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Le mois saint du ramadan touche à sa fin. En cette année 2026, comme depuis 15 ans, les habitants de Saint-Denis, au nord de Paris, étaient conviés tous les soirs à une rupture du jeûne solidaire. Les Tables du ramadan, organisées par le Secours islamique français, ont attiré beaucoup de monde. Marius Laffont s'est rendu sous le grand chapiteau de l'association, pour assister à un ftour aux côtés de bénéficiaires.
La cadence est soutenue dans les cuisines. Dans moins d'une heure, 1 000 personnes vont arriver pour le repas solidaire de ce soir, pour la rupture du jeûne du ramadan. Mustapha, le chef cuisinier, a choisi le menu : « Poulet, pommes sautées, sauce curry et velouté aux champignons et des bricks avec des pommes de terre et du thon. »
Pour préparer autant de repas, trois commis et plusieurs bénévoles tournent derrière les casseroles et la plonge. Ouamara nettoie une immense marmite. Ce commercial a fait 300 kilomètres pour donner un coup de main. Il est venu de Tours jusqu'à Saint-Denis spécialement pour aider : « Je viens d'arriver, ça fait un quart d'heure. Je repars cette nuit. C'était ma journée de repos. J'en ai profité pour faire une bonne action. Je suis quelqu'un de compatissant. Et pour moi, c'est un geste honorable et noble. »
Quinze ans d'existence pour Les Tables du ramadanPour le dessert, ce sera des pommes. À l'atelier lavage, les cagettes s'enchaînent dans les mains de Farah, nouvelle bénévole. « Moi, je suis ici parce que je suis convertie, et je n'ai pas du tout d'entourage musulman autour de moi. Rentrer chez moi à la maison, casser le jeûne toute seule, aller à la mosquée toute seule... Des fois, j'ai du mal. J'ai rencontré des gens formidables et j'en suis ravie », explique-t-elle.
Il est 18h, le soleil va bientôt se coucher. Les bénévoles font le point sur l'organisation. « Bon courage pour ce soir, restez à votre poste. On ouvre les portes ! », lâche l'une des organisatrices.
Une longue file de bénéficiaires s'engouffre dans le chapiteau. Ça fait 15 ans que Les Tables du ramadan accueillent des personnes isolées ou précaires pour la coupure du jeûne. Adel, veste de sport sur les épaules, est en fac d'informatique. Il plonge sa cuillère dans son yaourt. « Moi, j'ai 350€ de bourse, 250€ de loyer avec les APL, mes parents ne peuvent pas m'aider. C'est compliqué. Des fruits, de la viande, des yaourts pour les étudiants, c'est plus difficile d'avoir tous ces produits. Et là, on a un bon repas équilibré consistant. »
Juste à côté, Saad termine quelques dattes. Il vient tous les soirs. « Depuis le premier jour de ramadan. Vraiment, c'est magnifique. Moi, je suis un SDF. J'habite dans la rue. Je fais le ramadan et je mange ici. Il y a des gens que je connais depuis le ramadan passé. Tu vois les amis, tu vois tes frères du bled », lâche-t-il en riant.
Un nouveau public : des travailleurs pauvres« La précarité, elle est visible. Mais on a des hommes seuls, on a des familles, on a des étudiants, explique le responsable de l'événement. Soit parce qu'ils n'ont pas à manger, soit parce qu'à l'occasion du ramadan, ils ont la possibilité de se retrouver avec des personnes pour ne pas partager ce moment-là seul. On a énormément de nouveaux publics, beaucoup de travailleurs pauvres notamment. On s'aperçoit qu'ils sont salariés. »
En plus de ces repas du ramadan, le Secours islamique français fait des maraudes et des distributions alimentaires. Mais l'association connaît des difficultés à cause de la situation budgétaire de l'État. Elle a perdu plus d'un million d'euros de subventions.
