Comment raconter une guerre civile à hauteur d'enfant ? C'est ce que fait le documentaire Green Line, sorti en salles mercredi 18 février 2026. Sylvie Ballyot filme Fida Bizri, qui a grandi à Beyrouth dans les années 1980 pendant la guerre. À l'aide de figurines et de maquettes miniatures, elle va à la rencontre de miliciens et confronte sa vision d'enfant avec la leur. 

    Green Line, de Sylvie Ballyot, sorti en salles le mercredi 18 février 2026, 150 min.

    À lire aussi«Green Line», de Sylvie Ballyot et Fida Bizri: une enfance sous les bombes

    4 min
  • «À mots doux» de Thomas Quillardet: une ode à l'adolescence (dés)enchantée

    Le rêve adolescent est au cœur de la dernière pièce du metteur en scène Thomas Quillardet, À mots doux. Le personnage principal, Sylvain, 14 ans, reste cloîtré dans sa chambre qui devient alors l'espace de tous les possibles. Il construit peu à peu son identité grâce à la chanteuse franco-canadienne Mylène Farmer dont il est totalement fan. Accompagné de plusieurs personnages imaginaires, Sylvain commence à se sentir de plus en plus libre et à enfin trouver sa place dans la vie réelle.

    5 min
  • Avec «Dao», Alain Gomis filme une famille entre la France et la Guinée-Bissau

    La 76ᵉ Berlinale, le premier festival international de cinéma de la saison, bat son plein en ce moment dans la capitale allemande. 22 longs métrages sont en lice pour le prestigieux Ours d'or. Parmi eux, Dao, le nouveau long métrage du Franco-Sénégalais Alain Gomis. On se souvient qu'il avait décroché, à Berlin, en 2017, l'Ours d'argent du meilleur film pour Félicité, tourné en RDC. Cette fois, Dao nous entraîne entre la Guinée-Bissau et la France.

    À lire aussiTrois films africains en compétition à la Berlinale 2026

    4 min
  • Dans «DUB», le chorégraphe franco-sénégalais Amala Dianor crée l'union des danses undergound

    Onze danseurs au plateau évoluent pendant une heure sur les sonorités électroniques du DJ Awir Leon, présent en live. Entre électro, pantsula, krump, afro, waacking et hip-hop new style, tous les genres de danse urbaine des communautés underground du monde entier sont représentés dans DUB, le nouveau spectacle du chorégraphe franco-sénégalais Amala Dianor. Les jeunes danseurs, venus des quatre coins du globe, se retrouvent dans des espaces confidentiels pour donner à voir ce qui est habituellement caché.

    Pour connaître les dates de la tournée, c'est par là !

    À écouter dans En sol majeurAmala Dianor, du corps en barre

    5 min

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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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