Invité culture

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Invité culture episodes

  • Mounia Orosemane et son exposition «Retour à l’autre»

    Illustrer le lien entre la Martinique dont elle est originaire et le Sénégal qu’elle a découvert lors de sa carrière de mannequin - c’est l’ambition de Mounia Orosemane avec son exposition Retour à l’autre à la galerie Quatorzerohuit à Dakar. À travers une vingtaine de toiles et pour sa première exposition au Sénégal, la peintre abstraite, mondialement connue pour avoir défilé pour les plus grands couturiers, offre sa vision du pays de la Teranga. 

    Retour à l’autre, exposition de l'artiste Mounia Orosemane, à la galerie Quatorzerohuit à Dakar du 24 janvier au 9 février 2025.

    À lire aussiLes Vénus de l'artiste Prune Nourry, des sculptures qui racontent des vies

    4 min
  • Marion Mezadorian, ou l'art du craquage

    Après le succès, au festival Off d’Avignon, de son nouveau spectacle, l'humoriste chaleureuse Marion Mezadorian et s’installe à Paris avant de partir en tournée à travers la France. Dans Craquage, elle incarne quinze personnages qui se décident enfin à cracher tout ce qu’ils ont sur le cœur.

    À écouter aussiMarion Mezadorian seule en scène: ses «Pépites» brillent comme des diamants

    4 min
  • «Alyte», la BD qui fait bondir l'univers du crapaud au festival d'Angoulême

    Raconter une vie minuscule en bande dessinée : c’est le pari d’Alyte, publié aux éditions 2024 et sélectionné pour le prestigieux festival international de la bande dessinée d’Angoulême, grand rendez-vous du 9ᵉ art qui débute ce jeudi. Dans cet ouvrage, Jérémie Moreau nous entraîne dans le périple initiatique d’un crapaud, croisant sur sa route un saumon, un arbre et un agneau.

    Pour en savoir plus sur Jérémie Moreau au festival international de la bande dessinée d'Angoulême, cliquez ici.

    À écouter aussiJérémie Moreau, perdre le Nord pour mieux le retrouver

    4 min
  • Les Vénus de l'artiste Prune Nourry, des sculptures qui racontent des vies

    L'artiste Prune Nourry expose ses dernières sculptures à la Galerie Templon à Paris sous le titre de Vénus. Des sculptures de femmes de toutes tailles, en terre, la matière à laquelle se confronte toujours l'artiste. Des femmes diverses dans leurs corps, ancrées dans la réalité et loin des canons esthétiques. Pour cela, l'artiste s'est plongée dans la vie de plusieurs femmes au cœur de la ville de Saint-Denis, en région parisienne.

    RFI : Vénus, c'est le titre de votre exposition à la Galerie Templon, c'est une série de sculptures de femmes. Où ces sculptures prennent-elles leur source ?

    Prune Nourry : En 2024, on m'a proposé un beau projet, pouvoir créer une œuvre permanente dans la nouvelle gare de Saint-Denis Pleyel. J'avais deux ans devant moi, et je voulais vraiment m'ancrer à Saint-Denis pour mieux connaître la ville, qui est pleine d'une richesse culturelle et d'une diversité incroyable. Il y a plus de 130 cultures là-bas. L'idée, c'était de partir de cette notion de « terre ». Comment on peut être attaché à une terre, Saint-Denis, et en même temps, à plein de terres différentes. On vient tous de la même terre. On en est tous issus, selon les différents mythes, que ce soit Yorouba ou les trois religions monothéistes, il y a cette idée que l'on vient tous de l'argile, de la terre. Et qu'en même temps, cette terre peut avoir plein de formes, de couleurs, de matériaux. Là, à l'intérieur de cette exposition, on voit de la terre rouge, de la terre ocre, de la terre marron, de la terre blanche... Ces Vénus sont inspirées de notre passé d'humain, mais en même temps, j'ai voulu aussi m'ancrer de manière plus « micro », en plus de ce projet collectif pour la gare de Saint-Denis Pleyel. J'ai donc travaillé avec une association en particulier, qui est la Maison des femmes, que Ghada Hatem a initié il y a 10 ans, mais qui a donné naissance à plus de 30 maisons des femmes aujourd'hui, à travers la France.

