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Reporters episodes

  • Chine : sur la trace des disparus du pouvoir
    En Chine, tous les moyens sont bons pour mettre au pas la société civile. Pressions, arrestations et même disparitions : depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping, des opposants au régime se volatilisent chaque mois dans le pays. Parfois sans aucune forme de procès, ils sont envoyés dans des prisons secrètes où ils peuvent rester enfermés des mois, voire des années, sans que personne ne sache jamais ce qui leur est arrivé. Enquête sur ces disparus du pouvoir. Le 9 juillet 2015, près de 300 avocats et défenseurs des droits de l'Homme en Chine ont été arrêtés, interrogés et emprisonnés. Certains ont échoué dans des "prisons noires", des lieux introuvables, complètement coupés du monde extérieur, pour y être détenus en secret.
    Ce vaste coup de filet, qui visait tous ceux qui dénonçaient et s’attaquaient aux dérives autoritaires du Parti communiste chinois, a été baptisé "l'incident 709". Certains spécialistes affirment qu’il s'agit du pire coup porté par le régime chinois à la société civile après les évènements de la place Tiananmen, le 4 juin 1989.
    Depuis, certains activistes de "l'incident 709" ont été relâchés, mais d’autres ont à leur tour été happés par la machine totalitaire du gouvernement chinois, parfois même au-delà des frontières du pays.
    À l’issue de trois mois d'enquête, des victimes de ces purges, des familles de disparus et les rares activistes qui défendent encore la démocratie en Chine ont exceptionnellement accepté de nous raconter, face caméra, les enlèvements, le harcèlement, la torture dont ils sont ou ont été victimes.
    Reportage sur la trace des disparus et auprès des activistes que la Chine de Xi Jinping rêve de voir réduits au silence.
    17 min
  • Vidéo : avec des migrants guinéens, à l'épreuve des Alpes
    Depuis quelques temps, des groupes de migrants se lancent régulièrement à l'assaut du col de l'Échelle, qui culmine à 1 762 mètres d'altitude dans les Hautes-Alpes, pour tenter de rejoindre la France depuis l'Italie. En 2016, ils n'étaient que quelques dizaines. Mais l'an dernier, près de 2 000 candidats à l'exil, majoritairement mineurs, ont emprunté cette route de neige et de glace. Nos reporters les ont suivis. C’est dans la gare de Turin, en Italie, que débute notre reportage. Deux migrants originaires de Guinée embarquent à bord d’un train en direction de la station de ski italienne de Bardonecchia, à 5 km de la frontière française. Nous allons suivre leur périple vers la "route des glaces", à l’assaut des Alpes enneigées, dans le but de rejoindre la France.
    Rapidement, des conditions météo extrêmes se mettent en travers de leur route. En ce début janvier, un mètre de neige est tombé en 24 heures, synonyme d'attente forcée. Dès que la météo le permettra, il leur faudra ensuite franchir à pied la frontière italo-française avant d’emprunter, à 6 km de là, le col de l’Échelle, qui culmine à 1 762 m d'altitude. Un périple dans le vent glacé, la neige et le froid, de jour comme de nuit.
    Après les Alpes, la police
    Côté français, Bruno Jonnard, pisteur en haute montagne et enfant du pays, part approvisionner le seul refuge de montagne qui se trouve sur la route. Dans son sac, des vêtements chauds et de la nourriture pour permettre aux migrants de passage de se réchauffer et de reprendre quelques forces.
    Les volontaires de l'association "Tous migrants", quant à eux, partent en maraude récupérer les migrants, épuisés et transis de froid, qui viennent de traverser le col depuis l'Italie. On les croise souvent sur le bord de la route, gelés et paniqués à l'idée de se faire attraper par la police. Durant notre reportage, quatre personnes ont été recueillies par les bénévoles. Elles ont pu être transportées vers un centre d'accueil à Briançon, afin de recevoir de premiers soins.
    Nous sommes enfin allés à la rencontre de familles qui accueillent de jeunes migrants mineurs au sein de leur foyer. Elles leur apportent un peu de réconfort et les accompagnent dans leurs démarches administratives afin qu’ils puissent poursuivre leur rêve d’une vie meilleure.
