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By FRANCE 24
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Reporters episodes

  • Vidéo : avec Trump, la fin du rêve américain pour les musulmans ?
    Aux États-Unis, depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier, de plus en plus de musulmans se disent victimes de discriminations. Nos reporters se sont rendus à Detroit, dans le Michigan, où vit une importante communauté musulmane. Ils ont rencontré des immigrés de première, deuxième et troisième génération. Ces derniers leur ont confié leur peurs. Ils redoutent que l'hostilité et les agressions subies ces derniers mois ne se fassent encore plus fréquentes à l'avenir. Ce reportage a reçu le soutien de la Fondation franco-américaine.
    12 min
  • De Téhéran à Najaf, avec des pèlerins chiites qui bravent tous les dangers
    C'est l'un des pèlerinages les plus dangereux du monde. Chaque année, malgré la présence de l'organisation État islamique (EI) qui les honnit, des millions de chiites se rendent dans le sud de l'Irak pour honorer les sanctuaires de Kerbala et de Najaf. Pendant cinq jours, notre reporter a suivi un groupe de jeunes étudiantes iraniennes, de Téhéran, en Iran, à Najaf, dans le sud de l'Irak. Reportage exclusif. C’est l’un des plus grands rassemblements religieux au monde. Chaque année, au moment de la période de l'Arbaïn, 40e jour du deuil de l'imam Hossein, petit-fils de Mahomet, des millions de chiites déferlent dans le sud de l'Irak pour le pèlerinage de l'Arbaïn dans les villes saintes de Najaf et Kerbala. L'Arbaïn est l'une des dates les plus importantes du calendrier chiite. Il marque la fin des 40 jours de deuil de la mort de l'imam Hussein, assassiné en 680 par les troupes du calife omeyyade durant la bataille de Kerbala. Les fidèles, vêtus de noir, viennent d'Irak, d'Iran, du Pakistan, d'Afghanistan, du Liban, ou encore du Golfe, pour se recueillir dans le mausolée au dôme doré où est enterré le petit-fils du prophète Mahomet. En signe de deuil, ils se frappent la poitrine à l'unisson sur fond de chants religieux.
    Cette année, près de 2,5 millions de pèlerins sont venus de la République islamique voisine. Pour effectuer ce voyage de tous les dangers, il leur faut parcourir durant presque deux jours une longue route, en bus ou à pied, et franchir la frontière entre l'Iran et l'Irak, l'une des plus sécurisées du monde.
    >> Entretien avec Florence Parly : "L'EI est d'ores et déjà en train de redéployer son action"
    Nous avons suivi Fatemeh, une jeune étudiante iranienne qui effectue ce pèlerinage pour la première fois de sa vie, contre l’avis de ses parents. Elle va découvrir pour la première fois le mausolée de l’imam Ali, à Najaf. Avec ses amies, on ne parle pas de sécurité, malgré les mises en garde régulières des responsables de leur groupe. Des tanks et des patrouilles aux alentours suffisent à rappeler qu’en juin dernier, une trentaine de personnes ont été tuées dans un attentat-suicide près du mausolée de Kerbala. Les jihadistes de l’organisation État islamique considèrent les chiites comme des hérétiques.
    Avant la chute de Saddam Hussein en 2003, ce pèlerinage était interdit aux Iraniens et difficile d’accès aux Irakiens chiites, majoritaires dans le pays. Depuis 2003, le nombre de pèlerins n’a cessé d’augmenter pour atteindre 20 millions l’an dernier et près 15 millions cette année. Alors que la menace envers eux est depuis omniprésente, les chiites veulent aussi exister grâce à ce pèlerinage.
