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  • Vidéo : les ânes d’Afrique sacrifiés sur l'autel de la "médecine" chinoise
    Chaque année, la Chine abat des millions d'ânes pour fabriquer l'ejiao, un remède traditionnel prétendument miracle utilisé pour traiter divers maux. Alors que dans le pays, la population d’âne a drastiquement diminué ces dernières années, les industriels chinois sont contraints d’importer et de se tourner vers les ânes d’Afrique... Au risque de les faire disparaître. Nos correspondants en Chine et au Kenya, Élodie Cousin, Bastien Renouil, Antoine Védeilhé et Charlie Wang ont mené l’enquête. Utilisé depuis près de 2 000 ans en Chine, l'ejiao, un médicament traditionnel, avait quasiment disparu. Mais depuis quelques années, on le retrouve sur les étals des pharmacies et autres boutiques de bien-être chinoises. Censé fluidifier le sang, diminuer les effets des chimiothérapies ou encore améliorer la libido, ce remède prétendument miracle dont les Chinois raffolent coûte cher : jusqu'à 600 euros le kilogramme. S'il peut être consommé dans des boissons, des gâteaux ou même des pilules, l'ingrédient principal nécessaire à sa préparation ne varie jamais : il s'agit de gélatine extraite de peaux d'ânes.
    Victime du regain de popularité de l'ejiao, la population d'ânes vivant en Chine a diminué de moitié ces vingt dernières années. On ne dénombre désormais plus que 5 millions de bêtes dans le pays. Aussi les industriels au cœur de ce commerce lucratif se sont-ils tournés vers une nouvelle réserve d'ânes : l'Afrique.
    Les ânes menacés de disparaître au Kenya
    Leur quête d'approvisionnement met les populations d'ânes africains en danger. Car pour satisfaire l'appétit du marché chinois, il faudrait sacrifier jusqu'à 10 millions d'individus par an, alors qu'il n'en existe que 44 millions sur la planète... Face aux risques de voir l'espèce décimée, plusieurs pays, comme le Niger ou la Tanzanie, ont décidé d'interdire le commerce des peaux d’ânes. Mais les dérives sont nombreuses. Certains commerçants peu scrupuleux importent des ânes illégalement de pays où leur abattage est interdit, d'autres volent les bêtes des fermiers, allant jusqu'à les dépecer la nuit dans leurs enclos...
    Nos reporters au Kenya ont remonté la trace de l'ejiao dans le pays, qui compte aujourd'hui environ 1,8 million d'ânes. Depuis 2016, trois abattoirs spécialisés appartenant à des Chinois ont ouvert et chaque année, des dizaines de milliers d'animaux y sont tués. Leurs peaux sont ensuite envoyées par porte-containers vers Hong Kong, via l’Océan Indien et la Mer de Chine. Les ONG de défense des animaux tirent la sonnette d'alarme : à ce rythme, d'ici six ans, l'âne, bête de somme essentielle pour le travail dans les champs, pourrait disparaître du Kenya.
    18 min
  • Vidéo : du Brésil au Canada, la nouvelle route de l'exil africain
    On la surnomme "la route de la mort". Chaque année, des milliers de migrants en quête d'une vie meilleure traversent dix pays, du Brésil au Canada. Ils viennent de Cuba, du Venezuela, d'Haïti, mais aussi, plus récemment, d'Afrique ou d'Asie. Et chaque année, cette route tue, souvent dans l'indifférence générale. Durant cinq mois, nos reporters ont suivi le périple de la Congolaise Rosette et de sa famille sur cette route de tous les dangers. Reportage exceptionnel d'une durée de 36 minutes. En cinq mois, Rosette et sa famille ont parcouru plus de 20 000 kilomètres, au péril de leur vie. Ils ont d’abord fui la République démocratique du Congo, puis traversé deux continents, l’Amérique du Sud et l’Amérique du Nord. Partis de Sao Paulo, au Brésil, où ils sont arrivés avec un simple visa de tourisme, ils ont ensuite traversé tout le continent sud-américain, connu la jungle colombienne, avant de rejoindre les États-Unis, et enfin l'eldorado canadien. Au total, ils ont franchi dix pays, sont passés entre les mains de réseaux clandestins, de cartels de trafiquants, de policiers ou militaires plus ou moins véreux qui contrôlent les frontières.