    17 min
  • Vidéo : Saint-Laurent-du-Maroni, porte d'entrée clandestine vers la Guyane française
    À Saint-Laurent-du-Maroni, la deuxième ville de Guyane, un habitant sur trois est étranger et, bien souvent, en situation irrégulière. Les clandestins, venus notamment du Suriname voisin, n'ont que le fleuve à traverser pour gagner ce département français. Tandis que les bidonvilles se développent et les hôpitaux débordent, les trafiquants de drogue, eux, prospèrent et recrutent des milliers de jeunes sans travail pour transporter de la cocaïne vers Paris. Reportage. En Guyane, petit bout de France perdu en Amérique du Sud, les habitants se sentent oubliés du gouvernement. Depuis quelques années, ce département d'outre-mer recouvert à 95% de forêt amazonienne est plombé par une grave crise à la fois économique, sociale et migratoire. Bordé à l'ouest par le Suriname et au sud-ouest par le Brésil, ce territoire voit affluer chaque jour des Surinamiens, des Brésiliens ou encore des Haïtiens venus y chercher un travail, des soins, de l'or, un logement ou encore un rôle dans un réseau de trafic de drogue. Le trajet est simple car les frontières sont particulièrement poreuses. Il s'agit de fleuves : le Maroni d'un côté, l'Oyapock de l'autre.
    >> Reportage : "La traque des orpailleurs clandestins en Guyane"
    Les populations locales ne perçoivent pas ces fleuves comme des frontières. Elles ont toujours vécu et évolué d'une rive à l'autre. Le Maroni et l'Oyapock sont des bassins de vie, des traits d'union entre des communautés qui parlent les mêmes langues et partagent les mêmes us et coutumes. La pirogue est leur premier moyen de transport. Elles traversent le fleuve comme on traverse un passage piéton. Alors pour les autorités françaises, faire respecter la frontière et lutter contre les trafics en tout genre est un véritable casse-tête.
    Délinquance
    Depuis le pays amérindien, nous avons remonté le fleuve Maroni, long de plus de 500 kilomètres, et nous nous sommes arrêtés à Saint-Laurent, la capitale de l'ouest guyanais. Coincée entre la forêt amazonienne et le fleuve, la ville a hébergé jusqu'à la fin de la deuxième guerre mondiale des milliers de bagnards condamnés en métropole. Albert Londres a d'ailleurs qualifié Saint-Laurent de "capitale du crime" et sa série d'articles publiés en 1923 pour Le Petit Parisien (rassemblés dans son œuvre "Au Bagne") a contribué à la fermeture des bagnes en Guyane. De cette époque, il reste à Saint-Laurent le camp de la Transportation - restauré et classé - et aussi ce parfum de ville du bout du monde. Une ville qui n'entre pas dans les premiers choix d'affectation des maîtres d'école, professeurs, médecins ou encore policiers, qu'ils viennent de métropole ou d'ailleurs en Guyane... Éloigné de 250 kilomètres de Cayenne, la capitale, Saint-Laurent pâtit d'une réputation de cité violente car les taux de délinquance (vols, braquage, agression) égalent ceux de départements sensibles de la métropole.
    Eldorado?
    Mais pour les populations voisines, comme au Suriname où, depuis la guerre civile (1986-1992), le salaire moyen ne dépasse pas 500 euros par mois, la ville représente un eldorado. En une vingtaine d'année, Saint-Laurent est officiellement passée de 3 000 à 45 000 habitants. Des habitations illégales de tôles et de bois ont poussé le long de pistes cabossées dans la forêt. À côté de cette pression migratoire, le taux de natalité est élevé et il est fréquent que les foyers comptent six enfants.
    Les infrastructures, comme les écoles ou les hôpitaux, ont du mal à suivre. Et les Saint-Laurentais regrettent que l'État français ait toujours un train de retard quand il apporte une réponse à leurs doléances.
