« Qu’arrive-t-il à l’économie américaine ? », s’interroge le Corriere Della Sera à Rome. « Le président Trump a annoncé des droits de douane de 25 % contre l’Union européenne qui, selon lui, “a été créée pour nuire aux États-Unis“ ». Mais attention, pointe le journal, « tout le monde sait que l’augmentation des taxes aux frontières américaines pourrait se traduire par une hausse des prix dans les supermarchés ou chez les concessionnaires automobiles. Tout le monde comprend aussi que les usines américaines assemblent des composants chinois, qui seront désormais taxés à 10 % ». Résultat : « les investisseurs américains tout comme les ménages montrent des signes d’inquiétude ».
Certes, pointe encore le Corriere Della Sera, « en Amérique, la croissance et l’investissement sont encore en progression, sans aucun doute. Mais depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les marchés financiers et les consommateurs s’alarment. Le dollar a chuté de 2 et demi pour cent par rapport à la moyenne des six autres principales devises de réserve, signe d’une fuite de capitaux des actions américaines. Les indices boursiers sont en baisse ainsi que les indices de confiance des ménages ».
Le pouvoir d’achat : un levier politique central…
« L’inflation, ce caillou dans la chaussure de Donald Trump », renchérit Le Temps à Genève. « De plus en plus d’Américains redoutent les effets de la politique de l’ancien promoteur immobilier, l’instauration de nouveaux droits de douane menaçant d’attiser une inflation que la Réserve fédérale tente d’éradiquer depuis trois ans ».
Et attention, prévient le quotidien suisse, le pouvoir d’achat est un levier politique central aux États-Unis : « plus que le mouvement anti-wokiste, la guerre en Ukraine ou même la tentative d’assassinat dont il a été l’objet l’été dernier, la flambée des prix post-pandémie a été déterminante dans l’incroyable come-back réalisé par le républicain, ralliant de nombreux indécis à sa candidature. En partie à raison, l’image de son prédécesseur est restée irrémédiablement associée à une baisse de pouvoir d’achat pour une majorité d’Américains ».
Et là, pointe Le Temps, « le risque que le plan de Trump déraille est loin d’être négligeable car on ne conclut pas de “deal“ avec les prix. Et même si beaucoup d’eau va couler sous le Potomac d’ici là, le sort des élections de mi-mandat dépendra en grande partie de l’évolution du renchérissement du coût de la vie ».
Des voitures bien plus chères…
Le Wall Street Journal donne un exemple tout à fait concret : « un droit de douane de 25 % sur les pièces détachées automobiles en provenance du Canada ou du Mexique augmenterait de 9000 dollars le coût d’un SUV de grande taille assemblé aux États-Unis ».
Et, « au-delà de l’automobile, poursuit le Wall Street Journal, les droits de douane imposés par Donald Trump renforceront l’incertitude économique qui s’est emparée des marchés financiers. (…) Le président pense peut-être que les droits de douane donneront lieu à un nouvel âge d’or économique, mais les travailleurs, les entreprises et les marchés financiers risquent de ne pas apprécier cette longue marche vers cette terre promise ».
Des conséquences fâcheuses pour l’Europe…
Et au-delà des États-Unis, « le protectionnisme tarifaire voulu par Donald Trump est un choc sans précédent dont on mesure mal les conséquences ». C’est ce que pointe Le Monde à Paris. « Et ce, d’autant plus que les droits de douane réciproques envisagés par le président américain mettent fin à un système bâti à la fin de la seconde guerre mondiale sur le principe de non-discrimination, où tous les pays sont traités à égalité en matière de droits de douane pour justement éviter les tensions géopolitiques ».
Résultat, relève Le Monde : « la nouvelle politique douanière américaine pourrait avoir deux conséquences fâcheuses pour l’Europe : elle pourrait réorienter les exportations chinoises vers le Vieux Continent, frappant davantage encore nos entreprises, et pousser les industriels européens à délocaliser vers les États-Unis ».
La brouille entre la France et l’Algérie
Enfin, à la Une également, le fossé qui se creuse entre Paris et Alger…
« Réexamen des accords bilatéraux, détention de l’écrivain Boualem Sansal, tensions sur l’immigration… les deux pays traversent une crise diplomatique sans précédent depuis l’indépendance », constate Libération qui dénonce « un jeu dangereux : (…) les deux gouvernements, sous la tutelle de populistes, y ont tout à perdre ».
À contrario, pour Le Figaro, « le gouvernement français semble avoir pris la mesure du piège algérien. L’inacceptable a assez duré, affirme le journal. Otage de cette relation malsaine provoquée et entretenue par Alger, l’écrivain Boualem Sansal doit vite retrouver la liberté ».