    >> Revoir notre Focus : Le Canada, nouvel eldorado de l'emploi
    Au cours des cinq mois que nous avons passé aux côtés de Rosette, de son mari Godet et de leurs filles Maria et Pauline, nous avons rencontré d'autres migrants qui remontent vers le nord, jusqu’au Canada. Sur ce chemin, où le coût d'une vie se compte en poignées de dollars, Congolais, Maliens, Sénégalais, mais aussi Népalais et Bangladais, tentent de se fondre dans le flot des migrants sud-américains et caribéens. Un périple que beaucoup surnomment la "route de la mort", car certains ne parviendront pas à destination. L'itinéraire rejoint souvent celui de la cocaïne, massivement exporté de manière illégale vers l'Amérique du Nord.
    Nous nous sommes attardés sur l'étape la plus dangereuse du parcours : l'axe Colombie-Panama et la jungle du Darien, entre ces deux pays. Enfin, nous avons rejoint la frontière canadienne, où une vague sans précédent de migrants clandestins tente quotidiennement de demander l’asile, avec le même espoir d’une vie meilleure.
    Mise à jour 18 avril 2018 : Après être parvenus à traverser la frontière entre le Mexique et les États-Unis, Rosette, Godet, Pauline et Maria ont rallié Portland, dans le Maine, sur la côte nord-est des États-Unis. Ce dernier trajet leur a coûté toutes leurs économies, mais ils sont sains et saufs. La famille cherche désormais à se procurer les quelques dizaines de dollars nécessaires pour se rendre à la frontière canadienne.
    Mise à jour 10 mai 2018 : Rosette, Godet, Pauline et Maria ont finalement pu atteindre le Canada. Ils sont désormais dans une structure d'accueil pour demandeurs d'asile à Montréal. En attendant la réponse des autorités canadiennes concernant leur demande d'asile, Rosette espère que ses filles pourront intégrer le système scolaire et apprendre le français.
    Un reportage de François Rihouay. Production : Keep In News, avec les équipes de France 24, Radio Canada, et RCN (Colombie).
    37 min
  • Vidéo : en Mauritanie, le tourisme à l’épreuve du terrorisme
    Depuis décembre 2017, les vols ont repris entre la France et le désert mauritanien. Après des années d’absence, des centaines de touristes reviennent dans le pays, à la découverte de ses dunes immenses et de son superbe patrimoine comme Chinguetti, autoproclamée 7ème ville sainte de l’islam. Une aubaine économique, mais aussi un test pour Nouakchott, qui cherche à se démarquer de ses voisins empêtrés dans la lutte contre le terrorisme. Reportage de Mehdi Meddeb et Stéphane Kenech. Pour relever un tel défi, il fallait bien un homme du désert. Le retour des touristes en Mauritanie n’aurait jamais pu se faire en effet sans Kadi Mehdi. Pendant des années, le directeur de Mauritanides Voyages, point focal de l’opérateur touristique historique Point Afrique, en Mauritanie et au Sahel, a bataillé pour permettre la renaissance d’un tourisme organisé dans l’Est du pays. Quand plus personne ne l’envisageait, lui y croyait dur comme fer.
    "C’est incroyable, les avions sont pleins !", se réjouit-il en ce samedi de mars, pourtant saison basse. En quelques semaines seulement, après le feu vert des autorités, les professionnels du tourisme ont dû relancer la machine.
    1500 touristes attendus
    Sur la piste de l’aéroport d’Atar, dans l’Adrar, au milieu du désert, le charter venu de Paris-Charles-de-Gaulle atterrit pile à l’heure. Les touristes venus d’Europe débarquent, lunettes sur le nez, certains filmant déjà leurs premiers pas sur cette terre ressuscitée.
    Avec leur drââ, boubou bleu ample et turban, les Mauritaniens ont l’hospitalité chevillée au corps, héritée de leur culture des caravanes transsahariennes au cours desquelles on échangeait savoirs et biens. Le vent se fait fort, les températures extrêmes, mais le calme mauritanien reste olympien. Guides, chameliers, cuisiniers, aides ont été recrutés en nombre pour satisfaire ces nouvelles arrivées. Une bouffé d’oxygène pour une zone qui en manquait tant. En l’espace de quatre mois, des centaines de Mauritaniens ont ainsi repris un emploi fixe alors que 1 500 touristes sont attendus pour cette première saison. Une aubaine.