    Quand on regarde vos sculptures, ce sont des femmes loin de l'esthétique assignée au corps féminin. Ce sont des femmes dont les seins pendent, avec des ventres proéminents, des corps qui racontent des histoires. Est-ce que ces sculptures sont aussi inspirées de vrais modèles ?

    La maison des femmes m'a ouvert ses portes pour rencontrer, à travers leurs ateliers de danse, d'alphabétisation, de karaté, des femmes à qui je pouvais proposer d'être les modèles pendant des ateliers de sculpture. Huit d'entre elles ont accepté, au-delà de leurs tabous culturels, sociaux, mais aussi de leur traumas corporels, de poser pour moi. J'ai pu réaliser leur portrait assez abstrait, anonyme, à travers à la fois l'inspiration des Vénus préhistoriques, à travers leur corps, mais aussi à travers leurs mots. On passait des heures ensemble et on se racontait plein de choses. On en a fait un film pour pouvoir montrer dans l'exposition une fenêtre sur l'intimité de l'atelier, pour montrer l'unicité de chacune de ces histoires, mais aussi leur aspect universel. Parce que chacune de ces femmes – elles avaient entre 30 et 70 ans – venaient d'endroits complètement différents, de Biélorussie, d'Algérie, du Congo, de Sicile, de France, etc. C'était important pour moi de pouvoir ce qui nous relie toutes. De fait, on a sculpté ensemble, presque. Parce que, parfois, on s'arrêtait, on regardait ensemble, elles touchaient aussi la terre, elles me parlaient de leurs cicatrices que l'on pouvait ajouter dans la terre… Chaque sculpture devait, pour moi, à la fin de nos séances, leur parler avant tout à elle. C'est un mot que plusieurs d'entre elles ont utilisé. Moi, j'avais l'impression d'être en train de construire une sculpture tandis qu'elles me disaient : « En fait, tu es en train de nous reconstruire. »

    Vénus, exposition de l'artiste Prune Nourry, à la Galerie Templon (3e arrondissement de Paris) du 11 janvier au 1er mars 2025.

    À lire aussiLe sculpteur Kokou Ferdinand Makouvia au musée de l'histoire et de l'immigration à Paris

    4 min
  • En transposant «Par les villages» en milieu urbain, Sébastien Kheroufi fait résonner les voix des exploités

    L'œuvre Par les villages, du dramaturge autrichien Peter Handke, raconte le retour d'un transfuge de classe, Gregor, devenu écrivain dans le village de son enfance et la confrontation qui s'ensuit. Le metteur en scène d'origine algérienne, Sébastien Kheroufi, transpose le milieu rural autrichien de la pièce dans la banlieue parisienne dont il est issu. Et la poésie de Peter Handke fait résonner les voix des humiliés et des exploités pour leur redonner une dignité. La pièce, en tournée actuellement, est jouée cette semaine au Théâtre des Quartiers d'Ivry, en région parisienne.

    Par les villages, de Peter Handke, mis en scène de Sébastien Kheroufi, au Théâtre des Quartiers d'Ivry (Val-de-Marne) du 22 au 26 janvier 2025.

