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Près de soixante jours après le second tour des législatives, toujours pas de gouvernement en France…
La semaine dernière, le Guardian à Londres, établissait le constat suivant, toujours valable… « Aucun nouveau gouvernement n’est en place – c’est la plus longue interruption de ce type depuis l’immédiat après-guerre – et c’est la grogne. Emmanuel Macron a utilisé sa prérogative présidentielle pour écarter tout candidat au poste de Premier ministre présenté par le Nouveau Front populaire, l’alliance de gauche arrivée en tête de peu lors du scrutin de juillet. C’est la dernière erreur d’une tragi-comédie, estime le Guardian. (…) Car cela aurait été le résultat le plus démocratiquement correct. Au lieu de cela, il semble que le président espère bricoler une coalition souple penchant vers la droite, une coalition qui, surtout, laisserait intacte sa réforme impopulaire des retraites. Ce ne sera pas une tâche facile. La présidence de Macron est désormais gravement compromise ».
Casse-tête…En cause : « la nouvelle tripartition de l’Assemblée nationale française issue des législatives anticipées, constate pour sa part Le Temps à Genève. Trois pôles quasi-égaux, la gauche du Nouveau Front populaire, le centre macroniste et l’extrême droite du Rassemblement national, qui rendent impossible la constitution d’une véritable majorité, même relative. Voilà le principal casse-tête qui rend la nomination d’un Premier ministre aussi compliquée. Impossible de confier la constitution d’un gouvernement à un seul de ces pôles, il se ferait automatiquement censurer par les deux autres. (…) Alors, balle au centre ? Non, répond Le Temps. Car le message principal qui est sorti des urnes est probablement celui d’un rejet du macronisme et d’une volonté de changement, voire d’alternance ».
L’épreuve de « l’entonnoir »Résultat, relève Le Monde à Paris : « Emmanuel Macron hésite. Il "mâchonne", comme il le dit lui-même, les hypothèses qui s’offrent à lui. Le président de la République teste une option, fait mine d’en abandonner une autre, revient à la case départ… (…) Les candidats pour Matignon passent, un à un, l’épreuve de "l’entonnoir", comme on le dit de façon peu élégante à l’Élysée. Et si, pendant quelques heures, Thierry Beaudet, le président du Conseil économique et social, a pu croire à sa promotion Rue de Varenne, l’homme, proche du syndicat réformiste la CFDT, correspondant à un profil dit "technique", n’était plus cité par le palais hier soir. "À peine brandi, son nom a été déchiqueté en morceaux par la gauche et la droite", observe le sénateur macroniste, François Patriat. Conclusion : "La seule solution [pour Matignon] est politique", affirme désormais un proche du chef de l’État. À en croire l’Élysée, pointe encore Le Monde, la finale se joue entre Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, membre des Républicains et Bernard Cazeneuve, ancien du Parti socialiste et ex-premier ministre de François Hollande ».
Encore et encore…« Et ça continue… Nomination à Matignon : toujours le même film qui lasse », ironise Libération, paraphrasant ainsi une célèbre chanson de Francis Cabrel.
Et ça agace, s’emporte Le Figaro : « les Français, qui, sur injonction présidentielle, ont voté trois fois en un mois, assistent avec un mélange de stupeur et d’irritation à ce temps gaspillé. Il s’agit de choisir la moins mauvaise solution : c’est compliqué, c’est périlleux, mais c’est la conséquence d’une dissolution que personne n’a imposée au chef de l’État. Il ne faudrait pas que réponde à une décision soudaine et absurde une indécision qui, à force de durer, devient tout aussi déraisonnable ».
Changer les manières de faire ?Enfin, on revient au Temps à Genève. Le Temps pour qui « le nouveau chef du gouvernement (quel qu’il soit) sera tout d’abord confronté à la lourde tâche de monter une équipe ministérielle qui puisse à la fois représenter le front républicain mais aussi donner une impression d’alternance que les députés non-macronistes auront à cœur de porter. Cette alternance devra être visible si la France ne veut pas courir le risque de discréditer sa démocratie et d’augmenter encore la défiance parmi les électeurs. Ensuite, relève encore le quotidien suisse, la première mission (impossible?) de ce Premier ministre au pouvoir sera de changer les manières de faire, voire la culture politique française. Mais comment y arriver sans changer les institutions ? En attendant, on risque bien de continuer à tourner en rond au fond de l’impasse ».