    Le programme qui les attend est chargé. Il comprend près de deux cents kilomètres de marche dans un sable jaune et fin, au milieu de dunes à perte de vue ou de canyons qui n’avaient plus vu passer de touristes depuis près de dix ans.
    Cette région leur est en effet longtemps restée interdite, ou du moins vivement déconseillée. "Nous n’étions plus assurés, la région étant classée en zone rouge, explique Philippe, un amoureux du désert. Les compagnies d’assurances se déchargeaient de toute responsabilité. Mais maintenant, c’est fini ! C’est un bonheur immense. J’attendais ce moment depuis des années".
    Lemgheity, la tâche indélébile
    Si la Mauritanie s’ouvre de nouveau au monde, pour le plus grand plaisir des voyageurs, le pays revient de loin. Il y a plus de dix ans, en décembre 2007, au moment de Noël, quatre Français étaient assassinés et un autre blessés à Aleg, dans le sud-ouest du pays. Quelques jours plus tard, le Rallye Paris-Dakar était annulé. Un tournant dans l’histoire de la Mauritanie. Trois ans plus tard, toute la zone sahélienne était biffée de rouge par les diplomaties étrangères, signifiant l’arrêt de mort du tourisme pour l’Est Mauritanien.
    >> Reporters : La Mauritanie face à l’ennemi invisible
    "Du jour au lendemain, on a perdu 800 emplois directs, des milliers d’emplois indirects, une catastrophe", se souvient Kadi Mehdi. Avant d’ajouter, rageur : "Mais ici dans l’Adrar, il n’y a jamais eu d’incident. On a payé pour le Mali, le Niger. Une injustice". Pendant six longues années, l’Est mauritanien s’enfonce dans la crise.
    >> G5 Sahel : une force militaire régionale pour remplacer Barkane ?
    Le retour des touristes constitue aujourd’hui un test. La Mauritanie a opéré sa mue au niveau sécuritaire. Il y a dix ans, son armée subissait défaite sur défaite de la part des hommes de Mokhtar Belmoktar. Dit le Borgne, ce membre du GSPC, ancêtre d’AQMI, a infligé plusieurs humiliations traumatisantes à l’armée mauritanienne. La plus cuisante eut lieu sur la base de Lemgheyti, dans l’extrême nord, près de la frontière malienne, où nous nous sommes rendus.
    >> Entretien avec Serge Daniel, journaliste, auteur de "AQMI, l'industrie de l'enlèvement"
    Dans ce coin aride et rocailleux, le Borgne et ses troupes armées mènent une opération éclair le 4 juin 2005. Surnommée "Badr", elle n'a duré que quelques minutes. En pleine nuit, des hommes en armes prennent le contrôle de la base, tuant 15 militaires mauritaniens, et repartent avec des prisonniers, des armes lourdes et des véhicules. Lemgheity est devenue la tâche indélébile, la première défaite des forces mauritaniennes face à ennemi qui ne cessait de prendre de l’ampleur, en s’attaquant à des ressortissants étrangers, et en menaçant l’équilibre géopolitique de la région.
    Les autorités ont pris la mesure de la catastrophe un mois après la prise du pouvoir par la force du général Ould Abdelaziz. Celui qui est devenu par la suite le président de la Mauritanie s'est attelé à faire renaître une armée en lambeaux.
    >> Entretien avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz
    Aujourd'hui, une vaste réforme est en cours : recrutement, équipement, salaires, logements. En l’espace de quelques années, Noukachott a déployé 20 000 hommes répartis pour la plupart dans de nouvelles unités : les Groupements spéciaux d’intervention (GSI), capables d’agir plus rapidement face à un ennemi mouvant.
    Le chef de l’État et son chef d’État-major ont réussi leur pari : dès 2011, l’armée inverse la tendance face à Aqmi, dont certains des émirs sont "neutralisés". L’homme fort de la Mauritanien poursuit une stratégie plus globale en mettant en place une politique de repentance. Un "hiwar" (débat) a lieu dans les prisons pour radicalisés. Des centaines de jihadistes reconnaissent leurs fautes. Politiquement, le président joue la prudence et le pragmatique en ne s’attaquant jamais aux milieux islamistes. Il les fait même rentrer au Parlement, contribuant ainsi à en faire la première force d’opposition.