    Enfin, un fléau plombe la ville et sa jeunesse, largement majoritaire : le phénomène des mules. Sans perspective d'emploi (60% des moins de 25 ans sont au chômage), les jeunes sont des recrues faciles pour les trafiquants de drogue du Suriname, qui les envoient en métropole le ventre chargés de boulettes de cocaïne. Sur les deux liaisons aériennes quotidiennes entre la Guyane et la France, les autorités estiment qu'une dizaine de mules embarquent pour Paris. "En métropole, votre problème, ce sont jeunes qui partent faire le jihad en Irak ou en Syrie. Ici, ce sont ceux qui avalent des boulettes de cocaïne pour espérer gagner des sous", résume une responsable associative de Saint-Laurent.
    En octobre dernier, lorsqu'il s'est rendu en Guyane, en pleine explosion sociale, Emmanuel Macron avait déclaré qu’il ne venait pas pour faire des promesses : "Je ne suis pas le père noël, les Guyanais ne sont pas des enfants". Une chose est sûre, les Saint-Laurentais n’y croient plus depuis longtemps.
    13 min
  • Les dernières heures de la Bataille du désert avec les milices chiites en Irak
    En décembre 2017, le gouvernement irakien annonce en grande pompe la "fin officielle de la guerre contre l'organisation État islamique" (EI), mettant fin à trois années de combats acharnés. Parmi ceux qui y ont pris part figurent, en première ligne, des milliers de combattants chiites réunis sous la bannière de la Mobilisation populaire. Aujourd'hui accusés de faire le jeu de l'Iran et de s'être rendus coupables d'exactions contre les sunnites, ils ont accepté de s'ouvrir à nos reporters. Désert de Ninive, nord de l'Irak, décembre 2017. Dans quelques heures, la fin de la guerre contre l’organisation État islamique (EI) sera annoncée par le Premier ministre irakien. En attendant, c’est ici, à 500 kilomètres de Bagdad, dans les confins désertiques de la frontière syrienne et dans un froid glacial, que se trouve l’ultime front contre l'EI. Il est mené par des combattants chiites issus de tous les secteurs de la société civile irakienne. Ils ont répondu présents à la fatwa contre le group État islamique lancée en 2014 par leur plus haute autorité religieuse, à Najaf. Ils se sont regroupés sous la bannière de la Mobilisation populaire (Hached al-Chaabi, en arabe), une nébuleuse de milices et de groupes paramilitaires inféodée à la doctrine iranienne, sur le modèle du Hezbollah libanais.
    Nous vivons en direct les dernières heures de la Bataille du désert avec ces hommes, et plus précisément une unité avancée du bataillon d’élite de l’imam Abbas.
    Deux jours après l’annonce officielle de la fin de la guerre, alors que nous nous trouvons à Bagdad, coup de théâtre. Le président français Emmanuel Macron réclame, depuis l’Élysée, le "démantèlement des forces paramilitaires chiites, puisque la guerre est officiellement terminée sur le terrain". Question ultrasensible. La réaction de ces miliciens, qui se savent dans le collimateur de l’Occident, est immédiate. Nous assistons à une démonstration de force en plein cœur de la capitale irakienne : les abords de l'ambassade de France sont envahis par des centaines de manifestants. "Que les Américains et les Israéliens nous entendent !", scandent-ils. "Et que vous aussi, Français, vous nous écoutiez : personne ne peut s’en prendre à l’Irak sans en subir les conséquences... Vive les paramilitaires !"
    Dans la foulée, l’un de leur chef nous déclare : "Quand j’entends les déclarations de votre président au sujet de la Mobilisation populaire, moi, je me dis : 'Soit il est fou, soit il est mal renseigné'..."
    Nous mettons ensuite le cap plus au sud, vers Najaf. Ce sanctuaire chiite fait office de base arrière de la nébuleuse des milices. Nous allons y entrevoir, au terme trois semaines à parcourir l’Irak, le côté le plus obscur et le plus dangereux de ces groupes armés en rencontrant, sous haute sécurité, les anciens de l'Armée du Madhi. Forte de ses 150 000 combattants, la Mobilisation populaire a bien l’intention de peser sur l’avenir de la région pour l’extension du "croissant chiite". "Nous sommes comme une graine que l’on aurait planté. Une graine qui grandit, et qui gagne, chaque jour, en vigueur", nous explique un ancien combattant de l'armée du Mahdi. "C’est cela précisément qui effraie les mécréants, et qui explique que l''axe du mal' occidental nous rejette. Mais nous sommes les sauveurs de l’Irak, la troisième force après les Gardiens de la révolution en Iran et le Hezbollah au Liban. Rien ni personne ne pourra rien contre notre mouvement, car il est né de la volonté de Dieu. Il nous a choisis pour combattre les ennemis de l’Islam."
