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Or


Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine vient d’achever sa tournée en Europe. Dernière étape : la Hongrie. Nous allons y venir. Tout d’abord, la presse européenne fait le point après le discours samedi du secrétaire d’État américain lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
Le Temps à Genève s’interroge : « Le lien transatlantique peut-il renaître comme au "bon vieux temps"? L’Otan est-elle préservée ? L’intervention de Marco Rubio à Munich a été accueillie avec soulagement par une salle debout pour l’applaudir. Un an après le discours coup-de-poing de J. D. Vance devant ce même cénacle, c’était le signal attendu pour s’accrocher à l’espoir que tout n’était pas perdu entre l’Europe et les États-Unis ».
« Eh bien raté ! », s’exclame le quotidien suisse : « Pour ceux – heureusement majoritaires – qui ont bien tendu l’oreille, la prise de parole du secrétaire d’État américain a résonné comme un second "traitement de choc", dans la droite ligne de celle de J. D. Vance. Il a en réalité enfoncé le clou en prônant la restauration d’une "civilisation occidentale" décidément rance ».
Qui plus est, souligne encore Le Temps, « Marco Rubio a fait faux bond aux Européens qui se réunissaient avec les Ukrainiens pour évoquer la paix. Façon de mieux signifier que ce conflit se réglera entre Washington et Moscou, l’Europe étant réduite à un rôle non plus de partenaire mais de vassale ».
Dynamiter les institutions européennes…« Certes, constate également Le Monde à Paris, l’hommage rendu par le représentant de l’administration américaine à la fraternité des champs de bataille sur lesquels Américains et Européens ont souvent combattu côte à côte ne pouvait déplaire. Il a tranché avec le dédain exprimé par Donald Trump à l’égard des pays qui avaient épaulé les États-Unis après le 11-Septembre. Sur l’essentiel, cependant, note Le Monde, le discours de Marco Rubio s’est inscrit dans le fil de la stratégie de sécurité nationale exposée en décembre 2025, qui vise le dynamitage des institutions européennes. Son absence à une réunion sur l’Ukraine, qu’il s’est même abstenu de mentionner dans son intervention, ne pouvait être justifiée par un problème d’agenda. Elle a confirmé que cette guerre dont Washington se montre incapable de désigner le responsable, Vladimir Poutine, constitue toujours le révélateur d’une fracture transatlantique dont les États-Unis sont les seuls responsables par leur volte-face ».
Les Européens d’accord sur l’essentiel ?« Ne nous leurrons pas », lance le député européen Bernard Guetta dans une tribune à lire dans Libération. « Le président américain n’a pas renoncé à défaire l’Union européenne ». Mais pour leur part, les Européens étaient d’accord « sur l’essentiel » à Munich, constate l’ex-chroniqueur international. « Britanniques compris, tous partagent une même volonté d’être au plus vite en capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les frontières de l’Europe. Quant à la pérennité de l’Alliance, tous savent qu’au bout du compte, ce sont des États-Unis, et non pas d’eux, qu’elle dépendra et qu’en attendant, leur tâche est d’œuvrer à leur défense commune ».
Le « modèle » hongrois…Enfin, « si certains ont encore besoin d’explications, un simple coup d’œil à l’itinéraire de Marco Rubio suffit ». C’est ce que relève le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Le secrétaire d’État américain aurait pu se rendre à Bruxelles ou à Paris après la conférence sur la sécurité ».
Non !, constate le quotidien allemand. Il a préféré aller rendre visite à « deux figures de proue de la démocratie illibérale, deux critiques notoires de l’Union européenne : dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico, et hier lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, auquel Rubio a ouvertement offert son soutien pour sa campagne (pour les législatives de début avril) ».
En effet, pointe le Süddeutsche Zeitung, « la Hongrie d’Orbán incarne le type d’Europe que Trump envisage. Elle s’isole des migrants, méprise des organisations comme l’UE et promeut une vision du monde blanche et chrétienne centrée sur l’identité et l’État-nation. Lorsque Rubio a déclaré que les gouvernements européens devaient défendre la "civilisation occidentale", il avait clairement en tête une vision du monde très proche de celle d’Orbán ».