    Une stratégie payante. À ce stade, la Mauritanie est épargnée et les touristes peuvent revenir. La renaissance touristique de l’Adrar est un succès. En atteste cette nouvelle ligne aérienne qui devrait ouvrir en fin d’année entre Marseille et Atar.
    18 min
  • Vidéo : au Yémen, une guerre à huis clos
    Au Yémen, la guerre semble sans fin. Depuis trois ans, l'Arabie saoudite dirige une coalition de pays sunnites pour soutenir le pouvoir du président Hadi face aux rebelles houthis, maîtres de la capitale Sanaa et de plusieurs régions. Près de 10 000 personnes ont déjà été tuées. À cette guerre civile s'ajoute des attentats islamistes, une épidémie de choléra et la famine qui menace. Nos reporters sont partis au Yémen, à la rencontre d'une population qui tente de survivre et se sent abandonnée. >> Le débat : "Guerre au Yémen, trois ans de chaos"
    17 min
  • Syrie : dans les tribunaux kurdes chargés de juger les jihadistes de l'EI
    En Syrie, la guerre menée par les Kurdes contre l'organisation de l'État Islamique a fait des milliers de morts, mais aussi de très nombreux prisonniers. Pour la première fois, une équipe de TV a pu assister aux procès menés par des juges kurdes, selon les lois kurdes, de ces jihadistes dont certains se sont livrés aux pires atrocités contre les populations syriennes ou yazidis. Quel sort leur réserver ? Comment rendre justice ? Mayssa Awad, Mohammed Assan et Roméo Langlois ont mené l’enquête.
    18 min
  • Kosovo, les maux de l'indépendance
    Il y a un mois, le Kosovo, dernier-né des pays d’Europe, fêtait les dix ans de son indépendance. Ce petit État des Balkans, à majorité albanaise et à minorité serbe, est encore très marqué par la guerre qui l'a opposé à la Serbie de 1998 à 1999, et s'est achevé par sa déclaration d'indépendance. Entre pauvreté, chômage, corruption, chaos politique et exode massif de sa population, le pays peine à se construire un avenir. Dernier-né des pays d’Europe, le Kosovo a fêté les dix ans de son indépendance le 17 février 2018. Un statut qui n’est reconnu que par une partie de la communauté internationale, dont les États-Unis et 22 pays de l’Union européenne. La Serbie, elle, refuse toujours de reconnaître l’indépendance de son ancienne province. Elle est notamment soutenue par la Russie et la Chine, ce qui empêche le Kosovo d’être membre des Nations unies et d’un certain nombre d’organisations internationales.
    >> Billet retour : "Kosovo, l'impossible État"
    Depuis 2011, des négociations entre Belgrade et Pristina, les capitales respectives de la Serbie et du Kosovo, se déroulent sous l’égide de Bruxelles. Elles ont permis de régler un certain nombre de problèmes du quotidien pour les populations, mais la mauvaise volonté évidente dont font preuve les deux parties en présence en limitent les avancées...
    Le chômage atteint 60 % chez les jeunes
    Le Kosovo est le deuxième pays le plus pauvre du continent européen et le premier des Balkans. Le chômage des jeunes, qui forment la majorité de la population, y atteint 60 %. Pour beaucoup d’entre eux, la capitale Pristina agit comme un aimant en raison des possibilités d’études qu'offrent l’université et une myriade d’écoles privées. Mais là, comme dans le reste du pays, les débouchés professionnels y sont extrêmement limités et les conditions de vie de plus en plus difficiles. Le salaire moyen y est inférieur à 400 euros, en baisse depuis 2016, sans parler du salaire pour les emplois non qualifiés qui peut descendre à 150 euros par mois. Une misère.
    Aussi, la tentation d'émigrer en Suisse ou en Allemagne est omniprésente, d’autant que la migration à objectif économique est fréquente et ancienne au Kosovo. Elle est même l’un des piliers de l’économie du pays, puisque l’aide financière envoyée par les travailleurs à l’étranger représente 17 % de son PIB.
    Un pays qui se vide
    Bien que des élections soient organisées régulièrement et que de nombreuses organisations internationales, dont l’Union européenne et les Nations unies, soient toujours présentes sur place, un climat de clientélisme politique a permis à de nombreux ex-commandants de la guérilla albanaise de l’UCK de rester dans les structures du pouvoir. C’est notamment le cas de l’actuel président de la République, mais aussi du Premier ministre, du président du Parlement et de nombreux ministres. Résultat : le pays est aujourd’hui verrouillé.