    18 min
  • Fripes-business : au cœur du circuit international des vêtements usagés
    Nos reporters se sont intéressés au devenir des vêtements rejetés par les Occidentaux. Pendant plusieurs mois, ils ont suivi le circuit des vêtements usagés, de la collecte initiale à la revente sur les marchés de fripes, en passant par la France, l’Italie, la Tunisie et le Sénégal. Un commerce juteux qui représente plusieurs milliards d’euros. En Occident, on consomme quatre fois plus de vêtements qu’il y a 30 ans, selon une étude de l’Université de Cambridge. Et on s’en débarrasse toujours plus vite, parfois au bout de quelques mois seulement... Les rebus textiles pèseraient ainsi 8 millions de tonnes par an, soit l’équivalent de 50 milliards de t-shirt, selon une autre étude menée par la société française RecyTextile avec une équipe d'analystes et de chercheurs. Le plus souvent, les propriétaires lassés de leurs vêtements les déposent dans l’une de ces bennes de récupération qui ont poussé comme des champignons dans les rues des grandes villes, persuadés qu’ils profiteront à une personne dans le besoin. Erreur : seuls 2% des vêtements collectés seront effectivement donnés. Le reste sera revendu, parfois dans le pays même, mais le plus souvent à des milliers de kilomètres de là.
    Un juteux business qui pèserait 5 milliards d’euros au bas mot, selon nos  estimations, réalisées à partir d'études de chercheurs et de chiffres de l'UN Comtrade. Pour remonter le parcours de la fripe, nous avons rencontré tous les acteurs du circuit, des petites mains aux grands patrons.
    >> À voir aussi sur France 24 : Les ouvriers du textile au Bangladesh toujours en danger
    Notre périple démarre en Lombardie, au Nord de l’Italie, auprès des employés d’un réseau chargé de collecter les vêtements dont les Italiens ne veulent plus. L’un d’entre eux, Khalid, placarde sur les maisons des appels au don frappés du sigle d’une association catholique reconnue, le Gruppo Volontari Onlus, gage de sérieux qui incite à la générosité. Mais ce n’est pas cette dernière qui gère les opérations : elle ne fait que vendre son nom au réseau de collecte lombard.
    C’est ensuite dans l'usine de la société STIFE, fondée en Tunisie par Chokri Chniti, qu’atterrit la récolte italienne, après avoir traversé la Méditerranée par containers. Sur place, 1 000 ouvrières sont chargées de trier les vêtements selon leur type et leur qualité. Une partie est commercialisée directement sur les marchés tunisiens, où l'on est friand de fripes. Certains en sont même passionnés, comme le styliste tunisien Salah Barka ou le collectionneur de fripes Moez.
    L’usine réexporte aussi "la crème", certains vêtements de marques, vers l’Europe, où ils seront vendus dans des boutiques "chic et fashion", comme celle de Jacky, dans le 20e arrondissement de Paris.
    Enfin, le reste est expédié vers des pays en développement, principalement en Afrique subsaharienne, comme au Sénégal, où nous avons rencontré Othmane, vendeur de fripes dans un "louma", un marché mobile de Dakar, ou encore dans le petit village de Sita Wulin Yéra, au plus profond de la campagne. Ironie du sort : on y plante aussi du coton. La boucle de la chaîne mondiale du textile est bouclée.
    26 min
  • Reportage exclusif : Rohingya, le déni birman
    En Birmanie, le nord de l'État d'Arakan est une zone coupée du monde. Ces dernières semaines, les violences qui s’y déroulent ont poussé des centaines de milliers de Rohingya à fuir vers le Bangladesh. Notre correspondant dans la région, Clovis Casali, a été l'un des rares journalistes à pouvoir s'y rendre. Il a rencontré des membres de cette minorité musulmane, terrifiés. Un document rare. Le 25 août 2017, les combattants rohingyas de l'ARSA (l'Armée du salut pour les Rohingya de l'Arakan) ont attaqué des postes de police, provoquant une riposte immédiate et sanglante de l'armée birmane. La Birmanie affirme que ses opérations visaient simplement à traquer des "terroristes", mais les ONG et l'ONU considèrent qu’il s’agit d’une campagne de "nettoyage ethnique". Certains évoquent même un génocide.
    >> Regardez notre reportage : "La haine des extrémistes bouddhistes envers les Rohingya"
    Après des semaines de négociations avec les autorités, notre correspondant dans la région, Clovis Casali, a été autorisé à suivre l'armée lors d’un déplacement dans cette zone ravagée par les combats.