By RFI4.2
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Marco Rubio, le chef de la diplomatie américaine vient d’achever sa tournée en Europe. Dernière étape : la Hongrie. Nous allons y venir. Tout d’abord, la presse européenne fait le point après le discours samedi du secrétaire d’État américain lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
Le Temps à Genève s’interroge : « Le lien transatlantique peut-il renaître comme au "bon vieux temps"? L’Otan est-elle préservée ? L’intervention de Marco Rubio à Munich a été accueillie avec soulagement par une salle debout pour l’applaudir. Un an après le discours coup-de-poing de J. D. Vance devant ce même cénacle, c’était le signal attendu pour s’accrocher à l’espoir que tout n’était pas perdu entre l’Europe et les États-Unis ».
« Eh bien raté ! », s’exclame le quotidien suisse : « Pour ceux – heureusement majoritaires – qui ont bien tendu l’oreille, la prise de parole du secrétaire d’État américain a résonné comme un second "traitement de choc", dans la droite ligne de celle de J. D. Vance. Il a en réalité enfoncé le clou en prônant la restauration d’une "civilisation occidentale" décidément rance ».
Qui plus est, souligne encore Le Temps, « Marco Rubio a fait faux bond aux Européens qui se réunissaient avec les Ukrainiens pour évoquer la paix. Façon de mieux signifier que ce conflit se réglera entre Washington et Moscou, l’Europe étant réduite à un rôle non plus de partenaire mais de vassale ».
Dynamiter les institutions européennes…« Certes, constate également Le Monde à Paris, l’hommage rendu par le représentant de l’administration américaine à la fraternité des champs de bataille sur lesquels Américains et Européens ont souvent combattu côte à côte ne pouvait déplaire. Il a tranché avec le dédain exprimé par Donald Trump à l’égard des pays qui avaient épaulé les États-Unis après le 11-Septembre. Sur l’essentiel, cependant, note Le Monde, le discours de Marco Rubio s’est inscrit dans le fil de la stratégie de sécurité nationale exposée en décembre 2025, qui vise le dynamitage des institutions européennes. Son absence à une réunion sur l’Ukraine, qu’il s’est même abstenu de mentionner dans son intervention, ne pouvait être justifiée par un problème d’agenda. Elle a confirmé que cette guerre dont Washington se montre incapable de désigner le responsable, Vladimir Poutine, constitue toujours le révélateur d’une fracture transatlantique dont les États-Unis sont les seuls responsables par leur volte-face ».
Les Européens d’accord sur l’essentiel ?« Ne nous leurrons pas », lance le député européen Bernard Guetta dans une tribune à lire dans Libération. « Le président américain n’a pas renoncé à défaire l’Union européenne ». Mais pour leur part, les Européens étaient d’accord « sur l’essentiel » à Munich, constate l’ex-chroniqueur international. « Britanniques compris, tous partagent une même volonté d’être au plus vite en capacité de se défendre seuls et un refus de laisser Trump redessiner les frontières de l’Europe. Quant à la pérennité de l’Alliance, tous savent qu’au bout du compte, ce sont des États-Unis, et non pas d’eux, qu’elle dépendra et qu’en attendant, leur tâche est d’œuvrer à leur défense commune ».
Le « modèle » hongrois…Enfin, « si certains ont encore besoin d’explications, un simple coup d’œil à l’itinéraire de Marco Rubio suffit ». C’est ce que relève le Süddeutsche Zeitung à Munich : « Le secrétaire d’État américain aurait pu se rendre à Bruxelles ou à Paris après la conférence sur la sécurité ».
Non !, constate le quotidien allemand. Il a préféré aller rendre visite à « deux figures de proue de la démocratie illibérale, deux critiques notoires de l’Union européenne : dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico, et hier lundi, le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, auquel Rubio a ouvertement offert son soutien pour sa campagne (pour les législatives de début avril) ».
En effet, pointe le Süddeutsche Zeitung, « la Hongrie d’Orbán incarne le type d’Europe que Trump envisage. Elle s’isole des migrants, méprise des organisations comme l’UE et promeut une vision du monde blanche et chrétienne centrée sur l’identité et l’État-nation. Lorsque Rubio a déclaré que les gouvernements européens devaient défendre la "civilisation occidentale", il avait clairement en tête une vision du monde très proche de celle d’Orbán ».

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