    En 2014, après les élections législatives en juin, le Premier ministre d’alors, qui refusait de quitter le pouvoir, avait engendré un blocage institutionnel de huit mois et était finalement parvenu à rester au gouvernement. Le désespoir causé par cette crise, allié aux mauvaises conditions économiques, avait provoqué un exode migratoire sans précédent en temps de paix. Au total, 120 000 personnes, soit presque 7 % de la population, avaient pris la route de l’Union européenne à la recherche d’une vie meilleure.
    Depuis, l’envie de quitter le Kosovo est devenue un sentiment dominant au sein de la population, et notamment chez les Serbes qui y vivent encore. Même si les problèmes de violences que subissait cette minorité semblent appartenir au passé, la dégradation des conditions de vie provoque aujourd’hui un exode des Serbes, cette fois à destination de la Serbie voisine.
    17 min
  • Reportage exclusif : Séoul, le prix de la liberté pour les Nord-Coréens en fuite
    Alors que Kim Jong-un et Donald Trump ont pris tout le monde de court en acceptant, vendredi, de se rencontrer, nous sommes allés à la rencontre de Nord-Coréens qui ont fui la dictature de Pyongyang. Chaque année, ils sont des centaines à s’enfuir, au péril de leur vie. Pendant plus d’un an, nous avons suivi deux jeunes femmes dans leur périple vers le Sud. Elles sont passées par la Chine, puis le Laos, avant de gagner enfin l’eldorado sud-coréen. Un voyage à hauts risques vers la liberté. Chaque année, des centaines de Nord-Coréens tentent, au péril de leur vie, de gagner la Chine. Tout au nord du pays, le prix de la liberté passe par les fleuves Yalu et Tumen, dont il faut traverser à la nage les eaux gelées pour tenter de gagner l’autre rive. Mais pour les rares personnes qui parviennent à atteindre le territoire chinois, les espoirs sont rapidement déçus.
    >> Reporters : "En Chine, célibataires par millions cherchent épouses désespérément"
    C’est le cas de Mina et Sung Hee, 23 et 25 ans, que nous avons suivies pendant plus d'un an. Une fois arrivées en Chine, elles ont été vendues par des trafiquants et mariées de force à des paysans chinois. Après trois et cinq ans d’une vie misérable dans la clandestinité d’une province rurale, les deux jeunes femmes décident de s’enfuir et de gagner la Corée du Sud. Nous les retrouvons à Pékin, où elles sont chaperonnées par Kim, une autre réfugiée nord-coréenne, qui a fui le régime de Pyongyang en 1999. Une ONG sud-coréenne leur a fourni de faux papiers d’identité.
    Pour gagner l’eldorado sud-coréen, la route est longue et passe par le Laos, bien loin au sud de la Chine : 4 000 kilomètres en train, en bus, en voiture et à pieds les attendent. Un voyage de plusieurs jours, la peur au ventre. En Chine, les fugitifs nord-coréens, dont le nombre est estimé à 200 000, sont traqués par les autorités. Si la police venait à les surprendre, Mina et Sung Hee seraient immédiatement renvoyées dans leur pays d’origine, où elles risquent la torture. Un billet retour pour l’enfer.
    Métamorphose
    Après avoir traversé l’immensité du territoire chinois en train et en bus, échappant aux fréquents contrôles de police, les deux jeunes femmes doivent désormais franchir la frontière avec le Laos. Escortées par des passeurs, elles marchent plusieurs heures à travers la jungle, avant d’atteindre enfin Vientiane, la capitale. Là-bas, elles retrouvent le pasteur Chun Ki-won, à l’origine de leur fuite. Depuis 20 ans, cet homme a organisé la fuite de plus d’un millier de Nord-coréens depuis la Chine. Les deux jeunes femmes, enfin libres, se réfugient enfin à l’ambassade de Corée du Sud à Vientiane, en attendant l’asile politique.
    Moins d’un après leur fuite, nous avons retrouvé Sung Hee à Séoul, la capitale sud-coréenne. La jeune femme est métamorphosée. Son destin relève d’un scénario hollywoodien : Sung Hee est devenue chroniqueuse dans une émission de télévision populaire, qui raconte le difficile quotidien chez le voisin du Nord. En un an, celle qui était l'esclave d’un paysan chinois au lendemain de sa fuite est devenue une célébrité.