    >> À lire aussi : Aung San Suu Kyi se rend dans la région des Rohingya
    Dans les villages rohingyas, la nourriture manque cruellement car l'accès humanitaire est coupé. Sur les plages, ils sont des centaines à chercher à quitter à tout prix le pays en traversant le fleuve Naf, frontière entre l'État d'Arakan (également appelé Rakhine) et le Bangladesh. Dans un reportage exclusif, France 24 vous emmène à la rencontre de cette ethnie musulmane considérée comme l’une des minorités les plus persécutées du monde.
    >> Regardez aussi notre entretien avec le Haut Commissaire pour les réfugiés : "Le plus urgent, c'est d'arrêter la violence"
    0 min
  • Vidéo : à Mossoul-Ouest, en Irak, histoire d'une frappe meurtrière
    Depuis trois ans, la coalition antijihadiste appuie avec des frappes aériennes les troupes irakiennes dans la reconquête de leur territoire. Mais des voix commencent à s’élever pour dénoncer le coût humain de ces bombardements, censés cibler les positions tenues par les terroristes. À Mossoul-Ouest, où les combattants islamistes ont utilisé la population comme bouclier humain, les pertes ont été particulièrement élevées. Enquête de nos reporters sur l'une de ces frappes problématiques. Attention, certaines images de ce reportage peuvent choquer.
    Au nord de l'Irak, à Mossoul-Ouest, dans les ruines fermées à la population et encore largement minées par les combattants de l’organisation État islamique (EI), une autre histoire de la longue bataille de Mossoul émerge. Celle du sort des civils pris au piège entre les jihadistes retranchés dans la vielle ville et l'armée irakienne appuyée par les forces de la coalition venues libérer la ville.
    >> Regardez aussi notre Reporters : "À Mossoul, vivre entre ruines et mines"
    Chaque jour, une dizaine de corps, le plus souvent des femmes, des enfants et des vieillards, sont déterrés par les pompiers. Autant de morts qui ressemblent plus à des civils qu'à des combattants tombés au front... Que s'est-il exactement passé à Mossoul-Ouest, libérée en juillet ? Si les communicants américains de la coalition anti-EI rappellent que le sort des civils est resté leur priorité, ils admettent que les frappes menées sur Mossoul en ont probablement tué environ 350. De leur côté, les Mossouliotes avancent le chiffre de 6 000 à 8 500 victimes collatérales.
    Bavure ?
    Dans cette bataille de libération urbaine, longue et difficile, qui se voulait exemplaire, il semble bien que le bilan humain soit plus élevé côté civils que côté terroristes. À titre de comparaison, seuls 1 000 combattants jihadistes tenaient Mossoul-Ouest en juin 2017.
    Pour comprendre ce lourd bilan, nos reporters se sont penchés sur l'histoire d'une famille décimée par un tir de missile, au plus fort de la bataille contre les combattants del'EI. Le 20 juin dernier, l’un des 14 000 missiles tirés par la coalition a atterri sur leur maison. Pourquoi les membres de cette famille ont-ils été tués ? Avaient-ils des liens avec l’organisation terroriste? La coalition aurait-elle commis une bavure ?
    Notre équipe a suivi Ghaniya et Raqiya, deux survivantes du clan, et les a accompagnées lorsque les pompiers, près de trois mois après la frappe meurtrière, ont fouillé les gravats de leur maison, afin d’en extraire les dépouilles de leurs porches pour enfin leur offrir une sépulture. En une matinée, la pelleteuse s'est activée et a extrait des décombres onze corps méconnaissables. Sous les parpaings, une carte d'identité, un jouet d'enfant ou encore un rasoir électrique témoignent des vies volées.
    Nos reporters ont aussi enquêté sur le mode de décision militaire qui préside aux frappes aériennes. Comment décide-t-on de tirer un missile et avec quelle charge d'explosif ? Dans quel délai et sur la base de quelles informations ? Autant de facteurs décisifs pour éviter les pertes dites "collatérales".