    >> À voir aussi sur France 24 : De Téhéran à Najaf, avec des pèlerins chiites qui bravent tous les dangers
    28 min
  • Vidéo : aux États-Unis, des milliers de morts sur ordonnance
    Ce sont des médicaments qui tuent plus qu’ils ne soignent. Chaque jour aux États-Unis, les opioïdes, ces pilules addictives dérivés de l'opium, tuent environ 140 personnes. Ils sont devenus la première cause de mortalité des moins de 50 ans, avant les accidents de la route et les armes à feu. Nos correspondants aux États-Unis, Valérie Defert, Baptiste Fenwick et Romain Jany, ont enquêté sur le fléau de ces drogues légales. Il ne s'agit pas de virus, ni de bactéries, mais d'antidouleurs. Des médicaments prescrits en abondance aux États-Unis pour une simple blessure ou pour l'extraction d'une dent. Les opioïdes sont des analgésiques, des anti-douleurs très puissants, dérivés de l'opium. Problème : beaucoup de patient sont devenus accros à ce médicament en quelques jours et aujourd'hui les opioïdes, qui peuvent provoquer des overdoses mortelles, tuent plus qu'ils ne soignent.
    Les décès de célébrités, comme Prince ou Michaël Jackson, ont mis en lumière cette épidémie d'addictions aux anti-douleurs. Un fléau qui touche toutes les régions américaines et toutes les catégories sociales.
    Scandale sanitaire
    Dès le début de notre reportage, nous avons pris conscience de l'ampleur de ce fléau. Des millions de patients sont devenus accros aux opioïdes, malgré eux, simplement parce que leur médecin traitant leur a prescrit des anti-douleurs après une blessure ou une opération...
    Un scandale sanitaire dans lequel tous les acteurs ont leur part de responsabilité : le gouvernement et ses agences, influencées par les lobbies pharmaceutiques et qui n’ont pas su réguler, les laboratoires pharmaceutiques, pour qui les profits se chiffrent en dizaines de milliards de dollars et qui ont dissimulé la dangerosité de certains médicaments, et certains médecins peu scrupuleux.
    >> À lire : Crise des opiacés aux États-Unis : les médecins accusés d'être des "trafiquants de drogues"
    Une situation aggravée par des décisions politiques hasardeuses. Une récente enquête du Washington Post a montré qu’en avril 2016, donc au plus fort de la crise des opioïdes, sous la pression des lobbies pharmaceutiques, le Congrès a voté une série de lois assouplissant les règles de distribution des anti-douleurs…
    "Urgence sanitaire", selon Trump
    Pourtant, dès son arrivée au pouvoir, le président Donald Trump avait promis d’enrayer cette épidémie d’overdoses. Le 26 octobre 2017, il a ainsi déclaré la crise des opiacés "urgence sanitaire nationale". Pour beaucoup de commentateurs, Donald Trump a agi rapidement pour satisfaire la base de son électorat, car les plus touchés par la crise des opioïdes sont les Américains, Blancs, de classe moyenne, et qui vivent dans le centre des États- Unis. Mais plusieurs mois après cette déclaration, rien n’a changé, les fonds ne sont toujours pas débloqués.
    >> "Face à la crise des opioïdes aux États-Unis, un rapport mais peu de moyens"
    L'autre scandale, fût la nomination par Donald Trump de Tom Marino pour s’occuper du dossier de la crise des opiacés. Car ce Tom Marino n’est autre que le membre républicain du Congrès qui a été chargé de faire voter la série de lois favorables à l’industrie pharmaceutique.