By RFI4.2
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Près de soixante jours après le second tour des législatives, toujours pas de gouvernement en France…
La semaine dernière, le Guardian à Londres, établissait le constat suivant, toujours valable… « Aucun nouveau gouvernement n’est en place – c’est la plus longue interruption de ce type depuis l’immédiat après-guerre – et c’est la grogne. Emmanuel Macron a utilisé sa prérogative présidentielle pour écarter tout candidat au poste de Premier ministre présenté par le Nouveau Front populaire, l’alliance de gauche arrivée en tête de peu lors du scrutin de juillet. C’est la dernière erreur d’une tragi-comédie, estime le Guardian. (…) Car cela aurait été le résultat le plus démocratiquement correct. Au lieu de cela, il semble que le président espère bricoler une coalition souple penchant vers la droite, une coalition qui, surtout, laisserait intacte sa réforme impopulaire des retraites. Ce ne sera pas une tâche facile. La présidence de Macron est désormais gravement compromise ».
Casse-tête…En cause : « la nouvelle tripartition de l’Assemblée nationale française issue des législatives anticipées, constate pour sa part Le Temps à Genève. Trois pôles quasi-égaux, la gauche du Nouveau Front populaire, le centre macroniste et l’extrême droite du Rassemblement national, qui rendent impossible la constitution d’une véritable majorité, même relative. Voilà le principal casse-tête qui rend la nomination d’un Premier ministre aussi compliquée. Impossible de confier la constitution d’un gouvernement à un seul de ces pôles, il se ferait automatiquement censurer par les deux autres. (…) Alors, balle au centre ? Non, répond Le Temps. Car le message principal qui est sorti des urnes est probablement celui d’un rejet du macronisme et d’une volonté de changement, voire d’alternance ».
L’épreuve de « l’entonnoir »Résultat, relève Le Monde à Paris : « Emmanuel Macron hésite. Il "mâchonne", comme il le dit lui-même, les hypothèses qui s’offrent à lui. Le président de la République teste une option, fait mine d’en abandonner une autre, revient à la case départ… (…) Les candidats pour Matignon passent, un à un, l’épreuve de "l’entonnoir", comme on le dit de façon peu élégante à l’Élysée. Et si, pendant quelques heures, Thierry Beaudet, le président du Conseil économique et social, a pu croire à sa promotion Rue de Varenne, l’homme, proche du syndicat réformiste la CFDT, correspondant à un profil dit "technique", n’était plus cité par le palais hier soir. "À peine brandi, son nom a été déchiqueté en morceaux par la gauche et la droite", observe le sénateur macroniste, François Patriat. Conclusion : "La seule solution [pour Matignon] est politique", affirme désormais un proche du chef de l’État. À en croire l’Élysée, pointe encore Le Monde, la finale se joue entre Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, membre des Républicains et Bernard Cazeneuve, ancien du Parti socialiste et ex-premier ministre de François Hollande ».
Encore et encore…« Et ça continue… Nomination à Matignon : toujours le même film qui lasse », ironise Libération, paraphrasant ainsi une célèbre chanson de Francis Cabrel.
Et ça agace, s’emporte Le Figaro : « les Français, qui, sur injonction présidentielle, ont voté trois fois en un mois, assistent avec un mélange de stupeur et d’irritation à ce temps gaspillé. Il s’agit de choisir la moins mauvaise solution : c’est compliqué, c’est périlleux, mais c’est la conséquence d’une dissolution que personne n’a imposée au chef de l’État. Il ne faudrait pas que réponde à une décision soudaine et absurde une indécision qui, à force de durer, devient tout aussi déraisonnable ».
Changer les manières de faire ?Enfin, on revient au Temps à Genève. Le Temps pour qui « le nouveau chef du gouvernement (quel qu’il soit) sera tout d’abord confronté à la lourde tâche de monter une équipe ministérielle qui puisse à la fois représenter le front républicain mais aussi donner une impression d’alternance que les députés non-macronistes auront à cœur de porter. Cette alternance devra être visible si la France ne veut pas courir le risque de discréditer sa démocratie et d’augmenter encore la défiance parmi les électeurs. Ensuite, relève encore le quotidien suisse, la première mission (impossible?) de ce Premier ministre au pouvoir sera de changer les manières de faire, voire la culture politique française. Mais comment y arriver sans changer les institutions ? En attendant, on risque bien de continuer à tourner en rond au fond de l’impasse ».

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