    >> Lisez aussi notre article : "Les familles de jihadistes français à Mossoul, un casse-tête pour la France"
    17 min
  • Turkménistan : les Jeux du dictateur
    À l'occasion des Jeux asiatiques, organisés en septembre à Achgabat, notre reporter a pu obtenir un visa pour le Turkménistan. Plongée dans l'un des pays les plus autoritaires au monde. Le Turkménistan est l'un des pays les plus fermés au monde. Son président, Gourbangouly Berdymoukhamedov, un ancien dentiste, fan de sport et de chanson disco-folklorique, gouverne le pays d’une main de fer depuis plus de dix ans. En février, le "bien aimé" chef de l'État, qui a instauré un culte de la personnalité digne d'un dirigeant nord-coréen, a été réélu avec près de 98 % des voix et 97 % de participation... Le pays, riche en ressources naturelles, figure à la 178e place du classement de Reporters sans Frontières pour la liberté de la presse, juste devant l'Érythrée et la Corée du Nord. L'accès à Internet et à des médias indépendants y est sévèrement contrôlé.
    Alors que le régime organisait la cinquième édition des "Jeux asiatiques de sports en salle et arts martiaux" du 17 au 27 septembre à Achgabat, la capitale, nous avons réussi à obtenir un visa de journaliste, habituellement impossible à obtenir. Plusieurs autres médias occidentaux ont d’ailleurs été refoulés au dernier moment.
    Désertique mais riche en gaz, l'ex-république soviétique d'Asie centrale a dépensé plus de cinq milliards de dollars pour faire de ces Jeux une vitrine du régime et montrer au monde "de quoi le pays est capable".
    Chaperonnés par deux "guides" chargés de notre "sécurité', nous avons sillonné "Achgabat la blanche", ses immenses artères à la propreté clinique et ses dizaines de monuments de style "persico-palladien", en or et marbre blanc. Le visage du président Berdymoukhamedov s'affiche partout : dans les taxis, les bus, les magasins, les musées ou encore sur une gigantesque statue en or de 21 mètres de haut.
    Avec l'aide de Radio Free Europe, une radio qui émet en turkmène depuis Prague avec quelques journalistes courageux, et via une messagerie cryptée, nous avons aussi pu converser avec les quelques militants des droits de l'Homme qui ne croupissent pas en prison. Deux grand-mères de 62 et 67 ans, journalistes d'opposition menacées de mort, nous ont par exemple donné une toute autre version que celle de "l'enthousiaste Achgabat" : les maisons rasées sans indemnités, les coupures d'eau, le chômage et la répression... Le quotidien des Turkmènes se révèle alors bien différent de l’image que veut en donner le régime.
    [Crédits image de drones : Human Rights Watch]
    16 min
  • Les fantômes de 1917 hantent toujours la Russie de Poutine
    Que reste-il de la révolution de 1917 en Russie ? Alors que le centenaire de cet évènement, qui a bouleversé l’ordre mondial et donné naissance à l’URSS, embarrasse le Kremlin, nous vous proposons un documentaire inédit qui donne la parole aux Russes sur cet héritage, omniprésent dans leur quotidien. En Russie, Lénine est omniprésent. Que ce soit à Moscou, à Saint-Pétersbourg ou encore à Ekaterinbourg, dans chaque grande ville de la Fédération, il existe une avenue ou une place Lénine, ou encore un boulevard de la Révolution d'Octobre. Partout, on y croise des bustes et des monuments dédiés à l’ancien leader de la révolution. Des hommages que le nouveau pouvoir a jugé bon de laisser en place, obéissant aussi bien à la nostalgie collective, qu’à son propre souci de ne pas remuer le passé...
    >> À lire sur France 24, notre entretien avec l'historien Alexandre Sumpf sur les journées de février 1917 qui ont contraint le tsar Nicolas II à abdiquer.