    À lire aussi«Par les villages», les mots de Peter Handke ouvrent le Festival d’Avignon dans la Cour d’honneur

    5 min
  • Dans «Jouer avec le feu», Vincent Lindon impuissant face à la dérive de son fils d'extrême droite

    Comment réagir lorsque l'un de ses enfants épouse des idées aux antipodes des convictions progressistes de ses parents ? Adaptant le roman Ce qu'il faut de nuit, les sœurs Muriel et Delphine Coulin mettent en scène, dans le film Jouer avec le feu, un père de famille impuissant à empêcher l'un de ses deux fils de basculer dans l'extrême droite. Ce film, qui fait le tour du monde des festivals après avoir été montré en compétition au dernier festival de Venise, sort mercredi 22 janvier en salles en France. RFI a rencontré Vincent Lindon qui a, pour sa performance, remporté la Coupe Volpi du Meilleur acteur à la Mostra de Venise.

    RFI : Dans Jouer avec le feu, vous incarnez Pierre, un homme, un cheminot, qui a élevé seul ses deux garçons et qui ne voient pas – ou peut-être qu'il ne veut pas voir ? – que son fils aîné se radicalise à l'extrême droite. Vous, comment vous le voyez, Pierre ? Est-il dans le déni ?

    Vincent Lindon : En fait, c'est l'un des rares films où il y a une petite et une grande histoire. Un des deux enfants va doucement glisser vers une radicalisation dans un groupuscule d'extrême droite. Mais la grande histoire, c'est une histoire d'amour, c'est une histoire de famille… Comment fait-on, quand on est un père seul, démuni, pas épaulé – parce que malheureusement, la maman n'est plus là –, comment fait-on pour communiquer et gérer l'inconditionnalité de l'amour ? Probablement que c'est un père qui n'est pas dans le déni, mais qui ne communique pas, qui est un taiseux, qui n'a pas l'habitude de communiquer, de parler. Éduquer, c'est répéter, c'est parler, c'est s'entretenir, c'est demander « Comment ça va ? » sans arrêt. Le film se déroule dans la ville de Metz, dans une région où il y a eu beaucoup de licenciements et de plans sociaux. Après, ses deux enfants ont été élevés pareil, mais on n'est pas tous armés pareils dans la vie.

    Ce qui est intéressant aussi, c'est que ce soit un trio masculin.

    C'est quand même un film sur deux frères et un père tourné par deux femmes, deux sœurs ! Pour rajouter à cela, ce que je trouve très intéressant, c'est que la mère... J'allais dire qu'elle est absente, mais elle n'est pas absente, elle n'a jamais été aussi présente ! Elle n'est pas là physiquement. Mais c'est la première fois que je vois un film – je l'ai vu dès le scénario et je ça m'a plu immédiatement – où c'est une mère qui n'est pas là, mais son absence pèse à un point… C'est un peu comme quand on dit : « On reconnaît l'amour au bruit qu'il fait en partant », mais là, on reconnaît le départ de cette femme, la mort de cette femme, son absence par le bruit qu'elle fait à regarder et à surveiller tout ce qui se passe dans cette maison sans pouvoir intervenir. Et c'est assez bouleversant, parce qu'elles ont filmé trois hommes qui se débattent comme ils peuvent. C'est un film qui est et politique et social, mais très familial aussi. Le film ne nous donne pas d'ordre. Le film ne dit pas aux spectateurs « Ça, c'est bien. Ça, ce n'est pas bien. Il faut penser comme cela, il ne faut pas penser comme cela. » Il présente un état des lieux d'une famille en crise, mais qui s'aime beaucoup. Avec des moments de rires, des moments où l'on danse le rock, des moments où l'on va au foot… C'est ce qui est complexe et qui est bien, c'est ce qui m'a beaucoup intéressé, notamment. Avec aussi le fait de jouer avec deux personnes, Benjamin Voisin et Stéphane Crépon, qui sont de la jeune génération et qui m'ont emmené, que je le veuille ou non, vers un peu d'insouciance, un peu de déconcentration et donc je les ai énormément maternés. Et quand on s'occupe de l'autre, quand on entend « Moteur ! », on s'aperçoit qu'on a oublié de s'occuper de soi. Un peu comme lorsque l'on plonge dans la mer sans se mettre de l'eau dans la nuque, on y va d'un coup !

