Est-ce un signe d’apaisement ? Est-ce que ce serait un prélude à d’éventuelles négociations entre Américains et Iraniens ? En tout cas, l’Iran a décidé de relâcher la pression sur le détroit d’Ormuz. C’est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « L'Iran a déclaré que les "navires non hostiles" pouvaient emprunter le détroit d’Ormuz à condition de respecter les règles de sûreté et de sécurité, selon un communiqué transmis à l’Organisation maritime internationale diffusé hier soir. »
Ces dernières heures, Donald Trump a affirmé que Téhéran avait offert aux États-Unis « un très gros cadeau » lié aux hydrocarbures, allusion peut-être à ce desserrement du détroit d'Ormuz, et le président américain a répété que des négociations étaient en cours, sans donner plus de précisions.
Un plan en 15 points ?
D’après plusieurs médias, dont le New York Times, « les États-Unis auraient envoyé à l’Iran un plan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Un plan en 15 points qui aurait été transmis à Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. » Le quotidien américain n’a pas pu consulter ce plan mais croit savoir qu’il concerne « les programmes nucléaires et balistiques de l’Iran » et « la question des routes maritimes. »
Toutefois, reconnait le New York Times, « on ignore dans quelle mesure ce plan a été diffusé parmi les responsables iraniens et si l’Iran est susceptible de l’accepter comme base de négociations. (…) Pour l’instant, rien n’indique que la guerre s’apaisera prochainement. »
D’après le site d’information américain Axios, « des pourparlers de paix de haut niveau avec l’Iran pourraient démarrer dès demain jeudi », mais Téhéran a d'ores et déjà refusé.
Mohammad Bagher Ghalibaf comme interlocuteur ?
Et l’interlocuteur côté iranien aurait pu être, toujours selon Axios, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. D’après le site d’information américain, il se serait même déjà entretenu avec les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. « Des révélations aux allures de baiser du serpent pour l’Iranien, commente La Croix à Paris. L’intéressé a en effet promptement démenti tout dialogue sur X, accusant Donald Trump de diffuser "de fausses informations (…) pour manipuler les marchés financiers et pétroliers et sortir du bourbier". » Il n’en reste pas moins, poursuit La Croix, que « l’hypothèse n’est pas farfelue : Mohammad Bagher Ghalibaf a déjà pour lui d’être encore en vie. Surtout, son pedigree combine une forte expérience sur le plan militaire, politique, diplomatique et même répressif. »
En effet, renchérit Libération, « l’hypothèse n’est pas incohérente. Depuis la mort du guide suprême Ali Khamenei et du chef du Conseil suprême de sécurité nationale Ali Larijani, Ghalibaf est devenu la figure incontournable du régime. Ancien commandant au sein des Gardiens de la révolution, proche d’Ali Khamenei, il est président du Parlement depuis 2020 et ancien maire de Téhéran, ce qui lui donne un double profil militaire et politique. »
Toutefois, reconnait Libération, « la situation au Moyen-Orient reste extraordinairement illisible et son issue d’autant plus confuse. »
Des positions très éloignées…
En effet, « le brouillard de la diplomatie en Iran », s’exclame le Wall Street Journal : « Les deux camps restent très éloignés. D’un côté, Donald Trump réitère ses exigences d’avant-guerre, notamment avec ce plan en 15 points (…). Et de l’autre, les responsables iraniens réaffirment leurs refus d’avant-guerre et exigent des garanties, des réparations, le départ des forces américaines de la région et le paiement de droits de passage pour le détroit d’Ormuz. Autant de demandes inacceptables, pointe le Wall Street Journal, ce qui explique le scepticisme des responsables arabes et israéliens (qui ne croient guère à des pourparlers dans l’immédiat). »
La pression des marchés et des consommateurs
En fait, avance le Guardian à Londres, « la stratégie de Donald Trump, si tant est qu’il en ait une, pourrait consister à rassurer les places financières dès maintenant (avec l’annonce de possibles négociations), puis à lancer une offensive massive durant le week-end, lorsque les salles de marché seront fermées, dans l’espoir de contraindre le régime iranien à la capitulation. »
Parallèlement, sur le plan intérieur, pointe Le Temps à Genève, « Donald Trump cherche la parade pour contenir les prix de l’essence. Car il sait que les élections de mi-mandat pourraient se jouer à cette aune. » Et « il faudra plus que des paroles au président pour s’extirper du guêpier dans lequel il s’est fourvoyé. S’il ne trouve pas rapidement une porte de sortie honorable, il sait qu’il va compromettre les chances de son parti aux élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre. Car à ce jour, une seule chose est sûre, conclut le quotidien suisse : s'il est un langage que les Américains comprennent parfaitement, c’est celui du compte en banque. Les exercices d’autosatisfaction économique que Donald Trump affectionne tant risquent de se heurter à cette réalité. »