    Enfin, pourquoi la FDA (Food and Drug Administration), l'agence américaine du médicament, a-t-elle autorisé la vente d'opioïdes, comme le OxyContin en 1998, sans effectuer de tests scientifiques valides ? Et face à l'épidémie d'addictions actuelle, pourquoi la FDA ne décide-t-elle pas d'interdire ce médicament ? Car on sait aujourd'hui que le laboratoire Purdue Pharma a dissimulé le caractère addictif de ces pilules. Il a d’ailleurs écopé d’une amende de 500 millions d'euros, un record aux États-Unis. Nous avons contacté la FDA, qui nous affirme prendre cette crise "très au sérieux". Mais pas de restrictions, l'OxyContin est toujours prescrit aujourd'hui.
    Manque d'infrastructures
    Pour beaucoup de spécialistes, l’une des meilleures solutions pour enrayer cette épidémie serait d’instaurer une régulation plus stricte sur la distribution des anti-douleurs, voire d’interdire les plus dangereux. Une décision qui irait à l’encontre des intérêts de l’industrie pharmaceutique.
    L'administration Trump a déjà pris quelques mesures, comme par exemple limiter la quantité autorisée d’anti-douleurs prescrits après une blessure : trois jours maximum au lieu de cinq pour limiter le risque d’addiction...
    Jusqu’à présent la mesure la plus efficace a été la mise en place du programme de protection des ordonnances qui permet de savoir si un patient a reçu plusieurs ordonnances d’anti-douleurs de différents médecins. Mais en limitant les ordonnances, les patients accros se tournent alors vers le marché noir ou vers des drogues de rues, comme l’héroïne.
    Enfin, le grand chantier à améliorer est celui des traitements de désintoxication. Aujourd’hui, il y a un manque cruel d’infrastructures pour accueillir les personnes devenues accros. Par exemple, à Everett où nous sommes allés tourner ce reportage, il n’y a que 18 lits pour 100 000 habitants. Résultat : face au manque de prise en charge et de structures d’accueil adéquates, les héroïnomanes interpellés dans la rue sont souvent envoyés en prison... Et subissent une désintoxication forcée derrière les barreaux, sans aucune prise en charge psychologique et médicale.
    À l’issue de ce reportage, le plus frustrant pour nous a été de réaliser que tout le monde parle de cette crise... mais que rien ne change. Chaque jour, des milliers d'Américains continuent à mettre leur vie en danger, sans même le savoir.
    18 min
  • Documentaire : gauche, année zéro ?
    En France, l’année 2017 restera dans l’histoire comme celle des grands bouleversements politiques. À seulement 39 ans, Emmanuel Macron est devenu le huitième président de la Ve République en battant Marine Le Pen au second tour de la présidentielle et en laminant au premier tour la gauche traditionnelle, et le Parti socialiste en particulier. Le réalisateur Serge Moati, qui suit depuis plusieurs années les socialistes, a filmé cette débâcle et le paysage de désolation d’après-campagne. Reporters - Le Doc vous emmène dans les coulisses d’une chute historique sur l’échiquier politique : celle du Parti socialiste.
    Revivez les derniers espoirs durant la campagne pour l'élection présidentielle de 2017 et les désillusions d’un parti, qui n’a pu faire face à la recomposition politique incarnée au centre par Emmanuel Macron et, sur sa gauche, par la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.
    Comment en est-on arrivé là ? Telle est la question que Serge Moati et Nicolas Combalbert posent dans ce documentaire.
    25 min
  • La résilience des coptes d'Égypte face à la menace islamiste
    Depuis la révolution de 2011, les coptes d'Égypte endurent un cycle de violences sans précédent. L'arrivée au pouvoir des Frères musulmans, en 2012, s'est traduite par une série d'attaques ciblées. Des dizaines d'églises ont été incendiées ou saccagées à travers le pays. À partir de fin 2016, une vague d'attentats a visé la communauté copte, et la hante encore aujourd'hui. Depuis les années 1970, les coptes d’Égypte, plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, ont souvent été pris pour cible par les extrémistes. Mais la période post-révolutionnaire a été d’une violence inédite.