    Cela semble vous avoir réussi : Prix d'interprétation à la Mostra après le prix à Cannes !

    Ah bah oui, j'étais fou de joie ! Je n'en revenais pas. Franchement, je m'y attendais pas du tout.

    Quand vous dites que vous l'avez vu dans le scénario, c'est-à-dire que vous avez comme cela des coups de foudre dès la lecture d'un scénario ?

    Si je n'ai pas un coup de foudre, je ne le fais pas. C'est moi, et non un être factice, qui joue ce personnage. Je n'ai pas la force et je ne pourrais pas me permettre de faire cela si je n'étais pas totalement conquis par le rôle, par le film et par l'histoire en général.

    À lire aussiMostra de Venise: Pedro Almodovar remporte le Lion d'or pour «La chambre d'à côté»

    4 min
  • «Heimweh» au Théâtre de la Bastille, la Suisse bienpensante joyeusement mise à mal par Gabriel Sparti

    Gabriel Sparti, jeune metteur en scène suisse, prend à bras-le-corps la politique, ou plutôt l’absence de politique, de son pays neutre. Les personnages enchaînent les banalités et sont saisis d’effroi dès qu’il s’agit de prendre position, jusqu’à déclencher le rire. « Heimweh » veut dire le mal du pays en allemand. Gabriel Sparti a aussi mal à son pays. La pièce se joue au Théâtre de la Bastille jusqu’au 24 janvier.

    Pour en savoir plus sur la pièce de théâtre, cliquez ici.

     

     

    À écouter aussiL'histoire de la Suisse coloniale racontée dans une exposition à Zurich

    4 min
  • «Rainbow+» de Jérôme Soligny: un nouvel ouvrage captivant dédié à David Bowie

    Le journaliste et écrivain Jérôme Soligny est sans doute le meilleur connaisseur de David Bowie en France. Il a publié récemment chez GM Éditions un troisième tome de la biographie de l'artiste disparu il y a neuf ans presque jour pour jour. Cet ouvrage de 200 pages est intitulé Rainbow+. Il a été écrit grâce à des confidences d'amis ou collègues de scène de la star ou encore à partir de réflexions de Bowie lui-même. 

    À lire aussiDavid Bowie, l'icône pop du 20ème siècle

    À lire aussiDavid Bowie: l’histoire magique d’une légende du rock

    6 min
  • Le nouveau roman de Jean Echenoz: un drôle de tournage au Botswana

    Jean Echenoz est né à Orange, dans le Vaucluse, en 1947. Prix Médicis 1983 pour Cherokee, prix Goncourt 1999 pour Je m'en vais, il est l'auteur d'une vingtaine de titres, romans, nouvelles et opéra. Toute son œuvre est publiée aux Éditions de Minuit. Son nouveau livre, Bristol, suit les aventures d'un cinéaste qui part tourner un film dans le sud du continent africain.

    « - Alors qu'est-ce que vous faites dans la région, dites-moi un peu, s'inquiète le commandant Parker.

    - Disons que c'est pour un film que je suis en train de tourner, indique Robert. Comme vous voyez.

    - On ne m'en avait pas averti, regrette le commandant, mais voilà qui m'intéresse beaucoup. Et quel genre de film, au juste ?

    - Toujours pareil, expose Robert, l'amour et l'aventure. Avec l'Afrique et ses mystères, vous voyez le genre.

    - Ah oui, soupire le commandant Parker, je vois en effet très bien le genre. Et pour votre histoire d'amour, vous avez pris quelle actrice ?

    - Céleste, dit Robert. Céleste Oppen. »

    (Extrait de Bristol aux Éditions de Minuit)

    4 min

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Du lundi au vendredi, un journaliste du Service Culture reçoit un acteur de la vie culturelle, pour aborder son actualité et réagir aux initiatives artistiques en France et dans le monde.

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