    La jeune femme a réalisé son rêve d'une vie meilleure, mais pour elle comme pour beaucoup de transfuges, il n’est pas facile de s’intégrer dans une société sud-coréenne matérialiste et individualiste, aux antipodes des valeurs de son pays d’origine. Si elle se sent enfin libre, Sung Hee craint parfois d’être retrouvée et enlevée par les services de Pyongyang.
    27 min
  • Vidéo : Benghazi, vitrine de l'Est libyen
    Benghazi est à genoux. La deuxième ville de Libye se relève à peine de quatre ans de guerre entre des milices extrémistes et des groupes autoproclamés "Armée nationale libyenne", menés par le controversé maréchal Khalifa Haftar. Près de la moitié de Benghazi a été touchée par les combats, mais la population fait preuve d’une belle énergie pour reconstruire sa ville. Nos reporters Éric de Lavarène et Thierry Trelluyer se sont rendus sur place. En février 2011, c’est à Benghazi que commence le Printemps libyen, avant d’essaimer dans tout le pays. Après plusieurs mois d’intenses combats, les révolutionnaires renversent le régime du colonel Mouammar Kadhafi. Une ère nouvelle s’ouvre en Libye. Mais le pays peine à se défaire des groupes armés qui ont combattu ensemble la dictature, sans parvenir à s’entendre.
    Mi-2014, la guerre civile éclate. À Benghazi, le général Khalifa Haftar, ancien officier de l’armée libyenne qui a fait défection à la fin des années 1980, prend la tête d’un groupe de combattants pour renverser les brigades djihadistes qui se sont emparées de la ville à la faveur de l’après-révolution, et dont certaines ont prêté allégeance à l’organisation État islamique (EI). Les combats durent quatre ans, les combattants islamistes sont chassés, mais plusieurs milliers de personnes sont tuées et près de 40 % de la ville est en partie détruite.
    >> À lire aussi : Le maréchal Haftar proclame la "libération totale" de la ville de Benghazi
    Tripoli en ligne de mire
    Aujourd’hui, Benghazi est à nouveau en paix... ou presque. La ville se rêve déjà en modèle d’une Libye pacifiée et réconciliée, mais les défis qui l’attendent sont considérables : reconstruire - sans réels moyens - les quartiers ravagés, relancer une économie moribonde alors que le pays est traversé par une grave crise de liquidité, en finir avec les groupes armés, et enfin anéantir les cellules dormantes de l’EI qui se cachent encore en ville et commettent des attentats.
    Parallèlement, le nouvel homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar - devenu entretemps maréchal - s’est lancé dans une bataille de reconquête de tout le pays, en bâtissant une armée nationale libyenne, sur laquelle il s’appuierait bien pour prendre la capitale Tripoli, où se trouve le gouvernement d'union nationale (GNA), issu d'un accord parrainé par l'ONU et reconnu par la communauté internationale.
    Pour cela, le maréchal Haftar a besoin de faire de Benghazi la vitrine de l’Est libyen. En attendant, la population fait preuve d’une belle énergie, comme Mahmoud, le prof de musique démineur, qui partage ses journées entre les cours de musique et le désamorçage d’engins explosifs laissés par les combattants de l’EI. Ou Mawada, jeune entrepreneuse revenue d’exil qui a monté la première école de maquillage de Libye. Ou encore Akram le réserviste, qui n’hésite pas à remettre son uniforme quand sa ville est menacée. Nous sommes allés à leur rencontre.
    En tant que journalistes étrangers, notre tournage dans la région a été encadré par les autorités. En Libye, hier comme aujourd’hui, les journalistes ne restent jamais vraiment libres de leurs mouvements.
    18 min
  • "Never again" : le mouvement contre les armes qui bouscule l'Amérique
    Les élèves rescapés de la fusillade du lycée de Parkland, en Floride, ont lancé un mouvement pour tenter de faire évoluer les lois sur la possession d'armes à feu aux États-Unis. Là où plusieurs générations ont échoué, ces adolescents rejoints par d'autres à travers tout le pays pourraient être à l'origine d'un réveil national. France 24 a rencontré des leaders de ce mouvement. Le 14 février dernier, Nikolas Cruz, 19 ans, s’est rendu dans son ancien lycée de Parkland, en Floride, avec un fusil semi-automatique acquis légalement. Il a ouvert le feu et abattu 17 de ses camarades. Les rescapés de cette fusillade ont lancé le mouvement "Never again" ("Plus jamais ça") pour faire évoluer la législation sur les armes à feu, se prenant à espérer que Parkland soit la dernière tuerie de masse commise dans un établissement scolaire.