    En 2012, le règne de Mohamed Morsi et des Frères musulmans déclenche une vague de persécutions à travers le pays : églises incendiées, commerces détruits, radicalisation des discours dans les mosquées... Les quelque 15 millions de coptes vivant en Égypte sont ensuite accusés d’avoir favorisé la chute de Morsi. Traumatisés, ils votent massivement pour Abdel Fattah al-Sissi lors de la présidentielle de 2014. Un retour à l’ordre ancien qui irrite parfois la jeune génération.
    >> Le débat de France 24 : "Le pape François en Égypte, une visite hautement symbolique"
    Mais le régime militaire n’empêche pas l’organisation État islamique de s’implanter durablement en Égypte, ni de multiplier les attentats contre les coptes en 2016 et en 2017. Plusieurs églises sont frappées en pleine messe, notamment au Caire et à Alexandrie.
    Au même moment, les chrétiens fuient le Nord-Sinaï après une série d’assassinats ciblés. L’attaque de novembre dernier contre une mosquée dans cette même région, le pire attentat de l’histoire du pays, démontre toutefois que le terrorisme n’épargne personne.
    >> À lire : "L'organisation EI veut encourager les conflits confessionnels en Égypte"
    Dans un pays fragilisé par l’extrémisme, les coptes envisagent souvent leur futur avec inquiétude. Une partie de l’intelligentsia a même décidé de quitter le pays ces dernières années. Mais cette communauté conserve malgré tout sa place, au sein d’une société égyptienne multiconfessionnelle, que ces années noires ont ébranlée sans jamais en saper les fondements.
    >> Billet retour : "En Égypte, les idéaux de la place Tahrir à l'épreuve de la répression"
    17 min
  • Vidéo : le Soudan du Sud, pays maudit
    Au Soudan du Sud, la guerre civile qui ravage le pays depuis quatre ans l’a rendu exsangue. La famine sévit dans toutes les zones de conflit et frappe en priorité les déplacés qui, au hasard des batailles perdues, doivent tout quitter pour survivre. Nos reporters Charles Emptaz et Olivier Jobard sont allés à leur rencontre dans la région de Jonglei, côté rebelle, alors que les troupes gouvernementales menaient l'offensive et s’emparaient de sa capitale, Waat. Au Soudan du Sud, les rebelles attendent la saison des pluies comme le Messie. Prévus pour bientôt, les déluges qu’elle provoque devraient en effet stopper net l'avancée des troupes et des chars du gouvernement qui se sont emparées de Waat, la capitale régionale de l'État du Jonglei, à l'Est du pays. Cette bataille a jeté sur les routes de l'exode des dizaines de milliers de civils de l'ethnie Nuer, principaux soutiens des rebelles. Nous les avons rencontrés à une dizaine de kilomètres de la ligne de front.
    >> Notre grand reportage "Soudan du Sud : la peur des massacres au quotidien"
    Déplacées dans les campagnes avoisinantes, des familles auparavant citadines en sont réduites à dormir par terre, abritées sous des acacias verts. Elles se nourrissent des feuilles bouillies de cet arbre, quand des "rations de survie nourrissante" au beurre de cacahuète ne leur sont pas tombées du ciel, larguées par les avions de l'US Aid. Les plus chanceux, ceux qui ont pu emporter quelques milliers de shillings dans la débâcle, ne cherchent qu'à fuir ces villages, trop proches des troupes adverses. Certains partent s'entasser dans de vieux camions russes pour un voyage chaotique en direction de l'Éthiopie voisine. Il faut parfois jusqu'à une semaine entière pour atteindre ce pays en paix, où les écoles n'ont pas fermées. Un voyage de 200 kilomètres dans la boue noire.
    Culture de la violence
    Seuls les femmes et leurs enfants sont véritablement autorisés à partir, les hommes étant priés de rester et de se battre pour empêcher le repeuplement de la région par l'ethnie adverse... Dès la fin de l'école, à huit ans, les plus jeunes se familiarisent au maniement de la kalachnikov. Le fusil devient un compagnon de chaque instant, qui sert tout aussi bien à tuer les gazelles, se protéger des voleurs de bétail ou attaquer dans des raids éclairs les troupes du gouvernement honni.