    Cent ans après la révolution, l'année 1917 reste dans tous les esprits. Alors que l'URSS n'existe plus depuis 25 ans, son fondateur continue à faire partie du quotidien des Russes. Il alimente encore discussions et débats d'idées, on en fait un demi-dieu... ou un tyran. Pourquoi son image ne disparaît-elle pas ? Serait-il impossible de renoncer totalement à l'espoir d'un monde meilleur, porté en son temps par le révolutionnaire ? Quel est le rapport des Russes du XXIe siècle à ce personnage historique et surtout à la série d'événements qu’il incarne : la révolution de 1917, la chute du tsarisme, la victoire du bolchevisme, la fin de l’ancien monde russe et le début d’une ère nouvelle, promesse de lendemain chantants proclamés dans le sang ?
    À travers une série de portraits, nous avons tenté de questionner la mémoire de 1917. Nous avons suivi quatre Russes d’aujourd’hui, nés pour la plupart en URSS, un pays qui n’existe plus. Renée Armand, écrivain et documentaliste, est descendante d’une grande figure de la révolution. Irina Ivanovna, députée et militante, croit encore à l’idéal communiste. Olga Oukolova, professeure de collège, est, quant à elle, chargée de transmettre l'Histoire à la jeune génération. Enfin, Georges Ossorguine, petit-fils d’un officier loyal au tsar – un "Russe blanc" –, a vu sa vie chamboulée en même temps que celle du pays.
    Cent ans après les faits, ce document donne la parole à des témoins hors-temps. Leur récit de la révolution, leur regard sur le passé impérial et soviétique est une plongée dans une histoire fantomatique, parfois fantasmée, encore imbibée de la propagande soviétique, mais réellement présente dans leur vie. Tous témoignent de ce que 1917 représente pour eux.
    >> À voir aussi, le webdocumentaire de Ksenia Bolchakova et Veronika Dorman publié sur Libération : "Russie 1917, la mémoire impossible"
    29 min
  • Mossoul : vivre entre ruines et mines
    Une équipe de France 24 est retournée à Mossoul, près de trois mois après que les forces irakiennes ont libéré la deuxième ville du pays de l'emprise du groupe État islamique. Théâtre des combats urbains les plus violents depuis la Seconde Guerre mondiale, Mossoul a subi des dégâts impressionnants. Dans l'ouest de la ville, la vie reprend peu à peu entre les ruines et les mines, au sein d'une population traumatisée. Les bombardements de la coalition internationale en Irak ont pratiquement rasé la vieille ville de Mossoul, aujourd’hui impénétrable. Les tonnes de gravats cachent des milliers de mines et des centaines de cadavres. La mosquée Al-Nuri, l’un des monuments les plus célèbres de Mossoul, a été détruite par les jihadistes, qui ont préféré la faire sauter que de concéder sa prise aux forces irakiennes.
    Dans le reste de Mossoul-Ouest, l’une des zones qui a le plus souffert des combats, il n’y a ni eau, ni électricité. Dans la deuxième ville d'Irak, les habitants se débrouillent pour survivre au jour le jour. À l’exception de quelques magasins, les entreprises sont fermées, il n’y a pas de travail. Seule option : participer au nettoyage de la ville, charrier des gravats sous un soleil de plomb des journées entières pour quelques dinars. Tous ont une histoire à raconter, et ceux qui sont restés en ville ont vécu trois longues années sous la férule des jihadistes.
    Trois années perdues, notamment pour les plus jeunes. Les écoles sont restées ouvertes mais plus personne n’y envoyait ses enfants, sauf ceux qui avaient prêté allégeance à l’organisation État Islamique (EI). Ibrahim, directeur d’école, a vu ses effectifs fondre de 600 à 12 élèves. Les cours étaient devenus des séances de lavage de cerveau : les petits apprenaient à compter les munitions et les grenades, tandis que les grands étudiaient la géométrie en calculant des trajectoires d’obus de mortier. Après avoir reconstruit la ville, il faudra reconstruire les esprits.
    Tensions confessionnelles
    Pour rencontrer les civils à Mossoul-Ouest, la seule solution est d’être escorté par les hommes de la police fédérale. Équipés comme des militaires, casqués et lourdement armés, ils ne se déplacent qu’en groupe, accompagnés de blindés. Difficile dans ces conditions d’aborder le sujet épineux des tensions confessionnelles. Mais elles se lisent dans les regards des civils et les postures des policiers.