    De Columbine (12 élèves tués en 1999) à Virginia Tech (33 morts en 2007) en passant par Sandy Hook (27 morts en 2012)... De nombreuses fusillades visant des élèves ou des étudiants ont tristement émaillé l’histoire récente des États-Unis. Ne serait-ce que depuis le depuis de l'année 2018, 18 cas de coups de feu tirés en milieu scolaire aux États-Unis ont été recensés. Et pourtant, jusqu’à présent, aucune fusillade de masse n’a permis de faire bouger les lignes encadrant la possession et le port d'armes à feu. Même les larmes de Barack Obama, après la tuerie de Sandy Hook, n’avaient pas ému les législateurs.
    Réussir là où la génération précédente a échoué
    La Floride compte plus de 2 millions de détenteurs de permis de port d'arme à feu. Cela représente environ un habitant sur dix, soit le ratio le plus élevé dans le pays. Pour acheter une arme, il suffit de pouvoir se prévaloir d'un casier judiciaire vierge. À cette législation, la plus souple des États-Unis, s'ajoute le 2e amendement de la Constitution, qui énonce : "Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes". Pour les conservateurs et le puissant lobby de la National rifle association (NRA), ce texte suffit à garantir le droit de posséder une arme pour l'autodéfense.
    >> À lire aussi : Dana Loesch, l'arme secrète de la NRA contre les critiques
    Le changement pourrait bien venir des lycéens de Parkland. Traumatisés mais combatifs, ils se sont jurés de réussir là où leurs parents ont échoué, à l'instar de Tyra Hermans, l’une des élèves du lycée Marjory Stoneman Douglas. En mémoire de son ami Joaquin, tué dans la fusillade, elle consacre désormais tout son temps au mouvement #NeverAgain en participant à des marches et des manifestations jusque devant le Capitole, à Washington.
    À l’image du hashtag #MeToo, le mouvement #NeverAgain prend aujourd’hui une ampleur nationale. Il a recueilli des millions de messages de soutien sur les réseaux sociaux. Au point de bousculer les mentalités : même le président Donald Trump, fervent défenseur du port d’arme, semble prêt à quelques concessions. Une marche pour une nouvelle législation se déroulera à Washington, le 24 mars prochain.
    18 min
  • Au Malawi, la violente "initiation sexuelle" des jeunes filles par les "hyènes"
    Dans le sud du Malawi existe un rituel initiatique violent : les jeunes filles qui atteignent la puberté doivent avoir des relations sexuelles forcées avec une "hyène", un homme désigné par leur famille. Ce viol est encadré par des règles strictes, et il est organisé dans le plus grand secret. Une pratique qui perdure malgré son interdiction. Ce reportage a reçu le Prix du jeune reporter d'images de télévision du magazine leRotarien – Édition 2017
    C’est un passage obligé dans certaines communautés du sud du Malawi. Dès leurs premières règles, les jeunes filles doivent passer la nuit avec un homme choisi par la famille, appelé une "hyène", pour marquer leur passage à l’âge adulte. Il s’agit d’un "apprentissage de la sexualité" et, dans la croyance locale, d’une nécessité pour se "purifier" et se prémunir contre de graves maladies. Mais pour ces jeunes filles, c’est surtout un événement traumatisant : un viol, qui peut également donner lieu à une grossesse non désirée.
    Les "hyènes" sont des hommes choisis par la communauté et recrutés secrètement par les parents des jeunes filles. Ils sont payés pour avoir ces rapports sexuels de force. Et toujours sans protection. Une véritable catastrophe dans un pays où 10 % de la population est séropositive, et encore plus dans cette région pauvre, où 16 % des habitants sont infectés par le virus.
    La pratique est désormais interdite, en théorie, mais dans les zones rurales du Malawi, c’est le droit local qui prime. Difficile alors de faire appliquer la loi. Pourtant, les mentalités changent et des voix s’élèvent contre cette coutume. Des cheffes de district et des ONG ont déjà entamé le long combat pour que les jeunes filles du Malawi ne soient plus les victimes de cette tradition.
    17 min

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Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22 h 10, et dès le vendredi en avant-première sur Internet !

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