À lire aussiRamadan en Côte d’Ivoire: conseils nutritionnels au cœur de la mosquée
By RFILe mois saint du ramadan touche à sa fin. En cette année 2026, comme depuis 15 ans, les habitants de Saint-Denis, au nord de Paris, étaient conviés tous les soirs à une rupture du jeûne solidaire. Les Tables du ramadan, organisées par le Secours islamique français, ont attiré beaucoup de monde. Marius Laffont s'est rendu sous le grand chapiteau de l'association, pour assister à un ftour aux côtés de bénéficiaires.
La cadence est soutenue dans les cuisines. Dans moins d'une heure, 1 000 personnes vont arriver pour le repas solidaire de ce soir, pour la rupture du jeûne du ramadan. Mustapha, le chef cuisinier, a choisi le menu : « Poulet, pommes sautées, sauce curry et velouté aux champignons et des bricks avec des pommes de terre et du thon. »
Pour préparer autant de repas, trois commis et plusieurs bénévoles tournent derrière les casseroles et la plonge. Ouamara nettoie une immense marmite. Ce commercial a fait 300 kilomètres pour donner un coup de main. Il est venu de Tours jusqu'à Saint-Denis spécialement pour aider : « Je viens d'arriver, ça fait un quart d'heure. Je repars cette nuit. C'était ma journée de repos. J'en ai profité pour faire une bonne action. Je suis quelqu'un de compatissant. Et pour moi, c'est un geste honorable et noble. »
Quinze ans d'existence pour Les Tables du ramadanPour le dessert, ce sera des pommes. À l'atelier lavage, les cagettes s'enchaînent dans les mains de Farah, nouvelle bénévole. « Moi, je suis ici parce que je suis convertie, et je n'ai pas du tout d'entourage musulman autour de moi. Rentrer chez moi à la maison, casser le jeûne toute seule, aller à la mosquée toute seule... Des fois, j'ai du mal. J'ai rencontré des gens formidables et j'en suis ravie », explique-t-elle.
Il est 18h, le soleil va bientôt se coucher. Les bénévoles font le point sur l'organisation. « Bon courage pour ce soir, restez à votre poste. On ouvre les portes ! », lâche l'une des organisatrices.
Une longue file de bénéficiaires s'engouffre dans le chapiteau. Ça fait 15 ans que Les Tables du ramadan accueillent des personnes isolées ou précaires pour la coupure du jeûne. Adel, veste de sport sur les épaules, est en fac d'informatique. Il plonge sa cuillère dans son yaourt. « Moi, j'ai 350€ de bourse, 250€ de loyer avec les APL, mes parents ne peuvent pas m'aider. C'est compliqué. Des fruits, de la viande, des yaourts pour les étudiants, c'est plus difficile d'avoir tous ces produits. Et là, on a un bon repas équilibré consistant. »
Juste à côté, Saad termine quelques dattes. Il vient tous les soirs. « Depuis le premier jour de ramadan. Vraiment, c'est magnifique. Moi, je suis un SDF. J'habite dans la rue. Je fais le ramadan et je mange ici. Il y a des gens que je connais depuis le ramadan passé. Tu vois les amis, tu vois tes frères du bled », lâche-t-il en riant.
Un nouveau public : des travailleurs pauvres« La précarité, elle est visible. Mais on a des hommes seuls, on a des familles, on a des étudiants, explique le responsable de l'événement. Soit parce qu'ils n'ont pas à manger, soit parce qu'à l'occasion du ramadan, ils ont la possibilité de se retrouver avec des personnes pour ne pas partager ce moment-là seul. On a énormément de nouveaux publics, beaucoup de travailleurs pauvres notamment. On s'aperçoit qu'ils sont salariés. »
En plus de ces repas du ramadan, le Secours islamique français fait des maraudes et des distributions alimentaires. Mais l'association connaît des difficultés à cause de la situation budgétaire de l'État. Elle a perdu plus d'un million d'euros de subventions.
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