    >> À lire aussi : Débarrassée de l'EI, Mossoul condamnée à la réconciliation avec Bagdad
    Mossoul est une ville très majoritairement sunnite, ce qui explique que l’EI ait pu s’y implanter si rapidement en 2014. À l’époque, les tensions entre le gouvernement central chiite, dirigé par Nouri al-Maliki, et les populations sunnites étaient à leur paroxysme.
    Trois ans et une guerre sanglante plus tard, Mossoul se retrouve dans la même situation : une ville sunnite sécurisée par des forces à majorité chiite. La police fédérale arbore des drapeaux irakiens sur ses blindés et fait de son mieux pour apparaître neutre, mais la méfiance est palpable et dans certains quartiers, ce sont les miliciens chiites qui font la police.
    À terme, un partage des pouvoirs devra être trouvé, sans quoi Mossoul pourrait retomber dans la violence.
    13 min
  • Vidéo : des miss pour sauver la Sierra Leone
    En janvier 2016, la Sierra Leone, petit pays d'Afrique de l'Ouest meurtri par la guerre et classé parmi les plus pauvres de la planète, crée l'événement au concours de Miss Univers. Pour la première fois, une Miss Sierra Leone, Hawa Kamara, participe au prestigieux concours de beauté. Pour les autorités, l'enjeu est de taille : il s'agit de redorer le blason du pays, afin de redevenir une destination touristique phare en Afrique. Dans les années 1970-80, la Sierra Leone, avec ses cocotiers et ses plages de sable blanc, faisait partie des destinations préférées des Français choisissant de passer leurs vacances en Afrique de l’Ouest. Des personnalités comme Johnny Hallyday ou feu Carlos en avaient fait leur camp de base africain. Mais cette image de carte postale idyllique, c’était avant la guerre civile...
    De 1991 à 2002, soit onze ans durant, la guerre civile déchire le pays. Elle fera 120 000 morts. Au-delà de ce bilan meurtrier, la guerre entraîne la Sierra Leone, déjà fragile, dans l’engrenage de la pauvreté. Actuellement, dans le classement annuel du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), la Sierra Leone pointe au 180e rang sur 186 pays évalués. Dans le même temps, le conflit met un coup d’arrêt brutal à la manne financière que représentait le tourisme.
    Aujourd'hui, si les paysages ont retrouvé leur côté paradisiaque, le pays fait toujours peur. Depuis la fin de la guerre, et avec les récents ravages de l’épidémie d’Ebola, les touristes n’ont pas réinvesti le pays.
    Alors pour redorer l’image du pays et y faire revenir les visiteurs, les autorités comptent s’appuyer sur ce qu’ils considèrent comme l’un des atouts du pays : la beauté des femmes sierra-léonaises. L’idée a émergé lors de l’élection de Miss Univers 2016, aux Philippines. Pour la première fois, la Sierra Leone y envoie une représentante, Hawa Kamara. La jeune femme de 25 ans ne sera finalement pas classée, mais l’important est ailleurs : parmi les candidates africaines, c’est celle qui attire le plus l’intérêt des médias internationaux. Hawa Kamara offre une nouvelle visibilité à la Sierra Leone et une image glamour du pays. Et incarne avant tout l’espoir de tout un pays.
    17 min
  • Syrie : le cauchemar des chrétiens de la vallée du Khabour
    Ces dernières années, les chrétiens de Syrie ont été victimes d'exactions de la part de l'organisation État islamique (EI). Attaques, enlèvements, églises brûlées... Dans la vallée du Khabour, au nord-est du pays, des villages entiers ont été rayés de la carte. Pourtant, malgré la menace jihadiste, certains chrétiens d'Orient refusent la perspective de l'exil. D'autres, déplacés dans les pays voisins ou qui ont émigré en Europe ou aux États-Unis, envisagent même de revenir sur leur terre natale. >> À voir sur France 24, notre émission spéciale : "Quel avenir pour les minorités au Moyen-Orient ?"
    18 min

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Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22 h 10, et dès le vendredi en avant-première sur Internet !

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