C’est une première depuis des décennies : l’ambassadrice libanaise et son homologue israélien ont entamé avant-hier à Washington des pourparlers directs de paix. Dans le même temps, des négociations parallèles se sont ouvertes entre le Liban et les États-Unis. Les discussions devraient se poursuivre ce jeudi à propos d’un cessez-le-feu. C’est du moins ce qu’a annoncé Donald Trump…
Alors, « un cessez-le-feu. Depuis hier en fin d’après-midi, les Libanais ne parlent que de ça, s’exclame L’Orient-Le Jour à Beyrouth. Si l’accord annoncé se confirmait, il serait le fruit de multiples efforts internationaux et régionaux, à l’intersection desquels se trouvent les États-Unis, l’Iran et l’Arabie saoudite. (…) Une chose est sûre, relève encore L’Orient-Le Jour : Benyamin Netanyahu n’est pas convaincu par ce processus et cherchera probablement à exploiter toute faille pour le torpiller. Ou du moins pour repousser l’échéance. Réussira-t-il ? Les heures ou peut-être les jours qui viennent seront porteurs de réponse ».
Vers un désarmement du Hezbollah ?
En fait, pointe El Pais à Madrid, « le Liban n’a qu’un seul objectif en tête : un cessez-le-feu immédiat. Cela permettrait d’aborder des questions plus complexes, telles que le désarmement du Hezbollah, parti politique et milice pro-iranien, la délimitation d’une frontière définitive et, à terme, la reconnaissance d’Israël et l’établissement de relations diplomatiques. De son côté, poursuit El Pais, Israël considère son offensive comme un atout pour les négociations et souhaite, premièrement, obtenir le désarmement du Hezbollah et, deuxièmement, un accord de paix prévoyant le retrait de Beyrouth de l’Initiative de paix arabe de 2002, laquelle incluait la reconnaissance d’un État palestinien et exigeait la fin de la présence israélienne dans les territoires occupés ».
En attendant, chacun tente d’avancer ses pions, affirme Haaretz à Tel Aviv : « Israël attend un éventuel coup de sifflet final des Américains qui signifierait la fin de la guerre au Liban, et peut-être aussi en Iran. Dans l’intervalle, Israël tente de gagner du terrain, tandis que son ambassadeur négocie directement avec le Liban à Washington. Et l’Iran, qui a intérêt à un cessez-le-feu au Liban, cherche à limiter les dégâts infligés au Hezbollah, tout en essayant d’empêcher un accord qui contraindrait ce dernier à désarmer au nord du Litani ».
France : Bolloré étend sa mainmise dans le secteur de l’édition
À la Une également, en France, ce coup de tonnerre dans le monde de l’édition : 115 écrivains, et non des moindres, annoncent leur départ des éditions Grasset en réaction au renvoi de son directeur, Olivier Nora. Celui-ci a été licencié avant-hier par le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, propriétaire de Grasset.
Dans une lettre commune, publié notamment par Le Monde, ces écrivains, dont Virginie Despentes, BHL, Laure Adler, Frédéric Beigbeder ou encore Vanessa Springora, qualifient la décision de Vincent Bolloré d’« atteinte inacceptable à l’indépendance éditoriale ».
Commentaire de La Croix : « comme un titre de presse, une maison d’édition a une histoire, et une identité. Celle de Grasset était portée dans toute sa pluralité et son excellence par son PDG. L’histoire dira si le calcul de Vincent Bolloré est bon, qui consiste à vider une maison d’édition de sa substance et à faire fuir les écrivains qui l’animent et l’incarnent ».
Trumpisation…
« Grasset ou la trumpisation de l’édition française », s’exclame pour sa part Le Temps à Genève. « Cela fait plus de dix ans que Vincent Bolloré accroît son contrôle non seulement économique mais idéologique sur les médias et le monde éditorial français, de Canal+ à Hachette, avec ses filiales, Grasset et Fayard. (…) Le vent glacé du populisme réactionnaire traverse l’Atlantique pour atteindre à pleine force le Quartier latin ».
Pour Le Soir à Bruxelles, il est clair que « l’empire médiatique de Vincent Bolloré est un écosystème savamment conçu pour porter l’extrême droite au pouvoir ».
Alors « une fatalité ? Non », répond le quotidien belge. « Si aux États-Unis, Fox News a porté Trump au pouvoir, la mise sur orbite de l’extrême droite par Bolloré en France n’est pas inévitable. Mais il faudrait pour cela que les adversaires des populistes travaillent sur de vrais projets, avec une vision, des idées et des propositions ».