    >> Reportage "Soudan du Sud : la famine, arme de guerre"
    Cela fait trente ans que durent les guerres dans la région... La culture de la violence est partagée par tous. Dès l'adolescence, la plupart des jeunes aux visages scarifiés intègrent l'Armée blanche, une milice en guenilles qui avance pieds nus, les épaules lestées de lance-roquettes, de mitrailleuses lourdes ou d'armes légères, au son des chants révolutionnaires célébrant les victoires passées et celles à venir. Ses soldats iront vaincre ou mourir, non pour un chef ou un héros charismatique, mais pour cette idée qu'en pays Nuer, les jeunes doivent protéger leurs aînés et que la terre et ses pâturages sont les biens les plus précieux bien de la communauté.
    26 min
  • Libye-Italie : les migrants pris entre deux feux
    Ces derniers mois, les migrants sont moins nombreux à tenter de traverser la Méditerranée, découragés par les nouvelles politiques italienne et libyenne. Emprisonnés, torturés, vendus comme esclaves, ils se retrouvent bloqués en Libye, où ils subissent l’enfer. Enquête au cœur d’un scandale international. Depuis quelques mois, les images d'embarcations en Méditerranée, chargées de migrants voguant vers l'Europe, semblent se raréfier. En Italie, depuis l'été, le nombre de ces hommes, femmes et enfants arrivés de Libye aurait diminué de 70 %.
    Ce coup d'arrêt est attribué à la politique italienne incarnée par Marco Minitti, le ministre de l'Intérieur. Une politique faite de coopération officielle avec la marine libyenne, mais aussi d'accords secrets plus troubles avec les milices. Celles-ci seraient chargées de stopper le flot de migrants vers l'Europe en échange d'armes et de millions de dollars.
    Les ONG s'inquiètent de ce deal secret et de son impact sur les populations de migrants bloqués en Libye. Ils ne peuvent ni prendre la mer, ni rentrer chez eux et se retrouvent emprisonnés, torturés ou vendus comme esclaves.
    Nos reporters Natalia Mendoza et Taha Zargoun se sont rendus en Libye, et notamment à Sabratah, une ville sur les côtes en face de la Sicile, épicentre de ce scandale international.
    >> À lire également sur France 24 : Ainsi sauvait l'Aquarius, un grand reportage à bord du navire humanitaire
    18 min
  • Vidéo : Barbuda, île fantôme depuis l'ouragan Irma
    Notre reporter s'est rendu à Barbuda, dans les Petites Antilles. Cette île paradisiaque a connu l'enfer lors du passage de l'ouragan Irma, il y a trois mois. Presque la totalité de Barbuda a été détruite, ses habitants forcés d'évacuer. Désormais, il n'y a plus personne. Les Barbudiens sont devenus des réfugiés climatiques, condamnés à rester sur l'île voisine d'Antigua. Ravagée par la fureur de la nature, l'île de Barbuda, dans le nord des Petites Antilles, est désormais déserte. Le 6 septembre dernier, c'est l’un des premiers territoires à avoir été touchés par l’ouragan Irma et ses vents à près de 300 km/h. Environ 95 % des infrastructures et des habitations ont été détruites. Une personne a trouvé la mort.
    Alors qu’un autre ouragan, José, s’approchait, les autorités ont pris une décision sans précédent : évacuer l’intégralité de sa population, soit 1 800 habitants, vers l’île voisine d’Antigua. Depuis, les habitants de Barbuda sont logés dans des conditions précaires à Antigua, les deux îles formant un même État. Le coût des travaux pour reconstruire l’île est estimé à 250 millions de dollars, ce qui représente un quart du PIB annuel d'Antigua-et-Barbuda.
    Avec le réchauffement climatique, les ouragans risquent de devenir de plus en plus fréquents et violents dans les Caraïbes. Comme Barbuda, certaines îles aux eaux turquoises et aux plages de sable blanc pourraient bien, à leur tour, devenir inhabitables.
    18 min

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Un reportage long format tourné par nos reporters ou nos correspondants aux quatre coins du monde. Le samedi à 22 h 10, et dès le vendredi en avant-première sur Internet !

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